Base : Gundam wing, enfin, je crois.
Disclaimer : Les personnages de GW ne sont pas à moi mais à leurs concepteurs.
Commentaire : Cela se précise, Réléna sait ce qu'elle veut.
Bonne lecture à tous, que vous laissiez ou non des reviews.
Chapitre 9) Confrontation
Duo entre dans les locaux de la société de Quatre d'un pas lent.
Il n'a aucune envie de rencontrer le blond et encore moins de discuter avec lui de l'échange, mais il n'a pas le choix et il n'est pas "homme" à refuser l'épreuve.
Et puis, il connait suffisement Quatre pour savoir que ce dernier ne lui laissera pas le choix et que s'il ne se rend pas au rendez-vous, le blond se déchainera.
"Et qui sait ce qu'il pourrait bien faire ?"
Il ne veut pas tenter le diable.
Il essaie d'aller le plus doucement possible mais, à peine a t'il passé la porte qu'une secrétaire le prend en charge et le conduit auprès de Quatre qui l'accueille avec un grand sourire.
- Réléna ! Quel plaisir de te voir ici !
Duo réprime une soudaine envie de l'étrangler et lui sourit en retour.
- Tout le plaisir est pour moi.
"Tu parles, je préfèrerais courir un marathon."
- Si tu le veux bien, nous allons nous installer dans la salle de visio-conférence. Poursuit Quatre en lui ouvrant la route.
"Parce que j'ai le choix, première nouvelle."
- C'est parfait.
Lorsque la porte se referme, les isolant du reste du monde le sourire de Quatre reste inchangé mais Duo lui laisse tomber son masque de fausse satisfaction.
- Qu'est-ce que tu veux au juste ?
- Duo, Heero et toi êtes des amis de longue date et je n'aime pas la situation actuelle.
- Cela ne te donne aucun droit d'intervenir dans notre vie privée ! S'emporte Duo.
Quatre soutient son regard.
- Tout ce que je veux c'est m'assurer que tout va bien.
Il prend place devant le moniteur de contrôle et entre un code d'accès.
- Qu'est-ce que tu fais ? Questionne Duo avec angoisse en voyant l'écran principal s'allumer.
- Je contacte Réléna.
- Hein ? Mais attends... tu...
La protestation vient trop tard, déjà la communication est établie et un visage souriant s'affiche à l'écran.
- Bonjour Quat'chan. Comment va ?
Quatre sourit.
- C'est vraiment bien joué, on s'y tromperait.
Deux yeux violets s'écarquillent en signe d'incompréhension.
- Que veux tu dire ?
- Que ce n'est pas la peine de poursuivre, je suis au courant Réléna, Duo m'a tout révélé.
Réléna fronce les sourcils, elle n'avait pas pris en compte la possible interaction du blond dans ses projets. Qu'il soit au courant est une valeur inconnue qui risque de fausser l'équation.
De ruiner sa splendide évasion.
Nier ne sert visiblement à rien, elle décide de lutter bec et ongles pour conserver sa liberté.
- Que veux tu ?
- Avant tout, comprendre ce qu'une jeune épouse sur le point d'être mère peut bien trouver comme avantage à troquer son corps contre celui d'un homme, marié lui aussi de surcroit. Je t'écoute.
- Heero et moi avons fait une grosse erreur en nous mariant. Nous n'étions pas faits l'un pour l'autre.
- Admettons. Mais dans ce cas, vous pouviez divorcer. Pas besoin de recourir à des moyens aussi extrèmes.
- Je voulais divorcer, Heero avait d'abord accepté, mais il a changé d'avis lorsqu'il a su pour le bébé.
- Tu pouvais divorcer tout de même, avec tes appuis cela n'aurait pas été très difficile et nous le savons tous deux.
Les lèvres de Réléna se plissent en une moue contrariée.
Duo que les deux autres ont visiblement oublié assiste, fasciné à cet espèce de duel verbal entre deux êtres aussi douées l'un que l'autre pour le maniement des mots.
- Et je me serais retrouvée seule pour vivre ma grossesse et élever notre enfant.
- Je suis désolé Réléna, mais cet argument ne tient pas la route. Tu n'es pas seule, tu as de la famille et des amis, tu n'avais donc pas à redouter de vivre seule ta grossesse. Quand à la suite, Heero n'est pas homme à délaisser son enfant et il aurait fait sa part. Ce que je comprends, moi, c'est que tu as choisi la facilité et que tu t'es servie de Duo pour parvenir à tes fins.
La voix du jeune homme blond se durcit au fil des mots et son regard devient plus sombre.
- Ce que je vois c'est que tu n'as pas hésité à jouer sur son amour pour Heero pour le convaincre. Ose prétendre que j'ai tort !
Duo en reste bouche bée.
Il se secoue avec effort et proteste avec véhémence.
- Quatre ! J'étais d'accord !
Son ami se tourne vers lui, l'air désolé.
- Mais tu as été manipulé...
- Crois tu que je sois stupide à ce point ? Je sais bien qu'elle s'est servie de moi, mais j'en ai fait autant pour elle. Elle voulait partir et moi, je voulais Heero. Nous avons ce que nous voulions.
Il y a un silence, Quatre est visiblement ébranlé par les propos de Duo et Réléna en profite pour reprendre l'avantage.
- Donc, nous étions tous deux pleinement consentants et il n'y a par conséquent aucun problème.
Peut être s'est elle quelque peu avancée dans ses déclarations car Quatre repart aussitôt à l'attaque.
- Vous n'avez pas l'air de vous rendre compte ! Vous n'avez donc pas conscience des risques que vous avez pris en échangeant vos corps ? Ce genre de procédé est encore au stade expérimental, vous auriez pu en mourir. Sans compter les risques pour le bébé, du fait du voyage dans l'espace.
Duo sursaute et ouvre de grands yeux.
- Hein ? Quels risques ?
- Les voyages dans l'espace sont déconseillés aux femmes enceintes à cause des changements de gravité qui peuvent nuire au bon développement du bébé et au déroulement de la grossesse.
Visiblement secoué Duo se met à trembler et porte les mains à son ventre en un geste instinctif de protection, mais Réléna elle semble plus contrariée qu'inquiète.
- C'est ridicule, j'ai choisi une compagnie qui offre toutes les garanties d'un vol sécurisé. Mon corps n'a subi aucun changement de gravité, on me l'a certifié lorsque j'ai fait la réservation.
- Des arguments commerciaux, rien de plus. Rétorque Quatre avec un peu de mépris. Personne ne peut garantir à cent pour cent qu'un problème ne surviendra pas en cours de route qui obligera le pilote à faire varier la gravité de l'appareil.
- Pas plus qu'on ne peut garantir qu'il n'y aura pas de défaillance matérielle ou humaine ou encore collision avec un astéroïde. Contre Réléna.
Choqué Duo se recule pour ne pas écouter d'avantage et se réfugie dans un fauteuil, aussi loin que possible des deux béligérants.
Il n'est peut être qu'un intrus dans ce corps, mais il n'en est pas moins le "locataire" et par conséquent, la future mère du bébé qu'il contient. Il ne veut pas qu'il lui arrive le moindre mal. Même si ce n'est pas son enfant, il le considère comme tel. Il veut le protéger. Il a envie de pleurer et n'écoute plus les propos des deux autres.
Trop pris par leur discussion ni Quatre ni Réléna ne se rendent compte de sa détresse.
- Et cet enfant, de qui sera t'il le fils ou la fille au final ? Qui devra t'il appeler maman ? Duo ou toi ? Et si jamais Hilde se retrouvait enceinte ? Qu'en serait il de cet autre enfant ?
- En ce qui me concerne, je ne ferais aucune différence entre ces deux enfants. Je les considérerais tous les deux comme mes enfants et j'espère que Duo en fera autant.
- C'est un peu facile de dire cela alors que tu as déjà abandonné le premier. Déclare froidement Quatre.
Réléna devient plus sombre encore, elle foudroie Quatre du regard.
- Je ne crois pas avoir de leçons à recevoir de quelqu'un qui s'est enfuit par deux fois de chez lui, sans penser à sa famille. Rétorque t'elle d'une voix dure.
Quatre n'a pas le temps de répliquer, Réléna met fin à la communication et il se retrouve face à un écran bleu, les poings serrés.
Désormais, il n'a plus aucun doute, elle ne reviendra pas sur sa décision, elle a choisi la liberté et se moque visiblement des conséquences.
En soupirant il cherche du regard où a bien pu passer Duo et le découvre effondré dans un fauteuil, les joues trempées de larmes.
- Duo !
Il s'empresse auprès de lui et se penche pour lui essuyer les joues.
- Je suis désolé Quatre, je ne savais pas que le bébé allait être en danger. Je n'aurais jamais pris cet appareil...
- Duo...
- Je sais que ce n'est pas mon enfant, mais je l'aime !
- Duo, écoute moi !
Les yeux de son vis à vis se posent sur lui et cillent quelques secondes.
- Quoi ?
- Cela ne me plaisait pas, je dois bien l'avouer, mais je dois aussi admettre qu'il y a de fortes chances pour que tu sois la seule vraie mère que ce bébé aura. Alors, tout ce que je te demande c'est de toujours aimer cet enfant, quoi qu'il arrive.
Les yeux de Duo se font rêveurs. Il pose ses mains sur son ventre.
- C'est mon enfant désormais Quatre et surtout, c'est celui d'Heero. Crois-tu que je ne pourrais pas l'aimer ?
Quatre lui sourit tristement et garde le silence. Il attend que Duo cesse définitivement de pleurer et reprend la parole.
- Duo, comme je l'ai dit, je n'aime pas la situation, mais je vais garder le silence. Tu peux compter sur mon soutien Duo. Tu es mon ami et Heero aussi. Je ne veux pas vous blesser, même si je dois mentir pour cela. Par contre, il va falloir que tu revienne.
Duo le regarde avec surprise.
- Pourquoi ?
- Pour que nous ayons cette visioconférence avec mes soeurs.
- Et c'est tout ?
- Non.
- Ah ?
- Oui, tu vas devoir subir la petite fête en l'honneur du bébé. Tu sais, les ballons, le gâteau et les petits cadeaux.
Duo ne peut s'empêcher de sourire.
- Ca va être l'enfer.
- Je ne te le fais pas dire. Tout un tas de jeunes femmes surexitées discutant avec ferveur à propos d'un bébé à naître. Tu crois que tu vas tenir le coup ?
- Seulement si tu me promets de ne pas m'abandonner face à elles.
- Ce n'est pas moi qui ait décidé de faire de toi une future mère.
- Exact, mais c'est toi qui a décidé de me livrer en pature à ces femmes et qui plus est, ce sont tes soeurs. Alors, il va falloir que tu assumes tes responsabiltés.
- Et Heero ?
- Tu crois vraiment qu'il va se risquer dans une assemblée féminine ? Non, je suis prêt à parier que Wufei et lui auront comme par hasard une mission de dernière minute des plus importantes à accomplir.
Quatre sourit d'un air machiavélique.
- Nous pourrions peut être demander à leur supérieure hiérarchique de faire en sorte qu'ils soient disponibles quoi qu'il arrive.
Les yeux de Duo brillent d'espoir.
- Tu crois que c'est faisable ?
- Oui. Répond Quatre en souriant.
Il le raccompagne jusqu'à la sortie du bâtiment, puis le regarde s'en aller.
"Duo... je ne crois pas que tu ne puisse pas aimer cet enfant, je crois que tu vas l'aimer trop."
