Disclaimer : L'univers HP appartient à JKR, il n'y a que la présente histoire et les OC qui soient sortis de mon petit cerveau.

Rating : M

Correctrice : Love Gaara of the Sand

Petit mot de moi : Bonjour vous, on se connaît non ? Non ? vous êtes sûr ? Bon eh bien ce n'est pas grave on va apprendre à se connaître. Je vous offre un verre et… Oulà ! désolée pour cette envolée ! mdr Bon eh bien comme d'habitude je vous souhaite une bonne lecture. W qui repart dans son petit délire de dragueuse.

Note : Dans cette fic je prends en compte ce qui s'est passé à la fin du tome 6 et je donne des explications à ma sauce parce que c'est moi qui écris donc je fais ce que je veux ! muahahahaha ! PAS DE SPOILER DU TOME 7.

- Illusion ? -

CHAPITRE 10 : HONTES

Enfin, le grand soir arriva.

Une ambiance survoltée s'installait dans le château, au fur et à mesure que les heures rapprochaient du Bal de Noël.

Drago se prépara avec soin pour être le plus digne possible de sa cavalière.

June et Luna en firent autant de leur côté. Mais June eut quelques difficultés à faire comprendre à son amie qu'il valait mieux éviter de mélanger fleurs et rayures, et qu'une boîte de maquillage n'était pas une palette de peinture. Mais finalement Luna était vraiment très mignonne.

Vers 21H, tout le monde commença à se diriger vers le hall. Mais June ne voulait pas se retrouver au milieu de toute cette foule. Elle préféra rester en arrière. Luna partit donc seule rejoindre Neville. Au bas du grand escalier, les couples se formèrent, et bien entendu, tous les yeux cherchèrent le célèbre Harry Potter pour voir qui était sa cavalière. Et ils la virent. À partir de ce moment là, Ginny Weasley devint définitivement la bête noire des groupies pottériènne. Mais l'attention fût vite attirée par Ron Weasley et Hermione Granger. Visiblement Ron s'était enfin décidé, et comme le lui avait dit June, Hermione n'attendait que lui.

À 21 h, précise, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent et la foule à l'arrière entendit les « Ooooh ! » et les « Aaaah ! » de surprise de ceux de devant. Quelques-uns des derniers à entrer remarquèrent que Drago Malefoy, le « Séducteur de Poudlard », était seul. Absolument seul. Désespérément seul. Il attendait près du grand escalier jetant, à intervalles réguliers, des coups d'œil nerveux en direction du haut des marches.

June était debout, le cœur battant, au milieu d'un couloir du premier étage. Elle se décida et avança jusqu'à l'escalier de marbre, mais elle resta dans l'ombre. Il était là seul, il n'attendait qu'elle. Après une longue inspiration, elle finit par descendre et elle souleva légèrement le bas de sa robe pour ne pas marcher dessus.

Drago était désormais totalement seul dans le hall gigantesque. Les éclats de voix et les bruits de couverts dans la Grande Salle lui parvenaient comme étouffés tant il était angoissé de ne pas voir June arriver. Tout devint définitivement flou lorsqu'une silhouette familière apparut sur la première marche. Son cœur s'emballa. Elle était tellement belle parée dans sa robe blanche entièrement faite de tissus fin et de broderies. Si fin en fait, qu'il pouvait distinguer les courbes de son corps au travers de l'étoffe. Il s'empourpra.

Elle sentait ses yeux sur elle, mais elle n'osait pas le regarder. Elle était gênée, comme d'habitude. Lorsqu'elle leva enfin le visage, son cœur s'emballa. Il était tellement élégant et beau dans son smoking noir à queue de pie. Et ses yeux gris, autrefois inexpressifs, brillaient en cet instant d'une lueur indescriptible.

Il s'avança et lui tendit la main. Main sur laquelle June posa la sienne avant de descendre la dernière marche.

Ils ne savaient pas quoi se dire. Elle lui sourit timidement et le cœur de Drago rata un battement.

Le trouble passé, il la conduisit (au grand étonnement de June) vers la porte du château et non dans la Grande Salle. Il savait qu'elle n'aimait pas se retrouver au milieu de trop de personnes. Ils descendirent donc le perron, enveloppés d'un sort de chaleur.

Le long de l'allée, la pelouse blanche de givre (et non plus de neige) était parsemée de buissons - dans lesquels des petits points de lumières mouvants semblaient danser - et de statues de glace. Quelques réverbères à gaz brillaient au détour des chemins (1). Des rideaux de glace, semblables à de la dentelle, tombaient des branches de certains arbres, et des guirlandes de stalactites s'enroulaient gracieusement autour des arbustes.

Ils marchèrent au fil des chemins, et ne croisèrent personne, il était encore trop tôt pour cela.

Les premiers accords de guitare leur parvinrent bientôt. Apparemment, les élèves avaient vite délaissé le repas pour passer à la fête. Drago entraîna June sur l'herbe, qui crissa sous leurs pieds sans les faire glisser. La musique des Pearl of the Styx se diffusa dans la nuit. Drago et June esquissèrent quelques pas de rock'n roll sur la musique rythmée. June rit et s'excusa de sa maladresse. En souriant, Drago finit par l'attirer contre lui comme pour danser un slow alors que le nouveau morceau était encore plus sauvage. Elle posa ses mains sur les épaules du Serpentard et ils dansèrent lentement, l'un contre l'autre, sans se quitter des yeux.

June posa sa tête contre le torse de son cavalier et s'emplit de son parfum. Il resserra son étreinte.

Ils ne voulaient faire plus qu'un.

Un peu plus de deux heures plus tard, les derniers accords s'envolèrent. Pourtant le temps leur avait semblé bien trop court.

Lorsque minuit sonna, ils retournèrent doucement au château.

Les autres sortaient de la Grande Salle, au moment où June et Drago se glissaient dans le hall. Beaucoup de têtes se tournèrent vers eux, mais ils n'y prêtèrent pas attention. Ils montèrent dans les appartements de la jeune fille, sans trop s'en rendre compte.

Le salon était plongé dans l'obscurité, mais dès que le portrait du Sphinx se referma, les bûches s'embrassèrent d'elles-mêmes dans la cheminée.

Un magnifique bouquet de roses anglaises était posé sur le bureau. June le vit tout de suite et le prit pour le porter à son visage. Le parfum était doux et délicat. Elle leva les yeux vers Drago.

- Merci.

Elle posa le bouquet et s'approcha de lui les yeux rivés aux siens avant de déposer doucement ses lèvres sur celles de Drago. D'abord surpris, le jeune homme pris le visage de June dans ses paumes. Une agréable chaleur s'empara d'eux. Elle entrouvrit timidement les lèvres et doucement Drago glissa sa langue. Le baiser se fit plus passionné. Lorsque le souffle leur manqua, ils se séparèrent à contrecœur. C'était agréable, mais tout cela était nouveau pour June, elle se sentit soudain gênée. Elle se dégagea de l'étreinte de Drago en prétextant qu'il fallait mettre le bouquet dans l'eau. Elle entra dans sa chambre et mit les roses dans un vase sur la tablette. Elle fût surprise, en se retournant, de voir Drago appuyer contre le chambranle de la porte. Il s'avança et l'enlaça.

- Est-ce que tu as peur ?

- Non…enfin je ne sais pas.

Il l'embrassa tendrement, et caressa délicatement son dos et sa taille.

- Arrête, s'il te plaît, murmura-t-elle.

June le repoussa doucement.

- Excuse-moi, je n'aurais pas dû, souffla-t-il. Après ce qui s'est passé avec Fan…

- Non, ce n'est pas cela, dit June.

Elle baissa la tête.

- Qu'est-ce que tu as ?

- Je…je ne veux pas que…que tu me voies…, répondit-elle la tête toujours baissée.

- Pourquoi ? Oh ! dit-il en saisissant, ne t'inquiète pas nous ne sommes pas obligés de…

- Parce que j'ai honte ! l'interrompit-elle.

Elle contourna le lit et se plaça devant la fenêtre en lui tournant le dos.

Après quelques minutes, il vit ses bras bouger et comprit qu'elle déboutonnait sa robe. Lentement le tissu glissa le long de son corps pour former une auréole blanche autour de ses pieds. La lune découpait sa silhouette dans la pénombre de la chambre.

June fit enfin face à Drago, mais détourna la tête pour ne pas croiser son regard.

Là, il comprit pourquoi elle ne voulait pas qu'il la voit. Pas que son corps soit laid, au contraire. Non, le problème pour June était une impressionnante cicatrice, qui filait de son flanc droit jusque sur son ventre et se perdait sous son nombril.

Drago s'approcha d'elle. Il comprenait la honte qu'elle pouvait ressentir. Il passa un doigt sous le menton de la jeune fille et l'obligea à le regarder. À ce moment il fit ce qu'il n'avait jamais fait avant. Il ôta sa veste, déboutonna sa manche de chemise et la remonta dénudant ainsi son avant-bras gauche à la peau laiteuse sous le regard perplexe de June. Il avait toujours un pansement sur le bras. Il le retira avec précaution, dévoilant ainsi un tatouage. À mieux y regarder, ce n'était pas un simple tatouage, de ceux que l'on fait lorsque l'alcool a congédié notre raison. Non, si Drago le cachait ce n'était pas parce qu'il disait « Pansy forever » ou « Vive Harry Potter », c'était parce qu'il représentait une tête de mort hideuse, un serpent en guise de langue. Ce tatouage, qui n'était autre que la Marque des Ténèbres, sous-entendait plutôt « Je suis la propriété de Lord Voldemort ».

June leva les yeux vers ceux de Drago.

- Tu vois, tu n'as pas à avoir honte, dit-il. Moi je me suis laissé marquer sans rien faire. Ce truc et ce qu'il représente me dégoûtent et j'en ai vraiment honte. Alors jamais je ne te tournerais le dos pour cette cicatrice. Je tiens trop à toi pour le faire.

June eut un rire mélangé à des sanglots. Comment avait-elle pu croire qu'il la rejetterait pour ça !

Elle passa ses doigts fins sur la Marque. Il frissonna.

- Je t'ai fait mal ? demanda-t-elle inquiète.

- Non (il se sentit rougir), c'est juste que…c'était agréable.

June sourit timidement.

- Alors, tu n'es pas déçu ? demanda June en désignant sa cicatrice.

- Pourquoi le serrai-je ? Tu acceptes bien cette Marque alors que c'est la chose la plus répugnante que je connaisse. La Marque qui fait de moi l'esclave du plus grand malade que la Terre n'a jamais porté.

- Arrête, tu n'es pas un Mangemort. Je le sais et toi aussi tu le sais. Sinon tu ne serrais pas ici avec moi et je n'aurai jamais vécu la plus belle soirée de ma vie.

Il sourit à son tour.

- Moi aussi, j'ai trouvé cette soirée extraordinaire, grâce à toi.

Leurs lèvres se joignirent de nouveau.

June frissonna, elle avait la chair de poule. Drago lui passa sa veste autour des épaules, et de nouveau, elle sentit cette odeur particulière l'envelopper.

Elle avança jusqu'à son lit et se glissa sous la couette.

- Tu ne vas pas rester planté là toute la nuit, dit-elle alors que Drago se tenait toujours devant la fenêtre, immobile.

- Je…

- Aurais-tu peur de mon lit ? Pourtant, d'après ce que je sais, les lits sont tes terrains de jeux favoris.

Elle rit doucement devant son air gêné. June se sentait mieux maintenant qu'il savait, et elle avait compris aussi que Drago lui accordait sa confiance, sinon il ne lui aurait pas montré sa Marque.

Finalement, Drago enleva ses chaussures et s'installa sur la couette. June se blottit contre lui et il lui caressa les cheveux.

- Est-ce que tu veux me dire comment c'est arrivé. Ta cicatrice, ajouta-t-il.

- Oh…disons que ce n'est pas mon histoire préférée, mais je pense que maintenant que tu as vu…

Noun fit son apparition. Il sauta avec souplesse au pied du lit, où il se lova, tout en gardant ses deux grands yeux jaunes ouverts. June inspira bruyamment, pour se donner du courage.

- J'avais neuf ans, c'était en juillet. Mes parents m'avaient annoncé que nous passerions deux semaines à la campagne, chez grand-mère Oppy. J'étais tellement heureuse. Cela faisait près d'un an que je ne l'avais pas vu et je l'adorai, ce qui est toujours le cas. Je suis devenue insupportable (Drago essaya de s'imaginer une June Lackluster insupportable. Impossible !), je sautais partout. Je n'avais qu'une hâte c'était de partir. Nous devions prendre le Magicobus pour y aller. J'avais remarqué que mes parents semblaient inquiets, mais je dois avouer que je n'y ai pas prêté grande attention à ce moment-là. J'aurai du... »

L'après-midi de notre départ, les valises étaient prêtent, mais je me suis mise à pleurer parce que Noun n'était pas rentré et je ne voulais pas partir sans lui. J'ai bien vu que cela gênait mes parents, mais ils ont acceptés que l'on passe la nuit à la maison, mais que chat ou pas chat, nous prendrions le bus, tôt le lendemain matin. »

Je me suis réveillée au milieu de la nuit. Noun dormait paisiblement au pied de mon lit. J'étais contente qu'il soit rentré. Mais au moment de reposer la tête sur l'oreiller, j'ai entendu des bruits au rez-de-chaussée. Sans savoir pourquoi, je me suis levée et je suis descendue silencieusement. Il y avait de l'agitation dans la cuisine. Mes parents étaient là, au centre de la pièce, entourés de cinq personnes vêtues de noir et masquées. Personne ne m'avait vu. Alors je suis restée là et j'ai écouté.

Flash-back :

- Il est inutile de nous résister plus longtemps, dit la voix d'une femme masquée.

- La bravoure c'est bon pour les imbéciles, continua un autre.

- Vous le saviez que nous viendrions. J'ai vu les valises dans le vestibule. La bonne vieille technique de la fuite…

- Nous ne rejoindrons jamais votre camp, répliqua le père de June.

- Alors vous mourrez !

- Je préfère encore la mort, lança la mère de June sur un ton de défi.

- Vous êtes stupides.

Un éclair traversa la cuisine et la mère de June se retrouva au sol, à se tordre de douleur, sous une pluie de rire gras.

- Bianca ! cria son père en voulant s'agenouiller auprès d'elle.

- Tttt, fit un des Mangemorts en appuyant le bout de sa baguette sur la gorge de l'homme.

Le corps de Bianca se tordit violemment et June ne put retenir un cri d'horreur. La torture s'arrêta et tout le monde se rendit compte de sa présence.

- Attrape-la ! lança la femme Mangemort à celui qui se trouvait le plus près de la porte.

- Non, laissez-la ! Elle n'y est pour rien, s'exclama son père.

June se retrouva ligotée.

- Il fallait y penser avant, ricana la Mangemort. Quels parents indignes vous faites, à votre place je l'aurais déjà envoyé loin d'ici. Tant pis, maintenant c'est sa vie contre votre « aide ».

Et sans comprendre, June eut l'impression que son corps se comprimait, elle avait des difficultés à respirer. Un des hommes avait transplané en l'emportant avec lui.

- Papa ! Maman ! Réussi-t-elle à dire avant de s'évanouir.

Fin du Flash-back.

June se tut quelques secondes.

- Je me suis réveillée sur ce qui semblait être de la paille, entre quatre murs humides, et étouffée par une odeur de moisi. Je me trouvais dans un cachot. La femme Mangemort (j'aurais reconnue sa voix entre mille), toujours cagoulée, est entrée peu de temps après en me demandant si ma nouvelle chambre me plaisait. Je n'ai rien répondu. Elle m'a jeté un Doloris et est partie.

À ces mots, Drago resserra son étreinte, comme pour protéger June.

- Les jours suivants, j'eus droit au même genre de visite. J'aurais préféré mourir plutôt que d'endurer cela. Ils se sont tous « amusés » à me lancer des Doloris et d'autres sortilèges. Je savais que quoi que fassent mes parents, ils me tueraient.

J'avais totalement perdu la notion du temps. À force, j'étais devenu une sorte de loque, un simple morceau de viande. Mais un jour, mon corps a fini par lâcher. Pendant que j'étais soumise à un Doloris, une douleur beaucoup plus forte que d'habitude m'a déchiré les entrailles. C'était tellement insoutenable, que j'ai cru que ma tête allait exploser. J'ai senti un liquide chaud et poisseux affluer dans ma bouche, puis le trou noir.

June n'avait pu retenir ses larmes et des sanglots brisaient sa voix. Drago la serra sur son cœur.

- Quand je me suis réveillée, reprit-elle après s'être calmée, j'ai vu des visages et une chambre inconnus autour de moi. On m'apprit que j'étais à l'hôpital Ste Mangouste, en soins intensifs, mais on ne m'en dit pas plus. Après quelques jours d'ignorance, mes parents et ma grand-mère sont venus me voir. Ma mère était méconnaissable. Elle était maigre, ses si beaux cheveux étaient devenus ternes. Elle semblait fatiguée, fragile, mais incroyablement heureuse, tout comme mon père. Ils me couvrir de baisers, de caresses et de larmes de joie. Mon père essayait du mieux qu'il pouvait de me cacher sa main gauche mutilée, mais en vain. Puis, ils m'ont tout expliqué.

Un matin, presque un mois après mon enlèvement, on m'avait trouvé dans le hall de Ste Mangouste, inanimée et couverte de sang. J'étais dans le coma. Mon corps, ne supportant plus les tortures à répétition, mon poumon droit avait éclaté ainsi qu'une partie de mon foie. Les médecins avaient réussi à sauver mon foie, mais il ne restait rien de mon poumon. Ils m'ont aussi dit que cela faisait près de deux ans que j'étais dans le coma. C'est pourquoi ils pensaient, tout comme les médecins, que mon coma était irréversible.

Sur le coup, la seule chose que je me suis dite était « Zut, j'ai raté mon entrée à Poudlard ». Mais j'étais tellement heureuse de voir le soulagement de mes parents.

Et puis, j'ai fini par sortir de l'hôpital et je me suis beaucoup reposée. Grand-mère a même insisté pour que je vienne chez elle. Elle disait à mes parents que le bon air de la campagne me ferait le plus grand bien. Et c'était vrai. Puis je suis entrée à Poudlard avec un an de retard, mais c'était un des plus beaux jours de ma vie.

Elle se tut.

- Pourquoi as-tu cette cicatrice si tu t'es fait soigner à Ste Mangouste ? Finit-il par demander.

- Simplement parce que j'avais trop de magie en moi. Chaque centimètre de peau, de chair et d'os en était imprégné. Alors pour ne pas aggraver les choses, les médecins m'ont opéré et recousus à la « manière moldue ». C'est pour cela que j'ai cette superbe balafre.

- Pourquoi les Mangemorts s'en sont pris à ta famille ?

Soudain, Drago se sentit affreusement coupable de ce qui était arrivé à June car il se disait que son père y avait peut-être participé.

- Ma mère est botaniste et mon père maître des potions et ils sont plutôt doués dans leur domaine. À l'époque, ils travaillaient au Ministère. D'après ce que j'ai compris, ils avaient découvert les propriétés régénératrices d'une plante et les avaient exploitées pour obtenir une potion puissante. Mais il y avait une personne dans l'équipe de mes parents qui était un Mangemort, chose que personne ne savait. Évidemment, cette personne a tout raconté à ses complices. Ils ont alors essayé de mettre mes parents de leur côté pour qu'ils ramènent Voldemort à un état plus humain. Mais mes parents ont refusé. Alors ils ont employé la force et en découvrant mon existence, une merveilleuse aubaine de décider mes parents s'est offerte à eux. Et ils ne se sont pas gênés pour en profiter.

- Est-ce qu'ils ont été arrêtés ?

- Non. Un certain Gauss Planks avait été suspecté, mais des Aurors l'on retrouver mort peu de temps après.

- Tu sais qui est la personne qui t'a amené à Ste Mangouste ?

- Non. Cela m'a d'ailleurs surprise, je croyais que j'allais mourir. C'est un vrai mystère.

- C'est vraiment horrible ! Se révolta Drago. Tu n'étais qu'une enfant !

- Oui, répondit-elle avec un rictus. Maintenant je sais pourquoi mes parents étaient si pressés de partir chez ma grand-mère. Ils se doutaient qu'ils allaient venir. Mais c'est de ma faute. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. C'est moi qui ai voulu rester.

- Ne dis pas cela. C'est…c'est à cause de ton chat ! Accusa Drago, qui cherchait le coupable idéal, en souhaitant toujours que son père n'y soit pour rien. S'il avait été là, vous n'auriez pas eu besoin de rester.

- Avec autant de «si» on mettrait un hippogriffe dans un flacon. Et puis, Noun n'est qu'un chat. Tu voudrais peut-être qu'il ait dit aux Mangemorts :« Dépêchez-vous d'attaquer, mes maîtres vont partir ! Je vais faire diversion. Je ne vais pas rentrer pour qu'ils restent à la maison.»

Même s'il devait avouer que June avait raison, Drago ne pu s'empêcher de fusiller Noun de son « regard Malefoy ». Le chat, les yeux toujours ouverts, ne cilla pas, et affront suprême, il bailla comme pour montrer son ennui.

- Mais tu sais, continua June, aujourd'hui je vais beaucoup mieux et je suis là avec toi. Alors me plaindre serait malvenu.

Drago sourit. Soudain une question lui vint à l'esprit.

- Alors, cela veut dire que tu as dix-huit ans ?

- Oui, mon enfant, acquiesça-t-elle en prenant une voix de vieille femme ce qui fit rire Drago.

- Au fait, tu ne m'as toujours pas dit comment tu avais su pour mon anniversaire, se souvint-elle soudainement.

- Confidentiel, déclara Drago.

Il sourit devant l'air contrarié de la jeune fille.

- C'est Luna qui me l'a dit, finit-il par avouer.

- Tu ne m'avances pas plus, je ne l'ai pas dit non plus à Luna.

- Elle l'a découvert toute seule.

June haussa un sourcil interrogateur.

- L'année dernière, elle a trouvé, par hasard, une lettre de tes parents qui te souhaitaient « un joyeux anniversaire en ce onze décembre ». Tu n'es pas trop déçue par la simplicité de l'explication ?

- Non. Drago ?

- Hmmm.

- Merci pour ce soir.

- Non, merci à toi.

June sourit, mais son sourire fut déformé par un bâillement.

- Pardon.

Ses paupières se fermèrent d'elles-mêmes tant sa fatigue était grande. Drago déposa un baiser sur son front, et ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre, paisibles.

La neige tombait paresseusement au-dehors lorsque Drago se réveilla. Il se sentait tout simplement bien. Mais sa joie retomba quand il s'aperçut que June n'était pas là. Il n'avait quand même pas rêvé. Le bal, le baiser, son histoire… . Bien sûr qu'il n'avait pas rêvé ! Il était bien dans la chambre de la jeune fille, et d'ailleurs, June était là aussi, recroquevillée dans un fauteuil à regarder les flocons virevolter derrière les carreaux. Elle caressait distraitement Noun (« maudit chat », ne put s'empêcher de penser Drago.), qui était lové contre elle.

June, réveillée depuis près d'une heure, avait tout d'abord regardé Drago dormir. Il ressemblait vraiment à un ange avec son teint pâle et ses fins cheveux blonds. Mais en réalité il était bien plus qu'un ange.

Comme elle s'était endormie en sous-vêtement, enveloppée dans la veste de son Serpentard, elle avait passé un pyjama chaud puisque le satané bois, de sa satanée cheminée ne voulait pas s'embraser. Puis, elle s'était assise dans le fauteuil et Noun l'avait rejoint.

À ce moment, elle repensait à la veille. C'était la première fois qu'elle racontait son histoire à quelqu'un. C'était assez étrange de se confier, d'habitude elle ne le faisait jamais. Et puis, elle qui était pourtant pudique, elle avait osé se montrer à moitié nue devant lui. Quant au baiser, elle ne savait pas. Au fond d'elle une voix lui disait de ne pas recommencer et de ne plus y penser.

- Tu as bien dormi ? Finit par demander Drago.

June sursauta. Elle était tellement absorbée par ses pensées qu'elle n'avait pas vu qu'il s'était réveillé.

- Oui, et toi ?

- Mieux que jamais.

Même avec les cheveux en bataille et les vêtements froissés, elle le trouvait beau.

- Je crois que nous avons eu de la visite cette nuit, dit June.

- De quoi ?

Face à la mine incrédule de Drago, elle désigna le pied du lit. Il s'avança à quatre pattes sur le couvre-pied, se pencha au bout du lit, et vit de quoi elle voulait parler. Sur le tapis étaient disposés sept paquets joliment emballés, et un autre qui semblait enveloppé dans une page de laGazette du Sorcier passablement chiffonnée.

- Joyeux Noël !

June délaissa le fauteuil pour s'asseoir sur le tapis.

- Joyeux Noël.

Drago la rejoignit.

- Je suppose qu'il y en a pour nous deux.

- Je pense, oui, répondit June.

- Je me demande ce qu'est ce truc, continua Drago qui avait s'assit du bout des doigts le petit paquet ficelé dans le journal.

- Je ne sais pas.

- Apparemment c'est pour moi, déclara le jeune homme étonné.

- Ah. Qui est-ce qui t'a envoyé ça ?

June venait d'ouvrir le paquet de ses parents. Un flacon de parfum.

- C'est étrange, lâcha Drago après avoir lu le mot qui accompagnait le paquet, c'est Tinkel qui me l'envoie.

- Tinkel ? Une de tes conquêtes ? J'espère qu'il n'y a que sa manière de faire les paquets cadeaux qui clochent chez elle.

Elle rit devant l'air de Drago.

- C'est un elfe de maison du manoir, dit-il.

- Ah, d'accord (elle ne pouvait s'empêcher de rire), excuse-moi.

- Elle m'envoie quelque chose parce que mes parents ne sont pas là pour le faire cette année.

Elle cessa de rire.

Il sortit un sachet du journal.

- C'est du thé au jasmin de Sibérie, constata Drago. Ma mère avait l'habitude d'en boire les jours de pluie.

June put lire de la tristesse dans ses yeux gris.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il en désignant le flacon qu'elle tenait, pour changer de sujet et cacher les larmes qui lui montaient aux yeux.

- De l'Eau de Violettes de Toulouse, répondit-elle. C'est mon parfum préféré.

Après avoir ouvert le paquet débordant de friandises que lui avait offert June, il déballa le deuxième cadeau qu'elle lui avait fait. C'était une chaîne et un pendentif en argent. Le pendentif formait les lettres D et M, entrelacées.

- Il est très beau, merci.

Il accrocha la chaîne autour de son cou.

Ce fut au tour de June d'ouvrir les présents de Drago. Dans un premier paquet, elle trouva une paire de gants en cuir vert émeraude.

- Quand j'ai vu la tête de tes gants, j'ai compris pourquoi tu avais toujours les mains gelées.

Ils rirent.

- Merci.

Mais quand elle ouvrit le second paquet, elle faillit tomber à la renverse. Elle avait sous les yeux le plus extraordinaire coffret d'aquarelle qui puisse exister. Il était en acajou, avec ses deux initiales gravées sur le dessus. Il contenait deux petits tiroirs, dans lesquels étaient rangées par nuances les briquettes d'aquarelle. June exultait littéralement de joie. Elle allait embrasser Drago, mais bizarrement, elle stoppa son geste, et se contenta de déposer un baiser sur une de ses joues pâles et de le remercier.

Drago ne comprit pas l'attitude de June, il sentit même une pointe de vexation. Puis il mit ça sur le compte de la timidité. Après tout la soirée, riche en émotions, avait sans doute enhardi June.

Un silence gêné s'installa, quand soudain, et June en fut soulagée, un bruit brisa le silence. Quelqu'un frappait à la porte de la chambre.

Toc ! Toc !

June, intriguée, se leva. Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle n'eut même pas le temps de voir qui était la personne, son visage se retrouva étouffé dans une masse de feuilles impressionnante.

- Joyeux Noël, les amoureux ! Annonça la voix enthousiaste de Luna derrière le rideau de verdure.

Drago et June rougirent en se jetant un regard. Décidément, quand elle le voulait, Luna avait un don pour mettre les gens mal à l'aise.

June recula et Luna entra dans la chambre en posant la plante à côté du lit.

- Comme personne ne m'a répondu quand j'ai frappé au portrait, et que tu m'as donné le mot de passe, je suis entrée.

- Tu as bien fait. Je te remercie. Cette plante est magnifique.

- C'est un Beugoulia Pantagruélliqua. C'est une plante très rare.

- Si tu le dis…

June regarda attentivement la plante et constata qu'il s'agissait d'un simple areca palme en pot, certes un peu plus fournit que la normal, mais disponible chez n'importe quels fleuristes. Elle prit le pot et le plaça près de la fenêtre.

L'après-midi, Luna, June et Drago sortirent dans le parc. Luna portait les caches oreilles à têtes de lions que June lui avait offerts. Cette dernière s'était dit que le fait d'avoir ces caches oreilles, dissuaderait peut être Luna de se coiffer de son énorme tête de lion rugissant, lors des matchs de Quidditch de Gryffondor, en hiver en tout cas.

Le trio ne put résister bien longtemps à l'envie de faire une bataille de boules de neige.

PAF !

June et Luna éclatèrent de rire, pendant que Drago faisait la grimace en essuyant sa joue pleine de neige. Une lutte féroce s'engagea, opposant les deux filles au Serpentard.

Lorsqu'ils furent trempés jusqu'aux os, ils décidèrent de rentrer. Après s'être séchés magiquement, ils montèrent chez June où ils burent un chocolat chaud, et discutèrent en mangeant leurs friandises de Noël.

Le reste des vacances se passa dans la bonne humeur, tout en étant studieux. Les deux septièmes années durent terminer leurs devoirs, notamment une dissertation de soixante centimètres sur le Népenthès (2), un remède contre la tristesse qui datait de l'Antiquité.

À suivre…

(1) Petit référence au réverbère du Monde de Narnia. Je ne sais pas pourquoi mais l'image de ce réverbère au milieu des bois et de toute cette neige m'a marquée, je la trouve belle.

(2) Népenthès : je l'ai trouvé dans le dico celui-là ! )

'A y est, fini ! Bon bah voilà encore un ! Après relecture, je trouve que toute la partie pendant le bal est très guimauve, pas vous ?

En tout cas, je vous souhaite une bonne semaine et à bientôt. Bisous.