Voilà le nouveau chapitre en ligne ! J'espère qu'il vous plaira ! Un grand merci à ceux qui ont pris le temps de me laisser une review. Vous m'avez donné le sourire tout au long de la semaine avec vos commentaires ) Comme d'habitude, Merci à PetitMilou pour son travail et son sérieux !

Carole : Merci pour tous ses compliments (tu vas presque me faire rougir !). Je suis super contente de voir que tu aimes bien le personnage de Drago. C'est difficile de bien faire passer ses sentiments comme je le veux, alors merci de me rassurer !

Lyrmia : Super contente aussi de voir que tu as aimé le chapitre précédent. Tu sauras ce qui s'est passé chez les Weasley dans quelques chapitres encore (tant qu'Hermione et Drago ne le savent pas, les lecteurs ne le sauront pas en fait^^). Merci en tout cas de continuer à me lire, c'est un plaisir !

Lily : Ta review est adorable, merci ! Beaucoup de monde a aimé la dernière phrase de Drago, je suis contente de voir qu'elle a fait son petit effet xD J'espère que ce chapitre te plaira )

Bonne lecture à vous !

Chapitre 10 : U2 - City of Blinding Lights

Le soleil réveilla Hermione d'un sommeil très profond. Le corps endolori et la tête lourde à cause de sa longue nuit reposante, elle cligna plusieurs fois des yeux avant de se rendre compte qu'elle était allongée à quelques millimètres de Drago. La veille, alors qu'il était venu la voir après son cauchemar, elle ne s'était même pas aperçue qu'il était torse nu. A cet instant, remise de ses émotions, elle se mit à rougir profondément face à ce constat assez embarrassant. C'était la première fois – du plus loin dont elle se souvenait - qu'elle se trouvait si proche d'un homme endormi et si peu vêtu. A présent réveillée, elle observait du coin de l'œil son visage si calme et presque angélique. Il ne ronflait pas, ne dormait pas la bouche ouverte, il était simplement reposé et dormait tranquillement. Sa peau presque blanche le rendait pratiquement irréel aux yeux d'Hermione qui sentait son cœur s'affoler bêtement au fur et à mesure qu'elle le regardait. Une petite voix dans la tête lui chuchotait de sortir du lit comme si de rien n'était, mais une autre pensée voulait qu'elle caresse les cheveux si blonds de son compagnon. Sa raison l'emporta toutefois et elle ne fit aucune des deux solutions, trop absorbée dans sa nouvelle contemplation. Elle se rendit alors compte qu'elle pouvait sentir son odeur et elle se concentra sur ce détail qui l'intriguait. Un mélange sucré qu'elle n'aurait su qualifier mais qu'elle trouvait très agréable voire délicat vint lui titiller les narines et elle se mit à sourire bêtement. Dans tous les films romantiques qu'elle avait pu voir en compagnie de Manon, elle avait toujours trouvé les héroïnes stupides face aux hommes, et voilà qu'aujourd'hui elle se mettait à être aussi insouciante et peu intelligente qu'elles. Décidemment, cet homme avait le don de la rendre… différente. C'est alors qu'elle tomba sur quelque chose qui attira son attention. Une vilaine longue cicatrice qui s'allongeait le long du torse de Drago. Était-ce Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-le-Nom qui la lui avait faite ? Pourquoi ne pas la faire disparaitre par magie ?

Concentrée et intriguée par ce détail, elle entendit quand même un petit crac qui résonna dans la pièce et trouva en face d'elle le fameux Elfe de Maison Kreattur. Surprise, elle émit un petit saut qui réveilla aussitôt Drago. En un geste rapide, il s'empara de sa baguette mais Hermione lui bloqua son bras en lui montrant d'un signe de tête l'Elfe. Intrigué, ce dernier les observait comme s'il n'en croyait pas ses gros yeux.

- C'est pas vrai, maugréa Drago en sortant du lit vêtu d'un simple caleçon. Qu'est-ce que tu fais là toi ?

- Je vous ramène le livre qui vous permettra d'aider Harry Potter, monsieur, croassa l'Elfe sans cesser d'observer Hermione.

- Il est où ?

L'Elfe claqua des doigts et un grimoire énorme apparut sur la table de nuit située à côté de Drago.

- Tu as les ingrédients ? demanda le blond en passant une main sur son visage tendu.

- Pas tous monsieur, Kreattur est obligé de faire attention et de ne pas trop attirer l'attention sur lui. Le Chemin de Traverse n'est plus aussi sûr maintenant et Kreattur doit se montrer futé et…

- Dans combien de temps tu auras tout ce qu'il faut ?

- Tout dépendra de la chance de Kreattur, monsieur.

- Alors qu'est-ce que tu attends pour te mettre au travail ?

Kreattur observa Drago d'un froncement de sourcil mais s'inclina légèrement avant de disparaitre complètement.

- Tu aurais pu te montrer un peu plus aimable, râla Hermione en se levant du lit pour contempler le grimoire et le toucher le plus doucement possible. C'est incroyable la façon dont il t'obéit. Je croyais qu'Harry était son maître ?

- Je lui ai rendu un petit service un jour et en contrepartie il m'a juré de me rendre quelques petits services. Comme il ne sait pas où se trouve Potter, il ne peut pas désobéir pour l'instant. Et comme je suis en train de l'aider indirectement dans sa quête, il est obligé de m'aider.

- Quel genre de service ? Non, attends, ne me dis rien. Ta tante ne serait pas l'élément déclencheur par hasard ?

Drago émit un petit sourire et s'empara du grimoire en tournant frénétiquement les pages pour trouver la potion qu'il cherchait. Il s'arrêta brusquement sur la page « Potion du Souvenir » et jura férocement.

- Une semaine pour tout préparer ! C'est pas vrai…

- Ce qui veut dire que dans une semaine je me souviendrai de tout ?

- Il faudra quelques heures avant que tu te rappelles réellement de tous les détails. N'oublie pas que tu as oublié sept années de ta vie, ce n'est pas rien. Sans parler qu'il nous manque des ingrédients. Pouah, cette potion m'a l'air terriblement méticuleuse à préparer. Je déteste quand…

Avant qu'il n'ait pu terminer sa phrase, des cris stridents s'élevèrent près de la chambre. Drago eut juste le temps de cacher le grimoire et les quelques ingrédients qui allaient avec sous la couette, avant que la porte ne s'ouvre à la volée pour laisser entrevoir une Manon visiblement en colère. Derrière elle courait Mathieu qui se figea aussitôt en voyant Hermione et Drago dans une situation qui pouvait sembler complice. Manon elle-même semblait avoir perdu son langage. Depuis qu'elle connaissait Hermione, elle ne l'avait jamais vu aussi proche d'un homme ce qui était assez déroutant pour elle.

- Est-ce que je peux savoir ce qui t'a pris ? s'écria t'elle après avoir retrouvé ses esprits. Disparaître, sans rien nous dire ? Et visiblement t'envoler avec ton nouvel Apollon ! Dis-moi que c'est une blague je t'en prie !

Hermione essaya de ne pas sourire face à la colère contrôlée de son amie, et se précipita vers elle pour la prendre dans ses bras, heureuse de la revoir.

- Si tu crois que c'est comme ça que tu vas te faire pardonner !

Manon essuya toutefois quelques larmes de bonheur coincées au coin des yeux.

- Je devrais te tuer pour avoir dit à Mathieu de me tenir au courant seulement aujourd'hui de ton retour. Et toi, dit-elle en montrant du doigt Drago, pourquoi être revenu la voir après l'avoir lâchement abandonnée, hein ?

- Tu veux vraiment le savoir ? demanda Drago d'un regard qui se voulait très sérieux.

- Ne vous disputez pas s'il vous plait, tenta Hermione pour les raisonner. L'important c'est que tout le monde se soit retrouvé, non ?

- Ça vous dirait un petit déj' ? demanda Mathieu en toussant faussement.

- Pas trop tôt que tu poses la question, répondit Drago.

Il se leva aussitôt du lit, et sortit de la chambre, non sans avoir baillé en faisant le plus de bruit possible. Heureuse d'avoir retrouvé ses amis, Hermione les serra dans ses bras, un grand sourire sur les lèvres.

- Je t'ai amené quelques affaires, reprit Manon en se raclant la gorge d'émotion. Ne t'inquiète pas, c'est tout ce qu'il y a de plus normal, pulls et jeans.

Touchée, Hermione allait la remercier du fond du cœur mais elle fut cependant coupée par la voix cassante de Drago qui résonna dans toute la maison :

- C'est quand qu'on mange ?!

XXXX

L'ambiance de la salle à manger était plus que chaleureuse, remplie d'éclats de rire et de chaleur humaine. Tandis qu'Hermione parlait sans cesse à ses deux amis en tentant de leur expliquer de quelles manières elle avait connu Drago, celui-ci se réconfortait en mangeant toutes les tartines de pain au Nutella qu'il pouvait trouver.

- J'ai du mal à le croire, déclara Manon d'un ton surpris, tu étais en cours avec Malefoy au collège et tu t'es rappelé de son existence quand on était dans cette boîte. Comme ça, subitement, alors que cela fait des années que tu ne l'avais pas vu.

- Exactement, approuva Hermione.

- Je ne comprends pas, désolé, renchérit Mathieu. Pourquoi te souvenir de lui précisément ? Pourquoi rester ensemble si vous n'êtes que de simples connaissances ? Personnellement, si je revoyais mes camarades du collège, je ne resterai pas une minute avec eux.

- C'est exactement ce que je me suis dit en voyant Granger, continua Drago en avalant goulûment le dernier bout de sa tartine. Sauf que, vois-tu, elle a besoin de moi pour l'aider à retrouver son entourage et comme je suis doté d'une grande âme, j'ai décidé de l'aider.

Manon jeta un regard en biais à Hermione, visiblement peu contente de la réponse de Drago.

- Vous nous cachez des choses, n'est-ce pas ? reprit-elle d'une voix blanche.

- Exact, mais ce ne sont pas tes affaires.

- Si Hermione est en danger, alors si, ce sont mes affaires !

- Je ne suis pas en danger ! s'énerva la jeune femme en buvant une gorgée brûlante de son café. Est-ce qu'on pourrait parler d'autres choses maintenant que vous connaissez toute l'histoire ?

- Comment était Hermione au collège ? demanda Manon, les yeux pétillants.

- Manon je ne crois pas que ce soit important de le savoir !

- En fait c'est assez amusant parce qu'elle n'a pratiquement pas changé depuis que je la connais, s'amusa Drago. Toujours aussi coincée et maniaque de tout. Avec ses cheveux en pétard continuel, ses vêtements de gentille fille naïve…

Passablement énervée, Hermione ne prit pas le temps de réfléchir à ses actes, et lui jeta une mie de pain qui atterrit en plein sur son front. Choqué, Drago se figea net, ce qui fit beaucoup rire Manon et Mathieu. Toutefois gênée de s'être laissé emporter bêtement, Hermione allait s'excuser, mais avant qu'elle n'ouvre la bouche, elle reçut le bol de lait de Drago en plein visage.

- On ne joue pas avec la nourriture ! s'énerva Mathieu.

- Comment as-tu… espèce de crétin ! s'emporta Hermione qui essayait tant bien que mal de sécher ses cheveux avec les serviettes en papier.

- On n'attaque jamais un Malefoy, répliqua Drago en s'approchant d'Hermione d'un pas menaçant. Et je ne suis pas un crétin.

Leurs têtes étaient à présent si près l'une de l'autre, que leurs nez auraient pu se toucher. Ils se défiaient tous deux du regard, sans qu'aucun n'émette le moindre mouvement. Têtus par nature, ils ne voulaient pas se faire avoir une nouvelle fois par la bêtise de l'un d'entre eux. Hermione réfléchissait intensément à sa prochaine vengeance, et lorsqu'elle vit le sourire en coin de Drago apparaitre sur ses lèvres, elle eut un éclair de luminosité. Elle s'approcha subitement de sa bouche et se mit à l'embrasser avec le plus de force possible. Elle perçut la frustration de Drago à travers son baiser mais tint bon et finit par se détacher, le regard flamboyant. Devant cette scène pour le moins inattendue, Mathieu laissa tomber son bol de café, n'en croyant pas ses yeux, tout comme Manon, qui ouvrait la bouche en grand.

- Redis-moi que je suis une fille timide et ennuyante et je te jure que tu le regretteras Malefoy !

A court de mots, Drago ne dit rien, mais ne quitta pas Hermione du regard, n'en croyant pas ses yeux. Le visage cramoisi, celle-ci poussa un petit rugissement et sortit de table pour prendre sa douche en pestant contre le sexe masculin. Drago se tourna au ralenti dans la direction de Manon et Mathieu qui n'avaient toujours pas bougé, et finit par dire :

- Cette fille est décidément folle.

N'ayant aucune réponse de leur part, il préféra quitta les lieux et monta à son tour à l'étage pour s'habiller et commencer le plus tôt possible la potion. Seul dans la chambre, Drago ricana tout seul de nervosité. Il n'aurait jamais cru qu'Hermione Granger l'embrasserait un jour… Cela était d'autant plus déroutant qu'il avait plus ou moins apprécié ce baiser. D'un mouvement de la tête, Drago s'enleva cette idée de la tête. Cela faisait des mois qu'il n'avait pas eu de relation avec une femme, il avait donc apprécié cette embrassade pour cette raison. Rassuré par sa logique, il se passa une main tendue dans les cheveux et s'habilla avant de commencer à préparer la potion…

Pendant ce temps-là, Hermione se passait de l'eau glacée sur son corps et se visage, tentant de faire disparaitre la rougeur de ses joues et les battements furieux de son cœur… sans succès. Même si elle avait oublié les trois quarts de sa vie, elle était sûre d'une chose : n'avoir jamais ressenti une telle tourmente après avoir embrassé un homme…

XXXX

Au même moment, quelque part en Angleterre loin de toute civilisation, deux hommes essayaient tant bien que mal de rester courageux sans se laisser emporter par leurs sentiments respectifs.

Installés dans leur tente au coin du feu procuré par magie, ils cherchaient vainement leurs prochaines destinations qui leur permettraient de trouver les derniers Horcruxes. Voilà plus de quatre ans qu'ils faisaient leur quête pratiquement impossible et ils commençaient sérieusement à fatiguer et à perdre espoir à propos de leur avenir. Depuis la mort d'Hermione, Ron n'avait plus jamais souri et ne dormait que quelques heures par nuit. Des cernes rouges longeaient son regard depuis quelques mois et Harry craignait pour sa santé, même s'il n'osait pas lui en parler. Il avait tout essayé pour réconforter son meilleur ami alors que lui-même vivait avec un manque incessant de sa meilleure amie, mais rien n'y avait fait. Hermione leur manquait et sa mort les rendait fous, à tel point, qu'ils n'arrivaient plus à se concentrer sur leur principale mission : tuer Voldemort. Ils n'avaient aucune piste sur les objets à rechercher, et il fallait avouer que l'intelligence et la vivacité d'Hermione leur manquait plus que tout.

D'un geste pensif, Harry se gratta la barbe naissante qui poussait sur ses joues et nettoya ses verres de lunettes d'un geste habituel. Les Mangemorts les recherchaient de plus en plus activement dernièrement et ils étaient obligés de faire des tours de garde chaque nuit, le stress dans le ventre à l'idée qu'on les découvre malgré leurs protections magiques. Cela ne leur rendait pas service car leurs heures de sommeil ne dépassaient pas les quatre heures par nuit et ils commençaient sérieusement à se vider de leur force.

- Tu veux une autre tasse de café ? demanda Harry d'un ton posé.

Ron fit un signe de négation de la tête, le regard ailleurs. Ses cheveux roux lui arrivaient jusqu'au cou et même si cela faisait quelques temps qu'il ne voulait plus se couper les cheveux, Harry avait toujours du mal à s'habituer à ce changement soudain. Il avait toujours l'impression d'avoir un Viking avec lui et c'était assez déstabilisant.

- Est-ce que tu ne crois pas qu'il faudrait aller à Poudlard ? Je suis certain que Tu-Sais-Qui a caché un Horcruxe là-bas.

Ron se passa la main dans ses longs cheveux, énervé par la tournure que prenait la conversation. Cela faisait des centaines de fois qu'Harry lui parlait de Poudlard, et il lui répondait toujours par la même réponse :

- Trop dangereux.

- Si on y va, Tu-Sais-Qui arrivera pour me tuer et ce sera l'occasion idéale pour tuer Nagini en même temps. Imagine qu'on détruise deux Horcruxes d'un coup ! Il ne nous en resterait plus qu'un ! On se rapprocherait enfin de notre mission et cela nous ferait du bien à tous les deux…

- Poudlard est aussi bien protégé que le Ministère de la Magie, il est hors de question qu'on prenne le risque.

- On a réussi à y rentrer pour aller chercher le collier.

- Et tu te souviens de comment ça s'est terminé ? J'ai failli ne plus avoir de bras. Sans parler qu'on était trois… et qu'Elle avait pratiquement tout planifié elle-même.

Harry cessa de respirer pendant quelques secondes. Le nom d'Hermione flottait dans l'air et à chaque fois qu'ils s'avançaient sur ce terrain, Ron finissait par disparaitre pendant des heures loin de leur protection. Et lorsqu'il revenait, c'était pour rester muet pendant des heures.

- Il faut qu'on se bouge, répéta Harry. On ne pourra pas rester indéfiniment cachés. Tu-Sais-Qui risque de comprendre ce qu'on cherche et si cela arrive un jour, notre quête est finie. Je ne pourrai pas faire ce que Dumbledore m'a ordonné, et tout sera fini. Il n'y aura plus aucun espoir Ron, et je ne veux pas que ça arrive tu m'entends ?

Les yeux fatigués de Ron se posèrent sur ceux d'Harry qui comprit que la dispute n'était pas loin d'arriver.

- Tu n'as donc pas compris, hein ? demanda ce dernier en soupirant

- Compris quoi ?

- Qu'il n'y a plus aucun espoir. Que la guerre est perdue d'avance et que cela ne sert à rien de chercher à le vaincre. Il est invincible et c'est lui le plus fort.

Harry sentit son estomac se nouer en entendant son meilleur ami lui parler de cette façon. Il aurait voulu le secouer comme un prunier pour lui remettre les idées en place et l'obliger à se remuer et à faire face à la vie. Au lieu de quoi, il tenta de dire calmement :

- Je sais que ce n'est pas facile… Si cela n'avait tenu qu'à moi, je ne t'aurai jamais embarqué là-dedans, je t'assure ! Crois-moi, je fais de mon mieux pour essayer de savoir où peuvent se cacher les Horcruxes mais je ne vois pas… toutes mes théories sont illogiques ou alors on n'a rien trouvé sur les lieux plausibles.

- On a fait notre possible et c'est perdu d'avance, s'énerva Ron. Mais enfin réfléchis, qu'est ce qui nous reste à voir ? On a pratiquement fait toute l'Angleterre ! Les trois quarts des sorciers n'attendent qu'une chose, c'est qu'on se fasse prendre pour que la guerre se calme un peu !

- Tu crois vraiment que Tu-Sais-Qui va arrêter de tuer des gens si je me livre ?

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, attaqua Ron. Nous n'avons plus d'échappatoire, point final.

- Il nous reste Poudlard.

Ron ne prit pas la peine de répondre et émit un ricanement nerveux.

- Si Elle était là, je suis sûr que la guerre serait terminée depuis longtemps.

- Ron…

- Tout est de ma faut …

Des larmes coulèrent sur ses joues qu'il essuya rageusement. Son visage déformé par la colère, Harry savait ce qui allait suivre. Ron commençait déjà à se lever, mais Harry fut plus rapide et stoppa ses pas. Il observait Ron de manière sévère, prêt à lui dire ce qu'il avait sur le cœur depuis maintenant trop longtemps.

- Tu n'es pas le seul à qui Hermione manque, répliqua-t-il sèchement, et c'est normal que tu ne veuilles pas accepter sa mort mais ce n'est pas en te fermant dans le chagrin et la colère que tu arriveras à trouver la paix. Quoi que tu penses, j'ai besoin de toi, de ton soutien, de ton aide ! Je ne peux plus continuer à m'occuper de tout, à faire en sorte d'ignorer tes escapades. Est-ce que tu crois que c'est ce qu'elle aurait voulu ? Que tu te fermes sur toi-même et que tu arrêtes de te battre ? Il te reste une famille Ron, et je serai toujours avec toi… tu n'es pas tout seul alors arrête de te morfondre inutilement sur toi.

- Tu ne sais pas ce qu'elle aurait voulu alors pas la peine de gaspiller ta salive.

- Non c'est vrai, mais par contre je sais ce qu'elle n'aurait pas voulu. Et en l'occurrence, elle n'aurait pas voulu qu'on abandonne et elle n'aurait surement jamais accepté que tu sois malheureux toute ta vie.

Ron fit face à Harry et ne cacha pas son chagrin. Depuis la mort d'Hermione, il ne mangeait pratiquement plus, et sa silhouette le démontrait. Presque trop maigre, il nageait dans ses anciens vêtements et n'était pas près de reprendre du poids. Harry sentit l'émotion lui tirailler la gorge et il tapota l'épaule de Ron, conscient qu'il ne pouvait rien faire d'autre.

- Tu ne comprends pas, reprit Ron entre deux sanglots. Et tu ne comprendras jamais.

Comme à son habitude, il emporta son manteau avec lui et partit de la tente, sans un regard supplémentaire pour Harry.

En voyant que son meilleur ami avait encore une fois perdu les pédales, Harry refoula sa colère mais ne put s'empêcher de balancer sa tasse de café sur le sol. Il n'arrivait plus à gérer Ron et ne savait pas quoi faire. Il n'avait plus la force de vivre de cette manière. Il avait pensé des centaines de fois à le rendre à sa famille mais il savait que Ron refuserait. Face à cette impasse, Harry commençait sérieusement à perdre espoir. Il alla s'asseoir sur son matelas qui lui servait de lit, et s'empara du miroir que son Parain lui avait offert lors de sa cinquième année à Poudlard. A chaque fois qu'il se retrouvait tout seul dans la tente, il s'attelait à parler au reflet que lui renvoyait le miroir, se disant qu'il parlait à son défunt parrain. Même si cette idée pouvait semblait idiote, cette habitude lui faisait du bien.

- Si seulement Hermione pouvait se trouver parmi nous, murmura-t-il d'une voix enrouée. Elle était la clé pour nous faire garder espoir…

Fatigué, il reposa le miroir sur le bord du lit et commença à s'allonger, fatigué de cette pression permanente qui lui pesait sur les épaules.

Ce qu'il ne vit pas en revanche, c'est l'œil bleu ciel qui traversa le miroir un quart de seconde, et qui avait entendu toutes ses paroles…

XXXX

Voila pour ce chapitre. Déçu, triste, ou content d'en savoir un peu plus sur Harry et Ron. Que pensez-vous de leur situation ? La relation entre Hermione et Drago vous plait ou pas du tout ? Bref, merci de m'avoir lu en tout cas !