Auteur : Kristen Hudson

Titre original : Slave Child

Traductrice : Dyneen

Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling. Les autres intervenants de l'histoire sont à Kristen Hudson.

Genre : Relation père/enfant SR/HP

Rating : T

Merci pour toutes vos reviews, en particulier à ceux que je ne peux pas remercier personnellement par manque de mail.


L'Enfant esclave

Chapitre 10


Le clair de lune traversait les fenêtres de l'infirmerie, sa douce lueur argentée baignant la grande pièce obscure. Quatre formes endormies se reposaient sur les lits ; trois d'entre elles dormant paisiblement. La quatrième se tourna et se retourna, s'agitant de plus en plus avant de finalement se mettre à crier, hantée par les visions de tragédies passées.

Les yeux de Severus s'ouvrirent brusquement et il tourna vivement sa tête vers le bruit. Harry avait un cauchemar, juste comme Poppy le lui avait indiqué. Severus hésita, mais seulement pendant une seconde. Ensuite il se leva du lit et se dirigea vers le garçon, telle une ombre silencieuse dans sa robe noire habituelle. Il ne supportait pas d'utiliser des pyjamas devant quelqu'un d'autre ; il se contentait donc de jeter un sort de nettoyage sur ses vêtements quand il dormait avec.

Il s'arrêta près du lit de Harry. Ils étaient tous deux dans la pénombre, mais Severus pensait apercevoir des traces de larmes sur le visage du garçon. Il se sentit lui-même presque submergé par des émotions contradictoires ; le vieux ressentiment luttant avec la sympathie, le regret et ses nouvelles incertitudes au sujet de Harry Potter.

Mais le garçon avait traversé l'enfer récemment et il avait toujours dû porter un fardeau qui était beaucoup trop lourd pour un enfant, quel qu'il soit. Il avait besoin de réconfort. Severus s'approcha en hésitant et secoua légèrement le bras du garçon.

« Réveillez-vous, enfant, » dit-il doucement.

Harry tressaillit au contact et haleta, comme s'il souffrait. Pendant une seconde, Severus fut déconcerté jusqu'à ce qu'il se rappelle qu'il avait laissé des contusions sur le bras du garçon quand il l'avait secoué avec une telle rage. Poppy avait été absolument livide quand elle l'en avait informé, peut-être même bien plus furieuse que pour les blessures des poumons.

Severus ne savait pas ce qui le faisait se sentir le plus mal. Les dommages aux poumons de Harry avaient été bien plus douloureux et dangereux, mais ça avait été, au moins partiellement, un accident. Severus ne voulait pas appeler le reste un accident, parce qu'il savait que tout ce qui s'était passé était de sa faute et il refusait de s'en excuser de la sorte ou de justifier la perte de son sang-froid ainsi que son inexcusable inattention. Mais il n'avait jamais voulu que Harry s'empoisonne…

Alors qu'il avait délibérément saisi les bras du garçon assez durement pour y laisser des contusions et dans une crise de rage, l'avait violemment secoué. Juste comme la famille de Harry l'avaient fait par le passé. Severus se détestait pour cela. Il ne savait pas si Harry pourrait le lui pardonner et être peut-être disposé à lui donner une autre chance… le garçon avait déjà supporté tellement d'injustices des mains de Severus… mais il savait qu'il devait essayer de faire le premier pas.

Il enleva sa main, puis parla sur un ton doux et apaisant que très peu de personnes l'avaient déjà entendu utiliser. « Tout va bien, Harry. Tu es en sécurité maintenant. C'était juste un cauchemar et il est terminé. »

Harry jeta un coup d'œil autour de lui et déglutit difficilement avant de dire, « Je suis désolé de vous avoir réveillé. »

Severus secoua sa tête. « Non, ce… c'est moi qui vous dois des excuses. »

Même dans l'obscurité, il pouvait voir l'étonnement sur le visage du garçon. D'une façon ou d'une autre, le fait que Harry ne s'était évidemment pas attendu à ce qu'il ressente des remords le fit se sentir encore pire.

« Je vous ai mal jugé et j'ai perdu mon sang-froid. J'aurai dû vous donner une chance de vous expliquer, » indiqua Severus, détestant la façon dont ses paroles sonnaient si dures et inadéquates. Il ne savait juste pas exprimer ses sentiments. Il n'avait jamais été très bon pour montrer ses émotions, particulièrement avec des sentiments difficiles comme les remords et la culpabilité. Dans ces moments, son éloquence l'abandonnait et il se sentait complètement embrouillé et désespérément maladroit.

Mais il le devait à Harry et bien plus encore, il voulait que Harry sache comment il se sentait, donc il continua en dépit de sa terrible maladresse.

« Je réalise que ça peut être difficile à croire, mais je n'ai jamais eu l'intention de vous laisser travailler dans mon laboratoire toute la nuit et je n'ai certainement jamais voulu que vous soyez blessé. J'allais aller vous chercher après dîner. J'allais vous dire de venir manger puis de finir de nettoyer le lendemain matin, mais ensuite Poppy m'a contacté, pour me dire qu'Albus avait été gravement blessé et qu'il pouvait en mourir. J'ai peur que ces nouvelles aient écarté toutes autres pensées de mon esprit. Je me suis précipité à Poudlard pour l'aider à le guérir et je n'ai pas pu revenir à la maison avant le lendemain matin. A ce moment, vous respireriez déjà des vapeurs toxiques depuis des heures. »

Il hésita. « Nous avons de la chance que vous soyez encore vivant. »

Les émotions passèrent tellement rapidement sur le visage du garçon que Severus ne put être sûr de ce qu'il ressentait. Ses paroles semblant plus guindées que d'habitude parce qu'il était très difficile pour lui de montrer n'importe quel sorte de vulnérabilité, il ajouta, « je regrette vraiment que vous ayez souffert à cause de mes actions. »

Harry garda les yeux baissés sur ses mains jointes et posées sur la couverture de lit si longtemps que Severus se demanda s'il allait répondre. Enfin le garçon marmonna, « Oui, monsieur. »

Severus supposa que cela signifiait que ses excuses étaient acceptées, du moins en surface. Il n'avait aucun doute que cela prendrait un bon moment avant que Harry ne puisse vraiment lui pardonner, mais c'était un début.

Soudainement il ne voulut rien de plus que de s'allonger de nouveau dans son propre lit et d'essayer de dormir encore… il ne pensait pas qu'il s'était déjà senti si maladroit une fois dans sa vie… mais quelque chose l'incita à demander, « Est-ce que vous serez capable de vous rendormir maintenant ? »

Une fois encore, il lui sembla que le garçon le regardait un peu étonné, mais après quelques secondes, Harry inclina la tête.

« Oui, monsieur, » répéta-t-il.

Severus se releva. « Bonne nuit alors. »

Il retourna vers son lit et s'allongea, mais ce fut long avant qu'il ne puisse se rendormir.

Harry resta allongé, en regardant distraitement le plafond tandis que dans son esprit se répétait sa discussion avec Rogue. L'homme lui avait fait de véritables excuses. Jamais, même dans un million d'années, Harry aurait pensé que Rogue ferait cela. Il était toujours si froid et si impassible. Harry n'aurait jamais pensé que Rogue admettrait qu'il le jugeait mal ou qu'il ressentirait de quelconques remords pour la souffrance que Harry avait supportée. En fait, il s'était à moitié attendu à ce que Rogue le réprimande pour sa stupidité d'avoir mélangé des solutions incompatibles.

Maintenant il ne savait plus quoi penser. Il était difficile de croire que Rogue était sincère, mais pourtant le professeur avait semblé si mal à l'aise et maladroit. Ca avait visiblement été difficile pour lui. Si ça n'avait été qu'une sorte de jeu ou de blague contre lui, n'aurait-il pas été plus mielleux et à l'aise ?

Oh et bien ça n'avait pas vraiment d'importance de toute façon. Il allait certainement rester hors du chemin de Rogue maintenant. Il mangerait ses repas silencieusement et discrètement et passerait le reste de son temps dans sa chambre. Il avait beaucoup d'études à faire, qui plus est. Il devait être aussi fort et bien informé que possible pour pouvoir battre Voldemort donc il allait devoir connaître parfaitement toute la théorie magique de ses manuels. Ce serait encore mieux s'il pouvait réellement pratiquer la magie, mais il n'y avait rien qu'il puisse faire sur le fait qu'il soit encore mineur. Il pourra lire et étudier jusqu'à ce qu'il connaisse par cœur ses livres, cependant et ça l'aidera sûrement pour apprendre plus rapidement à la rentrée quand l'école recommencera et qu'il pourra de nouveau faire de la magie.

Bien sûr, les connaissances qu'il apprendrait des manuels de Poudlard ne seraient probablement pas suffisantes pour battre Voldemort. Harry n'avait aucun doute à ce sujet. Après tout, même des Aurors pleinement entrainés avec des années d'expérience n'avaient pas pu détruire le vieux Face-de-Serpent. Comment un étudiant qui venait juste de passer ses B.U.S.E. pouvait l'espérer ?

Mais Harry ne pouvait penser à un meilleur plan pour le moment et l'étude de ses leçons d'école était un parfait début, quoi qu'il en soit. Peut-être que, le moment venu, il pourrait trouver des livres sur la magie plus avancée dans la bibliothèque de Poudlard. Peut-être qu'il pourrait demander à Dumbledore de l'aider. Rogue ne s'opposerait sûrement pas à cela. Il savait que Harry devait battre Voldemort.

Dumbledore.

Rogue lui avait dit qu'il avait été gravement blessé et en était presque mort. Harry regarda rapidement en direction du lit voisin à l'endroit où le directeur devait encore être en train de dormir. Sans ses lunettes et avec la pièce si sombre, Harry pouvait juste repérer une forme trouble. Il loucha en essayant de voir mieux. Le vieux sorcier était resté endormi tout le temps que Harry avait été à l'infirmerie, d'après ce qu'il savait, mais à part son bras bandé, il semblait aller assez bien. Madame Pomfresh et Rogue n'étaient pas plus attentifs que d'habitude à son état, donc Dumbledore devait sûrement aller bien.

Il le devait.

Harry savait que Dumbledore était vieux, mais les sorciers pouvaient vivre bien plus longtemps que les moldus, à moins qu'ils ne soient victimes d'une trahison ou d'un accident particulier. Une de leurs examinatrices pour ses B.U.S.E. était même un peu plus vieille que Dumbledore. Harry se rappelait qu'elle le lui avait dit quand elle l'avait testé à l'école.

En outre, Dumbledore avait toujours été si vivant et si essentiel, si puissant. Harry ne pouvait vraiment rien imaginer qui puisse lui arriver. Mais, quelque chose l'avait presque tué.

Harry était étonné de sentir une boule dans sa gorge. Ce n'était pas qu'il ne s'inquiétait pas de Dumbledore. Malgré la colère et le ressentiment qu'il avait ressenti envers le directeur ces dernières semaines, Harry savait qu'il s'inquiétait. Beaucoup, en fait. Il avait été intensément secoué par la soudaine réalisation qu'ils pourraient perdre Dumbledore. C'était effrayant parce que sans Dumbledore pour le protéger et lui enseigner, Harry ne voyait pas comment il lui serait possible de gagner contre Voldemort et ses Mangemort.

Mais c'était beaucoup plus que cela, aussi. Il s'inquiétait vraiment pour Dumbledore lui-même. Et c'était effrayant, parce que Harry ne voulait pas avoir de si profonds sentiments pour quelque chose ou quelqu'un ; il devait se protéger. Il devait rester insensible et ne pas laisser n'importe qui rentrer de nouveau dans son cœur.

Les pensées de Harry dérivèrent sur Ron et Hermione et soudainement il voulut tellement les avoir à ses côtés que c'en était douloureux. Ils étaient plus que des amis. Ils étaient la seule famille qu'il avait. Jusqu'à ces dernières semaines, ils avaient tout fait ensemble et ils le connaissaient mieux que n'importe qui d'autre. Juste comme il les connaissait eux.

Il les voulait ici, assis près de lui, lui faisant savoir qu'il n'était pas seul, qu'il était aimé. Tout lui manquait… les plaisanteries et le rire de Ron, la persévérance et la responsabilité de Hermione. Parler de Quidditch et jouer aux échecs avec Ron lui manquaient. L'angoisse et l'inquiétude de Hermione lui manquaient. Ils lui manquaient.

Pendant un moment il se laissa submerger par ses souvenirs. Certains d'entre eux étaient heureux et d'autres ne l'étaient pas, mais c'était toujours tous des souvenirs des meilleurs moments de sa vie… sa rencontre avec Ron dans le Poudlard Express ; le sauvetage de Hermione contre le troll des montagnes ; Ron et lui s'aventurant dans la Chambre des Secrets et leur joie quand Hermione avait été dépétrifiée ; Ron et Hermione restant à ses côtés dans la Cabane Hurlante quand ils pensaient que Sirius essayait de le tuer ; la terrible bagarre avec Ron au début de leur quatrième année et la manière dont Hermione était restée proche de lui et l'avait aidé durant ce difficile moment ; et la joie quand Ron était revenu et que leur amitié avaient été reconstituées.

Puis Harry laissa dériver ses pensées sur sa dernière année. La cinquième année avait été horrible de bien des façons. Harry ne pensait pas qu'il aurait pu survivre sans ses amis. C'était leur amour et leur soutien qui l'avaient aidé à passer à travers ça. Ils avaient été là avec lui à chaque étape du chemin, même à la fin, au Ministère…

Oh, Merlin… il les aimait tellement. Comment pouvait-il ne plus s'en préoccuper maintenant ?

Harry ferma les yeux et essaya difficilement d'écarter ses souvenirs. Ce n'était pas comme si Rogue allait le laisser rester ami avec Ron et Hermione, après tous. Quelque soit ses intentions et ses objectifs, leur amitié était terminée de toute façon.

C'était aussi bien. Etre près de lui était une chose dangereuse. Deux personnes étaient déjà mortes à cause de lui, Cédric Diggory en premier puis Sirius. Quatre, réellement, en comptant ses parents, réalisa Harry et Ginny Weasley était presque morte simplement parce que sa famille avait souhaité la bienvenue à Harry chez eux.

Mais il n'y en aurait pas plus. Ce combat était entre Voldemort et lui et Harry allait s'assurer que ses amis ne se feraient pas tuer en étant au milieu.

Il leur épargnerait ainsi de la peine quand il mourrait, parce qu'il allait mourir, dans la bataille contre Voldemort ou après. Peut-être que Ron et Hermione n'en seraient pas trop bouleversés s'il coupait déjà les liens qu'il avait avec eux. Ils pourraient au moins se réconforter l'un et l'autres.

Et Harry pourrait être avec ses parents et Sirius. Se sentant légèrement soulagé, il ferma les yeux et essaya de se rendormir.


Albus se réveilla au milieu de la matinée. Poppy et Severus étaient éveillés, naturellement et Harry s'était réveillé plus tôt. Severus avait raté l'occasion de lui parler alors… et il dormait toujours pour le moment. Poppy était réveillée à ce moment-là et elle avait rapporté que Harry semblait aller très bien, bien qu'il doive toujours prendre une Potion de Restauration de tissu pendant encore une semaine au moins. Elle avait commandé son petit-déjeuner et lui avait donné une dose de potion, qui contenait également un puissant sédatif et le garçon s'était déjà rendormi quand Severus s'était réveillé une heure plus tard.

Il se lança un autre sort de nettoyage et commanda son propre petit-déjeuner des cuisines, tout en jetant de discrets regards au garçon. Il ne voulait pas que Poppy pense qu'il s'amollissait, mais dès qu'elle entra dans son bureau pendant quelques minutes, il s'approcha au chevet de Harry.

L'enfant était trop mince. Il n'avait presque rien mangé depuis qu'il avait été à Prince Hall, Severus le savait et il n'avait probablement pas bien mangé depuis quelques semaines avant cela. Aucun doute qu'il devait déprimer à cause de la mort de son parrain. Severus avait méprisé Sirius Black et le sentiment avait été entièrement mutuel, mais il savait que Harry avait été proche de Black.

Avec la mort de son parrain et ensuite le sortilège d'esclavage, il ne fallait pas se demander pourquoi Harry n'avait pas eu beaucoup d'appétit récemment. Severus devrait essayer de l'encourager à manger plus, une fois qu'ils seraient de retour à la maison.

Harry semblait respirer facilement et Severus était profondément reconnaissant de cela. Une fois encore, il ressentit l'embarrassante envie de glisser ses doigts dans les cheveux de l'enfant, mais juste à ce moment-là, il entendit que Poppy s'apprêtait à sortir de son bureau et il se déplaça rapidement pour se rasseoir sur son propre lit avant qu'elle ne l'attrape à cajoler le garçon.

Les heures suivantes passèrent tranquillement. Harry et Albus dormaient. Poppy réorganisait apparemment ses dossiers dans son bureau, mais elle revenait fréquemment pour contrôler l'état de ses patients. Severus s'était installé sur son lit et feuilletait quelques vieux journaux de potions tout en gardant lui-aussi un œil sur Harry et Albus.

Il savait que ce n'était pas nécessaire, qu'il n'y avait vraiment aucune raison qu'il ne puisse pas retourner au manoir en demandant à Poppy de lui renvoyer Harry quand elle déciderait de le libérer. Elle lui avait dit que ce serait probablement en fin d'après-midi si tout allait bien.

Mais quelque chose l'obligeait à rester. Son sens du devoir, supposait Severus. Il avait toujours eu un grand sens du devoir et le garçon était sous sa responsabilité maintenant. Il devait rester à l'infirmerie tant que Harry serait là, juste au cas où. Donc il restait ici, bien qu'il avait appelé Norie et Zan par Cheminette pour leur donner des nouvelles sur l'état de santé de Harry et prendre quelques autres arrangements.

C'était aux environs de dix heures le matin qu'Albus remua et ouvrit les yeux. Il regarda autour de lui et découvrant les autres occupants de l'infirmerie, il demanda, « Severus ? »

Severus laissa tomber le magasine qu'il était en train de lire et appela doucement, pour ne pas réveiller Harry. « Poppy. »

Elle avait déjà entendu Albus et se dirigeait déjà à son chevet. « Comment vous sentez-vous, Albus ? »

Il sourit. « Bien mieux que la dernière fois, je vous remercie. J'ai une énorme dette envers vous, Poppy. »

« De rien, mais c'est envers Severus que vous avez réellement une dette. C'est lui qui a tout fait pour vous sauver. J'ai peur de n'avoir eu aucune idée de la façon de vous aider, Albus. Je n'ai jamais vu une telle malédiction. Quand Hagrid vous a ramené, la seule chose que j'ai pensé faire a été d'appeler Severus. »

Albus inclina la tête. « Oui, c'était une malédiction tout à fait affligeante. Tout ce que j'ai pu faire a été d'Apparaître de nouveau aux portes de Poudlard. Je n'étais même pas sûr d'y être arrivé. J'ai du perdre connaissance juste en arrivant. Ainsi c'est Hagrid qui m'a trouvé ? »

« Oui, » répondit Poppy. « Et remerciez les cieux qu'il revenait juste de Pré-au-Lard au moment où vous êtes apparu. Vous auriez pu rester devant le portail pendant des heures avant que quelqu'un ne vous trouve. »

« Une chance des plus fortuites, » convint Albus.

Poppy lança quelques charmes de diagnostic. « Bien, vous semblez être en bonne voie de guérison, Albus. Votre bras est brûlé, mais si vous appliquez cet onguent trois fois par jour, il sera de nouveau en bon état d'ici une semaine. Sinon, vous êtes en très bonne santé et très chanceux. » Elle haussa ses sourcils. « Je suppose qu'il serait futile de vous demander des détails sur la façon exacte dont vous avez été blessé. »

« Pour le moment, oui, » lui répondit Albus. Il tourna la tête en direction du lit voisin. « Je peux comprendre pourquoi vous êtes tout deux ici, mais pourquoi est-ce que Harry est ici ? »

Après un moment de silence inconfortable, Poppy murmura quelque chose au sujet d'un travail dans son bureau et disparut. Severus prit une profonde respiration et expliqua comment Harry avait été blessé.

Il ne pouvait pas croiser les yeux d'Albus, donc il se concentra sur le mur blanc derrière lui. C'était la chose la plus dure qu'il avait à faire depuis qu'il était venu voir Albus pour l'aider quand il avait quitté Voldemort. Peut-être même encore plus dur. Il avait promis de ne pas maltraiter le garçon, de le garder en sécurité. Il avait échoué des deux côtés.

Quand il eut fini son récit, il se força à rencontrer le regard de son mentor. Le visage d'Albus était grave, un mélange de désapprobation et de déception, mais tout ce qu'il dit était, « Comment avez-vous l'intention de vous faire pardonner, Severus ? »

Severus passa une main dans ses cheveux. « Je ne sais pas, Albus, » dit-il calmement. « Je lui ai fait des excuses. Je sais que ce n'est pas assez, mais j'essayerai…. » Sa voix s'affaiblit, incertaine.

« Vous avez fait des excuses à Harry ? » répéta doucement Albus.

« Oui, naturellement. »

Albus lui lança un regard pénétrant avant de dire. « Bien, c'est un début. J'espère que vous prendrez mieux soin de Harry dorénavant. »

La voix d'Albus était sévère et Severus reconnut ces paroles comme un avertissement. Il s'en sentit légèrement indigné, mais en même temps il savait qu'il l'avait mérité donc il inclina seulement la tête.

Albus hocha la tête et se leva. « Très bien. Si je peux parvenir à convaincre Poppy de me libérer, je voudrais vous voir seul dans mon bureau, Severus. Je n'ai pas voulu entrer dans les détails devant elle, mais comme vous êtes le gardien de Harry, je pense que vous devez en savoir plus sur la façon dont j'ai été blessé. » Il baissa sa voix. « Je pense que nous avons finalement fait un premier pas vers la victoire. »


Dumbledore était assis dans une chaise près de son lit quand Harry se réveilla de nouveau. Cela rappela à Harry le jour où il s'était réveillé pour seulement apprendre de Dumbledore qu'il allait devenir, qu'il le veuille ou non, l'esclave de Rogue. Pendant un instant, Harry souhaita pouvoir se rendormir, mais Dumbledore avait déjà vu qu'il avait ouvert les yeux et lui donna ses lunettes.

« Harry, j'ai entendu parler de ce qui s'était passé et je suis vraiment désolé. Est-ce que tu vas bien ? »

Bien sûr, je suis l'esclave d'un de mes pires ennemis. Je n'ai aucune liberté ou droit. J'ai perdu tout ce que je n'ai jamais eu. Mais je vais super bien, ne vous inquiétez pas.

Puisqu'il ne pouvait pas dire ce qu'il pensait vraiment à Dumbledore, Harry inclina seulement la tête.

Sentant le regard du directeur sur lui, il releva les yeux et fut étonné de voir une telle tristesse dans les yeux de Dumbledore. « Est-ce que vous allez bien, monsieur ? Ils ont dit que vous aviez été gravement blessé. »

Dumbledore sourit, mais Harry trouva qu'il semblait toujours triste. « Oui, merci, Harry. Je vais bien mieux maintenant. J'ai bien peur de mettre blessé le bras. » Il fit un signe en direction de son bras bandé. « Mais Madame Pomfresh m'assure qu'il guérira bientôt. » Avec son bras valide, il plaça une main sur l'épaule de Harry. « Je souhaiterai juste pouvoir t'aider. »

Harry regarda ailleurs, clignant furieusement des paupières pour ne pas pleurer et après quelques secondes, Dumbledore continua, sa voix vibrante d'une gaieté feinte.

« J'ai quelque chose pour toi, d'ailleurs. » Il mit la main dans un des poches de sa robe verte émeraude et en retira plusieurs enveloppes. « Mlle Granger et M. Weasley ont été plus que bouleversés de devoir quitter l'école avant que tu ne sois réveillé. J'ai promis de leur dire quand tu te réveillerais et je l'ai fait, mais je ne leur ai rien dit au sujet du sortilège d'esclavage. Ils semblent avoir décidé de garder tous les hiboux occupés depuis. »

Harry prit les lettres et les fit tourner dans sa main. Ses yeux se brouillèrent à la vision familière du gribouillage illisible de Ron et de l'écriture appliquée de Hermione. Mais ensuite une autre pensée le traversa et il regarda Dumbledore.

« Mais je ne suis plus à Privet Drive. Comment savent-ils où ils doivent envoyer les lettres ? »

« Je suis passé rendre une visite à ta famille le jour où tu es parti pour Prince Hall, » expliqua Dumbledore. « Comme j'étais là, j'ai mis un charme sur la maison de sorte que tous les hiboux t'apportant des messages de tes amis soient réorientés vers Poudlard. Harry, tu peux répondre à tes amis, bien sûr… »

Si Rogue me laisse le faire, pensa Harry, mais il ne l'interrompit pas.

« Mais je te demande de ne rien leur dire au sujet du charme d'esclavage, ou sur le fait que tu ne vis plus avec ton oncle et ta tante. Les hiboux postaux ne sont pas complètement sûrs et risqueraient de se faire intercepter ; nous ne voudrions pas que Voldemort ou ses disciples apprennent cela. »

Harry ne voulait pas que quiconque apprenne un jour qu'il était un esclave, donc il inclina immédiatement la tête en accord. Avant que Dumbledore ne puisse dire autre chose, Rogue et Madame Pomfresh sortirent de son bureau.

Rogue semblait plutôt impatient. « Oui Poppy, j'ai suffisamment de Potion de Restauration de tissu à la maison et oui, je sais qu'il doit en prendre deux fois par jour, matin et soir, pendant une semaine. Je pense que je pourrai y arriver sans votre aide. »

Madame Pomfresh semblait sur le point de lui lancer une réplique mordante, mais ensuite elle aperçut Harry et son visage s'adoucit. « Bien, mon chéri, je pense que vous allez pouvoir rentrer à la maison à présent. Le Professeur Rogue nous a invité, Albus et moi, au dîner vendredi soir donc nous nous reverrons à ce moment-là. »

Harry souhaita violemment ne pas avoir à y retourner, de pouvoir seulement rester à Poudlard à la place. Il aimait Norie et Zan et Prince Hall était beau, mais c'était la maison de Rogue, pas la sienne. Poudlard était sa maison et il détestait la laisser, d'autant plus que cela signifiait qu'il serait seul avec Rogue une nouvelle fois. Mais il allait devoir s'habituer à cela.

Harry prit une profonde respiration et se rappela que ce n'était que provisoire. Un jour, il serait libre de nouveau. Un jour, il retournerait avec sa vraie famille et la première étape à faire pour que ce jour viennent était de retourner à Prince Hall et de commencer à étudier et à apprendre tout ce qu'il pouvait.

Ainsi il dit au revoir à Dumbledore et à Madame Pomfresh et suivit Rogue vers la cheminée. Le professeur jeta un peu de poudre de Cheminette dedans et tourna la tête vers Harry. « Etes-vous prêt ? »

Harry fut étonné qu'il ne ricane pas ou que ses paroles ne semblent pas haineuses. Il fut encore plus étonné quand la main de Rogue s'enroula doucement autour de son bras alors qu'ils faisaient un pas dans l'âtre. Puis des flammes vertes s'élevèrent autour d'eux et ils furent de nouveau emmenés vers Prince Hall.

A SUIVRE

Petit mot de la traductrice :

Les voilà sortis de l'infirmerie… Comment les choses vont-elles se passer maintenant ? Suite au prochain épisode !

Tchao !