Chapitre 10

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— Entrez...

Ed poussa un peu timidement la porte de la chambre d'hôpital de Riza Hawkeye. Appuyé sur une béquille, il entra dans la pièce baignée de la lumière du soleil et la jeune femme lui sourit.

— Contente de te voir sur tes deux pattes, dit-elle en se redressant contre ses oreillers.
— Oui, dit Ed. Et vous, comment allez-vous ?
— Ça va, répondit Hawkeye. La balle s'est logée juste entre mon estomac et mes intestins, comme tu le sais, et si le soldat avait visé plus haut, je n'aurais peut-être pas survécu.
— Une chance alors, dit Ed en souriant.
— Tu veux t'asseoir ?

Ed hocha la tête puis prit place sur la chaise près du lit de la jeune femme. Il appuya sa béquille contre sa jambe et soupira.

— Mustang est venu vous voir aujourd'hui ? demanda-t-il alors.
— Oui, ce matin très tôt et il m'a dit que demain je pourrais rentrer chez moi, répond Hawkeye avec un sourire. Par contre, les vacances en amoureux à Aquroya, c'est râpé, je crois...
— Allons, dit Ed avec un sourire. Vous aurez bien l'occasion d'y aller, et puis, à défaut, Rizenbull n'est pas mal non plus comme patelin.

Hawkeye sourit puis on toqua à la porte et Al, suivit de Scar, apparut.

— Bonjour, Lieutenant-Colonel, dit Al.
— Bonjour Alphonse, bonjour Scar...

Celui-ci se contenta de lui faire un signe de tête et la jeune femme regarda Ed qui détourna la regard. La jeune femme plissa alors les yeux.

— Scar, dit-elle alors. Approche donc...

Silencieux, l'Ishbal s'approcha et resta derrière la chaise d'Edward. Quand il posa une main sur son épaule, Riza esquissa un sourire en hochant la tête. Éd se racla alors la gorge.

— Nous allons vous laisser vous reposer, dit-il en se levant. Il vous faut des forces pour retrouver votre bureau demain...

Hawkeye lui sourit puis ils quittèrent tous les trois la chambre en silence.

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Un peu plus tard sans la journée, alors que Scar avait rejoint sa cellule pour la nuit, Ed et Al étaient dans leur chambre, interdits de sortie puisque Éd avait était reconnu comme traître.

— Al...
— Oui ?
— Tu vas aller quand même chez Mamie Pinako, dit le Fullmetal. Tu ne vas pas rester ici à attendre mon jugement et celui de Scar...
— Tout seul ?
— Je ne peux pas partir, répond Ed. Pas avec ma patte folle et en ayant l'armée entière sur le dos. Vas-y tout seul, on te rejoindra quand notre sort sera fixé.
— On ? dit Al.

Ed hocha la tête et Al compris.

— Très bien, dit-il. Je dirais à Winry et Mamie Pinako que tu as un dernier truc urgent à faire... et je lui expliquerai pourquoi...

Les deux garçons décidèrent alors de passer le reste de la journée en silence, au calme dans leur chambre, à lire ou à rêvasser...

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— « On » le rejoindra ? Qui te dit que je veux aller avec toi ?

Scar regarda Ed un peu de travers. Le jeune homme était assis sur le sol, de l'autre côté de la grille qui fermait la cellule de l'Ishbal. Celui-ci était assis sur son lit, les deux mains posées sur ses cuisses.

— Personne, répondit alors Ed. Je le sais, c'est tout. Et puis, je ne te laisserais pas derrière moi, Scar... J'ai pris de la risque d'être jugé pour haute trahison, je dois finir ce que j'ai commencé. Si tu ne veux pas rester avec moi après ça, je ne t'en empêcherait pas...

L'Ishbal grimaça un rictus et Ed serra les lèvres.

— Je ne t'ai jamais autant vu sourire que depuis que je t'ai sorti de cette prison, dit-il . Tu étais si malheureux que cela ?
— Malheureux ? Non, pas vraiment, dit Scar. Je dirais plutôt déterminé. J'aimais mon frère, plus que tout au monde, mais ce chien de Kimblee l'a tué. Maintenant que Kimblee est mort, je n'ai plus de raison de ne pas sourire, Ed.

Et pour le prouver, il lui sourit. Ed lui rend son sourire puis il posa sa main sur un barreau de la grille. Scar inspira, se leva, et vint se baisser devant le garçon.

— J'ai peur de comprendre pourquoi tu as fait tout ça, Fullmetal, dit-il en posant sa main sur celle de ce dernier. Mais je crois que tu es dans l'erreur... Je n'ai rien à t'offrir...

Ed resta silencieux. Il posa son pouce sur les doigts bruns, puis se leva et souhaita une bonne nuit à Scar qui le regard partir. Un soldat s'approcha ensuite, son fusil dans les mains.

— Le gosse s'est entiché de toi, dit-il.
— J'en ai peur...
— Tu sais, il a que seize ans, mais il a déjà beaucoup trop souffert, dit alors soldat. C'est malheureux à dire, mais tu es peut-être le seul qui soit en mesure de lui offrir une vie normale...

Scar ronfla en se relevant et retourna sur son lit. Le soldat haussa les épaules et continua sa ronde.

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— Il n'en est pas question !
— C'est ça ou rien, Ishbal. Tu es libre à condition que tu te débarrasses de ce bras, dit Mustang, les mains sur les hanches. Après, c'est à toi de décider. C'est, ou te garde ton bras et tu retournes en prison, ou tu le sacrifiés et tu restes libre. À toi de voir, il te reste deux heures avant de rencontrer le Généralissime. Si tu acceptes de te séparer de ton bras...
— Je ne pourrai plus invoquer l'alchimie ! s'exclama Scar en donnant un coup contre les barreaux de sa cellule. L'alchimie c'est tout ma vie, Feu ! Tu devrais le savoir mieux que quiconque !

Mustang serra les mâchoires. Oui il savait. Pour lui aussi, l'alchimie c'était toute sa vie, et sans ses gants, il était incapable de propager le feu...

— Tu as deux heures, dit le jeune militaire. Quand l'horloge sonnera midi, tu devras faire un choix.

Mustang s'en alla ensuite et Scar serra les mâchoires. Il s'approcha de sa fenêtre et passa les bras à travers les barreaux. Il posa son front contre et ferma les yeux. Le visage de son frère s'imposa alors à son esprit et il soupira profondément.

— Quel soupir...

Scar rouvrit les yeux et deux bras passent sur ses épaules avant de se refermer sur son torse. Il ne frissonna même pas. Il se contenta de rester immobile, sachant parfaitement que le seul à oser entrer dans sa cellule, c'était Ed.

— À quoi tu penses ? demanda alors celui-ci en se détachant de l'homme. Scar...
— Mustang vient de m'annoncer que le Généralissime allait me donner un choix à faire, répond Scar en se tournant vers le jeune homme.
— Ha ? Que genre de choix ?

L'Ishbal s'adossa alors au mur, faisant face à Ed, appuyé sur sa béquille coincée contre sa hanche.

Levant son bras droit, Scar sera le poing et ses phalanges craquèrent.

— Je vais devoir choisir entre mon bras et la liberté, dit-il alors.
— Et c'est un choix si difficile que ça ? demanda Ed.

Scar baissa son bras, et Ed s'approcha alors en boitant. Il posa une main sur le poing crispé et regarda l'Ishbal.

— Même avec un seul bras, tu seras toujours Scar, tu sais ?
— Ce bras est le seul souvenir qui me reste de mon frère... Si je m'en sépare...
— Le souvenir de ton frère restera dans ton cœur, Scar, dit Ed en posant une main sur le torse de l'homme. Ce bras est maudit, tu le dis toi-même. On te propose de t'en séparer et tu hésites ? Moi je n'hésiterai pas une seule seconde. Tu as croupi pendant quatre ans en prison, tu veux que ça recommence ?

Scar ferma les yeux et Ed soupira.

— Je ne veux pas que tu abandonnes, dit-il. Pas maintenant que je risque à carrière militaire pour toi. On a souffert, Scar, tous les deux, pendant trop longtemps. Je voudrai juste une vie normale maintenant...
— Tu n'as que dix-huit ans, Ed, dit Scar. Tu as le temps de voir venir. Sans mon bras, je ne pourrais plus incanter, et l'alchimie c'est tout ma vie...

Ed soupira alors par le nez. Du bruit se fit soudain entendre et le jeune homme quitta la cellule et remit les barreaux en place. Le gardien se montra quelques minutes plus tard.

— Allez, Elric, dehors, dit-il. Les visites sont terminées.

Ed hocha la tête, jeta un dernier regard à Scar, puis tourna les talons et quitta le bâtiment carcéral.

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— Le Généralissime va vous recevoir dans cinq minutes.

C'est le Lieutenant Rosslyn. Il tourna les talons et disparut. Scar et Mustang attendaient dans un étroit couloir que le Généralissime veuille bien recevoir l'Ishbal.

— Tu as pris ta décision ? demanda alors Mustang.
—Oui.
— Bien.

Le silence revint et Mustang s'assit sur une chaise en marmonnant. Scar le regarda d'en haut puis soupira. Deux heures plus tôt, il avait pris la décision de se séparer de son bras. Il allait très certainement le regretter, mais pour pour rien au monde il ne retournerai en prison !

Soudain, une porte s'ouvrit et un soldat apparut. Il leur fit signe de venir et Mustang se leva. Scar lui emboîta le pas en silence et ils entrèrent dans une grande salle de réunion. Elle était vide à l'exception du Généralissime, et d'une poignée de conseillers. Des avocats militaires, plus précisément.

— Généralissime, dit Mustang en se mettant au garde à vous.

Bradley hocha la tête puis regarda Scar et l'entrevue commença...