HEEEEYY. J'ai réussi à terminer ce chapitre après plus d'un mois youhou! \o/ Je suis la joie et l'accomplissement.

Je tenais à m'excuser d'avoir été aussi longue à poster, mes journées sont trop courtes, j'aurais besoin de deux jours en un pour pouvoir faire tout ce que je voudrais.

Ensuite, merci à toutes les lectrices d'être toujours plus nombreux à cliquer sur cette histoire, vous n'imaginez pas à quel point ça me fait plaisir. Amelia vous aime autant que vous l'aimez (et moi encore plus, bisous sur vos têtes)!

Voici donc le chapitre 9, en espérant qu'il vous plaira! Je ne pense pas avoir autre chose à vous dire pour le moment, si ce n'est bonne lecture! :D


Chapitre 9 — It's dangerous to go alone, take a Wheatley with you*

« Patata-quoi ?

— Roh eh c'est bon, tu vas pas t'y mettre toi aussi, c'est juste une chanson pour me concentrer.

— M'enfin…

— ROOH. Je dis juste que peut-être, éventuellement, si on la chantait tous ensemble ça nous aiderait tous à nous concentrer avant les matchs.

— Ouais enfin, c'était plus rigolo quand tu me posais la question sur les lamas.

— Nan mais Bobby, on chante, on s'enjaille, et on y va, je te demande pas de danser nu devant toute l'école.

— Oui mais quand même

— En fait tu es tombé sur une patacitrouille déficiente toi l'année dernière, non ?

— Je ne vois pas de quoi tu parles. »

N'empêche que, après des semaines de négociations, j'ai tout de même réussi à leur faire chanter cette satanée chanson. À tous. Même à Bobby. Oui-oui-oui.

« Tout le monde est prêt ? »

Grognement général dans les vestiaires. Je me plantai devant Bobby, souriant comme une imbécile heureuse.

« Bon. C'est notre avant-dernier match de la saison, mais on n'a pas intérêt à se planter. On peut encore grappiller la deuxième place si on ne s'en sort pas trop mal, et je suis sûr que vous ferez un excellent travail. N'oubliez pas, parlez-vous, regardez-vous — bon Amelia, toi tu regardes le Souafle et personne d'autre —, et ensemble, on va écraser Poufsouffle ! »

Nous hurlâmes « Ouaiiiiiis » d'une même voix et Bobby, après un regard assassin vers ma personne, poussa la chansonnette d'une voix monotone en même temps que mes camarades et moi-même hurlions :

« Patata-Patata-Patatacitrouille ! »

Même si j'entendis très distinctement « Amelia-est-une-citrouille ! » sortir de la bouche de mon cher capitaine.

Après un « hiphiphip » jovial, nous attrapâmes nos balais et nous dirigeâmes vers le terrain — le stress commençait à monter quand nous entendîmes les hurlements extatiques dans les gradins. J'eus beau me persuader que je pouvais le faire, que je savais le faire, que nenni, mon ventre se tordit alors que mon estomac se recroquevillait et se balançait d'avant en arrière en pleurnichant. Mon cœur le rejoignit dans sa nullité en se préparant à son cours de zumba, palpitant d'impatience dans ma poitrine alors que ma gorge se nouait en apercevant la plèbe déchaînée.

« Allez, on se dégonfle pas, les Poufsouffle vont donner tout ce qu'ils ont, alors nous aussi. Les conditions sont parfaites, alors nous aussi. »

Il avait raison — nous étions fin mars et le ciel resplendissait, dépourvu de nuages ou de vent —, la météo était idéale, nous n'avions aucune excuse de ce côté — même si j'avais tout de même le droit de me plaindre du soleil en plein dans ma face vu que je n'avais jamais de chance et qu'il fallait toujours que ce soit moi, les jours de soleil, qui plisse les yeux pour essayer de ne pas risquer l'aveuglement, et jamais mes adversaires.

« Je te ferais bien la blague « bien dit Dédé » pour que tu me répondes « je m'appelle Bobby », mais j'ai du mal à me dire que ton vrai nom c'est Dereck, marmonnai-je d'une voix pâteuse à mon capitaine. »

Mary, derrière moi, ricana nerveusement, et Bob eut un sourire crispé alors qu'un gargouillis informe me répondait. Tentative de détendre l'atmosphère : écrasée par les gros sabots de ma propre honte.

Nous commençâmes à voleter alors que Bobby et le capitaine des Poufsouffle — dont je ne connaissais pas le prénom, appelons-le Pain aux raisins — se serraient la main, puis Madame Bibine siffla le coup d'envoi. Plissant élégamment les yeux et priant pour que personne ne zoom avec ses Multiplettes sur ma grimace peu esthétique, je ne lâchai pas le Souafle des yeux — les poursuiveurs Poufsouffle étaient plus doués que la dernière fois mais je réussis tout de même à arrêter le premier tir. Ouf ! Ça commençait plutôt bien.

Bon, bien sûr, je ratai les deux essais suivants — à cause du soleil, pour de vrai ! — mais Mary égalisa avec brio. Pas le temps cependant de se réjouir trop vite que les poursuiveurs adverses s'étaient déjà emparés du Souafle et s'approchaient comme des fusées de mes buts — on a beau dire, les Poufsouffle sont loin d'être les empotés qu'on a tendance à imaginer —, avec mes deux échecs, je ne devais pas me laisser démonter. Patata-Patata… Attention, il vise à gauche… Patata-Patata… Et pouf, le Souafle hors de portée des anneaux, AHAH, patata-citrouille !

« Génial Amelia ! entendis-je à ma droite.

— Merci Bobby, hurlai-je à mon tour, pas peu fière de mon arrêt. »

Le match se poursuivit sous les cris de folie de nos — ou bien étaient-ce ceux des Poufsouffle ? — supporters déchaînés. Ravie et enorgueillie par leurs encouragements, le corps secoué de tremblements extatiques, je souriais bêtement, l'euphorie me gagnant magistralement alors que les rayons du soleil plongeaient bien en plein sur ma face — mon sourire débile se transforma en grimace, et, les yeux agressés et mouillés, j'essayai d'apercevoir les fusées jaune et noir me foncer dessus. Une demi-seconde d'inattention plus tard et c'était la fin — le Souafle s'écrasait lamentablement par terre, de l'autre côté de mon anneau. GROUMPF.

Tout en voletant rageusement comme un oiseau malade protégeant son nid, j'entendis des « booooh » éclater tout autour de moi, même si je ne pus dire s'ils m'étaient adressés parce que j'avais été minable ou s'ils étaient dirigés vers les Poufsouffle, lesquels effectuaient leur tour de gloire. Le score était de 40 à 30 en notre faveur, mais je devais vite me ressaisir — ma confiance en moi un peu émoussée, je me crispai légèrement sur mon balai et plissai élégamment des yeux pour me protéger du soleil.

On peut dire ce qu'on veut mais l'acuité visuelle lors d'un match de Quidditch se réduit à — ou presque — zéro pointé — je ne voyais pratiquement rien d'autre que les six assaillants du Souafle et n'avais aucune idée de ce qu'il se passait du côté de notre attrapeur et de nos batteurs.

Je sentis cependant quelque chose de lourd se cogner sur ma tête alors que de l'autre côté du terrain, Mary marquait — un oiseau réellement malade qui aurait échoué à m'éviter ? Le Vif d'Or un peu pompette ? Mon regard se floutait lorsque mes yeux n'étaient pas fixés sur mon objectif rouge et rond, aussi mis-je du temps à comprendre ce qui venait de se passer.

J'optai pour le Vif d'Or un peu pompette quand notre attrapeur, devancé par celui des Poufsouffle, passa en trombe derrière moi, manquant de me déstabiliser — nom d'un chaudron troué, les Poufsouffle allaient gagner !

Trop occupée à vérifier que notre attrapeur rattrapait — sans mauvais jeu de mot — son retard, je n'aperçus pas les assaillants ennemis foncer vers moi.

« Amelia, concentre-toi ! entendis-je hurler au loin — je tournai désespérément le regard vers les trois Poufsouffle déterminés et me rendis compte que l'un d'eux était déjà en train de viser. »

Je me ruai alors vers le Souafle, et là, miracle — je ne compris pas comment, mais mon corps se contorsionna dans une poussée de désespoir, me laissant dans une position pour le moins inattendue une jambe et un bras dans le vide, la tête sous le manche de mon balai. Je ne saurais même pas décrire tant je ne compris pas moi-même le pourquoi du comment de cette posture cocasse. Quoi qu'il en fût, j'avais arrêté le Souafle au dernier moment et nos poursuiveurs l'avaient intercepté. Ouf.

Ce fut cependant à ce moment-là que Mme Bibine siffla. Je me replaçai sur mon balai — non sans me brutaliser le dos, et en injuriant mes abdominaux inexistants — et me tournai vers elle. C'est à ce moment-là que je me rendis compte que les gradins explosaient de joie — ou de colère, je n'arrivais pas à différencier — et que je vis notre attrapeur jeter son balai à terre en fulminant.

Ah, je crois que j'ai compris !


J'avais toujours apprécié l'ambiance suivant les matchs de Quidditch, et cette fois-ci ne coupait pas à la règle. J'étais à peu près la seule à me moquer de notre défaite, me rhabillant avec une joie indécente — Mary tenta de dissimuler sa déception avec des sourires lancés aléatoirement à travers la pièce. Bobby était pâle comme un linge quand nous nous rejoignîmes tous dans les vestiaires communs et les autres — non, n'en parlons même pas.

« Bon, eh bien préparez-vous à recevoir la coupe de la honte, entendis-je marmonner.

— Hohé les gars, c'est bon, on a perdu, on va pas en faire tout un foin, tentai-je de les encourager. »

Mauvaise réponse. Bobby m'ignora, Mary baissa la tête d'un air anxieux et Rob, notre charmant attrapeur, me lança un regard furibond. Boaf.

« T'as pas compris toi, me fit-il remarquer en pliant ses robes.

— Bof, il reste encore un match nan ?

— Contre Gryffondor, marmonna Bobby.

— Mais et alors ? m'enflammai-je. Les Gryffondors sont forts mais nous aussi !

— Ah ouais ? Et aujourd'hui on a brillé peut-être ?

— Elle a raison, s'exclama Alice derrière moi. On va les bouffer ces pourris ! Jusqu'à la moelle.

— Alice, s'il te plaît, soupira Bob.

— Ce n'est pas parce qu'on rate un match qu'on est des nullos, conclus-je. »

Alice approuva en hurlant beaucoup trop fort et les autres essayèrent tant bien que mal de répondre avec engouement à ses encouragements. Quant à moi, je venais de me rendre compte que j'avais peut-être trop traîné à remercier quelqu'un.


Malheureusement, je n'avais pas que ça à faire de trouver Wheatley en pleine période d'examens de fin de trimestre. Nous avions un énorme devoir à rendre en Botanique, un autre encore plus colossal en Métamorphose — youpiii — et des potions toutes plus ennuyeuses les unes que les autres à préparer. Mais le pire dans cette histoire moisie du slip, c'étaient les vacances qui approchaient.

Victor n'avait pas survécu et avait succombé peu avant les vacances de Noël. Le choc avait été magistral — après toutes ces semaines de stabilité, j'en étais venue à me dire que ça allait s'arranger. Nous avons passé un Noël dans le noir, silencieux, je ne pensais pas que j'avais autant d'eau dans le corps pour pouvoir pleurer des jours entiers. Les parents de la fiancée de mon frère, elle aussi ayant succombé à leur rencontre infortunée avec ce fichu Nundu — « une chance qu'ils ne se soient pas fait déchirés sur place, avaient fait remarqué nos invités », super, merci — étaient venus nous rendre visite et nous avons partagé notre deuil ensemble, entourés d'une dinde aux marrons plus fade que le café de Flitwick — je n'en avais pris qu'une fois, lors de ma première entrevue dans son bureau en troisième année et ne me ferai plus avoir, foi de Greenwood.

Tout ça pour dire que, depuis, mes parents avaient décidé que nous passerions toutes les vacances scolaires ensemble — et l'excuse de « mais m'man j'ai un travail », on ne la lui faisait pas — donc je devais, en plus de préparer mes soixante-dix mille centimètres de parchemins pour chaque matière, me préparer mentalement à la douleur psychologique de deux semaines chez moi*. Autant dire que Charles Wheatley passait après — de toutes façons, je ne le croisais que trop rarement pour me poser la question.

De même, les mois étaient passés à toute allure, depuis le décès de mon frère. J'avais un besoin irrépressible de m'occuper et de ne penser à rien d'ennuyeux ou qui pourrait me faire retomber dans des crises d'angoisse et de larmes, aussi préférais-je généralement rester à la bibliothèque avec Emma et Eddie, à travailler sur ces fichus devoirs de métamorphose ou à bavarder des derniers potins inintéressants que mon amie jugeait cruciaux dans la construction de mon identité personnelle.

Je passai aussi beaucoup de mon précieux temps de travail à ne rien faire — au grand dam d'Eddie et pour le plus grand bonheur de mon courage paresseux — avec Ines, la fille de quatrième année fan d'ovomancie bidon.

« Alors, d'après ce que me dit ce blanc d'œuf visqueux, tu auras beaucoup d'argent, une maison en Californie et pas d'enfants pour t'embêter le samedi matin.

— Ça me va. »

Autant dire que ça ne voletait pas bien haut — un peu comme moi au Quidditch en fait — la blague de la solitude — ne me jugez pas.

Les vacances finirent par arriver et le jeudi soir, je restai debout jusqu'à deux heures du matin pour terminer le devoir de métamorphose — joie et bonheur —, afin de remettre fièrement mon parchemin maudit à la vieille McGo le vendredi. Le samedi matin, j'étais prête à monter dans le train avec Eddie et Emma dans le Poudlard Express, direction Londres pour deux semaines bien nazouillardes*. J'étais d'autant plus stressée que je m'étais promis d'accomplir l'impossible pendant ces vacances.

Mes parents nous attendaient sur le quai, Franky et moi, ravis de nous revoir après tant de semaines de séparation — réciproque ? Pas sûre — et j'adressai un signe de main à mes amis avant qu'ils ne nous fassent transplaner.

La maison n'avait pas changé excepté les décorations de Noël qui avaient disparu, rangées dans les cartons dans le grenier poussiéreux — enfin, j'imagine, puisque je n'ai jamais eu droit d'y mettre les pieds, c'était « trop dangereux pour toi ma poupette », hein, évidemment.

Mes autres frère et sœurs manquaient à l'appel et mes parents nous apprirent qu'ils n'avaient réussi à se libérer que la deuxième semaine — bon, ben je passerai la première semaine dans ma chambre à lire des bouquins nuls sur la métamorphose, parce que quitte à s'ennuyer, autant bien le faire, non ?

« Et tes B.U. ma poupette ? me demanda maman le soir-même — « poupette », non mais franchement, c'est quoi ce sobriquet stupide ?

— C'est dans deux mois, laisse-la tranquille, répliqua aussitôt mon père.

— Tu sais papa, je pouvais répondre toute seule, répondis-je aussitôt sans vraiment réfléchir — non mais c'est vrai, je n'ai plus huit ans, je peux répondre toute seule ! »

Silence autour de la table. Je serrai les poings pour ne pas baisser honteusement les yeux. Oui, j'avais parlé à table, et alors ? avais-je envie de dire à mon père qui ouvrait des grands yeux, ou à Franky qui fronçait les sourcils.

« Excuse-moi ma puce, murmura mon père d'une petite voix. »

Je lui lançai un regard agacé, la poitrine en feu.

Décidément, je devais parler au Wheatley en rentrant à Poudlard.

Quand mes frère et sœurs arrivèrent la semaine suivante, j'avais déjà bien avancé mes révisions mais je n'avais qu'une envie — les éviter coûte que coûte. Mon courage, qui préférait faire du trampoline plutôt que de les affronter en tête-à-tête, me donna moult coups de pieds dans le cerveau pour m'affubler d'un mal de crâne incessant pendant plusieurs jours. Nous étions tous silencieux, toujours en deuil, même si quelques signes nous ramenaient à la vie — ma mère râlant sur mon père et ses émissions moldues par exemple. Perso, j'aimais bien m'avachir sur le canapé en mangeant des chips à la moutarde et en me bidonnant devant les sketchs des Monty Python — même si je le soupçonnais tout de même d'être des sorciers sous couverture.

Les jours passèrent trop vite et ce fut bientôt le dernier dîner avant que tout le monde ne reparte, par Poudlard Express le lendemain pour Franky et moi, ou pour mes autres frère et sœurs, en balai ou en transplanage. J'avais énormément de mal à garder mon calme alors que ma mère nous appelait — en lançant son « c'est prêêêêêêêêêêt » charmant —, parce que c'était ce soir ou jamais, et si je n'y arrivais pas, je m'en voudrais toute ma vie — ou disons le temps que j'oublie, comme d'hab quoi.

Le dîner commença normalement. Je devais agir. Je devais. Ce n'était pas si compliqué, je l'avais fait avec mon père… Aller Amelia, patatacitrouille, un peu de nerf !

« Dites, c'est moi, ou vous me prenez pour une imbécile en verre ? Parce que franchement, je me sens pire qu'une moins que rien quand vous êtes dans les parages. J'aimerais que vous compreniez que je ne suis pas la petite Amy fragile et désespérée que vous pensez que je suis. Et au fait, je m'appelle Amelia, pas Amy. »

… « Non, sérieusement, tu leur as demandé comme ça, sans préambule ?

— Tu ne peux pas me laisser terminer mes histoires, toi.

— Désolé, je t'en prie, continue. »

… Voilà, c'était dit. Mon cœur martelait dans ma poitrine. Il y eut un silence, puis des regards gênés, des yeux ronds. Je restai muette, d'une part parce que mes lèvres tremblaient tellement que j'aurais bafouillé rien qu'en respirant un peu plus fort, et surtout parce que je n'étais pas peu fière de mon effet d'avoir réussi ce que je craignais d'accomplir. J'attendis quelques instants, puis Helen fut la première à parler :

« C'est vraiment l'impression qu'on te donne ? »

Et le ton de sa voix me brisa le cœur — mais non, pas littéralement, abruti ! Maman semblait sur le point de pleurer, papa n'avait pas l'air de comprendre et Ana, Franky et Wilhem restèrent muets. Une boule de bowling se coinça dans ma gorge alors que je sentais mes yeux se mouiller — saleté de département émotionnel, franchement.

« Nous ne te prenons pas pour tout ça, dit alors Wilhem avec douceur, un léger sourire sur les lèvres.

— Mais alors pourquoi vous ne m'avez jamais emmenée avec vous pour vous entraîner au Quidditch ? Pourquoi vous semblez toujours m'exclure des conversations importantes ? Pourquoi j'ai l'impression que tout ce que vous faites est mieux que ce que moi, je fais ? »

Ils se concertèrent du regard, perdus, attristés. Je me mordis l'intérieur des joues : la culpabilité me rongeait mais non, ce n'était pas ma faute, je n'avais pas à me sentir comme ça !

« Parce que tu es notre petite sœur, j'imagine, et qu'on a voulu t'épargner les choses moins drôles, murmura Ana. Et tu étais toute petite, on ne voulait pas que tu te fasses mal… Le Quidditch était trop dangereux pour toi sais.

— Même si aujourd'hui je me pose sérieusement la question, rajouta Wilhem.

— Oui, Serdaigle est peut-être en dernière place mais tu es une très bonne gardienne, renchérit Franky, certainement histoire de dire quelque chose.

— On n'a certainement pas toujours très bien agi avec toi Amy-Amelia, se rattrapa Helen. Ce n'était pas simple avec tant d'années de différence.

— Et tu sais que je n'ai pas de cœur, ne t'étonne pas si je suis toujours froid avec toi, plaisanta Franky en m'adressant un tout petit sourire gêné. »

Maman se moucha alors très fort, et papa s'essuya les yeux quand mes quatre frères et sœurs se levèrent pour venir m'enlacer sur ma chaise. Mon émotion, à l'affût dans mon cerveau, appuya alors sur le bouton d'urgence et je me mis à pleurer en hoquetant et reniflant comme un dinosaure malade.

« On t'aime Amelia, tu n'es pas nulle ! »

« C'est pour ça que je pense que je pense que je te dois des excuses, et surtout des remerciements. »

Wheatley resta muet un instant, un sourire flottant sur ses lèvres.

« Merci, finit-il par murmurer. Ça me fait plaisir que tu aies finalement accepté de me parler. Comment se passe la vie quand on s'affirme ?

— C'est pas facile. C'est un peu comme faire de la boxe, parfois on a la rage de l'emporter, et parfois on a juste envie de laisser aller ses défenses et sans avoir le temps de s'en apercevoir, l'arbitre est déjà en train de compter K.O, penché sur ton corps vidé de sa substance.

— Très poétique. Tu fais de la boxe toi ?

— Personne n'est censé le savoir, menaçai-je.

— Compris.

— Bon. À toi. Tu peux me raconter ce que tu n'as pas réussi à dire la dernière fois, je ne partirai pas en t'insultant. »

Il me regarda un instant sans comprendre puis son regard s'assombrit légèrement alors qu'il balançait des jambes et enfonçait ses mains dans ses poches.

« Ben, tu sais, je connais chacun de tes frères et sœurs, je les ai tous vus à l'œuvre et j'ai suivi chacune d'entre eux pendant leur scolarité — du moins ce que j'ai pu —, ils m'ont toujours fasciné par leur personnalité, tu vois ? Je sais que tu vois. Mais toi… Tu étais différente, timide, toute seule, pas extravagante, juste une petite sœur qui essaye de se faire oublier, mais toi aussi tu avais quelque chose qui m'intriguait, je ne sais pas, je crois que tous les Greenwood ont ça. Enfin, quand j'ai su que tu allais passer les essais, je ne l'ai pas cru — enfin pour ce que j'en ai vu de toute façon —, je m'étais dit que tu serais la Greenwood intéressée par autre chose que le sport, mais non, je m'étais trompé. Même si je préfèrerais ne pas me souvenir de notre première rencontre, il s'est avéré que tu es une personne très intéressante, intrigante et attachante. Exaspérante, mais intéressante, et attachante, et si j'avais eu l'occasion de parler avec ta fratrie, avec toi c'était plus compliqué, du coup j'ai été maladroit, tu vois ? »

Je hochai la tête, les lèvres à demi-pincées.

« Tu as conscience que c'est pourri comme réponse ?

— Totalement, répondit-il en s'esclaffant. Mais malheureusement c'est la vérité. Cependant, tu peux rassurer Eddie, je ne suis pas amoureux de toi. »

Je dus ouvrir des yeux ronds parce qu'il se mit à rire encore plus fort.

« Ah ben ça c'est la meilleure ! Encore heureux ! m'exclamai-je en m'étranglant. Désolée mon brave Wheatley mais tu m'intéresses comme mon premier cours de potions avec un Veracrasse. Non mais hého, faut pas pousser McGo dans les buissons ardents non plus hein.

— Ça, c'est de la déclaration, fit-il remarquer entre deux hoquets.

— Je ne sais même pas où il est allé chercher des âneries pareilles, marmonnai-je en rougissant. »

Wheatley eu la délicatesse de simplement hausser les épaules. Autrement, je l'aurais tapé.

« Au fait, et ta copine ? Celle de la boutique de Quidditch ?

— Calie ? Juste une amie. Tu sais, les aventures romantiques, très peu pour moi. Et Eddie ?

— Je n'en sais rien, me renfrognai-je. Je l'aime beaucoup, mais je n'ai jamais pensé à aller plus loin.

— Si tu ne le sens pas, ne le fais pas, fit remarquer Wheatley en haussant à nouveau les épaules, un léger sourire sur les lèvres. »

Nous gardâmes un instant le silence, si l'on ne tenait pas compte de mes pieds que je m'amusais à s'entrechoquer contre la barrière du gradin. Le terrain de Quidditch paraissait bien vide et même carrément glauque, mais c'était le dernier de mes soucis.

« Je suis contente qu'on soit amis, tu sais.

— Même si je me suis comporté comme un malpropre la dernière fois ?

— Oui, mais maintenant si tu te comportes comme un malpropre, je saurai me défendre, je n'ai pas peur. »

Wheatley se contenta de ricaner bêtement mais je savais qu'il me prenait au sérieux. Gare à lui autrement.

« Moi aussi je suis content, dit-il après un silence. Au moins je n'aurai plus besoin d'excuses bidons pour venir te parler.

— Oui dis donc, niveau excuses bidons tu es le champion. Tu pouvais être super flippant quand tu t'y mettais.

— Pas plus que toi, Amy-lia.

— Hého ça va oui ? Je m'appelle Amelia.

— Oui, mais tu m'appelles Wheatley.

— Tu ne t'es jamais plaint.

— … Tu marques un point. »


Je me doutai qu'Eddie avait remarqué que Wheatley et moi nous étions rabibochés. Un jour que j'étais avec Inès à débiter des prédictions sur la couleur des chaussettes de McGonagall trois semaines plus tard dans un œuf écrasé au sol, j'entendis quelqu'un se racler la gorge — je me retournai, peu ravie qu'on nous dérangeât dans notre séance si productive d'Ovomancie avec ma nouvelle copine.

Eddie nous regardait, légèrement perplexe quant à notre position improbable : nous avions le nez sur l'œuf tombé à terre — délibérément bien sûr — mais quoi de plus drôle que de lire l'avenir dans un jaune écrasé ? — inutile de me juger, Eddie le faisait déjà suffisamment.

« Tu es dispo cinq minutes ?

— Bien sûr. Je reviens, dis-je à mon amie, toujours les fesses en l'air et le nez au sol.

— Okay poulette, fais vite, je sens l'énergie astrale qui se retire déjà. »

Eddie haussa un sourcil et nous sortîmes de la salle commune pour nous dégourdir les jambes et profiter d'un dimanche ensoleillé — quoi ? Qu'entends-je ? Un dimanche pas trop moisi ? Wouh, c'est Noël.

« Je… J'ai vu que tu avais décidé de reparler à Charlie Weasley. Je ne m'y attendais pas trop, vu ce que tu m'as dit la dernière fois…

— Oui mais j'étais vraiment très en colère ce jour-là, répondis-je laconiquement.

— Bon, c'est bien, j'imagine… »

Je me tus, il se tut, nous restâmes un moment silencieux. Je réfléchissais à ce que m'avait dit Whealtey : « si tu ne le sens pas, ne le fais pas ». Et là, tout de suite, je ne le sentais pas.

« Écoute, Amelia, je ne sais pas trop… enfin, tout ça est très bizarre… Je suis jaloux de Charlie Weasley, comme tu as pu le remarquer… »

J'attendais, la face très rouge, ne sachant comme réagir. Devais-je lui dire que je n'étais pas amoureuse de lui ? Qu'il était mon meilleur ami, mon confident, qu'il le serait toujours, mais pas celui dont j'étais amoureuse — en considérant que cette personne existât un jour ?

« Amelia je ne sais pas comment te dire ça sans paraître égoïste, j'ai beaucoup réfléchi à comment j'allais te dire ça, mais je ne veux pas que tu me délaisses pour aller parler à Weasley, tu es mon amie la plus précieuse, tu sais. »

Je restai muette un instant, analysant ses paroles, puis j'éclatai de rire devant son air choqué.

« Qu'est-ce que j'ai dit ?

— Mais alors, tu n'es pas amoureux de moi ?

— Amoureu- Quoi ?! Amelia j'apprécie ton humour mais là tu vas un peu trop loin, et franchement, cette outrecuidance dans les propos ne te sied pas.

— Oh, Eddie, je t'aime ! m'exclamai-je en me jetant à son cou pour l'enlacer.

— De mieux en mieux, grogna-t-il avec humeur.

— J'avais peur de devoir repousser tes avances, soupirai-je. « Écoute, je t'aime comme un frère », c'est ce que je t'aurais dit, c'est cliché non ?

— Oui, mais Amelia, je suis sérieux, je ne veux pas que tu t'éloignes à cause de Charlie Weasley.

— Ne t'inquiète pas, promis-je en le prenant une nouvelle fois dans mes bras. Personne ne pourra te remplacer. »

Il grogna quelques mots que je n'écoutai pas — quel soulagement ! Encore mieux que quand j'avais reçu un Piètre et non un Troll en métamorphose la dernière fois.

« Tu as vraiment cru que j'étais amoureux de toi ? marmonna Eddie après s'être reculé.

— Ça en avait tout l'air, me défendis-je.

— Je ne sais pas si je dois me sentir flatté, mais ce manque de jugement ne te ressemble pas.

— Sinon, on s'en tamponne non ? répliquai-je, impatientée. Inès m'attend, tu viens ?

— Et avec Charlie Weasley ?

— Quoi Wheatley ? On est copains, c'est tout, c'est déjà pas mal non ?

— C'est Emma qui va être déçue.

— Au contraire, elle pourra créer son fan-club sans soucis, elle n'aura aucune petite-amie gênante dans les pattes. »

Eddie approuva mes dires et nous remontâmes dans la salle commune en riant. Serdaigle était dernière au classement de Quidditch, les B.U. approchaient, mais je ne pouvais pas me sentir plus heureuse.

Et devinez quoi ? Quand nous avons perdu le match contre Gryffondor, Wheatley a fait chanter la Patatacitrouille à tout le stade.

Même à Bobby.

Sacré Wheatley.

FIN


*Littéralement It's Dangerous to go alone take a Wheatley with you signifie "C'est dangereux de se balader tout(e) seul(e), prend un Wheatley avec toi" mais ça a moins de classe en français (étonnant, hum ?)

*je sais (pour y vivre cette année pour ceux et celles qui n'auraient pas compris) que les anglais ont en général quatre semaines de vacances (en tout cas dans mon université d'accueil) mais en lisant les bouquins j'ai toujours compris que c'était en vérité deux semaines….

*nazouillard est un néologisme que j'ai pris l'habitude de dire en présence de mes frères (bon, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas utilisé), et je trouvais que ça collait bien à la phrase (je n'arrive pas à trouver autre chose d'ailleurs). Nazouillard, comme vous l'aurez très certainement compris, signifie simplement « naze » !

ET ALORS, OUI. Oui, c'est la fin mesdames, mesdemoiselles, messieurs. C'est la fin. J'ai adoré partager Amelia avec vous, un vrai bonheur, et je suis un peu tristoune de vous quitter pour cette fiction. Je vous aime fort et sans vous rien n'aurait été possible. J'aurai peut-être d'autres choses à dire, plus tard, dans un second tome, mais pour l'instant ce n'est pas prévu. Tout ce que j'ai à vous dire, c'est merci. Merci et encore merci. Vous êtes formidables.

Et surtout un immeeeense merci à ma Citrouille préférée qui m'a aidée, soutenue, m'a donné des idées loufoques par moment et m'a conseillée toujours avec patience et enthousiasme. Merci pour tes blagues qui me font toujours hurler de rire même quand je suis en salle machine à la fac. Big up à Citrouille! *clapclap*

Quant à Amelia, bon, j'avoue, il y aura un épilogue, mais il sera court et pas vraiment compté comme chapitre. Elle va me manquer la bougresse!

Sur ce, je vous dis à très bientôt pour d'autres aventures (bon alors n'attendez pas Abby avant un petit moment parce que je suis overbookée de travail en ce moment ;o; )! Je reviendrai ! MOUAHAHA.

Pluie de chamallows et de calendriers de l'avent sur vos têtes parce que vous le méritez :').

AppleCherrypie

PS: Il est possible que je n'aie pas encore répondu à toutes les reviews ni aux réponses de reviews, mais je n'oublie personne ;o;