Bonjour ! Me revoici un peu en avance pour le chapitre 9 et une soirée en boite de nuit, une !

Mercis à Sweetylove30, Nono2b, Gavroche31, janeandteresa, leelou09, Ship-o-Romane et Totallyfan ! Vous rockez ! =D

FewTime: Je suis contente que tu trouves réussies mes joutes verbales entre Jane et Lisbon. Pour tout avouer (parce que tu le vaux bien), je ne suis pas une jisbonneuse de première heure. J'ai commencé la série avec l'arrivée de Bosco, et j'adorais, (non, j'adulais!) la relation si pudique entre Lisbon et son ancien mentor. [Je ne me suis jamais remise de sa mort... ='( ] Mais bon, accro aux relations entre personnages de série, j'ai bien vite accroché au Jisbon sous toutes ces formes, et nous y voilà... :) Oh, et pour répondre à tes interrogations sur les autres sphères, Friendship/Crime et le rating T ne concernent que la sphère 1. Je créerai une autre histoire pour la sphère 2. :)

newreaderhere: Et moi j'adore ta review ! :) Lire que tu aimes ma vision de Lisbon et la trouves fidèle me fait super plaisir ! Et je suis très contente que tu ais remarqué les pas de Jane et Lisbon, c'était un ajout de dernières minutes. :) Si tu aimes Jane confus, la sphère 2 sera pour toi... ^^' Oh et j'ai moi-même aimé l'inversion Cho/Lisbon, pourtant quand j'ai vu la bande annonce c'était pas gagné! Merci pour ta review ! :)

Pasca: La sphère 2 ? C'est que du Jisbon, je dois me faire violence pour écrire le reste... XD Et oui Lisbon et Jane en boîte, espérons que ça sera aussi amusant que tu sembles l'imaginer ! :) Merci beaucoup !

Enjoy: J'aime tes reviews, elles me permettent de voir quels passages marquent. :) Le bout de papier jeté c'est une préparation de terrain pour la sphère 2. :) Ton passage préféré est également le mien (enfin autant que je puisse préférer un truc écrit par moi...). Merci beaucoup !

Calypsoh: Wow, tes longues reviews me laissent toujours aussi rêveuse ! :) Figure-toi que le passage chez Lisbon est en fait truffé de références à la sphère 2. (oui oui mon cerveau compliqué embrique les choses continuellement... ^^') Le carton d'emménagement, les beignets, le bordel... tout ça, c'est de la préparation de terrain, lol. Oh, et oui les paris, tu sauras le mot de la fin... dans la sphère 2. ^^' Oh, et j'aime bien le passage que t'as choisi comme préféré... sphère 2 encore. ^^' [J'me sens chiante là, non ? x)] En plus bref, j'ai encore adoré ta review, je ne m'en lasse pas, alors mille mercis ! :)


Chapitre 9 : Red Fever:

Jane avait décidé de n'intervenir que si Cho n'orientait pas l'interrogatoire selon ce qu'il recherchait. Il se contenta donc d'assister en spectateur, identifiant chaque mouvement du suspect.

Slevin Burry était brun, petit, sans beaucoup de charisme, et il avait un sens de l'humour assez cruel qui lui donnait une aura sournoise. Ses yeux marron étaient calculateurs et ne restaient jamais en place, papillonnant partout autour de lui. Il présentait toutes les caractéristiques d'un homme stressé.

-Donc vous confirmez toujours être rentré chez vous après le dîner ? s'enquit Cho.

-Puisque je vous l'ai dit, demandez à mon gardien, marmonna Burry.

-C'est en cours, rétorqua l'agent. Vous avez un mobile cependant, vous vous êtes bien gardés de nous faire savoir qu'Edward Ferguson vous payait pour entretenir les apparences avec sa sœur et ne pas la livrer à un nouveau scandale.

L'homme ouvrit et ferma la bouche, comme un poisson hors de l'eau, puis poussa un profond soupir. Ses épaules s'affaissèrent alors qu'il posait ses mains sur les tables.

-Je ne l'ai pas tué, pourquoi j'aurai tué Ferguson ? Il m'a rien fait à part me filer du blé.

-Il allait arrêter les paiements, intervint Jane. C'est pour ça que Prudie a voulu lui parler après votre dispute au restaurant, elle voulait le convaincre de continuer à vous donner de l'argent. Et lorsque son frère a refusé, elle est allée noyer son chagrin ailleurs.

-Ecoutez, Prudie est une chic fille, mais je n'allais pas m'enchaîner à elle toute la vie. Je suis une âme libre moi, une femme et un gosse ? Non merci. La petite est mignonne hein ? Mais je marche pas.

-Ferguson vous menace pour que vous retourniez avec sa sœur, il vous coupe votre source de revenus, et vous laissez passer ? reprit Cho. Quel homme de poigne.

-J'aime à penser que je suis un homme d'esprit.

Jane ne put s'empêcher de ricaner légèrement, croisant les bras pour bien montrer à quel point il trouvait l'idée risible. Il s'attira un regard noir de Burry.

-Vous êtes allé à sa chambre d'hôtel Slevin, sourit Jane, cessez de mentir à l'agent Cho. Vous y êtes allé après le départ de Prudie et vous avez voulu le faire chanter. Je n'ai pas encore trouvé avec quoi vous vouliez le faire chanter cependant. Ferguson s'est moqué de vous, il vous a sûrement insulté, méprisable comme il était.

-Ça a dû vous mettre plutôt en colère, insista Cho. Moi j'aurai été en colère.

Burry se renferma sur lui-même, buté.

-Ça ne sert à rien de vouloir cacher la vérité Slevin, reprit Jane. Tôt ou tard nous découvrirons le détail qui pourra vous inculper. Vous voulez savoir ce que je pense ? Vous n'avez pas tué Edward Ferguson, vous vouliez le faire chanter parce que vous êtes un faible, incapable de trouver un travail honnête et de prendre des responsabilités. Vous aimez l'argent facile, les femmes faciles, et s'il y avait une vie facile, vous la prendriez sans hésiter, lâche que vous êtes.

-Je ne vous permets pas de m'insulter espèce de..! commença Burry en se redressant brusquement.

Jane montra ses mains en signe d'innocence alors que Cho se levait bruyamment, interrompant les mots du suspect par son regard froid et menaçant. L'homme se rassit à regret, fusillant Jane du regard.

-Racontez-nous Slevin, ça vous soulagera d'un poids, s'amusa le consultant, de nouveau à l'aise.

Il y eut un moment de silence, puis Burry soupira et posa ses coudes sur la table.

-Je connais Prudie par son frère à l'origine, avoua-t-il. Edward faisait partie des boss du gang que j'ai rallié dans ma jeunesse. Lui et quelques amis forts en affaires tenaient la ville des anges entre leurs mains et ils fournissaient la moitié de la ville en coke. C'est comme ça que Ferguson a pu monter son entreprise et prendre du pouvoir. Il a fait des trucs pas très nets et j'avais des preuves de ces trucs alors je les ai un peu agitées sous son nez pour qu'il réagisse.

-Et ça n'a pas marché, devina Jane.

-Non, il m'a dit que si je sortais mes trucs au grand jour, il me faisait descendre. C'était assez dissuasif pour moi, je tiens à ma peau. Je suis un businessman, je me ferai de l'argent ailleurs sans problème.

Jane sourit puis se leva.

-Ce sera tout pour le moment, j'ai ce que je voulais savoir.

Il allait partir mais il se ravisa :

-L'agent Cho vous dira quand partir. Excuse-moi vieux, termina-t-il à l'intention de l'asiatique.

Il sortit de la salle d'interrogatoire et se dirigea dans la salle d'à côté où Lisbon l'attendait.

-Vous êtes tellement insupportable, soupira-t-elle.

-Je sais, triompha-t-il. Vous avez des appels à passer je crois, non ?

-Je déteste me taper des vidéosurveillances d'hôtel, grogna la brune. Il n'aurait pas pu ne pas y aller ? Maintenant on sait que n'importe qui a pu entrer sans être vu et tuer Ferguson.

-Donnez les vidéosurveillances à VanPelt, lui conseilla-t-il, elle est très douée avec ça.

-Je fais ce que je veux avec mon équipe Jane.

-Vous venez juste de dire que vous haïssez les vidéosurveillances, je vous donnais un coup de main, se défendit-il.

-Vous n'avez pas idée d'à quel point c'est horrible, les gens n'ont aucune tenue dans un hôtel, se plaignit la brune. On découvre à chaque fois de ces trucs…

Elle frissonna de dégoût sous le regard amusé de son consultant. Ils furent interrompus par l'arrivée de Rigsby dans la pièce.

-Boss, j'ai deux boîtes de nuit qui pourraient correspondre à ce qu'on cherche, l'informa-t-il.

-Elles sont ouvertes ce soir ? s'enquit Lisbon tout en jetant un coup d'œil à Cho qui terminait ses questions avec Burry.

-Oui, les deux. Vous voulez qu'on aille voir les patrons pour demander les vidéosurveillances ?

-Prends une adresse et vas-y avec VanPelt, je prendrai l'autre et j'irai avec Cho.

-Et moi alors ? s'indigna Jane.

-Vous ne retrouvez pas Kelly ce soir ?

-Lisbon, il s'agit de vous voir dans une boîte de nuit, vous croyez vraiment que je manquerai ça ? se moqua-t-il sous les yeux rieurs de Rigsby.

-Vous n'êtes qu'un gamin, s'exaspéra-t-elle en levant les yeux au ciel. Ça laissera cependant Cho libre pour les vidéosurveillances de l'hôtel, convint-elle.

-Parfait, triompha le blond en sortant.

Lisbon échangea un regard avec Rigsby qui se retenait toujours de rire.

-Ne me regarde pas comme ça, s'agaça-t-elle, je sais que je vais le regretter dans quelques heures, je le regrette déjà.

-J'ai rien dit boss, sourit Rigsby en lui ouvrant la porte.

Elle lui adressa un regard noir mais sortit. Elle alla à la rencontre de Cho et l'envoya à l'hôtel pour les vidéosurveillances avant de retourner dans son bureau.


Le voyage en voiture avait été silencieux bien que Lisbon ait senti plus d'une fois le regard amusé de Jane se poser sur elle. Elle fut patiente jusqu'au parking, mais une fois garée, elle se tourna pour le dévisager, méfiante. Il se contenta de lui lancer le même regard, malicieux.

-Quoi ? marmonna-t-elle.

-Vous vous êtes changée, lui fit-il remarquer en désignant sa tenue.

Elle jeta un coup d'œil à son top noir et à son jean puis secoua la tête, l'air de lui faire comprendre qu'elle ne voyait rien d'amusant dans le fait d'avoir changé de vêtements.

-Et alors ?

-Je parie que si Cho vous avez accompagnée, vous ne vous seriez pas changée.

-N'importe quoi, s'exaspéra-t-elle en sortant de la voiture.

Il l'imita et la rejoignit, les mains dans les poches.

-Nous allons dans une boîte de nuit, se justifia-t-elle, avoir l'air d'un flic ce n'est pas un atout là-dedans.

-Oh mais ne vous en faîtes pas, j'aime beaucoup votre tenue, la rassura-t-il en élargissant son sourire. Vous êtes à tomber, vous allez vous fondre dans la masse.

Elle faillit rougir sous son regard profondément ancré dans le sien mais parvint à peu près à se contrôler en usant du sarcasme :

-En tout cas ce n'est pas vous qui allez vous fondre dans la masse.

Il observa son costume trois pièces et eut une légère grimace. Elle n'avait pas tort.

-Mais j'y suis attaché, déplora-t-il.

-Vous faîtes ce que vous voulez Jane, mais quand on sera dans la foule, ne prétendez pas être avec moi, sinon je n'aurai aucune chance d'atteindre les dirigeants. Ces types fuient les flics comme la peste.

Le consultant soupira, en proie à un dilemme. D'un côté il y avait son si cher costume, et de l'autre l'amusement qu'il ressentirait, une fois à l'intérieur, à voir Lisbon jouer les flics sous couvertures.

-On n'a pas toute la nuit Jane, s'impatienta-t-elle.

-Je croyais que le principe de sortir en boite de nuit c'était qu'on avait toute la nuit ?

-On est là pour l'enquête, lui rappela-t-elle.

-Oh Lisbon, vous êtes toujours à fond dans le boulot, vous ne savez pas vous amuser, je vous jure.

-Bien, si vous voulez passer votre nuit à danser, libre à vous, dit-elle en perdant patience. Je demanderai les vidéosurveillances seule, et si je suis d'humeur, je demanderai celles de cette nuit, rien que pour le plaisir de vous voir sur le dancefloor, termina-t-elle non sans humour.

Il la dévisagea avec un immense sourire.

-Vous fantasmez à ce point sur moi ? triompha-t-il.

-Oh allez au diable, marmotta-t-elle en tournant les talons.

-Non attendez Lisbon ! protesta-t-il. Je dois mettre mes affaires dans la voiture, revenez ! Lisbooon !

La brune soupira et daigna se tourner vers lui, désormais éloignée de lui de plusieurs mètres. Il la remercia de son attention puis enleva sa veste et son veston pour les déposer à l'arrière de la voiture qu'elle lui ouvrit. Il la rejoignit en trottinant. Elle roula des yeux et l'arrêta en face d'elle pour lui sortir la chemise du pantalon. Puis elle attrapa son col et le lui releva. Il lui offrit son meilleur sourire enjôleur qu'elle tenta tant bien que mal d'ignorer.

-L'idéal aurait été que vous portiez un jean, mais ça suffira, commenta-t-elle.

-Merci maman, se moqua-t-il.

-Suivez-moi, grommela-t-elle, et pas de vague !

-Des vagues ? fit-il semblant de s'étonner alors qu'ils approchaient du bâtiment. Ça se danse ?

Elle leva les yeux au ciel, la soirée allait être terriblement longue...


Ils rencontrèrent une légère résistance de la part du videur, la tête –et les propos– de Jane ne lui revenaient pas. Mais un sourire aguicheur et un clin d'œil de la jeune brune leur permit de finalement entrer.

-Vous êtes une terreur, se moqua Jane une fois à l'intérieur.

-Pardon, je n'ai rien entendu, la musique est trop forte !

Il lui envoya son sourire le plus ironique qu'elle ignora royalement, puis ils s'avancèrent dans la salle pleine à craquer où les lumières agressaient leurs yeux. La musique était bien sûr à un niveau proche de l'insupportable et le contact étroit des corps ne rendait pas leur progression facile. Plusieurs fois ils furent séparés par la foule, notamment lorsque de jolies créatures à talons agrippaient Jane pour danser autour de lui. Au bout de la troisième fois, Lisbon perdit patience, attrapa le bras de Jane et l'entraîna avec elle en fusillant du regard toute personne montée sur talons. Elle n'avait pas que ça à faire de sa soirée.

Jane se laissa faire en souriant, content d'échapper à de potentielles groupies, mais encore plus content de voir la mauvaise humeur accentuée de la brunette. Ils arrivèrent au bar et Lisbon s'assit sur l'un des tabourets. Jane l'imita en s'asseyant à côté d'elle.

-Vous êtes possessive Lisbon, je l'ignorais ! plaisanta-t-il en se penchant vers elle pour être sûr qu'elle entende.

-La musique est trop forte ! répondit-elle.

-Oui la musique est toujours trop forte ! s'amusa-t-il.

-Je peux quelque chose pour vous ? s'enquit le barman en s'approchant.

-Deux de vos meilleurs cocktails ! répondit le consultant avant que Lisbon n'ait pu ouvrir la bouche.

-Tout de suite ! répondit l'homme.

Lisbon se tourna vers le blond alors que le barman s'éloignait. Elle dut encore crier pour se faire entendre :

-Je suis en service Jane, vous allez boire seul !

-Il est vingt-trois heures trente, lâchez-vous un peu ! Avec un peu de chance, je vous inviterai à danser !

-Ce n'est pas un jeu ! C'est une enquête ! protesta-t-elle.

-Vous ne vous amusez donc jamais ?

Elle roula des yeux et se retourna vers le barman qui revenait avec les deux verres. Jane le paya et Lisbon en profita pour se pencher sur le bar.

-J'aimerai voir le patron, où je peux le trouver ? s'enquit Lisbon.

-Personne ne peut voir le patron m'dame.

-Je suis du CBI, précisa-t-elle en sortant discrètement sa plaque.

-Le patron n'est pas là, marmonna le barman, soudain mal à l'aise.

-Dîtes-moi Lisbon, vous voyez ces jeunes filles là-bas ? intervint Jane. Je me demande quel âge elles ont...

-Dix-sept ? Dix-huit ? fit Lisbon en entrant dans son jeu.

-Et qu'est-ce qu'elles ont dans les mains ? continua Jane, amusé.

-De la téquila ? sourit Lisbon en se tournant vers son consultant.

-Mais dîtes-moi agent Lisbon, la vente d'alcool à des mineurs c'est interdit, non ?

-Totalement prohibé, assura la brune en se tournant de nouveau vers le barman qui paraissait se décomposer à vue d'œil.

-Ok ok, les arrêta-t-il. Vous trouverez les boss à l'étage, sur les canapés rouges, mais ne dîtes pas que je vous l'ai dit je vous en prie…

Lisbon acquiesça, le remerciant au passage, puis se leva avec l'intention de partir. Jane la retint par le bras et lui tendit son verre. Elle leva les yeux au ciel et fit signe que non, elle ne boirait pas avec lui. Il lui montra toute son exaspération, but une gorgée de son propre verre, puis la rejoignit.


Leur progression fut lente puisqu'ils devaient traverser la piste de danse. Elle perdit Jane de vue plusieurs fois, ce qui la fit ralentir encore plus.

Elle n'aimait pas l'idée de Jane dans un tel endroit, c'était tellement étranger à tout ce qu'il était. Il y avait des gens qui se fichaient de qui il était, des femmes notamment qui pensaient selon leurs yeux, sans savoir. Elle n'aimait pas le savoir entre les griffes d'une idiote qui lui ferait la cour pitoyablement en se frottant à lui. Jane et les poules de boîte de nuit, ça ne lui plaisait pas, les deux n'allaient pas ensemble.

Elle fouilla la foule du regard une fois encore, elle l'avait encore perdu. Elle se mordit la lèvre sans pouvoir le repérer, elle espérait qu'aucune idiote ne soit en train d'essayer de le déshabiller. Oh bien sûr, si ça arrivait, elle se moquerait de lui après coup, mais là, elle n'avait pas envie d'en rire. Elle n'aimait pas le perdre de vue dans cet environnement trop propice aux incidents.

Puis, soudain, le soulagement remplaça l'anxiété lorsqu'elle sentit une main se glisser dans la sienne, une main avec une alliance. Elle lui adressa un regard un peu gêné, il se contenta de lui faire signe d'avancer, finalement décidé à en finir. Il avait dû se lasser des agrippeuses.

Il ne lâcha pas sa main jusqu'aux escaliers, et elle n'aurait su expliquer la gêne qu'elle en ressentit. Une fois arrivés en haut, Jane repéra les canapés rouges et les indiqua à Lisbon.

Ils rencontrèrent une barrière de gardes du corps peu avenants et Jane se posta immédiatement derrière Lisbon. Cette dernière sortit sa plaque, elle avait atteint les gérants, ils ne fuiraient plus.

-Bureau Californien d'Investigation, agent Lisbon, se présenta-t-elle, je dois parler à vos patrons.

Les deux intéressés l'examinèrent, bien à l'abri derrière leurs hommes de main, puis, avec un sourire entendu –qui ne plut pas beaucoup à Jane– ils indiquèrent aux barrières humaines de laisser passer les deux visiteurs.

-Asseyez-vous je vous en prie, les invita le plus grand des deux.

Il apparut immédiatement à Jane que c'était lui qui parlait, mais que ce n'était pas le cerveau. Il était blond, avec des yeux fourbes, et une carrure à rivaliser avec ses gardes du corps. L'autre, plus petit, plus discret, avait un sourire charmeur, un sourire d'homme d'affaires fortuné. Il était brun et avait les traits secs, il n'inspira pas plus confiance au consultant.

Lisbon accepta l'invitation et s'assit sur un canapé vide sous les regards déçus des deux hommes. Jane s'assit à côté d'elle et s'affala contre le dossier. Ce n'était pas parce qu'il se méfiait des deux hommes qu'il en était mal à l'aise.

-C'est sympa ici, fit-il remarquer. Vous avez tout fait tous seuls ?

-L'argent a aidé, monsieur..?

-Jane, sourit le consultant. Mais je ne connais pas vos noms, nous ne sommes plus à égalité.

Les deux hommes sourirent, apparemment amusés par l'excentricité. Ce fut encore le blond qui parla.

-Terrence Harper, se présenta-t-il, et voici mon associé Bill Page.

Ledit Bill se contenta d'un signe de tête alors que Lisbon se redressait pour prendre les choses en main.

-Nous voudrions avoir accès à une partie de vos vidéos surveillances, un suspect de meurtre a choisi votre boîte de nuit pour alibi et nous aurions besoin de confirmer.

-Vous avez un mandat ?

-Oh allez Terrence, intervint Jane, vous nous donnez accès à quelques minutes de vidéosurveillances et en échange nous allons imaginer que le petit pot sur la table ici présent est rempli de sable très blanc…

Lisbon retint difficilement un léger sourire, à elle aussi le pot avait paru suspect. Les deux associés eurent un sourire carnassier. Pour bien montrer qu'elle était parfaitement détendue, Lisbon s'enfonça dans le canapé et croisa les jambes.

-Il est flic lui aussi ? s'enquit Terrence.

-C'est un consultant, précisa Lisbon avant l'habituel discours de Jane.

-Oh je vois… Vous aimez les boîtes de nuit agent Lisbon ?

Jane vit la suite arriver et se tendit presque imperceptiblement. Il n'avait pas vraiment la carrure qu'il fallait pour imposer quoi que ce soit dans une telle situation et il n'aimait pas du tout les regards, soudain libidineux, des deux associés pour son amie.

-La musique est toujours trop forte, répondit Lisbon.

-Dommage, une jolie fille comme vous. Vous ne dansez jamais ?

-Oh croyez-moi, elle danse très bien, intervint Jane avec un sourire.

-Jane, marmotta-t-elle en lui jetant un coup d'œil glacial. Je n'aime pas trop ce genre d'ambiance.

-Je peux vous faire changer d'avis, intervint pour la première fois Bill.

-Non merci, déclina poliment Lisbon.

-Vous n'aimez pas les slows ? insista-il à la place de Terrence.

-Elle ne les aime qu'avec moi, coupa Jane en passant un bras autour des épaules de Lisbon.

Elle fit de son mieux pour ne pas paraître gênée, puis reprit contenance.

-Eh bien messieurs, aurons-nous besoin d'un mandat ? s'enquit-elle.

Refroidi par la familiarité de Jane envers la jeune femme, les deux associés se rembrunirent et Bill retourna à son silence fermé. Jane eut besoin de toute la volonté du monde pour ne pas dire ce qu'il pensait. Lisbon avait une arme, mais il n'était pas sûr que ça suffirait à arrêter les molosses faisant office de gardes du corps.

-Jerry va vous montrer le chemin, céda finalement Terrence.

L'un des gardes du corps vint s'arrêter à côté d'eux.

-Merci pour votre coopération messieurs, sourit-elle en se levant.

Jane l'imita et tous se saluèrent plutôt froidement. Jane fit passer Lisbon devant lui en posant sa main dans son dos et il la vit rire légèrement.

-Quoi ? s'étonna-t-il alors qu'ils suivaient le dénommé Jerry.

-Et c'est moi la possessive hein ? se moqua-t-elle.

-Ils étaient prêts à vous dévorer toute crue, se défendit-il.

-Et vous croyez vraiment que ça serait arrivé ?

-Moi présent, non.

-Mon héros, ironisa-t-elle.

Il préféra ne pas répondre, mais s'autorisa un sourire. Jamais Lisbon ne cesserait de l'étonner… encore moins de l'amuser.


... Contentes, pas contentes ? =) Prochain post samedi matin ! [Désolée pour ce délai plus long que d'habitude, problèmes personnels.]

Votre aperçu du chapitre 10:

"-Vous faîtes de moi une donnée Jane ! Je ne suis pas Kelly, je ne suis pas un objet entre vos mains que vous pouvez utiliser pour atteindre John LeRouge !

-Mais il ne s'agit pas de vous utiliser ! cria-t-il plus fort qu'elle.

-Alors quoi ? Vous ne savez faire que ça lorsqu'il s'agit de lui Jane, utiliser les autres pour vous approcher de lui, vous tueriez n'importe qui pour ça, vous n'hésiteriez pas à laisser Kelly mourir s'il le fallait !

-Mais pas vous !"