C'était impossible ! Il n'arrivait pas à y croire. Camus le fils de Minos ?

Cette nouvelle le laissa sans voix pendant quelques minutes ce qui commença à inquiéter les deux spectres. Peu à peu, le grec recommença à bouger, toujours sans rien dire. Il regarda tour à tour les deux juges puis leur demanda de tout lui expliquer tout depuis le début.

Minos commença à parler puis au bout d'un moment ce fut Eaques qui prit le relais. Milo les écoutaient et au fur et à mesure, il prit conscience de certains petits détails.

Eaques venait de finir son récit et observait son fils avec inquiétude. Celui-ci prit la parole :

- Alors...alors depuis qu'on est allé au sanctuaire... vous avez ... vous avez essayer de nous aidez ?

- Oui et on le fait toujours car on vous aime. Et vous voir souffrir nous fait mal.

- On voudrait tellement vous voir heureux et vous le méritez.

- Qu'est-ce que je peux faire...? Je...je n'ai pas la force d'aller...d'aller le voir pour qu'on s'explique.

- Pourtant tu lui as bien dit qu'il faudrait que vous ayez une explication ?

- Oui, c'est vrai mais...je ne peux... m'empêcher de culpabiliser. Je lui ai fait tellement de mal déjà.

- Certes, c'est vrai, mais ne crois-tu pas que vous avez droit à une autre chance ? Si votre amour est fort et sincère alors vous n'aurez plus aucun remords.

- On a eut beaucoup trop de chance depuis la première fois que l'on s'est mis ensemble pour que cela marche. En plus, je culpabilise trop et qu'est-ce que je fais de Hyôga ?

-Là, c'est à toi de voir. Mais réfléchit à ce qu'on vient de te dire et tu sauras quoi faire ensuite.

- Merci, à tous les deux. Merci pour tout.

- C'est normal, vous êtes nos fils et que ne ferait pas un père pour son enfant ? Prend le temps qu'il te faudra. On empêchera Hyôga de venir, on te le promet.

Les deux juges prirent congés de l'ancien scorpion et rentrèrent aux enfers. Dans leur bâtisse, ils aperçurent le cygne qui les attendaient ou plutôt attendait Milo. Eaques lui annonça d'une voix peu aimable que le grec ne reviendrait pas de suite. Le russe leur demanda de lui transmettre un message lorsqu'il reviendrait. Ils acceptèrent et une fois qu'ils l'entendirent, ils lui firent promettre de ne pas aller le voir.

Pendant ce temps, Milo se repasser la conversation qu'il venait d'avoir avec ses deux ainés. Le fait que le verseau soit le fils de Minos le bouleversait au plus haut point. Il regrettait amèrement ce qu'il avait dit et fait envers son ancien compagnon. Les regrets et les remords le tenaillant, il décida de rendre visite au français.

Lorsqu'il rentra, son père fut content de voir une lueur de détermination dans son regard et lui fit part de la demande du cygne. Il acquiesça et se rendit directement auprès de celui-ci. Alors qu'il le cherchait, il tomba sur une scène qui lui fit comprendre ce que voulait le russe. Sans un mot, ni un mouvement de sa présence, il s'en alla le cœur mi-lourd, mi-léger. Une aiguille venait de se retirer de son pied. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à affronter la plus grosse et la plus gênante. Il ne savait pas quand il se déciderait à partir en Sibérie mais était quand même résolu à le faire.

Quelques jours plus tard, il était en train de réfléchir dans un coin isolé des enfers lorsqu'il sentit la présence du russe. Celui-ci paraissait énervé mais Milo le devança :

- Pourquoi es-tu énervé ?

- Tu oses me poser cette question ? Tu n'es pas venu me voir alors que je te l'avais demandé. Est-ce qu'ils t-on fait passer le message au moins ?

- Bien sûr dès que je suis rentré. Et je suis venu aussitôt mais tu étais...occupé. Alors évite tes sarcasmes s'il te plaît.

- Au moins tout est clair maintenant, tu vas pouvoir retrouver ton précieux Camus.

Milo ne répondit rien pour une fois. Il savait que Hyôga chercher à le provoquer mais il était décidé à ne pas montrer ce qu'il ressentait. Celui-ci s'en alla devant le silence de son ex. Une fois seul, il se remit à penser à son histoire avec le verseau et essaya de trouver une solution pour se faire pardonner de tout ce qu'il lui avait fait depuis le début.

Pendant ce temps, dans un pays glacé, Camus lisait un livre de poésie mais auparavant, il venait d'envoyer une lettre à son père le prévenant qu'il viendrait le voir quelques jours plus tard pendant une ou deux semaines.

Minos lui avait raconté la réaction du scorpion lorsqu'il avait apprit la relation qui unissait le griffon et le verseau. Au fond de lui, le français espérait que le scorpion viendrait le voir et que tout redevienne comme avant entre eux. Surtout depuis qu'il l'avait vu pleurer en voyant une de leur photo. C'est avec appréhension et joie qu'il partit quelques jours plus tard aux enfers.

Lorsqu'il arriva à destination, il fut content de retrouver son père. Après plusieurs minutes d'étreintes, le verseau s'installa non sans avoir salué le compagnon de Minos. Ils discutèrent ensuite tous les trois pendant un bon moment jusqu'à ce qu'arrive Milo. Celui-ci se figea lorsqu'il vit l'invité et fut seulement capable de lui dire bonjour d'un hochement de tête. Plusieurs minutes passèrent puis l'ancien chevalier se reprit et demanda quand est-ce que le repas serait prêt. Après avoir eu sa réponse, il partit dans sa chambre sans un mot de plus.

Les trois autres personnes se regardèrent et Eaques ne put s'empêcher de dire :

- Il est comme ça depuis qu'il connait la vérité. Et encore, d'habitude il est un peu plus bavard.

- Ne fais pas culpabiliser Camus s'il te plaît, répondit Minos d'une voix où pointait une onde de colère.

- Je ne...

- Il ne me fait pas culpabiliser, je te rassure papa, répondit le français voyant la situation, c'est juste que...je...je ne sais pas comment réagir face à Milo et je crois que pour lui c'est la même chose face à moi. Eaques n'y est pour rien.

- Hum..., tu veux m'aider à préparer le repas, répondit Minos en ignorant délibérément son compagnon.

- Si...si tu veux, accepta Camus étonné de ce revirement d'attitude du griffon.

Auparavant, il avait croisé, avec consternation, le regard du garuda qui l'avait silencieusement remercié de son intervention. Celui-ci, se voyant ignoré par son amant, se leva et partit sans un mot dans l'une des nombreuses chambres que comptait la petite bâtisse.

Le français se demandait ce qui avait bien pu se passer entre ses deux aînés et doucement, il essaya d'en parler avec son père qui lui expliqua tout avec colère mais également un voile de tristesse. Le verseau se dit qu'il devrait essayer de les réconcilier mais qu'il ne pourrait pas réussir sans l'aide de l'élu de son cœur. C'est pourquoi, il se promit de discuter coûte que coûte avec l'arachnide et de faire changer les choses. Il ne supportait pas que ses aînés soient fâchés l'un contre l'autre à cause de son histoire avec Milo.

Une fois dans sa chambre, Milo s'assit sur son lit et se prit la tête entre les mains. Il ne se sentait pas prêt à affronter celui qu'il aimait toujours. Le revoir, après si peu de temps, l'avait bouleversé. En plus de cela, il ne cessait de se triturer l'esprit au sujet de ces aînés. Il savait ou plutôt avait entendu ses deux aînés se disputer à cause du verseau et de lui.

Bien sûr, lui aussi essayait de trouver un moyen pour que les deux spectres se réconcilient mais comment faire ?

L'évidence le cloua sur place et ne fit qu'augmenter son malaise. Il resta à se poser des questions jusqu'à ce qu'il entende toquer à la porte.

Camus venait le prévenir que le repas allait être servit. Il lui répondit et quelques minutes plus tard, au moment où il sortait de sa chambre, Camus se retrouva face à lui. Un laps de temps s'écoula, des regards s'échangèrent puis se fuirent. Une voix mal assurée d'un ancien scorpion demanda :

- Mon père ne vient pas manger ?

- Non, il n'a pas faim, répondit un français aussi embarrassé que lui.

- Je... je vais tenter de le faire venir si tu permets. Il faut qu'il arrête ses conneries, ça ne peut plus durer.

- Tu me demandes ma permission alors qu'il s'agit de ton père ? Enfin bon, rajouta Camus, tu sais que pour régler leur problème, il faut qu'on s'explique toi et moi.

- Je le sais, oui. Je te propose demain à l'heure que tu veux en dehors des enfers mais prévient moi avant, que je puisse avertir Hadès.

- Compte sur moi. Allez va voir Eaques et rejoins-nous ensuite.

Ils se quittèrent sur ces paroles, chacun appréhendant silencieusement leur rencontre du lendemain.

Lorsque Camus arriva dans la cuisine, le griffon lui parla d'une voix sèche. Le verseau ne s'en préoccupa pas et s'excusa légèrement.

Pendant ce temps, Milo venait de rentrer dans la chambre où se trouvait son père. Son cœur se serra lorsqu'il le vit aussi défait, triste. Arrivant à ses côtés, il lui demanda de venir dîner avec eux pour ne pas rester seul et ne pas envenimer les choses avec Minos. Le garuda lui répondit en s'emportant que cela ne servirait à rien, que leur relation venait de se briser et ce par leur fautes à Camus, Hyôga et lui.

Blessé par cette accusation, qu'il savait pourtant dite sous le coup de la colère, le grec se leva et partit de la chambre. Avant de sortir, il lui conseilla de ne pas faire comme Camus et lui.

Une fois la porte fermée, Milo se calma et redevint maître de ses émotions.

À son arrivée dans la cuisine, il aperçut seulement le verseau, qui se tenait la tête dans les mains. D'une voix contrôlée, il demanda :

- Camus, est-ce que ça va ? Où es ton père ?

- Il faut vraiment que l'on trouve une solution sinon ça va dégénérer. Que se soit entre eux comme entre eux et nous. Et je n'en ai pas envie.

- On ... on peut commencer ... à en discuter ce soir si tu veux. Dans ma maison.

- Ta maison ?

- Mon père me l'a donnée car il vit ici maintenant et il en a une autre. On sera plus tranquilles.

- D'accord, j'accepte. Ton père ne vient pas manger ?

- Non, répondit Milo laissant échapper malgré lui un soupçon de tristesse sur son visage.

- Que se passe t-il ? Pourquoi cet air triste ?

- Rien, enfin...si mais je préfère t'en parler tout à l'heure si tu n'y vois pas d'inconvénient.

- Très bien. Bon appétit.

Milo lui répondit et ils terminèrent leur repas en silence tout en s'observant à la dérobée. Ils sentaient leurs cœurs se serrer et redoutaient leur future conversation. En sortant de table, après avoir débarrassé et fait la vaisselle, ils se préparèrent à partir chez le grec.

Auparavant, celui-ci avait prévenu son père de cette sortie et que Camus l'accompagnait. Le silence fut la réponse que le scorpion reçut.

Malgré cela, il s'en alla, accompagné de son ancien meilleur ami.

Sur le chemin, le silence régnait. Côte à côte, ils ne cessaient de se regardaient de biais tout en restant plongés dans leur pensées.

Arrivés à la maison de Milo, celui-ci se comporta en hôte exceptionnel, ce qui ravit son invité. Une fois bien installés, ils se regardèrent un long moment avant qu'une larme unique ne coule des yeux du grec. Avant que Camus n'ait terminé d'avancer sa main pour essuyer cette larme, Milo se jeta dans ses bras en pleurant.

Pendant un certain temps, ils restèrent ainsi. Camus était heureux et ne pouvait rêver mieux. Tenir le scorpion entre ses bras lui avait tellement manqué. Il se mit à le bercer en lui murmurant des mots doux et en lui déclarant une nouvelle fois sa flamme.

Milo leva la tête, le visage toujours baigné de larmes, et embrassa Camus furtivement avant de lui demander pardon. Ledit verseau mit son front contre celui de son aimé et lui murmura qu'il était déjà pardonner, avant de poser à nouveau ses lèvres sur les siennes. Leur baiser se fit plus intense tellement ils étaient heureux de se retrouver. Ils finirent par s'unir entièrement avant de se câliner pendant un long moment. Des larmes coulaient encore sur leurs joues. Ils jouaient d'une main avec les cheveux de l'autre et se tenaient la main. Des baisers et des regards étaient échangés. Un tendre moment d'amour.

Puis Milo prit enfin la parole :

- Camus, mon amour, que je suis content de te retrouver.

- Moi aussi mon Milo. Tu m'as tellement manqué, ne me fais plus jamais ça, s'il te plaît. J'en mourrais si...

- Je ne le referais pas, ne t'inquiète pas. Maintenant, je veux vivre et mourir à tes côtés quoiqu'il arrive.

- Je t'aime. Tu es mon rayon de soleil qui illumine chaque jour mon cœur et ma vie.

- Tu es le mien aussi. Question mise à part, comment fait-on pour nos parents ?

- Je ne sais pas. Même si le temps presse, pourquoi ne pas y réfléchir demain, ce qui nous laisserait le temps de nous retrouver.

Milo ne répondit rien mais le sourire qu'il adressa à son ange en dit long. Avec lenteur, Camus se pencha pour l'embrasser et la passion les emporta de nouveau.