Alter Ego

Merci à tous et à toutes pour vos reviews, mises en alertes et mises en favoris. Je constate avec plaisir en observant les statistiques de l'histoire que celle-ci gagne des lecteurs à chaque chapitre. Malheureusement pour moi, très peu d'entre vous laissent une petite review en fin de chapitre… Enfin, nous approchons de la fin de l'histoire qui comptera douze ou treize chapitres.

Je rappelle que rien n'est à moi sauf l'histoire et que je ne touche rien pour cette publication (ni pour aucune autre d'ailleurs).

Enjoy reading !


Hermione et Théodore avait quitté l'hôpital la veille au soir et le retour du duo de la bibliothèque, comme les appelaient les autres élèves, déliait les langues. C'était sans surprise qu'ils furent convoqués par le professeur Dumbledore dès leur retour à Poudlard. Le bureau du professeur de philosophie était rempli ce matin-là. En plus des deux amis et du professeur, se tenaient dans l'étroite pièce le professeur Rogue, le professeur McGonagall, Ronald Weasley et Blaise Zabini.

Les deux adolescents se glissèrent dans un coin de la pièce à côté du métis qui leur adressa un petit signe de tête. A la surprise générale, Hermione contourna Blaise pour l'installer entre Théodore et elle. Mais tout le monde s'abstint de commenter cette action. Ron avait l'air sincèrement éprouvé et il semblait avoir du mal à conserver son calme. Il passait nerveusement d'un pied sur l'autre en jetant des regards anxieux au professeur McGonagall et énervés au professeur Rogue. Le professeur Dumbledore brisa finalement le silence de plomb qui régnait dans le bureau :

_ Bien, si je vous ai tous convoqués ce matin, c'est certes pour vérifier l'état de monsieur Nott et de miss Granger, mais surtout pour évoquer avec vous un fait rare et problématique.

Malgré ses traits tirés et les traces de coup qu'elle portait encore de l'agression, Hermione se tenait droite et raide comme la justice, ses grands yeux bruns posés sur le professeur de philosophie, attendant qu'il continue. Elle ignora les regards peinés que lui lançait Théo depuis qu'elle s'était éloignée de lui quelques instants auparavant.

_ Hier après-midi, reprit Albus Dumbledore, monsieur Potter a été vraisemblablement enlevé au sein de l'école…

Il marqua un temps d'arrêt, paraissant chercher ses mots.

_ … par monsieur Malefoy, lâcha-t-il finalement en se laissant tomber sur son fauteuil de bureau.

Blaise et Théodore échangèrent un regard stupéfait tandis que Hermione jeta un regard ahuri en direction de Ron qui lui répondit en levant les mains d'un air las.

_ Comment… Comment est-ce possible ? demanda Blaise Zabini visiblement perdu face à cette nouvelle pour le moins désastreuse.

_ Vous avez sans doute remarqué que monsieur Malefoy était différent ces derniers temps, tenta de lui expliquer le professeur McGonagall d'une voix oscillant entre la gêne et le sérieux.

_ Bizarre, souffla l'étudiante brune en rejetant une mèche de cheveux par-dessus son épaule.

Tous se tournèrent vers elle comme un seul bloc, ce qui la fait rougir.

_ Que voulez-vous dire ? la questionna le professeur Rogue avec le ton sinistre qui lui était familier.

_ Draco Malefoy était bizarre. Pas juste différent, bizarre.

_ Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? l'interrogea alors le professeur Dumbledore.

_ Et bien depuis le début de l'année, il est différent. Vraiment différent. Et il délire complètement. Il m'a reproché plusieurs fois ma proximité avec un certain Cato Hardravers… alors que je ne connais personne de ce nom.

_ Il alterne aussi l'extrême violence et la gentillesse, alors que je ne lui connaissais pas vraiment ce second trait de caractère, continua Blaise. C'est comme s'il avait des absences pendant lesquelles il était subitement adorable et lorsqu'il semble reprendre conscience, il devient vraiment très violent.

_ Tu penses que c'est ce qu'il s'est produit avant-hier avec Hermione ? demanda Ron en jetant un coup d'œil inquiet à son amie.

_ D'ailleurs, nous n'avons pas eu l'occasion d'entendre la version de miss Granger sur ce sujet, fit remarquer le professeur McGonagall en se tournant vers son élève préférée.

_ Bien, commença la jeune fille. Je lisais un livre sur un banc dans la cour intérieure tout en mangeant une pomme lorsque Malefoy est venu me proposer de faire le tour du lac avec lui. N'ayant pas de raison particulière de refuser, je l'ai accompagné et nous avons commencé à discuter. Puis soudainement, il a commencé à délirer à propos de ce fameux Cato et a fini par se ruer sur moi. Je n'ai aucun souvenir de ce qu'il s'est passé ensuite…

Le métis passa un bras autour des épaules de la jeune fille pour la rassurer tandis qu'Albus Dumbledore se caressait la barbe d'un air pensif.

_ S'est-il passé quelque chose de nouveau cette année ? demanda-t-il en se tournant vers ses deux collègues.

Les deux professeurs se concertèrent quelques instants et Minerva McGonagall hocha négativement la tête.

_ Zacharias Smith, fit soudainement Ron Weasley tandis que les adultes le regardaient sans comprendre. Bah oui, c'est la seule chose qui sortent de l'ordinaire et qui s'est produite cette année… l'arrivée de Zacharias Smith.

_ Ami avec Blaise, dit alors Théodore qui parlait pour la première fois. Il s'est assis avec Hermione plusieurs fois à la bibliothèque, il n'est hostile avec personne… Pas d'ennemi.

_ Sauf Draco, fit l'afro-américain en secouant la tête. Et Draco qui débloque complètement à partir de ça !

_ Monsieur Malefoy semble être atteint d'un violent dédoublement de la personnalité, commenta sans joie le professeur McGonagall. Cela pourrait le rendre dangereux…

_ pourrait ? POURRAIT ! tonna Ron visiblement furieux. Il a kidnappé Harry ! Cela ne vous suffit pas pour comprendre qu'IL EST dangereux ?

_ Monsieur Weasley, calmez-vous, grogna le professeur Rogue en ajustant son manteau noir. Nous allons faire le nécessaire pour retrouver monsieur Potter, sain et sauf.


Hermione sortit du bureau quelques instants plus tard et se dirigea silencieusement vers la bibliothèque, l'inquiétude faisant plisser son front. Son sac bandoulière ballotait sur sa hanche et sa veste en laine ne cessait de glisser sur ses frêles épaules. Théodore l'observa quelques secondes avant de s'élancer à sa suite, aussi vite que sa condition le lui permettait.

_ Hermione attend ! l'appela-t-il. Je t'en prie.

La jeune fille se retourna, le toisa froidement et reprit son chemin tout en accélérant le pas. Le garçon ne se laissa pas démonter et choisit d'emprunter un raccourci pour intercepter son « amie » sur le chemin du temple des ouvrages en tout genre.

Le garçon brun aux fines lunettes parvint à ses fins et attrapa la brune par le poignet et l'attira à lui dans le but de s'expliquer une bonne fois pour toute.

_ Lâche moi, siffla-t-elle d'une voix si basse qu'elle ressemblait au sifflement d'un serpent. Théodore lâche moi !

Il se contenta de la tirer derrière lui dans la bibliothèque où madame Pince leur jeta un regard colérique et Hermione cessa de se débattre pour suivre le garçon sans ajouter un mot. Il tenait fermement son poignet et lorsqu'il la relâcha, sa peau pâle demeurait striée de marques rouges.

Ils s'assirent à leur table habituelle, la plus éloignée de la porte, cachée au milieu des rayonnages d'histoire et de géographie. Hermione croisa lentement ses mains sur la table et Théo l'imita, en signe de soumission.

_ Je t'écoute, fit-elle d'un ton froid qui se voulait menaçant mais qui donnait envie à Théodore de sourire et de la serrer dans ses bras.

_ Je voulais te protéger, offrit-il simplement. Je ne t'ai caché la vérité que pour te protéger. Je ne voulais pas te voir t'inquiéter pour moi au fur et à mesure que les jours qu'ils me restaient à passer en ta compagnie se réduisaient.

_ Ne crois-tu pas que j'aurais eu encore plus de peine en apprenant subitement ta mort ? contra-t-elle en luttant pour empêcher sa voix de grimper dans les aigus. Que je n'aurais pas été détruite par ta disparition aussi soudaine que brutale ? Ça fait des années qu'on ne se cache rien et qu'il n'existe pas le moindre non-dit entre nous, du moins c'est ce que je pensais jusqu'à hier…

_ Je suis sincèrement désolé… Je te promets que c'est la seule chose que je t'ai caché Hermione. J'ai toujours été sincère avec toi pour le reste.

_ Combien de temps ? souffla-t-elle d'une voix peinée.

_ Cent jours, tout au plus…

Elle se releva lentement, ramassa son sac et s'éloigna rapidement. Juste avant d'être engloutie par les rayonnages, elle se retourna, parut réfléchir quelques instants et lâcha soudainement ce qui pouvait s'apparenter à un retour de flammes :

_ Les sentiments que j'ai pour toi Théodore, sont à toi, et ce, à tout jamais. Simplement, je dois prendre le temps pour moi. Pour réfléchir à tout ça…

Elle partit sans se retourner et disparut au milieu des livres poussiéreux, laissant Théo complètement perdu dans ses pensées.


La campagne londonienne arborait de fades couleurs détrempées. La pluie n'avait pas cessé depuis plusieurs jours et il était difficile de savoir quand est-ce qu'elle s'arrêterait. Draco conduisait toujours à toute allure et selon Harry, qui demeurait fermement attaché sur la banquette arrière, la voiture devait allégrement dépasser les quatre-vingts kilomètres par heure autorisés sur les routes de campagnes.

Le brun avait finalement trouvé le sommeil après que Malefoy se soit arrêté dans une station-service pour faire le plein et acheter de quoi manger un peu. Il avait pratiquement jeté un sandwich jambon-fromage à la tête du garçon à la cicatrice qui avait dû se débrouiller comme il pouvait pour l'engloutir. Il s'était ensuite endormi tandis que l'autre reprenait la route.

Lorsqu'il avait rouvert les yeux, il y a maintenant plus d'une heure, le blond fonçait au milieu des vertes prairies anglaises, se rapprochant toujours plus de la capitale. Harry ne savait pas ce qu'il comptait faire une fois là-bas, mais il espérait secrètement qu'il parviendrait à se détacher pour pouvoir envoyer un sms avec le téléphone du conducteur. Téléphone qui reposait dans la petite caisse, calée entre les deux sièges avant. Mais ficelé comme l'était l'adolescent, il ne pensait pas y parvenir tout de suite. Il reposa alors sa tête contre la banquette et ferma les yeux quelques instants.

_ Potter, t'es mort ? demanda Draco en jetant un coup d'œil dans le rétroviseur central.

L'héritier de l'empire Malefoy paraissait beaucoup plus détendu que la veille.

_ Tu aimerais bien, répliqua ledit Potter sans pour autant ouvrir les yeux.

Le garçon aux yeux gris déglutit difficilement. Harry l'entendit et finit par ouvrir les yeux. Il croisa son regard dans le rétroviseur et malgré l'intensité du regard du blond, il ne détourna pas les yeux. Brusquement, les traits du conducteur parurent se détendre.

_ Tu as dit que Granger disait que j'avais changé ?

Harry hésita quelques instants sur la conduite à adopter : Draco Malefoy était-il en train de se moquer de lui ?

_ Malefoy, est-ce que tu me prends pour un con ? soupira le brun en remontant péniblement ses lunettes sur son nez. Bien sûr que tu es différent… du moins avec elle c'est une certitude. Mais personne n'a compris ton brusque changement de comportement… Pas même Blaise !

Un long silence s'ensuit et il finit par demander de nouveau, surprit :

_ Comment ça ? Je n'ai rien changé avec cette insupportable Miss je-sais-tout et… non rien. Dis-moi ce qui est différent.

_ Tu es aimable avec elle ! Tu lui parles tranquillement, tu travailles à la bibliothèque avec elle et tant d'autres choses qui font bondir Théodore et Ron… Tu l'as même dragué à la soirée de Dubois ! C'est Zabini qui m'a raconté ça pendant le cours d'EPS.

_ Je n'ai rien fait de tout ça… Jamais je n'aurai dragué Granger. Puis, pourquoi est-ce que j'aurais fait ça ? Ça n'a aucun sens Potter !

_ Je le sais, mais c'est pourtant la vérité, dit Harry de plus en plus perplexe face à l'attitude du blond. Il parait que tu as failli te battre avec Théodore ce soir-là… Justement parce que tu étais trop entreprenant face à Hermione, qui avait bu en plus de ça.

Draco ne répondit rien, visiblement sous le choc.

_ Ce n'est pas moi, je n'ai jamais fait ça. C'est Cato Hardravers qui draguait Granger à la soirée de Olivier Dubois. Pas moi. Moi, j'ai poussé Théo à aller récupérer Granger. Ce n'est pas moi qui suis gentil avec elle. C'est Cato.

_ Malefoy, qui est Cato Hardravers ? questionna Harry, persuadé d'avoir une piste pouvant expliquer l'étrange comportement du garçon.

_ Mais enfin tu sais bien ! s'énerva-t-il en donnant un brusque coup de volant vers la gauche. Le type qui est arrivé le premier jour de la rentrée ! Ce garçon blond ! Avec les yeux bleus ! Cato Hardravers ! Il est dans notre classe à Weasley et à moi !

_ Je pense que tu fais erreur, souffla le brun. Il n'y a personne de ce nom à Poudlard…

_ tu penses que je suis con ? poursuivit-il sur un ton de plus en plus agressif. Ou non pire ! Tu penses que je suis fou ? Dis le Potter ! Tu penses que je suis fou !

La voiture se stoppa brusquement sur le bas-côté. Malefoy en descendit en claquant la portière derrière lui. Se relevant difficilement sur ses coudes, Harry parvint à le voir allumer fiévreusement une cigarette, le regard perdu dans la contemplation du paysage. Le sang de l'adolescent ne fit qu'un tour : c'était le moment ou jamais de prévenir les secours !

Avec toute la force dont il était capable, il tira sur les ceintures de sécurité qui le retenait prisonnier et attrapa du bout des doigts le téléphone portable de l'autre adolescent. Par chance, l'objet n'était pas verrouillé et Harry fouilla à toute allure dans le répertoire du garçon à la recherche d'un numéro auquel il pourrait demander du secours. Il s'immobilisa quelques secondes en découvrant le nom de Blaise Zabini puis il s'empressa de lui envoyer quelques lignes : « Malefoy a pété les plombs. Il nous emmène à Londres. Au secours ! Harry ». Rapidement, il appuya sur envoyer, effaça le message et reposa le téléphone dans le panier.

Malheureusement, il n'avait pas entendu Malefoy se rapprocher de la voiture et observer ce qu'il faisait. C'est pourquoi, Harry fut surpris lorsqu'il entendit la portière arrière gauche de la voiture s'ouvrir.

_ Qu'est-ce que tu foutais ? grogna le blond d'une voix dans laquelle se distinguait très nettement la colère et la rage.

_ Je… Rien, rien, je regardais l'heure, tenta vainement le garçon aux yeux verts.

_ ARRÊTE DE TE FOUTRE DE MOI ! hurla l'autre en se ruant sur lui.

Avant qu'il n'ait pu comprendre ce qu'il se passait, Harry se retrouva bloqué par le corps de Malefoy qui était grimpé à califourchon sur lui. Les longs doigts fins et froid de son geôlier s'enroulèrent autour de son cou et subitement, le brun manqua d'air. L'autre serrait de toutes ses forces et Harry ne parvenait pas à se dégager de son emprise ou à le déstabiliser pour qu'il relâche la pression. Il sentit le sang quitter peu à peu son visage et des étoiles commencèrent à apparaître devant ses yeux. Sa vision se troubla et bientôt, il n'entendit plus rien.


Tada ! Est-ce que je viens de vous laisser, ENCORE UNE FOIS, avec un cliffhanger ? La réponse est oui. ^^

J'espère que ce chapitre vous a plût, n'hésitez pas à me laisser une review pour me faire part de vos impressions. Hermione et Théo ? Draco et Harry ? Ron Weasley ? Blaise Zabini ? Qui est votre personnage préféré ?

L'histoire touche bientôt à sa fin puisqu'il ne reste que deux ou trois chapitres d'aventures. Draco va-t-il s'en sortir ? Blaise et les autres retrouveront-ils Harry en vie ? Le retrouveront-ils tout court ? Hermione et Théodore vont-ils s'avouer tous leurs sentiments ? Vont-ils se mettre ensemble malgré la maladie de Théodore ?

Vous découvrirez tout ça dans le prochain épisode de Alter Ego !

Alors en attendant, je vous dis à dans quinze jours pour de nouvelles aventures !

Encore merci d'avoir lu jusqu'ici :)

Xoxo

Dame Lylith