Chapitre 10

Libération.


Narcissa Malfoy observait, impuissante, la bataille qui avait repris. Elle ne savait pas ce qui était le pire à supporter entre savoir que son plus jeune fils se battait ou ne pas pouvoir lui venir en aide, le Seigneur des Ténèbres le leur ayant interdit.

Ses yeux azur se posèrent alors sur une autre personne qui semblait souffrir autant qu'elle de cette situation. En effet, le visage de Molly Weasley reflétait la même douleur sourde qui lui vrillait la poitrine. Jamais Narcissa avait pensé pouvoir se rapprocher de cette femme, pourtant Eiael venait de faire changer les choses, même s'il faudrait encore un peu de temps avant de vraiment pouvoir parler d'un lien quelconque entre les deux femmes.

Lucius quant à lui, savait bien que Lord Voldemort n'interférait pas, quoi qu'il en dirait. Après tout, si le Maître voulait gagner la confiance d'Eiael, sa méthode n'était pas mauvaise. Montrer qu'il pouvait tenir parole et qu'il n'interviendrait pas dans un conflit que le jeune Malfoy considérait comme sien.

Cependant, même s'il approuvait la méthode et était fier des compétences de son cadet, le patriarche des Malfoy acceptait difficilement cette passivité forcée. Jusqu'à présent, être spectateur ne l'avait jamais vraiment dérangé. Mais là, c'était l'un de ses enfants, la chair de sa chair, qui tenait le rôle principal et cela suffisait pour que son corps soit aussi tendu que la corde d'un arc et ses mains crispées sur la canne qui renfermait sa baguette.

- Tu devrais te calmer, cela te permettra de mieux faire fonctionner tes neurones et tu te rendrais enfin compte que ton fils a autant de chance de s'en sortir vainqueur que ces idiots du ministère, voire plus.

Severus. Décidemment son vieil ami lui était indispensable et toujours aussi… terre-à-terre. Mais, il savait que le brun avait raison. Lucius s'exhorta alors au calme afin de retrouver cet esprit froid qui lui avait permis de conseiller Lord Voldemort à plusieurs reprises. Sa logique de stratège reprit donc le pas sur ses émotions. Même s'il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour son cadet.

Le maître de potion, de son côté, ressentait une certaine fierté en observant ce qu'étaient devenus l'insupportable Potter et toute sa troupe. Le gamin avait réussi où tous les autres avaient échoué, il avait uni les maisons. Bon, il ne l'avait pas fait dans les règles, c'est-à-dire à Poudlard, mais c'était une habitude chez lui de ne jamais rien faire comme n s'attendrait à ce que cela soit.

Ajouter à cela qu'Eiael avait gagné le respect du Lord et qu'il avait totalement dégelé ses parents. En parlant de ces derniers, Severus était heureux de constater que Lucius pouvait à nouveau penser avec sa tête plutôt qu'avec son cœur. Pas que ses sentiments pour son fils lui fassent défaut mais, au moins, l'aristocrate se rendrait enfin compte qu'Eiael n'était pas une demoiselle en détresse.

Cependant, le professeur se demandait depuis quand le jeune garçon ne fonçait plus tête baissée et prenait le temps d'établir des tactiques de combats. Selon lui, le petit était loin d'être bête, même s'il portait le nom des Potter, alors c'était juste qu'il n'avait jamais pas pris le temps de penser à tête reposée.

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Alexander était aussi fier qu'un paon devant les prodiges dont était capable son petit ange. Il n'avait jamais pensé pouvoir assister à un tel spectacle même si, comme son père, il en avait rêvé. Dumby le Gâteux se prenait la raclée de sa vie ! Mémorable ! Dès qu'il rentrerait au manoir, il mettrait les souvenirs de cette journée dans sa pensine afin d'être certain de ne pas l'oublier.

Ce doux instant lui procurait un bien fou. Une agréable sensation lui parcourrait tout le corps, le réchauffant de l'intérieur, lorsqu'il voyait le directeur de Poudlard et ses sbires se faire attaquer de tous les côtés que ce soit par les gardiens ou par des rafales de vilains sorts. Malgré tout, le citronné et ses toutous n'étaient pas en reste et offraient leur lot de blessures aux jeunes gens qui leur faisaient face.

En effet l'Allée en Folie, évacuée de ses habitants, s'était vue transformée en un champ de bataille. Certes, les combats ne tournaient pas en une vulgaire boucherie, mais plus un seul combattant ne retenait ses coups. Les plus jeunes étaient pris dans le feu de l'action et l'euphorie d'avoir réussi leur incantation, et les plus âgés n'étaient plus tiraillés par le doute et la culpabilité d'avoir à blesser des adolescents.

Cette bataille n'en demeurait pas moins inégale puisque l'Ordre du Phénix et leurs alliés étaient numériquement supérieurs au groupe formé par le cadet Malfoy. Cependant, la présence des gardiens aidaient bien ces derniers et l'écart commençait à fondre comme neige au soleil sous les coups des griffes, des sabots et des crocs de ces créatures magiques.

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Sirius et Remus étaient aux prises avec Maugrey et quelques membres de son escadron d'élite. En voyant les deux maraudeurs, tous pouvaient ressentir à quel point ces deux hommes étaient unis. Leurs gardiens, un grand loup gris et un cerbère à la robe noire, combattaient à leurs côtés.

Face à un tel quatuor, la poignée d'hommes qui les encerclaient fût vite dépassée par les événements. Les aurors se retrouvèrent alors entravés par des liens magiques et n'échappèrent pas à quelques blessures supplémentaires ainsi qu'à la confiscation de leur baguette.

Malgré tout, les sorciers du ministère ne pouvaient taire leur fascination devant ces deux complices.

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À l'opposé, Fol'Œil était dans une rage noire car il savait que Dumbledore n'allait pas tarder à être vaincu par ces mioches si cela continuait plus longtemps et, par conséquent, lui aussi ferait parti du clan des perdants. Et cela, il en était hors de question.

Le directeur et lui s'étaient toujours battus pour le bien de la communauté sorcière et c'était ainsi qu'on les remerciait ! Non, il ferait en sorte que ça ne se finisse pas de la sorte.

Bien sûr, lorsque son honorable ami lui avait fait part de l'enlèvement du nouveau né Malfoy, il n'avait pas vraiment été des plus ravis. Cependant, la mention d'une prophétie lui avait fait considérer les choses sous un autre angle.

À cela s'ajoutait le fait, non négligeable, qu'ils avaient évité au petit de grandir dans le milieu des Mangemorts et donc d'en devenir un à son tour. Et s'ils se projetaient davantage dans l'avenir, ils lui épargneraient le destin de tout bon laquais au service de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom : Azkaban. Le morveux devrait leur en être reconnaissant au lieu de se rebeller. Albus aurait dû se montrer moins conciliant envers le mioche.

Les enfants de nos jours… ! Donnez-leur la main et ils vous bouffent tout le bras ! Une belle brochette d'ingrats ! Je l'avais pourtant dit : vigilance constante ! Si seulement Albus m'avait écouté…

Le plan d'origine était d'une simplicité enfantine, pourtant. Le directeur allait cacher le bambin au sein de la famille Potter et il mettrait sur pied une nouvelle prophétie pour leurrer tout le monde, en particulier le Seigneur des Ténèbres. Ainsi, le ménage serait effectué sans qu'ils aient à se salir les mains et Voldemort serait encore plus haï par la population sorcière.

Mais, voilà, les choses ne s'étaient pas passées comme prévu et le marmot avait survécu. Il avait fallu tout reprendre depuis le début et, heureusement que le couple Potter avait péri car il n'était pas certain que ces deux-là auraient tenu leur langue encore longtemps.

Un rayon écarlate toucha son bras, lui laissant une entaille de belle taille et coupant cours à tout son radotage intérieur.

Il était temps de plier bagage ou le Sinistros pointerait le bout de son museau pour les prévenir que les Enfers les attendaient, et cette perspective ne l'enchantait que très peu. L'ancien auror chercha Dumbledore du regard et, une fois qu'il l'eut trouvé, il se fraya, à coup de baguette magique, un passage pour le rejoindre.

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Dumbledore, de son côté, perdait de plus en plus patience et commençait à redouter une éventuelle défaite. Il devait trouver un échappatoire au plus vite. Le mieux serait d'effacer le blondinet de la surface de la Terre, mais sa famille et ses amis répliqueraient aussitôt. Sans compter que Voldemort ne resterait pas de marbre et s'engagerait alors dans le combat. Mauvaise idée.

Le vieil homme ne put pousser sa réflexion plus loin puisqu'il se trouva projeté au sol par le lion ailé de la famille Potter . Quelque peu résigné, il préféra garder les yeux fermer pour ne pas voir se rapprocher de sa gorge la dangereuse gueule de l'animal.

Soudain, Albus se sentit plus léger et, en rouvrant les yeux, il constata que Alastor Maugrey lui était venu en aide en repoussant l'imposant félin.

- Albus, il est temps de partir si nous voulons pouvoir être en mesure de prendre notre revanche plus tard.

- Tu as bien raison, mon ami. Mais je ne vois pas trop comment nous pourrions nous sortir de là. Mes forces me quittent. Je vais avoir du mal à tenir encore bien longtemps.

- Bien. Si nous voulons éviter de trop attirer l'attention, il va falloir prendre un petit détour en passant derrière ces maudits emmerdeurs. Mais certains risqueront tout de même de nous repérer, il vaudrait mieux garder nos baguettes en main.

- Je ne m'inquiète pas vraiment de ceux qui pourraient nous voir et à qui l'envie prendrait de nous jeter un maléfice. Après tout, tes hommes et ce qu'il reste de l'Ordre nous serviront de bouclier.

- Pardon ?

L'ancien chef des aurors n'en revenait pas. Oui, il était d'accord avec ce genre de tactique lorsque ceux qui allaient servir de rempart avaient été prévenus du rôle sacrificiel qu'ils allaient jouer et qu'ils avaient donné leur accord pour. Après tout, cette stratégie pouvait se révéler assez dangereuse selon l'identité des adversaires et des personnes qu'il fallait couvrir. D'un autre côté, Maugrey se demandait pourquoi ce qu'avait dit le sorcier près de lui le surprenait, c'était la façon de faire d'Albus. Et il le savait et le soutenait depuis le tout début de cette affaire.

Avec un sourire désabusé aux lèvres, Fol'œil reprit sa marche, interrompue par les dernières paroles de Dumbledore, tenant fermement ce dernier contre lui.

Le chef de l'Ordre fut soulagé de voir que son complice de toujours avait finalement rendu les armes et accepté sa façon de faire, fut un temps où il se serait fait sévèrement rabrouer pour avoir émis une telle proposition. Pourtant, Albus savait qu'Alastor ferait son possible pour que ceux qui combattaient à leurs côtés ne soient pas touchés par un sort qui aurait dû leur être destiné. Ce vieux bougre était encore trop bon pour son propre bien mais, heureusement, il était d'une loyauté inébranlable. Aussi il préféra rester silencieux afin de ne pas déclencher une colère inutile de la part de l'auror.

Lorsque les hommes parvinrent à sortir de la zone délimitée par le sort d'antitransplanage que cet idiot de Kingsley avait placé avant le début des hostilités, Albus Dumbledore était assez fier de lui, et ce pour deux raisons. La première, bien évidemment, était qu'ils étaient arrivés à destination sans se faire repérer et n'avaient été touchés par aucun sort perdu. La seconde, quant à elle, tenait plus de l'orgueil qu'autre chose puisqu'il était heureux de constater que son art de la manipulation et son flair ne l'avaient jamais abandonné, preuve en était qu'Alastor avait fait comme il le lui avait demandé tout en évitant, scrupuleusement de se faire remarquer pour que personne n'ait à se sacrifier pour eux.

- Albus, nous allons pouvoir transplaner. La question qu'il reste est «où ».

- Poudlard. Nous irons d'abord à Poudlard. J'ai des affaires à récupérer et d'autres à détruire.

- À détruire ?

- Je ne pense pas que tu veuilles vraiment en savoir plus sur ce point.

- Bien.

- Allons, allons. Ne me fais-tu plus confiance ?

- Partons.

Le vieux sorcier aux cheveux blancs soupira. Allait-il devoir se séparer de Maugrey avant que ce dernier décide que cela avait trop duré ? Il lui semblait clair que l'auror appréciait de moins en moins ses cachotteries et ses manières d'agir. Tant pis. De toute manière, il lui restait une petite chose de rien du tout à faire, ensuite il n'aurait plus vraiment besoin de l'aide de Fol'Œil. Ça lui ferait certainement bizarre de ne plus l'avoir à ses côtés, dans l'ombre, mais peu lui importait désormais. On n'était jamais mieux servi que par soi-même.

- Tu peux partir devant, Alastor. Je dois encore faire une dernière chose.

- Je ne crois pas vraiment qu'on ait le temps et…

- Ne discute pas ! Si tu veux partir, fais-le. Si tu veux rester, soit. Mais tais-toi. Je dois me concentrer pour réunir un maximum de mes forces. Il faut que je sauve le monde.

Alors là, Alastor devait bien l'avouer, il ne savait plus où il en était. Sauver le monde dans cet état ? Et puis, ce n'est pas parce que Dumbledore allait rester au milieu de toute cette pagaille qu'il allait pouvoir faire quelque chose de réellement utile, n'est-ce pas ?

Mais, il ne fallait pas oublier l'esprit assez retord du directeur. L'homme était donc assez curieux de ce que son vis-à-vis pouvait bien mijoter. L'inquiétude commença à le gagner lorsqu'il s'aperçut que Dumbledore levait sa baguette, prêt à frapper, un sourire triomphant ornant son visage. Tout cela ne lui disait rien qui vaille.

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Eiael se battait à quelques mètres des deux derniers Maraudeurs. Il avait beau être un peu isolé du reste de son groupe, ses ennemis n'osaient pas l'approcher de très près. Pour leur défense, le petit blond admettait que Goh montait bonne garde et que ses sorts ne manquaient que rarement leur cible.

Cependant, le jeune adolescent était tellement concentré sur sa tâche qu'il ne faisait qu'attention à ses adversaires immédiat, comptant sur ses compagnons pour s'occuper du reste. Aussi, il ne vit pas un sort noir fuser dans sa direction.

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- NOOOON !

Ce cri avait été poussé par plusieurs personnes à la fois quand elles virent le rayon de magie noire qui allait toucher Eiael Malfoy.

La suite se passa comme dans un film au ralenti.

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Eiael se tourna vers l'endroit d'où provenait les cris, scannant ses compagnons afin de vérifier qu'aucun n'avait été tué, craignant le pire.

Soudain sa vue fût obscurcie et un poids s'abattu sur lui, le clouant au sol sans douceur.

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En entendant ces cris, Sirius et Remus se tournèrent instinctivement vers Eiael.

Sans perdre de temps, ils se frayèrent un chemin, à coup de douloureux sorts, pour le rejoindre. Ils venaient d'apercevoir le rayon menaçant.

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De son côté, Molly Weasley ne savait pas vraiment comment agir. Son cri d'effroi était sorti de sa bouche sans qu'elle s'en rende compte et s'était mêlé aux autres.

Elle avait peur pour cet enfant qu'elle avait considéré comme l'un des siens. Il était un Malfoy… Oui, et alors ? Il avait été son Harry pendant plusieurs années.

Elle se devait d'intervenir, se disait-elle en serrant sa baguette.

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Quand ils avaient vu le faisceau prêt à heurter leur benjamin, le couple Malfoy avait reconnu un sort de magie noire et Narcissa s'était effondrée. Leur bébé allait mourir sous ses yeux sans qu'elle ne puisse rien faire. Elle savait qu'elle n'était pas suffisamment puissante. Elle ne pouvait pas protéger ses enfants de Dumbledore.

Lucius avait sorti sa baguette, prêt à suivre Draco qui s'était jeté sur son frère. Cependant, une main le retint, interrompant son mouvement. Il allait envoyer balader l'importun lorsqu'il découvrit que le propriétaire de la main coupable n'était autre que le Lord. Ce dernier lui fit un bref signe de tête et lui adressa un regard joyeux, ce qui dénotait assez avec la situation actuelle. Le grand blond se demander ce que son seigneur avait derrière la tête.

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Severus n'avait pu retenir une certaine inquiétude qui fit que son corps partit vers l'avant, semblant vouloir protéger le gamin. Décidemment, il était un véritable aimant à problème celui-là, et ce qu'importe le nom qu'il portait.

Lui, le froid et grincheux homme des cachots, avait senti son niveau d'adrénaline augmenter à cause du môme Potter, ou ex-môme Potter.

Il vit, du coin de l'œil, quelqu'un le dépasser. Quand il comprit de qui il s'agissait, il sourit et décida de rester aux côtés du Seigneur des Ténèbres. Eiael et Draco ne risquaient rien si cette personne intervenait. Il avait confiance en lui.

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Dans le camp adverse, Dumbledore était aux anges. Il allait toucher sa cible. La mère de la famille de roux, Black, Lupin et les autres imbéciles avaient bien tenter de faire dévier le sort, mais ils n'étaient pas suffisamment forts pour y parvenir. Ils ne pourront pas le stopper.

Certes, Draco Malfoy couvrait le plus jeune de son corps, mais ce ne serait pas un problème pour lui. Le Serpentard s'en mordrait les doigts. Ils allaient en mourir tous les deux. Au moins, on ne pourra pas lui reprocher d'avoir séparé les deux frères.

Après tout, ce maléfice faisait fi de tous ceux qui avaient la bêtise de se tenir entre sa proie et lui, jusqu'à ce qu'il tue sa cible.

Le directeur de Poudlard n'était pas peu fier d'avoir découvert et su maîtriser un tel sort aussi rapidement. À peine cinq ans pour un tel résultat.

Cependant, son sourire se dissipa quand il vit le fils de Jedusort s'interposer. Celui-là était une autre affaire et il aurait, peut-être, la puissance nécessaire pour contrer le maléfice.

Il était temps pour lui de partir. Inutile d'attendre plus longtemps, ce serait s'exposer bêtement. Il pourrait tout aussi bien savourer sa victoire à l'abri, voire planifier une nouvelle attaque en cas de défaite.

Alors qu'il s'apprêtait à transplaner, ses sens l'avertirent de plusieurs choses qui n'auguraient rien de bon pour lui. Tout d'abord, il comprit que ce simulacre de « troisième camp » s'était uni au rejeton de Voldemort pour mettre à mal son sort. Finalement, ils n'étaient pas si idiots que cela, puisqu'ils avaient fini par comprendre qu'ils devaient fusionner leur magie afin d'être suffisamment forts pour avoir des chances de vaincre. S'ils gagnaient cette partie, il ne restait plus qu'à mieux se préparer pour remporter la guerre.

Ce qui l'inquiétait davantage était sa magie qui le prévenait d'un changement des limites de la zone d'anti-transplanage. Cette dernière englobait, à présent, toute l'allée. Et Alastor qui refusait manifestement de l'aider ; il n'avait pas dû apprécier le fait qu'il attaque l'enfant ainsi.

- Hé bien, hé bien. Voulais-tu déjà nous quitter, Dumbledore ?

Finalement, il aurait peut-être dû porter un peu plus d'attention aux paroles de la Trelawney qui lui avait prédis, avant qu'il ne quitte le château, de nombreux malheurs dans la journée à venir. S'il se souvenait bien, il y avait aussi une histoire de morsures… Hum… Ces satanés fauves, certainement. Mais le problème actuel était plutôt monsieur le Serpent.

- Alors Tom, tu n'en pouvais plus d'attendre ? Tu ne peux donc tenir parole. Tss.

- Ma parole n'engage que ceux qui y veulent bien lui accorder une importance, vieillard. Même si je ne me souviens pas avoir fait quoique ce soit qui…

- Tu as promis de ne pas intervenir dans ce combat, dois-je te le rappeler ?

- Oh ! Ce n'est que cela. Vois-tu, vieux fou, mon fils et le jeune Draco Malfoy ne portent pas ma marque. Il est vrai que j'ai pensé le faire pour le fils de Lucius, mais je me suis ravisé. Aucun ne fait parti de mon armée, donc ils n'entraient pas dans ma promesse.

Dumbledore fulminait et avait bien du mal à maintenir son masque de l'homme calme et généreux.

- Très bien. Mais, toi. Que fais-tu ici ?

- Je venais dans l'espoir de pouvoir passer de bonnes fêtes de Noël avec mon fils et quelques uns de mes proches. J'avoue ne pas avoir imaginer que cette journée se déroulerait de la sorte, mais elle convient tout aussi bien. Surtout que je suis sûr que te voir tomber de ton piédestal sera mon plus beau cadeau.

- Je ne parle pas de ça ! Et tu le sais pertinemment !

- Calmez-vous, directeur. Vous ne voudriez pas mettre le Lord davantage en colère, n'est-ce pas ?

- Severus, mon enfant, ne penses-tu pas qu'il serait temps de montrer à tous envers qui va ta loyauté ?

En disant cela, le vieil homme était plus serein. Il avait un avantage sur ses ennemis. Sa dernière carte. Sa carte maîtresse. Cependant, les sourires goguenards de ses opposants ne lui disaient rien qui vaille. Se serait-il trompé ?

- Vois-tu, Dumbledore, Severus ne m'a jamais trahi. Certes, il y aune période où il doutait un peu quant à mes choix, mais il m'est resté fidèle. Ce petit jeu d'espionnage m'a beaucoup amusé, je dois dire. Mais les dés sont jetés et la partie finie. La seule question restante : que vais-je bien pouvoir faire de toi. J'hésite. Qu'en pensez-vous, mes chers ?

- Torture ?

- Trop classique, Severus. Lucius ?

- J'aurais voulu m'en occuper moi-même avec quelques sorts de ma création, mais le gardien de mon fils ne semble pas partager le même avis.

En effet, le destin s'acharnait sur le pauvre Albus. Le feulement de rage qui venait de derrière lui ne laissait pas d'imagination quant à ce qui l'attendait s'il ne trouvait pas rapidement une autre alternative. Avoir la gorge déchirée par un lion géant et hargneux n'était pas dans l'ordre de ses priorités. Se vider de son sang n'était pas l'idée qu'il se faisait de sa mort.

Voldemort n'attendait plus qu'une chose pour que cette journée soit parfaite : voir disparaître cet homme qu'il détestait. Et, si possible, être celui qui le détruirait.

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Le sort avait été détruit par l'impact qu'avait provoqué sa rencontre avec l'union des magies.

Eiael, toujours à terre, se demandait ce qu'il avait raté dans l'histoire. Il y avait eu des cris paniqués, ce sort qui fonçait sur lui sans qu'il puisse réagir, ce poids qui l'avait épinglé au sol ( il allait manquer d'air si ça continuait ), un hurlement où s'étaient mêlées plusieurs voix aussi bien désespérées que déterminées, puis un grand silence. Rien de pesant, plutôt une sensation de soulagement. En tout cas, c'était ce qu'il ressentait.

Au dessus, Draco n'osait pas bouger. Son coeur battait tellement fort qu'il avait l'impression qu'il allait lui sortir de la poitrine.

Sa peur avait laissé place à la fatigue. Il n'avait pas la force de se relever. Tant pis. Si Eiael voulait qu'il se dégage, il le lui ferait savoir. En parlant du loup, il le sentait qui commençait à s'agiter. Mais le plus jeune ne disait rien, alors il ferait comme si de rien n'était.

- Euh… Pardon ?

- Hm ?

- … Draco… ? C'est toi ?

- Hn.

- Tout va bien ?

- Hn !

- Quel vocabulaire !

- Sans commentaire.

- S'il n'y a pas de problème, est-ce que tu pourrais me laisser me remettre debout, s'il te plaît ?

- Me plaît pas.

- Draco !

Le susnommé ricana un petit peu et décida de faire un petit effort. Enfin, c'était ce qu'il avait en tête avant qu'un abruti fini s'affale sur lui, façon match de catch, et essaye de faire des mamours à son louveteau.

- Alexander ! Espèce d'obsédé !

Le coupable le regarda, tentant de l'attendrir avec ses yeux de chien battu.

- Mais… mais… mais ! T'es un méchant, Drakinouchet !

- Oui, et encore ? Dégage. Tu es loin d'être un poids plume, tu sais.

- Là, tu me blesses, mon blondinet. Mais t'as pas de chance, je ne bougerai pas tant que je n'aurai pas serré mon Ange dans mes bras.

- Au risque de l'étouffer ? Essaye seulement.

- Je me le suis toujours demandé et j'ai enfin ma réponse. T'es une maman dragon.

Eiael ne savait pas quoi dire. Les deux autres agissaient comme s'il n'était pas présent et le fait qu'Alexander soit là le gênait, car même s'il n'avait rien dit, il avait du mal avec cette histoire de fiançailles. le jeune homme était sympathique d'après ce qu'il avait pu voir ; mais il avait toujours pensé se marier par amour s'il avait la chance de sortir vivant de la guerre.

Ses pensées hautement philosophiques furent coupées lorsqu'il eut soudain du mal à respirer. Ces crétins de jumeaux feraient une belle équipe avec Draco et son ami. Leur jeu favori serait assurément « celui qui l'écraserait en premier ».

S'ils croyaient qu'il allait gentiment se laisser faire, ils allaient être servis !

- BOUGEZ ! Vous vous croyez où là ! Est-ce que je ressemble à un tapis ?!

- Bah… Maintenant que tu en parles…

- Fred ! Georges !

- Ouin ! Poussin ne nous aime plus,…

- Ils préfèrent…

- C'est pas bientôt fini ici !

- Oh ! Pansy d'amour.

- Allez, debout tout le monde, où j'appelle Minerva.

- Quoi ! Tu n'oserais pas, hein, Hermione ?

- Les enfants. Laissez respirer Eiael, maintenant. Je ne pense pas que le sol soit confortable.

- Mus !

- Pas d'objections. Nous sommes tous fatigués ; nous allons donc rentrer à la maison pour nous reposer un petit peu. Je sais que ce n'est pas l'idée que vous vous faisiez de votre fête de Noël, mais on ne peut pas revenir en arrière. Alors, maintenant, je vais vous ramener à la maison et appeler Pompom. Ne vous en faites pas, les autres adultes vont rester ici pour discuter de ce qu'on va faire des prisonniers et de ce qui se passera par la suite, ok ?

- Ok, Remus. Je ne suis pas contre un bon bain chaud et un lit douillet.

- Blaise ! Feignasse !

- Merci, Ginny. Moi aussi, je t'adore.

L'atmosphère se fit plus légère, bonne enfant. Malgré cela, aucun ne s'illusionnait ; ils avaient besoin de soins et de repos. Le combat qui venait d'avoir lieu les avait épuisé et avait tiré sur leurs réserves magiques. Ils avaient tous eu l'impression de s'être battu durant plus de cinq heures alors qu'une heure seulement s'était écoulée.

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Chaque gardien avait retrouvé sa place au cœur de la magie de son maître, excepté Goh qui maintenait l'ancien chef de la Lumière sous lui. L'image qu'offrait le lion assis sur le dos de Dumbledore était plus que comique, et le vieillard était pathétique.

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Les agents du ministère et l'Ordre du Phénix avait été magiquement entravés et attendaient que l'on décidait de leur sort.

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Alastor Maugrey s'était présenté devant Kingsley afin d'être, lui aussi, constitué prisonnier. Il ne voulait plus avoir à faire avec Dumbledore, mais il savait qu'il devait payer pour toutes ces années.

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Draco regardait, envieux, son frère et ses amis. Eiael avait l'air si détendu en leur présence, alors qu'il restait réservé avec lui. Il se doutait bien que le petit blond ne pourrait pas oublier tout du passé d'un seul coup de baguette, mais ça l'attristait de ne pas pouvoir partager cette complicité avec lui. Rien que pour cela, il avait envie d'en faire voir de toutes les couleurs au vieux fou citronné.

Ajouté à cela ce qu'avait dit le lycanthrope. Son frère allait rentrer avec les autres.

Si son frère repartait maintenant, quand pourrait-il le revoir ? Son cadet n'allait-il pas repousser à nouveau le moment des retrouvailles à présent qu'il connaissait Alexander, et surtout le fait qu'ils s'étaient promis l'un à l'autre ?

- T'inquiète. Je n'ai pas l'intention de laisser filer notre petit ange si vite. Du moins, pas sans contrepartie.

- Je te fais confiance, mon très cher beau-frère.

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En retrait de toute cette agitation, deux mères partageaient la joie et le soulagement de savoir la guerre terminée, même s'il y avait des batailles politiques à mener très bientôt, et le fait qu'elles n'avaient perdu aucun de leurs enfants.

Madame Weasley aurait tellement voulu rejoindre ses petits et les serrer contre elle comme elle en avait l'habitude. Cependant, la culpabilité d'avoir suivi Dumbledore si longtemps l'en empêchait. Et puis, aucun de ses enfants n'étaient venus la voir. Elle attendrait, même si c'était douloureux.

Madame Malfoy aurait voulu courir jusqu'à ses fils pour les embrasser ; mais ces derniers étaient au milieu de leurs amis et elle ne savait plus vraiment comment se comporter auprès de son plus jeune. Elle l'aimait, à n'en pas douter. Mais comment allait-il réagir à présent qu'elle connaissait son ancienne identité ? Elle craignait un rejet ou de la méfiance de sa part.

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Il était temps de partir pour les plus jeunes.

Les enfants Weasley avaient accepté que Ron soit intégré au groupe étant donné le soutien dont il avait fait preuve durant le combat. La maison allait donc accueillir un nouveau membres.

Sirius resterait à la maison avec les adolescents. Utiliser autant ses ressources magiques alors qu'on sort d'un coma magique, provoqué par cette fichue arcade, n'était pas une bonne idée finalement.

Eiael et Hermione se tenaient côte à côte, attendant leur tour pour être ramené chez eux. Sylis vint les rejoindre.

- Sans vouloir t'embêter, Eiael, l'espèce de peluche géante refuse de venir.

- Hum ? S'il te plaît, Syl, ne parle pas par énigme ou autre. Je suis trop fatigué pour réfléchir.

- Goh… refuse… de… lâcher… sa… proie.

- J'ai dit que j'étais crevé, pas idiot. Goh ! Tu ne veux pas rentrer ? Je suis sûr que Lucilla doit t'avoir préparé un bon saladier de chocolat chaud.

- Vraiment ?

- Morfal.

- Même pas vrai. T'es méchante, Hermione.

- Réaliste, nuance.

Les deux humains et la fée rigolèrent en chœur devant la mine boudeuse du lion ailé. Ce dernier se décida, cependant, à les rejoindre, ne niant pas le fait que l'idée d'un chocolat chaud était plus qu'alléchante.

- Attendez.

- Que nous veux-tu, Voldemort ?

- Je peux comprendre qu'aucun d'entre vous ne veut rester ici plus que nécessaire, mais vous êtes les vainqueurs.

- Ouais, ben, les fêtes et autres parades du même genre, elles attendront.

- Je le conçois, jeune Nott. Cependant, j'ai besoin de l'avis d'Eiael en ce qui concerne Dumbledore.

- Ce serait bien la première fois que tu me demandes mon avis.

- Ma patience a des limites. J'aurais pensé qu'ayant été Harry Potter pendant plusieurs années tu t'en serais souvenu. Tu as beau être le fils de Lucius et le fiancé de mon fils, je n'en attends pas moins de respect.

- En ce qui concerne Dumbledore, fais comme bon te semble. Je ne veux plus entendre parler de lui. Il a fait trop de mal pour que je m'en préoccupe. Pour ton histoire de respect, mes amis et moi ne te devons rien. Nous ne sommes pas sous tes ordres. Si tu veux que l'on te respecte, tu devras en faire autant pour nous.

- Très bien. N'oublie pas que nous devrons parler. Plus tard.

- Bien. Au revoir.

- Eiael. Attends, s'il te plaît. Peut-être pourrais-tu venir au Manoir pour te reposer, non ? Ainsi, nous pourrons discuter en famille et le maître pourra venir te voir plus facilement.

- C'est gentil de votre part, mais… Désolé, pour le moment, je préfère rentrer chez moi avec les autres.

- Mais tu es chez toi au Manoir !

- Pas pour le moment, Draco. Ce n'est pas encore ma maison. Désolé.

- Je suis d'accord !

- Alexander, je croyais que tu étais mon ami.

- C'est le cas. Mais je comprends aussi la vision de mon petit Aniel. Aussi, je propose qu'on fasse tous plus ample connaissance afin qu'il ait confiance en nous et qu'il accepte de passer plus de temps au Manoir Malfoy. C'est pas une bonne idée, ça !

- Alex…

- Laisse-moi finir, Papounet d'amour.

- ALEX !

- Oui, oui. Je sais : je casse ton image. Tu t'en remettras… Ou pas. Dans ce dernier cas, tu auras Papi citron pour te défouler. Donc, pour en revenir à nos hippogriffes, est-ce que tu veux apprendre à nous connaître, Eiael ?

- Euh… Oui. Mais…

- Génial ! Alors tout est réglé ! Draco et moi, on vient avec vous.

- PARDON !

- Du calme, Papou. Et vous, écoutez-moi. Vu qu'aucun d'entre vous ne veut aller au Manoir Malfoy, et encore moins au Manoir Serpentard, et que nous devons passer un certain temps ensemble, alors le mieux serait qu'on aille vivre chez vous pendant quelques jours. En plus, il n'y aura que Draco et moi. Nous serons deux alors que vous êtes une bonne quinzaine. Alors ?

- Et tu as pensé à tout cela quand ?

- À l'instant. Pourquoi ?

- Serpentard.

- De ta part, c'est un compliment, Papa. Alors ?

Eiael consulta les siens du regard, avant de signifier son accord. Dans quelle galère s'était-il encore embarqué ?

- Ok. Donc, nous viendrons demain matin. Ça vous va ? Par contre… euh… On vous rejoint comment ?

oOo

Les arrangements faits, Eiael et sa famille de cœur partirent, laissant finalement le soin à Voldemort de s'occuper du reste. Ils considéraient que leur tâche était faite. Ils s'étaient libérés de tout ce qui avait rendu leur vie si sombre. Ils allaient pouvoir avancer.

oOo

- Je suppose que tu as eu suffisamment de temps pour formuler tes prières, vieil homme. Alors, adieu.

Ce furent les derniers mots que le célèbre Albus Dumbledore entendit avant d'être touché par le rayon mortel de l'Avada.

Lord Voldemort se détendit. Enfin, après toutes ses années, il allait pouvoir se sentir libre ! Il s'était débarrassé de ses chaînes.

Pour la suite, il verrait en temps et en heure. Il voulait savourer ce moment.


Bonjour tout le monde !

j'espère que ce chapitre, qui s'est fait désirer ( dsl ! c'était contre ma volonté ! promis ! ), vous a plu.

faites-le moi savoir.

je pense que cette histoire sera terminée dans le prochain chapitre qui arrivera... bonne question ! vu le boulot que j'ai à faire cette année, je vous propose cette solution : un chapitre par vacances. donc le dernier chapitre de cette fic sera pour les vacances de Noël ( plutôt si je peux ).

Après, je continuerai et finirai "nos ailes mêlées", puis le "mélimélo du destin".

voilà !

gros bisous !

dodo

P.S. : si je vois qu'on demande une suite à cette fic, je la ferai.