Note de Loten : C'est la saison de… Euh… L'angoisse. Attention : un peu de langage grossier dans ce chapitre.
.
.
oOo
.
.
Chapitre 9 :
.
« Il existe un temps pendant lequel l'esprit est subjugué et triste, pour on ne sait quelle raison quand le passé ressemble à une désolation balayée par la tempête, la vie à une vanité et à un fardeau, et le futur n'est qu'une manière de mourir. » - Mark Twain.
.
oOo
.
La fraîcheur de Noël amena avec elle l'écrasante évidence qu'Hermione allait devoir mener une rude lutte. Le matin de Noël, elle entra tôt dans la salle des professeurs, espérant pouvoir y être avant que quiconque ne vienne, et elle arpenta la pièce. Les elfes de maison avaient entassé de manière distincte tous les cadeaux des professeurs sur leur chaise habituelle. Elle fut attristée mais pas surprise de remarquer que la seule chaise sans paquet était celle de Severus, dans le coin. En réalité, elle en avait un pour lui, après des semaines de débat interne avec elle-même, mais il était quelque part plus humiliant pour lui qu'elle soit la seule à lui offrir un cadeau que si personne ne lui en avait fait.
Se faisant une tasse de café, elle fut surprise quand il s'avéra que la deuxième personne à entrer dans la pièce fut Severus lui-même. Reprenant ses esprits, elle l'accueillit gaiement. « Joyeux Noël, Severus. » Il grogna vaguement en réponse et s'approcha pour se verser son café. « Qu'est-ce qui vous amène ici ?
-C'est un jour de fête » grommela-t-il de sa voix matinale, plusieurs octaves plus graves qu'habituellement. « On m'a ordonné d'être sociable. » Scannant des yeux les chaises, sur lesquelles des paquets aux couleurs éclatantes s'amoncelaient sur chacune excepté la sienne, il ricana d'un air méprisant, et fatigué, puis alla s'assoir.
« Je suis sûre que vous n'êtes pas surpris » commenta-t-elle avec précaution. « Est-ce que cela a toujours été comme ça ?
-Pas tout à fait. Dumbledore m'offrait généralement quelque chose. Toujours de mauvais goût et parfaitement inutile. Mais il était le seul, et j'ai toujours souhaité qu'il s'abstienne. Il n'y a qu'un nombre limité de manières de détruire des chaussettes de couleurs criardes. »
Heureuse qu'il puisse en plaisanter, même s'il y avait plus qu'une once de supplique dans son humour, elle sourit doucement et sortit la petite boîte de sa poche. « En espérant que ce ne soit ni de mauvais goût, ni inutile. J'allais le laisser sur votre chaise avant que je ne voie la pièce. »
C'était une de ces rares fois où elle le prenait totalement au dépourvu. Après un moment qui dura bien trop longtemps, il sortit de son immobilité et prit le paquet très précautionneusement, comme s'il croyait que la chose allait le mordre, le fixant d'une expression indéchiffrable. Alors qu'elle s'apprêtait à le forcer à réagir, il enfonça sa main dans sa poche, y dénicha un petit sac en tissu et le lui lança. Surprise, elle faillit faire tomber l'objet en le rattrapant.
« Ne vous excitez pas » prévint-il sardoniquement, le timbre de sa voix redevenant l'habituel. « Ce n'est pas pour vous. »
Perplexe, elle retourna le petit coussin entre ses doigts qui semblait être rempli de feuilles sèches. Hermione le renifla avec précaution et sentit ses lèvres s'incurver en un sourire lorsqu'elle le regarda. « De l'herbe-à-chat, Severus ? »Elle essaya de masquer son sourire et de prendre une voix sévère. « Je désapprouve l'usage de drogues douces. » Il renifla doucement par amusement, et elle perdit la bataille, elle ne pouvait pas rester sérieuse. « Pattenrond, par contre, non. Je vous remercie pour lui. Et maintenant, ouvrez votre cadeau avant que quelqu'un d'autre ne se montre. »
Elle avait longtemps et difficilement réfléchi à ce qu'elle allait lui offrir. Quelque chose de trop personnel l'aurait rendu suspicieux ou l'aurait fait encore plus rentrer dans sa coquille quelque chose de trop impersonnel n'avait aucun sens. Rien de trop cher, au cas où il penserait que cela le mènerait à une obligation, mais pas « bon marché », au cas où ce serait insultant. C'était avant qu'elle ne se réfère à ses goûts et opinions personnels. L'un dans l'autre, il lui avait fallu des semaines pour trouver la solution, et maintenant, elle espérait ardemment qu'elle avait fait le bon choix.
C'était leur conversation devant la caravane sur le fait de fumer qui l'avait inspirée. Elle lui avait acheté un nouveau briquet Zippo, son ancien était basique et semblait en même temps être passé dans un écraseur d'automobiles. Celui-ci avait ses initiales en relief d'un côté, le double S sautant aux yeux. Il le tourna très doucement entre ses doigts comme s'il n'avait aucune idée de ce que c'était.
« Allumez-le » lui dit-elle. La regardant à travers le rideau de cheveux qui cachait actuellement son visage, il hésita pendant un long moment avant de s'exécuter. Tandis que la flamme s'allumait vivement, une senteur familière emplit la pièce.
« De la fumée de bois » dit-il avec surprise.
« Ainsi vous n'empesterez pas comme une devanture de bar » lui dit-elle, en répétant ses propres mots de la précédente conversation. « Il y a quelques autres sortilèges dessus… Il n'aura pas besoin d'être rechargé et ne s'abîmera pas. Votre ancien briquet est si bosselé qu'il ressemble à une sculpture abstraite. »
Il regardait fixement le briquet comme s'il n'avait jamais rien vu de semblable avant, la petite flamme dégagée se reflétant dans ses yeux. Des voix à l'extérieur annoncèrent l'approche d'autres professeurs, et sa tête se releva violemment. Fermant brusquement le briquet et coupant la flamme, il le mit dans sa poche avec l'emballage et hésita, jetant des regards entre elle et la porte, presque furtivement. « Merci » dit-il précipitamment. « C'est… Merci. » Alors que la porte s'ouvrait, il saisit la Gazette de la veille et la déplia soudainement, se cachant efficacement derrière. Il était dommage que quelque chose d'aussi simple et innocent qu'un cadeau de Noël fusse un tel choc pour lui, mais dans l'ensemble Hermione avait l'impression que cela s'était très bien passé, au vu des circonstances –peut-être aussi bien que l'on aurait pu l'espérer.
Le reste de la matinée se déroula sur le ton de conversations joyeuses puisque les membres du corps enseignant comparaient les cadeaux, riant et se taquinant allègrement. Severus avait progressé du stade de se cacher derrière le journal à celui de le plier sur ses genoux pour faire les mots croisés –avec un stylo à bille moldu, remarqua-t-elle avec amusement. Il ignorait toujours tout le monde, mais pas aussi ostensiblement qu'à l'accoutumée, et semblait faire davantage partie de l'arrière-plan qu'en être séparé volontairement.
« De qui est-ce, Hermione ? » demanda joyeusement Minerva alors qu'Hermione arrivait au dernier paquet de sa pile.
« Je ne sais pas » répondit-elle, perplexe. « Il n'y a pas de nom. Et j'ai eu des cadeaux de la part de tous ceux dont je m'y attendais.
-Un admirateur secret, peut-être ? »
Elle grogna. « C'est hautement improbable, puisque je vis ici, à moins qu'un des élèves ne se soit épris de moi ou que Neville jette sa petite-amie pour moi.
-Ne plaisante pas là-dessus » lui dit-il. « Vous me tueriez toutes les deux.
-C'est vrai.
-Et bien, ouvrez-le. Il y a peut-être un mot à l'intérieur » suggéra la Directrice.
Les sourcils froncés, Hermione retourna la petite boîte entre ses doigts avant d'enlever le papier vert et or. Ca ressemble à un écrin à bague… Elle l'ouvrit et eut le souffle coupé par la surprise. C'était une bague, un solide anneau d'argent taillé avec l'avant-train d'une loutre d'un côté et une patte de loutre gravée de l'autre. C'était simple et bien fait, et c'était l'une des plus belles choses qu'elle ait jamais vues.
« Oh, c'est adorable » déclara Minerva, regardant par-dessus son épaule. D'autres professeurs s'y intéressèrent, et avant qu'elle ne puisse protester, la bague se passait de main en main, discutée et admirée.
« Une loutre ? C'est un choix bizarre pour une bague, non ?
-C'est ton Patronus, n'est-ce pas Mione ? » dit Neville.
« Je ne le savais pas » commenta Minerva.
« Je ne pense pas que quiconque en dehors de l'A.D le sache, en fait. Je n'ai jamais eu à utiliser de Patronus pendant la guerre » dit Hermione de façon absente alors qu'elle réclamait son cadeau et l'essayait il correspondait exactement au majeur de sa main droite.
« Il n'y a pas de mot. Est-ce vous savez de qui c'est ?
-Je… Pense que oui » répondit-elle lentement.
« Alors c'est un admirateur secret ?
-Non. C'est d'un ami » dit-elle fermement, et pendant un court instant elle laissa ses yeux dériver derrière Minerva, dans le coin où Severus était apparemment complètement absorbé dans ses mots croisés. Il ne paraissait pas avoir levé le regard de toute la conversation, mais son manque total de réaction était en soi révélateur.
« Ce doit être un bon ami pour penser à quelque chose comme ça. » Minerva cherchait définitivement à obtenir des renseignements. Elle vit le fantôme d'un sourire en coin sur le visage de Severus, trahissant le fait qu'il était bien en train d'écouter après tout.
« Je n'en suis pas sûre, mais j'aime à le penser » acquiesça Hermione, et elle eut la satisfaction de le voir faire tomber son stylo.
.
oOo
.
Il y avait un petit paquet sur son bureau quand elle arriva à ses appartements ce soir-là. Cela s'avéra être un flacon de verre rempli d'un tourbillon argenté familier, accompagné d'un mot.
Joyeux Noël, Hermione. Je ne voulais pas que celui-ci arrive avec tous les autres c'est mieux que tu le regardes en privé. Je suppose que ce cadeau explique pourquoi je suis heureuse de t'aider à… Apprivoiser le cheval sauvage, on va dire. Je pense que tu devrais trouver ça intéressant, et avec un peu de chance, utile.
Luna.
Fronçant les sourcils, Hermione étudia la petite fiole de souvenirs, avant d'être interrompue par un miaulement. Elle baissa le regard vers Pattenrond et sourit, retirant le petit sachet d'herbe-à-chat de sa poche. « Voilà, Patou. Severus te dit Joyeux Noël. Je vais être occupée pendant un moment, alors amuse-toi » lui dit-elle, en lui lançant le jouet. Il se rua dessus, le coinçant avec ses pattes et y frotta sa tête avec extase. « N'en abuse pas » lui dit-elle sèchement, en se dirigeant vers son salon et sa propre petite Pensine.
.
oOo
.
Dès qu'Hermione vit le premier souvenir, elle comprit le sens du cadeau. Elle se retrouva dans le cadre familier de la classe de Potions, debout derrière une Luna de onze ans, à regarder un Severus Snape plus jeune et moins terrifiant qui faisait une entrée fracassante, tout aussi imposant que dans ses souvenirs à elle malgré son apparence peu attirante. « Vous êtes ici pour apprendre la science subtile et l'art rigoureux de la préparation des potions… » Hermione mordit sa lèvre en souriant. Apparemment, il utilisait ce discours pour tous les nouveaux élèves. D'un côté, elle devait admettre que c'était mémorable, car même maintenant elle se rappelait de chaque mot, et elle se mit à articuler silencieusement et simultanément avec lui ses paroles qui évidemment impressionnaient et intimidaient les élèves.
Une multitude d'autres souvenirs de cours de Potions suivit. Les leçons des Serdaigles et des Poufsouffles semblaient avoir été beaucoup moins tendues et hostiles que celles des Gryffondors et Serpentards : il n'y avait pas de fauteurs de troubles, ni de querelles. En l'absence de ses Maisons favorites et détestées, Snape paraissait bien plus neutre et plus flexible dans son approche de ce que pouvait voir Hermione, il insultait à peine les élèves, et il se mit en colère seulement une fois, lors de ce qui paraissait être la troisième année de Luna, quand un garçon de Poufsouffle était passé périlleusement proche de causer un accident qui les aurait probablement tués, lui et la plupart de ses camarades.
Alors que les cours se succédaient, son comportement changeait. Vers la fin de la deuxième année de Luna, il était remarquablement plus coléreux et moins indulgent, sans doute à cause de tous les problèmes qui se déroulaient à cette époque avec Remus et Sirius, bien que Luna n'ait naturellement rien su de cela. Au début de sa troisième année il sembla être revenu à la normale –une attitude qui était toujours très éloignée de celle habituelle qu'il avait eue dans les cours d'Hermione, qui pouvait difficilement croire à ce qu'elle voyait– mais à peu près à la moitié du premier trimestre, il y eu un cours qui ressemblait bien davantage à ce à quoi elle s'attendait de sa part. Il arriva avec fracas et en retard, dans une fureur imposante, ayant l'apparence de quelqu'un qui n'avait pas dormi pendant une semaine, s'adressant hargneusement à tout le monde, enlevant des points pour la plus infime des raisons et agissant en général comme s'il faisait face à une classe entière de doubles d'Harry Potter. La Luna de troisième année n'avait clairement aucune idée de la raison expliquant sa façon d'agir, mais l'Hermione adulte qui regardait le souvenir pouvait voir l'agitation visible de Snape alors qu'il effectuait des aller-retour dans la classe, en frottant son bras gauche presque constamment et en regardant nerveusement de tous les côtés. C'était apparemment au moment où la Marque commençait à s'assombrir sur son bras.
Les cours de cette année, pour les Serdaigles, se passèrent un peu mieux après cette éruption initiale mais commencèrent progressivement à décliner peu de temps avant Pâques –probablement en en même temps que la Marque devenait de plus en plus nette et que le danger du retour de Voldemort approchait inexorablement. A chaque cours, Hermione pouvait voir clairement que Snape paraissait être de plus en plus fatigué et stressé, et elle se promit de réexaminer ses propres souvenirs de quatrième année pour rechercher des signes similaires.
Elle s'attendait à quelque chose du même acabit dans la quatrième –et donc sa propre cinquième– année de Luna, mais elle avait tort. Snape usait apparemment de toute son énergie pour maintenir son attitude habituelle lorsqu'il surveillait les cours des Serpentards-Gryffondors, et ne semblait plus en avoir aucune pour les cours des Serdaigles-Poufsouffles. Son attitude était presque apathique : il laissait en grande partie les élèves tranquillement à leurs chaudrons, du moment qu'ils travaillaient dans le silence et ne détruisaient rien. Les élèves du cours de Luna semblaient se comporter beaucoup mieux en comparaison des camarades qu'avait eu Hermione, et il n'y en avait que très peu qui s'attiraient son courroux, d'autant plus qu'il était devenu excessivement dur dans ses punitions, même pour les petites transgressions. Il semblait d'ailleurs à Hermione qu'il les punissait davantage pour l'avoir troublé durant ses instants de paix intérieure que pour tous les délits qu'ils commettaient réellement.
Le souvenir suivant était celui d'une retenue tardive qu'effectuait Luna avec Snape pour avoir accidentellement renversé sa potion alors qu'il était de mauvaise humeur. Luna récurait de façon incohérente des chaudrons, son visage trahissant le fait qu'elle rêvassait à propos de quelque chose qui n'avait aucun rapport –probablement de Ronflaks Cornus, se dit Hermione en souriant – quand soudain Hermione et Luna sursautèrent au son que fit Snape en laissant tomber sa plume, sifflant. Hermione regarda avec fascination et horreur le Maître des Potions serrer son bras par réflexe. Il était apparemment convoqué, chose qu'elle n'avait jamais vue en personne. « Miss Lovegood » grinça-t-il. Luna semblait n'avoir rien remarqué, mais Hermione pouvait voir et entendre à quel point il luttait pour se contrôler. « Ce sera assez pour ce soir. J'ai une obligation prioritaire à remplir que j'avais complètement oubliée. Prenez ce message et amenez-le au bureau du Directeur, lui informant que je serai absent ce soir, et vous pourrez ensuite partir. » Tandis qu'une Luna confuse mais conciliante quittait la pièce, Hermione l'entendit se murmurer : « Je me demande quel sera le prix à payer, ce soir. »
Les souvenirs suivants montraient des cours de Défense. Le contenu était ici un peu différent, puisque Luna avait une année de moins qu'Hermione et qu'elle avait étudié le programme pour les B.U.S.E. que les Gryffondors auraient dû apprendre avec Ombrage. Toutefois, tout comme pour les cours précédents de Potions, l'atmosphère était bien moins hostile et la plupart du temps et les cours se passaient mieux. Snape paraissait plus vieux et fatigué que jamais, nettement plus maigre qu'il ne l'était lors des premiers cours de Potions, et les ombres sous ses yeux s'assombrissaient à chaque fois qu'elle changeait de souvenir. Son humeur semblait plus changeante : durant un cours, il pouvait être simplement avachi sur sa chaise, assignant à la classe un chapitre du livre à lire en silence sans avoir l'énergie de faire autre chose, et lors du cours suivant, arpenter nerveusement la classe en faisant des va-et-vient, et aboyant des questions aux élèves pour ensuite les tourner en ridicule. Hermione vit que parfois il boitait et était clairement blessé, et qu'à d'autres moments ses yeux semblaient hantés. Elle pensa même une fois qu'il avait une légère gueule de bois.
Finalement, elle passa à la sixième année de Luna. Hermione observa avidement, car elle ne connaissait que de petits détails de ce qui s'était passé à Poudlard alors qu'elle chassait les Horcruxes. Le premier souvenir était celui du festin de début de premier trimestre. Le regard amorphe et sans vie de Snape était plus prononcé que jamais, alors qu'il s'adressait à l'école en tant que Directeur, et sa voix sembla toute aussi morte quand il annonça les changements dans le corps enseignant et dans le programme pour la prochaine année. Il paraissait encore plus âgé, il était effarant de savoir qu'il avait seulement trente-sept ans à cette époque. Il semblait ignorer la haine présente sur pratiquement tous les visages, alors que les élèves lui lançaient silencieusement des regards furieux, mais Hermione pouvait voir l'amertume dans ses yeux noirs et fatigués quand il parlait. Elle ne pouvait même pas imaginer ce à quoi il avait dû faire face. Il avait agi exactement comme le lui avait indiqué Dumbledore, et sa récompense avait été d'être universellement méprisé et abandonné à son sort.
Le souvenir suivant mettait en scène une Luna adulte, s'adressant à une pièce vide. « Les prochains souvenirs sont très sombres, Hermione. Il ne s'agit pas de moments agréables. Mais tu dois les voir pour avoir un tableau complet. »
Hermione comprit ce que son amie voulait dire en voyant les premières scènes se dérouler. Luna avait travaillé en étroite collaboration avec Ginny et Neville et ces trois-là étaient fréquemment et sévèrement punis. De nombreux souvenirs quasi identiques se succédèrent inlassablement, rendant Hermione malade, mais après un moment, elle remarqua qu'ils dessinaient une tendance. Quand les Carrows infligeaient une punition, Snape était toujours présent et les relevait après une courte période. Lorsque le Directeur leur lançait les sortilèges, il n'y avait personne d'autre dans la pièce. Il était difficile de juger d'un point de vue extérieur, mais les cris et les convulsions de ses amis n'avaient pas l'air aussi intense dans ces cas-là. Quelques souvenirs étaient également flous, témoignant d'une falsification.
Finalement, les souvenirs se transformèrent, s'éloignant des scènes de torture et d'horreur pour revenir vers les images du quotidien. Snape était présent aux repas de façon irrégulière, sa santé semblant se dégrader à chaque fois qu'il apparaissait. Le bureau du Directeur était interdit d'accès à tout le monde, sans exception pour les membres du corps enseignant, sans rendez-vous. Il y avait des rumeurs de la part des élèves les plus audacieux qui, parfois, s'hasardant à passer devant la gargouille gardant la porte, entendaient des voix s'élever de l'intérieur. La situation elle-même commençait à fatiguer physiquement Luna. Hermione assista à une ou deux nuits blanches, ce qui impliquait qu'elles étaient régulières, avant de voir Luna, une nuit, lovée contre un rebord de fenêtre dans la salle commune des Serdaigles, regardant par la fenêtre avec une expression perplexe. Hermione la rejoignit et observa la silhouette sombre de Severus Snape marcher en bas de la tour. Cela devint un thème récurrent dans les souvenirs qui suivirent. Luna le voyait marcher la nuit, encore et encore.
Une fois, Luna avait été témoin du Directeur remontant l'allée vers la porte d'entrée du château. Il boitait méchamment et menaçait presque de tomber, vacillant un peu, alors qu'il cheminait vers le château de Poudlard, tenant son bras gauche contre son torse.
Ce qui semblait être un mauvais rêve fit sortir la jeune Luna hors de son dortoir une nuit, pour se faufiler discrètement jusqu'aux cuisines, afin de se préparer ce qui paraissait être un bol de lait chaud. Elle fut assez malchanceuse pour croiser Snape lors du retour, et elle trembla un peu face à lui. Hermione ne se sentit pas bien en voyant la réaction de son amie, et en voyant le visage de Snape, elle se dit qu'il ressentait la même chose, de part le fait qu'il ne montrait aucune expression en dehors d'un air renfrogné.
« Hors du lit après le couvre-feu, Miss Lovegood ? » demanda-t-il soyeusement de sa voix la plus dangereuse.
« Ou-Oui, monsieur. Je… Je n'arrivais pas à dormir et j'ai pensé qu'une boisson chaude pourrait m'aider… Je suis désolée, monsieur… »
Il la regarda de ses yeux scintillants malicieusement, souriant avec mépris, ayant tout à fait l'air d'un méchant. Puis, il sembla se vider de ses forces et ses épaules s'affaissèrent alors qu'il voyait la jeune fille lui adresser des regards abjects de souffrance et de terreur.
« A l'avenir, quand vous ne pourrez pas dormir, restez dans votre dortoir ou votre salle commune » dit-il avec lassitude. « C'est plus sûr. Retournez au lit. » Luna le fixa, les yeux écarquillés. « Hors de ma vue avant que je ne change d'avis » dit-il hargneusement, la faisant s'éloigner en courant. Avant que le souvenir ne s'efface, Hermione l'entendit marmonner dans sa barbe : « Est-ce que tout ça finira un jour ? »
Les souvenirs s'estompèrent, et Hermione se trouva de nouveau face à Luna, maintenant adulte, qui parlait à la pièce vide. « Bien, nous y voilà. J'espère que ça t'aidera. J'ai oublié beaucoup de choses, je pense. Mais en y regardant de plus près, j'ai toujours senti que quelque chose clochait, que les choses n'étaient pas vraiment ce qu'elles paraissaient être. J'ai bien remarqué qu'il y avait des fois où il semblait aller mal : après le Ministère, quand tu m'as parlé de l'Ordre, j'ai su pourquoi. Lors de cette dernière année, cependant, après que Dumbledore ne meure… Je n'avais aucune idée de la réalité à cette époque, bien sûr. Je le haïssais autant que chacun d'entre nous. Mais quand il nous lançait des sorts, ça ne faisait pas aussi mal que lorsque les Carrows le faisaient. Et mes souvenirs de ces temps-là ne correspondaient pas toujours à ceux de Neville ou de Ginny –je pense que certains d'entre eux étaient falsifiés, ainsi tout le monde pensait que nous avions été torturés mais en réalité nous ne souffrions pas de blessures. Et de temps en temps, il ne nous lançait aucun sortilège, il nous donnait juste une retenue avec quelqu'un comme Hagrid. Ce jour-là, je l'ai vu pour la première fois marchant dans la nuit un très long moment, et j'ai réalisé qu'il ne dormait pas mieux que moi.
« Et tu as vu la fois où je l'ai surpris tandis qu'il revenait de ce qui devait être une réunion de Mangemorts. Le matin suivant j'ai trouvé du sang devant les portes. C'est à ce moment-là que j'ai réellement commencé à me demander ce qu'il se passait, parce que si Snape était vraiment le méchant qui travaillait pour Voldemort, pourquoi aurait-il été puni si sévèrement ? Pourquoi ne semblait-il jamais apprécier ce qu'il faisait ? Et pourquoi semblait-il souffrir d'insomnies, son apparence montrant généralement qu'il n'allait pas bien ? Cette fois-là, quand je l'ai vu devant les cuisines, ce n'était pas la seule fois où je l'ai rencontré accidentellement après le couvre-feu. J'aime aussi me balader quand je ne peux pas dormir. Je pense qu'il s'est rendu compte que c'était pour cela que je le faisais. Il ne m'a jamais punie pour avoir dépassé le couvre-feu. Une fois, les Carrows étaient avec lui, et il les a empêchés de me jeter un sort.
« Mais ne t'y trompes pas, Hermione. La plupart de ces souvenirs de tortures étaient très réels. Si ses sortilèges ne blessaient pas autant que ceux infligés par les Carrows, ils faisaient en réalité toujours très mal. Il nous envoya tous sans exception à l'infirmerie à un moment ou à un autre. Quelques soient ses motifs, qu'importe ce qu'il traversait et qui il servait, il restait un Mangemort. Ce qu'il nous faisait était aussi réel que l'était sa trahison envers Voldemort. C'était nécessaire, et il ne prenait clairement aucun plaisir à le faire, mais il le faisait. Nous ne souffrions pas moins juste parce qu'il en souffrait lui aussi. Je suis sûre qu'il te dira la même chose si tu réussis encore à obtenir de lui qu'il en parle. Il est question des ténèbres autant que de la lumière dans ces faits, tu dois considérer l'ensemble.
« J'espère quand même que tout ça t'a aidé à le voir d'une perspective différente. C'est une part de lui que tu n'avais pas pu voir. Tes cours avaient l'air très différents des nôtres, et tu n'étais pas là pour cette dernière année. Tu voulais un point de vue différent, c'est pour cela que tu es venue me voir, alors j'espère que ça t'a aidé. Ce n'est pas un cadeau de Noël très réjouissant, n'est-ce pas ? Dis-moi ce que tu en penses. »
.
oOo
.
Chère Luna
Merci beaucoup pour les souvenirs. Ils ont été très utiles. J'ai décidé de faire un saut en arrière et de regarder mes propres souvenirs objectivement cette fois-ci, pour voir ce que je pouvais découvrir d'autre avec le recul. Tu as raison, ils ne sont pas très joyeux, mais je ne m'attendais pas à ce qu'ils le soient, et tu as raison, j'avais vraiment besoin de considérer tous les points de vue.
Je veux m'excuser de t'avoir fait revivre cela, mais j'essaye de m'extraire de l'habitude Gryffondorienne qui me pousse à m'excuser pour des choses qui ne sont pas de mon fait –un certain Serpentard ne cesse de me gronder pour ça. Tu sais que tu as quand même ma compassion, pour ce que ça vaut.
Je doute de jamais réussir à lui en parler, cependant. Je ne peux pas l'imaginer faire assez confiance à quelqu'un pour s'ouvrir autant, et pour être honnête je ne sais pas si je veux en entendre parler. Savoir ce qu'il a fait n'est pas la même chose que de devoir y être confrontée –oui, je sais, je suis dans le déni. J'essaye de ne pas l'être. Si jamais je deviens amie avec lui, il faut que j'accepte aussi bien l'obscurité que la lumière… J'y travaille.
Je pense pourtant qu'il y a une chance que l'on soit amis. Il m'a offert un cadeau de Noël ! Il ne l'a pas admis, bien sûr. Il n'y avait pas d'étiquette, ni de mot, mais ce devait être de lui. C'est une bague en argent avec une loutre dessus –je te la montrerai la prochaine fois que je te verrai. Il se peut que je ne la retire jamais : elle est absolument magnifique. Je sais qu'elle aurait pu être de quelqu'un d'autre, mais peu de gens connaissent mon Patronus et je t'ai parlé de la conversation que nous avons eue à propos des totems. De plus, il regardait quand je l'ai ouvert, même s'il prétendait le contraire.
Il est difficile de communiquer avec lui. Je ne peux pas le remercier pour le cadeau –il a vraiment un problème avec le fait d'être remercié, même pour quelque chose d'aussi simple que de passer un stylo, quelque en soit la raison. Ca le rend vraiment mal à l'aise. Je ne sais pas ce qu'il pense du cadeau que je lui ai offert –je me suis lancée pour le briquet finalement. Je sais qu'il l'a apprécié, mais il ne paraissait pas savoir comment réagir. J'espère que je ne l'ai pas rendu paranoïaque : je ne pense pas qu'il va croire que c'était un geste innocent. Le tout est de trouver un juste équilibre avec lui, de ne pas aller trop loin.
Je sais que j'aime les défis, mais celui-là pourrait me dépasser !
Merci encore pour le cadeau, et Joyeux Noël.
Hermione.
.
oOo
.
Chère Hermione
De rien. Je suis intriguée par la bague –je ne me le représentais pas comme étant un homme à bijoux. C'est une cassure dans son comportement, j'y réfléchirai. Oui, tu m'as embarquée dans le Projet du Cheval Sauvage maintenant (et oui, je vais continuer à le nommer comme ça. Ne serait-ce qu'afin de pouvoir en parler devant d'autres personnes –c'est très sournois !) et je vais analyser tous les détails que tu m'as donné, alors tiens-moi au courant.
Ce que tu as dit à propos du fait qu'il n'aime pas être remercié est intéressant. Il y a plusieurs raisons possibles. L'une d'elles est qu'il n'y est simplement pas habitué –en réalité personne n'a jamais dit : « Au fait, merci de vous être occupé du psychopathe mégalomaniaque et d'avoir enduré d'interminables supplices pour nous, nous n'aurions pas pu y arriver sans vous », n'est-ce pas ? Et en parlant de ça, je ne crois pas non plus que beaucoup de gens lui ont dit : « Merci pour m'avoir passé ce stylo ». Ou bien il pourrait être mal à l'aise avec le concept entier de dette et d'obligation –c'est ce qu'il y a derrière l'acte de remercier quelqu'un, après tout. Ou peut-être qu'il n'apprécie tout simplement pas que l'on attire l'attention sur le fait qu'il a fait quelque chose de gentil !
Une image m'est venue quand j'ai lu ce que tu as dit par rapport à « trouver l'équilibre ». Je me suis mise à penser à un forgeron travaillant l'acier. C'est friable, ça se tordra et ça peut être mis en forme, mais seulement si tu es très prudente. Une infime part de pression en trop et ça se brisera. Peut-être qu'il a déjà atteint ce point, mais je ne pense pas, pas tout à fait. Peut-être que tu peux le sauver de ça, en assouplissant un peu le fer afin de pouvoir travailler avec sans encombre. Suis-je sur la bonne voie ?
Luna.
.
oOo
.
Chère Luna
C'est une très belle métaphore, en vérité. Je vais garder cette image en tête quand j'interagis avec lui. Je ne suis pas sûre de savoir dans quelle mesure l'épisode de la Tour d'Astronomie cadrait avec ça. Cependant, je suis pratiquement sûre que même dans le monde magique l'acier ne te serre pas dans ses bras et ne te laisse pas pleurer sur lui !
Quoi qu'il en soit, je veux te raconter ce qu'il s'est passé à la veille du Nouvel An…
Hermione était restée avec ses collègues enseignants jusqu'à minuit, exception faite de Severus qui n'était nulle part en vue. Après leur avoir souhaité une Bonne Année, elle était partie au lit, pour être réveillée seulement une heure plus tard par un Pattenrond perturbé qui lui donnait des coups de patte en miaulant bruyamment.
« Quoi ? » marmonna-t-elle d'un ton ensommeillé, ouvrant un œil. « Tu as encore réussi à mettre ton jouet derrière le lit? Ca peut attendre le matin. »
Pattenrond miaula avec plus d'insistance, en lui donnant des coups de tête. Hermione s'assit, fronçant les sourcils et le regarda. Il sauta sur le sol et avança à pas feutrés vers la porte, se retourna pour l'observer et miaula une fois de plus.
« Tu veux que je te suive » soupira-t-elle en balançant ses jambes hors du lit, pour attraper sa robe. « Très bien, c'est bon, mais si Timmy est coincé au fond d'un recoin, je retourne au lit. » Il faisait un froid glacial dans le château. Elle mit quelques minutes à s'habiller, ignorant les demandes de plus en plus fortes du chat. Elle fixa ses cheveux pour qu'ils ne soient pas devant son visage, et adressa un regard exaspéré au chat. « Pour l'amour de Merlin, Pattenrond, qu'y a-t-il ? Un des élèves est en danger ? »
Son animal de compagnie émit un son ennuyé qui était vraisemblablement un « non » et donna un coup de patte sur le côté de la porte à demi ouverte. Enfilant ses chaussures, elle soupira et le suivit dehors dans le couloir. « Quelqu'un d'autre, alors ? » Il miaula en réponse et fila comme une flèche, stoppa à un virage sur le chemin et attendit qu'elle le rattrape alors que sa queue s'agitait impatiemment. En étouffant un bâillement, Hermione frissonna tandis qu'une idée lui venait à l'esprit. « C'est Severus ? » Un autre miaulement.
S'enveloppant plus fermement dans sa robe, elle suivit le chat, marchant plus vite et prenant de petits raccourcis à travers quelques passages cachés alors qu'ils descendaient jusqu'aux donjons. « Est-il blessé ? » Pattenrond souffla entre ses moustaches en grondant. « Il n'est pas blessé. Bon, c'est déjà ça. Mais tu crois que je dois aller le voir ? » Il miaula. « Tu sais, Pattenrond, ma vie serait plus simple si tu arrêtais tout simplement ce cinéma et que tu parlais. »
Elle n'était pas sûre de ce à quoi s'attendre quand elle émit précautionneusement le mot de passe et entra dans ses appartements. Ils étaient dans la pénombre, et elle se tint à la porte pour laisser ses yeux s'adapter. Elle écouta la faible musique et reconnu Leonard Cohen. La musique dépressive était un mauvais signe, tout comme le fait qu'elle pouvait sentir du whisky –une grande quantité de whisky. « Severus ? » expira-t-elle plus ou moins, hésitante.
« Que faites-vous ici si tard, Professeur Granger ? » Sa voix s'échappait des ombres. « Les donjons ne sont guère un endroit pour une promenade nocturne.
-Eh bien, il neige dehors, alors j'ai décidé de rester à l'intérieur » répondit-elle sarcastiquement, scrutant la pénombre avant d'abandonner et de tirer sa baguette. « Lumos. » Il était étalé sur un fauteuil dans un coin au fond de la pièce, une main levée pour protéger ses yeux de la lumière émise par sa baguette. La bouteille sur la table, près de son coude, était presque vide. La voix de Leonard Cohen s'éteignit et fut remplacée par une voix tout aussi réjouissante qui ressemblait à celle de Nick Cave. « C'est une façon peu conventionnelle de célébrer la Nouvelle Année. La plupart des gens essayent quelque chose d'un peu plus positif.
-Je n'ai jamais tellement suivi la foule. Qu'est-ce que vous faites ici ?
-Pattenrond a fait son imitation de Lassie.
-Maudit chat, aussi dérangeant que sa maîtresse » grommela-t-il. « A griffer ma main pour essayer de m'empêcher de me servir un verre.
-Peut-être pensait-il que vous en aviez assez bu » répondit-elle aigrement, s'avançant pour s'assoir sur la chaise en face de lui. « Pourquoi faites-vous cela ?
-Je n'ai jamais vraiment besoin d'une raison.
-Ca suffit, Severus. Vous n'êtes pas aussi ivre que vous prétendez l'être. Si vous aviez réellement bu autant que ce qu'il semble manquer dans cette bouteille, vous seriez inconscient. Qu'est-ce qui ne va pas ? N'aimez-vous pas la Nouvelle Année ?
-Difficile à dire, puisqu'elle n'a qu'une heure, mais jusqu'à présent, non, pas vraiment.
-Vous savez que ce n'est pas ce que je vous demandais, alors cessez d'être facétieux. Qu'est-ce qui ne va pas ?
-Qu'est-ce qui va bien ? » riposta-t-il. « Cette année ne vas pas être différente de la dernière. Les mêmes erreurs, la même stupidité, se répétant encore et encore comme un disque rayé. Je n'en ai rien à foutre de tout ça. »
Elle ne l'avait jamais entendu jurer avant. D'un autre côté, elle n'avait jamais vraiment entendu le moindre sorcier jurer avant –exception faite de jurons créatifs à propos de Merlin. Mais une telle chose, venant d'un homme comme Severus, faisait que le langage grossier était encore plus choquant. « Et bien, c'est une attitude enjouée, même pour vous.
-Ca l'est » insista-t-il. « Tout le monde pense à la nouvelle année comme étant une période d'espoir, qui fait prendre des résolutions, qui réjouit. Personne ne s'arrête pour réaliser que les résolutions sont toutes brisées en février et qu'il n'y a pas de quoi se réjouir. Comment avez-vous célébré le millénaire ?
-Comment ? Oh… J'étais à Square Grimmaurd. Les survivants de l'Ordre se sont réunis pour le fêter ensemble.
-Comme c'est charmant » railla-t-il. « J'étais à New York, à Time Square. Il devait y avoir des centaines de personnes là-bas. Tout le monde se joignit pour dire le compte à rebours, et à minuit ils poussèrent tous des exclamations avant de commencer à chanter ce maudit Ce n'est qu'un au revoir, et pendant un court instant j'ai pu le ressentir –tout le monde pensait exactement à la même chose, unis, et il y avait un réel sentiment d'espoir. Juste pendant un instant. Puis une bagarre y mit fin, et la brigade anti-émeute dut venir et séparer la foule, et les choses revinrent à la normale une minute après minuit. J'ai réalisé que tout était faux. Il n'y a pas d'espoir pour l'humanité. Nous sommes notre propre pire ennemi.
-Oui, mais si c'est réellement vrai, Severus, à quoi ça sert de se lever le matin ? » le provoqua-t-elle. « Qu'est-ce que vous faites ici ? Si tout est si inutile, il aurait été plus sensé de vous suicider il y a des années. » C'était une dure et terrible chose à dire, mais le ton creux dans sa voix l'avait bouleversée et elle était désespérée d'obtenir une réaction de sa part, peu importait laquelle. « Pourquoi avez-vous traversé tout ça ?
-Si seulement je le savais » répondit-il catégoriquement. « Ca ne m'a rien donné de bien, non ? Et je n'ai pas vraiment accompli beaucoup plus. Il n'était pas le premier Mage Noir que le monde sorcier ait vu, ni le dernier. Tôt ou tard l'un d'eux gagnera. Ca aurait pu être lui. Ca n'aurait pas changé grand-chose, n'est-ce pas ? Les gens commettent toujours des crimes atroces, les gens se cramponnent toujours à leurs préjugés comme des enfants le font à leurs ours en peluche, les gens ont toujours peur du noir. Il y a toujours le mal, la noirceur et la haine. Et dans quelques années, il y aura un autre Celui-Qui-Etait-Un-Anagramme, tout recommencera et se déroulera exactement de la même façon, sauf que cette fois-ci peut-être que nous perdrons. C'est comme une révolution. Savez-vous pourquoi on nomme ce phénomène 'révolution' ? Parce que ça se répète inlassablement. Des gens meurent, et rien ne change. »
Hermione resta silencieuse un moment, incapable de parler alors qu'elle essayait de s'imaginer ressentir les mêmes choses. Est-ce qu'il croyait vraiment ce qu'il disait ? Elle espérait désespérément que c'était juste l'alcool et son humeur, parce que s'il voyait réellement le monde ainsi, alors il était complètement détruit. Beaucoup de choses dépendaient potentiellement de sa réponse, et elle y réfléchit un moment avant de parler.
« C'est tout le problème, Severus. Les gens sont toujours capables de choisir d'être cruels, bourrés de préjugés et effrayés les gens ne peuvent être que ce qu'ils sont. Bons et mauvais. Si le Seigneur des Ténèbres avait gagné, il n'y aurait pas eu de choix. Nous aurions été ses esclaves, ses jouets, ou nous serions morts. Nous avons peur du noir parce que nous connaissons la différence entre la lumière et l'obscurité, et nous choisissons d'essayer de rester dans la lumière. Peut-être qu'un jour ça changera, peut-être que nous perdrons. Peut-être pas. Mais ici et maintenant, nous avons gagné, et le monde peut rester comme il a toujours été plutôt que de se transformer en une nuit vide. Tout n'est pas que ténèbres.
-Cette partie-là l'est » répondit-il après un moment, et elle sentit qu'ils se dirigeaient vers ce qui le dérangeait vraiment.
« Personne n'est irrécupérable, Severus, pas même vous.
-Facile à dire pour vous. Avez-vous déjà tué quelqu'un ?
-Je ne sais pas » répondit-elle honnêtement. « Les batailles étaient confuses. Je n'ai pas la moindre idée si l'un des sortilèges que j'ai utilisés a atteint sa cible ou pas, et je ne sais pas plus s'ils ont été fatal ou pas. Mais j'ai lancé des sortilèges avec l'intention de tuer, oui.
-Dans la bataille, en légitime défense, pour défendre les être qui vous sont chers. Il n'y a pas d'honneur à retirer de cet acte, et certainement aucune gloire, mais c'est décent, d'un certain côté. Imaginez un scénario différent. Imaginez-vous faire face à des captifs impuissants et désarmés, et les tuer –souvent lentement et brutalement, ce qui est inutile– uniquement parce que quelqu'un vous a dit de le faire. Imaginez que c'était quelqu'un que vous connaissiez. Ou que c'était un enfant. Ou n'importe qui, en réalité, car peu importe ce qu'ils étaient une fois que vous les avez réduit à un morceau de viande. Imaginez-vous faire d'indescriptibles choses à des victimes sans défense, encore et encore, regarder les pires choses se passer, et ne rien faire pour les éviter. Juste rester planté là et regarder. Tout ça parce qu'un salaud de moralisateur suffisant affirme que c'est pour le bien commun, que ne rien faire est d'une certaine manière important, que c'est nécessaire pour vous de vous faire submerger de sang et de déchiqueter votre âme, et parce que qu'importe le moment où vous fermez les yeux vous pouvez voir les morts envers qui vous avez une dette que vous ne pourrez jamais payer. »
Les mots se déversaient de lui en un torrent, il parlait si vite qu'il butait sur les mots.
« Et quand vous essayez d'avoir une maîtrise des sentiments que cela fait naître en vous, ce n'est que pour rajouter de nouvelles souffrances. Imaginez-vous être torturé encore et encore, souvent sans raison si ce n'est parce que votre maître s'ennuie ou est irrité. Imaginez d'autres formes de torture, imaginez être utilisé pour divertir. Imaginez-vous ressentir le fait que quoi qu'il vous arrive, c'est de toute façon préférable à que ce que vous êtes forcé de faire à d'autres, vous essayez de vous dire ça, pour rendre ça noble quand en réalité… En réalité ça ne l'est pas. Imaginez-vous essayer d'être fier de votre force, essayer de trouver quelque chose de bien dans le putain de vide de votre vie, essayer de trouver quelque chose qui ne soit pas encore complètement pourri. Et avoir finalement la possibilité de quitter ça, ensanglanté et déchiré, pour se diriger vers un maître différent et communiquer encore un autre échec dans une autre pièce indistincte remplie de monde qui vous méprise aveuglément pour ce que vous leur avez fait et qui ne savent pas que vous allez mal mais qui n'en auraient rien à faire s'ils le savaient, qui seraient satisfaits que vous soyez blessé parce qu'ils penseraient que vous n'avez que ce que vous méritez et vous savez que c'est vrai. »
Il tremblait violemment, et si ça avait été quelqu'un d'autre, il aurait pleuré. Hermione aurait préféré qu'il le fasse. Tout aurait été mieux que la désolation qu'elle voyait dans ses yeux. Il était dans son enfer.
« Et imaginez que cela dure des années, presque chaque jour, jusqu'à ce tout commence à se brouiller et que vous ne puissiez à peine dire quand vous avez été encore plus meurtri parce que vous ne pouvez pas vous rappeler d'un temps où vous ne souffriez pas d'une manière ou d'une autre. Vous ne pouvez pas vous rappeler des visages des gens que vous avez tués et torturés parce qu'il y en a eu trop. Vous avez plus de cicatrices que toute peau normale et vous ne pouvez plus vous rappeler comment vous les avez eues, pour la plupart. Le monde s'assombrit tous les jours et vous savez que vous êtes une part de cette obscurité, que vous rendez cela pire dans l'espoir qu'en le faisant quelqu'un d'autre arrête ça. Et il n'y a alors plus personne de votre côté, parce que vous vous êtes tourné vers vous-même et que vous avez mordu la main qui vous nourrissait, mordu jusqu'à l'effacer, et il n'y a pas une seule personne vivante qui ne vous haït pas et pourtant peu importe à quel point ils vous détestent car ils ne vous détesteront jamais, jamais autant que vous ne vous détestez vous-même, et putain, vous ne pouvez pas interrompre tout ça. Il n'y a pas de porte de sortie, tout ce que vous pouvez faire c'est d'espérer encore plus fort que ça finira bientôt, bien qu'il n'y ait plus aucun espoir en vous. »
Hermione essayait de ne pas être malade, incapable d'arrêter les larmes qui ruisselaient sur ses joues. Personne ne pouvait imaginer ce qu'il décrivait, mais elle s'en approchait assez dans sa tête pour être secouée de tremblements en n'essayant de ne faire face qu'à la description. La réalité l'aurait détruite en quelques jours à peine. Comment avait-il pu être assez fort pour survivre ?
« Puis, juste quand vous voulez tout faire sauf abandonner, le dernier vestige de vie en vous se désagrège. La seule personne qui vous avait trouvé la moindre utilité décide que vous n'êtes plus utile et s'en prend à vous. Pas parce qu'il a appris ce que vous essayiez de faire, pas parce que vous avez été finalement capable de lui dire quel salaud et quel malade il est, mais juste parce qu'il n'a plus besoin de vous. Plus personne n'a besoin de vous, vous n'avez rien à offrir à personne, et tout ce que vous pouvez faire est d'essayer de justifier l'injustifiable et de mentir de tout votre être en priant pour que la mort ne vous soit pas refusée. Finalement, tout est fini, et vous pouvez ramper pour aller nettoyer vos blessures et pour goûter à cette amère vérité : vous n'avez aucune place dans le nouveau monde que vous avez aidé à créer parce que n'importe qui vous reconnaissant essayera de vous tuer à vue et vous le désirez. Vous souhaitez tellement mourir que vous savez que vous ne le méritez pas, que la mort est trop facile pour vous après ce que vous avez fait, alors vous vous forcez à vivre dans un monde qui ne vous veux pas et qui est trop bien pour quelqu'un comme vous. En essayant de reconstruire une sorte de vie avec ce qu'il reste de votre âme. Et vous me parlez de rédemption ? »
Il arrêta de parler, haletant, pantelant comme s'il avait couru. Se saisissant de la bouteille de whisky, il vida ce qu'il en restait en plusieurs longues gorgées, manquant de s'étouffer avec la liqueur brute avant de lancer la bouteille à travers la pièce, qui se fracassa contre le mur. L'omniprésente musique s'était arrêtée alors qu'il parlait, et maintenant le silence les comprima dans l'obscurité presque complète.
« Je ne peux pas imaginer ça » dit-elle finalement au travers de ses larmes. « Vous savez que je ne peux pas. Je ne peux même pas commencer à l'imaginer. »
Pattenrond sauta sur les genoux de Severus, émettant un long grondement de désarroi et frottant sa face contre la main du sorcier, essayant d'offrir du réconfort. Sa respiration s'apaisa lentement. Il semblait anormalement décontracté après ce soudain éclat. « Alors imaginez quelque chose d'autre » dit-il d'une voix enrouée. « Imaginez les conséquences. Imaginez-vous voir chaque jour les gens, qui n'ont aucune idée de leur chance d'être encore vivant et libre. Imaginez-vous les regarder gâcher ce cadeau par les mêmes stupides erreurs, encore et encore. Après demandez-moi pourquoi je ne pense pas que la Nouvelle Année vaille la peine d'être célébrée. »
C'était comme si tout ce qu'il avait dit précédemment concernait quelqu'un d'autre, comme s'il ne l'avait pas dit du tout. Ce n'était ni normal ni sain, mais si c'était ainsi qu'il le supportait. S'il pouvait faire face de quelque façon à tout ce qu'il lui avait dit, elle n'avait aucun droit de l'en empêcher. Hermione sécha ses larmes sur ses manches, prit une grande respiration, et essaya de penser à quelques mots incroyablement constructifs et profonds pour tenter de l'atteindre. Brusquement, une petite voix dans sa tête, ressemblant remarquablement à celle de Severus, lui dit que ce n'était pas la bonne manière de procéder, et elle changea de tactique.
« Avez-vous fini ? » demanda-t-elle aigrement.
Il cligna des yeux vers elle, perplexe, puis sembla se ressaisir. « Pour l'instant.
-Bien, parce que vous commenciez à être un peu répétitif. » Espérant que son instinct était bon, elle se calla en arrière dans son siège. « Je ne suis pas Albus Dumbledore. Je n'ai pas de magnifique discours sur l'amour et le sacrifice. Vous avez raison, les gens sont stupides, et la vie n'est pas toujours agréable, et la vôtre a été pire que celle de la majorité des gens. Mais ce n'est pas tout. C'est très Gryffondor de votre part de voir un seul pan des choses, vous savez. Il y a aussi de la lumière, ou vous n'auriez eu aucun moyen de voir l'obscurité. Il y a eu de bonnes choses même dans votre vie. Il y avait Lily, quand vous étiez jeune. Il y a eu des moments avec vos collègues, même si c'était juste une conversation à demi courtoise au petit-déjeuner, ou quand vous étiez de leur côté –contre Ombrage, par exemple : ne me dites pas que vous n'avez pas apprécié vous opposer à elle. Vos travaux en Potions –je vous ai vu en préparer, vous trouvez du bon là-dedans. De petites choses –vos livres, votre musique, vos origamis. Si tout était obscurité, vous n'auriez pas survécu, et ne me faites pas ce discours disant que la mort serait trop bien pour vous. »
Il la fixait, et pendant un moment elle fut effrayée de penser que son instinct avait été mauvais, qu'elle avait fait plus de dommages à un homme déjà endommagé bien au-delà d'une possible guérison, mais alors, il sourit doucement pour la première fois, un vrai sourire d'authentique plaisir, sans amertume ni moquerie apparente. C'était un beau sourire, même avec ses dents de travers. Elle lui sourit en retour, soulagée même si elle était confuse, car elle n'avait absolument aucune idée de pourquoi cette approche avait marché et comment elle avait su que la compassion ne l'aurait pas atteint. Son sourire s'élargit, et puis il commença à rire doucement, du rire riche, profond et rouillé qu'elle avait entendu seulement deux fois auparavant. Secouant la tête, il commença à caresser Pattenrond, qui se mit à ronronner doucement.
« Merci, Hermione » lui dit-il sincèrement. Il prit une profonde inspiration, il exhala en un long soupir, s'étirant dans son fauteuil et s'installant plus confortablement. « J'aimerais pouvoir dire que d'habitude je ne suis pas un saoulard mélancolique, mais puisque je m'enivre que lorsque je suis déprimé, ce serait inexact. Disons que normalement je ne suis pas un saoulard s'apitoyant sur son sort.
-Vous avez le droit de ressentir un peu de pitié pour vous-même » lui dit-elle. « Simplement pas autant que vous étiez en train de le faire. Tout ce que vous avez fait n'était pas inutile, vous savez. Et en parler à quelqu'un que vous avez personnellement secouru à plus d'une occasion, quelqu'un comme moi… Je suis très contente que vous m'ennuyiez avec ça. »
Il recommença à rire, et elle se joignit à lui tandis qu'il lui venait à l'esprit que tout ceci était parfaitement ridicule, parce qu'elle se rappelait de ce qu'il avait dit, et que si elle ne riait pas elle se mettrait à pleurer une fois de plus, ce qui n'aiderait personne. Leurs rires combinés se répercutèrent dans le silence des donjons, et quand il se fana finalement, il était relaxé et avait fermé les yeux, qui n'étaient plus dévastés mais calmes, et, en quelque sorte, doux.
« Retournez au lit, Hermione » lui dit-il sans ouvrir les yeux. « Et prenez votre Lassie félin avec vous. Je vais bien maintenant.
-Très bien » acquiesça-t-elle en réalisant qu'il était très tard. Elle se leva, diminuant la distance entre eux, et ramassa Pattenrond sur ses genoux avec précaution. En décalant le poids du chat sur ses bras, elle toucha doucement son épaule avant de se retourner. A la porte, elle fit une pause et le regarda. « Bonne année, Severus.
-Si vous le dites » répondit-il avec un petit sourire. « Bonne nuit. »
.
.
oOoOoOo
.
.
Note de Loten : La bague d'Hermione peut être vue en allant sur wantitall . co.za et en cherchant « silver otter ring », c'est le second résultat. (Aë : Image ici)
.
Aë : Ce n'est qu'un au revoir : 'Auld Lang Syne' en anglais, est une ancienne ballade écossaise chantée au nouvel an et très connue. Allez donc voir youtube ^^
.
.
oOoOoOo
.
.
Note de Sockscranberries : J'ai adoré ce chapitre ! Hermione a su trouver les mots pour le secouer plutôt que de le plaindre, et je trouve ça très logique !
Comme d'habitude, j'ai hâte de connaitre la suite !
.
Note de Cricri : C'est vraiment une super idée….
.
.
oOoOoOo
.
.
« Ne vous excitez pas » prévint-il sardoniquement, le timbre de sa voix redevenant l'habituel. « Ce n'est pas pour vous. » (J'suis sûre que c'est pour le chat ^^)
Perplexe, elle retourna le petit coussin entre ses doigts qui semblait être rempli de feuilles sèches. Hermione le renifla avec précaution et sentit ses lèvres s'incurver en un sourire lorsqu'elle le regarda. « De l'herbe-à-chat, Severus ? » (Ah ah !)
.
Elle lui avait acheté un nouveau briquet Zippo, son ancien était basique et semblait en même temps être passé dans un écraseur d'automobiles. Celui-ci avait ses initiales en relief d'un côté, le double S sautant aux yeux. Il le tourna très doucement entre ses doigts comme s'il n'avait aucune idée de ce que c'était. (Super idée !)
.
Il était dommage que quelque chose d'aussi simple et innocent qu'un cadeau de Noël fusse un tel choc pour lui, mais dans l'ensemble Hermione avait l'impression que cela s'était très bien passé, au vu des circonstances –peut-être aussi bien que l'on aurait pu l'espérer. (Je pense que ça l'a touché en tout cas :D)
.
« Je ne sais pas » répondit-elle, perplexe. « Il n'y a pas de nom. Et j'ai eu des cadeaux de la part de tous ceux dont je m'y attendais. (C'est de Severuuuuus !)
.
Les sourcils froncés, Hermione retourna la petite boîte entre ses doigts avant d'enlever le papier vert et or. (Vert et or ! Si c'est pas un signe ça…)
.
« Oh, c'est adorable » déclara Minerva, regardant par-dessus son épaule. D'autres professeurs s'y intéressèrent, et avant qu'elle ne puisse protester, la bague se passait de main en main, discutée et admirée. (Tsss, bande de curieux !)
.
« Il n'y a pas de mot. Est-ce vous savez de qui c'est ?
-Je… Pense que oui » répondit-elle lentement. (En même temps, c'est pas trop compliqué !)
« Alors c'est un admirateur secret ?
-Non. C'est d'un ami » dit-elle fermement, et pendant un court instant elle laissa ses yeux dériver derrière Minerva, dans le coin où Severus était apparemment complètement absorbé dans ses mots croisés. Il ne paraissait pas avoir levé le regard de toute la conversation, mais son manque total de réaction était en soi révélateur. (En effet)
« Ce doit être un bon ami pour penser à quelque chose comme ça. » (En effet :D) Minerva cherchait définitivement à obtenir des renseignements. Elle vit le fantôme d'un sourire en coin sur le visage de Severus, trahissant le fait qu'il était bien en train d'écouter après tout. (Tsss, il cache bien son jeu celui-là ^^)
« Je n'en suis pas sûre, mais j'aime à le penser » acquiesça Hermione, et elle eut la satisfaction de le voir faire tomber son stylo. (Ah ah ! Surpris pour une fois ^^)
.
Apparemment, il utilisait ce discours pour tous les nouveaux élèves. D'un côté, elle devait admettre que c'était mémorable, car même maintenant elle se rappelait de chaque mot, et elle se mit à articuler silencieusement et simultanément avec lui ses paroles qui évidemment impressionnaient et intimidaient les élèves. (En effet, ce discours est de ceux que l'on retient ^^)
.
Il avait agi exactement comme le lui avait indiqué Dumbledore, et sa récompense avait été d'être universellement méprisé et abandonné à son sort. (Quelle vie de merde)
.
Une image m'est venue quand j'ai lu ce que tu as dit par rapport à « trouver l'équilibre ». Je me suis mise à penser à un forgeron travaillant l'acier. C'est friable, ça se tordra et ça peut être mis en forme, mais seulement si tu es très prudente. Une infime part de pression en trop et ça se brisera. Peut-être qu'il a déjà atteint ce point, mais je ne pense pas, pas tout à fait. Peut-être que tu peux le sauver de ça, en assouplissant un peu le fer afin de pouvoir travailler avec sans encombre. Suis-je sur la bonne voie ?
Luna. (Luna elle a raté sa vocation de psy…)
.
Après leur avoir souhaité une Bonne Année, elle était partie au lit, pour être réveillée seulement une heure plus tard par un Pattenrond perturbé qui lui donnait des coups de patte en miaulant bruyamment. (Ah, je me sens moins seule d'un coup ^^)
.
« Est-il blessé ? » Pattenrond souffla entre ses moustaches en grondant. « Il n'est pas blessé. Bon, c'est déjà ça. Mais tu crois que je dois aller le voir ? » Il miaula. « Tu sais, Pattenrond, ma vie serait plus simple si tu arrêtais tout simplement ce cinéma et que tu parlais. » (J'avoue que ce serait plus simple, mais elle a l'air de s'en tirer plutôt bien au niveau des conversations chat-humain… ^^)(c'est exactement ce que je dis à mon chat !) Aë : mon mari arrive bien mieux que moi à se faire comprendre par Diane… 'Dehors !' 'Mraouuu'… Et elle file dehors…
.
-Maudit chat, aussi dérangeant que sa maîtresse » grommela-t-il. « A griffer ma main pour essayer de m'empêcher de me servir un verre. (Quel chat intelligent !)
