Premièrement, merci pour vos messages. C'est beau, vos encouragements et vos compliments. Merci, vous me donnez la motivation qui me manquait depuis un bon petit moment.
Secondo, je m'excuse pour les fautes. Je ne fais plus appel à ma bêta-reader, simplement parce que je ne lui parle plus des masses et parce qu'elle a le bac anticipé en ce moment. Alors je me mets à genou et vous prie de me pardonner.
« Salut Ruby, » murmura Emma dans un souffle, debout à l'autre bout du comptoir, tout en écrivant au dos d'un ticket de caisse. « Tu peux donner ça à Regina ? »
La brune releva un sourcil amusé. « Tu continues tout ça ? »
Emma la regarda, confuse. « Yep. Pourquoi ? »
« Ça fait un mois, Emma, » dit la brune pour la raisonner.
« Et ? »
« Elle n'a toujours pas réagis. »
« Elle m'a parlé, à cette réunion, » souligna le shérif.
« Ouais, une fois, et c'était il y a genre une semaine. Est-ce qu'elle t'a contactée depuis ? » demanda Ruby.
« Elle a juste besoin de temps, » répondit Emma avec détermination.
« Sans vouloir te vexer, shérif, tu ne lui en donnes pas vraiment. »
Emma se pinça les lèvres en observant la note qu'elle tenait entre ses doigts. « Et je suis censée te remercier quand ? »
Ruby sourit. « Quand tu m'écouteras et que tu laisseras un peu d'espace au maire. Tu veux toujours que je lui donne ça ? »
Emma baissa à nouveau les yeux sur la note, avant de les relever vers la brune qui lisais le journal, assise à une table près de la fenêtre. Elle bu le reste de son chocolat chaud et se leva, glissant la note dans sa poche. « Rappelles-moi te virer du poste d'assistante quand je me rendrais compte que ta tactique ne marche pas. »
Ruby se mit à rire et lança une dernière phrase à la blonde qui se dirigeait vers la sortie. « Tu ne me vireras pas. Qui s'occupera de ton hamburger grillé du midi sinon ? »
Emma releva exagérément les yeux au ciel, se forçant à regarder droit devant elle et ne pas jeter le moindre coup d'œil à Regina.
C'était officiel. Emma était une junkie. Sa drogue ? Regina Mills. Même si elle n'avait pas parlé avec la brune depuis leur dernier échange de messages durant la réunion à la mairie, Emma savait au moins que Regina recevait et lisait ses petits mots.
Comme lui avait conseillé Ruby, Emma cessa d'inviter le maire à chercher ses « œufs de Pâques ». Après douze heures complètes sans céder à la tentation, Emma grimaça, le regard perdu. Bordel de merde, elle était devenue obsessionnelle. Elle leva les yeux au ciel. Il était certain que sa colocataire n'y était pas pour rien.
Malgré tout, Emma ne pouvait s'empêcher de se demander si Regina n'appréciait pas ces notes. Ou peut-être que la brune voulait simplement que cela cesse.
Il était seulement huit heure et, fidèle à ses mots, Emma n'avait en aucun cas approché Regina, littéralement ou par ses petits mots. Et cela incluait éviter de se connecter sur la messagerie instantanée entre 8h et 10h, même juste pour voir si Regina était elle aussi connectée.
Regina était nerveuse, si ce n'était pas plus que ça. Il était déjà midi et pas un seul message d'Emma n'avait été trouvé jusqu'ici. Elle fut surprise de ne pas en recevoir un le matin, chez Granny's. Elle aurait pourtant juré voir du coin de l'œil Emma noircir un bout de papier, non pas qu'elle regardait ; mais après que la blonde ce soit levée et que son assistante ait ri de ne pas être virée, elle était restée sans le moindre petit mot.
Elle avait pourtant encore attendu dix bonnes minutes après la réception de l'addition pour voir si l'un des complices d'Emma ne viendrait pas lui en apporter un, et c'était même surprise à observer les mouvements de Ruby, afin de voir si elle n'allait pas revenir vers sa table. Mais elle ne vint pas.
Pas de note. Pas de mots encerclés dans son journal. Aucun bonjour matinal écrit sur sa tasse de café.
Se sentant un peu perdue, Regina paya son petit-déjeuner et se dirigea vers sa voiture.
Quatre heures plus tard, elle était simplement anxieuse à l'idée de ce qu'Emma pourrait trouver de nouveau pour communiquer avec elle. À quel point la blonde pouvait-elle être imaginative ?
N'étant pas de ceux qui aiment les surprise, Regina sortit de son bureau et se tint bien droite devant celui de sa secrétaire, lui lançant un regard sévère qui provoqua un regard craintif dans les yeux de la femme timide.
« Vous avez quelque chose pour moi ? » demanda Regina, son ton indiquant qu'il valait mieux que quoi qu'ait pu prévoir le shérif, il valait mieux qu'elle crache le morceaux.
La petite femme écarquilla les yeux tout en regardant vivement sur le bureau après n'importe quoi à donner au maire. « Qu'est-ce que vous voulez exactement ? »
Regina se pinça les lèvres. « Si j'ai à vous le dire c'est que vous n'avez pas ce que je cherche. »
La femme balbutia en fouillant dans des dossiers. « J'ai la proposition budgétaire de Mr. Gold, et j'ai aussi la lettre du directeur de l'école quant aux rénovations, et- »
Regina fronça les sourcils et arracha les dossiers à la secrétaire avant de tourner les talons. Cette femme était inutile.
Elle jeta les dossiers sur son bureau et s'affala sur sa chaise. Durant un moment, elle les observa avec attention puis dans un mouvement rapide elle les fouilla méticuleusement, à la recherche d'un post-it accroché quelque part ou d'un quelconque commentaire dans la marge.
Rien.
Après tout, pourquoi y aurait-il quelque chose ? Emma n'avait aucun pouvoir de télékhinésie, elle n'avait pas pu deviner que Regina s'emparerait de ces dossiers.
Regina soupira pour elle-même et se massa les tempes.
C'était une bonne chose, se rassurait-elle. Le shérif était en train d'abandonner.
Elle avait beau s'en convaincre avec force, ça ne changeait rien au fait qu'elle n'arrivait pas à se plonger dans le travail, ni au fait qu'elle arpentait l'hôtel de ville de long en large en prétextant d'aller chercher des rapports auprès de ses collègues. Alors qu'elle cherchait simplement une note qui lui permettrait enfin de faire son boulot.
Elle ne trouva rien.
« Tout va bien ? » questionna Henry durant le dîner. « Tu as l'air un peu... Agitée. »
« Henry ! » gronda t-elle comme s'il venait de dire un gros mot.
« Tu as un rendez-vous ? » continua de questionner Henry. Ses yeux se mirent subitement à briller. « Un rencard ? Tu as rendez-vous avec Emma sur le tchat ? »
Elle lui lança un regard ostencible. « Non. »
« Oh. » La déception dans sa voix était évidente.
Le maire s'éclaircit la gorge avant de se pencher en avant et de parler une tonalité en-dessous. « As-tu vu miss Swan aujourd'hui ? »
Henry détourna les yeux pour éviter son regard, il savait bien que sa mère lui avait interdit de la voir depuis qu'elle savait qu'il faisait partie de l'opération Singlebrooke. « Euh, non. »
« Je ne cherche pas à te gronder, » clarifia Regina.
Il haussa les épaules sans pour autant rétablir le contact visuel. « Elle m'accompagna du bureau d'Archie jusqu'à l'arrêt de bus. »
« De quoi avez-vous parlé ? »
« L'école. Les jeux. Elle a battu son meilleur score à Fruit Ninja. » Henry finit sa phrase en relevant les yeux vers Regina.
« Rien d'autre ? » l'invita Regina à continuer.
Le garçon mordit sa lèvre supérieure en essayant de se remémorer quoique ce soit d'autre, avant de secouer la tête. « Non. »
Regina s'appuya à nouveau contre le dossier de sa chaise et soupira. Si Emma avait donné quoique ce soit à Henry, il l'aurait déjà transmis. Elle écarquilla alors les yeux, en comprenant subitement. « Devoirs, puis dodo. »
Elle se leva et ramassa leurs assiettes avec hâte, les posant dans le lave-vaisselle avant d'atteindre rapidement sa chambre. Elle n'avait pas réalisé qu'elle retenait sa respiration jusqu'à ce qu'elle l'ait reprise, déçue, même si elle se persuadait que c'était une agréable surprise.
Il n'y avait rien ici non plus. Son miroir était vide, aucune fleur sur son lit – non que cela était déjà arrivé – ou quoi que ce soit.
Regina ferma les yeux et tenta de se contenir.
Elle quitta la pièce, mécontente et agitée, avant de se diriger vers son bureau pour essayer de rattraper le travail qu'elle n'avait pas fait aujourd'hui. Il n'y avait rien de nouveau dans sa boîte mail, les seuls messages entrant sur son portable provenaient de Kathryn ou de Henry. Elle se plongea alors sur son pc, et entre la page officielle de Storybrooke et les mails à envoyer pour le travaille, elle se retrouva sur son compte de messagerie instantanée, avec personne d'autre en ligne.
Emma avait-elle vraiment abandonné ? Certes, la blonde était persistante quand il s'agissait de rester en ville ou de défier la volonté de Regina. Mais là elle laissait tomber aussi simplement que ça ?
Elle ferma son pc portable avec colère, ne comprenant pas d'où venait cette émotion soudaine. Elle aurait du s'en réjouir. Elle venait d'obtenir exactement ce qu'elle voulait.
« Pourquoi écoutes-tu Miracle en boucle ? » Mary Margaret en avait finalement eu marre de cette chanson quand elle commença pour la onzième fois d'affilée, et grimpa les marches jusqu'à la chambre de sa colocataire où elle trouva la blonde plongée dans la contemplation du plafond.
« Elle ne tourne pas en boucle, » se justifia Emma. Elle remis vivement en route la lecture normale.
Mary Margaret ferma les yeux en écoutant pour la énième fois les paroles.
« Ça fait deux jours que tu restes terrée ici, » observa l'institutrice en venant s'asseoir sur le lit. « Viens avec moi manger chez Granny's. On rejoindra Ruby. »
« On peut faire ça n'importe quand. »
« Mais aujourd'hui on t'aide à oublier Regina, » argumenta doucement la brune.
Elle adressa un léger sourire à Emma lorsque cette dernière tourna la tête vers elle. Après quelques secondes de conversation silencieuse entre les deux femme, Emma grogna et fit glisser ses jambes pour les poser au pied du lit.
Regina vida son second verre de cidre. Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait été si irritable ces deux derniers jours, mais elle était persuadée que c'était exclusivement la faute du shérif.
Emma avait finalement abandonné ses nombreuses tentatives de contact avec elle, et même si Regina était ravie elle ressentait cette impression de perte.
La perte fut rapidement remplacée par la colère lorsqu'en emmenant Henry dîner chez Granny's elle trouva Emma attablée avec ses deux amies brunes, riant et appréciant leur repas tout en ignorant complètement la présence du maire.
Elle fronça les sourcils. Il était clair qu'elle n'avait était qu'un jeu qui avait rapidement énervé Emma.
Après avoir mis Henry au lit, elle avait immédiatement rejoint sa bouteille de cidre dans le salon et avait commencé à boire, permettant ainsi à l'alcool d'adoucir ses mœurs et éloigner sa tension.
Pourtant, ce n'était pas suffisant.
Regina avait besoin de rétribution, et elle allait l'obtenir. Avalant son troisième puis son quatrième verre, elle avait finit par sortir son téléphone portable de son sac afin de composer un message. Heureusement la correction automatique était avec elle même si ses doigts refusaient de coopérer avec ses pensées. Tapant furieusement sur les touches de l'écran durant quelques minutes, Regina appuya sur 'envoyer', contente d'elle. Puis elle s'était traînée jusqu'à son lit avant de s'écrouler sur son matelas et avait sombré dans un sommeil agité.
Pour une fois, le maire était plongée dans le travail, repoussant un mal de crâne causé par un verre de cidre superflu la veille au soir. En tout cas elle y étai plongée jusqu'à ce que la porte s'ouvre et claqua en se refermant, ravivant son mal de crâne.
« Miss Swan- »
Emma contourna le bureau du maire et força la brune à se lever. Regina écarquilla les yeux face au geste inattendu et à leur proximité.
« Qu'est-ce que vous fabriquez ? » Regina resta bouche bée.
Emma étudia un instant son expression avant de lui glisser un papier dans le creux de la main.
Fronçant les sourcils, Regina regarda avec automatisme dans sa paume et déplia le papier.
M'accorderais-tu un rancard ?
Oui :
Non :
- Emma.
Elle échappa un glapissement et leva les yeux vers le shérif. « Qu'est-ce que c'est ? »
« Une question, » répondit Emma avec logique.
« Pourquoi diable voudrais-je cela après tout ce que vous m'avez fait subir ? » demanda sévèrement Regina, malgré que sa voix manquait du poison habituel.
« Parce que ton message disait que je te manquais, » répondit la blonde comme si c'était évident.
La brune se moqua. « Il ne disait en aucun cas cela. »
« Tu oublies une chose, madame le maire, » Emma extirpa son portable de sa poche. « Je sais lire entre les lignes. »
Avec un sourire en coin, elle commença à lire tout haut le dernier message de Regina.
Chère Miss Swan,
Je n'ai pu que remarquer que votre persistance avait décliné. Vous avez apparemment enfin appris quelque chose.
Vos manière mériteraient de s'améliorer, parce que si vous entreprenez de participer à l'épanouissement d'une femme avec des mots doux, la plus aimable des courtoisies serait de lui dire que vous comptez arrêter. J'ai perdu deux jours de travail à attendre vos stupides notes.
Cela m'étonnerait pourtant que vous en ayez quoi que ce soir à faire. Vous m'avez clairement repoussée à l'arrière plan de votre esprit. Où est passé le shérif malade d'amour qui relevait la tête chaque fois que j'entrais chez Granny's ? À ce moment là je pensais que vous étiez un terrible adversaire de ma raison, mais désormais je sais que si vous n'avez pas rapidement ce que vous désirez vous laissez tomber. Je savais que tu prenais tout cela pour un jeu.
Heureusement pour moi, je ne me suis pas laissée avoir.
Emma releva la tête vers le maire, son expression s'adoucissant. De son côté, Regina était restée impétueuse malgré le rouge qui lui montait au joue après la lecture de ses propres mots à voix hautes, si haute que quelqu'un aurait pu l'entendre.
« Je ne dis pas que vous me manquez, » murmura Regina en croisant les bras sur sa poitrine.
« Tu n'as pas besoin de le dire, » chuchota Emma. Elle pu voir Regina contracter la mâchoire et se redresser, alors elle recula d'un pas. Elle désigna son mot d'un signe de tête. « Tu n'as pas à y répondre maintenant. »
Emma resta debout face à elle encore un moment, avant de lui offrir un petit sourire et de se diriger vers la sortie.
Mary Margaret vivait avec Emma depuis six mois. Elle savait que sa colocataire n'était pas quelqu'un de très émotif. En fait, la blonde ne s'était vraiment ouverte à elle que lorsque Henry était contrarié ou qu'elle avait du se confronter à Regina. Après qu'elle ait compris les sentiments qu'entretenait Emma pour le maire, Mary Margaret pu voir les effets qu'avait cette femme plus âgée sur son amie.
Mais depuis qu'Emma avait été démasquée par rapport à tout ce truc du site de rencontre, elle avait remarqué qu'Emma était passée par une large palette d'émotions. Il y avait eu ces déprimants premiers jours, suivis d'une Emma fébrile, à laquelle elle n'avait toujours pas pardonné de l'enrôler dans son plan. Ça l'avait mortifiée. Puis la Emma déprimée était revenue, bien qu'il y ait cette fois une sorte de tic nerveux en plus.
Cependant cette Emma là, songea la brune en entrant dans appartement et en voyant la blonde sauter sur place avec un immense sourire sur le visage, cette Emma là était une totale inconnue.
« Euh, Emma ? Tout va bien ? » Le professeur s'avança prudemment.
Sans répondre, la blonde déposa simplement son téléphone dans la main de Mary Margaret. La brune plissa les yeux en observant le visage plus qu'heureux d'Emma, puis en baissant le visage vers l'écran du téléphone.
C'était un message de Regina, il ne contenant qu'un mot.
Oui.
