Chapitre 9 : Une bonne raison de mourir

Chapitre 9 : Une bonne raison de mourir

J'ai eu une St Valentin difficile. Michael et moi avons été incapable de la célébrer et j'en fus douloureusement déçue. Je lui ai dit que ce n'était qu'une journée et que nous en aurions plein d'autres. Ce n'était pas ma faute, vous savez. Deux jours après le 14 février, c'était toujours difficile. Michael se plaignait toujours, la pratique avait été morne et les jumeaux redoutaient notre prochain match.

Après le dîner, je me suis douchée, changée et j'ai cherché la compagnie d'Hermione. Elle était assise sur son lit avec un livre, comme toujours, et un air brumeux sur le visage. Je ne lui avais pas encore parlée des derniers détails de son plan. D'après le sourire sur son visage, son plan avait marché sans un accrochage. Rita Skeeter avait finalement fait quelque chose de bien. Laissant tomber son livre sur ses genoux, elle a levé les yeux vers moi et a dit :

- Je crois que ça va marcher.

Nous avions eu peur qu'Harry ne veuille pas faire l'interview et Hermione avait l'air soulagée qu'il ait été conciliant.

- Il a parlé de tout? Même de la mort de Cédric?

- En particulier de la mort de Cédric, a répondu Hermione. Il a été brillant.

Ses yeux ont scintillé de fierté. Elle m'a étudiée et a décidé de se lancer.

- Dommage qu'Harry n'ait pas pu être aussi brillant à son autre rendez-vous.

Oh oui, j'avais oublié qu'Harry était sorti avec Cho pour la St Valentin. Depuis que j'avais été témoin de leur baiser, j'agissais de manière plutôt froide avec Cho. Essayant de cacher ma curiosité, j'ai demandé sur le ton de la conversation :

- Alors leur rendez-vous ne s'est pas bien passé?

- C'était un désastre, a admit Hermione. Harry a manqué de tact et Cho a commencé à pleurer.

Pendant qu'elle me racontait toute l'histoire, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire. Après leur rendez-vous sous le gui, j'avais silencieusement argumenté pour leur séparation, sans toutefois le dire tout haut.

- Bien, ai-je dit.

Hermione a eu l'air surprise.

- Qu'est-ce que tu veux dire bien? N'était-ce pas toi qui as poussé Cho vers lui? N'était-ce pas toi qui m'avais dit qu'elle n'était pas si mal?

Elle compté toutes les raisons sur ses doigts.

- C'est un peu hypocrite de ta part. Je pensais que tu voulais qu'ils soient ensemble.

- C'est vrai, ai-je dit, sélectionnant soigneusement mes mots.

Je n'avais pas dit à Hermione que je les avais vus s'embrasser. Je n'étais pas sûre de pouvoir lui expliquer mon point de vue logiquement.

- Mais…, ai-je commencé avec une bonne approche, Cho n'est pas bonne pour Harry.

- Et je suppose que tu sais exactement qui est bonne pour Harry?

J'ai ri.

- Pas moi!

Mais c'était exactement ce que je pensais en réalité.

- Cho pleure trop pour lui. Si tu aimes un garçon, il est supposé te rendre heureuse.

Et je croyais vraiment cela. Je comprenais que Cho avait perdu Cédric, mais elle devrait être guérie en général si elle voulait trouver un autre garçon. Ce n'était pas juste pour Harry d'avoir à ramasser les morceaux.

Hermione m'a lancé un regard qui disait en gros qu'elle était loin d'être aussi naïve. Au lieu de me réprimander, elle a acquiescé.

- Honnêtement, je pense que tu as raison. Harry a besoin de quelqu'un qui peut être son égale.

Elle a feuilleté les pages de son bouquin avant de continuer :

- Mais je ne connais personne qui est libre.

Ignorant ce qu'elle venait de dire, je l'ai serrée dans mes bras pour lui souhaiter bonne nuit et je suis retournée à ma chambre, satisfaite qu'Harry se soit libéré de la toile de larmes de Cho. J'ai très bien dormi cette nuit-là.

Le lundi suivant, le Chicaneur est sorti et il s'est vendu comme des petits pains. Ombrage a fait la seule bonne chose de l'année et l'a banni, assurant que chaque personne de l'école le lirait.

Incluant Cho. J'ai eu envie de vomir quand elle a marché dans le couloir, sa main dans celle d'Harry et qu'elle lui a murmuré quelque chose à l'oreille qui l'a fait sourire. Elle l'a embrassé sur la joue et ils sont partis. J'ai soupiré. Harry était de nouveau avec elle et j'avais de nouveau envie de lui jeter un sort.

Tôt en avril, nous avons enfin appris à faire un Patronus. Michael et moi nous tenions côtes à côtes, essayant de conjurer les nôtres, criant «Spero Patronum» et regardant la fumée argentée s'échapper du bout de nos baguettes.

Vers le milieu de la leçon, celui de Michael avait pris la forme distincte d'un aigle. J'ai levé la tête et j'ai admiré à quel point ils étaient réellement beaux. Moi, par contre, je ne pouvais pas encore en conjurer un de forme définie. J'ai essayé tous mes souvenirs des neuf derniers mois avec Michael, mais apparemment ils n'étaient pas assez heureux.

- Tu dois penser à quelque chose d'heureux, a dit Harry à Neville qui semblait avoir autant de difficulté que moi.

J'ai grogné pendant qu'un autre filet de vapeur s'échappait de ma baguette. J'ai regardé Michael pour qu'il m'aide.

- Quel souvenir tu as utilisé? Lui ai-je demandé, un peu honteuse d'avoir besoin d'assistance.

- Le Bal de Noël, a dit Michael, ses yeux verts réfléchissant la vapeur argenté de la pièce. La première fois qu'on a dansé, quand j'ai su qu je t'aimais bien. Essaies-le.

Je ne voulais pas le dire, mais j'avais déjà essayé celui-là. Fermant les yeux, j'ai repassé tous les souvenirs, pensant à Michael et à la première fois où on s'était embrassés, mais ça n'a pas plus marché que les autres. J'ai pensé à notre première sortie, mais nous avions passé deux mois sans contacts ensuite. Aucun d'entre eux ne fonctionnaient.

Je ne suis pas sûre de comment je n'étais retrouvée engouffrée dans mes souvenirs ne concernant pas Michael. Bientôt, je ne suis retrouvée sur la Plateforme 9 ¾ il y a de cela cinq ans et demi. J'avais dix ans, je m'apprêtais à dire au revoir à Ron, je suppliais Maman de me laisser aller à Poudlard, quand je l'ai vu. Il avait l'air si perdu. Ses cheveux négligés cachaient la cicatrice pour laquelle il était connu. Ses lunettes, qui ne tenaient qu'à cause d'un bout de ruban adhésif, déguisaient sa célébrité. Et mon jeune cœur de dix ans s'est affolé quand il m'a regardée.

- Spero Patronum! ai-je crié.

Du bout de ma baguette, la lueur d'argent est sortie et un cheval, le plus bel étalon que j'ait vu de ma vie, se tenait devant moi, donnant des coups de pattes sur le sol. Rapidement, il a galopé autour de la pièce, courant à côté d'un cerf d'argent.

- Ça a marché! s'est exclamé Michael, mais je n'ai rien dit. J'avais honte de savoir que c'était un souvenir de Harry qui avait produit le Patronus et pas un de Michael.

C'est là que tout ce qu'on avait construit s'est écroulé. Dobby est arrivé en courant et a commencé à délirer. Avant que je n'aie remarqué le chapeau bizarre de l'elfe de maison, Harry avait déjà un regard paniqué dans les yeux.

Se détournant vite de Dobby, il a beuglé :

- QU'EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ? COUREZ!

Il a pointé la porte.

- Viens! a dit Michael.

Il a attrapé ma main alors que nous passions devant Cho. Elle ne bougeait pas.

- Cho! Ne reste pas ici, viens!

Il a attrapé sa main aussi et il l'a traînée jusqu'à la porte.

Je n'ai compris qu'un peu plus tard qu'il avait ma main et celle de Cho. Finalement dehors, j'ai regardé vers la Salle sur Demande et j'ai vu Harry poser Dobby sur le sol. Juste lorsque j'ai tourné dans le corridor, il a crié et je l'ai vu tomber lourdement sur le plancher.

J'ai utilisé toute ma force pour arrêter Michael.

- Arrête! Ils ont eu Harry!

- Ils ont eu Harry? a hoqueté Cho.

Elle s'est dégagée de la poigne de Michael et a regardé de l'autre côté du tournant. Elle a renversé sa tête en arrière et nous a regardés Michael et moi.

- Ils l'ont eu, a-t-elle murmuré.

- J'y retourne, ai-je dit, essayant de me libérer aussi de Michael.

Il a tenu bon et a secoué la tête.

- Michael, laisse-moi y aller, ai-je crié et il m'a fait taire.

- Il n'y a rien que l'on puisse faire, a murmuré Michael.

- On peut se battre! ai-je sifflé.

- On ne peut pas se battre contre un professeur, a dit Cho doucement.

Elle a mis son visage entre ses mains et a commencé à pleurer. J'ai vite été agacée.

- Harry ne voudrait pas que l'on prenne le blâme pour lui, m'a raisonné Michael. Ils savent déjà qu'il était là. Si on l'aide, on va se faire expulser. Maintenant, viens!

Il m'a tiré sur le chemin et j'ai suivi à contre cœur.

Michael a rapidement couru jusqu'à la Tour de Serdaigle. Je ne pouvais pas croire qu'Harry allait être expulsé. Il avait travaillé si fort pour nous enseigner et maintenant il était parti. Que se passerait-il s'ils trouvaient la liste d'Hermione? Est-ce qu'Ombrage renverrait vraiment autant d'étudiants? Et c'était la première réunion de Seamus. Je me sentais tellement mal.

Parlant très peu, nous avons tous les trois trouvé un sanctuaire dans la salle commune de Serdaigle. Alors que je pénétrais dans la pièce circulaire, j'ai pensé, mais qui a vendu la mèche?

Je me suis arrêtée, faisant la liste de tout le monde dans ma tête et essayant de trouver qui cela pouvait bien être. Zacharias Smith est la première personne à laquelle j'ai pensé, mais il était là ce soir. S'il avait vraiment été le traitre, il ne se serait pas montré. J'ai même considéré que Seamus soit venu en espion, mais il détestait Ombrage autant que tout le monde. J'ai fixé Michael et Cho…

- Cho, ai-je dit lentement. Où était Marietta ce soir?

Cho, qui était assise sur le plus gros fauteuil de la pièce, refusait de me regarder. Elle pleurnichait toujours et démontrait un grand intérêt pur la cheminée. J'ai répété et elle n'a toujours pas répondu.

J'ai sorti ma baguette de ma poche. Je l'ai pointée vers elle et j'ai dit clairement :

- Réponds-moi, Cho.

Cho m'a regardée. Ses yeux étaient rouges.

- Je ne sais pas, a-t-elle dit.

Sa tête se secouait et elle a continué :

- Tu penses que c'était elle, n'est-ce pas?

- Elle est la seule personne qui n'était pas là ce soir, ai-je crié, sentant la colère monter. Qui diable penses-tu que se soit d'autre?

J'ai fait un pas vers elle, mais Michael s'est mis devant moi.

- Dégage, Michael.

- Je ne peux pas te laisser perdre ton calme, a-t-il dit en abaissant ma baguette avec sa main. Je ne veux pas que tu fasses quelque chose que tu regretteras plus tard.

- Crois-moi. Ce serait un vrai plaisir, ai-je raillé.

J'ai remis ma baguette dans ma poche, mais ma colère n'était pas sur le point de se calmer.

- Comment peux-tu rester aussi calme, Michael? Quelqu'un nous a trahis!

- Mais je refuse de pointer qui que ce soit du doigt avant d'en être sûr! a crié Michael.

- C'était une misérable petite moucharde, ton amie! ai-je hurlé et je suis sûre que toute la Tour de Serdaigle était réveillée maintenant.

Cho était restée passive, en larme, les bras autour des genoux. Elle tremblait sans pouvoir s'arrêter et entre deux chocs, j'ai entendu les mots «Harry» et «Marietta».

- Je m'en vais, ai-je dit.

Michael s'est encore une fois levé devant moi et a secoué la tête.

- Je ne suis pas en train de te dire quoi faire, Ginny, mais ce ne serais pas une bonne idée de partir tout de suite. Dors sur le divan…, et il a ajouté, s'il te plaît.

J'ai soupiré et je me suis couchée à contre cœur sur le divan. Il s'est assis, a pris ma main et l'a caressé avec la sienne. J'ai refusé de le regarder. Je trouvais plus d'intérêt à fixer Cho avec des poignards dans les yeux. Personne n'a parlé pendant une heure; tout ce qu'on entendait était les hoquets de Cho.

Une heure plus tard, Michael était endormi. La porte de la tour s'est ouverte. Nous regardant à l'entrée, Marietta se tenait là confuse. Distinctement sur son front, en parfaits petits boutons était écrit le mot Cafard.

J'ai sauté du divan avant même de réaliser ce que je faisais. Mes yeux bruns en flammes, j'ai crié :

- COMMENT AS-TU PU?

Marietta avait l'air terrifiée. Elle s'est recroquevillée contre la porte.

- Je n'ai rien fait, Ginny.

- Redis-le pour voir, Edgecombe! ai-je crié.

J'ai pointé son front et j'ai approché mes doigts pour tracer brutalement le mot à travers les boutons.

- La liste d'Hermione ne ment pas!

Michael a levé les yeux, chancelant. Il m'a regardé avec Marietta et a sauté sur ses pieds. Il s'est rué vers moi.

- Ginny, calme-toi.

- Hermione a fait quoi? a dit Cho doucement, levant les yeux.

Son visage est devenu amère.

- C'était très vilain de sa part.

- Vilain?

Mes yeux se sont agrandis et j'ai déversé ma rage sur elle.

- Sacrément brillant, si tu me le demandes. Comment peux-tu rester assise et la défendre? Elle est supposée être ton amie! Apparemment, elle ne l'était pas assez pour te prévenir qu'elle était sur le point de tous nous trahir!

- Je…, a commencé Marietta. Je ne m'en souviens même pas.

J'ai serré les dents. Les petits mensonges ne me dérangent pas trop, mais quand quelqu'un me ment alors que la vérité est évidente, sous mes yeux, je ne peux pas le supporter. Les mains de Michael se sont posées sur mes bras et je l'ai regardé.

- Tu es resté drôlement silencieux. Ne me dis pas que tu es de leur côté?

Michael a tourné son regard vers le front de Marietta, sur Cho toujours assis dans le fauteuil et de nouveau sur moi.

- Non, a-t-il dit, mais je savais qu'il mentait.

Il essayait de se sauver la face, prenant mon côté juste me calmer et je n'allais pas laisser passer cela.

- Menteur, ai-je grogné et j'ai poussé Marietta de mon chemin. Je me fichais des patrouilles dans les corridors. Avec l'humeur dans laquelle j'étais, j'aurais adoré qu'un des copains d'Ombrage croise mon chemin. Regardant par-dessus mon épaule alors que je prenais le premier tournant, je savais que Michael n'allait pas tenter de me rattraper.

Les détails du départ de Dumbledore ont voyagé rapidement. Il avait pris le blâme pour Harry et le reste d'entre nous et encore une fois, Harry s'en était sorti indemne.

- Les trois prochains mois vont être long, a dit Dean, se tenant à côté de moi dans la Grande Salle, alors que nous lisions le Décret d'Éducation Numéro Vingt-Huit. Dumbledore parti, Ombrage est la nouvelle Directrice…

J'ai relu le décret, probablement pour la huitième fois depuis notre arrivée. Après tout ce travail pour la garder hors de nos vies, nous étions en morceaux, brisés, et personne ne voulait ramasser les pièces. C'était beaucoup trop risqué.

- Bienvenue en Enfer, Poudlard, ai-je dit.

- Ça t'oblige à revoir ta liste de priorités, n'est-ce pas, Sœurette? a questionné Dean.

Encore ce surnom. Me tournant vers lui, je m'attendais à une autre de ses remarques. Je n'ai pas été déçue.

- Maintenant que Michael et toi c'est terminé…

Je l'ai coupé.

- Nous n'avons pas rompu, ai-je répliqué. On est seulement dans une sale passe en ce moment. S'il enlève enfin sa tête de…

- Demande nous, a fait une voix familière derrière moi, ce que tes chers frères ont préparé comme cadeau de bienvenue à notre nouvelle directrice.

Fred et George m'ont attrapée par le bras, un de chaque côté et m'ont éloignée de Dean. Je lui ai dit au revoir d'un signe de la main et j'ai attendu que le jumeaux me déposent sur la chaise la plus près de la porte.

- Alors, ai-je dit, avide de savoir. Qu'est-ce que mes chers frères mijotent?

- Ta da!

Fred a sorti le même morceau de parchemin que j'avais vu des mois auparavant.

- Tu sais ce que c'est cela?

- La liberté, a dit George en souriant.

- Dès que nous aurons donné ce document au propriétaire, tu regarde les nouveaux marchands du numéro quatre-vingt-treize du Chemin de Traverse, a dit Fred.

J'ai poussé un cri aigu. Bien qu'ils allaient terriblement me manquer, j'étais extrêmement fière qu'ils suivent leur rêves. J'ai serré chacun d'eux dans mes bras, suivit de deux bisou bruyant pour les agacer.

- Je n'arrive pas à croire que vous désertez maintenant. Quand Poudlard a vraiment besoin de vous!

- Ginny, Ginny, Ginny, a dit Fred en secouant sont index vers moi.

- Tu es de petite foi! a dit George.

- Nous ne partons pas avant au moins une autre semaine et demie.

- Juste après les vacances de Pâques.

Un grand sourire est apparu sur mon visage. J'avais le pressentiment que j'allais adorer cette partie de la conversation.

- Ouais, et…?

- Reste dans la Grande Salle, a dit Fred.

- Ça va être tout un spectacle, a continué George, énigmatique.

- Nous allons avertir les autres.

Ils se sont levés, me lançant un clin d'œil alors qu'ils partaient. Aussitôt qu'il ne furent plus là, Delia s'est assise à côté de moi.

- Est-ce que c'est vrai? a-t-elle demandé. Est-ce que Michael et toi avez rompu?

- Non, ai-je dit et je lui ai fait la version courte des événements de la veille. J'ai levé la tête sur Harper et Vaisey qui entraient dans la Grande Salle, un air plus suffisant que d'habitude sur le visage.

- Je suis contente que tu n'aies pas été expulsée, a dit Delia. Tu es la seule raison pour laquelle je reste encore dans cette école.

Elle m'avait déjà dit souvent qu'elle aurait préféré retourner dans le monde moldu. En fait, je ne m'attendais même pas à ce qu'elle revienne l'année suivante.

Maintenant, Harper et Vaisey se tenait juste devant nous. J'ai remarqué que les deux Serpentards avaient une petite insigne avec un petit I argenté accroché à leurs robes. J'ai tourné mon regard vers eux et j'ai dit :

- Qu'est-ce que vous voulez?

- Ne sois pas impolie, Weasley, a dit Harper d'une voix moqueuse. Je crois qu'une telle remarque mérite au moins cinq points en moins.

- La ferme, Harper, ai-je rétorqué an ignorant leur commentaire.

- Petite Weasley, je ne serais pas si grossière si j'étais toi, a dit Vaisey.

Il a caressé le I en argent sur sa robe.

- Harps et moi faisons maintenant partie de la Brigade Inquisitoriale…

- La quoi? a questionné Delia.

- Les Sang-de-Bourbe doivent demander la permission pour nous parler. Ce sera dix points en moins, a ricané Harper en me regardant. Ombrage a demandé à des étudiants qui supportent les actions du Ministère de l'aider à maintenir l'ordre. Donc cinq points pour ce que tu nous as fait à la Coupe du Monde de Quidditch l'an dernier, cinq points pour le sort que tu m'as lancé pendant l'entrainement l'an dernier également et un autre cinq points pour le même sort que tu as lancé à Vaisey il y a quelques mois. Oublions-nous quelque chose Daemon?

- Elle est amie avec une Sang-de-Bourbe. Ça vaut au moins dix points.

Ils sont partis en riant et en se complimentant eux-mêmes pour les quarante points qu'ils venaient d'enlever à Griffondor. Delia, que les mots n'avaient apparemment pas affectée, m'a rejointe à la table de Griffondor pour le dîner, me demandant de lui donner tous les détails de ce qui s'était passé avec Michael.

Quelques minutes plus tard, j'ai découvert ce dont Fred et George m'avaient avertie. Le couloir en dehors de la Grande Salle était parsemé d'explosions et de flashs de couleur. J'ai mordu dans mon sandwich en écoutant le doux son du chaos.

Un silence suprême a régné durant les vacances de Pâques. Fred et George, ne voulant pas déranger les étudiants pendant leur temps libre, restaient anormalement réservés. Michael et moi n'avions pas parlé depuis que Dumbledore et son armée étaient dispersés et, si la rumeur était vraie, Cho et Harry n'était plus un couple désormais. Il s'est avère que Harry n'a pas apprécié non plus que Cho prenne la défense de Marietta. HA! Qui avait dit qu'ils n'étaient pas faits l'un pour l'autre?

J'étais assise dans la Salle Commune quand Michael est venu me retrouver deux jours après la fin des vacances de Pâques. Je revenais d'un autre horrible entraînement de Quidditch quand je l'ai vu entrer par le trou du portrait. Je n'aurais pas dû lui donner le mot de passe la semaine dernière, ai-je pensé.

Ses yeux rivés sur moi alors qu'il s'approchait, il s'est arrêté au divan. Il tenait une boîte qu'il avait à l'évidence ouverte et refermée. Il me l'a donnée et a souri, confiant.

- Le Professeur McGonagall m'a demandé de te les remettre.

La boîte, sur laquelle il était inscrit Inspecté et approuvé par la Grande Inquisitrice de Poudlard, était de Maman. Ce devait être ses annuels œufs de Pâques en chocolat. Ces bonbons seraient sans doute utiles.

- Merci, ai-je marmonné.

J'ai attendu qu'il dise quelque chose d'autre parce que McGonagall aurait facilement pu demander à n'importe quel Griffondor de me remettre la boîte, alors c'était évident qu'il s'était porté volontaire.

- Je suis désolé, Ginny, a finalement dit Michael et il semblait sincère.

Il est resté immobile, sans même gigoter nerveusement. Son comportement immuable était ce que je trouvais de plus admirable chez lui.

- Tu avais raison. Tu es ma petite-amie et j'aurais dû te supporter complètement. Tu me manques.

Et il me manquait aussi. Depuis notre première dispute en janvier, les choses s'étaient bien passées entre nous, mais je détestais devoir admettre que j'avais perdu beaucoup du respect que j'avais pour lui il y avait de cela quelques nuits et je n'étais pas sûre qu'on puisse tenir le coup. Je lui ai dit cela, mais je lui ai aussi dit que j'aimerais beaucoup que ça puisse fonctionner entre nous.

Il était d'accord. Il s'est penché sur le divan pour m'embrasser et a quitté la salle commune. J'ai ouvert la boîte de chocolats avec empressement et j'en ai mangé un. J'étais au paradis. Maman avait toujours été capable de m'impressionner avec sa cuisine. Avec la bouche pleine de la délicieuse douceur, j'ai lu la carte qu'elle avait envoyée.

Je sais que tu as eu des moments difficiles. J'espère que ça t'aidera. Avec amour, Maman. P.S. J'en ai fait deux de plus pour Harry et Hermione.

- Où est Harry? ai-je demandé à Hermione quelques minutes plus tard en lui donnant un chocolat à apprécier et une chance de faire une pause de ses études trop zélées.

- Je pense qu'il est resté… wow, ils sont excellents…

Hermione a léché ses doigts et a fait un son approbateur avec le fond de sa gorge.

- Remercie ta mère pour moi.

Elle a essayé d'en attraper un autre, mais j'ai légèrement tapé sa main.

- L'autre est pour Harry. Tu sais où il est?

Quand elle regardait la friandise voracement comme cela, elle me rappelait Ron.

- Il est resté à la bibliothèque pour étudier.

- Étudier? ai-je demandé avec doute.

Hermione m'a lancé un regard aussi septique que le mien.

- C'est ce que j'ai pensé, moi aussi. Il avait l'air misérable. Peut-être qu'il aurait besoin d'un petit remontant.

Elle m'a donné un de ses regards si hermionèsques, insinuant que j'étais sans doute la fille parfaite pour le job.

- Michael et moi sommes réconciliés, ai-je répliqué.

- C'est bien, a-t-elle dit, mais elle avait échoué à cacher le mécontentement dans sa voix.

Je l'ai saluée de la main. Avec une boîte de chocolat dans ma main et un dynamisme féroce dans mon cœur, j'ai démarré un voyage épique jusqu'à la bibliothèque. Si Harry était misérable, peut-être que je pourrais lui être utile. Qu'est-ce qui pouvait bien le mettre dans un tel état? La frousse pour ses BUSE? Des Serpentards qui l'ennuyaient encore? Cho?

Je l'ai trouvé assis tout seul dans le fond de la bibliothèque. Ses livre étaient assis avec lui dans l'intention d'être étudiés, mais aucun d'entre eux n'étaient ouverts? Il regardait per la fenêtre, fixant le parc, perdu dans un endroit lointain où il n'avait pas besoin de s'inquiéter pour ses examens.

Il avait vraiment l'air misérable.

Je n'étais pas sûre de vouloir les déranger, lui et ses pensées, mais je refusais de le laisser vautré seul dans sa tristesse. Malgré son refus de me parler de ses problèmes cet été, je voulais essayer une deuxième fois de lui prouver que j'avais une oreille attentive. S'il ne voulait pas se confier à moi maintenant, je prendrais l'approche innocente pour le moment. Seulement lui donner son œuf de Pâques et merci beaucoup.

- Harry, ai-je dit doucement en approchant.

S'il m'avait entendue, il m'ignorait très bien.

- Harry, ai-je répété d'une voix un peu plus chantante.

Roulant les yeux, je me suis assise à côté de lui et j'ai dit un peu plus fort :

- Harry, je te parle, est-ce que tu m'entends?

- Hum? a-t-il finalement dit.

Il s'est détourné de la fenêtre et de la sécurité que le monde qui se trouvait derrière elle lui donnait, il m'a regardé comme si je n'étais pas du tout à ma place. Pendant une seconde, j'aurais juré qu'il essayait de se rappeler qui j'étais.

- Oh, bonjour, a-t-il dit en regardant l'uniforme de Quidditch qui je portais encore. Comment se fait-il que tu ne sois pas à l'entraînement?

C'est du Harry tout craché de tenter désespérément de cacher des émotions qui était claires comme de l'eau de roche. S'il voulait vraiment prétendre que rien ne l'ennuyait, je jouerais le jeu pour le moment. Ronchonnant, j'ai répondu :

- C'est terminé. Ron a dû emmener Jack Sloper à l'infirmerie.

- Pourquoi?

- Et bien, ai-je dit, on n'en est pas sûrs, mais nous pensons qu'il s'est frappé avec sa propre batte.

J'ai rapidement observé son visage avec l'espoir d'y voir un quelconque amusement. Il n'y en avait aucun.

- Quoi qu'il en soit… un paquet vient d'arriver, il vient de passer sous le nouveau système de surveillance postale d'Ombrage…

J'ai prise la boîte sur mes genoux et je l'ai posée sur la table.

- Ce sont des œufs de Pâques de Maman…

J'ai soulevé le couvercle vu Harry fixer la pauvre boîte qui avait été emballée et réemballée. J'ai pris le plus gros entre mon pouce et mon index.

- Celui-là est pour toi...

J'ai tendu la main jusqu'à lui.

- Tiens, voilà.

Il a pris l'œuf et l'a regardé. Pendant une longue seconde, je l'ai vu frissonner et ça n'avait rien à voir avec la pensée de manger le chocolat.

- Ça va, Harry? ai-je demandé à voix basse.

- Ouais, je vais bien.

- Tu n'as pas l'air dans ton assiette c'est derniers temps, ai-je dit.

Je devais faire les choses avec délicatesse ou autrement il ne s'ouvrirait pas à moi. Laissons tomber on peu les évidences. Avec toute la force que j'ai ou trouver en moi-même, j'ai dit :

- Tu sais, je suis sûre que si tu parlais à Cho…

- Ce n'est pas à Cho que je veux parler.

Et l'espace d'un très court instant, mon cœur s'est mis à battre rapidement. C'était fini entre eux. La nervosité qui se trouvait autrefois dans sa voix lorsqu'il parlait de Cho s'était envolée. Anxieuse, je me suis approchée de lui.

- À qui, alors? ai-je demandé, espérant de toute mon âme que c'était à moi qu'il souhaitait parler.

- Je…

Vas-y, Harry, ai-je supplié mentalement. Ouvre-toi à moi.

J'ai regardé autour de nous. Madame Pince et Hannah Abbott étaient à des étagères de là, bien trop loin pour nous entendre. Pouvait-il vraiment considérer se confier à moi?

- Je souhaiterais pouvoir parler à Sirius, a-t-il marmonné. Mais je sais que je ne le peux pas.

Victoire! Dans ma tête, la petite fille de dix ans qui se tenait sur la Plateforme 9 ¾­ a crié d'excitation. L'autre petite demoiselle en détresse de onze ans qui regardait Harry la sauver de la Chambre des Secrets a glapi de joie. La fillette qui écoutait toutes les histoires d'Harry Potter avant d'aller dormir a lancé son poing en l'air avec triomphe.

Pour éviter de me regarder dans les yeux, il a déballé un œuf, l'a cassé et en a mis un morceau dans sa bouche.

- Alors, ai-je dit lentement, faisant attention de bien cacher ma satisfaction.

Moi aussi, j'ai pris un autre œuf, sachant que Ron me ferait la tête après pour avoir manger sa part.

- Si tu veux vraiment parler à Sirius, je suppose qu'on pourrait trouver un moyen…

Il m'a coupée et s'est exclamé avec désespoir :

- Quand même. Avec Ombrage qui surveille les cheminés et qui lit le courrier?

Il m'a faite sourire légèrement.

- Tu sais, ce qu'il y a de bien quand on grandi avec Fred et George, c'est qu'on fini par croire que tout est possible avec assez de culot.

J'ai repensé aux jumeaux qui réalisaient finalement leur rêve d'ouvrir une boutique de farces et attrapes.

Immédiatement, il s'est repositionné sur sa chaise, ayant déjà l'air plus optimiste. Je pense que c'était la première fois qu'il a commencé à me regarder en voyant plus que la petite sœur de son meilleur ami. Peut-être pas de manière romantique, mais en tant qu'amie. Ce regard m'a donné des frissons dans le dos. Il a ouvert la bouche pour dire quelque chose.

- QU'EST-CE QUE VOUS ÊTES EN TRAIN DE FAIRE?

Bien sûr, ce moment intime avec Harry devait absolument être interrompu.

- Et merde, ai-je murmuré alors qu'Harry et moi sautions de notre chaise. J'ai oublié…

- Du chocolat dans la bibliothèque! a crié Mrs. Pince avec rage, nous lançant un regard meurtrier. Dehors, dehors, DEHORS!

Elle a brandi sa baguette. Les livres, les sacs, les bouteilles d'encre ont lévité et ont commencé à nous poursuivre.

Riant, J'ai attrapé le chocolat sur la table et j'ai couru à toutes jambes vers la sortie. À travers les corridors, côtes à côtes, nous avons continué de courir pendant que les objets nous frappaient. Finalement, alors que nous prenions un virage, ils se sont fracassés sur le sol.

Nous nous sommes assis contre le mur pour reprendre notre souffle. J'ai lancé un regard à Harry. Il avait de l'encre partout sur le visage et ses cheveux étaient encore plus en désordre que d'habitude. Ses yeux étaient fermés, mais il ne boudait plus; il souriait.

Ouvrant les yeux, il a demandé :

- Tu avais déjà fait cela avant?

- Une fois, ai-je répondu, en repensant à ce moment. Michael…

Est-ce que j'avais réellement besoin de le mentionner dans un moment pareil?

- … et moi avons été chassés de la bibliothèque aussi le mois dernier. On avait perdu le contrôle de quelques chocogrenouilles.

Il a encore souri. J'ai fondu encore plus.

- J'ai entendu dire que tu avais eu une dispute avec Michael à propos de Marietta, a-t-il dit.

- Il s'est excusé et on s'est réconciliés, ai-je répondu en regrettant presque le moment que j'avais passé avec ce dernier moins d'une heure plus tôt.

Hésitant à revenir sur le sujet, j'ai dit :

- J'ai entendu dire que tu avais eu la mme dispute avec Cho.

Il a hoché la tête, ne voulant pas trop en parler, et j'ai continué :

- Alors, le chocolat n'est pas la seule chose que nous avons en commun.

- Tu as raison, a dit Harry, souriant toujours.

Il a observé mon visage et a touché ma joue.

- Tu as un peu d'encre sur le visage.

- Continue de parler, l'ai-je taquiné, croisant les bras et regardant ailleurs.

J'ai fait de mon mieux pour avoir l'air ennuyée, mais je ne pouvais pas m'empêcher de sourire.

- Et je ne dirai à personne où l'encre t'a éclaboussé.

Il m'a regardée, essayant de savoir si je le taquinais ou s'il avait réellement de l'encre à un endroit très embarrassant.

J'ai roulé les yeux.

- Viens. Ramassons tes affaires.

Je me suis penchée et j'ai pris ses livres. Il a attrapé la bouteille d'encre vide, l'a mise dans son sac et m'a tenu le sac ouvert pour que j'y mette les livres.

Quand il fut satisfait de l'arrangement, il a refermé le sac et l'a balancé sur son épaule.

- Ginny, a-t-il dit, merci.

- Pas de problème, Harry. De toute, façon, Fred et George ferons le plus gros du travail.

- Pas seulement pour cela. Pour avoir pris mon parti, même contre ton petit-ami. Pour être venue me trouver aujourd'hui. Pour… tout…

Si seulement il savait tout ce que j'avais fait pour lui durant toutes ces années, combien de petits gestes j'avais posés pour lui apporter un peu de bonheur et de réconfort, comment j'avais sacrifié mon bonheur à Cho juste pour le voir sourire. Si seulement il savait…

Pour la première fois depuis des mois, j'ai rougi. Ce n'était même pas le bon moment pour cela. Ce n'était pas comme s'il m'avait complimentée. Ce n'était pas comme s'il m'avait touchée. Il m'avait remerciée. D'un air innocent et très embarrassée par la rougeur de mes joues, je me suis rapidement reprise en mains.

- Mais de rien, Harry, ai-je dit en reculant. Si tu veux bien m'excuser, je vais aller trouver mes frères.

Trouver Fred et George n'était jamais aussi facile que ça le paraissait. Ils étaient rarement là quand on voulait qu'ils soient dans le coin et apparaissaient souvent dans des moments étranges ou gênants. Heureusement pour moi, je les ai trouvés dans la salle commune en train de discuter.

- Les garçons, ai-je dit, j'ai besoin de vos services.

- Nous ferions tout pour toi, chère sœur, a dit Fred

- C'est plus pour Harry que pour moi, ai-je dit lentement, sachant qu'ils se fichaient de savoir pour qui c'était, tant qu'il s'agissait de faire du désordre.

Les jumeaux m'ont regardée avec un air moqueusement choqué et j'ai su qu'ils n'allaient pas me laisser oublier cela de sitôt.

- Nous avions pourtant l'impression qu'une certaine Ginny avait oublié un certain Harry, a dit George.

- Nous pensions qu'il y avait un certain garçon du nom de Michael Corner, a continué Fred.

- Ou est-ce que les rumeurs sont vraies et tu as dit adieu à ton prince? A demandé George.

Je suis restée là, à taper patiemment du pied. Nous avions déjà passé la partie de la conversation où je refusais de me répéter. L'air amusée, j'ai dit :

- Vous avez fini?

- Désolés, Ginny, on a pas pu s'en empêché, a admis Fred.

- Alors, qu'est-ce que tu as en tête? A demandé George.

Je leur ai expliqué la situation de Harry, leur rappelant que tout le courrier était confisqué et comment tout le réseau des cheminées était sous surveillance…

- Erreur, a dit Fred.

- Elles ne sont pas toutes surveillées, a complété George. Attendant que je comprenne.

J'ai eu un hoquet.

- Son bureau?

Ils ont acquiescé tous les deux solennellement pendant que je secouais vivement la tête. Il ne pouvait y avoir aucun moyen de s'en sortir indemne. C'était SON bureau. Ils étaient fous ou quoi? J'ai avalé ma salive avec difficulté et je leur ai demandé comment.

- Tu te souviens que nous t'avions dit que nous partions bientôt? a demandé Fred.

- Nous allons entrer en scène une dernière fois avant de faire notre grande sortie, a dit George.

- Nous pouvons garantir au moins vingt minutes à Harry.

J'ai quitté mes frères ce jour-là en sachant parfaitement qu'ils pourraient le faire. Hermione a fait de son mieux pour convaincre Harry de ne pas s'y risquer. Elle s'est même tournée vers moi, me demandant de tout annuler, mais j'ai refusé.

Quand j'étais là main dans la main avec Michael deux jours plus tôt, j'avais regardé mes frères s'élever dans les airs sur leurs balais devant une foule de cinquante personnes ou plus, en faisant du même coup un peu de pub pour leur commerce. Avec le plus large des sourires, ils ont commandé à Peeves de rendre infernal la vie d'Ombrage et ils sont partis. Un sentiment de langueur pour mes deux frères mélangé à de la fierté a grandi en moi sous les cris et les applaudissements de la foule.

Fred et George nous avait donné à tous de l'espoir.

Le Chaos… le glorieux chaos s'est ensuivi durant cinq semaines. N'importe quel étudiant pouvait lancer des bombabouses des les couloirs. N'importe quel étudiant pouvait lancer des sorts aux membres de la Brigade Inquisitoriale. N'importe quel étudiant sensé en profitait. Personne n'y ferait rien. Étant donné que les corridors commençaient à avoir une odeur bizarre, nous marchions avec des sortilèges de Tête-en-Bulle.

Même avec les excuses de Michael, lui et moi étions toujours un peu en froid depuis la dernière dispute. Essayer de trouver du temps l'un pour l'autre était comme essayer de tordre un rocher pour en extraire du jus sans utiliser la magie. Ajouter ses BUSE qui approchaient et le temps était rare.

Le temps avec Hermione était aussi limité, Ron devenait fou à cause des études et passer du temps avec Harry était hors de question. Étrangement, je me suis retrouvée à passer beaucoup de mes heures libres en compagnie de Dean Thomas et je ne sais pas exactement comment cela à fini par se produire. Un après-midi, je l'ai regardé et je me suis aperçue que j'avais passé deux semaines complètes avec lui.

Pour rendre les choses encore pires, j'étais en train d'embrasser fougueusement Michael une nuit après un entraînement de Quidditch difficile et j'ai fait courir ma main dans ses cheveux quand j'ai été surprise de ne pas trouver de cicatrice en forme d'éclair. Repoussant brutalement Michael, je haletais.

Il avait l'air ahuri et a pensé qu'il avait fait quelque chose de mal. Alors qu'il s'excusait profusément, j'ai inventé comme excuse que j'avais oublié de faire un devoir de huit lignes pour la classe de Rogue. Je me suis ruée hors de la salle commune de Serdaigle sans dire un mot.

Je ne pouvais pas croire que je ne l'avais jamais remarqué auparavant. Cheveux noirs et yeux verts, fait environ de la même façon et traits se ressemblant de façon saisissante. Il ressemblait à Harry. Quand j'ai enroulait mes bras autour de Michael, est-ce que je me croyais inconsciemment en que c'était Harry que je tenais dans mes bras? Quand j'embrassais Michael, est-ce que je m'imaginais être en train d'embrasser Harry? Quand je me perdais dans les yeux verts de Michael, est-ce que c'était dans ceux de Harry de je souhaitais me perdre en réalité?

J'ai repoussé ces pensées dans le fin fond de mon esprit.

Le soir avant le match Serdaigle contre Griffondor, j'ai tenté de me calmer les nerfs. C'était le match final et Serdaigle était particulièrement bonne cette année. Sans mentionner que je jouais contre ma rivale de toujours, Cho Chang. Si je pouvais lui attraper le vif d'or sous le nez, cela ferait mon année.

J'avais pris pour acquis que Michael pourrait calmer mon anxiété. Sortant de mon dortoir, je me suis arrêtée dans la salle commune pour regarder vers les dortoirs des garçons et j'ai pensé à Dean. Si seulement il pouvait sortir tout de suite, je n'aurais pas besoin d'aller jusqu'à la Tour de Serdaigle pour être réconfortée.

Secouant la tête pour chasser cette pensée, j'ai lancé un sortilège de Tête-en-Bulle autour de mon visage et je me suis mise en route. Des nuages de vapeur pouvaient être vus dans les couloirs désormais. Peeves, cachés derrières une armure, a sauté devant moi pour m'effrayer. Il avait apparemment attendu longtemps quelqu'un de facile à effrayer.

Je suis arrivée à la Tour de Serdaigle moins de quinze minutes plus tard. Terry Boot était à l'entrée et j'ai supposé qu'il essayait de résoudre la nouvelle énigme. J'étais surprise. Terry, qui était doué pour cela d'habitude, trouvait toujours la solution bien avant Michael et Anthony.

Retirant mon sortilège de Tête-en-Bulle, j'ai dit :

- Si tu t'attends à ce que je t'aide, nous allons être coincés ici longtemps.

Je lui ai donné une tape dans le dos.

Terry s'est tourné vers moi avec nervosité.

- Hé, Ginny, a-t-il dit. Qu'est-ce que tu fais dans le coin?

Quelque chose n'allait pas. Terry avait plus de talent que cela pour la conversation d'habitude. Je lui ai lancé un regard et j'ai demandé :

- Est-ce que tout va bien, Terry?

- Ouais, tout va bien, a-t-il dit rapidement. J'ai seulement de la difficulté à résoudre cette énigme.

- Laisse-moi essayer, ai-je dit.

Terry a réfléchi une seconde et a répété les mots de l'oiseau.

- Est-ce que le verre est à moitié plein ou à moitié vide?

En le disant, il a haussé les épaules.

- Tout est une question de perspective, ai-je dit.

J'ai souri alors que l'oiseau carillonnait :

- Bien raisonné.

Je la connaissais celle-là. J'avais entendu cette énigme quelques semaines auparavant. Michael, Anthony, Terry et moi revenions de… attendez une seconde… Terry était là quand nous avions trouvé la réponse… en fait… c'était les mots exacts de Terry que je venais de répéter.

Terry avait l'air encore plus nerveux maintenant que la porte était ouverte. Il a ri jaune et a dit :

- Bien joué, Ginny.

Il a essayé nonchalamment d'appuyer sont bras sur le cadre de porte.

- C'est Michael qui t'a envoyé, n'est-ce pas?

- Écoute, Ginny, il ne fait rien de mal, a-t-il dit.

Je l'ai poussé de mon chemin et je me suis dirigée vers la salle commune. Assis sur le même divan se trouvaient Cho Chang et Michael Corner… mon petit-ami et la plus déplorable des Serdaigle que j'avais rencontrée dans ma vie…

C'était innocent, par contre. Dans une autre situation, je n'aurais peut-être pas été aussi en colère. Mais considérant que c'était la pire trahison que j'avais eu jusque là, j'étais furieuse.

- Qu'est ce que tu es en train de faire, Michael? ai-je demandé essayant de garder mon calme.

J'étais sûre que si je lui en donnais la chance, il me donnerait une explication logique a tout cela. Peut-être que Terry était désorienté. Peut-être qu'on lui avait jeté un sortilège de Confusion.

- Je ne fais que parler à Cho, a-t-il dit en pointant celle qui était assise à côté de lui. Il n'y a rien de mal à parler à quelqu'un, non?

Terry a tenté de s'enfuir discrètement et je l'ai pointé du doigt.

- Aucun mal à parler avec quelqu'un non, ai-je répliqué. Mais tu envois ton ami pour m'empêcher d'entrer?

Terry a voulu s'excuser, mais je lui ai dit de se la fermer et j'ai retournée mon attention vers Michael.

- Ginny, calme-toi.

- Je ne me calmerai pas tant que tu ne me donneras pas d'explication!

- J'essayais seulement de réconforter Cho, a dit Michael.

Elle s'était glissée hors du divan et se dirigeait lentement vers le dortoir des filles.

- Et tu es trop occupée à être en colère contre elle pour comprendre.

- En colère? ai-je sifflé. BIEN SÛR QUE JE SUIS EN COLÈRE. Tu sais pourquoi je suis en colère! Et pourquoi tu remets ça sur le tapis maintenant? Tu t'es excusé et tu as dit que j'avais raison…

Et là, ça m'a frappée. Il n'avait jamais été désolé. Il n'avait même pensé que j'avais raison. Il avait dit cela pour me faire taire, pour se sauver la face, pour arrêter la dispute. Sans rien dire, je suis sortie de la pièce, plus en colère que je ne l'avait été depuis longtemps.

Au bas des escaliers, Je me suis arrêtée et j'ai considéré de retourner là-bas et de leur jeter un sort à tous. Prenat ma baguette entre mes doigts, j'ai entendu des bruits de pas derrière moi. Est-ce que c'était Michael qui me suivait? Non, ils étaient bien plus légers que les siens.

- Je pensais t'avoir entendue, Ginny.

C'était Luna. Elle portait son pyjama : un T-shirt blanc et des pantalons avec des dragons mobiles. Elle me regardait de quelques marches plus haute et a lancé :

- Je voulais en acheter avec des nargols, mais il n'y en avait pas en magasin.

J'ai secoué la tête avec incrédulité. D'une certaine manière qui m'échappait complètement, elle était capable de me rendre plus joviale avec une simple remarque.

- Salut, Luna.

- Michael est vraiment très beau garçon, a-t-elle dit. Mais je ne l'aime pas beaucoup.

Pour n'importe qui d'autre, je pense que ça aurait été très gênant. Avec Luna, ça ne pouvait pas être autrement. J'ai finalement remarqué ses cheveux, qui avaient été attachés en trois queues de cheval.

- Dean t'aime beaucoup, tu sais, a dit Luna. Je l'ai entendu parler de toi hier.

Vraiment? Dean m'aimait? Mon cœur a palpité légèrement et c'est là que j'ai réalisé à quel point j'étais attirée par lui. Il était drôle et, même s'il me traitait un peu comme une petite sœur, c'était assez cool de flirter avec lui.

Mais je ne pouvais pas penser à cela maintenant.

- J'aime bien Dean, a continué Luna comme si elle se parlait à elle-même.

Ça ne me dérangeait pas. Sa voix me calmait et c'était presque comme si elle disait mes pensées à haute voix.

- Plus que Michael.

- Je commence à penser la même chose, ai-je marmonné.

- Tu es amoureuse de Harry depuis un bon bout de temps aussi, a-t-elle dit avec son habituelle franchise. Je crois que vous êtes vraiment faits l'un pour l'autre.

J'ai souri à Luna Lovegood, la fille qui venait juste de faire ma soirée. Je suis partie. J'avais beaucoup de choses auxquelles penser et beaucoup à préparer pour le lendemain.

Cho a pleuré quand j'ai attrapé le Vif juste sous son nez lors du match. Je crois que tout le monde a pensé que je me ruais si vite sur l'Attrapeur de Serdaigle pour lui envoyer mon poing dans le visage. Imaginez l'amusement de la foule quand j'ai attrapé la minuscule balle dorée juste sous son petit nez bronzé. C'était toute une victoire personnelle. Mon seul regret est qu'Harry n'ait pas été là pour le voir. Il aurait adoré, j'en suis sûre.

Me posant au sol et descendant de mon balai, j'ai regardé Cho jeter le sien et fondre en larmes jusqu'aux vestiaires. Le sourire aux lèvres, j'ai vu Michael marcher jusqu'à moi avec un air mécontent.

- Tu viens pour prétendre que tu t'excuses encore une fois? ai-je demandé.

Il n'a pas ré pondu, mais son regard froid parlait pour lui.

- Tu avais réellement besoin d'être aussi sans-cœur en attrapant le Vif? Gagner n'était pas assez? Tu devais la faire pleurer aussi?

- Elle pleure quand elle se casse un ongle, ai-je répliqué. Je ne faisais que jouer. Ne te plaint pas si ton Attrapeur n'a pas réussi à me battre.

Je lui ai lancé la Vif d'or et j'ai souri.

- Je te vois plus tard, Michael.

Mais je savais que je ne le ferais pas. Même si les mots n'étaient pas dits, je savais que c'était fini et ça m'allait parfaitement bien. J'étais fatiguée d'être sa petite-amie sans défenses. Il était temps pour moi d'aller de l'avant.

J'ai parlé à Hermione le jour de son examen d'Histoire de la Magie. Je lui ai expliqué, au travers de quelques bouchées de nourriture, ma situation avec Michael. Puis, je lui ai demandé ce qu'elle pensait de Dean. Je ne pense pas qu'elle écoutait, voyait qu'elle avait les yeux rivés sur ses notes, mais elle a répondu.

Je suis surprise, a-t-elle dit en tournant une page, que tu n'ait pas remis ton attention sur Harry.

Elle a levé les yeux.

- À moins que tu prétendes encore l'avoir oublié.

J'ai froncé les sourcils et j'y ai pensé. La vérité est que ces derniers jours, j'avais plutôt pensé à Dean. Il montrait lui-même de l'intérêt, chose dont Harry manquait cruellement.

- Non, je ne pense pas, mais Dean paraît intéressé.

- Tu dois faire ce qui fait ton bonheur.

Elle a haussé les épaules. Elle s'est excusée et a quitté la table pour aller étudier à la bibliothèque.

Même si cela me rendrait heureuse au-delà de l'entendement que l'intérêt de Harry ait été sur moi, ce n'était pas le cas. En fait, ça ne semblait pas être pour bientôt non plus. Il me voyait toujours comme une amie, mais Dean, d'un autre côté…

Deux mains ont couvert mes yeux.

- Devine qui c'est, Sœurette! a murmuré Dean à mon oreille.

Il n'a pas attendu que je réponde et s'est assis à côté de moi.

- Tu ne devrais pas être en train d'étudier?

- Un gars ne peut prendre une pause pour rendre visite à sa Weasley préférée?

- Oh, je suppose que oui.

- de plus, a-t-il dit en attrapant mon petit pain et en mordant dedans, je ne faisais que passer dire bonjour avant de retourner à la bibliothèque. Tu veux m'aider?

Il a levé les sourcils vers moi.

- Oh, c'est tentant, ai-je dit.

J'ai décidé de tester les vapeurs avec Dean, question de voir sa réaction.

- Alors, tu as entendu dire que Michael et moi avons rompu?

- Ouais, a-t-il dit en prenant une autre bouchée de pain. Il était temps, aussi, tu ne crois pas?

Il a souri, comme d'habitude.

- Maintenant laisse-moi sortir avec toi.

- D'accord.

Il a recraché son morceau de pain et a commencé à s'étouffer. Son visage était tout rouge, bien que je ne savais pas si c'était de l'embarras ou seulement le manque d'air. Je l'ai tapé dans le dos jusqu'à ce que ça passe. Lentement, il m'a demandé :

- Tu es sérieuse?

- Je t'en reparlerai après ton examen.

Je l'ai embrassé sur la joue et je l'ai quitté. Quand j'ai regardé derrière, il touchait sa joue là où je l'avais embrassé. Je l'ai aimais bien. On s'entendait merveilleusement.

Apparaissant à la porte, le Professeur Tofty a sorti Harry de la zone d'examen. Serrant la main de Tofty, ils ont commencé à argumenter à propos d'une visite à l'infirmerie. Quand Harry a mentionné un cauchemar, j'ai su. Il encore eu une vision…

Quand il est parti avant que j'aie eu le temps de réagir, j'ai regardé vers la Grande Salle Dean qui me saluait de la main. J'ai fermé les yeux avec frustration. Harry allait avoir besoin d'aide et j'allais aller l'aider. Je n'avais pas tellement le choix de toute façon; il .tait ma faiblesse.

C'était Sirius. Harry avait vu Sirius se faire attaquer. Sans même y penser à deux fois, j'ai offert mon aide et on a rapidement trouvé un plan.

- Vous ne pouvez pas passer par ici! ai-je crié à la foule marchant vers le corridor d'Ombrage.

Un Deuxième Année a essayé de passer et je l'ai arrêté d'une main sur la poitrine.

- Non, désolée, tu vas devoir faire le tour par les escaliers mouvants, quelqu'un a mis du gaz étrangleur partout…

- Je ne vois aucun gaz, a dit un Troisième Année.

- C'est parce qu'il est incolore, ai-je dit en prenant une voix agacée, mais si tu veux y aller, vas-y, comme cela on aura ton cadavre comme preuve pour le prochain qui ne voudras pas nous croire…

Harry et Hermione m'ont dépassée sous la Cape d'Invisibilité. Hermione a murmuré :

- Bien joué… n'oublie pas le signal.

Le corridor était désert à l'exception de Luna qui se trouvait à l'autre bout. Elle regardait le couloir avec un air absent. Observant les alentours, Neville était entré dans le corridor. Je lui ai fait signe de la main et il est venu jusqu'à moi.

- Harry va bien, ai-je dit en répondant à la question qu'il était sur le point de me poser.

Je lui ai rapidement expliqué ce qui se passait.

- Je ne pense pas qu'on puisse lui faire gagner plus de temps que ça. Ombrage n'est pas aussi idiote qu'elle en a l'air.

- Sirius Black? a hoqueté Neville.

J'ai juré. J'avais oublié qu'il n'était pas au courant de l'innocence de Sirius.

- Il s'avère que nous avions tort à propos de Sirius. Il est innocent.

Neville a secoué la tête avec surprise.

- Il est important pour Harry?

- Oui.

- Alors, il est important pour moi, a-t-il dit. Qu'est-ce qu'on peut faire pour aider?

J'admirais Neville et sa loyauté envers Harry. Ce garçon devenait de plus en plus un véritable Griffondor. Alors que je me demandais ce que Neville pourrait bien faire pour se rendre utile, ses yeux se sont agrandis.

- Ginny, baisse-toi!

IL m'a poussée vers le sol, a attrapé sa baguette et l'a pointé vers ce qu'il avait vu.

- Stupéfix! a-t-il crié, mais le sortilège a apparemment raté sa cible.

- Neville, derrière toi! ai-je crié et je me suis dégagé de ses jambes.

Au loin, j'apercevais Goyle qui retenait Luna captive. Courant vers Neville, il y avait aussi Craven Warrington. J'ai crié :

- Impedimenta!

… mais ma visée, un peu comme celle de Neville, n'était pas très bonne ce soir-là.

Warrington a approchée sa main malpropre et m'a attrapé les cheveux. Pendant que je me tordais de douleur, il m'a remise sur mes pieds, un éclat argent a miroité sur sa poitrine. La douleur aigue sur mon cuir chevelu était horrible.

- Lâche-moi, ai-je beuglé.

Le poing de Neville s'est heurté à la mâchoire de Warrington et celui-ci m'a lâché. Warrington a émis un gémissement et il a éclaté de rire. Tendant les bras, il les a enroulés autour de Neville et a serré de toutes ses forces. Neville a lutté, mais a finalement perdu la bataille.

Me tenant la tête, j'ai tâtonné le sol pour trouver la baguette que j'avais échappé sur le sol. Un pied s'est posé directement sur mes doigts et j'ai crié de douleur encore une fois. Levant des yeux plein d'eau, j'ai vu Daphnée Greengrass ricaner, sa baguette pointé sur mon visage.

- Bouge et tu ne verras plus rien pendant une semaine.

Les trois Serpentards nous ont traînés jusqu'au bureau d'Ombrage. Ron était retenu par Crabbe quand nous sommes entrés. Hermione était dans un coin, immobilisée par Millicent Bulstrode. Harry se tenait près du feu, abasourdi pendant qu'Ombrage l'interrogeait. Drago était appuyé contre le mur avec un air suffisant, jouant avec les deux baguettes qu'il avait manifestement confisquées à Hermione et Harry.

Quand Hermione a commencé craquer sous la pression, j'ai été étonnée. Elle était la dernière personne que je m'attendais à voir crier. Puis, elle a commencé à psalmodier à propos de Dumbledore et de l'arme et Ombrage l'a cru.

Aussitôt qu'Hermione, Harry et Ombrage sont partis, le reste d'entre nous est passé à l'action. J'ai simplement regardé Ron, tourné les yeux vers Neville, puis vers Luna, puis j'ai fait un signe de tête. Sans même prendre le temps de penser, j'ai enfoncé mon pied le plus fort possible sur les orteils de Greengrass. Elle a laissé tomber sa baguette et j'ai glissé vers le bas. Au même moment, elle m'a trappée et a enfoncé profondément ses ongles dans mes joues.

J'ai pris sa baguette et je lui ai jeté un sort rapide. Par derrière, j'ai eu Greengrass avec un Stupéfix. Juste après avoir lancé le sortilège, j'ai mis Drago hors course avec un maléfice Chauve-Furie. Il a trébuché contre le mur en se débattant contre les créatures ailées et est tombé sur le sol en se tortillant.

Balayant la pièce, Neville souriait; son œil était devenu tout bleu. La lèvre de Ron saignait encore plus que lorsque nous étions arrivés dans le bureau. Luna, qui agissait comme si rien d'étrange n'était arrivé, s'est innocemment assise sur le corps inconscient de Goyle, regardant ses ongles.

- Ils vont dans la forêt, a dit Ron après avoir regardé par la fenêtre.

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Le Trio d'Or était déterminé à ne pas nous laisser venir avec eux, mais Neville avait raison. Nous faisions partie de l'AD nous aussi. Si c'était un jeu pour nous, nous ne l'aurions pas rejoint. Harry avait toujours été comme cela, pensant que personne d'autre que lui ne devrait combattre les forces de mal. Finalement, ils ont laissé tomber, mais surtout parce qu'ils ne pouvaient pas nous empêcher de les suivre.

Nous avons compté les étagères de la Salle des Prophéties alors que nous courions devant elles.

95… 96… 97…

Pas de Sirius…

C'était un piège. Un groupe de Mangemorts menés par Lucius Malfoy nous ont encerclés. Nous ne pouvions pas transplaner. Nous ne pouvions pas nous échapper. Nous serions obligés de…

… gagner du temps…

Harry a fait en sorte que Lucius continue de parler, je pense que c'est parce qu'il ne savait pas quoi faire d'autre. Pour une raison qui m'était inconnue, Voldemort voulait qu'il soit là. Pour une raison qui m'était inconnue, au Département des Mystères, nous allions mourir.

Côtes à côtes, nous avons levé nos baguettes en direction des Mangemorts. Lucius a appelé la sphère une prophétie et ne laisserais pas les autres Mangemorts nous toucher avant qu'elle ne soit en sa possession. Harry a continué de les faire parler jusqu'à ce que chacun d'entre nous soit près à se battre…

Quand nous avions monté l'Armée de Dumbledore, je ne suis pas sûre qu'il y ait un seul d'entre nous qui était vraiment convaincu que nous devrions combattre des Mangemorts. Je ne pouvais pas imaginer Lavande Brown gagner duel contre Lucius. Je ne pouvais pas penser ne serait-ce qu'une seconde que Dennis Crivey aurait une chance contre Bellatrix Lestranges. Mon Dieu, je ne pouvais même pas croire que je pourrais survivre pour le raconter.

Mais nous étions là, au Département des mystères, nous tenant debout devant un ennemi que tous croyaient mort.

Neville s'est approché subtilement de moi et a murmuré :

- Quand Harry donneras le signal, détruit les étagères.

Si j'avais pu voir son visage, je suis prête à parier qu'il était rigide et déterminé. J'ai hoché la tête, allant vers la droite et disant la même chose à Luna. Luna m'a regardée d'un air absent et a souri. Elle n'avait jamais été du type agressive et j'espérais qu'elle était prête pour cette confrontation.

- MAINTENANT!

- REDUCTO!

J'ai jeté le maléfice sur les sphères scintillantes. Une pluie de verre s'est abattue sur nous et faisait encore plus de dégâts lorsqu'elle explosait sur le sol. Des nuages de fumée se sont dispersés autour de nous, les mots qu'ils prononçaient se mélangeaient. La fumée bloquait la vue aux Mangemorts.

Harry m'a dépassée. Une seconde plus tard, Ron a pris ma main et celle de Luna, et nous a amenées à la suite de Harry. Plus et plus encore de prophéties tombaient tout autour de nous. J'ai mis mes mains par-dessus ma tête pour me protéger. Nous avons à notre tour dépassé Harry.

Dans le chaos, nous trois avons perdu Harry et les autres. Ron nous a poussées dans un corridor entre deux étagères. En avançant sur la pointe des pieds à travers la vallée de prophéties, je n'ai pas pu m'empêcher de regarder les sphères et leur titre.

F.E.C. à H.M.B. Jésus de Nazareth. Je me souvenais à entendu parler de lui en Études des Moldus. La rumeur disait qu'il avait des pouvoirs extraordinaires qui dépassaient même ceux des plus grands sorciers de son époque.

Quelques étagères plus tard, j'ai lu : T.V.G. à H.L.R. Adolf Hitler et Gellert Grindelwald. Ces deux noms me semblaient familiers, mais je ne souvenais plus où je les avais entendus.

En arrivant vers le bout de la rangée, j'ai levé les yeux vers une autre étagère. «Prophéties Moldus/Sorciers» était écrit sur un écriteau. Contre le mur devant nous, il y avait une porte.

En se recroquevillant derrière l'étagère pour plus de protection, Ron s'est penché vers la gauche. Un sort a raté sa tête de moins d'un centimètre. Ca maléfice l'aurait sans doute tué parce que le second a démoli la porte et une partie du mur.

- Ils sont deux! a sifflé Ron en pointant du doigt la direction dans laquelle il venait juste de regarder.

Il a esquissé un geste pour piquer un sprint dans l'allée, mais s'est arrêté. Un autre Mangemort se tenait au bout du couloir. À droite, un quatrième Mangemort.

Il n'y avait qu'une échappatoire et c'était la porte défoncé qui nous était ouverte. De l'endroit où nous étions, c'était le noir total, comme si nous avancions dans le vide. Mais nous n'avions pas assez de temps pour penser.

- Entrez, vite! a crié Ron, prenant tout en charge.

Luna et moi avons couru vers l'ouverture, jetant des maléfices et des sorts à gauche et à droite dans l'espoir de frapper aveuglément nos poursuivants. Leurs sorts nous rataient tous et j'espérais qu'ils toucheraient leurs propres combattants. Luna était en tête.

J'ai jeté un coup d'œil rapide derrière pour m'assurer que Ron suivait. Il avait pris une scintillante balle orange sur l'étagère et l'avait fracassée sur le sol pour nous couvrir de sa fumée. En me dépassant, il m'a attrapé par le coude et m'a fait entrer dans la pièce sombre.

Courir n'était plus une option parce que nous flottions. Dans le noir complet, je pouvais à peine voir le bout de mon nez. Juste sur le côté se trouvait une petite masse de pierre. Devant moi, j'ai vu une autre masse géante de gaz en spirale. Il y avait large point rouge sur ce bloc circulaire et j'ai reconnu la Grande Zone Rouge de Jupiter, une monstrueux ouragan sur la planète.

- Le Système Solaire! a dit Luna. Et ça, c'est Pluton!

Elle pointait la planète juste à côté de nous.

- ON EN A UN! a crié un Mangemort qui avait attrapé ma cheville. J'ai juré tout en luttant pour me libérer.

- Reducto! a crié Luna.

Pluton a crevé à côté de nous et le Mangemort a poussé un cri, lâchant ma cheville du même coup. Une douleur horrible m'a traversée alors que nous flottions hors de portée des Mangemorts.

Luna et Ron devenaient de plus en plus visibles alors que nous nous approchions de Jupiter. Nous flottions sans réelle direction. Luna semblait très calme, étudiant chaque planète devant laquelle nous passions et sortant quelques faits divers à propos d'elles dont j'étais convaincue qu'ils n'étaient pas vrais.

Ron a pris le temps de se clamer lui aussi. Il avait l'air terrifié, mais il y avait une détermination féroce dans ses yeux de prouver sa valeur et de s'assurer que nous sortions tous d'ici en vie. J'ai acquis beaucoup de respect pour mon frère cette nuit là.

J'ai finalement aperçu la porte de l'autre côté de cette pièce étrange.

- Par là! ai-je crié.

Comment y aller? Comment y aller? J'ai souhaité bouger dans cette direction et je l'ai fait, suivie de Ron et de Luna. Quand nous avons atteint la sortie, la gravité est revenue subitement et nous sommes tombés sur le sol…

Crack

J'ai senti ma cheville qui était déjà douloureuse s'effondrer sous mon poids alors que j'essayais de me relever. J'ai frémi et j'ai serré la mâchoire, ne voulant pas montrer de faiblesse. Sur le sol, j'ai examiné ma cheville pour tenter de minimiser les dommages.

- On ne peut pas rester ici! a dit Ron et c'est à ce moment là qu'il a été frappé par un rayon multicolore qui venait d'au-dessus de nous.

Ron a émis un glapissement, mais n'est pas tombé. Il s'est frotté le coude à l'endroit où il avait été touché et a dit :

- C'est bizarre. Ça ne fait même pas mal.

J'ai regardé au-dessus de nous. Je ne pouvais voir personne, mais j'entendais des voix par contre. L'un des Mangemorts devait avoir lancé le sortilège dans notre direction dans l'espoir de toucher l'un d'entre nous. Si nous ne bougions pas, il serait bientôt là et nous n'aurions plus aucune chance de nous échapper.

Je ne suis levée et j'ai frémi encore plus. J'ai boitillé sur un pied et j'ai dit aux autres de me suivre.

Ron a commencé à rire.

- Ginny…, a-t-il dit entre deux gloussements. Tu te souviens quand tu avais huit ans? Tu étais tellement en colère contre Maman que tes vêtements ont disparu?

Il a ri si fort qui est tombé sur le sol et s'est roulé sur lui-même avec humour.

- Ron, ferme-la! ai-je sifflé.

J'ai levé les yeux vers les planètes et j'ai pu distinguer la silhouette de quatre personnes.

- Luna, attrape-le et viens!

Luna a lutté contre le poids de Ron. Hoquetant pour récupérer son souffle, il a finalement obtempéré. Les sortilèges ont commencé à réduire les murs en pièces pendant que nous ouvrions la porte. La porte refermée derrière nous. J'ai senti une seconde fois ma cheville rouler sous moi.

- Ginny? Qu'est-ce qui s'est passé?

C'était la voix de Harry, mais la douleur dans ma cheville était beaucoup trop atroce pour que je puisse répondre. Je me suis allée contre le mur, j'ai glissé en position assise et j,ai essayé de guérir ma cheville. Malheureusement, je ne connaissais aucun sort pour souder les os.

Pendant que Ron riait aux éclats, Luna a expliqué notre expérience à Neville et Harry. Hermione reposait sur l'épaule de Neville et j'ai remarqué, encore, qu'il avait l'air différent. Je me suis demandé pendant un court instant si Hermione était morte, mais Neville a remarqué mon inquiétude et a secoué la tête.

- Elle est vivante, a-t-il dit.

Trouver un moyen de sortir était impossible. Nous avions pris la mauvaise porte et alerté tous les Mangemort de notre présence. Bellatrix était presque entrée avec nous quand la porte s'est fermée sur son nez. Je pouvais voir Neville trembler à sa vue.

Nous avons couru aussi vite que possible jusqu'à la Salle des Cerveaux. Cinq Mangemorts nous ont trouvés tout aussi rapidement. Les choses se sont gâtées quand Ron a pris un des cerveaux du réservoir. Les tentacules se sont vite enroulées autour de lui.

- Harry, elles vont l'étouffer!

Et je ne sais pas comment cela s'est produit, mais je me suis évanouie. Ce devait être un sortilège égaré venant de l'un des Mangemorts. Et je ne suis pas sûre du nombre de temos que j'ai passé couchée sur le plancher froid.

OOOOOOOOOOOOO

Je me suis réveillée en sursaut. Devant moi, il y avait le visage de quelqu'un que je n'avais pas vu physiquement depuis des années, depuis ma première année à Poudlard. J'ai reconnu le visage de Tom Jedusor, le garçon de seize ans avait, à l'origine, ouvert la Chambre des Secret et tué Mimi Geignarde.

J'ai rapidement regardé autour de moi. Le Basilic était raide mort sur le sol, saignant toujours du coup fatal que lui avait porté Harry. J'étais de retour dans la Chambre des Secrets. Comment avais-je voyagé si loin du Département des Mystères?

- Quel plaisir de te voir réveillée, Ginny, a dit Tom.

- Tu es mort, ai-je dit.

- Tu sais pertinemment que j'ai plusieurs moyens de revenir.

Sa peau est retombée loin de lui, comme s'il muait, et, de sous son déguisement, un serpent est sorti.

J'ai crié…

OOOOOOOOOOOOOOOOOO

Je me suis assise rapidement et j'ai crié tout haut au lieu de ne le faire que dans mon rêve. Regardant autour de lui, Ron était assis là, à se balancer et à rire aux éclats. Le cerveau qui l'avait attaqué était immobile sur le sol et je me demandais bien comment il avait perdu ses tentacules. Hermione était couchée sur le plancher, toujours immobile, et Luna semblait se remettre du maléfice qui l'avait fait voler à travers la pièce.

- Voldemort est ici! ai-je crié.

J'ai frissonné; c'était la première fois de ma vie que j'utilisais son nom. C'était un poison sur mes lèvres. Je n'étais pas tellement sûre de pouvoir le prononcer de nouveau un jour.

- Ha ha, quoi! a dit Ron.

Le sortilège qui le faisait rire commençait à s'estomper.

- Comment sais-tu que…?

- Je ne sais pas, ai-je dit.

Je l'avais seulement au plus profond de moi-même. Je pouvais sentir l'air que je respirais changer. C'était le Seigneur des Ténèbres et il était arrivé au Ministère de la Magie.

La porte a explosé et Bellatrix en est sorti avant que j'aie eu la chance de réagir. Elle était suivie de Harry qui lui criait dessus. Elle a lancé un des réservoirs de cerveaux sur lui, mais Harry, dans sa rage, n'avait aucun problème à les faire dévier.

- Harry – qu'est-ce que –? lui ai-je crié alors qu'il passait devant Luna, mais il ne s'est pas arrêté.

Il a couru vers la porte, à la recherche de Bellatrix.

Sirius Black n'était pas mort en vain.

D'aucune manière que soit, je suis contente que Sirius ait rencontré la mort au Département des Mystères. Quand Tonks a trouvé Ron, Luna et moi, plus tard, dans la Salle des Cerveaux et nous a expliqué ce qui s'était passé, j'ai pleuré si fort que la quantité de larmes qui s'échappait de mes yeux m'a fait trembler. Et moi qui détestais pleurer…

Tonks, qui me serrait dans ses bras, pleurait, elle aussi. La petite Ginny et la puissante Auror Tonks pleuraient dans les bras l'une de l'autre alors que nous faisions tous notre deuil du meilleur homme que nous ayons connu.

J'ai repensé à cet été. Sirius m'avait trouvé plusieurs fois, tard le soir, fraîchement sortie de l'un de mes cauchemars. Il me préparait une tasse de thé et s'asseyait avec moi. Il me racontait des histoires de ses années à Poudlard et je riais et je souriais et j'appréciais sa compagnie.

Il ne trouvait jamais de repos dans cette maison. Il suppliait Dumbledore pour une chance de se dégourdir les jambes et de respirer l'air frais, mais cela ne pouvait arriver. Il était toujours un criminel recherché et un atout précieux à l'Ordre. Il ne pouvait pas partir. Comme il avait dû sauter immédiatement sur l'occasion de venir en aide aux autres au Ministère de la Magie. Son filleul était tombé dans un piège et, désolé Dumbledore, il n'allait pas rester assis à ne rien faire cette fois.

Beaucoup diraient que notre bataille au Ministère n'a servi à rien. Nous sommes tombés dans une embuscade pour une simple Prophétie. Mais je pense différemment. Si ce n'était pas de la rapidité d'action de Harry, Voldemort aurait toujours le contrôle de notre monde aujourd'hui.

Nous avons ouvert les yeux du Ministère. Nous avions combattu un ennemi qui n'était plus supposé exister. Nous avions combattu un adversaire qui ne pouvait pas être revenu. Nous nous étions dressés contre les forces du mal quand personne d'autre ne l'aurait fait. Six adolescents avaient la volonté de se jeter dans une guerre plus tôt et plus ardemment que le Ministère de la Magie lui-même.

J'ai finalement compris de quoi Sirius et Papa parlaient. J'aurais dû le réaliser quand j'ai vu Neville visiter ses parents à St-Mangouste. J'aurais dû le réaliser quand Harry a fait face à Voldemort en première année. J'aurais dû le réaliser quand Voldemort m'a possédé. Nous étions plus que des enfants, plus que des adolescents, nous étions des soldats. Et c'est là que j'ai réalisé qu'il y avait des choses qui valaient que l'ont meurt pour elles, de bonne raison de mourir. Je crois que tout le monde l'a aussi réalisé cette nuit là.

Non, Sirius Black n'était pas mort en vain.

Harry était redevenu très distant. Cette fois, je pouvais le comprendre. Aucun d'entre nous n'avait perdu quelqu'un d'aussi proche. Hermione voulait que Harry parle de Sirius, mais il n'était pas encore prêt pour cela. Ron refusait ne serait-ce que d'être au courant de toute l'histoire et je savais que ce n'était pas la bonne approche. De mon côté, je n'avais aucune idée de quoi lui dire.

Alors Harry était là, à courir d'un endroit à l'autre, faisait de son mieux pour éviter la dure réalité et le fait que son parrain était parti pour de bon. À chaque fois que le sujet venait, Harry de levait et s'excusait pour aller voir quelqu'un d'autre. Il fuyait.

Luna m'aidait à faire mes malles la veille du départ de Poudlard. Elle et moi étions devenues plus proches depuis la fameuse nuit. C'était difficile de ne pas tisser des liens quand nous étions presque mortes ensembles. Et c'était une bonne chose, aussi. Delia avait officiellement annoncé qu'elle ne reviendrait pas l'année prochaine. Elle avait découvert que l'éducation Moldue la rejoignait plus, quelque chose qu'elle appelait le Lycée.

- est-ce que tu as retrouvé toutes tes affaires? ai-je demandé à Luna, qui avait sorti quelques vêtement de mon armoire.

J'ai entassé les chemises dans ma valise.

- Pas encore, a-t-elle dit. Je crois que je vais poser quelques affiches de plus ce soir.

Je l'avais aidée plus tôt à décorer les Tours de Griffondor et de Serdaigle avec ses feuilles de papier. Il y avait eu un petit moment d'inconfort quand nous avions croisé Michael et Cho, marchant main dans la main, dans les escaliers en spirale.

- Est-ce que tu veux de l'aide?

- C'est seulement quelques affiches de plus. Je vais rater le dîner, mais je vais quand même pouvoir avoir un peu de pouding, a dit Luna.

Je détestais la manière dont tout le monde s'acharnait sur elle. J'avais peut-être pensé qu'elle était folle lorsque j'étais plus jeune, mais je ne l'avais jamais énervée. Pour moi, elle était un meilleure personne que la plupart des élèves de cette école.

- Comment va ta cheville? a-t-elle demandé.

J'ai levé le pied et je l'ai remué dans plusieurs directions.

- C'est parfait, ai-je répondu.

- Si seulement Mrs. Pomfresh avait quelque chose pour Harry, a-t-elle dit. Il a l'air de croire que c'est de sa faute si Stubby Boardman est tombé sous le Voile.

- Stubby Boardman? ai-je répété.

J'ai fouillé ma mémoire et je me suis souvenu que c'était comme cela que Luna appelait Sirius.

- Il pense que c'était sa faute parce que Sirius est son parrain.

- Vraiment? a demandé Luna, le cœur brisé, à ce qu'il semblait. C'est pour cela qu'il est si triste.

Elle m'a donné une pile de bas.

- Pourquoi est-ce qu'il n'en parle à personne?

- Il est comme ça, ai-je répondu, trouvant de la place pour mes bas. Mais je ne pense pas qu'il y ait un seul d'entre nous qui saurait quoi dire.

Je voulais vraiment parler à Harry. Je voulais vraiment le réconforter.

- Oh, en fait, c'est très simple, a dit Luna. Il reverra Stubby un jour. Nous le reverrons tous.

Elle a regardé vers la coiffeuse et le garde-robe et a réalisé que tous mes vêtements étaient emballés. Elle a ajouté :

- Comme moi je reverrai ma mère un jour.

Même après avoir connu Luna pendant si longtemps, je ne savais pas qu'elle avait perdu sa mère. Je ne suis promis d'apprendre à mieux la connaître au retour des vacances.

- Je suis désolée, Luna. Je ne savais pas.

Elle m'a souri et n'a rien dit. J'ai ajouté :

- Je parie que Harry aimerait entendre cela.

- Je suis sûre que oui, a répondu Luna, perdue dans ses pensées. Si je le vois plus tard, je lui parlerai.

Elle a regardé par la fenêtre et s'est exclamée :

- Je crois que je vois un de mes bas!

Pour sûr, un de ses bas flottait au vent.

Elle a couru vers la fenêtre et l'a ouverte.

- Accio bas!

Un bas bleu et rose a volé jusqu'à ses mains. Elle l'a enfoncé dans sa poche et a sorti un exemplaire du Chicaneur et le bas qui allait de paire avec celui qu'elle venait de trouver.

- J'ai trouvé l'autre dans le lac un peu plus tôt. Je me demande comment il est arrivé là.

J'ai haussé les épaules. J'ai pensé à comment les gens pouvaient être cruels. Sans doute, quelqu'un avait caché ses bas dans des endroits précaires pour être méchant. Luna m'a dit adieu et s'en allait pour partir, mais j'ai pointé le magazine qu'elle avait déposé sur mon lit.

- Tu as oublié ça…

- Tu peux le garder, a-t-elle dit, les yeux scintillants. Papa m'a montré la plupart des articles le mois dernier de toute façon. Il y a un quiz que tu pourrais apprécier, bien que je sache déjà quelles sont tes réponses.

- Vraiment?

- Je l'ai rempli en faisant comme si j'étais toi.

Elle m'a salué de la main et a quitté le dortoir.

Sur la page couverture, il y avait une photo d'un homme avec une expression de surprise sur le visage. Le titre de l'article disait «Cet homme serait-il Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom? Plus à l'intérieur.» J'ai ouvert à la table de matière, parcourant la liste des articles jusqu'à ce que je trouve le quiz.

«Pour qui êtes-vous destiné? Un quiz créé par le célèbre Sir Clarence Claybotter pour trouver votre âme sœur avec exactitude.»

J'ai repensé à la nuit dans la Tour de Serdaigle, un jour avant que Michael et moi ayons rompu. Luna avait parlé des trois garçons qui m'avaient intéressé dans ma vie. Elle n'aimait pas Michael, Elle aimait bien Dean et elle avait dit de Harry : Je crois que vous êtes vraiment faits l'un pour l'autre. J'ai mis le magazine dans mon sac et je planifiais d'y jeter un coup d'œil plus tard.

Pendant que je marchais jusqu'à la station de Pré-au-lard avec Luna, Dean m'a rattrapée. Alors que nous marchions côtes à côtes, il m'a demandé si j'allais bien et m'a complimentée sur mon courage d'être allée me battre au Ministère de la Magie. Puis, il a m'a posé la question qu'il avait en tête, j'en suis sûre depuis un bon bout de temps.

- Ginny, m'a-t-il dit, n'utilisant pas le petit nom affectueux qu'il m'avait donné. Je t'aime beaucoup. Si tu étais sérieuse à propos de sortir avec moi, j'aimerais bien…

J'ai croisé le regard de Harry qui montait dans le train et j'ai remarqué à quel point il avait l'air déprimé. Je ne peux même pas l'exprimer en mot tant je voulais être celle qui réconforterait et lui donnerait une raison d'espérer encore, mais je savais que je ne pouvais rien faire pour lui. Harry avait trop de choses en tête pour se préoccuper du petit amour stupide de Ginny Weasley (même si j'étais en fait convaincue, avec raison, que c'était devenu bien plus fort que cela) C'était mal, en ai-je conclu, de même penser à gagner le cœur de Harry quand il venait tout juste d'être bouleversé par la mort de l'homme le plus important dans sa vie.

Non, encore une fois, ce n'était pas le temps de mettre mes efforts sur Harry.

Trop de choses étaient arrivées entre hier et aujourd'hui. J'étais sérieuse quand j'avais parlé d'entreprendre une relation avec Dean ou, au moins, d'essayer et je voulais voir ou cela pourrait aller. Pourrais-je être avec lui après quelque chose qui ressemblait tellement à un essaie avant l'achat? Serait-il même capable de le comprendre?

J'ai tourné le regard vers Dean et j'ai souri.

- J'aimerais tenter le coup.

Je l'ai embrassé sur la joue.

- Mais je ne peux pas m'assoir avec toi aujourd'hui. Ils…

… et j'ai su qu'il comprenait ce que je voulais dire.

- … Ils ont besoin de moi… et j'ai besoin d'eux.

J'avais besoin d'être avec eux pour le chemin du retour parce que peu d'autres personnes dans l'école comprenaient les implications de notre combat, parce que très peu de gens comprenaient qu'il y avait de bonnes raison de se battre, des choses qui méritaient que l'on sacrifie tout pour elles…

Qu'il existait de bonnes raisons de mourir.

Wow! J'ai bien cru que je ne finirais jamais ce chapitre… mais je vous aime trop pour abandonner. Ce que je ferais pas pour des reviews. Alors envoyez-en ou sinon je vous fais attendre encore plus longtemps. C'est pas des blagues! J'ai pris l'idée d'une fille qui écrit des fanfictions sur Fascination. En passant ce livre est trop cool : c'est pas étonnant que le troisième aie «éclipsé»(le nom en anglais est Eclipse) le septième tome de Harry Potter de la liste des Bestseller de Times Magazine. Bref, lisez-le ou voyez le film en décembre 2008. C'est une belle histoire d'amour vraiment genre Roméo et Juliette entre une humaine et un vampire. Bella and Edward Forever!!

Deuxième point : En cours d'Éthique, nous avons vu un diaporama sur des milliers de gens vivant dans des dépotoirs à travers le monde, se nourrissant de ce qu'ils trouvent, supportant l'odeur irrespirable et mourant ensevelis sous les tonnes de déchets. Nous avons parlé de ce que nous pourrions faire pour eux et j'ai eu l'idée de me servir de cette fanfic pour de la sensibilisation. Alors, si vous vous sentez touchés par cette cause, exprimez-le dans vos reviews et prenez une petite minute pour penser à ces pauvres gens qui se meurent dans les dépotoirs. Juste prendre le temps d'y réfléchir, c'est déjà un pas en avant. Si vous voulez, vous pouvez aussi copier cette phrase et la mettre à la fin d'un chapitre de votre fic :

ESPÉREZ TOUJOURS, ENFANTS DES DÉPOTOIRS; SI LES HOMMES ONT UNE JUSTICE, ILS VOUS LIBÉRERONT DE LA FAIM QUI VOUS RONGE ET CONSTRUIRONT UN MONDE MEILLEUR OÙ LES GÉNÉRATIONS À VENIR NE MANQUERONT DE RIEN. AIDEZ-LES!

Merci, ils en ont grand besoin.

Parce qu'il y a des choses qui méritent que l'ont ce battent pour elles, il y a de bonnes raison de mourir…