Crédits: Il s'agit de la traduction de la fic de L.S. Wasp, Hand for a Hand, PART 1. Les personnages et l'univers de la série The Walking Dead appartiennent à leurs créateurs. Les personnages originaux et l'intrigue appartiennent à L.S. Wasp.


Main pour main

Chapitre 10

Gwen attacha ses cheveux du mieux qu'elle put, puis elle ouvrit son sac-à-dos et sortit des vêtements secs du sachet poubelle à l'intérieur. Elle commença à enlever sa blouse lorsqu'elle regarda vers Merle et vit qu'il la fixait des yeux.

« Tu permets ? » lui demanda-t-elle en attendant que Merle se tourne pendant qu'elle se déshabille.

« Quoi ? J'te r'tiens pas ! J'sais déjà que la moquette n'est pas assortie aux rideaux si c'est c'qui t'tracasse ! » fit Merle en rigolant.

« C'est ça, oui… hilarant, Merle… maintenant tourne-toi que je puisse me changer… Je gèle dans ces vêtements mouillés », lui répondit Gwen.

Merle continua à rire tandis qu'il pivotait pour être dos à elle. Gwen s'interrompit pour être sûre qu'il n'allait pas faire le tour complet de lui-même comme un petit comique et, une fois qu'elle eut bien l'impression qu'il ne bougerait pas, elle commença à se changer.

Gwen s'était partiellement mise de profil, tournant quand même principalement le dos à Merle. Lentement, Merle fit tourner sa tête et l'observa du coin de l'œil pour qu'elle ne puisse pas le surprendre à épier. Même s'il n'avait pas l'intention de lui faire des avances, Merle restait ce qu'il était et ça ne faisait pas de mal de mater. Alors qu'il la regardait s'habiller, il remarqua tous les hématomes noirs et bleus sur son dos et il se dit qu'ils devaient pour la plupart provenir de leur match de catch plus tôt ce matin-là. Il pouvait aussi voir une marque rouge, qui semblait fraiche, apparaître sur sa cage thoracique. Il supposa qu'elle venait de la lutte rapprochée entre le rôdeur et Gwen dans l'épicerie. Elle était en tout cas bien amochée et bousillée. Gwen replaça ses cheveux derrière ses oreilles, dévoilant la cicatrice que Merle avait déjà aperçue sur le côté de son visage, à la naissance de ses cheveux.

« Tu t'es fait ça comment ? » demanda Merle.

Gwen lança un regard vers lui alors qu'elle enfilait son T-shirt. « J'pensais qu't'étais pas censé r'garder… » fit-elle.

« Tu m'as juste d'mandé de m'retourner… alors j'me suis retourné… » répondit Merle avec un sourire goguenard.

« T'es pas possible… » remarqua Gwen, d'un air agacé.

« Allez Gwenny… j'm'amuse juste un peu, c'est tout… tracasse pas, tes cheveux immondes, c'est un peu un tue-l'amour pour moi… et puis, tu peux égaliser les scores en m'regardant enlever mes vêtements mouillés », déclara Merle, souriant.

« Beurk ! répondit-elle. Non merci, je passe mon tour… »

Merle se démena pour ouvrir son sac-à-dos et parvint à en sortir ses propres vêtements secs. Gwen dézippa son sac de couchage et l'étendit sur le plancher de la camionnette. Elle s'assit dessus, adossée au mur, tandis qu'elle se mettait à farfouiller parmi les boites de conserve pour trouver quelque chose à manger. Elle faisait de son mieux pour ne pas rire des ronchonnements et des grognements de Merle qui se débattait pour se changer.

« Qu'est-ce qui t'fait marrer, bordel ? Tu pourrais plutôt m'aider », éructa Merle qui commençait à se sentir frustré.

« Désolée, Merle. J'pensais que t'étais un grand garçon et que tu pouvais t'habiller tout seul », déclara-t-elle sans se soucier de le regarder alors qu'elle continuait à examiner les boites de conserves.

« Nom de Dieu… c'est pas facile de se démerder pour ce truc avec juste une main », se plaignit Merle.

Gwen leva les yeux et vit Merle avec son pantalon à peine remonté aux hanches et son T-shirt presque complètement coincé autour de sa tête. Elle ne put s'empêcher d'éclater de rire face à ce spectacle.

« Arrête de t'marrer, putain, et vient m'aider ! » aboya Merle.

« Ok… ok, calme-toi », répondit Gwen entre deux rires. Elle se leva et s'approcha de Merle pour l'aider à décoincer et à enfiler son T-shirt. Elle commençait à se rassoir quand Merle la rappela.

« Et… ? » demanda Merle.

Gwen se retourna, confuse. « Et quoi ? »

Merle baissa le regard vers son pantalon puis releva les yeux vers elle.

« Oh putain, non ! » s'exclama Gwen même si, à ce moment exact, Merle avait l'air d'un pauvre petit enfant qui apprenait tout juste à s'habiller.

« Allez Gwenny… Va juste me falloir un peu d'temps pour m'habituer à tous ces trucs de manchot. Allez quoi… tu crois qu'ça m'plait de devoir demander d'l'aide comme ça ? » geignit Merle.

« Ok… mais je jure devant Dieu que si t'essaies quoi que ce soit… » Gwen s'approcha à nouveau de lui, remonta la fermeture éclair et boutonna son pantalon. Puis elle retourna vers son sac de couchage et s'assit. « Allez, viens t'asseoir et je vais refaire le bandage de ton poignet… faut pas que ça reste mouillé. »

Merle s'assit sur le sac de couchage à côté d'elle alors qu'elle prenait la trousse de premiers secours et des médicaments dans son sac-à-dos. Elle se mit à défaire le bandage soigneusement et Merle tressaillit tandis qu'elle se rapprochait de la blessure. Comme le bandage était humide, il s'enleva plus facilement. Mais Gwen n'aimait pas du tout le pus et les sécrétions qui suintaient de la plaie.

« Merde, Merle… Je sais pas trop quoi penser de ça. Je suppose que ça pourrait être pire, mais ça n'a pas l'air top non plus », fit remarquer Gwen. « Je pense qu'on devrait attendre un peu avant de recouvrir la plaie… la laisser respirer un peu. Ça devrait faire du bien, juste le temps qu'on reste posés. »

« J'ai la dalle… qu'est-ce qu'y a à becter ? » demanda Merle.

« Et bien… il y a une vaste sélection de fèves… du pâté de jambon et du saucisson viennois… mmmh miam ! » s'exclama Gwen, sarcastique. « Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour une putain de pizza, là tout de suite. »

« Moi, j'tuerais pour un énorme steak bien juteux ! » répondit Merle en s'appuyant contre l'habitacle à côté de Gwen. « Et une pomme de terre farcie au four avec ce bon beurre, tu sais, celui qui a un petit gout de miel ? »

Gwen ouvrit une boite de fèves et le pâté de jambon. Bien qu'elle déteste habituellement le pâté de jambon, elle avait l'intuition qu'elle allait l'adorer cette fois. Merle avait fauché de l'équipement de camping avec quelques assiettes, des couteaux et des fourchettes dans un sac. Gwen partagea le contenu des deux boites sur les assiettes et en donna une à Merle. Il la posa sur ses genoux et ils se mirent tous les deux à manger.

« T'as jamais répondu à ma question… » commença Merle, la bouche pleine.

« Quelle question ? » demanda Gwen.

« Au sujet de ta cicatrice, comment tu te l'es faite… » répondit Merle, les yeux rivés sur son assiette, alors qu'il continuait à pousser la nourriture dans sa bouche entre chaque mot.

« Ah… si je me souviens bien, je t'ai posé la même question à propos de ta main et tu ne m'as jamais répondu », remarqua Gwen.

Merle cessa de manger et la regarda. « Ok… tu me parles de la tienne et j'te parle de la mienne », répondit-il avec un sourire.

« T'es vraiment obligé de toujours rendre tout salace ? » rétorqua Gwen en l'observant. Merle haussa simplement les épaules et se remit à manger.

« Très bien… ça date du moment où tout a commencé à partir en sucette. J'avais rejoint un petit groupe… y avait un mec dans ce groupe. Tout le monde a été tué, sauf nous deux. Je pensais que je pouvais lui faire confiance, mais au bout du compte, la seule personne qu'il voulait protéger, c'était lui-même. On était dans un appartement quand quelques rôdeurs sont arrivés. J'avais une batte de baseball et il avait un couteau. Je pensais qu'on allait essayer de les battre ensemble, mais, sans que je m'y attende, il m'a attrapée par le cou, m'a entaillé le côté du visage et m'a poussée par terre. Je suppose qu'il s'est dit que, si je saignais, les rôdeurs allaient se jeter sur moi d'abord… » Gwen avait fixé son assiette pendant tout son récit, se contentant de chipoter à la nourriture avec sa fourchette.

« Comment tu t'en es tirée ? » demanda Merle qui écoutait attentivement.

« J'ai juste pas arrêté de balancer la batte… j'voyais rien de ce que j'frappais avec le sang qui coulait dans mes yeux. Mais j'me suis juste relevée aussi vite que j'ai pu et j'ai commencé à frapper pendant qu'il s'enfuyait par la fenêtre et l'escalier de secours. D'une manière ou d'une autre, j'ai réussi à les battre, en leur fracassant le crâne à tous… Je sais toujours pas vraiment comment j'ai réussi toute seule, mais j'l'ai fait, » raconta Gwen.

« Et le mec ? » demanda Merle.

« Aucune idée… disparu… Je sais absolument pas ce qui lui est arrivé. Mais je jure que si je le recroise… il peut bien espérer ne pas avoir besoin d'aide, parce que c'est certainement pas moi qui vais lui en donner », répondit Gwen en recommençant à manger.

Ils restèrent tous les deux assis en silence pendant un moment jusqu'à ce que Gwen reprenne la parole. « Bon, Merle… alors, raconte-moi… »

Merle hésita un peu mais finit par lui raconter les événements qui s'étaient déroulés sur le toit. Il lui dit même qu'il pensait que T-Dog avait fait exprès de laisser tomber la clé, et la façon dont Rick était sorti de nulle part et avait pris les choses en main comme s'il était leur chef intrépide. Gwen grimaça quand Merle lui expliqua comment il avait coupé sa propre main et avait dû en cautériser la plaie.

« Mais j'vais retourner au campement… leur payer à tous une petite visite amicale… comme ça, ils sauront tous ce que c'est de souffrir comme j'ai souffert. Ils vont souhaiter que cette porte n'ait pas été enchainée et que ces bâtards m'aient eu. J'vais leur faire souhaiter à tous qu'ils y aient réfléchi à deux fois avant d'laisser pour mort ce bon vieux Merle. Y' vont tous payer, d'une manière ou d'une autre… » Merle avait les yeux rivés sur le coin opposé de la camionnette.

Gwen ne put s'empêcher de frissonner à écouter Merle. Tout dans son attitude et dans le ton de sa voix avait changé lorsqu'il s'était mis à parler de ça. Il était clair dans l'esprit de Gwen qu'il était sérieux et elle était sûre d'une chose, c'est qu'elle était contente de ne pas faire partie de ses ennemis.

Elle s'éclaircit la gorge, un peu nerveuse à l'idée de lui parler en ce moment. « Et Daryl ? »

Dès qu'il l'eut entendu prononcer ce nom, Merle se retourna vivement vers elle. Puis il se détendit et secoua la tête. « Ce gamin… j'peux pas imaginer c'qu'il fait sans moi. Une chose sur mon p'tit frère… y' se donne du mal… beaucoup d'mal… mais il y arrive pas tout seul… Y a jamais personne qui va l'respecter. Ils vont le traiter comme de la merde, comme ils l'ont toujours fait. Et tout c'que Daryl fait, c'est chercher leur approbation. J'ai essayé moi-même de lui faire passer cette sale habitude. Chais pas pourquoi il s'tracasse tellement de c'que les autres pensent. Même si il veut pas admettre que c'est l'cas. Comprends-moi bien… c'est un Dixon, et les Dixon sont des durs, mais il est un peu sensible. C'est ça le pire chez lui… il peut être sensible, c'est pour ça qu'j'aime qu'il soit là-bas sans moi. Il sait rien faire par lui-même sans moi pour le guider. Tu vois c'que j'veux dire ? »

Gwen eut un petit sourire. « Ouais, je sais… mais au risque de te décevoir Merle, je pense pas que ce soit le seul Dixon à être un peu sensible… »

Merle se mit en colère à la seule pensée qu'elle puisse le traiter de sensible. C'était bien une chose qu'il n'était pas. Comment osait-elle penser autrement ? Furieux, Merle balança son assiette à travers la camionnette, se tourna vers elle, se mit à genoux, et lui arracha l'assiette et la fourchette des mains. Il pressa durement son bras droit contre la poitrine de Gwen, se pencha tout près d'elle, lui restreint un peu les bras pour qu'elle ne puisse pas bouger aisément et la saisit à la gorge à l'aide de sa main gauche. Il serra sa prise suffisamment pour qu'elle sache qu'il ne rigolait pas.

« Ne m'traite plus jamais de sensible, espèce de tarée ! Jamais ! Tu m'connais pas ! » Merle respirait lourdement contre le visage de Gwen et elle vit ses yeux bruler de rage. Elle était presque paralysée par sa propre peur, mais elle fit de son mieux pour essayer de s'extirper de son étreinte.

Merle la poussa sèchement en la relâchant. Gwen porta immédiatement ses mains à sa gorge. Ses yeux étaient remplis de larmes, mais elle les ravala. Il l'avait prise complètement au dépourvu. Merle se leva et se dirigea de l'autre côté de la camionnette.

Il la fixa depuis l'autre côté alors qu'il s'asseyait, s'appuyant contre la paroi face à elle. « N'oublie jamais ça… »


Note de la traductrice:

Je vous présente mes plus plates excuses pour ce très long délai. Mais cette fois, je suis de retour, et très motivée à finir cette traduction. Les prochaines publications seront beaucoup plus régulières, promis juré!

Merci à toutes celles et ceux qui continuent malgré tout à me lire.