Merci à xorth pour avoir mis ma fic dans ses favoris et merci à toi, Charlotte Marmotte, pour tes reviews que j'adore tellement lire !

Pour vous, voici la suite de l'histoire de Matilde. J'espère qu'elle saura vous plaire... J'en tremble un peu...

(Poudlard et ses personnages appartiennent à J.K. Rowling)

(Merci à Persis :)

Chapitre 10
Un combat imprévu

Frissonnante de froid et serrée, dans une petite barque, contre Hagrid qui prenait toute la place à cause de sa corpulence excessive, Matilde n'avait plus qu'une seule envie : manger quelque chose, au chaud à l'intérieur, pour ensuite s'endormir dans un lit douillet. Il était temps que la journée se finisse. Elle avait vécu suffisamment de chose aujourd'hui et avait hâte de se reposer enfin.

Ils glissaient lentement sur la surface du lac gelé, sans avoir besoin de ramer, et Matilde s'impatientait un peu :

— Il est possible d'avancer plus vite ?

— Heu, non, répondit Hagrid d'un ton bourru, cette barque n'a qu'une vitesse…

Après un silence durant lequel on n'entendait que le faible clapotis de l'eau qui se fendait sous la barque, Hagrid lui conseilla de baisser la tête lorsqu'ils passèrent sous une large ouverture taillée dans du roc. Un long tunnel sombre s'étendait sous le château et la barque s'y aventura, les menant dans une sorte de crique souterraine. Quelque instants plus tard, ils s'arrêtèrent en heurtant doucement le bord d'un sol rocheux et Hagrid débarqua enfin, suivi de Matilde.

— Par ici, dit-il en éclairant un chemin rocailleux qui remontait vers le château.

Matilde, qui trimbalait toujours le lourd chaudron à deux mains, se laissa guider par la lanterne du géant. Ils arrivèrent bientôt devant une volée de marches et Hagrid alla frapper à l'immense porte d'entrée en chêne massif.

Après quelques minutes, la porte s'ouvrit et une sorcière à l'air sévère, aux cheveux tirés dans un chignon serré, se tint devant eux, vêtue d'une longue robe aux motifs écossais.

— J'amène Matilde Beauregard avec moi, annonça Hagrid.

— Très bien, dit la femme sur un ton abrupt, venez avec moi Miss Beauregard.

Le hall d'entrée était immense. Des portraits tapissaient tous les murs et Matilde remarqua avec étonnement que les personnages et animaux représentés dans les cadres étaient presque tous animés — certains jasaient entre eux, plusieurs ronflaient bruyamment et d'autres passaient librement d'un cadre à l'autre, visitant leurs voisins. Un grand escalier de marbre permettait d'accéder aux étages supérieurs et la femme entreprit de l'escalader, suivie de Matilde. Elles bifurquèrent ensuite dans un couloir étroit où des torches enflammées ornaient les murs et passèrent devant quelques bustes disgracieux.

— Allons-nous voir Dumbledore ? demanda Matilde à mi-voix.

— Oui, répondit la sorcière sans la regarder.

Matilde se sentit soudain plus légère. Elle ne savait pas trop pourquoi, mais elle était contente de pouvoir enfin le revoir.

Après avoir tourné un angle de mur, elles arrivèrent devant une majestueuse statue représentant un griffon.

Dragées surprises, dit la femme.

— Pardon ?

Matilde ne comprit pas tout de suite pourquoi la sorcière avait prononcé ces mots insensés, mais lorsque la statue pivota pour laisser paraître une ouverture dans laquelle un escalier en colimaçon pivota comme un escalator, elle pensa aussitôt qu'il avait dû s'agir d'un mot de passe.

— Montez, exigea la femme en désignant le passage d'un geste impérieux. Le professeur Dumbledore vous attend en haut, dans son bureau.

Puis elle lui adressa un furtif sourire forcé avant que Matilde ne s'engage dans l'escalier, le chaudron toujours à bout de bras. Elle arriva devant une porte en chaine aux reflets chatoyants et elle frappa trois coups timides.

— Entrez, retentit la voix tranquille de Dumbledore et Matilde poussa la porte.

La pièce était grande et circulaire. Encore une fois, il y avait des portraits somnolents partout sur les murs, et beaucoup d'objets bizarres s'entassaient dans des étagères et sur des tables basses. Quelques-uns laissaient entendre des sourds cliquetis et d'autres émanaient des volutes de fumée légère.

Dumbledore était assis, l'air paisible, comme à son habitude, ses longs doigts joints sur son bureau, observant Matilde derrière ses lunettes en demi-lune. Bien qu'elle eût espéré le revoir bientôt, elle ressentit tout de même un malaise.

— Approche-toi, dit Dumbledore avec calme en désignant le fauteuil qui lui faisait face.

Matilde déposa le lourd chaudron contre la porte et s'avança d'un pas hésitant. Un oiseau unique au plumage flamboyant reposait sur un perchoir en or, situé à proximité du bureau.

— Tu dois être affamée, dit Dumbledore d'un ton enjoué. J'espère au moins que tu as pu goûter aux Chocogrenouilles.

Matilde se contenta d'afficher un faible sourire en s'asseyant dans le fauteuil face à lui. Elle n'avait pas envie de raconter ce qui était arrivé à sa bourse.

— Tiens, dit Dumbledore en faisant apparaître un plateau rempli de nourriture d'un coup de baguette. Lorsque tu auras fini de manger à ton aise, j'aimerais bien te parler au sujet d'une chose importante.

— Est-ce que ce sera en rapport avec ma future baguette magique ? demanda Matilde qui s'attaquait déjà à une côtelette d'agneau et à quelques pommes de terre sautées — elle avait tellement faim.

— En effet, répondit-il.

Et cette même lueur au fond de ses yeux bleus, qui s'était manifestée devant la boutique de Mme Guipure, se remit à briller plus intensément.

— Je vais te laisser assouvir ta faim tranquille, dit-il avant de se lever. Je reviens dans quelques minutes…

Il grimpa un escalier dans le fond de la pièce et se dissipa derrière une porte située au balcon. Matilde en profita pour dévorer un steak, quelques saucisses, un peu de poulet et beaucoup de légumes divers. L'oiseau au plumage flamboyant la regardait d'un air intrigué.

Lorsqu'elle eut le ventre bien plein, Dumbledore ne tarda pas à redescendre lentement l'escalier et retourna s'asseoir derrière son bureau.

— Rassasiée ? demanda-t-il d'un ton joyeux en faisant disparaître les restes d'un second coup de baguette.

Matilde répondit par un large sourire.

— Heureux de voir que tu souries enfin. Ça te va plutôt bien ce sourire.

Les joues de Matilde s'enflammèrent instantanément.

— Merci…

Un silence s'en suivit, pendant lequel Dumbledore continuait à l'observer derrière ses lunettes en demi-lune, puis Matilde, un peu gênée, le brisa d'une petite voix :

— Heu… Vous ne vouliez pas me parler de ma baguette ?

— Oui, répondit Dumbledore en joignant de nouveau les doigts sur son bureau, bien sûr…

Il marqua une pause, puis reprit posément :

— Les baguettes d'Ollivander sont de très bonnes baguettes. Cependant, comme nous l'avons déjà constaté sur le chemin de traverse, tes pouvoirs sont trop puissants pour parvenir à communiquer avec l'une d'entre elles…

Il s'interrompit à nouveau.

— Vous êtes donc allé voir un autre fabricant de baguettes, c'est ça ? demanda Matilde pour l'encourager à poursuivre.

— Non. Cela s'avère totalement inutile, puisque tous les fabricants de baguettes utilisent sensiblement la même recette.

— Alors, vous avez fait quoi ?

Sans desserrer les mains, Dumbledore se redressa légèrement dans son fauteuil.

— J'y ai réfléchi très sérieusement ce soir, durant ton absence, Matilde, et il n'existe qu'une seule baguette assez puissante qui puisse supporter tes Pouvoirs Fortifiés.

— Et quelle est cette baguette ?

La lueur au fond des yeux de Dumbledore recommença alors à briller, mais cette fois-ci, Matilde y décela une certaine affliction.

— Celle-ci, murmura-t-il simplement.

Puis il tira, de sa robe, la baguette qui avait mis le feu à la table basse du salon.

— Mais…, s'étonna Matilde, ce n'est pas votre baguette ?

Dumbledore affirma d'un signe de tête.

— C'est une baguette très puissante qui a traversé bien des âges, raconta-t-il en la caressant du bout de ses longs doigts, et je suis convaincu que tes pouvoirs seraient dérisoires si on les comparait à ceux de cette baguette.

— Vous êtes certain de vouloir me la donner ? Vous semblez y tenir beaucoup… remarqua Matilde.

— Oui, en effet, j'y tiens beaucoup, répondit-il avec un triste sourire, en posant délicatement sa baguette sur son bureau, devant Matilde. Mais je n'ai guère le choix, si je veux te sauver la vie…

L'oiseau au plumage flamboyant ouvrit alors son bec et fit un son. Matilde sursauta. C'était un son assez particulier : comme si le cri qu'il avait poussé était une sorte de mélodie, comme les premières notes d'une chanson. Pour un instant, elle se demanda à quelle race d'oiseau pouvait-il bien appartenir, mais préféra reporter son attention sur la baguette devant elle.

— Monsieur… ?

— Tu peux m'appeler professeur Dumbledore.

— Professeur Dumbledore, se reprit Matilde, je me demande si j'ai vraiment besoin d'une baguette. Je veux dire… Dans le train, j'ai réussi à lancer quelques sorts sans même avoir eu besoin de prononcer la formule…

Dumbledore dévisagea Matilde un moment.

— Lesquels ? demanda-t-il enfin.

— Heu… Celui qui verrouille les portes, le sortilège de lévitation et le… Evanesco, je crois…

— Oui… J'avais remarqué, chez Ollivander, combien tu avais de la facilité à déplacer les objets sans baguette… dit Dumbledore d'un air pensif. Et les sortilèges que tu as lancés, ont-ils tous fonctionnés comme prévu ?

Il lui envoya un regard par-dessus ses lunettes et Matilde eut l'étrange impression désagréable qu'il était déjà au courant de l'incident survenu dans le Poudlard Express.

— Oui, répondit-elle en se trémoussant dans son fauteuil, mal-à-l'aise. La porte s'est verrouillée, mon pull s'est élevé dans les airs sans problème et… eh bien… Mes vêtements ont complètement disparu…

Dumbledore baissa les yeux sur l'uniforme de Matilde.

— Mon jeans, mon pull et mon manteau, précisa-t-elle précipitamment.

— Je vois, dit-il en ramenant son regard dans celui de Matilde, tu as réussi le sortilège de lévitation sans problème… Toutefois, je ne crois pas que la porte du compartiment se serait verrouillée si elle avait été dépourvue de loquet et, apparemment, le sortilège d'Evanesco n'aurait pas eu l'effet escompté… C'est dommage pour les fioles et ma bourse en cuir de dragon… ajouta-t-il sur un ton de léger reproche, quoiqu'étrangement mêlé à l'amusement.

— Comment savez-vous… ? s'étonna Matilde, hébétée qu'il sache tous les détails de sa mésaventure dans le train alors qu'elle avait pourtant été seule dans le compartiment durant tout le voyage.

Dumbledore s'appuya sur le dossier de son fauteuil et prit soudain un air grave.

— Peu importe, répondit-il calmement. À partir de maintenant, tu ne dois plus faire usage de magie sans baguette. Ce qui est survenu dans le train, suite à ton sortilège d'Evanesco, confirme mes pires craintes, Matilde. Tu ne dois plus laisser tes Pouvoirs Fortifiés se manifester de cette manière. C'est à travers d'une baguette magique que tu réussiras à les contrôler et c'est de cette baguette dont tu auras besoin, précisa-t-il en désignant la sienne d'un mouvement de doigts.

Il y eut un silence. Matilde observa avec désarroi la baguette de Dumbledore posée sur le bureau en face d'elle et se demanda s'il pouvait vraiment y avoir quelque chose de maléfique à l'intérieur d'elle-même.

— Elle fonctionnera bien avec moi ? demanda-t-elle en approchant un doigt réticent vers la baguette de Dumbledore, comme s'il s'agissait d'un serpent particulièrement venimeux.

Dumbledore soupira profondément.

— Oui, répondit-il à mi-voix, lorsqu'elle te désignera comme son maître…

Matilde retira son doigt brusquement d'au-dessus la baguette et regarda Dumbledore dans les yeux.

— Que voulez-vous dire ? demanda-t-elle avec lenteur.

Dumbledore reprit sa baguette dans ses doigts et recommença à la caresser doucement.

— C'est la baguette qui choisit son sorcier et non le contraire…

Matilde appréhenda la suite d'un air interdit.

— Et tu vas devoir t'emparer de cette baguette en me la prenant de force, poursuivit-il d'une voix calme. Faute de quoi, la baguette ne te considèrera jamais comme son véritable maître.

— Je… je vais devoir faire quoi… ? balbutia-t-elle, horrifiée, au moment même où l'oiseau chanta une autre note qui sembla représenter le tourment. Vous ne pouvez tout simplement pas me la donner gentiment ?

— Malheureusement, cette baguette n'agit pas de la même façon que les autres, répondit Dumbledore d'un air désolé. Tu vas devoir me défier…

— Vous défier ? Là ? Maintenant ? glapit Matilde qui sentait à présent son cœur chavirer dans le néant.

— Le plus tôt sera la mieux, déclara-t-il en se levant brusquement.

— Mais je ne peux pas faire ça !

— Mais bien sûr que tu le peux, assura Dumbledore d'un ton redevenu enjoué.

Il contourna le fauteuil de Matilde et se dirigea au centre de la pièce, sa baguette à la main.

— Laisse aller tes Pouvoirs Fortifiés. Cela fait des années qu'ils en ont envie. De plus, je suis avide de voir avec quelle force ils se manifesteront.

— Mais... mais vous venez de me dire que je ne devais plus utiliser ma magie sans baguette ! rappela Matilde qui espérait de tout cœur que cet argument aurait du poids.

— Je sais, admit Dumbledore tandis qu'elle le regardait avec effroi par-dessus le dossier de son fauteuil. Mais tu vas devoir faire une exception…

— Non ! gémit-elle.

Tout son corps s'était mis à trembler. Elle n'allait tout de même pas attaquer Dumbledore ? Et puis, même si elle le faisait, il était indubitablement plus puissant qu'elle ! Elle n'avait aucune chance…

— Vous allez m'attaquer en retour ? demanda Matilde d'une voix blanche.

— Je m'efforcerai de ne pas trop t'ébranler, répondit Dumbledore d'un horrible ton détaché. Tu comprendras que je dois volontairement t'empêcher de t'emparer de ma baguette si nous voulons qu'elle t'obéisse pleinement.

Matilde secoua la tête d'un air terrifié et s'agrippa fermement sur le dossier du fauteuil en guise de bouclier.

— Et si j'échouais… ?

— Alors nous serons dans l'obligation de reprendre notre séance demain…

— Et si je refuse carrément de vous défier… ?

Dumbledore baissa la tête et la regarda par-dessus ses lunettes en demi-lune.

— Matilde, dit-il d'un ton sérieux, si tu ne me défies pas, tu perds la chance de posséder une baguette à la mesure de tes pouvoirs. Et sans baguette, tu diminues énormément tes chances de…

— Diminue ? releva-t-elle aussitôt d'une voix forte, interrompant Dumbledore. Donc encore possible !

Dumbledore l'observa silencieusement un moment, sa baguette pendant au bout de sa main. Autour de lui, les petits objets à l'aspect fragile continuaient à fumer et cliqueter et les portraits ne somnolaient plus, au contraire, ils étaient tous attentifs à ce qu'il se passait sous leurs yeux.

— Peut-être que… Peut-être que je peux essayer de faire quelques cours sans baguette ? proposa alors Matilde avec désespoir, les ongles s'enfonçant de plus en plus dans le dossier du fauteuil. Seulement pour voir si ça peut fonctionner… Après tout, je n'ai peut-être pas de forces maléfiques dans mes Pouvoirs de Parguenais… Je suis sûre que je peux en faire beaucoup sans… sans baguette…

— J'en suis également convaincu, assura Dumbledore d'un ton joyeux. Dans ce cas, pourquoi ne pas commencer ton premier cours sans baguette tout de suite ?

Matilde se trouva soudain prise de court.

— Ça t'en bouche un coin, hein ? dit alors une petite voix venant d'un portrait qui représentait un sorcier à l'air railleur, pas très loin d'elle.

Matilde lui lança un regard noir. En plus de bouger, les portraits de ce monde pouvaient également parler. C'était aberrant !

— Alors ? insista Dumbledore, toujours enjoué, qu'est-ce que tu en dis ?

Matilde comprenait parfaitement son jeu. Il voulait à tout prix qu'elle conquit sa baguette. Néanmoins, présentée sous forme de cours, la situation était beaucoup moins effrayante que sous forme de combat...

— D'accord, dit-elle finalement en se levant du fauteuil et en le contournant de façon à être face à Dumbledore. Qu'est-ce que je dois faire ?

Dumbledore sourit.

— Pour commencer, tu vas rassembler tes esprits pour te focaliser uniquement sur ma baguette magique. Ensuite, laisse donc aller tes Pouvoirs Fortifiés comme tu l'as déjà fait dans le train, et nous allons bien voir ce qui se produira…

— Et si je venais à vous blesser gravement ? objecta Matilde, soudain craintive à l'idée qu'elle fasse jaillir à nouveau de la fumée noire qui consumerait entièrement Dumbledore sous ses yeux.

— J'ai confiance en Pompom, répondit-il simplement. L'infirmière de Poudlard, précisa-t-il, en réponse à l'expression interrogatif de Matilde.

Mais ces mots ne la rassurèrent pas pour autant. Cependant, elle avait hâte d'enfin rejoindre un lit, même si elle avait dormi durant une grande partie de son voyage dans le Poudlard Express. Elle se sentait fatiguée et la journée paraissait s'éterniser. Alors, s'assurant qu'elle se contenterait d'utiliser la magie que dans le but de déplacer et d'attirer, et non de faire disparaître — sous peine de risquer de faire involontairement resurgir l'étrange fumée noire —, Matilde ferma les yeux et se concentra du mieux qu'elle put. Lorsqu'elle les rouvrit, se sentant un peu plus confiante, elle remarqua que Dumbledore, qui avait déjà levé sa baguette dans les airs, les sourcils froncés, semblait trahir un brin de frayeur au fond de ses yeux bleus. Mais au lieu d'effrayer Matilde, bien au contraire, le fait qu'il paraissait appréhender la puissance de ses Pouvoirs de Parguenais attestait qu'elle avait des chances d'y arriver ; ce qui eut le don de l'encourager grandement sur le moment.

Elle tendit alors la main en avant dans l'intention d'attirer la baguette vers elle, mais Dumbledore la remua rapidement et Matilde fut projetée par-dessus le bureau pour ensuite s'effondrer brutalement sur le parquet. Une douleur aiguë la frappa derrière la tête et elle se redressa aussitôt, ahurie. Comment osait-il ?

Dumbledore était resté au milieu de son bureau, la baguette toujours levée. Il n'avait pas bougé de sa position. Matilde se leva d'un bond et condensa une nouvelle fois toutes les forces de son esprit pour s'efforcer d'attaquer en retour.

Soudain, un violent tremblement s'empara de toute la pièce en faisant vibrer les étagères, le bureau, les objets et les portraits dans lesquels leurs occupants se bousculèrent dans leur panique. L'oiseau, qui s'était agrippé à son perchoir en battant des ailes, laissa échapper des cris de stupeur. Dumbledore vacilla et recula vers le mur. Matilde était abasourdie par ce qu'elle venait de déclencher, mais elle ne lâchait pas prise. Ressentant à présent un contrôle absolu de ses Pouvoirs Fortifiés, elle balança la main en direction de la baguette de Dumbledore, mais celui-ci la tenait si étroitement serrée qu'elle ne parvint pas à la déloger d'un centimètre de sa poigne.

Elle le vit alors agiter sa baguette une deuxième fois et un jet de lumière rouge la frappa de plein fouet. Elle bascula en arrière. La pièce cessa subitement de trembler et Matilde regarda le haut plafond de la pièce, d'où s'échappait un nuage de poussière, sans parvenir à bouger le moindre muscle. Son corps s'était figé comme de la glace. Sa vue se brouilla lentement, puis l'obscurité l'enroba jusqu'à ce qu'elle tombe dans un coma profond.

Alors ? Rassurez-moi en me disant que le déroulement de mon histoire vous plait toujours...