Bisho G-Boy pas à moi...
10. Le démon en chacun
« Quoi ? Tu vas tous nous crever ? » s'épouvanta Lynn.
« C'est... surréaliste... » s'exclama Duo « Non, je ne peux pas le croire... ».
Bianca était dépitée, au moins autant que ses camarades. Elle leur avait fait part de son rêve de la précédente nuit en arrivant au QG et son récit avait glacé l'atmosphère déjà bien froide suite à la découverte de la valise piégée.
« Pas de panique » calma Quatre « Tous ses rêves ne sont pas prémonitoires, sinon elle s'en serait rendu compte beaucoup plus tôt » Puis il se tourna vers la Française « Ne t'inquiète pas. Tu es comme tout le monde, la majorité de tes rêves sont liés à ton subconscient et reflètent avant tout tes peurs et tes refoulements »
« Sûrement. Mais tant qu'elle ignore comment faire la distinction, nous devons être méfiants et prendre tous les éléments au sérieux » refroidit Heero « Dès aujourd'hui, tu feras un rapport quotidien de tes rêves »
« Tout à fait » confirma le commandant Lady Une qui avait gardé le silence jusque-là « 08, Vous ferez ce que 01 vous dira. Dès aujourd'hui et chaque jour dorénavant, vous lui transmettrez un rapport le plus détaillés possibles de vos rêves. Je compte sur vous deux pour faire la part des éléments de précognition et ceux de l'inconscient »
Bianca se lamenta intérieurement lorsqu'elle entendit l'ordre de son commandant. Il fallait qu'elle tombe sur le Japonais. Mais Lady Une poursuivit sans tenir compte des états d'âme de la jeune fille. Il n'y avait pas de temps à perdre, la situation était urgente.
« Nous vous avons fait venir pour vous confier une mission spéciale »
Elle fut cependant rapidement interrompue.
« Veuillez m'excuser, je suis en retard » Milliardo faisait son entrée « Messieurs » salua-t-il « Mesdemoiselles... »
« Mesdemoiselles, vous ne connaissez pas encore notre meneur d'hommes, le capitaine Milliardo Peacecraft » présenta Lady Une.
« Oh si... Malheureusement » songea Wei en baissant les yeux. Elle les releva néanmoins à l'entente de son nom, lors des présentations, et les rebaissa aussitôt après être tombée sur le regard amusé du brillant capitaine.
« Comme je le disais, un détachement doit partir enquêter sur L707 et découvrir qui orchestre les recherches sur le Quartz Fluo. Nous devons savoir si ces recherches cachent bel et bien une nouvelle source d'énergie. »
« Du Quartz Fluo ? » s'étonna Bianca.
« Oui, L707 en conserve une quantité impressionnante soi disant pour des recherches thérapeutiques » expliqua-t-on brièvement à la Française qui avait manqué les explications la veille.
« Les bombes qui explosent seraient donc à base de Quartz Fluo... » approuva-t-elle de la tête.
« Nous n'en sommes pas encore certains, mais... »
« Ça me semble évident maintenant » reprit-elle énergiquement « Le rayonnement lumineux était impressionnant, je me souviens... Un scientifique français, le professeur Boquel je crois, a découvert il y a quelques années, que le Quartz Fluo, lorsqu'il était en solution avec certains polymères, se consumait et dégageait de la chaleur. Comme il irradiait énormément en se consumant, il pensait qu'il pourrait devenir une source écologique d'éclairage. Seulement la combustion nécessitait une très grosse quantité de quartz phosphorescent »
« Mais comment tu... » commença Duo estomaqué.
« Bianca étudiait la biochimie et biologie moléculaire » informa au passage Heero devant la mine stupéfaite de ses compagnons. Il était le seul à avoir examiné de très près le dossier de chacune et à avoir fait des recherches complémentaires sur elles.
« Putain ! Et on le savait pas ! » s'étonna Lynn.
« 07 ! Ce n'est pas un langage ! » corrigea lady Une sévèrement. Puis elle reprit avec douceur « Continuez 08, s'il vous plaît »
Les filles se regardèrent. Quelle idée de s'appeler par des numéros…
« Oui, je disais donc... La structure macromoléculaire de certains polymères, notamment les polyoléfines comme le PE ou le PP, est très instable. Après solubilisation avec un quartz phosphorescents, si on les porte à une très haute température, la réaction qui se produit est semblable à une petite fission thermonucléaire qui dégage beaucoup d'énergie. Mais c'est en théorie. En pratique, jusqu'à ce jour personne n'a réussi que je sache à produire une explosion, car il faudrait porter la solution à une température suffisamment élevée pour qu'elle se transforme en combustible et que l'agitation thermique des noyaux permette leur rapprochement à une distance assez faible pour qu'ils puissent fusionner »
(Heuuuuu...Rien compris…... ol)
Wei se concentrait sur les paroles de Bianca, bien qu'elle n'en saisisse rien. Dès qu'elle s'en écartait, elle ne pouvait pas s'empêcher de voir Milliardo qui avait pris place sur la chaise en face d'elle et qui visiblement ne se lassait pas de l'observer, un fin sourire sur les lèvres.
« Ses scientifiques ont une longueur d'avance sur nous, s'ils confectionnent des explosifs à base de ce Quartz. C'est pas encore la grosse pétouille, mais quand même... » Fit Duo.
« C'est seulement une question de température » ajouta Heero très sérieusement « S'ils trouvaient le moyen de porter leur mélange à un degré très élevé, l'explosion générée serait celle d'une bombe thermonucléaire »
Duo le regarda, blasé.
« Tu devrais arrêter de potasser n'importe quoi la nuit et dormir... »
Milliardo regardait toujours la Chinoise, avec ce regard intrigué et intéressé, qu'elle ne pouvait absolument pas soutenir. Il aurait bien aimé pourtant... Mais elle était trop gênée.
Quand elle repensait à la soirée quelques jours auparavant... Dans le feu de l'action, elle s'était emportée et n'avait pas su faire la distinction entre les idiots arrogants et vicieux qui la harcelaient et un jeune homme de bonne éducation, issu d'une famille légendaire et sous les ordres duquel elle travaillait sans le savoir.
Quelle honte vraiment de l'avoir jeter comme un malpropre.
Q-u-e-l-l-e H-o-n-t-e !
Elle tourna la tête une fois de plus et s'aperçut qu'il la fixait encore et encore. Il la dévorait des yeux. Elle sentit le rouge lui monter aux joues, d'un coup. Et le feu l'envahit, d'un coup. Et d'un coup, les dix verres d'eau sur la table furent en ébullition. Et d'un coup, le plastique des verres se mit à fondre et le liquide se répandre.
Wei se sentait dépassée et de plus en plus paniquée. Une fois de plus, elle s'était laissé prendre par ses émotions et son pouvoir lui échappait. Elle n'avait qu'une envie : fuir. Fuir tous ces regards maintenant sur elle, surtout celui du capitaine. Fuir.
Et c'est ce qu'elle fit.
Elle se leva précipitamment et sortit en courrant, avant que personne n'ait le temps de réagir.
« C'est... Extraordinaire ! » s'exclama Lady Une.
Le Chinois se leva tranquillement.
« Non, c'est effarant » dit-il en pensant à la fuite de la jeune fille « Je m'en occupe »
« Wufei, tu es sûr... » tenta Quatre.
Mais le brun était déjà sorti. Il aperçut sa compatriote à l'autre bout du couloir qui semblait hésiter sur la direction à prendre.
« Et aucun sens de l'orientation en plus... » pensa-t-il en soupirant « Un vrai danger pour elle-même »
Il la rejoignit rapidement. Le voyant arriver, Wei se décida pour la gauche, mais une main puissante lui retint le bras.
« Où tu vas ? » demanda-t-il simplement.
Wei se débattit un peu, mais il l'immobilisa gentiment contre le mur.
« Doucement ! Tu vas te faire mal » souffla-t-il.
Elle cessa de se débattre. Wufei l'emprisonnant un bras de chaque côté, elle savait qu'elle n'avait aucune chance. De toute façon, elle n'en avait à cet instant ni le courage, ni la force. Elle se sentait nulle, pitoyable. Elle se contenta de baisser ses yeux rougis pour que le jeune homme ne les voie pas.
« Qu'est-ce que tu fuis ? » demanda-t-il sur un ton inhabituellement patient « De quoi est ce que tu as peur ? »
Elle ne répondit rien. Pas qu'elle y mettait de la mauvaise volonté, mais elle-même ne voyait pas quoi répondre. Sa réaction était grotesque, elle s'en rendait compte.
Wufei retira ses bras et les croisa sur sa poitrine.
Ils restèrent sans broncher l'un en face de l'autre. Lui, l'observait. Elle gardait obstinément la tête basse. Ce n'était pourtant pas le moment de flancher alors que les choses sérieuses commençaient.
« Même si tu pouvais maîtriser un tel pouvoir en deux jours, il te faudrait beaucoup plus de temps pour apprendre à maîtriser tes émotions » finit-il par dire.
Wei encaissa en silence. Il lui avait déjà dit. Elle savait qu'il avait raison.
Wufei n'aimait pas la voir aussi abattue, cela ne lui ressemblait pas. En plus, cela lui semblait de très mauvais augure pour la suite. Comme elle restait sans réaction, il décida de la faire réagir du seul moyen efficace qu'il connaissait. Il se détourna et fit mine de rejoindre les autres.
«Quand on est une faible femme, il vaut mieux rester à la maison »
Il avait un peu poussé quand même. Mais la réaction de Wei ne se fit pas attendre. Quelques secondes après, elle le dépassait, la tête haute, les dents serrées et prenait silencieusement, mais fermement, la direction de la salle de réunion.
Arrivés à la porte, alors qu'elle posait sa main sur le loquet, il l'interrompit pour lui dire dans le dos « Ne laissent plus tes démons prendre le dessus »
Après le retour des deux Chinois, les discussions avaient continué une partie de la matinée. Lady Une avait fait part de ses suspicions sur le Premier Ministre, mais Milliardo comme les G-boys connaissant l'animosité entre eux, cette hypothèse ne fut pas prise très au sérieux.
Les résultats du labo sur la composition des bombes qui avaient explosées arrivèrent et révélèrent une forte teneur en quartz phosphorescents déminéralisés. Les analyses sur la mallette piégée étaient similaires : grosse teneur en Quartz Fluo.
Bianca expliqua, plus à l'aise que jamais sous les regards toujours plus outrées des uns et des autres, qu'il était possible que lors des explosions, les molécules de Fluo aient perdu leur propriété, ce qui aurait pu entraîner la déminéralisation du Quartz dans un cas.
Soudainement, la porte s'ouvrit dans un grand fracas et un agent fit irruption.
« Commandant, on vient de nous rapporter qu'une partie de L042 vient de sauter. Les unités Preventers qui y étaient stationnées ont été détruites »
« Comment ! » s'exclamèrent-ils tous.
« Capitaine, envoyez immédiatement les unités de L051 et L029 »
« Je vais partir sur la station lunaire dans l'heure » intervint Milliardo « Quelqu'un doit pouvoir coordonner rapidement nos forces d'intervention spatiales »
« Très bien » accepta Lady Une « Quant à vous... » Fit elle aux autres « Je vous envoie sur L707. Nous n'avons plus de doutes à avoir sur le lien entre les recherches de cette colonie et les attentats » Et elle rajouta pour conclure « Vous avez carte blanche ».
Quelques heures plus tard, alors que le Capitaine était en route pour la Lune, l'unité spéciale des Preventers prenait une navette spatiale pour L707 accompagnée de la Division NTD. La Terre et toutes les colonies étaient dans l'effervescence et commençaient à bouillir. La nouvelle de cet attentat, deux jours après la série des 7, faisait naître la psychose. Quelle serait la prochaine colonie à sauter ? Que faisaient les Preventers ? L'insécurité gagnait du terrain, en même temps que les contestations et on commençait de-ci de-là à récriminer contre la police préventive et le Conseil de la Paix.
« Nos dernières expériences ont malheureusement échoué »
« Professeur Boquel, je vous ai demandé quand cette arme sera prête ? Les derniers tests sur L042 ont été parfaitement concluants » avança Ziben.
« Il s'agissait encore de petit calibre. De plus, nous n'avons toujours pas résolu le problème du détonateur... »
« Le détonateur... » sourit le ministre « Quel détonateur ? Je possèderai bientôt la première bombe sans détonateur » se dit-il « Faîtes le nécessaire ! » trancha-t-il avec autorité.
« Mais Monsieur le Ministre, nous ne pouvons pas faire l'impossible. La solution de Quartz doit être portée à plus de 1 000 degrés pour provoquer une explosion de l'envergure de celle que vous désirez, vous rendez-vous compte... »
« Trouvez le moyen ! »
« Mais nous ne sommes pas Dieu... » se défendit pitoyablement le vieux professeur de l'autre côté de l'écran.
« Dieu ? Qui vous parle de Dieu ? » s'énerva Ziben « Laissez Dieu où il est ! Il n'est pas dans l'espace, ni dans votre labo que je sache ! » s'énerva-t-il de plus bel.
Le vieux baissa les yeux. Il regrettait aujourd'hui d'avoir mis son savoir au service d'un homme aussi vil et dénué de scrupules « Dieu... est en chaque homme... » murmura-t-il comme pour se réconforter lui-même.
« Non ! » protesta vigoureusement Ziben « Non ! Dieu est dans son église et qu'il y reste ! C'est le démon qui habite en chaque homme ! L'homme est vil de nature, ne le saviez-vous pas ? » reprit sournoisement le Ministre.
Devant tant de colère et d'ardeur le professeur se tut.
« Cessez donc vos superstitions et faites avancer les recherches. J'ai besoin de cette arme le plus tôt possible ! »
Ziben éteignit le visiophone mécontent. Décidément les choses n'allaient pas toutes dans son sens
Et ce vieux qui lui chantait Dieu et je ne sais quelle excuse...
Dieu...
Le Premier Ministre avait compris jeune que Dieu était tout à fait impuissant hors de son église.
Enfant, ses parents l'avait élevé dans la tradition chrétienne la plus ancienne, voire la plus archaïque, et n'ayant qu'un seul fils, ils y avaient mis tout leur cœur. Interdictions sur restrictions, sa vie avait été orchestrée et limitée par un Dieu qu'il n'avait jamais vu et auquel il ne comprenait pas grand-chose.
Tout bascula le jour où, alors qu'il était enfant de choeur, il avait grièvement blessé un de ses petits camarades qui voulait l'empêcher de dérober le panier d'offrandes au pied de l'autel. Alors qu'il regardait l'enfant s'étaler au sol la tête en sang, le gros cierge pascal se renversa mystérieusement sur lui et le brûla dans le cou. L'abbé en charge avait accouru au son de toute l'agitation et du cri poussé par Ziben sous la douleur de la brûlure. Devant le corps gisant de sa victime, l'homme plein d'amertume, avait déclaré au garçon « La colère de Dieu te rattrapera ! Pour les méchants sans repentir, pas de pardon ». Aujourd'hui encore, Ziben pouvait sentir les yeux perçants du prêtre lui traverser le corps.
Il s'était alors enfui de l'église et n'avait plus jamais m'y les pieds dans aucun lieu de culte. Il les aurait même volontiers tous détruit s'il avait pu. De ce jour, il parqua Dieu dans les églises. Ainsi, il ne pouvait plus être atteint. Il dominait Dieu et étendait au fond de lui sa domination à tous les misérables croyants de l'univers, jusqu'au jour où il pourrait prouver au monde que Dieu n'existait pas.
À ces souvenirs, le ministre passa machinalement une main sur sa nuque, à l'endroit où Dieu l'avait douloureusement brûlé de son cierge. Il en gardait une marque indélébile. Puis un sourire sadique traversa son visage et il murmura « Tu n'auras pas le dernier mot ».
« On s'emmerde... C'est encore long ce voyage jusqu'à L707 ? se plaignit Tanja. « Bianca, t'as des jeux sur ton ordinateur ? » demanda celle-ci avec espoir.
Heero lui répondit d'un regard réprobateur. Le laptop que Bianca avait reçu n'était pas fait pour jouer. Il devait lui servir à rédiger ses rapports quotidiens et à ensuite les lui envoyer. À cette heure, d'ailleurs, il était assis à côté d'elle dans la navette et veillait à ce qu'elle restitue bien ses derniers rêves, ceux dont elle se souvenait, de façon claire et concise et en respectant bien entendu la forme académique du rapport Preventer. Autant dire qu'avec Heero, elle avait un maître en la matière sur le fond comme dans la forme…
« C'est ridicule ! » La Française y mettait de la mauvaise volonté « Je vois pas en quoi va nous être utile le fait d'avoir rêvé qu'un laitier mourrait de la rage après s'être fait mordre par un caniche »
« Si tu t'en souviens avec précision, ce n'est pas sans raison »
« Et le rêve où un lapin noir me parle et se transforme en lion, ça a quelque chose de prémonitoire ? Freud se régalerait avec ça ! » ironisa-t-elle, exaspérée.
Le Japonais lui lança un de ses regards à faire frémir.
« Tu dois dorénavant transcrire TOUT tes rêves, quels qu'ils soient » insista-t-il en détachant bien tous les mots « C'est une question de sécurité. Tu n'es pas la mieux placée pour juger de ce qui est ridicule ou de ce qui ne l'est pas »
Bianca était de plus en plus exaspérée, mais ne trouva rien à répondre. Cela ne l'enchantait pas que Heero ait accès à son intimité. Quand même ! Des rêves, c'étaient très personnels et révélateurs de ce qu'on était, de ce qu'on cachait, de ce qu'on désirait… Elle aurait vraiment préféré confier cela à…
À qui au juste ?
Au gentil blond, qui en savait déjà trop avec son empathie ? Au Chinois, qui semblait aussi doué en psychologie qu'il était patient avec les femmes ? À Duo, qui la troublait toujours autant ?
Le Japonais était le plus froidement objectif. Le plus détourné de ce qui n'était pas une mission. Qu'avait-il à faire des délires d'un subconscient ? Finalement Heero était peut-être le moins pire des choix, se dit-t-elle.
Quelques sièges plus loin, la Chinoise s'était isolée, le visage collé au hublot, elle admirait l'espace qu'elle traversait pour la première fois. Il lui semblait qu'elle pouvait voir et palper l'épais silence que la navette déchirait, frayant son passage dans cette paisible immensité. C'était tellement beau ! Elle se disait que Bianca avait peut-être raison. Peut-être y avait-il bien un Dieu quelque part...
Sa petite crise du matin était passée. Elle savait qu'elle ne recommencerait plus. À son retour dans la salle de réunion, personne ne lui en avait tenu rigueur. Personne ne l'avait regardé avec pitié. Comme si rien ne s'était produit. Elle en éprouvait une reconnaissance infinie. Maintenant, elle avait retrouvé tout son calme et sa sérénité, enfin dans la mesure où s'était possible sachant vers quoi ils se dirigeait actuellement.
Elle tourna son regard à l'intérieur. À l'avant, les anciens pilotes se concertaient depuis le départ pour fixer un plan d'attaque, afin de remplir l'ordre de mission. Ils semblaient ne pas être d'accords. Quatre avait son regard des mauvais jours, même s'ils étaient rares, et Duo tirait une tête de dix pieds de long. Cependant, de là où elle était, Wei n'entendait absolument rien de ce qui se disait. De toute façon, elle le saurait bien assez tôt.
Lynn gambadait joyeusement dans toute la navette, ce qui lui rapporta quelques remarques acerbes de Wufei sur le fait qu'elle était intenable et que la navette n'était pas une garderie. Mais en réalité, le Chinois craignait surtout qu'elle pose la main sur lui. En effet, l'Américaine entraînait son pouvoir et lisait dans les pensées des uns et des autres au gré de ses allers et venues.
Je pose une main par-ci, je pose une main par là…
Tous coopéraient, ou du moins faisaient preuve d'une certaine compréhension. Mais pour Wufei, cet entraînement s'apparentait à un viol. Pour lui, ce pouvoir entre les mains de la sulfureuse blonde était œuvre du diable !
« Trop risqué » fit l'Américain.
« Il y a peu de choix qui ne le soient pas... » se désespéra Quatre.
« Excusez-moi, je peux prendre ce crayon ? »
« Oui vas-y Tanja » fit l'Arabe sans s'en préoccuper davantage.
« C'est Number Two » rectifia Trowa.
Et effectivement, ladite Tanja s'évanouit dans l'air et quelques mètres plus au fond, Tanja la vraie leur faisait signe, agitant fièrement dans sa main le crayon que son double venait d'emprunter.
« Il y aurait bien une autre solution encore... » proposa le blond qui revenait au sujet.
Lynn tenta à ce moment un énième passage devant le petit comité et réussit à agripper victorieusement les épaules de Wufei et Trowa en même temps.
« Alors les gars, ça avance ? » demanda-t-elle d'un ton victorieux. Mais le sourire qu'elle arborait se crispa rapidement, et elle s'exclama très haut « Hein ? Vous voulez envoyer Bianca seule ? »
Un rocher dans une marre n'aurait pas fait autant d'effets. La concernée leva les yeux de son écran. Est-ce qu'elle avait bien entendu ? Etait-ce une nouvelle plaisanterie de l'Américaine ? Seule ? L'envoyer où ? Les garçons échangèrent des regards entre eux, mais ne dirent rien. La réponse vint d'à côté. La voix grave d'Heero s'éleva calmement à sa droite et s'adressant à ses compagnons d'armes, il conclut « Vous êtes donc d'accord avec mon plan ».
A suivre
