Chapitre 7 : La fin de l'année

Malheureusement pour les quatre amis, la semaine qui s'écoula fut concentrée sur les examens de fin d'année. Remus réussit à faire réviser James et Sirius et aucun d'eux n'eut le loisir de savoir si les informations trouvées par Remus étaient correctes.

Le vendredi midi, Sirius, qui revenait de sa dernière retenue, entra en courant dans leur salle commune et s'arrêta face à leur canapé. Les trois autres levèrent le regard de la partie d'échec en cours entre Peter et Remus.

« Y a les résultats dans le grand hall ! » s'exclama le jeune garçon, surexcité.

Les autres se levèrent d'un bond et le suivirent jusqu'aux tableaux d'affichage. Lorsqu'ils arrivèrent, une grande partie des élèves se pressait devant les grands parchemins affichés au mur et les quatre garçons durent jouer des coudes pour y accéder.

Ils finirent cependant par arriver au premier rang et constatèrent que si Remus avait obtenu cent pour cent de bonnes réponses, James et Sirius avaient eu un total de quatre-dix pour cent tandis que Peter obtenait tout juste la moyenne.

Celui-ci eut un air triste et haussa les épaules, s'attirant un regard surpris de James et Sirius et inquiet de Remus.

« Ça va ? » s'enquit le châtain en posant une main sur son épaule. Peter hocha doucement la tête.

« C'est mieux que rien... Et puis heureusement que tu m'as aidé Rem' parce que ça aurait pu être pire. »

Remus lui sourit doucement et ouvrit la bouche pour parler quand le flot d'élèves se dirigea vers la Grande Salle, les embarquant avec lui.

Ils se dirigèrent donc vers leurs places habituelles et s'assirent à la table de Gryffondor, discutant de tout et de rien. Au bout d'une dizaine de minutes, la discussion dériva sur les vacances à venir et Sirius sembla se renfrogner.

« Et toi Rem', où est-ce que tu vas pendant les vacances ? » s'enquit Peter.

Le petit châtain haussa les épaules. « On va rester à la maison, à cause des examens et tout ça… » Il sourit légèrement et se tourna vers Sirius. « Et toi ? »

Celui-ci le regarda et eut un mince sourire. « Je pense qu'on va rester à Londres, Mère n'aime pas voyager. »

James eut un immense sourire : « C'est super, tu pourras venir chez moi ! » Il se tourna vers les deux autres et leur proposa de venir passer les deux dernières semaines chez lui. Peter accepta la proposition avec plaisir, sachant que sa mère connaissait bien la famille Potter. Remus, quant à lui, fut un peu plus réticent.

« Je ne sais vraiment pas, il faut qu'on s'organise avec mes parents… » Surtout si la pleine lune tombe fin Août…

James eut une moue un peu déçue mais hocha la tête. « J'espère que tu pourras venir, en tout cas. »

Remus hocha la tête en soupirant. « Moi aussi. »

Ils terminèrent rapidement leur repas puis sortirent dans le parc pour profiter de leur après-midi. Alors qu'ils étaient proches du lac, Sirius arrêta James et lui pointa quelqu'un du doigt : « Regarde, y a Servilus ! »

Le regard de James s'éclaira et il sortit sa baguette, rapidement imité par Peter et Sirius. Remus, quant à lui, détourna le regard, un air déçu au visage, mais ne fit rien. Il s'en voulait de les laisser faire mais d'un autre côté, il avait peur que ses amis le trouvent lourd et l'abandonne.

Les trois autres s'étaient pendant ce temps dirigés vers le garçon et James lança :

« Bah alors, tu t'es perdu ? »

Sirius eut un rictus et enchaîna d'un ton nonchalant : « Il doit sûrement chercher les douches, Jamesie, t'as vu tout le gras sur ses cheveux ? »

Snape ne répondit rien mais ses yeux devinrent étincelants de fureur et il porta la main à sa robe, cherchant à sortir sa baguette. Mais James avait été plus rapide et sa baguette était pointée sur lui, d'une manière à la fois nonchalante et menaçante.

« A votre avis, le lac pourrait faire l'affaire ? » s'enquit-il en souriant.

Il ne faisait aucun doute qu'à eux trois, ils pourraient le faire tomber dedans, même s'ils n'étaient qu'en première année.

Heureusement pour le Serpentard, Remus en eut assez de ne rien faire et il s'interposa entre ses amis et lui.

Sirius leva un sourcil et lui demanda ce qu'il lui prenait.

Remus le regarda dans les yeux et répondit d'une voix douce : « Juste pour cette fois, laissez-le tranquille. C'est bientôt les vacances et il ne vous a rien fait… »

James soupira puis haussa les épaules.

« Comme tu veux. » dit-il en rangeant sa baguette. Il se détourna de Snape, imité par Peter, et seul Sirius fixait le garçon d'un air songeur avant de hausser les épaules et de suivre ses amis.

Finalement, le reste de l'après-midi fut consacré à la mise en place de leur dernière blague, qui aurait lieu le lendemain. Ils décidèrent de faire exploser des feux d'artifice dès que les plats apparaîtraient, soit à neuf heures du matin.

Ils attendirent minuit pour aller cacher les explosifs un peu partout dans la salle plus remontèrent se coucher, avec en tête l'impression d'avoir accomplie une mission.

Le lendemain, à onze heures, tous les élèves étaient sur le quai de la gare de Pré-Au-Lard pour monter dans le Poudlard Express.

Les Maraudeurs étaient étrangement silencieux en cette matinée ensoleillée et cela aurait pu paraître étrange aux autres élèves s'ils n'avaient pas assisté à leur dernière blague de l'année. Malheureusement, le professeur McGonagall n'avait pas apprécié le geste et s'était immédiatement tournée vers les responsables. Sirius et James semblaient ravis, un air extatique au visage, Peter souriait et Remus avait un petit air malicieux qu'il effaça rapidement quand il s'aperçut que leur directrice de maison fonçait droit sur eux, telle une harpie furieuse – tels étaient les mots entrecoupés de hoquets de Sirius avant qu'elle n'arrive à leur niveau.

Elle leur avait ordonné de la suivre et Sirius avait demandé à James, un air surpris au visage, pourquoi avait-elle deviné qu'il s'agissait d'eux.

Question à laquelle Remus avait répondu en soupirant : « Peut-être que si vous n'aviez pas l'air de vous foutre franchement d'elle, elle vous aurait moins soupçonnés. »

Minerva avait alors rétorqué, la voix agacée : « Détrompez-vous monsieur Lupin, je vous aurai tout de même pensés coupables. A raison, de toute évidence. »

Après cela, elle leur avait lancé un sort de mutisme qui ne se lèverait que lorsqu'ils seraient dans le train « pour éviter toute nouvelle catastrophe au sein de cette école. »

Voilà pourquoi ils se retrouvaient tous les quatre à monter dans le train en silence, Remus fusillant les deux garçons bruns du regard.

Lorsqu'enfin le train s'ébranla et qu'ils purent parler, Sirius ouvrit la bouche avant que Remus n'ait pu commencer son sermon post-punition.

« On est désolés de t'avoir fait prendre trois mardis de colle dès la rentrée Rem', mais c'était un bel au-revoir, non ? » sourit-il.

Ni le regard assassin qu'il reçut de l'interpellé, ni le coup de coude très peu discret de James ne lui firent perdre son sourire et il sortit un paquet de bonbons.

Evidemment, Remus n'était pas réellement en colère, ils avaient en effet eu une excellente idée pour le dernier repas de l'année et McGonagall les avait séparés en deux groupes, Sirius avec Remus et James avec Peter.

Le petit loup-garou ne l'aurait pas avoué pour tout le chocolat du monde mais il adorait les punitions de groupe et encore plus lorsqu'il devait les effectuer avec Sirius.

Il soupira légèrement puis attrapa une chocogrenouille, qu'il déballa en souriant.

« Franchement, je vais finir par croire que je suis ton fournisseur officiel ! » s'exclama Sirius en se laissant gracieusement tomber à ses côtés. Remus lui tira la langue avant de croquer dans la grenouille.

Peu de temps après, il posa sa tête sur son épaule et ferma les yeux, s'endormant presqu'immédiatement. Le garçon brun sentit ses joues s'échauffer légèrement sous le regard moqueur de James.

« Je comprends pas » commença Peter. « Comment il fait pour s'endormir aussi rapidement ? Et pourquoi c'est toujours toi qui lui sert de coussin ? »

Sirius posa ses yeux sur les cheveux châtains et haussa légèrement les épaules. « J'en sais rien… Mais il a l'air crevé. »

« Peut-être à cause de l'hôpital ? » proposa James.

Sirius fronça les sourcils. « Mais il est rentré y a deux semaines, ce n'est pas logique ! »

Le garçon à lunettes haussa les épaules. « J'en sais rien, Siri', c'était juste une proposition ! »

« Je sais bien, mais je trouve ça étrange… »

Il se tut et un silence gêné passa, jusqu'à ce que James se décide à le rompre : « Bon, sinon, vous pensez qu'on peut jouer encore quelques tours aux Serpentards ? »

Sirius secoua la tête. « Désolé de te décevoir Jamie mais j'm'en passerai. Déjà que mes parents ne sont pas ravis de me savoir à Gryffondor et que je passe mon temps à emmerder mes cousines et leurs amis, j'ai pas réellement envie que ce soit pire (1)… »

James hocha la tête et posa sa main sur son épaule, sous le regard d'incompréhension de Peter.


Lorsque le paysage devint plus urbain, Sirius se décida à réveiller Remus, qu'il avait finalement allongé sur la banquette. Celui-ci le regarda avec un air embrouillé puis se redressa complètement avant de le remercier.

« On est où ? » s'enquit-il ensuite.

« On va pas tarder à arriver à Londres, je pense qu'il reste encore cinq à dix minutes. » répondit Peter en consultant sa montre.

Remus lâcha un petit gémissement.

« J'ai dormi tout le trajet ! » s'exclama-t-il.

James rigola et hocha la tête. « Et il semblerait que tu apprécies de te servir de Sirius comme coussin. »

Remus rougit et se plaqua les deux mains sur le visage, tandis que Sirius fusillait James du regard. Il se tourna ensuite vers Remus. « Moi je trouve ça attendrissant. » assura-t-il.

Remus leva légèrement la tête et le fixa avec un regard étrange. Il voulut dire quelque chose mais le train ralentit et ils virent apparaître les murs de la gare de Londres.

Les quatre amis prirent leurs affaires et sortirent du compartiment, rejoignant les autres élèves.

Ils descendirent du train et Sirius perdit presqu'immédiatement son sourire en voyant ses deux parents. Heureusement pour lui, ils ne l'avaient pas vu, aussi en profita-t-il pour serrer ses amis dans ses bras et leur dire au revoir.

Remus le suivit du regard jusqu'à ce que les Black aient disparu puis salua ses amis à son tour, assurant à James qu'il essayerait de venir chez lui en Août, puis il rejoignit sa mère.

Celle-ci lui ouvrit les bras et il fonça vers l'étreinte chaleureuse qu'elle lui offrait.

Il respira son odeur et sourit. Sa mère lui avait terriblement manqué et il était heureux de pouvoir enfin la retrouver.


(1) Je pars du principe que Sirius étant un enfant de onze ans, même s'il n'aime pas ses parents, leur rejet reste dur, il n'a pas forcément envie de se faire crier dessus dès son retour chez lui – ou du moins, il préfère « limiter la casse »