NdA : Je remercie ceux qui ont la peine de commenter… J'espère que ce chapitre ne vous décevra pas, il est un peu différent des autres. Blaise se rebelle, et le mystère de la veuve noire se désépaissit un peu !
Daphné Greengrass fait son apparition dans cette fic Messieurs-dames ! J'espère que vous lui réserverez un bon accueil... REVIEWS S'IL VOUS PLAIT !
Chapitre IX : Pride
En me couchant ce soir-là, je pris le temps de repenser à ce qui s'était passé depuis le début de ce second séjour à Paris. Mara quant à elle dormait à quelques mètres de moi, et toute ma chambre était imprégnée de son odeur - une odeur de pomme et de cannelle, si mon odorat aguerri par l'art des potions ne me trompait pas. Je ne l'avais pas remarqué auparavant… Mais là encore, il y avait énormément de choses que j'ignorais sur elle, et c'était à mes yeux ce qui faisait le charme de notre amitié. Enfin, amitié... Disons plutôt relation.
A mon grand regret, je ne retrouvais pas la Mara du début, un peu peste, braque, et tellement pareille à moi dans le fond… A présent que nous nous connaissions mieux, et qu'elle savait que j'étais un sorcier, Mademoiselle voulait plus. Ce n'était qu'une femme comme les autres finalement. Et je ne perdais jamais mon temps avec des gens banals ils courraient les rues. De plus, Mara avait raison : un tas de cruches faisaient la queue pour rentrer dans mon lit. Et si cela suffisait à faire de moi un beau salaud, alors qu'il en soit ainsi. Je n'allais pas changer pour ses beaux yeux – et qui au demeurant ne l'étaient pas tant que cela.
Mais avant de retrouver mon lot quotidien, je me devais de quitter la scène sur un coup d'éclat je m'étais montré trop passif pendant notre petite mise au point. Or c'était moi le maitre du jeu, et Mara allait l'apprendre à ses dépens, surtout que si j'étais parfaitement honnête avec moi-même, mon ego de mâle se sentait menacé. Personne ne critiquait Blaise Zabini sans en payer les conséquences. Si l'exemple que ma mère m'avait donné devait se résumer en une phrase, ce serait sans doute « Quitte à avoir mauvaise réputation, autant la mériter. » Et justement, je m'apprêtais à rendre la Veuve Noire très fière de m'avoir pour fils.
Ainsi Mara pensait que j'étais un beau salaud et un piètre ami ? Eh bien j'allais de ce pas lui donner raison. C'était moi le maitre du jeu. Elle qui voulait absolument me connaitre davantage, elle n'allait pas tarder à découvrir une autre facette de ma personnalité. Résolu à en découdre le plus vite possible, je m'habillais sommairement et allais toquer à la porte de sa chambre.
« Blaise ? Qu'est-ce qui se passe, tu as un souci ?
Sa voix, déjà rocailleuse d'ordinaire était encore plus enrouée et ses yeux semblaient vitreux de sommeil. Evidemment, je l'avais réveillée. Le temps d'un battement de cil, je ne pus m'empêcher de détailler sa frêle silhouette, moulée dans un déshabillé de satin bleu marine, brodé de dentelle noire. Parfait.
_ Pardonne-moi de te réveiller au beau milieu de la nuit, lui répondis-je avec un sourire faussement contrit, mais je repars demain matin très tôt et je ne voulais pas laisser tous ces non-dits entre nous.
_ D'accord... Hum, eh bien parle, maintenant que je suis debout.
_ Que veux-tu savoir sur ma mère ?
Il fallait qu'elle baisse sa garde.
_ Ta mère ? S'exclama-t-elle, surprise et tout à fait réveillée. Euh… Son nom pour commencer, ensuite fais-moi une rapide description d'elle, de comment elle a rencontré ton père… Je sais déjà qu'elle est rentière et qu'elle a eu plus de maris que n'importe qu'elle femme de ma connaissance… Et que le hasard n'y est peut-être pas pour rien. Pas la peine de te demander pourquoi tu es devenu avocat, ajouta la belle endormie avec un sourire malicieux. Pardon, 'Plaideur'…
_ Le vin m'a fait dire beaucoup de choses. Crois-tu vraiment que j'étais sérieux quant à sa malencontreuse succession de maris ?
_ Franchement, oui, je crois que tu étais sincère. Le vin délie les langues, et tu ne réponds par une question que lorsque tu ne veux pas mentir. Et si j'avais des doutes, ta réaction défensive les a effacés. Mais y'a une chose que tu as oublié en cours de route coco je me fous de savoir ce qu'elle fait ou non, je veux juste connaitre ta version d'elle.
Phase un enclenchée.
_ Ma mère s'appelle Sidonie Angana Morelle-Khan, de son nom de jeune fille. Elle est d'origine française et indienne, et l'ironie du sort a voulu que déjà, son second prénom signifie « femme séduisante ». Mais dans la société sorcière, on la connait mieux sous le nom de 'veuve noire'. Son intelligence n'a d'égal que sa beauté, et pardonne-moi ce piètre jeu de mots, mais elle est capable d'ensorceler n'importe qui. D'ailleurs, en parlant de nom, pourquoi t'appelles-tu Marie-Rachel ? Tu peux bien me le dire, on est amis après tout !
_ Retourner mes propres mots contre moi… On t'a déjà dit que tu étais perfide ? me demanda Mara en riant.
_ Drago me le répète régulièrement en effet.
_ Dans ma famille, on aime les prénoms composés. Et la tradition veut que chaque fille soit nommée d'après les prénoms de sa mère et de sa grand-mère paternelle. Et me voilà affublée de ce prénom risible. Déjà que ma particule n'est pas facile à porter... A ton tour… Tu t'entends bien avec ton père ?
_ Ma mère a rencontré mon… géniteur lors d'un gala, juste après avoir fini ses études de Potions, à dix-neuf ans. Lui était d'origine italienne, avec tous les clichés que cela accompagne - grand, méditerranéen, riche, machiste… Il s'appelait Emilio Eros Zabini. A ma naissance, quand sa famille s'est rendue compte que je n'étais pas aussi blanc qu'il se l'imaginait, elle fit pression sur lui pour qu'il nous abandonne moi et ma mère - ce qu'il fit après quatre ans de vie commune. Je crois savoir qu'il est décédé un peu avant mes six ans.
_ Je suis désolée.
Ça y est, elle était émue.
_ Pas moi. Un homme qui n'est pas capable de se dresser contre les préjugés de sa famille pour défendre sa femme et son enfant ne mérite pas de rester auprès d'eux. Du reste, je n'ai pas souffert de son absence, ma mère suffisant largement pour remplir les deux rôles parentaux. De toute façon, je ne pense pas qu'il y ait de la place pour un homme dans son cœur. C'est déjà difficile pour moi qui suis pourtant son fils…
_ Elle n'a pas la fibre maternelle ?
_ Pas dans le sens où tu peux l'entendre, non. Nous sommes liés, bien-sûr, souvent de connivence, et elle tient à moi, dans une certaine mesure. Pour ma part, j'ai une grande admiration pour elle. Mais nous n'avons pas une relation mère-fils traditionnelle.
_ Qu'entends-tu par-là ? Tu ne l'aimes pas comme on aime une mère ?
Tant de curiosité… C'était presque trop facile.
_ Pour l'aimer, il faudrait que j'aie une confiance absolue en elle…
_ Et manifestement, ce n'est pas le cas… Et quand tu étais enfant ?
_ Je n'ai jamais été vraiment enfant. Elle m'a toujours considéré comme un petit adulte en devenir, et si je ne manquais de rien, je ne gaspillais pas mon temps en futilités. Ta mère t'emmenait aux parcs de jeu ? La mienne m'apprenait les potions, l'art, les langues étrangères et l'art de la conversation… J'étais fier d'être sa pupille. Encore aujourd'hui, je suis le seul à pouvoir réclamer son entière attention. Elle a très peu d'adversaires intellectuels à sa mesure, et elle m'a formé dans ce but.
Phase un terminée Le jeu pouvait commencer.
_ Bon, et bien, merci de... ta franchise. Je me doute qu'à présent j'en sais plus sur vous que n'importe qui. Merci d'être revenu en arrière.
_ Il n'y a pas de quoi. Au moins, j'aurais fait tout ce que j'ai pu pour être un bon ami, 'je me suis livré'.
_ Oui. D'ailleurs, je crois que j'y suis allée un peu fort tout à l'heure. Je pensais tout ce que je t'ai dit, mais... tu es un bon ami Blaise, me sourit-elle gentiment.
Ainsi elle reculait déjà... Aurait-elle laissé sa vivacité entre ses draps ? Ou bien ses neurones ne s'étaient pas réveillés avec elle ? Je n'avais plus qu'à passer à l'offensive, et le combat serait déjà fini. Soit.
_ Merci Mara, répondis-je avec un sourire enjôleur. Tu ne peux pas savoir à quel point ces mots sont importants pour moi.
Je posais ma main tout près d'elle, sur le chambranle de la porte, et j'eus la satisfaction de la voir froncer les sourcils. Notre promiscuité la mettait enfin mal-à-l'aise, mais elle ne s'était pas assez méfiée. Tant pis pour elle, mon piège se refermait déjà. Je pris l'initiative de replacer une de ses mèches folles derrière son oreille, et lui chuchotais d'une voix suave :
_ Hélas, j'aimerais que notre amitié me suffise...
Elle me jeta un regard incrédule, mais c'était peine perdue je m'emparais déjà de ses lèvres. C'était moi le maitre du jeu.
(…)
« Sérieusement ? s'exclama Daphné Greengrass, en éclatant d'un rire guttural devant mon sourire satisfait. Merlin, Blaise ! Coucher avec une moldue parce qu'elle a eu l'impudence de te dire tes quatre vérités ? Ce n'est pas un peu excessif ? Et est-ce que Drago est au courant ? Je tuerais pour avoir l'honneur de le lui dire...
Comme nous avions l'habitude de le faire depuis plus de dix ans, Daphné et moi nous offrions une glace chez Florian Fortarôme. Cette fin de février était exceptionnellement chaude pour la saison, 22°C... En dégustant ma glace au chocolat noir saupoudrée d'éclats de caramel et de paillettes de noix de coco, je lui avais raconté ce qui s'était passé entre Mara et moi.
Miss Greengrass première du nom était ma version féminine de Drago – caractère et blondeur quasiment similaires – et nous nous entendions si bien que cela intriguait nos familles. Astoria, entre autres, nous imagina mariés dès son plus jeune âge. Malheureusement pour elle, il n'y a jamais eu la moindre ambigüité entre nous, et nous nous contentions de bavarder en toute tranquillité.
_ Et que s'est-il passé ensuite ?
_ Allons, ton elfe de maison ne t'a donc pas expliqué ce qu'il se passe entre un homme et une femme ? J'ai peine à le croire, quand on connait la réputation dont tu jouis auprès de la gente masculine...
_ Tu m'agaces avec ton humour noir, Blaise. Bien-sûr que je sais ce qu'il s'est passé ensuite. Je veux dire, au moment de partir, que s'est-il passé ? Comment cette... fille a-t-elle réagi ?
_ Elle dormait encore quand je suis parti. Il faut dire, sans me vanter, que nos activités nocturnes ont étés... harassantes.
_ Ravie de l'apprendre, railla-t-elle en levant les yeux au ciel un bref instant. Alors tu es parti comme ça ? Sans rien lui laisser ?
_ Non, je lui ai laissé un mot tout de même. Une performance pareille méritait bien un petit commentaire...
« Ma chère Mara,
Désolé de partir si vite, mais il y a des choses plus importantes que d'autres.
Bien à toi,
Blaise.
P.S : Maintenant, tu peux vraiment dire que je suis un salaud.
_ Non... Tu ne lui as pas fait ça quand même ! C'est ignoble !
Le rire puissant de Daphné attira l'attention de nos tables voisines, et même l'indignation d'une femme âgée qui pesta contre le manque de retenue de la jeunesse.
_ Serais-tu en train de compatir à ses malheurs ?
_ Pas vraiment, après tout ce n'est qu'une moldue... Mais quand même... Il n'y aucune chance pour qu'elle te pardonne après ça !
_ Peut-être bien, mais j'assumerai les conséquences. Et puis, elle n'a rien de spécial, je pourrai facilement la remplacer...
Ma compagne avala une bonne cuillère de sa propre glace avant de me répondre avec sérieux.
_ Tu crois ça ? Tu en as souvent rencontré avant, des moldues qui se lient d'amitié avec toi, et que tu laisses entrer dans ton lit – ou plus exactement, qui te laissent entrer dans le leur ? Qui est-ce que tu essaies de convaincre, toi ou moi ?
_ Je ne veux convaincre personne.
_ Si tu le dis. Moi je pense qu'elle te manquera. Elle n'est peut-être pas unique en son genre, mais ton attachement à elle, lui, il l'est.
_ Je ne suis pas attaché à elle. Elle est moldue, moi sorcier, nous nous sommes amusés un temps ensemble. C'est tout.
Elle n'avait pas l'air convaincue mais elle n'insista pas, et je lui en sus gré. Je ne comptais pas passer le reste de mon après-midi à argumenter sur Mara, alors que Daphné ne l'avait même jamais rencontrée. Et j'étais persuadé qu'après ma petite 'offensive', elle n'en aurait jamais l'occasion.
Mais j'ignorais encore que Mara allait me faire subir la loi du Talion...
