NdA : Et voilà comme prévu le chapitre 10 de mon histoire. Je suis ravie de voire que cette histoire vous plait. Le prochain chapitre est déjà commençé alors ce ne devrait pas être très long pour la suite.

Bonne lecture à tous!

Je remercie tous ceux qui m'ont laissé des reviews et je remercie plus particulièrement Ishtar ma bêta qui corrige mes bafouilles et fautes en tous genres. Bisous!

CHAPITRE 10

Lundi 12 novembre

Je suis resté avec Harry jusqu'à la rentrée. Sirius a un appartement en ville et nous y sommes restés ces derniers jours. Nous étions prêts de l'hôpital et nous avons pu lui rendre visite tous les jours.

Aujourd'hui c'est la rentrée. Il y a quelques jours, je l'attendais avec impatience mais avoir Harry rien que pour moi m'a vite fait changer d'idées. J'ai la nette impression qu'il était différent que pendant le reste de l'année. Maintenant il va retrouver ses coéquipiers, ses entraînements, ses groupies et moi, je vais déprimer de nouveau. J'aimerais le garder jalousement mais c'est impossible. C'est le garçon le plus populaire de ce campus et tout le monde veut accaparer son attention. Ca me rend malade de jalousie.

Le parrain d'Harry est vraiment formidable. Il nous a montré les photos qu'il a faite là-bas et une chose est sûre : je ne pourrais jamais être journaliste de guerre, c'est bien trop dangereux. Il se remet peu à peu ; sa blessure à l'abdomen est sérieuse mais elle cicatrise bien et son bras vient d'être plâtré. On s'est d'ailleurs amusés à dessiner dessus comme des gamins.

Les cours se sont plutôt bien passés dans l'ensemble. Le professeur Lupin est stressé par rapport aux examens et il nous a donné un examen blanc surprise. Nous étions tous ravis bien entendu…mais bon, dans l'ensemble je crois m'être bien débrouillé.

J'ai raconté toutes mes aventures à Pansy qui m'a ramené un livre de Thomas Mann de son voyage en Allemagne ainsi qu'une peluche. Je ne l'ai pas trop vue parce qu'elle a du temps à rattraper avec Blaise. Ils sont mignons tous les deux. Je suis content qu'ils soient ensemble, ils forment un beau couple et ça me fait jubiler de voir les pétasses qui courent après la popularité de Blaise tirer une tête de trois mètres de long quand elles les voient passer ensemble.

Mercredi 14 novembre

J'ai de plus en plus de mal à supporter la situation avec Harry. Il y a quelque chose de bancal dans notre amitié et ça me mets les nerfs en pelote. On a chahuté hier dans la piscine et je jure sur la tête de tous ceux qui me sont chers que ses mains se sont un peu trop attardées sur moi. J'en ai eu le souffle coupé. Et puis il a continué comme si rien ne s'était passé. Moi, ça me rend dingue. Il me fait entrevoir le paradis puis je retombe en enfer la seconde suivante. J'ai envie de lui sauter dessus, de le secouer comme un prunier pour le faire parler puis de le supplier à genoux de sortir avec moi mais bien sûr je ne le ferai pas.

Harry, c'est officiel ! Tu me rends complètement fou !

Samedi 15 novembre

Aujourd'hui je prends mon courage à deux mains et je vais rendre une visite à Sirius pour lui parler d'Harry. Lui au moins, il peut comprendre ce que je ressens et il ne me jugera pas.

Drago frappa à la porte de la chambre.

La voix de Sirius se fit entendre de l'intérieur et le jeune homme entra dans la pièce.

Sirius, une paire de petites lunettes juchées sur le nez, lisait le journal. Son visage se fendit d'un grand sourire.

« Drago ! Je ne savais pas que tu venais aujourd'hui. Harry est là ? »

« Euh non…je suis venu tout seul, je voulais te parler. » répondit le jeune homme, un peu gêné par ce qu'il allait devoir dire.

Sirius plia son journal, le déposa sur la table de nuit et désigna le fauteuil près du lit.

« Assieds-toi. Qu'est-ce qui se passe ? Tu es tout pâle. »

Drago s'assit et machinalement se saisit du bas de son pull pour l'entortiller autour de ses doigts.

« Et bien…c'est à propos d'Harry… »

« Oh ! Harry… » Répondit Sirius en hochant la tête. « T'es accro, hein ? »

Drago rougit furieusement et dit d'une voix atone

« Ca se voit tant que ça ? »

« Drago ! C'est aussi évident qu'un et un font deux. »

« Je…j'essaie d'être discret pourtant » balbutia le jeune homme, de plus en plus paniqué. Si Sirius avait tout compris, peut-être que beaucoup d'autres le comprenaient aussi.

« Tu sais, quand on aime quelqu'un, tout en nous le hurle, chacun de nos actes le prouve. Moi je vois bien comment tu te comportes avec Harry et ce que je vois me plaît. S'il était un peu moins con il le comprendrait aussi. » Lui répondit Sirius avec douceur.

« Il y a quelques temps, on s'est embrassés…c'était merveilleux et je suis sûr qu'il a aimé lui aussi. Mais après ça il m'a évité comme la peste pendant des jours jusqu'à ce que j'ai le courage d'aller lui parler et de lui avouer qu'il me plaisait mais que je ne l'importunerai plus avec ça. Je préfère l'avoir comme ami que le perdre… » Expliqua Drago d'une voix de plus en plus hésitante. Il sentait une boule de souffrance se créer dans sa gorge. C'était tellement dur.

« Drago…tu as été honnête avec lui, c'est bien, mais cette situation est trop difficile à supporter pour toi. Je sais ce que c'est, sois-en sûr. »

« Et il est tellement étrange certaines fois. Des fois il me regarde bizarrement, il me prend dans ses bras, puis une seconde après, plus rien. J'ai parfois l'impression qu'il y a une chance pour qu'il…puis en fait, non. C'est horrible. Je sais plus quoi faire…. » Murmura Drago, désemparé.

Sirius se releva un peu sur son lit et lui prit la main.

« Ce que je vais te dire va peut-être te sembler impossible mais il faut que tu lui parles. »

« Je…je peux pas » renifla Drago

« Si la situation reste comme elle est actuellement, ça va te rendre fou. Je sais que mes paroles sont dures mais tu ne peux pas être ami avec Harry pour l'instant. Tu es trop amoureux pour ça. Ca va te ronger de l'intérieur, tu vas perdre le goût de vivre. Et puis qu'est-ce que tu feras quand il rencontrera une petite-amie ? Tu vas gentiment le féliciter ? Non, Drago. Il faut crever cet abcès. Si Harry éprouve pour toi plus que de l'amitié il te retiendra, et si c'est seulement de l'amitié il comprendra que vous ne pouvez pas rester amis dans ces conditions. »

« C'est trop dur » murmura Drago. « Etre son ami, c'est tout ce qui me reste. »

« Non, Drago. Tu ne dois pas vivre seulement pour lui. Je sais, ça fait mal, mais il faut que tu lui parles et que vous preniez une décision. »

Drago était complètement perdu. La perspective de ne plus être l'ami d'Harry lui glaçait le sang. C'était tout simplement impossible.

Une larme coula sur sa joue, larme qu'il essuya du revers de sa manche d'un geste rageur.

« Je suis pathétique ! »

« Non. Tu es quelqu'un de bien. Si j'avais vingt ans de moins, je te demanderais en mariage sur le champ. » Lui répondit Sirius en souriant.

Un petit sourire timide naquit sur le visage du jeune homme qui pressa la main du parrain de son ami.

« Merci. Je suis content de pouvoir te parler. Je me sens tellement seul des fois… Harry a de la chance de t'avoir pour famille. »

Soudain la porte s'ouvrit, laissant entrer Harry, un paquet de biscuits entamés dans la main. Il s'arrêta net en voyant Drago, ne s'attendant pas à le voir ici, puis avisa les deux mains enlacées.

Il fronça les sourcils et dit d'une voix sèche

« Je dérange, peut être... Drago, tu es écoeurant. »

Mais avant qu'il esquisse un geste, Drago s'était levé. Le bruit d'une claque retentit dans la pièce.

Harry se tenait maintenant la joue, les yeux exorbités sous le choc tandis que Drago tremblait de colère.

« Tu…tu es trop stupide ! » lui cria-t-il, des larmes de rage coulant sur ses joues. Il ramassa ses affaires et sortit de la chambre sans un mot de plus.

Il n'entendit pas Sirius ordonner à Harry, furieux de l'attitude de son filleul, de venir s'asseoir pour qu'il lui dise deux mots.

Je suis parti. Je suis rentré de l'hôpital, j'ai pris les clés de ma voiture, ce journal, et je suis parti au hasard. J'ai besoin d'écrire tout mon mal-être. Je me sens tellement inutile et ridicule.

Et puis j'ai si mal ! Je suis totalement perdu. J'aimerais crever plutôt que de continuer comme ça.

Je l'ai frappé…je l'ai frappé de toutes mes forces. Comment a-t-il osé me dire ça ? N'a-t-il donc rien compris de mes sentiments pour lui ? Je l'aime à en mourir et lui insinue que je suis avec son parrain. C'est absurde ! J'ai envie de vomir !

Pourquoi est-ce que j'ai si mal ? Je n'arrive même pas à me faire aimer des gens qui m'entourent. Mes parents n'en ont rien à foutre de moi et Harry est inaccessible.

Je ne peux plus continuer ainsi. Sirius a raison. Si je continue à penser à lui, je vais finir par me trancher les veines. Il a pris possession de mon âme toute entière, il est comme une drogue pour moi dont il faut que je me sèvre sous peine d'en mourir.

J'ai laissé la voiture en centre ville et je suis allé marcher sans but précis. J'ai besoin d'espace, de changements. Il faut que je me défoule le corps et l'esprit, que je le sorte de ma tête. J'en peux plus.

En fait je suis pathétique. Je suis là, de retour dans ma voiture, en train d'écrire dans ce stupide journal. Je me lamente et je pleurniche comme une fillette sur un mec qui n'en vaut pas la peine puisqu'il est trop fier pour s'avouer qu'il a aimé que je l'embrasse et que je suis plus qu'un simple ami pour lui. Moi je l'ai accepté, pourquoi pas lui ? Parce que je suis sûr que je lui plais. Pourquoi me ferait-il des crises de jalousie sinon ? Pourquoi profiterait-il de tous les prétextes pour me toucher ? Si je ne lui plais pas, alors, je ne comprends plus rien. Je lui plais mais il me repousse : il est trop lâche et il le sera toujours. Jamais je ne serai son petit ami, jamais il ne m'embrassera, jamais il ne me fera l'amour alors pourquoi est-ce que j'espère ainsi, comme un imbécile ? Je le déteste ! Je me déteste ! Je déteste cette école qui m'a fait le rencontrer.

La nuit tombe et j'espère bien que tout le monde est inquiet. Mon portable n'arrête pas de sonner mais je ne répondrai pas. Je ne regarderai même pas qui m'appelle. Je veux les oublier, tous, et je vais me vider la tête. Je vais aller boire toute la nuit et draguer comme un malade. Puisqu'il ne veut pas de moi, pourquoi je l'attendrai éternellement ? Ce soir, je vais me faire baiser par le premier qui aura envie de moi. Ce que je voulais lui donner, je le donnerai à n'importe qui puisqu'il n'en veut pas.

Harry, je me déteste de t'aimer autant. Tu me détruits petit à petit et tu ne vois rien. Après cette nuit, j'irai te parler et je te cracherai mes sentiments au visage. Je te dirai que je t'aime comme un dingue et que je ne veux plus être ton ami. Je ne veux plus te voir, plus jamais…

«Pansy, est-ce que tu as vu Drago ? »

Harry venait d'entrer en trombes dans la chambre de la jeune fille, essoufflé et le visage inquiet.

«Il est à l'hôpital. Il est allé rendre visite à ton parrain » lui répondit la jeune fille. « Quelque chose ne va pas ? »

« Pansy…je suis le pire des cons » dit Harry, se prenant la tête dans les mains. « Quand je suis arrivé à l'hôpital, ils étaient en train de discuter et ils se tenaient la main. Je sais pas ce qui m'a prit. Je …je l'ai insulté et il est parti en pleurant après m'avoir giflé. Je sais pas où il est…il faut que je m'excuse… »

Pansy s'était approché de lui et l'avait saisi par les épaules, ses yeux lançant des éclairs.

« Harry ! Qu'est-ce qui t'a prit ? Tu n'as pas encore compris que Drago est fou amoureux de toi ? Comment as-tu pu imaginer un truc entre ton parrain et lui ? Bon sang, tu es son ami. Tu n'as pas vu qu'il est tout le temps triste, qu'il mange moins ? Oh, merde. Je suis sûre qu'il est capable de faire une connerie. »

Harry était devenu blême, se rendant soudain compte du danger de la situation. Drago allait mal et lui, il n'avait rien vu venir, ou il n'avait rien voulu voir venir.

« Il faut que je le retrouve. S'il lui arrive quelque chose, je sais pas ce que je ferai… »

« S'il lui arrive quelque chose, je te tue de mes propres mains » lui répondit Pansy en prenant son sac.

« On prend la voiture de Blaise et on va le chercher. Il a pris sa voiture ? »

« Oui. Il peut être n'importe où. Allons en ville et ensuite on verra bien. »

Les deux jeunes gens sautèrent dans la voiture rutilante de Blaise. Harry était dans tous ses états, maudissant son caractère emporté et sa jalousie incompréhensible qui le prenait quand Sirius faisait du charme à Drago. Pourquoi réagissait-il comme ça ? Il n'en savait rien. Tout ce qu'il savait c'était que Drago était désespéré et qu'il pouvait faire une connerie à tout moment.

Ils arrivèrent en ville quelques minutes plus tard et se séparèrent. Harry se mit à courir les lieux que fréquentaient Drago. Entre temps la nuit était tombée et toujours pas de traces de lui.

Harry désespérait de le retrouver quand il avisa sur un petit parking la voiture du jeune homme.

Le cœur battant, il courut vers elle mais aucune trace de son occupant. En soupirant, il constata que la porte était ouverte. Il s'y engouffra à la recherche d'un indice et tomba soudain sur un gros cahier relié. Il le saisit et blanchit en lisant la couverture : 'journal de Drago'

Il hésita un instant, puis l'ouvrit à la dernière page. Il y avait peut-être des indices sur le lieu où Drago se trouvait et puis…une curiosité dévorante le tenaillait.

Il lut l'écriture soignée mais néanmoins hachurée de son ami. Certaines lettres étaient rendues floues par des gouttes. Le cœur d'Harry se serra. Drago avait pleuré en écrivant cela.

Puis les mots lui sautèrent au visage avec toute la force du désespoir qu'ils transcrivaient. Les sentiments de Drago étaient profonds et lui, ils les avaient négligés, préférant les nier pour conserver son amitié.

Son égoïsme l'écoeura soudain .Comment avait-il pu faire ça à Drago ? Il fallait qu'il le retrouve avant qu'il ne mette ses menaces à exécutions. Il ne devait pas faire ça. Il était trop précieux pour ça.

Tentant de rassembler tous ses esprits, Harry se mit à réfléchir sur les endroits susceptibles de convenir à ce que Drago avait en tête. Un seul endroit lui parut susceptible de convenir : le Dark Lord, une boîte branchée mais pas très bien fréquentée. Oui, Drago y était sûrement.

Harry se précipita en direction de la boîte, priant pour ne pas arriver trop tard.

Drago avait trouvé l'endroit idéal pour se vider l'esprit : le Dark Lord. Il n'y était jamais rentré et l'atmosphère bruyante qui y régnait l'agressa pendant un instant. Puis, s'y habituant, il s'installa au bar et demanda une vodka au barman.

Trois verres plus tard, il se sentait nettement mieux. Même la musique techno dans ses oreilles était plus supportable. Il avait envie de s'abrutir d'alcool jusqu'à ce qu'Harry n'occupe plus ses pensées.

Il balaya la salle du regard. Celle-ci n'était pas encore remplie car minuit venait à peine de sonner. Beaucoup de gens se trémoussaient sur la piste, déjà sérieusement éméchés, d'autres étaient comme lui au bar.

Plusieurs personnes le regardaient. Il sourit de manière cynique : il n'aurait aucun mal à trouver quelqu'un ce soir. Il rit même, trouvant la situation burlesque : beaucoup de mecs se feraient un plaisir de le dévergonder, sauf celui qu'il désirait…il fit une grimace : il venait encore de penser à Harry.

Appelant le barman pour se commander encore un verre, il fut devancé lorsque celui-ci posa devant lui la bouteille de vodka.

« Les deux messieurs vous l'offrent. » Lui dit-il en lui désignant deux hommes assis un peu plus loin et qui le regardaient.

« Merci » répondit le jeune homme en se servant de nouveau. Il adressa un signe de tête aux deux hommes puis vida son verre d'un trait.

Il ferma les yeux un instant. La tête lui tournait un peu. Il n'avait pas mangé de la journée et les quatre verres de vodka lui donnaient très chaud.

Quand il rouvrit les yeux, il sursauta légèrement. Ceux qui lui avaient payé la bouteille étaient maintenant assis de part et d'autre de lui et le regardaient d'une manière qui ne laissait planer aucun doute sur leurs intentions.

« Salut. On t'a jamais vu ici .C'est rare de voir des mecs comme toi dans les parages… » Lui dit l'un des deux, grand et blond.

« Et c'est quoi un mec comme moi ? » lui répondit Drago, entrant dans son jeu. Ces mecs voulaient le draguer, soit. Ils étaient plutôt pas mal et il s'était bien dit qu'il se laisserait faire par le premier venu.

« Et bien… » Répliqua le deuxième homme, un peu plus petit mais brun et élancé, lui souriant d'un air gourmand. « Les mecs bien roulés comme toi sont rares. Avec un corps et des yeux pareils, on t'aurait remarqué avant si tu étais déjà venu…moi c'est Tom. Et mon pote c'est Elvis. Et toi ? » ( ndB :LOL ! Et leurs noms de famille c'est Jedusor ! MDR !)

« Enchanté, moi c'est Drago » lui répondit le jeune homme, se servant un nouveau verre de vodka. Il avait besoin de se donner du courage. Ces deux mecs avaient l'air d'avoir l'habitude de faire ce qu'ils disaient et ça lui faisait quand même un peu peur.

« Quelle descente, mon cœur ! » siffla Elvis de manière admirative. T'es pas un peu jeune pour boire tout ça ? »

« J'ai dix-neuf ans alors je bois ce que je veux » lui répondit Drago sèchement. « Et c'est pas d'une mère dont j'ai besoin. »

« Et c'est de quoi dont t'as besoin ? » lui susurra le blond, le dévorant littéralement des yeux.

« J'ai besoin… d'oublier mes problèmes. » répondit Drago, soudain gêné par le regard scrutateur de l'homme. Il se mit soudain à flipper. Ces deux mecs étaient plus âgés, presque la trentaine peut-être, et ils le regardaient comme un lion regarde sa proie.

Il se saisit de nouveau de la bouteille et vida un nouveau verre.

« Viens, on va t'aider à oublier » lui murmura le dénommé Tom en l'entraînant sur la piste de danse.

La musique était forte. De la techno aux basses bien sonores .Drago n'était pas habitué à danser sur ce genre de musique mais l'alcool aidant, il suivit bientôt le rythme des autres danseurs.

Un joint circula entre les trois garçons et la tête de Drago tourna un peu plus. Tout l'alcool qu'il avait ingurgité lui donnait chaud. Il retira son pull et l'envoya valser n'importe où.

Il sentit des mains sur son torse. Il ferma les yeux, se laissant entraîner par la musique. Plus rien d'autre ne comptait que de suivre le rythme de cette musique, de se laisser porter par elle et d'oublier…de tout oublier.

Il ouvrit les yeux quand il sentit une langue s'insinuer dans son cou. Tom dansait tout contre lui, sa tête nichée contre son cou et le parcourait de ses lèvres. Drago frissonna. Il avait peur mais il devait le faire.

Il ferma de nouveau les yeux et sentit un autre corps se presser contre lui et des mains commencer à le parcourir. C'était agréable.

Il pencha la tête en arrière, offrant son cou aux baisers du brun tandis que le blond glissait une main sous son T-shirt, caressant la peau nue de son torse.

Il gémit quand une main se saisit de son entrejambe. La musique, l'alcool, la drogue…Drago venait de perdre pied. La main se fit plus quémandeuse tandis qu'un corps visiblement excité se pressait derrière lui.

L'un des deux hommes captura ses lèvres tandis que l'autre lui mordillait la nuque.

« Tu es trop bon. » lui dit le blond dans l'oreille. « On a envie de toi. »

Drago déglutit et rouvrit les yeux. Son pantalon était à moitié déboutonné, des mains avides le caressaient de toute part et les deux hommes le dévoraient des yeux. Son cœur se mit à battre furieusement dans sa poitrine : ils avaient envie de lui, tous les deux. Drago était soudain terrifié par ces deux hommes mais il ne pouvait plus faire marche arrière. Ils les avaient allumés à fond, il s'était laissé touché, maintenant il n'avait plus le choix.

« T'inquiète pas. On veut juste te donner un max de plaisir » lui susurra l'autre.

« Je…pas ici… » Bégaya Drago, soudain très intimidé.

« On va chez moi » lui répondit le blond.

Drago acquiesça et le blond se pencha de nouveau vers lui pour l'embrasser.

« T'es vraiment trop bon »

Il n'eut pas le temps de dire autre chose parce qu'il se retrouva soudain à terre, l'air hébété. Quelqu'un venait de le tirer par le col de sa chemise et l'avait fait tomber au sol. Il se releva sur le champ et se tourna vers son agresseur.

Harry venait d'entrer au Dark Lord. La musique était très forte et les lumières l'empêchaient de détailler la pièce et il mit donc un certain temps avant d'apercevoir Drago.

Sa respiration se coupa tandis qu'il le reconnaissait, sur la piste de danse, coincé entre deux hommes qui le tenaient étroitement entre eux, le caressant sans aucune pudeur et lui mordillant le cou.

Harry vit soudain rouge. Voir ainsi Drago le rendait complètement dingue.

Il traversa rapidement la piste de danse, repoussant sans douceur ceux qui se trouvaient sur son passage et agrippa le col du premier homme qui embrassait goulûment son ami.

L'homme tomba au sol mais se releva vite pour lui faire face.

« T'as un problème ? » lui cracha-t-il hargneux. Puis il recula instinctivement d'un pas quand il vit la carrure imposante d'Harry et la lueur meurtrière dans ses yeux.

« Tu le laisses tranquille et tu dégages » lui répondit celui-ci sur un ton venimeux. « Et c'est valable aussi pour toi » ajouta-t-il en se tournant vers l'autre homme.

« Harry ?... » dit Drago, éberlué par l'arrivée spectaculaire du jeune homme. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »

« Je suis venu te chercher, alors viens » lui répondit-il sur un ton péremptoire.

Drago fronça les sourcils.

« Non, je m'amuse ici. »

« Oui, on s'amusait bien avant que tu n'arrives alors c'est toi qui va dégager » reprit le premier homme en passant un bras autour du cou de Drago qui dardait sur Harry des yeux furieux. Comment osait-il venir ici et lui faire une scène ? Il faisait ce qu'il voulait.

« Je vous préviens » lui dit Harry, menaçant. « Si vous ne décampez pas immédiatement, je vous jure que je vous tue. »

S'avançant vers les hommes, il agrippa la main de Drago et l'arracha à l'étreinte de l'homme, le ramenant contre lui.

Les deux garçons se regardèrent puis jaugèrent les muscles et l'attitude plus qu'agressive d'Harry avant de s'éloigner en lançant un « à plus tard » à Drago.

Puis Harry entraîna sans douceur Drago vers la sortie.

« Lâche-moi ! » répétait le blond, indigné.

Quand ils furent à l'extérieur de la boîte, Drago se dégagea violemment de la prise d'Harry et le foudroya de son regard furieux.

« Putain, qu'est-ce qui te prend ? Je fais ce que je veux, tu entends ? »

« Oui, c'est ça. Ca te plaisait de jouer les putes avec ces deux mecs ? Merde, t'étais à moitié à poil et ils te pelotaient devant tout le monde. »

« Et alors » lui rétorqua Drago, des larmes de rage lui montant aux yeux. « T'es ni ma mère, ni mon petit-ami. Je fais ce que je veux de mes fesses, ça me regarde moi, et certainement pas toi. »

« Si ça me regarde. J'ai pas envie qu'il t'arrive quelque chose de stupide. » Lui répondit Harry.

Drago se mit soudain à sangloter

« Qu'est-ce que ça peut te foutre ? »

« Drago…s'il te plaît, ne pleure pas » dit soudain Harry, touché par les larmes coulant sur les joues du blond. Il fit un pas vers lui mais Drago se recula vivement.

« Ne me touche pas ! »

« Ok Drago…allez viens, on rentre. » lui répondit doucement Harry.

« Non ! Je me sens pas bien. Je veux pas rentrer. Laisse-moi ! »

« Non, je te laisserai pas. Si tu veux pas rentrer chez toi, on peut aller à l'appart de Sirius. J'ai les clés. Tu peux y dormir cette nuit. »

La tête de Drago tournait. Trop d'alcool ce soir.

Sa fureur retomba soudain pour laisser place à un abîme de désespoir. Il se laissa entraîner vers sa voiture tandis qu'Harry téléphonait à Pansy pour lui dire qu'il l'avait retrouvé mais qu'ils ne rentreraient au campus que demain matin.

Après avoir rassuré Pansy, il monta dans la voiture avec Drago.

Le court trajet fut pesant. Drago tournait ostensiblement le dos à Harry, le front posé contre la fenêtre. Il lui en voulait terriblement. Pourquoi était-il venu le chercher ? C'était son choix d'être là-bas. Il n'avait pas à s'en mêler.

Arrivé devant l'immeuble où se trouvait l'appartement de Sirius, il sortit de la voiture sans un mot pour Harry puis tous deux montèrent au troisième étage.

Arrivé dans l'appartement, Drago s'effondra sur le canapé, prenant sa tête entre ses mains.

« Va-t-en ! Je veux rester seul ! »

« Pour que tu fasses encore une connerie ? Pas question ! » Lui répondit Harry sur un ton ferme.

Drago le fusilla du regard et se leva, menaçant

« Qui es-tu pour juger si je fais des conneries ou pas ? J'ai plus dix ans ! Pourquoi es-tu venu me chercher ? Je ne t'ai rien demandé ! D'ailleurs je ne t'ai jamais rien demandé ! Si j'ai envie de me faire sauter par le premier venu, c'est mon problème. T'as aucun droit sur moi ! »

« Si, j'en ai justement ! » lui répondit Harry en franchissant la distance qui les séparait. Il attrapa le visage de Drago entre ses mains et plongea ses yeux verts dans ceux complètement éberlués du jeune homme.

« J'ai eu l'impression de devenir dingue en les voyant te toucher. J'ai cru que j'allais les tuer. Je me suis rendu compte ce soir que j'avais envie d'être le seul à avoir le droit de le faire. »

Et il captura soudain les lèvres de Drago entre les siennes.

Celui-ci, les yeux écarquillés sous l'effet de la surprise, ne savait plus du tout où il en était. Harry l'embrassait...enfin. Toute sa rage fondit comme neige au soleil tandis qu'il fermait les yeux, entrouvrant les lèvres pour laisser entrer Harry.

Il manqua s'effondrer au sol quand leurs langues se joignirent et qu'Harry le retint dans ses bras, approfondissant leur baiser dans le même temps.

Drago enroula ses bras autour de son cou et s'abandonna totalement à cette bouche impérieuse qui le faisait trembler de plaisir.

Harry s'enivrait des lèvres de Drago. Tandis que leurs langues se cherchaient et se mêlaient avec passion, une évidence s'imposa à lui : rien n'était meilleur que d'embrasser Drago. Comment avait-il pu être aussi aveugle ? La bouche de Drago était chaude et douce, ses lèvres sucrées, son odeur enivrante. Pourquoi avait-il fallu en arriver jusque là pour s'avouer enfin qu'il aimait le blond bien plus que comme un simple ami ?

Ses mains vinrent naturellement se poser sur les hanches de Drago qui soupira contre ses lèvres. Puis, hésitantes, elles commencèrent à parcourir le dos du blond pour se perdre enfin dans ses cheveux doux et fins.

C'était tellement bon…rien à voir avec tout ce qu'il avait pu toucher jusqu'à présent.

Quand Sirius lui avait presque hurlé dessus après le départ précipité de Drago à l'hôpital, il s'était senti si mal qu'il avait cru qu'il allait vomir tout ce que contenait son estomac. Et quand il avait compris ce que projetait de faire son ami, son cœur s'était arrêté de battre. Il s'était imaginé Drago dans les bras d'un autre, dans le lit d'un autre et ça lui avait fait prendre conscience que depuis des semaines, il faisait tout pour ne pas penser au goût de ses lèvres sur les siennes.

Drago frissonnait de part en part. Harry l'embrassait…Harry le caressait…alors qu'il croyait que tout était perdu, il était dans ses bras. Il n'était plus qu'un pantin de chiffon entre ses bras. Tout ce qui n'était pas Harry venait de disparaître pour ne laisser place qu'à une seule évidence : il était désespérément amoureux de lui et il pouvait mourir de bonheur à l'instant même, tous ses vœux étant réalisés.

Ses mains vinrent elles aussi se mêler aux mèches indisciplinées du brun tandis qu'il répondait avec ferveur au baiser possessif de son ami.

Aucun des deux ne voulait abandonner les lèvres de l'autre. C'était comme si une soif dévorante les obligeait à s'abreuver l'un à l'autre sans cesse.

Harry se mit à parcourir du bout des doigts les contours du visage de Drago qui ne pouvait qu'haleter sous la caresse trop douce pour être réelle…

Puis leurs lèvres se séparèrent enfin. Drago, le souffle coupé, plongea ses yeux dans ceux d'Harry. Il était comme hypnotisé par ce regard assombri par le désir et ne réussit qu'à bredouiller

« …Harry… »

Celui-ci prit son visage en coupe et soutint son regard.

« Drago…je…je suis désolé pour…tout…je suis un crétin. J'aurais aimé…enfin, j'aimerais mais j'ai peur tu comprends…c'est difficile… »

Les explications complètement embrouillées d'Harry finirent de faire craquer Drago qui se jeta dans ses bras en enfouissant son visage dans son cou.

Harry l'enlaça maladroitement, visiblement très mal à l'aise et bredouilla avec difficulté

« Je…j'ai envie d'être…avec toi… »

Le cœur de Drago manqua un battement.

« En fait…j'ai toujours eu envie d'être avec toi…mais j'étais trop con pour me l'avouer… » Continua Harry. Il raffermit sa prise autour du corps de Drago, le sentant soudain sur le point de s'effondrer.

« Drago…ça va ? »

Le visage enfoui contre son torse, Drago murmura d'une voix faible

« J'ai la tête qui…tourne… »

Harry l'entraîna vers le lit de Sirius et l'aida à s'allonger. Il s'assit à côté de lui et lui caressa le front avec douceur, essayant de calmer les battements affolés de son coeur.

« T as trop bu. Il faut que tu te reposes maintenant »

Drago acquiesça puis lui saisit maladroitement la main

« Tu restes, hein ? Demain quand je me réveillerai, tu seras là et tu ne me laisseras pas tomber ? »

Harry déglutit et serra la main dans la sienne. Drago avait l'air si fragile à cet instant. Il mesurait enfin la souffrance qu'il lui avait causée et il se sentait affreusement coupable.

« Ne t'inquiète pas. Je reste et je te promets que je ne te laisserai pas tomber…jamais plus. »

Drago ferma les yeux et sourit, apaisé. Les brumes de l'alcool et le goût des lèvres d'Harry flottant encore sur les siennes finirent par l'endormir profondément.

Harry resta un long moment immobile, ses yeux ne pouvant se détacher du visage angélique de Drago. Il le trouvait si beau en cet instant...plus beau que tout ce qui pouvait exister. Il approcha sa main de son visage, lui effleura la joue et écarta une mèche de cheveux blonds de son front. Sa peau était extrêmement douce, aussi douce que celle d'une fille.

La réalité lui sauta soudain au visage : Drago était un garçon et pourtant il était en train de tomber amoureux de lui…c'était même peut-être déjà fait. Après ce soir, plus rien ne serait pareil. Ils s'étaient à nouveau embrassés et jamais baiser n'avait été meilleur. Il n'avait envie que d'une chose, c'était de recommencer et la peau de Drago sous ses doigts semblait ne jamais pouvoir le lasser.

Il recula sa main et la regarda avec perplexité. Il était attiré par un homme et cela le remplissait d'effroi. Avec Drago il se sentait bien comme jamais il ne l'avait été mais comment allait se passer sa vie maintenant ? Comment les autres réagiraient si ils apprenaient que le capitaine de leur équipe de rugby était gay ? Il serait montré du doigt, on se moquerait de lui.

La panique commençait à se saisir de lui mais, quand il reposa les yeux sur le beau visage de Drago endormi, il ne put penser à autre chose. Sa main revint effleurer sa joue et il frissonna en voyant le jeune homme sourire dans son sommeil.

Au diable la peur ! Rien n'était meilleur que ce visage et ce sourire.

Harry se leva, prit une couverture dans un des placards de la pièce et en recouvrit le corps de Drago puis il s'allongea doucement à ses côtés. Ses bras vinrent automatiquement s'enrouler autour du blond qui se retourna et vint enfouir sa tête contre son torse.

Le cœur battant à tout rompre, Harry déposa un baiser sur son front, se jurant de ne plus jamais dormir sans lui. C'était trop doux, trop bon.

Et lui qui souffrait d'insomnies depuis quelques semaines s'endormit aussi vite que Drago, le visage enfoui dans ses cheveux et le cœur débordant de sentiments intenses et divers.

Et voilou! Prochain chapitre d'ici la semaine prochaine. Comment va se dérouler la suite des évènements? Dieu seul le sait...et moi même.

Bises à tous et A VOS REVIEWS!