Bonjour à tous! Ici KLR !

Nous revoici avec cette fiction, plus d'un an après. Je ne vais pas mentir, j'ai failli ne pas aller au bout de cette histoire. L'année dernière, nous avons connu GLR et moi, un tournant assez majeur. Du coup, pendant un an, nous nous sommes habituées à une nouvelle vie. Et c'est probablement parce qu'encore une fois, un tournant s'annonce que j'ai décidé, sous la pression (presque amicale) de GLR d'aller jusqu'au bout de cette fiction.

Je m'excuse, nous nous excusons pour cette attente, et espérons malgré tout que vous prendrez du plaisir à lire cette suite très en retard ! ;-)

Bonne lecture !


Chapitre 10 : Son meilleur ami, homosexuel

« Et bien, je ne crois pas que ce sera encore ce soir qu'on découvrira avec qui couche avec la prof de divination ! Et pourtant, je te jure Harry, depuis que tu me l'as appris, je cherche, je cherche, mais impossible de mettre le doigt dessus ! »

Le visage rieur et presque canaille de Ron affiche son sourire le plus éclatant et je lui réponds, amusé et pourtant mal à l'aise.

« Et puis, quand même, je veux dire, même si je n'ai aucun doute sur les capacités de commérages de Lavande dont tu tiens ce scoop… Franchement… Tu la vois avec un homme ? »

Je souris malicieusement, mais au fond de mon ventre, quelques muscles viennent de se contracter. La réponse est évidente : non. Et pour cause, ces bruits de couloir sur le mystérieux amant du professeur aux immenses lunettes n'ont jamais existé.

« Même si on ne tient pas compte de son physique… Euh… »

« Particulier ? »

« Ouais, c'est ça, particulier. Donc, qui voudrait d'une femme qui prévoit votre mort trente fois par jour ? »

Je pense que même mon meilleur ami en est conscient, mais quand je lui en ai parlé, il avait l'air tellement ravi de l'activité que je lui proposais qu'il n'a pas cherché plus loin. L'idée de passer une ou deux heures chaque soir à scruter la carte des Maraudeurs, accompagné de commentaires, fins ou non, mais surtout de confidences avouées à demi mot, de preuves de notre complicité l'a transporté. J'avoue que j'en suis moi-même comblé de bonheur, retrouver cette relation d'amis fidèles achève de guérir mon cœur de Gryffondor en manque d'amitié.

« Que veux-tu, ne dit-on pas que le cœur a des raisons que la raison même ignore ? »

Mon cœur vibre doucement à cette phrase qui plus que jamais me renvoie à ma propre situation. La joie presque enfantine de retrouver cette relation complice avec mon ami, mon presque frère n'atténue pas le moins du monde les remords persistants qui s'infiltrent à chaque nouvelle séance de visionnage. Remords quant à la raison qui m'a poussée à lui proposer cette activité, coincés sur mon lit, les rideaux fermés avec la carte sur les genoux.

Drago ne m'a plus invité depuis notre dernière confrontation. Il me fuit même avec une habileté qui provoque diverses réactions toutes plus douloureuses les unes que les autres au creux de mon ventre. Drago ne m'a jamais vraiment regardé, surtout après le début de notre relation chaotique et passionnément instable, mais maintenant, il emploie chaque moyen utilisable pour que je n'apparaisse plus dans son champ de vision. Et chaque jour, il me fait patiemment constater les innombrables ressources à sa disposition.

« Harry, on est des Gryffondors, pas des Poufsouffles ! Nous parlons du professeur qui a des culs de bouteilles à la place des lunettes, des cheveux à la Seamus quand il fait exploser un chaudron, des mimiques faussement dramatiques qui vous flippent au bout de cinq minutes, des… »

« Oui, je crois que j'ai bien saisi l'idée. »

Il a utilisé les filles bien sûr, mais plus seulement une seule. Sa copine officielle reste à ses côtés, mais ils sont maintenant comme noyés au milieu d'une flopée de Poudlariennes toutes plus fascinées les une que les autres et qu'il a expressément invitées dans sa cour. Je vois ses amis proches lever les yeux au ciel, mécontents de toute cette profusion de bruits et de minauderies, alors que dire des tourments qui me saisissent à la gorge quand je le vois au milieu de cette agitation… Il m'apparaît constamment tellement occupé que même s'il le souhaitait, il n'aurait pas le temps ne serait-ce que de se rendre compte de ma présence. Des bouffées de rage m'ont envahi quand j'ai compris qu'il jouait avec mon point faible, à tel point que j'ai tourné les talons jusqu'à rentrer dans un Serdaigle qui s'est raccroché à mon bras au dernier moment.

Mais le pire de tout, je crois que c'est pendant les cours de Potions. Ce satané fils de Malefoy a fait joué de ses relations auprès de son directeur et parrain pour que les Serpentards n'aient plus rien à faire avec les Gryffondors. J'ai même cru que nous allions avoir cours dans deux classes séparées, mais en définitive, nous ne sommes plus que dans une même salle, séparés par une espèce de barrière de protection au reflet brouillé. Les bons éléments d'un côté, –il faut comprendre les Serpentards, et Hermione - et les « dangers publics » de l'autre.

Et cela m'a si profondément touché…

Je me rends compte du fabuleux pouvoir de persuasion dont Drago a dû faire preuve pour que le professeur qui me déteste avec hargne accepte de se séparer de son public dans ses séances de mépris et d'humiliation. Quand je regarde ce mur qui ne laisse filtrer aucune image, j'imagine l'argumentation sans faille que Rogue a dû présenter à Dumbledore pour qu'il accepte, et pire que tout, je me représente tout ce que Drago a pu tempêter, ordonner, débattre, supplier peut être même pour en arriver là. Et à quel point il doit me détester pour s'abaisser ainsi… Depuis cet après-midi au bord du lac…

J'y pense tout le temps. Notre dernière entrevue se répète chaque jour, chaque heure dans mon esprit… Je nous revois et je ne sais plus quoi penser.

Ce jour… J'ai usé tous mes mots pour relater les émotions qui m'ont envahies, si puissantes que je doute de pouvoir un jour les retrouver ailleurs que près de lui. Au fur et à mesure que la scène se reforme dans mon esprit, je passe par une palette impressionnante de sentiments, et mon coeur se serre quand je constate qu'un ton domine : l'espoir.

L'espoir de compter un peu, de compter un jour dans son cœur.

Ce sont ses gestes… Ce toucher magique qui m'a enchanté plus sûrement que n'importe quel sortilège, ces frôlements tendres, d'une tendresse que je n'ai jamais offerte à qui que ce soit d'autre.

Ce sont ses baisers… La passion d'amants fous de rage l'un contre l'autre s'était atténuée, pour ne plus laisser place qu'à une innocence d'enfants amoureux pour la première fois. De baisers presque amoureux… Voilà de quoi Drago Malefoy m'a comblé cet après-midi-là…Drago n'existait plus, Malefoy n'avait comme jamais foulé du pied cette terre, ne restait plus que lui, plus que le Bon en lui, le Tendre, le Meilleur.

Et surtout, ce sont ses paroles… Il voulait être à mes côtés comme les amis le veulent quand la peine semble trop grande. Mais Drago n'a jamais été mon ami. Après m'être défini comme ennemi, puis comme amant, je ne sais plus quelle définition pourrait me convenir.

Mais la peur a assassiné ce Drago qui s'était dessiné sous mes yeux. La peur et ma bêtise. Mais comment aurais-je pu comprendre que ce jour précis, il était d'humeur à porter de l'attention à quelqu'un, et plus fou encore, que ce quelqu'un soit cet ennemi-amant suintant l'amour maladif et la jalousie possessive par tous les pores de sa peau ? Nous qui avions toujours vécu dans l'affrontement, cet affrontement, sous quelque forme qu'il soit, qui est la seule attitude que je sache adopter face à lui, comment aurais-je pu douter qu'il s'était mis à la recherche d'un mode de confrontation différent?

Comment aurais-je pu m'en douter avant de le rejeter avec ma colère habituelle, si naturelle, si défensive, la seule barrière qui me confère un semblant de dignité dès qu'il apparaît ? Comment aurais-je pu seulement y songer avant de tout détruire ?

Il m'a jeté « incapable de voir quand on veut faire un pas vers toi et d'accepter les autres tels qu'ils peuvent être » à la figure. Mais comment pourrais-je envisager que ce soit lui que j'aie à accepter ? Comment pourrais-je me regarder en face, calmement et me dire « voici Drago, et tu as le droit de l'aimer, tu le dois même » ?

Drago réfute ce « salaud » que je lui ai craché au visage, mais il en est un. Il joue avec sentiments et émotions avec délectation, et toute ma vie je serai terrifié que ces instants fabuleux ne soient qu'une autre de ses manipulations contre un pauvre amoureux transi qui se refuse à ce rôle. Sa vie a été pensée comme un immense jeu où nous ne sommes que des pions, où il distribue les cartes, retire les points, expulse et accorde selon son bon plaisir. Il est tout puissant pour qui l'a un jour côtoyé.

Et cet après-midi a faussé la donne. Parce qu'il n'est pas parvenu à s'infiltrer en moi pour m'imposer sa volonté et son désir, parce que pour une fois, nous étions à égalité, parce que cette fois, il ne dominait pas plus que moi. J'ai forcé et quelque chose s'est brisé, son véritable visage m'est apparu, tel un miracle. Son véritable être… Je me serrais voilé la face sur mes sentiments avant cela, j'aurais compris. J'étais amoureux. Et l'homme en face de moi était miraculeux. D'une perfection semblable à ce que qu'aurait été la mienne si je l'avais été. La vérité m'a heurté en pleine tête : il avait été pensé pour que je l'aime. Qu'importe la période, l'époque, nos situations respectives, je n'aurais pas pu m'empêcher de l'aimer.

Mais ma prise de conscience ne s'est pas propagé dans son corps et son esprit. Lui n'y a vu qu'une insupportable attaque que j'avais dirigée contre lui pour lui faire perdre contrôle. J'avais osé lui résister jusqu'à rayer son mur d'impassibilité, j'avais osé lui faire révéler ce « moi » qui m'avait tant fasciné, j'avais osé poser mes yeux sur son véritable « lui » sans défense, presque fragile… Moi… J'avais osé…

Et il ne me l'a pas pardonné, à tel point qu'il a préféré me rayer de son existence pour ne plus avoir à affronter mes yeux qui le fouilleraient pour trouver ce « lui » si exquis, si bouleversant, si captivant.

Il ne m'appelle plus dans sa chambre, et cette jalousie incompressible me pousse chaque soir à étaler la carte des Maraudeurs sur mes genoux et à laisser mon regard se figer sur ce petit point « Drago Malefoy », pour m'en gorger, pour le regarder comme il m'a été impossible de le faire pensant la journée. Et pour observer qui il invite à ma place…

« Harry ? »

Je sors de mes pensées, m'arrache au petit point Drago Malefoy et plonge un regard interrogateur dans celui de mon ami. Il est penché sur la carte, les sourcils froncés, une mimique à la fois sceptique et passablement dégoûtée peinte sur le visage. Automatiquement, la crispation de ses traits se répand aux miens et je cherche ce qui le laisse aussi perplexe.

« Qu'est-ce qui te fait tirer cette tête ? »

Il relève lentement la tête la bouche crispée dans une attitude de rejet et m'interroge du regard.

« Bouah, qu'est-ce que Crabbe et Goyle font dans une salle de classe vide, leurs points collés l'un à l'autre ? »

Le rire que j'aurais pu avoir face à l'idée répugnante des corps luisants de sueur des deux garde du corps de Malefoy en corps à corps intime meurt immédiatement dans ma gorge. Je ne vois plus que les lèvres pincées de Ron, ses yeux plissés de dégoût, toute son attitude perturbant de crispation. Une peur insidieuse me prend aux tripes, comme une vérité coulée au plomb à l'intérieur de mon estomac.

Il ne comprend pas l'effroi devant sa réaction, croyant sûrement qu'il fait écho au sien devant ce que nous avons devant les yeux, alors il poursuit.

« Ah, par Merlin, c'est immonde ! Ces deux créatures ensemble, je crois que je vais vomir… »

Les mots se répercutent en moi : « immonde », « vomir »… Je suis comme eux, comme ceux qui donnent envie à mon meilleur ami de répandre son repas sur la carte pour masquer ces deux points qui dénoncent leur homosexualité, collés comme ils le sont. Je suis homosexuel. Et pire que tout, son meilleur ami… est homosexuel.

Il relève les yeux devant mon absence de réaction, et ses yeux s'arrêtent avec étonnement sur les miens, presque révulsés de peur. L'incompréhension noie son visage, et il chuchote, comme si l'exprimer plus haut pourrait me faire fuir :

« Harry, qu'est-ce qui t'arrive ? »

Ma respiration se bloque d'un coup, comme si tout mon corps voulait m'empêcher de laisser échapper des mots si terribles qu'ils me feraient perdre Ron, mon ami, mon frère. Je baisse les yeux, incapable de me reprendre, de faire comme si je n'avais pas compris à quoi s'adresse ce ton méprisant. Je suis incapable d'esquisser un mouvement, mes muscles contractés à l'excès mènent le combat le plus acharné du monde pour que je ne m'enfuisse pas. Et pourtant…

Il se penche sur moi, inquiet cette fois, sa main vole vers mon bras pour me ramener à sa réalité.

« Harry, mais dis… »

Je me suis violemment reculé, me prenant le mur à la tête de mon lit. Tu ne peux pas me toucher Ron, oh, surtout ne touche pas quelqu'un que tu ignores pouvoir mépriser. Ma tête devient lourde, et le rejet qui découlera fatalement me donne m'impression que chaque centimètre de ma peau est marqué au fer rouge pour « l'immondice » que je commets, que j'ai si souvent commise avec Drago.

Je finis par brusquer mes yeux dans le regard crispé de mon meilleur ami. Ses yeux ne représentent aucune répulsion, pas encore, il se contente de me fixer avec une inquiétude palpable, plein d'anxiété sur ce qu'il a bien pu faire pour provoquer une telle réaction.

Nous nous observons, figés l'un l'autre dans une attitude qui me brise le cœur : celle de deux inconnus ayant pénétrés dans le territoire intime de l'autre, ne sachant plus quoi faire pour se rattraper. Mal à l'aise, embarrassés, indisposés par les doutes et les réactions de l'autre.

Sa main est toujours crispée sur la carte, comme si plus il la serrait, plus il comprendrait en quoi elle est reliée à mon attitude d'enfant pris en faute. Et j'attends, pétri d'angoisse de voir les connexions se faire dans son esprit. De le voir relier ces deux Serpentards à son meilleur ami par le seul lien qui puisse exister entre des êtres aussi différents.

Et soudain, je vois toute sa posture se mouvoir, ses yeux s'agrandissent d'une compréhension qui achève de me rendre malade d'anticipation. Je n'attends pas qu'il puisse formuler son illumination, mes jambes agissent sans que mon esprit ne les suivent.

J'attrape une cape au hasard sur mon lit, et j'ai juste le temps d'entendre, soufflé légèrement par une voix étranglée

« Tu es homosexuel… »

Mais je n'attends pas la suite, cette suite destructrice, purulente de répulsion. Ces paroles fatales qui s'abattront sur moi, ruinant à jamais notre amitié, cette amitié que j'ai trompée en laissant parler ce corps imbécile qui se meurt de celui d'un Serpentard aux cheveux blancs et aux yeux de tempête.

Son timbre presque dénué de vie tant l'ébahissement est grand me frappe durement au ventre, me coupant cette respiration déjà sifflante de douleur. Je vacille jusqu'à la porte de notre dortoir, mes jambes pressant le pas toujours plus rapidement, m'éloignant de Ron et du sentiment de trahison qu'il doit ressentir. Tout vrille au fond de moi.

Je ne peux pas perdre ça. Pas Ron, mon cerveau se crispe à cette idée : une vie où Ron ne serait plus à mes côtés. Car mon meilleur ami, lui, ne fuira pas cette révélation. Tous pensent que je suis l'archétype du Gryffondor, mais ils se trompent : je ne le suis pas autant qu'il l'est. Il ne reculera pas devant cette nouvelle, il la prendra par les cornes et ne pourra me cacher son abjection pour les gens comme moi, malgré tout l'amour qu'il a pu ressentir pour ce frère du passé. Et… je ne peux pas supporter de perdre son soutien et d'y gagner un ennemi.

Et c'est pour cette raison que je précipite mes pas hors de la Salle Commune alors que j'entends retentir sa voix dans les escaliers, hurlant mon nom.


Coucou les gens ! Ici GLR...

Comme dans "Egoiste et capricieux", je tiens à vous présenter des excuses de vous avoir abandonnées (c'est à dire d'avoir arrêté de mettre une pression d'enfer à KLR pour qu'elle écrive ce fameux chapitre 10... On en était quand même resté à un moment relativement crucial!) Je voulais également vous rassurer, normalement notre retour ici est durable et la fic ne sera pas bâclée (il y a déjà 3petits chapitres en attente sur mon pc pour les gourmandes !)

En attendant, rien ne s'arrange pour Harry, non seulement il n'a plus de petit dragon pour prendre soin de lui, mais en plus si même son Ron-ron le lâche, mais où va le monde, par les bretelles de Merlin ! Alors là, je boude, comme s'il n'était déjà pas assez seul avant ! Mais qui sait, peut être qu'il va rencontrer un fantôme gay dans un couloir sombre (j'ai toujours été persuadée que Nick-quasi-sans-tête était homo vu la facon dont il se comportait avec Harry (et vlan, encore un qui est tombé comme une mouche...)) et qu'ils vont s'échanger des conseils love, que Nick l'aiderait à récupérer Drago et qu'apres il ira s'arracher le petit bout de tête qu'il lui reste de désespoir d'avoir perdu son seul et unique amour... Que voulez vous, la vie est dure, surtout quand on est mort...

Je vous aime, j'espere que ca vous a plu, je vous embrasse !

"Es ist zum Wahnsinnigwerden. Offiziel sind wir es ja schon"