Ce chapitre sera légèrement différent. Il y aura deux points de vues différents au cours de l'histoire. J'espère qu'il vous plaira^^

Je courais silencieusement entre les arbres de la forêt. Les gouttes de pluies qui arrivaient à traverser l'épaisse couche de feuilles des arbres, perlaient doucement sur mes joues. Mais, du à ma vitesse inhumaine, elles s'échappaient bien vite derrière moi, pour ne laisser place qu'à une trace humide sur mes pommettes. Je n'en pouvais plus, tout se bousculait dans ma tête plus rapidement même que je ne courais. Finalement, je m'arrêtais brusquement pour m'asseoir à même le sol mousseux. Je me trouvais dans la clairière, où je passais la plupart de mon temps pour laisser évader mes pensées. Les sourcils froncés, je regardais mes mains sans vraiment les voir. J'avais failli la mordre, aujourd'hui. Malgré toutes mes précautions, j'avais failli commettre un acte impardonnable. Et pourtant, Alice m'avait prévenu, oh oui ! Mais pourquoi me sentais-je si attiré par cette humaine ?

Tout avait commencé, le jour où je l'avais aperçu dans les mémoires de tous les lycéens nous entourant. Une nouvelle était arrivée dans le lycée. Au départ, je n'en avais rien à faire, je m'en fichais complètement. Et puis, cette nouvelle est arrivée à la cafétéria, soutenue par une blondinette qui s'appelle Jessica. Pourquoi avait-elle du mal à marcher ? Me suis-je demandé. La réponse avait rapidement traversé mon esprit. Carlisle s'occupait d'elle à domicile, elle avait eu un accident de voiture et sa mère en était morte. Donc, cette fille était à plaindre, mais je ne m'intéresserais sûrement pas plus à elle.

Cependant, mon regard retombait à nouveau sur son visage à chaque seconde. Elle ne mangeait qu'une pomme et n'écoutait absolument pas la blonde. A en juger par son regard, du moins. J'essayais de lire ses pensées, mais rien n'était perceptible. Peut-être ne pensait-elle à rien ? Pourtant, après quelques minutes de silence, je commençais à avoir des doutes sur mes préjugés. Elle réfléchissait, j'en étais sûr, mais pourquoi, pourquoi n'entendais-je rien ? Lorsque la blonde nous avait évoqués pour faire apparaître la curiosité de la fille, qui se faisait nommé Bella dans la tête de la blonde, et que Bella avait répondu s'en foutre royalement, Emmett et les autres avaient commencés à rire. Eux aussi écoutaient leur conversation, à présent. Lorsque la fille, Bella, se tourna pour nous avoir, elle détourna aussitôt les yeux vers sa pomme.

Mais comment se faisait-il que je n'entendisse rien ? Après quoi en classe de biologie, je me retrouvais étrangement attiré par son odeur. Elle sentait tellement bon, que j'étais obligé d'arrêter ma respiration pour ne pas devoir la mordre devant tout les lycéens de la classe. Mais même mon regard semblait attiré par sa petite personne, et je m'imaginais bien, le sang coulé à travers ses veines. Son cou se dégageait pour apparaître devant moi, comme une invitation officielle pour mordre dedans. J'avais alors compris que c'était trop dangereux pour elle de rester proche de moi. Et pourtant, j'étais intrigué par cette fille. Elle n'aimait pas la compagnie et elle semblait rejeter tout le monde, pour une raison que je ne saisissais pas. Alors, j'ai commencé à l'ennuyé, je lui collais expressément pour la faire réagir. Je me surpris à rire constamment en sa présence. Depuis quand avais-je même recommencé à éprouvé de la joie ? Je ne pouvais plus m'arrêter de sourire en sa présence. Elle m'amusait, et je ne pouvais plus m'éloigner d'elle. J'aime même été jusqu'à inventé cette excuse stupide, selon quoi Carlisle m'aurait demandé de la ramené chez elle.

Et aujourd'hui, j'ai failli la mordre. Je n'aurais pas du me pencher comme ça au-dessus de son épaule, et je n'aurais jamais du me laisser submerger par l'envie vampirique qui sommeille en moi. Je ne devais pas. En plus, je ne savais pas lire les pensées de Bella pour me rendre compte, à quel point je l'ai effrayé.

Mais ses mots, mon blessé. Je ne savais pas pourquoi, mais une douleur se frayait un chemin entre mes poumons inutiles, dés que ces mots parcouraient ses lèvres. J'avais tellement mal, et pourtant j'avais décidé de couper les ponts moi-même. Elle, ne semblait même pas souffrir de cette décision. Alors pourquoi, moi ?

-Franchement, Edward, t'aurais pu choisir un meilleur jour pour te rendre compte que ce que tu faisais était complètement stupide, dit une voix que je connaissais bien derrière moi.

-Laisse-moi Alice. Dis-je, lasse.

Je n'avais pas besoin d'elle pour me sermonner maintenant. J'avais fait une erreur impardonnable, je m'étais attaché à cette humaine. Pas besoin de me le répéter. La vampire, ne me laissait cependant pas seul, comme souhaité, mais s'assit devant moi.

Son sourire de lutin me fit tourner les yeux, et je l'ignorais autant que sa proximité me le permettait.

-Ce que je veux dire, c'est qu'il pleut aujourd'hui, Edward.

-Et alors ? Qu'est-ce que ça va changer ? Murmuré-je ennuyé.

-Bella doit rentrer à pieds, voilà ce que ça change.

J'ouvrais les yeux surpris pour à nouveau voir les yeux pétillent d'Alice. Elle disait la vérité, je le voyais dans ses yeux. Frustré, d'avoir pu négliger un détail pareil, je fixais le pauvre, je l'ai forcé à marcher avec des béquilles sous la pluie, non mais quel idiot !

-Ce n'est pas tout, dit Alice.

Je posais à nouveau mes prunelles sur elle, pour voir qu'elle souriait bizarrement. De ce sourire que je connaissais tant. Je fouillais ses pensées, mais elle cachait bien ce à quoi elle ne voulait pas que j'écoute.

-Devine ce que Bella va faire demain soir ? demanda-t-elle joyeusement.

-Etudier ? Tentais-je sûr que c'était la réponse.

On pouvait dire, que j'avais en quelque sorte observé Bella chez elle, sans son consentement officiel. Je me glissais à chaque fois dans sa maison pour la regarder préparé le dîner à Charlie et puis s'enfermer dans sa chambre pour étudier. C'était triste parce qu'elle ne faisait rien d'autre de ses journées. Dans sa chambre, il y avait trois grandes valises fermées devant son lit. Je devinais sans peine, que Bella ne les avait jamais ouvertes en fouillant l'esprit de Charlie. Mais pourquoi les gardait-elle si elle ne voulait pas les ouvrir ?

En fait, je suivais Bella, pour la simple raison que j'essayais de la comprendre. De déchiffrer ses pensées, puisque je ne pouvais pas les entendre. Mais elle se renfermait sur elle-même, refusant d'avoir des amis, ou des passions. Peut-être en avait-elle avant cet accident ?

Alice secoua cependant la tête avec un sourire.

-Non ! Elle va à Seattle avec ses amies !

Un petit rire s'échappa de mes lèvres. Bella ? Aller à Seattle avec ses amies ? Jamais de la vie, oui ? Elle faisait déjà tout son possible pour les éviter, alors pourquoi sortir avec eux ? Cependant, la vision qu'avait eu Alice traversa mon esprit. Et je vis clairement Bella sortir avec la blondinette et la brune qui la collaient tout le temps. Comment est-ce possible ? Avais-je encore mal-compris Bella ? Non, elle détestait définitivement ses 'amies'. Elle ne sortirait même pas avec elles si s'était la dernière chose qu'elle pourrait faire. Cependant, intrigué par les dires de ma sœur, je me relevais avant même que ma décision avait été prise.

-Ce ne serait pas dangereux pour toi de la surveiller encore ?

-C'est bien pour cela que tu me l'as dit, non ?

Alice se contenta de sourire malicieusement. Je ne restais plus dans cet endroit et filais directement vers sa maison. Je connaissais le chemin par cœur, et savais m'y retrouver les yeux fermés. Même si c'est un peu de la triche, vu que je suis un vampire. Disons, sans mon odorat, plutôt. J'y arrivais aussi rapidement que je l'avais pensé. Un rapide coup d'œil me rappelle que Bella est encore à l'école, et en regardant l'entrée, je ne vis pas la voiture de Charlie. Donc personne n'est à la maison. Peut-être pourrais-je encore rattraper Bella à la sortie des cours ? Le vent rempli d'averse tranchante s'écrasa contre ma peau blanche. La brise ramena une odeur à mes narines. Cette odeur… c'était Bella ! Que faisait-elle ici ? Sans y réfléchir plus longtemps, je me faufilais à l'intérieur de la maison pour regarder par la fenêtre. Et en effet, dans la pluie, j'entendis un clopinement distinct entre les gouttes. Ensuite, je vis une tête brune, trempée, se rapprocher de la maison.

Elle avait vraiment fait le chemin à pied, sous cette drash. Je suis un monstre. Enfin, plus que je ne le suis littéralement, quoi ! Lui infliger pareil supplice. Le cliquetis dans la serrure me cacha contre le mur. Bella entra dans sa maison, tremblotante. De froid ou de rage ? Je n'en savais rien. Elle ne s'arrêta pas, mais montait directement dans sa chambre. Je la suivais silencieusement, mais lorsque la brunette commençait à se déshabiller pour mettre des vêtements secs, je jugeais bon de regarder ailleurs. Mes yeux s'évadaient sur le mur, puis vers les rideaux, vers le lit, vers l'armoire et ensuite… à nouveau vers le rideau. Je pus entendre chacun de ses mouvements et me les imaginais assez bien.

Non, je devais penser à autre chose, je ne devrais même pas être ici. Enfin, juste pour vérifier les dires d'Alice, mais après je m'en vais. J'entendis un grognement, et puis un claquement de porte. Je suivis Bella, pourquoi avait-elle grognée, avec autant de vivacité humaine ? Un regard dans sa direction m'appris, qu'elle s'était coupée avec la tirette de sa…

Je détournais à nouveau les yeux et stoppais nette ma respiration. L'odeur que dégageait son sang délicieux se bouscula dans ma direction. Zut, c'est mauvais, si je craque ! Bella agit directement et soigna son doigt. Après s'être habillée, elle descendit à la cuisine.

Je la suivais toujours, et elle ouvrit le réfrigérateur pour faire à manger à Charlie. Elle en sortit du poisson surgelé. Elle le posa sur le côté, pour le laisser dégelé. Ensuite, elle alluma une plaque, prit une casserole pour mettre de l'eau à bouillir. J'étais fasciné. Non seulement, je ne savais pas que Bella savait cuisiner, mais en plus, cela faisait toute ma vie, que je n'avais jamais vraiment pensé à la cuisine. Certes, je prenais les plateaux de repas au réfectoire et les jetais par la suite, mais je m'étais jamais posé la question « comment cuisiner ». J'observais avec fascination (je m'étais juré de mettre le titre du livre dans le texte, ben, c'est réussi) les mouvements de Bella s'enchainés. Elle déversa du riz dans la casserole d'eau bouillante, et remua le tout d'une cuillère en bois. Cependant, je vis son regards divaguer et regarder la cuillère, sans vraiment la voir. Que faisait-elle ? A quoi pensait-elle ? La frustration de ne pas pouvoir savoir ces détails, important à mes yeux, était insupportable. Et puis de la fumée noire sortit du pot où était disposé le riz. Bella émergea brutalement de ses pensées.

-Oh zut !

Elle déplaça le pot pour le mettre sur une plaque éteinte. Ensuite, elle éteignit la plaque brûlante. Elle avait laissé brûler son riz ? Pourquoi faire ? Je la regardais abasourdis.

Après avoir observé le riz pendant quelques minutes, elle le jeta dans la poubelle et s'écroula littéralement à la table de la cuisine. Elle posa sa tête entre ses bras. Qu'avait-elle ? Je voulu sortir de mon coin pour aller la réconforter, mais ma présence dans sa cuisine pourrait évoquer des soupçons pour sa part. Et de plus, elle me déteste, non ? Je serais définitivement la dernière personne qu'elle voudrait voir.

Après une heure 37 minutes et 3 secondes d'attente, Bella se leva pour monter à l'étage. Cependant, je voyais bien son regard dévasté. Pourquoi était-elle dévastée ? Pourquoi ne pouvais-je lire dans ses pensées ? Je pourrais savoir et peut-être…

Je la suivais à l'étage, toujours aussi silencieusement. Elle partit dans sa chambre et s'écrasa contre le sol. Tremblotante, elle prit quelque chose sous son lit. Des clés ? Pourquoi cachait-elle des clés sous son lit ? C'était complètement stupide, tout le monde les trouverais là.

La brune fixait ces clés en plissant les yeux.

Ou peut-être avait-elle souhaitée que quelqu'un les trouve pour les voler ?

Elle rampait difficilement (à cause de sa jambe et de son bras emplâtré) vers le centre de la chambre où se trouvaient les valises.

Etait-ce une des clés pour ouvrir les valises ? Pourquoi redouterait-elle de les ouvrir ? Soudainement curieux de savoir ce qui se trouvait dans ses bagages, je me faufilais dans la chambre pour me placer derrière elle. D'un cliquetis nerveux, elle déverrouilla son imposante valise. Sa main hésitait à ouvrir le coffre, mais finalement elle le laissa à découvert.

Je vis des tas de choses dans son bagage. Des babioles peut-être ?

Bella en sortit une farde bleue. Tendrement, elle ouvrit la farde cartonnée, et c'est avec surprise que j'y découvris des photos. Un album photo ? Bella feuilletait tendrement les premières pages avant de s'arrêter sur celle qu'elle désirait voir. Une femme y était représentée, rieuse et enfantine. Dans ses traits, je reconnus Bella. C'était sans doute sa mère… elle était morte dans un accident de voiture si je me souviens bien. Je n'y avais pas pensé, mais ça avait du dévasté la brune. Ses songes se cramponnaient peut-être aux derniers souvenirs de sa mère ? Mais dans ce cas pourquoi avoir gardé enfermé tout les meilleurs souvenirs, de peur de les rouvrir ?

Le pouce de sa main, caressait gentiment la photo. Mais soudainement Bella referma l'album et le jeta loin dans la pièce. La farde s'écrasa dans un énorme fracas, et certaines feuilles se plièrent. Bella tremblait de tout son corps maintenant. Allait-elle pleurée ?

Pourtant, la jeune fille ne pleurait pas. Elle se frappait énergiquement le crâne, se leva en vitesse pour clopiner rapidement dans la cuisine. Je la suivais sans comprendre. Pourquoi ne pleurait-elle pas ? Cela la soulagerait peut-être… un peu, non ?

Extrêmement frustré de ne pas pouvoir lire ses pensées, je suivais chacun de ses gestes avec attention, cherchant pour un signe distinct de ses pensées sur ses mains. Mais cette fois-ci, Bella s'acharnait à cuisiné parfaitement. Elle termina rapidement la cuisine et courait directement vers ses devoirs. Elle les finissait aussi rapidement que le repas que Bella servirait à Charlie dans quelques heures. Après, elle s'occupait ardemment à recopier l'entièreté de ses cours. La raison m'échappait, mais finissait par apparaître clairement devant mes yeux. Elle essayait tout simplement de garder son esprit occupé à autre chose, pour ne pas que ses pensées divaguent à nouveau vers sa mère.

Bella a un sacré courage, non ?

Après quelques heures de contemplation, Charlie finit par rentré. Il était tout sourire en voyant le repas près. Ils mangèrent en silence, et je finis par sortir de la cuisine aussi vite que j'y étais entré. Peut-être allait-elle avec Jessica pour se distraire de ses idées lugubres ?

-Au fait, Bella. Commença Charlie, J'ai rencontré une de tes amies en rentrant.

-Amie ? demanda brusquement la brune.

-Oui, euh… Jessica ?

Je me retournais pour voir la réaction de Bella. Ses yeux s'étaient littéralement agrandit et elle lâchait tout aussi brusquement sa fourchette. Celle-ci fit un petit 'cling' en se frottant contre l'assiette. Sa bouche s'ouvrait pour se refermer rapidement, et puis à nouveau s'ouvrir. Comme si elle hésitait à avouer à son père qu'elle ne l'aimait pas du tout, cette Jessica. Charlie continua, mine de rien, en mangeant son poisson.

-Oui, et elle m'a demandée, si tu voulais aller à Seattle avec elle et Angela demain soir et…

-S'il te plaît, papa, dit moi que tu leur as répondu que non.

Elle semblait effrayée par la réponse que lui sortirai Charlie. Celui-ci perplexe observait sa fille avec consternation.

-Mais, Bella, tu dois sortir de la maison, quand même !

-Non, mais… J'ai un rendez-vous avec Carlisle !

Charlie souriait à présent. Il croyait stupidement cette excuse, pour sa réaction négative. Je l'entendais dans sa tête. Mais franchement, ça se voit qu'elle ne veut pas y aller à Seattle !

-Ne t'inquiète pas, je me suis déjà arrangé avec lui, il viendra après-demain. Ah oui, tu devras te faire enlever le plâtre, qu'il a dit…

Bella baissa la tête pour la mettre entre ses mains. Est-ce que tous ses plans pour leur échapper avaient échoués pour la stupidité paternelle ?

Ca me réconforte un peu. Je ne suis pas le seul qu'elle déteste. Même si, ce réconfort, n'en est pas vraiment un. Maintenant, il ne me reste plus qu'à l'éviter…

Plus facile à dire qu'à faire.

(=°O0o°o0O°=)

Je referme la porte derrière moi, sans bruit. J'entre dans la chambre en clopinant, pour finalement, agacée par le bruit de ma béquille contre le parquet, jeter mon fidèle appui contre le mur de ma salle privée. Furieuse et désespérée, je m'écroule parterre dos au mur. J'enferme ma tête entre mes genoux pour tomber profondément dans le royaume fermé de mes pensées. C'était la pire journée de ma vie depuis ce… cet ;… enfin…

Comment Charlie a-t-il pu me faire un coup pareil ? Sans mon accord, il va tout simplement me vendre au diable ? Tous mes efforts pour garder les collants étudiants sont éclatés en mille morceaux le moment où mon stupide père à croisé le regard de la blondinette. Et maintenant, je vais devoir me promener avec mes pires frayeurs ?

En plus, ce crétin de Cullen me fait des migraines. Comment a-t-il pu me laisser en plan ? Et après, j'ai du rentré à pied sous l'averse ! Pour une fois que j'avais besoin de lui, il n'était pas là. Je crois que si tu étais maligne, tu m'éviterais… Qu'est-ce qu'il insinuait par là ? Qu'il était dangereux ? Mais c'est vrai qu'il avait un regard bizarre… ce matin, ses yeux… avaient changés de couleur… Est-ce même possible ?

Ou peut-être, se fait-il un genre pour que je tombe sous son charme ? Ou alors, non. Il savait parfaitement que ça me préoccuperait ! Il l'a fait exprès pour que je pense à lui toute la journée ! A quatre pattes, je me redirige vers ma valise. Cela m'était insupportable. Depuis que je l'avais ouvert, l'odeur de mon chez moi, s'était évaporé dans la chambre. Tout mes souvenirs d'elle, dans ces valises, ne voulaient qu'une chose, sortir. Mais… il m'était impossible de les regarder sans craquer. C'en était trop pour moi. J'ouvrais cependant lentement la valise, et mes prunelles se perdaient au fil du temps passé. Je revoyais ma vie dans ces objets, qui même plus petit qu'une paume, possédait les plus grands trésors de ma vie. J'extirpais un tissu du tas de morceaux de ma mémoire. C'était un morceau de draps décousu. Un sourire triste parcourait mes joues. C'était il y a longtemps, mais maman, n'arrêtait pas, elle avait toujours des passions momentanées. Un jour, c'était l'escalade, l'autre c'était l'art de coudre. Mais, maman ne finissait jamais ses envies jusqu'au bout, et se tournait toujours au milieu de son travail, vers l'attraction suivante.

Ce drap… elle avait décidé de me coudre un drap, un jour, mais elle ne l'avait jamais terminé. Le travail manuel, n'était pas une chose, à laquelle elle s'attardait longtemps.

Perdue dans la contemplation de ce simple tissu, je ne remarquais même pas qu'une fine trace humide descendait vers menton. Lorsque cette goutte atterrit sur ma main, je revins à la réalité et la regardais bêtement. Ensuite, je levais ma main tremblante vers mon visage. D'autres larmes s'échappèrent de mes yeux, aussi rapidement que la précédente. J'essayais d'arrêter l'inondation de ma figure, mais mes yeux se vidaient de toute la peine qui s'était accumulée en eux. Ma main vînt trouver le vieux tissu, elle le serrait violemment dans sa paume. J'enfonçais ma tête contre mes genoux et pleurait doucement. La douleur que j'avais désespérément cachée à l'intérieur du labyrinthe qu'est mon cœur, ressortait en même temps. Elle me frappait brutalement, profitant pour sortir en trombe. Je m'abandonnais à ma torture mentale. Ce n'est que quand, la fenêtre de ma chambre claqua que je soulevais le menton.

Ma fenêtre était fermée, non ? Je me lève avec difficulté, et titube vers le cadre de verre. Je regarde à l'extérieur, mais il n'y avait personne. Je refermais doucement la vitre et me couchait dans mon lit, sans tarder plus longtemps.

Ma dernière pensée, ce soir-là, fut que je ne pourrais jamais plus m'amusé, sans pensé que cela blesserait sûrement ma mère.

Je me le jurais : jamais plus, je n'éprouverais le bonheur de vivre, je n'aurais jamais plus d'ami, jamais plus j'aurais de la compagnie. Jamais plus, je serais heureuse.

Jamais plus sans Renée.