Un gros chapitre ici. Suivit du petit 11. Merci d'avoir lu, j'ai quand même quelques 100 vues (ok, un peu plus) et ça me fait plaisir, d'autant cette fiction n'était pas facile à écrire. Voilou!
Chapitre 10 : Le jour où l'école reprit.
La semaine de vacances s'écoula trop vite à mon goût. J'avais pris plaisir à me réveiller avant les autres et à faire un tour, contempler la mer avec Lucario. On avait finit par s'apprécier et un semblant de confiance était né entre nous, ce qui me faisait beaucoup de bien niveau mental.
Ça faisait presque deux semaines que j'étais avec la famille de Cathy, et je me rendis compte que je serais bientôt en état de voler. L'infirmière l'avait déclaré la veille en me plaçant un simple bandage à la place du plâtre pour mon aile.
J'avais aussi appris à apprécier Armand et ses pokémons, même si les goûts différaient. Là où Etouraptor aimait faire trempette, je ne voyais qu'un moyen de finir stupidement ma vie par une noyade accidentelle.
En revanche, j'aimais grimper dans les hauteurs, aidé de Lucario. Puis vint le matin où l'on dû plier bagages. Je fis rire Leila en lui apportant une casserole que je tirais comme je pouvais sur le sol. Cathy me lança un 'tss' de désapprobation.
J'espérais que les rapports entre elle et moi allaient être moins distendus. Je me trompais. Mais elle rechignais moins à la présence des pokémons de son oncle et de moi-même. J'avais enfin pris l'habitude de ma petite taille, et fis simplement la moue quand Leila m'ouvrit la porte de ma cage. C'est vrai que je l'avais oublié durant les huit jours ici.
Cette fois, Armand et Etouraptor déposèrent à tour de rôle les parents de Cathy et leur fille devant le Ferry grâce à Vol. Le voyage du retour servit à rappeler les bons moments des trois humains et je détournais avec une pointe de regret, mon regard de la Ligue Pokémon.
Le voyage en train fut tout aussi rapide, mais l'arrivé momentanée de Jessie et de James plomba l'ambiance. Lorsqu'ils me virent, ils ne dirent rien, mais je sentis Cathy se crisper. Avait-elle peur ? Toutefois fut-il qu'elle me saisit et me plaça sur ses genoux, ce qui m'étonna de sa part.
Elle n'avait pas ses gants, pour cause que j'avais fait des pieds et des mains à Lucario pour qu'il aille les cacher dans la Route Victoire. Cathy en avait fait toute une scène, mais n'avait pu se résoudre à aller chercher les gants, de crainte qu'il y ait des pokémons sauvages dans le coin.
La jeune fille ne détacha pas son regard des deux uniformes de la Team Rocket devant nous, et se mit à caresser machinalement mon aile gauche. Et je peux vous dire une chose : C'était trop bon ! Un vrai massage de VIP !
Ma tête dodelina et l'instant d'après, je m'écroulais sur ses genoux, apaisé par la douceur des caresses.
- Réveillez-vous, chantonna blondie. On vient d'arriver !
Cathy caressait toujours mon aile gauche quand sa mère la tira de sa torpeur. Je vis que les membres de la Team Rocket n'étaient plus avec nous. Hector me glissa dans ma cage, le temps de sortir de la gare et j'entendis Cathy murmurer à sa mère :
- Il a les ailes super douces ! On aurait dit Prinplouf !
Leila eut un petit air de nostalgie, mais il fut dissipé par son mari qui lui demandait de venir prendre des bagages. La famille papota joyeusement, et parlait rentrée. Cathy voulait reprendre son karaté, Hector ses interview et Leila ses études sur l'évolution des divers pokémons. Il n'y avait que moi qui n'avait pas vraiment d'objectifs, hormis ma taille normale.
Je me demandais aussi qui était Prinplouf. Son pokémon ? Celui de ses parents ?
La soirée fut prise par le rangement des affaires de vacances pour l'année suivante, et je retrouvais rapidement mon coin de chambre.
- Gira !
- Rah ! Pourquoi tu veux absolument venir ?!
L'infirmière avait enlevé mon bandage à mon aile gauche deux jours après notre retour de vacances, et j'avais le droit de voler sur de courtes distances. J'avais décidé d'accompagner Cathy pour la rentrée des classes, et ce lundi matin, elle ne pourrait me distancer.
Cathy cessa de courir et laissa tomber la partie. Néanmoins, elle me demanda de me poser en face d'elle et dicta des règles.
- Alors, il ne faut pas qu'on te vois ! On n'a pas le droit d'amener des pokémons en cours ! Tu m'attendras dehors, c'est compris ?
- Gira !
- Tu vois le bâtiment là-bas ? Avec le toit bleu ? c'est l'école. Vas te poser dessus discrètement. Je dois passer par l'accueil. On se verra à la rentrée.
J'obtempérais, tout excité à l'idée de voir ce qu'était une rentrée des classes. Ma petite taille m'avait permis de découvrir des choses que je ne soupçonnais pas jusque là. Des choses qui ouvraient sur un monde nouveau, là où je pensais que les humains et les autres pokémons vivaient dans une routine constante.
Une fois sur le toit, j'attendis de voir l'école avaler ces quelques dizaines d'élèves, et une fois que la cloche sonna, je vins passer vers les fenêtres pour repérer Cathy. La cloche sonna de nouveau et je ne tardais pas à comprendre que cette sonnerie indiquait aux humains qu'il fallait changer de salle et/ou de cours.
La pause du midi s'effectua dans les toilettes pour ma part, Cathy ne tenant pas à ce que je sois vu des autres. Elle accepta avec nervosité que je mange sur ses genoux pendant qu'elle en faisait autant. Puis la sonnerie retentit de nouveau.
- C'est mon cours d'histoire. J'en ai un autre de sport après la récré. Après on rentre, ok ?
Je hochais la tête, pour lui faire comprendre que je l'attendrais et elle s'empressa de rentrer avec les autres. Je sortis une fois seul et me rendit compte qu'il faisait très chaud dehors. La voix du professeur s'éleva et je l'entendis parler -tiens, surprise-, de moi.
- On raconte que Giratina possède son monde à lui. Un monde appelé Inversé ou Distorsion. Le rapport du Professeur Graceland Newton est le plus précis à ce jour. Giratina est un pokémon très protecteur de son domaine, et peu de personnes sont capables d'en trouver l'entrée.
Je me glissais à travers une fenêtre ouverte et atterrit silencieusement dans le fond de la classe. Une main se leva.
- Pourquoi a-t-il été banni ?
- Arceus a jugé qu'il était trop violent envers les espèces de notre monde. Il a préféré exiler Giratina. Mais banni ne veut pas dire inutile. En fait, Giratina est celui qui nous permet de vivre en harmonie encore aujourd'hui.
Ah bon ? C'est nouveau ça...
Une fille avait le même jugement que moi. Elle posa donc la question.
- Sachez que le Monde Inversé ou Distorsion est relié au Monde de Réalité. Et bien que voisins, ils ne se croisent pratiquement jamais. Seul Giratina peut voyager d'un monde à l'autre. Mais la plupart du temps, il se contente de nous observer.
Je m'approchais du sac de Cathy. Les élèves étaient tellement absorbés dans les propos du prof qu'ils ne me virent pas. Lequel traçait les deux mondes dont il parlait.
- Giratina veille à ce que les colonnes de son monde soutiennent les nôtres. Sinon, il voudrait s'effondrer et ça serait la fin des hommes et des pokémons.
- Vraiment ? Alors il est essentiel à notre vie alors que nous ne le voyons jamais ? Demanda un garçon qui m'avait l'air arrogant.
- Parfaitement. Nous pensons tous que Dialga et Palkia ont créé la région de Sinnoh. Certes, mais en partie. Giratina nous aide en soutenant le tout. Mais il est souvent ignoré.
Cathy me vit et me lança un regard furax. Elle tenta de me saisir pour me mettre dans son sac mais à ce moment, le professeur nous prit en flagrant délit.
- Qu'est-ce que vous tenez dans votre main, mademoiselle ?
La karatékate me lança un regard à la 'tu ne perds rien pour attendre', et rétorqua au professeur :
- Une poupée Giratina.
Traduction : fais le mort ou t'es grillé.
En deux enjambées, le maître m'avait rejoint et il me saisit dans ses mains. Je fis de mon mieux pour rester impassible. Des élèves ricanèrent, disant même 'elle a amené son doudou !'. Quant à moi, j'avais déjà vu ces yeux quelque part... Mais où ?
- Hum... J'apprécie fortement que vous preniez à cœur le sujet, mais je vous prierai de ne plus ramener une effigie de Giratina ici. Ce n'est pas autorisé en classe. Vous la laisserez au casier, et je vous rappelle que vous avez le droit de la sortir que pendant les heures de pauses. Suis-je clair ?
- Très, monsieur, répondit Cathy en baissant la tête.
Le professeur remonta la rangée et me déposa sur son bureau et continua son cours. Je savais que j'allais passer un mauvais quart d'heure ce soir. Mais tout ce que je pouvais faire était imiter la 'poupée Giratina' que Cathy avait 'amené'.
La cloche sonna et Cathy se leva en express, dans la ferme intention d'aller me remettre dans son sac. Mais le professeur ne l'entendait pas ainsi.
- Vous la récupérerez après votre cours de sport. Elle ne doit pas sortir de cette classe.
Pour appuyer ses dires, le professeur me plaça dans un tiroir. Cathy demanda à essuyer le tableau. L'homme ne la quitta pas des yeux, et lorsqu'il ferma la porte à clé, Cathy avait eu le temps de me jeter un dernier regard désolant. La dernière phrase que j'entendis était 'je pourrais vous parler dans la salle des professeurs ?'.
Alors que je tentais de me dégager du tiroir depuis les dix minutes qu'ils étaient partis, quelqu'un le tira sèchement ce qui me fit tomber en arrière. Deux garçons me saisirent sans ménagement, en ricanant.
- C'est quoi cette poupée ? L'ai jamais vu..., commenta le premier.
- Laisse ! Du moment qu'on peut en profiter ! Elle amène jamais rien en cours et nous envoie toujours bouler lors de combats, grogna le second. On va rire.
Vous peut-être, mais moi non... Pas comme ça m'a l'air d'être parti.
- Elle est vachement lourde ! Elle l'a trop gavé de Poffins !
Je t'emmerde ducon !
Les garnements sortirent et je me demandais toujours s'il fallait que je joue le mort ou me que je casse en volant.
- Une chance qu'on ai trouvé ce double des clés l'année dernière, ricana le premier des deux idiots en faisant tournoyer celles-ci dans sa main. On peut aller où on veut.
- Tiens voilà Cathy, signala le second. Hé Brunasse !
Elle se retourna et se figea en me voyant.
- T'as vu ce que je tiens ?
Par la queue. Mais le sol est joli... Voir les gens à l'envers est une expérience intéressante, dommage que le sang qui monte à la tête les force toujours à revenir dans le bon sens.
- Rendez-moi ça tout de suite !
Cathy fila vers les deux dans la ferme intention de leur mettre une raclée, mais celui qui me tenait se dirigea vers les toilettes. Il ouvrit la cuvette et je n'eut pas trop de mal à deviner la suite de son sinistre programme.
- Ha, non. Si tu cognes, elle finit dans les égouts. Ça serait bête.
- Rends-moi ça tout de suite, Julien. Qu'est-ce que tu veux ?
- Écoutes, le vrai Giratina a effrayé Jun mon cousin. Bon, là c'est une poupée mais je lui rends la pareille.
Il me lâcha au moment où le professeur sortait de la classe pour venir voir la nature des cris. Sauf qu'au lieu de finir dans les toilettes comme les élèves s'y attendaient, je déployais mes ailes et rasais la cuvette pour remonter en piqué.
Il y eu des 'oh !' mais je m'en fichais. Je fonçais vers celui qui a tenté de me noyer et le percutais dans le dos. Il partit en avant, la tête prête à rentrer dans la cuvette. Il freina mais je me laissais tomber de tout mon poids sur son cuir chevelu et il eut de la merde au goûter.
Le professeur arriva en courant, mais je ne lui laissais pas le temps d'agir. Je plongeais sur le deuxième garnement avec un 'Gira !' sonore et lui faucha la jambe gauche. Il tomba sur son copain et lui enfonça la tête plus profondément dans la cuvette. Une chose était sûre, il lui faudrait bien trois bains pour que l'odeur passe !
Les clés de la classe tombèrent au sol et je les saisis dans ma bouche pour les lancer au professeur, qui me lança un 'merci' d'étonnement.
Je me mis à tournoyer autour des deux idiots avec des cris rauques sonores, des cris de moquerie à peine dissimulés, accompagné et encouragé par ceux des autres élèves.
- T'es morte Cathy, cracha celui qui avait un collier de cuvette de WC. (Sa tête étant resté coincée, il avait dû tirer et casser l'abattant).
- Avant tout, vous allez venir tous les trois dans mon bureau ! Et les garçons, vous allez m'expliquer comment vous avez ces clés.
Cathy était assise en face de son professeur d'histoire, et je me tenais sur ses genoux. En fait, il s'était occupé du cas des garnements, mais il lui fallait des explications sur ma présence ici.
Tout d'abord, Cathy lui raconta notre rencontre. Puis elle lui expliqua mon soucis de taille et le professeur resta soucieux un moment. Finalement il trancha :
- Tu devrais écoper d'une punition pour avoir amené un pokémon ici, mais je vais passer l'éponge à une condition.
- Vraiment monsieur ?!
- Oui, ces deux-là étaient toujours en préparation d'un mauvais coup et je savais que mes clés avaient été volées. Mais bref. Prête-moi Giratina le temps de dessiner des esquisses de lui.
- Hein ?!
On était plus que surpris.
- Oui. Ce pokémon est dur à localiser en temps habituel. Il y a des erreurs sur ses couleurs, et avoir l'original sous les yeux est une chance rare. Et avec son problème de taille, je pourrais le dessiner et ainsi compléter le livre d'histoire des pokémons. Tout le monde a une représentation exacte de Dialga et Palkia, mais Giratina reste un mystère complet.
- Bah..., hésita Cathy. Il faut lui demander à lui !
Je la fixais. Après tout, c'était de ma faute. Je hochais la tête et allais me placer sur le bureau du professeur. Après tout, un ou deux dessins, ça n'était pas très méchant !
- Merci à vous deux ! Lança joyeusement l'adulte. On en reparlera dans la semaine. Rentrez chez vous, il se fait tard. Je toucherai deux mots à ton prof de sport.
- Merci monsieur ! Et à demain !
Cathy me cala dans son sac et s'empressa de rentrer chez elle. Arrivée à la maison, elle tenta de me regarder durement, mais me dit simplement :
- C'est bien la première fois que je n'arrive pas à t'enguirlander... Je vais me doucher. Maman ne va pas tarder maintenant.
