On avait beau être en décembre et être la nuit, Féli n'avait pas froid. Elle marchait à présent dans le parc avec Charlie, il était étrangement silencieux, mais cela ne la dérangeait pas, Eric aussi avait été silencieux et elle avait passé des journées entières, étant enfant, sans parler.
Ils arrivèrent devant la fontaine, vide et éteinte en hiver. Le pas de Charlie ralentit et s'arrêta, entrainant Féli avec lui. Elle se tourna vers lui en cherchant une explication sur son visage, il avait l'air confus.
-Féli…Je…Charlie passa une main dans ses cheveux, c'était vraiment plus dur que ce qu'il avait imaginé, et pourtant il avait répété la scène avec Anna. Tu sais que je suis complètement dingue de toi, et la vérité est que je veux passer le reste de ma vie dans cet état, et que je veux te voir tous les matins en me réveillant, et tous les soirs en me couchant et…
-Charlie, l'interrompit Féli, je…
-Je sais. Je sais qu'on passe notre temps à se mentir. Comme l'a dit ton frère, pas de questions, ni pour toi, ni pour moi. Mais ce n'est pas l'essentiel Féli. Oui, il faut pouvoir se faire confiance pour vivre ensemble. Je te fais confiance sur le fait que tu ne me caches rien de grave, ou rien sur nous, et j'espère que tu as la même confiance en moi. Alors oui on va continuer à se mentir, à ne pas poser de questions, mais ce sera sur notre travail ou autre, pas sur nous, pas sur nos sentiments, tant qu'on se dit la vérité là-dessus, tout ira bien. Alors Féli, est-ce que tu accepterais de me laisser te mentir pour tout le reste de ma vie ? Est-ce que tu me ferais l'insigne honneur de devenir ma femme ?
Charlie savait qu'il ne rougissait pas, il n'était plus à ce stade, il savait aussi qu'elle allait dire oui, il le voyait dans le pétillement de ses yeux, et il sentit un sourire béat se dessiner malgré lui sur ses lèvres. Il entendit à peine sa réponse, mais il l'entendit tout de même et fut prêt quand elle se jeta à son cou. Il n'avait jamais été aussi heureux.
