Malgré le délai, je vous promet que j'en viendrais à bout!

Bon été à toutes et à tous!


Chapitre 10 : Retrouvailles :

-Lieutenant Cullen. Qu'elle surprise!

Le regard du Général semblait le transpercer de part en part. Mais Edward était en mission ce soir. Pas une mission sous les ordres de l'armée ni du Général Swan. S'en était fini de ce genre de mission. Non, en mission pour lui. Pour son avenir, son bonheur, sa vie.

Il avait reçu les invitations pour le gala de ce soir il y a plusieurs semaines. Il avait tergiversé, avait passé des heures à y réfléchir et sans un mot de la part de Bella, il avait finalement décidé de jouer la carte de la surprise. Il s'était bien douté que sa famille serait là. Que le Général serait là. L'homme qui presque un an auparavant lui avait fait prendre conscience qu'elle n'était pas pour lui. Et n'aurait jamais dû l'être.

Mais ces peurs étaient loin maintenant. Il avait vu la mort de prêt. Trop prêt. Il avait souffert le martyr, souffrait encore s'il fallait vraiment être honnête, et souffrirait probablement toute sa vie des séquelles de ses blessures. Mais le Général ne faisait plus partie des obstacles entre lui et son bonheur. Il n'avait plus un tel pouvoir sur lui.

Il avait lutté pendant des semaines contre son corps récalcitrant, passant des heures à suer, à batailler pour regagner un semblant d'autonomie. Et il y était parvenu. Il était là ce soir. Debout sur ses jambes. Peut-être pas aussi sûr ni stable qu'il ne l'avait été avant. Mais debout néanmoins. Il était là et voulait qu'elle le sache. Il l'avait écouté jouer, il s'était laissé submerger par l'émotion irradiant d'elle et de sa musique. Il l'avait senti pour lui, pour tous ses frères et sœurs d'armes là-bas, au combat et pour tous les hommes et femmes ailleurs pris dans des conflits qui le plus souvent les dépassent.

Il avait observé son visage quelques minutes auparavant, il était si beau, ses traits délicats entouré d'une cascade de cheveux bruns épais et brillant. Mais elle manquait d'éclat, semblant presque morose. Il avait été trop loin pour lire la tristesse dans son regard, mais il imaginait que ses grand yeux bruns, qu'il rêvait de revoir devaient être voilée et sachant qu'il en était surement la cause, il voulait y remédier. Il voulait être la cause de sa joie, et non de sa tristesse. Plus jamais de sa tristesse.

Elle l'avait soutenu dans ses long mois difficile qu'avait été sa convalescence. Elle avait été à la fois son roc, son ancrage et son phare. Et maintenant il était là, face à son père, le Général Swan qui le mesurait de regard et sa mère qui le regardait avec une curiosité non déguisée.

- Général Swan, fit-il poliment en inclinant légèrement la tête dans sa direction.

Finalement, semblant sortir de sa stupeur, Bella se retourna et lui fit face, ses grands yeux bruns écarquillés par la surprise et ses lèvres qui s'ouvraient doucement en un grand sourire tandis qu'elle semblait assimiler le fait qu'il était là.

-Edward, Finit-elle par crier en se jetant littéralement sur lui.

Surpris par son brusque mouvement, il lui fallut quelques secondes pour se stabiliser avant de pouvoir répondre à son étreinte. Elle était là, dans ses bras, ses mains attachées fermement autour de son cou, la tête dans son torse où il l'entendit prendre une grande inspiration.

-Oh Edward. Tu es là, l'entendit-il à peine murmurer contre sa poitrine alors qu'il refermait les bras autour d'elle et se laissait envelopper par la chaleur de leurs retrouvailles.

Franchement, il s'était longtemps demandé comment se passerait les premiers instants où il la reverrait et rien de ce qu'il n'avait pu imaginer n'était à la hauteur de ce qu'il ressentait maintenant. Il était heureux. Il avait dû traverser l'enfer pour en arriver là. Et en cet instant cela lui sembla dérisoire.

-Je suis là ma Bella, murmura-t-il à son tour et pressant doucement ses lèvres contre le sommet de son crâne.

Ce n'est que le son rauque d'un raclement de gorge qui le fit revenir à la réalité du moment : la présence du Général Charles Swan et de son épouse à quelques centimètres d'eux.

Bella se détacha de lui tout en prenant sa main dans la sienne et se retourna, faisant face à ses parents. Elle ne le regarda pas, et se carra dans ses appuis en relevant la tête fièrement, comme si elle mettait son père au défi quand elle annonça :

-Papa, maman, voici Edward Cullen, mon petit ami. Je n'étais pas sûr qu'il puisse venir ce soir mais je suis vraiment contente qu'il soit là.

Edward regardait le Général avec appréhension. Il n'avait pas peur pour sa propre santé, mais pour celle de l'homme dans la cinquantaine dont le visage était en train de prendre une teinte pourpre qui n'augurait rien de bon pour sa tension artérielle.

-Comment avez-vous osé, commença le Général d'une voix aussi basse que meurtrière ses yeux presque noirs rivés dans le regard d'Edward. Celui se dit que si l'homme avait été armé à cet instant il n'aurait pas donné cher de sa peau.

-De quoi tu parles Charles ? demanda sa femme en lui prenant la main, d'un geste qui se voulait sans doute rassurant.

Le Général se dégagea de l'emprise de sa femme et pris une grande inspiration, prêt à débuter une tirade qui ne plairait probablement ni à Bella ni à lui.

-Général Swan, fit il rapidement, coupant le chef dans son élan, Loin de moi l'idée de vous manquer de respect, mais je n'ai pris contact avec votre fille que récemment, après mon accident et la fin de contrat avec l'armée. Elle m'a invité à cette soirée et je ne pouvais en aucun cas ne pas venir admirer le travail de votre talentueuse fille.

Le teint du Général vira encore une teinte plus foncé et Edward craignit vraiment qu'il ne fasse une attaque sous leurs yeux.

Il sentit la main de Bella se resserrer autour de la sienne tandis que de son autre bras et alla attraper le bras de son père.

-Papa, ne va pas t'imaginer des choses. Edward te dit la vérité. Tu te souviens à Noël ? Quand j'ai appris que certains de tes hommes avaient été pris dans une embuscade… Je me suis sentit tellement mal… J'avais repéré Edward lors de la cérémonie cet été où tu l'as gradé Lieutenant première classe, tu te souviens ?

Elle attendit de voir son père hocher la tête, signe au moins qu'il écoutait les explications de sa fille.

-Tu te souviens… Bon, et bien, j'ai ressenti le besoin de faire quelque chose pour ce soldat. Cet homme gravement blessé à la veille de Noël, loin de sa famille, seul, dans un lit d'hôpital. Pouvoir mettre un visage sur son nom pour une fois a rendu les choses encore plus, comment dire… Vraie. Bref, je lui ai fait un cadeau et… voilà… Nous avons discuté par message puis par téléphone et aujourd'hui, c'est la première fois que nous nous revoyons depuis des mois.

Tout le monde resta silencieux, le Général semblant digérer les mots de sa fille. La vérité partielle sur leur rencontre (qu'il serait vraiment bête d'essayer de corriger…)

Lentement, il vit l'homme reprendre une couleur plus saine et lui-même sembla respirer plus facilement. S'il ne se sentait plus effrayé par l'homme, il fallait tout de même avouer qu'il n'en restait pas moins intimidant. Et qu'il était tout de même le père de sa petite amie.

« Petite Amie ». Ils n'avaient pas discuté de labels concernant leur relation plus qu'atypique, mais ce terme lui convenant parfaitement. Pour le moment.

Il voulait être son petit ami, la couvrir d'attention, l'emmener au restaurant, lui tenir la main, l'embrasser, la toucher, la caresser…

Il secoua la tête. Ce n'est pas le moment. Arrête de penser à cela se dit-il. Ne pas ajouter à la précarité de la situation une douloureuse et visible érection… Ça serait vraiment idiot.

C'est finalement Renée, la mère de Bella qui finit de briser la glace en s'empressant d'inviter Edward à les rejoindre pour le diner. Celui-ci accepta avec plaisir et s'est ainsi qu'ils passèrent la soirée tous les quatre.

Les choses étaient loin d'être parfaites, le Général passa une bonne partie de la soirée à questionner Edward sur ses blessures, sa rééducation, ses projets pour le futur. Beaucoup de choses dont il aurait préféré parlé seul avec Bella avant de devoir en référer à son père. Mais il répondit tout de même, le plus honnêtement possible.

Au fur et à mesure que la soirée passa, même le militaire sembla se détendre et finalement accepter que sa petite fille n'en plus vraiment une, et que, s'il avait eu son mot à dire dans l'histoire, peut-être, et nous disons peut-être, qu'Edward Cullen n'était finalement pas un si mauvais choix pour elle.

Bella elle était radieuse. Savoir Edward là, prêt à affronter son père, qui finalement avait un peu été la cause de leur première séparation, même si elle savait rationnellement que ça n'avait pas été leur seul problème à l'époque. Savoir qu'il avait été prêt à se mettre sur la sellette pour elle, avoir sa main de la sienne, sentir ses yeux sur elle. Le voir, tout simplement. Toujours aussi beau. Ses yeux verts et brillants, sa mâchoire saillante, sa bouche pleine et sensuelle. Aussi beau et sur ses deux jambes, marchant sûrement, capable de la serrer dans ses bras musclé. Toujours aussi beau mais diffèrent aussi. Presque un an de plus mais paraissant tellement plus âgé. Plus mûr. Plus homme que soldat avec ses cheveux bruns cuivrés qui encadraient maintenant son visage.

Elle était heureuse de l'avoir retrouvé, heureuse de le partager avec ses parents, de l'entendre faire timidement des projets pour un futur dont ils n'avaient pas encore vraiment parlé mais dont elle savait qu'elle ferait partie.

C'était presque étrange, ils ne s'étaient vraiment vu face à face que pendant quelques heures presque un an auparavant, et pourtant, elle avait l'impression de le connaitre vraiment. Il fallait juste qu'elle mette des mimiques sur le ton de la voix qui l'avait bercé pendant si longtemps ces derniers mois. Elle l'avait entendu triste, apeuré, frustré, en colère, mais aussi joyeux, confiant, tendre et passionné. Maintenant, elle ne se lassait pas de regarder sa bouche former des mots, ses yeux expressifs la boire du regard, ses mains, son corps tout entier qui parfois se joignait au reste quand il voulait appuyer ses propos. Toute la frustration qu'elle avait ressentie en l'entendant sans pouvoir le voir s'était maintenant envolée. Elle avait à la fois envie que leur dîner se termine pour qu'elle puisse profiter de lui seul à seul, et à la fois peur que le temps file trop vite et que s'approche déjà leur prochaine séparation.

Finalement, le Général et Renée s'excusèrent, prétextant la fatigue de leur grand âge tandis qu'ils se retiraient dans leur chambre d'hôtel.

-Veux-tu que je te raccompagne Bella, demanda Edward doucement, en la fixant intensément.

Dans son regard, elle pouvait lire tout ce qu'elle-même ressentait : l'envie que cette soirée ne se termine pas.

-Seulement si tu me promets de monter boire un verre dans mon appartement.

-Tout ce que tu veux ma Bella. Tout ce que tu veux, répondit-il en lui serrant la main.


Comme toujours, je n'ai pas de relectrice, donc, désolée pour les fautes de grammaires ou d'orthographe qui auront échappées à ma vigilance!