Bonsoir/Bonjour,

Comme promis, voici le nouveau chapitre. Avec les cours, difficile de trouver un créneau pour prendre le temps d'écrire donc la suite... quand je pourrais, malheureusement ^^"

Bonne lecture o/


• 7 – Les pommes

PearlWater était une petite île tranquille de Grand Line, connue pour ses très nombreuses fontaines et ses rivières d'eau douce. Située près de la Calm Belt, elle attire peu de monde et vit surtout des échanges commerciaux avec la Marine. Pourtant, depuis quelques temps, la tranquillité de l'île était troublée par la présence d'un groupe de hors-la-loi qui avait décidé de faire de l'unique ville leur base principale, profitant de l'absence momentanée d'autorité supérieure pour semer la terreur.

Du moins, jusqu'à l'arrivé d'une bande pirate. Ces derniers avaient débarqué pour se ravitailler mais le gang ne l'entendirent pas de cette oreille. Hors de question qu'ils restent, sauf s'ils payent. Évidement, les pirates étant ce qu'ils sont, refusèrent le marché.

Et l'affrontement eut lieu. Enfin, si on pouvait appeler ça un affrontement. Le grand brun avait seulement lancé un regard ennuyé à la petite rouquine qui avait opiné, un poignard déjà en main, prête à faire le ménage. L'instant d'après, l'équipage pirate avait botté le cul des racailles des bacs à sables. Un séjour dans la Calm Belt et le problème était réglé. Les citadins avaient assisté à la scène, dubitatif, avant d'exploser de joie et d'accueillir les vainqueurs en héros. Malgré les réticences de ceux-ci, un immense banquet fût organisé en leur honneur.

• • •

La nuit était tombée depuis longtemps mais l'avenue principale restait particulièrement animé. Un orchestre jouait tout les airs qu'il connaissait pendant que les spectateurs chantaient à tue-tête. Des lampions avaient été accrochés tout le long de la rue, entre chaque maison en chaux blanche, tous de couleurs et de tailles variables, ce qui donnait une ambiance féerique à l'ensemble. L'eau claire des fontaines murmuraient d'un son cristallin, même quand un badaud y plongeait la tête pour se rafraîchir les idées et retournait faire la fête d'un sourire béat.

Pirates et insulaires dansaient et chantaient ensemble de bon cœur. Demain, les héros d'un soir reprendrons la mer, alors autant en profiter. Les desserts arrivèrent sous les applaudissements. Les goinfres se jetèrent sur les spécialités sans attendre, dans l'hilarité générale. Tarte à la réglisse, petits pains fourrés à la confiture de framboise et de myrtille, des gâteaux à la crème aussi légère d'un nuage, encore plus de moelleux aux fruits dont certains totalement inconnus mais succulent, et j'en passe.

- Shachi, tu manges comme un porc. Essuie toi la bouche !

Pour toute réponse, le pirate profita de l'inattention de son camarade pour lui prendre sa gaufre aux fruits rouges et à la crème fouettée pour la lui écraser en plein visage. Ils quittèrent la table précipitamment pour se lancer dans une course poursuite à travers toute la ville.

- Quelle gâchis ! Cette gaufre devait être délicieuse, se plaignit Sven.

- C'est bien vrai, renchérit le cuistot, mais elles ne pourront jamais être aussi bonne que celles de ma grand-mère. Je m'en souviens encore, croquante et moelleuse, avec un soupçon de vanille...

- Tu baves.

- Oh pardon !

- C'est faux ! Affirma Earl, l'un des mécaniciens, le meilleur c'est...

- L'huile de moteur, le coupa Penguin moqueur.

- Ah ah, c'est ça, rigoler. Non, le gâteau aux graines de sésames et anis. Une tuerie !

- Non, c'est d'un sec ! Fustigea un autre pirate. Un baba au rhum, ça c'est de la pâtisserie.

- Dit plutôt que tu aimes juste parce que ça te donne une bonne excuse pour boire du rhum.

- Hé hé !

Le pirate passa une main gênée sur sa face, sous les rires de ses camarades.

- Vous n'y êtes pas du tout les gars. Le meilleur, se sont les pommes au miel !

Sans y être invité, Renard s'installa à la place vide de Shachi. Elle tenait une bouteille à moitié pleine dans sa main gauche et au vue de ses joues légèrement rougis, elle n'était pas à sa première. Les pirates échangèrent un regard complice.

- Les pommes au miel ? C'est à dire ? Demanda innocemment Penguin.

Une lueur gourmande s'alluma dans les yeux noirs de la jeune femme.

- C'est... comment dire ? Un peu comme une pomme d'amour mais avec du miel. Parfois, il y a des épices avec. Surtout de la cannelle. On les fait lors du festival de l'Été, avec des pommes spécifiques, qui ne poussent justement qu'en été, expliqua-t-elle avec le grand des sérieux. Pour être tout à fait exacte, il y a deux recettes : celle où la pomme reste croquante tout en étant tendre, avec le miel juste fondant, et celle avec la pomme moelleuse et juteuse avec le miel éclatant.

- Et tu préfères laquelle ?

- La première ! Il faut faire cuire la pomme mais pas trop pour garder ce côté croquant tandis que le miel qui l'enrobe, doit être collant sans être coulant. C'est tout un art. D'ailleurs, tout les ans, un concours est organisé pour déterminer quelle est la meilleure recette.

Les pirates étaient suspendus à ses lèvres, sentant presque l'odeur du miel chaud et le goût acidulé de la pomme.

- Eeeeet ? Demandèrent-ils en chœur.

- Eeeeet comme chaque année, il est impossible de les départager, répondit Renard d'un air blasé, les paumes tournaient vers le ciel. Alors est organisé la Bataille des Pommes. Pendant une journée entière, les deux camps s'affrontent en se balançant des pommes pourries. C'est à celui qui enverra le plus d'adversaire au tapis qui gagne le concours, c'est aussi simple que cela, conclut-elle avec un clin d'œil.

La tablée se mit à rire de bon cœur, en imaginant la pagaille que ce concours devait provoquer. Certains endroits avaient vraiment l'art et la manière de savoir s'amuser. Renard venait leur vendre du rêve.

- Au final, c'est juste un prétexte pour se taper dessus, constata Earl.

- Disons que là, c'est légitime.

- En tout cas, ça à l'air génial ! S'exclama Penguin. Étonnant qu'on en ait jamais entendu parler. Il faudra y aller un jour.

- Ouhlà, tout doux mon bel oiseau. Ce n'est pas aussi facile que ça de s'y rendre. Il faut d'abord traverser quasiment la totalité du Nouveau Monde.

Tous la regardèrent avec des yeux ronds comme des assiettes. Alors, Renard comprit qu'elle venait de commettre un faux pas. Malheureusement pour elle, l'information n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd et les pirates lui sautèrent dessus, enthousiaste et l'assaillirent de questions.

- Alors comme ça, tu viens du Nouveau Monde ?

- C'est comment ?

- Et le nom de ton île ?

- Tu y as navigué ?

- Je... Mais enfin... J'ai... J'ai jamais dit que je venais de là-bas !

- SI !

- NON !

Les pirates ricanèrent face à la confusion du soldat. Elle avait l'air tout de suite beaucoup moins sûr d'elle, regardait tour à tour chacun d'entre eux dans l'espoir de trouver une issue, un moyen d'éluder cette conversation. L'un d'eux lui apporta son salut, non sans un air faussement désolé.

- C'est vrai, tu as raison. Tu l'as juste sous-entendu, serait plus précis. Et ça ne sert à rien de me faire ce regard noir, tu t'es grillée toute seule. Ton anecdote sens clairement le vécu, pour qu'on ne ne te croit pas.

Renard était mal à l'aise et ne savait plus quoi répondre. Elle tapota nerveusement du doigt la bouteille qu'elle tenait toujours entre ses mains. Un léger rictus déforma le coin de sa bouche. Elle était coincée et elle avait horreur de ça. Ainsi, quand une situation lui échappait totalement, elle agissait toujours de la même manière : elle prenait la fuite. Pas très glorieux pour un soldat de la Marine, certes, mais c'était la seule solution que lui proposer son instinct. Ou alors, tous les massacrer ici et maintenant. Ce qui était un plan nettement plus mauvais.

- Pensez ce que vous voulez, mais vous vous faites des idées. Ce n'est pas parce que j'y étais que j'en viens forcement. A plus tard.

Penguin et Earl firent un high five, absolument ravi du scoop tandis que Renard, qui leur tournait déjà le dos, partit danser. La tablée se regarda avec le même sourire complice. Pour eux, ça ne faisait qu'aucuns doutes, la rouquine venait du Nouveau Monde. Et ça, c'était un avantage non négligeable. S'il fallait la faire picoler pour lui tirer les vers du nez, les pirates n'auront aucun scrupules. Penguin le premier s'y osa :

- Vous avez la même idée un peu folle, n'est-ce pas ?

- Carrément !

- Elle va nous tuer. C'est con, elle était devenue tellement agréable depuis le combat...

- Peut-être, mais le jeu en vaut la chandelle : il faut qu'elle fasse partie de l'équipage !

Le reste du groupe approuva, déterminer. C'était une idée absurde, ils le savaient bien mais qui ne tente rien n'a rien, comme on dit. Ils se levèrent comme un seul homme et se séparèrent en groupe de deux ou trois, pour trouver plus facilement leur nouvelle cible :

- CAPITAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINE !