Je n'ai pas les mots.

Ça fait une heure que je regarde la page blanche sur l'écran de mon ordinateur et que je continue de lutter pour trouver les mots.

Quand est-ce que tout a viré au désastre?

Je suppose que je devrais commencer par le début. Je me souviens de la tenue que j'ai choisie ce matin. J'avais finalement opté pour un simple pantalon noir, un pull bleu et mes bottes marron. Joseph et moi étions arrivés à l'avance au labo et nous attendions tous nerveusement en silence, à tapoter nos doigts sur nos claviers, à rire en douce de blagues pas drôles sur le trafic coréen… On avait l'impression que ça ne s'arrêterait jamais. Ils sont finalement arrivés (20 minutes en retard!) et tout s'est bien passé.

Ma voix tremblait un peu au début de mon speech mais tout était bientôt de nouveau sous contrôle. Je me souviens des faces de pitbull des généraux qui me regardaient et le sous-secrétaire qui me souriait en signe d'encouragement. La visite s'est aussi bien passée tandis qu'ils écoutaient, distraitement pour la plupart, la présentation de Joseph. Ils avaient tous vu des dizaines de labos avant celui-là. Le nôtre n'avait rien à offrir d'exceptionnel à part... ben, la surprise. Oh, attendez, c'est vrai, ce n'était même pas une surprise pour le sous-secrétaire, donc laissez tomber. On n'avait rien à offrir.

Puis est parvenue la partie importante que ceux qui ne connaissaient pas les garçons attendaient: les rapports. Ils se sont tous assis dans la salle de conférence et Joseph a présenté ses résultats sur un écran 3D ainsi que le fluide noir (il a sagement choisi de ne pas révéler son nom de code officieux). Pendant ce temps, tout le monde était tendu alors qu'on était tous debout contre les murs, immobiles. La pièce, d'habitude remplie de bâillements, de gorgées de café aspirées bruyamment et de tapotages de crayons, aurait été plongée d'un silence de mort sans le bavardage continuel de Joseph. Tous les yeux étaient tournés vers le sous-secrétaire qui continuait de regarder les statistiques comme s'il en scannait chaque ligne, chaque chiffre, chaque déclaration, en quête du moindre défaut. Pourtant, j'étais certaine qu'entendre des mots comme "masse musculaire doublée" and "reconstruction des tissus accélérée" l'a rendu plus attentif que jamais. Les militaires, fascinés, continuaient de regarder le visage de Joseph et ses gestes. Bien que je détectai quelques perles de sueur qui commençaient à se former sur son front, je pouvais voir la lumière qu'il avait retrouvé dans ses yeux quand il montra le SS pour la première fois. Nous les avions presque complètement dans la poche.

Cependant, cela va sans dire, quand il a évoqué le sujet des effets secondaires, la plupart des officiels ont commencé à tiquer. Et ça ne s'est pas amélioré lorsqu'on leur a dit que nous n'avions trouvé aucun traitement jusque là. Il y eut un petit silence. Quand l'un des généraux se leva et dit à Joseph qu'il ne voudrait jamais avoir affaire à ses "abrutis" sous son commandement, les autres commencèrent à protester férocement de même. Joseph regarda intensément le sous-secrétaire silencieux droit dans les yeux.

"J'ai besoin de plus de temps, dit-il.

Le sous-secrétaire le regarda d'un air flegmatique.

-Vous avez déjà eu beaucoup de temps. Vous avez eu quinze ans, répondit-il. Vous devriez savoir maintenant que vos travaux nous coûtent des millions chaque année. Je peux voir ici, dit-il en pointant l'écran du doigt, que ça mène bel et bien quelque part, et en bien! Vous avez besoin de temps, messieurs, mais le problème c'est que je ne sais pas combien. Et vous non plus, apparemment. C'est toujours la même chose. Alors à moins que vous n'ayez de vrais résultats concrets à me montrer, j'ai bien peur que ça mène à une autre coupe budgétaire.

Lorsqu'il se tut, les militaires demeurèrent de nouveau silencieux. Bien que Joseph gardât son masque sérieux et professionnel en place, j'étais certaine qu'il souriait intérieurement. Alors voilà où le sous-secrétaire voulait le mener, devait-il penser. La menace creuse de son interlocuteur n'était rien d'autre qu'un jeu, comme un enfant impatient de savoir ce qu'il a eu à Noël qui harcèle son père alors qu'il garde son cadeau caché derrière son dos. Il s'ennuyait, il voulait le spectacle promis. Et il le voulait maintenant.

-J'ai bien peur que les forces avec lesquelles nous avons jouées ne soient bien imprévisibles, admit Joseph. Cependant, permettez-moi dans ce cas de vous montrer quelques données plus... explicites."

Il les guida ensuite hors de la pièce vers la petite salle de surveillance devant l'arène des garçons. A l'occasion, la plupart des écrans avaient été retirés des murs afin que plus de gens puissent se rassembler devant l'immense fenêtre. Quand la pièce redevint silencieuse, mon cœur s'emballa quand j'entendis la première cloche sonner.

Contrairement à ce que je pensais, aucun des garçons ne regarda la foule assemblée à quelques mètres d'eux. Ils étaient tous concentrés sur leurs tâches et la ligne d'arrivée comme d'habitude. Ils étaient particulièrement bons ce jour-là. Aucun d'eux, pas même Seungri, ne se blessa ou ne trébucha sur quoi que ce soit. Je dus retenir un soupir de soulagement. Je m'étais tellement concentrée sur ma propre préparation toute la semaine que j'avais oublié à quel point ils étaient forts et agiles. Ils méritaient vraiment d'être appelés "super-soldats". J'espérais, quand leur entraînement serait achevé et leurs symptômes guéris, qu'ils ne seront pas envoyés dans des pays à haut risque. Du moins pas tout de suite. Je jetai aussi un œil aux généraux et au sous-secrétaire de temps de temps mais ils gardaient tous une expression neutre, à suivre le parcours des garçons sans ciller. Si ce n'était pas assez pour eux, qu'est-ce qu'ils voulaient de plus?

Soudain, alors qu'ils étaient tous arrivés à mi-parcours, alors que chacun d'eux était dans une zone différente, un des garçons, G-Dragon, cria soudain quelque chose. Ils s'arrêtèrent tous dans leur course et, comme Joseph et moi pûmes le voir sur les caméras, ils se dirigèrent vers les murs des zones de combat, tous du même côté, comme une chorégraphie. Quand je demandai silencieusement à Joseph ce qui était en train de se passer, il me fit comprendre qu'il n'en savait rien. Ensuite, on entendit des "BOUMS" assourdissants provenant de l'intérieur d'une des zones (celle de Taeyang!) et les officiels commencèrent à chuchoter, alarmés. Je les rassurai en leur disant que tout était sous contrôle, que les murs étaient épais et que peut-être quelques-uns des garçons n'avaient pas bien compris les consignes qui leur avaient été données. Pendant ce temps, Joseph murmura au garde d'envoyer la sécurité.

Lorsque cinq gardes arrivèrent dans la zone de Taeyang, nous vîmes qu'il était effectivement en train de frapper les murs avec ses poings, essayant de toute évidence de le briser. Alors qu'il leur tournait le dos et s'était débrouillé pour ouvrir deux ou trois fissures par endroits, il eut un cri de surprise quand il sentit les matraques électriques frapper ses épaules et le faire tomber à genoux, paralysé par la douleur. Juste alors, nous fûmes surpris de voir G-Dragon et Daesung arriver dans la pièce derrière les gardes sans se faire remarquer. Avant que nous n'ayons le temps de les avertir, alors que les gardes allaient s'emparer de Taeyang, G-Dragon et Daesung passèrent soudain à l'attaque. Aussi douloureux que ce dut être pour Daesung (et pour moi à regarder), il saisit la matraque de l'un des gardes à mains nues, la lui arracha et en assomma deux autres avec. G-Dragon mit KO les trois autres à lui tout seul et tous deux aidèrent ensuite Taeyang à tenir de nouveau debout. Ça ne faisait définitivement pas partie du programme! Alors que nous étions sur le point d'envoyer le reste de la sécurité, nous vîmes tous les écrans s'éteindre petit à petit, un par un. Sur le dernier, Seungri envoya voler un baiser vers la caméra avant de tirer sur ses câbles, l'éteignant complètement. Alors que le vigile dans notre pièce martelait le bouton d'appel de sécurité autant qu'il pouvait, j'entendis G-Dragon fuser de zone en zone et démolir un à un les néons du labyrinthe de quelques coups de pied. La dernière chose que je vis aux rayons d'une des dernières lampes fut Beast assis sur l'une des hautes plateformes de métal. Il n'avait pas bougé de sa place depuis le début de la révolte, à me regarder calmement à travers la vitre encore une fois. Ensuite toute l'arène fut plongée dans le noir et les lampes rouges de sécurité furent activées, bien plus faibles que les normales. Dans la pièce du poste de commande, les gens commençaient à paniquer et essayaient de sortir à travers la porte de sortie étroite et évacuer le sous-secrétaire.

Ensuite, dans la lumière rouge sang, le mur de Taeyang finit par s'effondrer et tous les six en sortirent à travers le nuage de poussière qui en résultat. Leurs six silhouettes noires se tenaient en ligne et marchaient rapidement vers nous, leurs yeux brillant d'un éclat blanc étincelant dans le noir. Quand le vigile tenta d'atteindre le bouton qui activait le rideau de métal, TOP le fixa du regard et il recula brusquement du bouton avec un cri à glacer le sang et une expression apeurée. Lorsque Joseph lui ordonna de l'activer, il demeura planté devant, pétrifié. Nous essayâmes alors de l'atteindre nous-mêmes mais il nous empêcha de l'approcher et sortit son pistolet qu'il pointa vers le bouton, incapable de sortir de l'illusion, quelle qu'elle soit, dans lequel TOP l'avait plongé. Bien que la vitre soit résistante aux balles, quand Daesung balança plusieurs projectiles à la fois, elle se fendilla en milliers de parcelles, tenant toujours en place. Il était cependant maintenant presque impossible de voir à travers. Il continua d'y projeter des morceaux de métal, avec un grand sourire amusé, alors qu'ils percutaient la paroi par éclats réguliers tandis que de petits morceaux de verre tombaient vers l'intérieur de la cabine. Je n'aurais jamais cru avoir un jour peur de lui. D'ailleurs, je ne reconnaissais aucun d'entre eux dans leur comportement. Je ne reconnaissais plus rien, je pensais juste que je pourrais peut-être ne plus jamais revoir la lumière du jour. J'ai pensé que je n'aurais plus jamais l'occasion de me réconcilier avec ma mère. C'est dire à quel point j'avais peur.

Et pourtant, en voyant les militaires sortir leurs pistolets, la peur qu'ils puissent blesser les garçons réussit tout de même à me faire oublier le reste et me faire crier "NON!" tandis que les garçons couraient maintenant de plus en plus près vers nous.

Soudain, en une fraction de seconde... Alors... Soudain... Je suis encore abasourdie en y repensant. Mais je dois l'écrire, même si ce n'était sans doute qu'une bribe de mon imagination. A travers l'un des trous de la vitre, je vis Beast se tourner et sourire aux garçons. Un sourire sincère, heureux, enfantin.

Alors il déploya ses ailes et s'élança vers nous, les militaires ouvrirent immédiatement le feu sur lui. Je poussai un cri quand son corps percuta la fenêtre à quelques centimètres de mon visage, ses ailes vastement étendues comme celles d'un immense papillon, couvrant la vitre presque complètement. C'est comme s'il m'avait visée, moi. Ou peut-être que ce n'était qu'une coïncidence. Dans tous les cas, je ne l'avais jamais vu d'aussi près. Je pouvais voir les tirs de balles sur sa poitrine et son ventre, et le sang qui en coulait en ruisseaux rouges verticaux sur tout le verre. Je pouvais voir comme ses bras étaient maigres. Je pouvais voir les veines bleues sous la peau laiteuse de ses ailes, à quel point elles étaient déformées et artificielles. Je pouvais voir qu'il avait une tache de naissance toute ronde sur son cou. Je pouvais voir ses cheveux noirs collés par le sang sur ses tempes. Ses paupières étaient fermées, ses lèvres minces égratignées et ses pommettes incrustées de verre. Pourtant, je pouvais toujours distinguer la douceur de ses traits. Je me souviens que j'ai alors pensé qu'il aurait appartenu à la catégorie des "bons garçons" dans le monde extérieur. Il aurait été timide, poli et aurait de bonnes notes à l'école. Peut-être que les filles auraient adoré ses grands yeux noirs et son air gentil. On ne le saura jamais maintenant.

Quand la dernière balle l'atteignit, il tomba à la renverse avec le reste de la fenêtre tandis que les garçons, qui s'étaient immobilisés, se mirent à hurler et foncèrent droit vers lui. Malheureusement, les militaires continuèrent de leur tirer dessus pour les empêcher de se rapprocher. Même G-Dragon qui parvint à esquiver les balles ne put déplacer le corps de Beast parce qu'il était trop lourd pour lui et n'eut d'autre choix que de faire demi-tour, le laissant là.

Génial, mes larmes tombent sur le clavier entre les touches et j'ai le nez qui coule. Ça n'aide vraiment pas. Je ne peux pas laisser Jo m'entendre.

Après que TOP quitta le vigile du regard, celui-ci se libéra et activa le rideau de fer. Alors qu'un feu s'était déclenché dans l'une des zones de combat dans laquelle des appareils électriques avaient été éventrés, l'alarme-incendie se mit en route et une pluie artificielle commença à tomber. Le mur de métal roula doucement vers le bas tandis que les militaires continuaient de pointer leurs armes vers les garçons. L'un d'eux donna un léger coup de pied à la main de Beast pour que le rideau se ferme entièrement. Ils escortèrent ensuite le sous-secrétaire hors de la salle et Joseph les suivit, pâle comme un linge. Je restai plantée là alors que la sécurité était revenue et rebranchait maintenant toutes les caméras. Cependant, lorsqu'ils encerclèrent les garçons, j'allumai le microphone et leur ordonnai de ne pas bouger. Les cinq garçons, qui regardaient tous le sixième, avaient à peine remarqué leur présence. Ça ou ils s'en fichaient, d'eux et de l'eau qui leur tombait dessus.

Aussitôt que le rideau se ferma, Daesung et TOP se rapprochèrent. Comme Beast était tombé sur le côté, TOP le déplaça sur le dos et retira une à une toutes les aiguilles de verre de son corps délicatement pendant que Daesung apposait ses mains sur ses blessures. Mais quand il les retira, elles demeurèrent ouvertes. Il réessaya, touchant chaque coupure, à étendre ses doigts avec ses paumes appuyées autant que possible sur sa peau. Beast n'ouvrait toujours pas les yeux. Il restait allongé là, les lèvres entrouvertes sans qu'aucune respiration n'en sorte alors que l'eau rinçait le sang de son visage. Daesung tourna son visage épouvanté vers TOP dont les yeux étaient cachés sous ses cheveux. L'aîné se tint debout quelques secondes, sans ciller. Puis, sans un mot, il se jeta sur Beast et se cramponna à lui, son visage enfoui dans sans son épaule alors qu'il le tenait de plus en plus serré dans ses bras, ses propres épaules se secouant vivement. Derrière lui, les larmes de Daesung continuaient de tomber de son menton parmi les lourdes gouttes d'eau. Gauche. Droite. Gauche. Droite.

Taeyang garda une expression austère alors qu'il serrait Seungri contre lui d'un geste protecteur et que le plus jeune sanglotait à chaudes larmes dans ses bras. Il tourna la tête vers leur leader qui avait tourné le dos au groupe. Celui-ci baissa la tête, tomba à genoux dans les flaques et les frappa avec ses poings. Je crois que, étant donné que c'est lui qui avait lancé l'attaque (c'est maintenant clair pour moi que c'est ce qu'il avait organisé sur ses murs), il se sentait horriblement coupable, peut-être même plus que les autres. Pourtant, quelque chose me disait que ce n'était pas lui qui en avait eu l'idée. Du moins, pas le seul.

Je ne pouvais plus le supporter. C'était indécent de ma part de regarder leur chagrin et leur deuil, alors je quittai la pièce.

C'était de ça que tu voulais m'avertir, Beast? Tu savais qu'ils avaient planifié tout ça et qu'ils échoueraient? Tu savais que tu devrais mourir pour les protéger? Ou est-ce que c'est toi qui étais derrière tout ça?

Je marchais jusque vers le bureau de Joseph comme un zombie lorsque je vis les officiels le quitter sans un mot. Je les regardais me croiser sans que je leur dise au-revoir. Ils n'avaient pas l'air de s'en soucier. Lorsque j'entrai dans le bureau de Joseph, il était assis à son bureau, la tête dans ses mains, sa bouteille noire devant lui.

"Ils ont dit que j'aurais bientôt de leurs nouvelles, me dit-il à voix basse, comme si je n'avais pas entendu ça cent fois avant ça.
-Est-ce que ça veut dire qu'ils vont fermer le labo ? On va perdre notre travail?
-Je ne sais pas.
-Et les gamins?
-JE SAIS PAS! il me cria en se levant et alla frapper dans un des réfrigérateurs.
-Joseph! Attention aux produits chimiques!
-Qu'est-ce qu'on s'en tape, des produits chimiques? il continua de hurler. C'est pas à nous! On peut en avoir des neufs, on peut faire exploser cet endroit! Putain, on peut même les faire boire aux gamins, si ça nous chante! Tout ça n'a aucune importance du moment qu'on a leur feu vert! Mais si on ne l'a plus, on est baisés!

En continuant, il ouvrit la machine, sortit une fiole de je-ne-sais-quoi à mains nues et la jeta au mur. Je me couvris le visage quand elle éclata et parsema des taches sur ses livres puis s'évapora presque instantanément. Lorsque des gens entrèrent après avoir entendu le vacarme, ils quittèrent la pièce tout aussi rapidement. Muette, j'attendis que Joseph se calme pour enfiler des gants et ramasser les morceaux de verre brûlants. Joseph, lui, se rassit à son bureau et s'écroula sur son fauteuil.

-J'ai passé vingt-cinq années dessus. Ils ne peuvent pas me l'enlever." il marmonna en ne regardant que la petite bouteille de gelée noire même quand je tentai de le prendre dans mes bras.

Ce sont les derniers mots que nous nous sommes dits, il y a huit heures environ.

Donc voilà où on en est, maintenant. Je n'ai aucune idée de ce qu'on va devenir. Peut-être que si Joseph essaie, il peut retrouver son poste à Harvard. S'il n'essaie pas, moi j'essaierai. Mais peut-être que le Pentagone ne le laissera même pas se faire embaucher maintenant. Est-ce qu'ils peuvent faire pire que ça? Est-ce qu'ils peuvent l'interdire de revenir aux Etats-Unis? Est-ce qu'ils comptent l'arrêter? Et les garçons?

J'arrive pas à dormir. Je vois le soleil se lever derrière les rideaux. Je crois que j'ai écrit trop longtemps cette fois. Je suis peut-être en train d'écrire ce journal pour la dernière fois, du moins en Corée. Ça, au moins, c'est une bonne chose. Je ne supporte plus les regards bizarres ou leur alphabet bizarre. Mais j'avoue m'être sentie tellement seule que j'ai pensé rendre visite à ma mère, avec ou sans Jo. Je crois que je vais devoir le reporter à une prochaine fois, genre au prochain siècle. Allez Joan, c'est l'heure d'arrêter de geindre et de faire bravement face à ce mercredi.

Quiconque pense à moi et Jo en ce moment, souhaitez-nous bonne chance,

Joan.