Désolée, désolée pour le delais... mais certains reviews que j'ai reçu récemment m'ont pas mal motivée à re-poster ici…

Merci beaucoup

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Chapter 9 : All alone

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Je me hais. Je me hais de lui avoir fait tellement de mal…

Mon Dieu, Winnie… Il m'a tenu la main pendant ces longs mois, il était toujours là quand j'en avais besoinà chaque fois… et moi j'ai la cruauté de l'abandonner de cette façon…

Il m'a appris à danser, bon sang…

Quel tableau je dois faire… Une femme dégoulinante de pluie qui pleure à gros sanglots, assise sur un banc du parc, un sac à ses pieds…

Et tous ces souvenirs, notre première rencontre, notre mariage, les semaines passées à camper, les ampoules qu'il a eu la première fois qu'on a fait une balade à cheval et son air furieux quand je me moquais de lui… Je me rappelle son visage faussement désespéré quand le pas de hip hop rentrait pas, quand il me disait que j'avais la tête dure, et son air fier la première fois que je me suis laissée aller, que je lui ai montré que oui, j'avais assimilé le pas de base et même toutes les variations…

C'est incroyable ce qu'il aimait danser… et moi je sais pas pourquoi je m'accroche tellement à ça…

Il a eu peur de Brisy la première fois que je la lui ai montrée… il disait qu'elle avait des yeux sournois et que « ces bêtes-là vous jetaient par terre à la première occasion »…

Je me souviens de toutes ces nuits après mes gardes les plus éprouvantes, quand je m'asseyais sur le canapé à peine rentrée en me promettant que c'était juste pour une seconde et que j'irais me coucher ensuite, que je ne pouvais pas m'empêcher de fermer les yeux et que je me réveillais le lendemain matin dans notre lit…

Je me rappelle nos disputes des chiffonniers, quand il hurlait que j'étais « sacrément bornée, bordel » et moi « qu'il entendait que ce qui lui plaisait » et qu'on finissait le plus souvent par oublier le motif de la dispute, mais c'était pas grave parce que ça donnait toujours suite à un dîner romantique pour se faire pardonner mutuellement ce dont on était incapable de se rappeler…

Je sais que rien de tout ça ne s'est passé. Je sais que ce sont des images insérées dans nos esprits, mais ça semble tellement réel…

Ca le sera jusqu'à la mort pour lui et… pour le côté Mary Ann en moi. Il me manquera toujours.

Pourtant je sais qu'il n'y avait pas d'autre solution. J'aurais été incapable de vivre dans un monde que je savais être faux, loin de celui que j'aime plus que la vie elle-même ou en jouant un double-jeu. J'aurais été incapable de mentir à Winnie sur mon amour pour Neo, sur la relation que nous avons et qui est bien plus intense et importante que quoi que ce soit d'autre. Il paraît que jamais deux êtres n'ont été liés aussi complètement… parole d'Oracle.

J'aurais été incapable de vivre loin de lui. Loin de ceux qui sont ma famille depuis toutes ces années et qui me manquent davantage à chaque jour qui passeà chaque souvenir qui re-surface.

Mais ça ne m'empêche pas d'avoir beaucoup d'affection, de gratitude pour Philip. Et de me dire que ce que j'ai fait est proprement dégueulasse.

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Impossible d'appeler Neo. Il serait jaloux et je me sens pas capable de justifier ce que je ressens, je pourrais pas lui avouer ce que Philip a vécu et enduré à sa place. Je ne pourrais pas lui faire du malà lui aussi…

Il n'y avait pas que le père et le frère de Mary Ann qui ont laissé leur vie dans cet accident, vous savez. Il y avait aussi son bébé. Mon bébé.

J'ai longtemps cru que Philip était son père, il l'a cru lui aussi et souffert comme si ça avait été le cas. Mais je me souviens maintenant que ce n'était pas, techniquement, la vérité.

Une intuition ? Non… si seulement ça pouvait être ça… Une certitude, un souvenir.

Cet enfant était celui de Neo.

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RR, pleeeeaaaase.