Dans une chambre d'hôpital, c'est une future maman très anxieuse qui se tenait dans le lit à côté d'une Pansy inquiète. Non inquiète pour elle mais inquiète pour la jeune femme située à sa gauche.

-Comment vous appelez-vous ?

-Lucie, Lucie Evans, répondit la jeune femme en tournant son regard vers elle.

Quand Blaise vit la terreur et le désespoir présents dans les yeux de la jeune femme, son cœur se serra.

-A combien de semaines êtes-vous ?

-34 semaines. Et vous ?

-33 semaines aujourd'hui.

Soudain la jeune femme éclata en sanglot.

-Excusez-moi.

-C'est normal. Laissez vous aller, cela ira mieux après, conseilla Blaise qui sentit ses intestins se tordent face à la détresse de cette jeune femme.

Lucie pleura pendant vingt bonnes minutes et Pansy avait la curieuse impression que son état n'était pas la seule raison en cause. Avant qu'elle n'ait pu approfondir cette idée, la porte de la chambre s'ouvrit et les visages souriants de Ron et Hermione lui firent face. Sourire qui s 'évanouit vite sur le visage d'Hermione quand elle avisa l'état de la jeune femme enceinte sur le lit d'hôpital. Hermione se demanda si sa meilleure amie avait été dans cet état là quand elle était arrivé à l'hôpital en urgence. C'est les larmes aux yeux qu'elle s'approcha de Pansy et lui serra la main. Ron la suivit , déposa un baiser sur le front de Pansy et serra la main de Blaise. Ils échangèrent un regard grave et d'un commun accord décidèrent de commencer une conversation légère pour distraire la jeune femme effrayée présente dans la chambre. Au bout d'une longue demi heure, le Dr Potter entra dans la chambre.

-Bonjour Me Evans, sourit Harry.

Un rapide examen visuel de la patiente suffit à Harry de se rendre compte de l'état émotionnel précaire de sa future patiente. Il se dirigea vers le niveau séparant les deux côtés de la chambre, échangea un sourire avec Pansy et tira le rideau.

Avant de commencer tout examen qui pourrait encore plus angoissé la future maman, il s'approcha d'elle, lui fit un sourire réconfortant et fit connaissance avec elle.

-Je suis le Dr Potter et c'est moi qui vais m'occuper de vous et de votre grossesse à partir de maintenant. Mon prénom est Harry, et vous ? Lui demanda t-il alors qu'il le savait, le prénom étant noté dans son dossier.

-Lucie, Lucie Evans.

-Très bien Lucie, c'est un plaisir de vous rencontrer.

-Ne le prenez pas mal mais c'est un plaisir non partagé.

-C'est le drame de ma vie, plaisanta Harry. Qu'est-ce qui vous amène ?

-Je ressens des douleurs depuis 2-3 jours mais je m'en suis pas plus affolée que ça, surtout que le début de ma grossesse à été compliqué.

-Dans quel sens ? L'interrogea Harry.

-Mon mari est décédé une semaine après avoir découvert ma grossesse alors ça n'a vraiment pas été facile.

-Je veux bien le croire, compatit Harry de tout son cœur. Toutes mes condoléances Me Evans.

-Merci, c'est gentil. Il n'a même pas su qu'il allait être papa, murmura Lucie en versant une larme.

-Je suis désolé, sincèrement désolé. Vous savez déjà si c'est une fille ou un garçon ?

-Un petit garçon, sourit Lucie.

Harry sourit quand il vit un peu de joie revenir sur le visage de sa patiente. Il décida de reprendre son interrogatoire :

-Donc vous ressentiez des douleurs depuis 2 ou 3 jours ?

-Oui c'est ça mais depuis que je me suis levée, c'est insupportable. J'ai l'impression de recevoir un coup de poignard à chaque douleur.

-Très bien, fit Harry concerné maintenant. De multiples diagnostics lui traversèrent l'esprit dont un qui lui faisait froid dans le dos. Cette future maman n'avait certainement pas besoin de ça.

-Pouvez-vous relevez votre haut, s'il vous plaît Me Evans ?

-Bien sûr, acquiesça Lucie en levant son haut.

Harry passa ses mains sur le ventre et retint un juron. Dans sa tête, il fit rapidement le tour de ce dont il allait avoir besoin : un bloc, un anesthésiste, une équipe du service néonatale...

-Très bien. Maintenant je vais aller chercher la machine à échographie et je reviens tout de suite, dit Harry doucement sans inquiéter sa patiente.

-D'accord.

Harry tira le rideau, le referma et chercha son téléphone dans la poche de sa blouse. Il sortit précipitamment de la chambre, demanda à son interne de se tenir prête et de réunir toute l'équipe pour une césarienne en urgence.

-Une équipe néonat aussi ?

-J'espère, murmura Harry.

Il prit l'appareil dans la réserve et se rendit dans la chambre. A peine entré, Pansy et Ron surent que la situation était grave et ils se mirent à prier tous les dieux pour cette femme qui avait déjà assez souffert.

Harry posa le capteur sur l'abdomen gonflé de sa patiente et se mit à la recherche d'un mouvement fœtale. Il avait perdu tout espoir quand un son se fit entendre. Il souffla, soulagé et regarda la maman dans les yeux tout en laissant délibérément le capteur sur son ventre.

-Je vais vous demandez de garder votre calme Me Evans. Est-ce que vous pouvez faire cela ?

Lucie inspira profondément :

-Allez-y, dit-elle fermement s'attendant au pire mais tout de même rassurée par les battements de cœur qu'elle entendait.

-Vous souffrez de ce que l'on appelle un hématome rétro placentaire. C'est une hémorragie qui s'est développé entre votre placenta et votre utérus.

-Une hémorragie ?

-Oui, avez vous eu des pertes de sang ?

-Aucune. C'est grave ?

-Non justement c'est plutôt une bonne nouvelle. C'est à dire qu'on a dépisté le problème à temps.

-Et en quoi consiste le traitement ?

-Il n'y en a pas.

-Pardon ? Paniqua Lucie.

-Il n'en existe pas donc on va devoir procéder à une césarienne d'urgence.

-Quand ?

-Maintenant.

-Il est beaucoup trop tôt, ce n'est pas le moment, s'affola t-elle.

-Vous êtes à la 34éme semaine de grossesse, c'est tôt c'est vrai mais de nos jours votre bébé à d'excellente chance de s'en sortir.

-J'ai pas le choix de toute manière, raisonna la future maman après quelques instants de silence.

-Pas vraiment. Une infirmière va vous aider à enfiler une blouse de bloc et moi je vais allez vous

attendre au bloc. Ça va être impressionnant pour vous car il va y avoir beaucoup de monde et de matériel mais tranquillisez vous tout ça c'est pour votre bien et celui de votre bébé. Vous savez si c'est une fille ou un garçon ?

-Un petit garçon ?

-Et il a déjà un prénom ce petit gars ?

-Lucas, c'était le deuxième prénom de son papa.

-C'est très jolie. Tous les deux, on va faire venir au monde ce petit Lucas dans les meilleures conditions possibles. Ne vous inquiétez pas, j'ai déjà accueilli des bébés au même stade de grossesse que le votre et avec les moyens dont on dispose, tout s'est bien terminé. Y a t-il quelqu'un que nous pouvons appeler pour vous ?

-Ma sœur.

-Très bien. Je vais prendre son numéro de téléphone pour qu'on la prévienne de ce qui est en train de se passer.

-Merci.

-C'est naturel.

Une fois le numéro inscrit sur le dossier, Harry sortit de la chambre, le donna à la première infirmière qui passait par là, lui expliqua la situation et se précipita au bloc opératoire.

-Bonjour tout le monde.

-Salut Harry, le salua l'équipe déjà en place.

-Efficace, sourit Harry à la jeune interne.

-Merci Dr Potter.

-Alors petite évaluation des connaissances : femme enceinte de 34 semaines se présentant pour douleurs à type de coup de poignard à l'utérus. À l'examen, ventre dur comme du bois, tension faible et légère tachycardie, exposa Harry à deux internes.

-Hématome rétro placentaire ? Tenta la jeune femme.

-Gagné.

-Mouvement cardiaque? Demanda le pédiatre spécialisé en néonatologie.

-Oui, rapide et fréquent. À priori, il n'y aurait pas encore de souffrance fœtale. Elle est venue à temps.

-Tant mieux.

-Autre détail important : le père du bébé est décédé au début de sa grossesse, avant même de savoir qu'il serait papa. Ce bébé est tout ce qu'il lui reste de l'homme qu'elle a aimé, il a dû être sa lueur d'espoir , la seule chose qu'il lui a permis de ne pas sombrer. On ne peut pas le perdre, ce n'est même pas envisageable, trancha Harry.

L'équipe acquiesça, bien conscient que ce bébé représentait vraiment tout pour cette femme. L'enjeu était important, peut-être plus important que d'habitude.

-La patiente arrive Dr Potter.

-Très bien mettons nous en place.

L'équipe s'exécuta et quelques secondes plus tard, la patiente pénétra dans le bloc.

-Je vous présente Lucie Evans et Lucas, enfin pour Lucas on fera sa connaissance dans quelques instants, plaisanta Harry. Vous êtes prête ?

-Prête.

-Alors c'est parti.

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Dans un luxueux appartement se trouvait un Drago fébrile choisissant une tenue pour sa soirée. Pour lui, la semaine avait été interminable : des journées sans fin suivies de soirées se traînant en longueur. Et cette dernière demi journée ne s'annonçait pas moins longue. Et pour ne pas améliorer les choses, à chaque fois qu'il avait été à l'hôpital avec l'espoir de croiser quelques instants Harry, il avait été déçu. À priori le Dr Potter était un homme particulièrement occupé au sein de l'hôpital. Ce qui était à peine étonnant d'après les dire de sa meilleure amie. Non pas qu'il en doutait, il avait l'air particulièrement doué dans son domaine. C'est la sonnette stridente de son téléphone qui interrompit ses pensées. Il se dirigea vers le salon où était posé le téléphone et décrocha.

-Allô ?

-Coucou mon chéri.

-Bonjour Maman, sourit Drago.

-Comment vas-tu ?

-Très bien et toi ?

-Pareil.

-Et papa ?

-Il se plaint et râle dés qu'il ouvre les yeux le matin.

-C'est que tout va bien, plaisanta Drago .

-C'est exactement ce que je pense.

-Tu appelles pour une raison particulière maman ou juste pour le plaisir d'entendre ma voix ?

-Les deux mon cœur.

-Je suis tout ouïe.

-Je voulais t'inviter demain soir à dîner à la maison. Ton parrain sera là.

-Cela aurait été avec un grand plaisir mais j'ai déjà quelque chose de prévu demain Maman.

-Tu ne peux pas déplacer ton rendez-vous ? Demanda déçue Narcissa.

''Pas sans devenir fou'' pensa Drago, fermement.

-Le travail peut attendre un jour de plus, reprit t-elle.

-C'est personnel Maman.

-Je suis sûre que tes amis comprendront, soutint Narcissa avec un sourire malicieux.

-C'est un rendez vous avec un homme. Un rencard, avoua à contre-coeur Drago.

-Ah, s'exclama t-elle triomphante.

Si ça ce n'était pas arracher les vers du nez de quelqu'un Narcissa Malefoy ne s'y connaissait plus. ''Tel père, tel fils'', pensa Narcissa, attendrie.

-Et tu ne peux vraiment pas déplacer ce rencard ? Reprit-elle.

-Non maman, je ne peux pas.

-Dommage, fit semblant d'être déçue Narcissa.

-Il est médecin maman. Trouvez une date qui convienne est assez difficile.

-Très bien on se passera de toi alors.

-Merci.

-Je t'aime mon cœur. Amuse toi bien demain.

-Promis.

-Bisous.

-Bisous, dit Drago avant de raccrocher. Surpris que sa mère n'insiste pas plus mais pas mécontent.

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À l'autre bout de ville, une femme faisait une danse de la victoire en plein milieu de son couloir. C'est toute souriante qu'elle entra dans le salon où l'attendait son mari et son meilleur ami.

-Drago ne peut pas venir, annonça t-elle.

-Tu lui as dit que Severus serait là, demanda son mari.

-Oui.

-Et il ne vient pas, s'étonna Lucius.

Ce n'était un secret pour personne, Drago adorait son parrain autant qu'il adorait ses parents.

-Il a un rencard.

-Et alors ? Demanda Severus, surpris. Après tout Drago n'avait jamais hésité à annuler un rencard pour dîner avec lui.

-C'est Harry ?

-C'est Harry acquiesça Narcissa.

-Ceci explique cela, dit Lucius avec un grand sourire, heureux pour son fils.

-Sauf pour moi, l'interrompit Severus perdu. Drago fréquente quelqu'un ?

-Pas vraiment, dit Narcissa.

-Pas encore, rajouta Lucius.

-C'est tout de suite plus clair, ironisa Severus.

-On va tout t'expliquer.

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Harry Potter avait été fébrile toute la journée en ce samedi et toute la journée il avait prié pour ne pas être appeler à l'hôpital. Même s'il n'était pas de garde en cas de grosse urgence on pouvait avoir recours à ses services. Heureusement ce ne fut pas le cas et à 18 heures, il commença à se préparer. Il prit une longue douche chaude pour l'aider à se détendre, se sécha et se dirigea vers son armoire. Il resta un long moment devant sans savoir quoi choisir et quand il se décidait enfin pour quelque chose, il reposait sa tenue insatisfait. Son lit fut bientôt enseveli sous une montagne d'habit et en voyant cela il se mit à rire : ''Une vrai femme'', pensa t-il amusé. Il souffla, visualisa toutes ses fringues et se saisit d'une tenue avant de tout ranger et de fermer la porte de son armoire. Plus question de changer, se dit-il fermement. Il s'habilla, se coiffa et mit ses chaussures. Un petit coup d'œil encourageant dans le miroir et Harry sortit de sa chambre. Quand il vit l'heure sur sa pendule, un nouveau petit rire le secoua. 1H30 pour se préparer, un record. Au moins, l'attente serait moins longue.

À 20h, Drago Malefoy se trouvait , sublime, devant la porte du beau Dr Potter. Il avait été fébrile toute la journée, incapable de se concentrer sur quoique ce soit. Il sonna et entendit des bruits de pas se rapprochant. La porte s'ouvrit laissant apparaître Harry.

-Bonsoir, le salua Drago, tout en le détaillant.

Habillé d'un jean bleu délavé, une chemise blanche, de chaussures et d'une veste noire, Harry était splendide. Splendide et simple. L'idée plaisait fortement à Drago.

-Bonsoir, souffla Harry à l'homme magnifique planté devant lui.

Harry avait déjà remarqué que Drago était un bel homme, il était myope pas aveugle, mais ce soir Drago était sublime. Sa tenue composait d'un jean noir, d'une chemise gris anthracite et d'une veste noire, le saillait à merveille. À côté de lui, Harry se sentait un peu trop simple, pas assez habillé tout du moins.

-Devrais-je changer de tenue pour quelque chose d'un peu plus classe ? Demanda t-il hésitant.

-Non c'est parfait.

Après quelques secondes, il reprit :

-Tu es parfait, lui assura t-il, conquis.

Harry piqua un fard et un sourire timide prit place sur son visage.

-Merci.

Il se tourna pour prendre ses clés et sortit de l'appartement.

-Où allons nous ?

-Dans un restaurant légèrement éloigné du centre ville. Ça te va ?

-Parfait, on évitera l'affluence de la grande ville un samedi soir.

-Tu n'aimes pas la ville ?

-Le centre ville surtout, trop de monde, trop de bruit, trop de lumière. Très peu pour moi. Je suis quelqu'un qui apprécie le calme et la tranquillité.

-Plutôt incompatible avec ton travail non ?

-Justement quand je sors de l'hôpital, je n'ai aucune envie de me retrouver confronter à ce que j'appelle communément ''la jungle''.

Drago rit face à l'expression de dégoût sur le visage d'Harry. Effectivement, il avait l'air d'avoir la grande ville en horreur. Il se félicita d'autant plus pour son choix de restaurant. Ils arrivèrent à la voiture de Drago, s'y installèrent et le jeune homme démarra. Au bout d'une trentaine de minutes, ils arrivèrent sur le parking du restaurant « L'étoile bleu ». Ils sortirent du véhicule, traversèrent le parking et entrèrent dans le restaurant. Ils furent tout de suite éblouis par l'ambiance chaleureuse et épuré de l'endroit. La salle n'étant pas très grande cela conférait une intimité plus que bienvenue. Les couleurs étaient dans les tons chauds et la salle était en partie éclairé par des bougies. Drago avait mis du temps à débusquer cet endroit, plus d'une heure de recherche, mais ça en valait vraiment le coup. Il voulait que cette soirée soit parfaite et il avait eu la conviction qu'Harry apprécierait moyennement un grand restaurant chic, claquant et peu personnel. Il tourna son regard vers Harry et vit son air enchanté.

-J'adore, confirma Harry. Je ne connaissais pas ce restaurant et ne savait pas qu'un tel endroit existait encore ici. C'est parfait.

-Je suis content que cela te plaise, sourit son compagnon.

Ils se dirigèrent vers l'hôtesse d'accueil.

-Nous avons une réservation au nom de Drago Malefoy.

La jeune femme vérifia sur le registre et sourit :

-Effectivement, une table pour deux pour 21 heures. Suivez-moi.

-Merci.

Ils suivirent la jeune femme jusqu'à leur table, situé prés de la fenêtre où le vue coupa le souffle d'Harry.

-De mieux en mieux, murmura t-il.

Face à lui se trouvait une terrasse et un jardin qui en plein jour devait valoir le coup d'œil. Déjà en soirée, sous la lumière de la lune et des lampions, l'endroit était rempli de charme. Harry crut même apercevoir un ponton. Il se tourna vers Drago qui tout comme lui profitait de la vue.

-C'est bien un ponton que je vois ?

-Oui, le gérant à recréer un lac artificiel. Il y a même des barques pour se balader sur le lac.

Harry siffla, impressionné. Très bon choix, approuva t-il.

-C'est éblouissant, merci de m'y avoir amené.

-Tout le plaisir est pour moi.

Ils s'installèrent face à face et un serveur s'approcha aussitôt d'eux.

-Un apéritif ?

-Oui merci.

Ils regardèrent la carte quelques instants et Harry se décida.

-Je voudrais un Taïki.

Drago le regarda, interloqué.

-Je ne supporte pas vraiment le goût de l'alcool donc je le masque avec du jus de fruit très sucré. Bien entendu c'est beaucoup plus traître.

Drago rit amusé et commanda une coupe de champagne. Harry se pencha alors sur Drago et une bouffée de son parfum arriva à ses narines. Ce qui le déstabilisa légèrement.

-Allez Mr Malefoy, laissez vous tenter par le cocktail super sucré. Il y aura même un petit parapluie pour l'accompagner et la couleur...Oh la couleur ! Beaucoup plus fun qu'une coupe de champagne triste et terne. Votre verre aura l'air ridicule à côté du mien lorsque nous trinquerons.

Drago le regarda, surpris, et se tourna vers le serveur.

-La même chose, demanda Drago en riant. Je ne voudrais pas avoir l'air ridicule et en plus je vais vous faire confiance.

-Merci.

Le serveur s'éloigna et Drago et Harry se regardèrent.

-Un cocktail, souffla Drago.

-Oui, un cocktail, rit Harry. Après tout l'essayer c'est l'adopter, se moqua t-il.

-J'espère, répondit intensément Drago.

La serveuse arriva alors avec les deux cocktails et Drago ne put s'empêcher d'éclater de rire. Harry lui fit un clin d'œil, satisfait.

-Qu'est ce que je vous avait dit ?

-Effectivement ma coupe de champagne aurait eu l'air ridicule à côté de cette chose.

Quand la serveuse aperçut les deux hommes à qui elle apportait les cocktails, elle ne put s'empêcher d'être interloquée. C'était bien la première fois que deux hommes aussi distingués lui commandaient ce genre de boisson. Ensuite, elle bénit sa collègue malade qu'elle remplaçait. Ils étaient tous deux magnifiques. L'un blond, froid, glacial mais qu'un sourire transformait et l'autre brun, chaleureux et abordable. Difficile de faire un choix. Elle se demandait encore qui choisir quand le brun se tourna vers elle. Elle tomba instantanément sous le charme de ses magnifiques yeux verts. ''Allons-y pour le brun''.

-Bonjour, voilà vos cocktails.

Elle déposa le verre tricolore devant Drago sans le regarder. Quand elle fit de même avec Harry, elle posa délicatement le verre, frôla sa main au passage et lui fit un clin d'œil accompagné d'un sourire coquin...Ce qui fit directement se tendre le jeune homme. Mal à l'aise face à l'approche direct de la jeune femme, il fit un sourire crispé et s'éloigna de la table. Drago remarqua immédiatement l'air traqué qu'aborda son compagnon. Il eut mal au cœur pour lui tellement celui ci avait l'air peu sûr de lui. Il fusilla la serveuse des yeux et la congédia sèchement. Refroidit tant par la réaction du brun que par la mise en garde que contenait le ton du blond, elle s'éloigna de la table.

-Si c'est possible, j'aimerais être servi par quelqu'un d'autre merci.

Honteuse, elle rougit avant de retourner vers la cuisine. Un fois la serveuse éloignée, Harry se détendit et fit un petit sourire de remerciement à Drago. Jeune homme qui le regarda intrigué. Il s'apprêtait à lui poser une question quand Harry le prit de vitesse.

-Pas maintenant.

Drago referma la bouche et hocha la tête, satisfait. Pas maintenant ne signifiait pas jamais. Ce fut cette fois un serveur qui prit leur commande. Et cette fois ce fut Drago qui conseilla Harry. En attendant leur entré, ils firent connaissance.

-J'adore lire. Mais genre vraiment. Chez moi j'ai une pile de bouquin que je dois lire. À chaque fois que je passe devant un rayon livre ou un libraire, je me dis non Harry, tu as bien assez de lecture comme ça ne t'arrête pas. Mais fatalement je finis par m'arrêter et glisser un ou deux bouquins dans le panier. Du coup ma pile ne diminue jamais. Ma définition de la soirée parfaite : débrancher les téléphones, me faire un chocolat chaud recouvert de marshmallow, me blottir sous une couverture et dévorer un bon bouquin. Malheureusement, j'ai très très peu de soirée parfaite. Sauf quand je suis en vacance. Ce qui me fait penser que j'ai vraiment besoin de vacance.

-L'année a été si dure que ça ?

-L'année ?! J'aurais plutôt parlé de ces quatre dernières années. J'ai eu peu de vacances. Non pas que je me plaigne vraiment, j'adore mon boulot mais j'aimerais bien faire un safari en Afrique. J'avais eu l'occasion d'y aller pendant mon internat, c'est un pays fantastiques avec des gens merveilleux.

-Moi je rêve d'aller en Australie. J'avais vu un reportage un jour sur ce pays et j'ai eu un véritable coup de cœur. L'Égypte aussi doit être un pays magnifique à découvrir. 4 ans sans vacance ?!

-Quand j'ai été nommé chef de service, j'avais des tas de projet dont l'unité mère-enfant. Ça a pris beaucoup de temps pour la mettre en place. Ensuite je ne suis ni marié ni père, j'ai donc tendance à céder mes jours à mes collègues ayant une famille. Et vous à quand remonte vos dernières vacances.

-I ans. Mon problème à moi c'est de ne pas prendre le temps et en plus voyager seul ce n'est absolument pas marrant.

-Et avec des amis ? Proposa Harry.

-Mes amis sont tous en couple, ils sont adorables mais ils sont deux. On se sent vite seul dans ces cas là.

Harry lui sourit, compréhensif. Les entrées arrivèrent alors et ils y goûtèrent, silencieux.

-Où as-tu étudié ?

-A l'IEC. Et toi ?

-Harvard.

-Impressionnant. Tu as toujours voulu être médecin ?

-Non au départ je voulais être avocat. J'avais même commencé le premier semestre mais j'ai eu dû mal à accrocher. J'ai toujours voulu aider les autres. Mais avocat...Tu n'aides pas que les gens biens. Tu dois défendre tout le monde. Un jour, il y a eu un accident sur le campus, il y a eu pas mal de blessé. J'ai été aidé les médecins complètement débordés et ça a été une révélation. J'ai quitté la branche défense une heure après et intégré celle de médecine.

-L'obstétrique, sourit Drago.

-Non ça c'est ma deuxième révélation, je l'ai eu pendant mon internat quand je cherchais encore ma spécialité. J'étais aux urgences quand ils nous ont emmené une femme enceinte dont l'accouchement s'avérait être plutôt compliqué. L'obstétricien est donc venu et j'ai pu l'assister. Tout à prit un sens. La joie de la jeune maman et du nouveau papa...Peu après, j'étais diplômé et j'intégrai le service des grossesses pathologiques. Maintenant je le dirige.

Drago était impressionné. Impressionné et touché. Il pouvait sentir avec quelle tendresse et quelle passion, Harry parlait de son travail.

-Tu es quelqu'un de bien, conclut Drago.

-J'essaye. Et toi ?

-Pas toujours malheureusement.

Ils se sourirent et Harry demanda, curieux.

-Tu as toujours voulu reprendre l'entreprise familiale ?

-Toujours oui enfin aussi loin que je puisse me rappeler. Pourtant il y a eu un moment où je pensais faire autre chose ou diriger l'entreprise autrement.

-Tu es un patron tyrannique ? Le taquina Harry.

-Non enfin un peu, je suis tout de même le chef, je ne peux pas être trop bonne patte non plus, plaisanta t-il.

-Je comprends. C'est pareil avec les internes, je dois être gentil mais pas conciliant. On ne doit rien laisser passer et faire preuve d'autorité quand la situation l'exige.

-Exactement sinon c'est l'anarchie.

-Oui. Mais tu sais rien est fini. Et tu n'es pas le seul à avoir eu d'autres aspirations.

-Vraiment ? S'étonna Drago. Harry avait l'air tellement épanoui dans son boulot.

-Vraiment. Il y a quelques années, je voulais ouvrir un centre pour personnes défavorisées. Le soucis c'est qu'il faut beaucoup de fond et me battre seul m'a découragé. Construire un endroit, une équipe...

-Et plus tard ? Après tout tu es encore jeune.

Harry considéra la question quelques instants.

-C'est vrai mais j'ai fini par adorer mon travail à l'hôpital. J'aurais beaucoup de mal à l'abandonner. Partir...ça serait vraiment dur.

-Je comprends.

Le plat arriva, amenant une odeur appétissante. Une fois devant eux, les deux prirent leur couvert, pressés de déguster leur repas.

-C'est délicieux, saliva Harry.

« Pas autant que toi » pensa Drago in petto devant l'étincelle de joie contenue dans les prunelles émeraudes de son vis à vis. Ils mangèrent leur repas dans un silence complice. Ils n'avaient pas besoin de parler, le silence était agréable. Drago reprit la conversation, curieux d'en savoir plus sur Harry. Il l'interrogea sur ses parents et il sentit une tension apparaître dans le corps de son voisin.

-Mes parents sont décédés dans un accident de voiture quand j'avais un an et demi. Ma mère s'appelait Lily Evans Potter, c'est d'elle que je tiens la couleur de mes yeux et tout le reste je l'ai hérité de mon père James Potter, y compris cette touffe indomptable. J'ai été accueillit par mon oncle et ma tante maternelle à leur mort. Mon père était directeur d'une agence et ma mère professeur au collège. On m'a dit que c'était des gens merveilleux.

Drago sentit son cœur se serrait devant la souffrance qu'essayer de camoufler le jeune homme. On sentait que c'était encore une plaie ouverte pour lui. Ce qui était légitime, un perte aussi lourde aussi jeune devait laisser des traces. Quand Drago se repassa la dernière phrase, il cilla. Harry n'avait aucun souvenir de ses parents.

-Je ne sais pas quoi te dire.

-Je préfère ça. Les gens ont tendance à s'excuser ou à être désolé. Ce n'est pourtant pas leur faute. Ça me rend plus mal à l'aise qu'autre chose.

-Tu dois être proche de ton oncle et de ta tante alors.

-Pas vraiment. Actuellement j'ai peu de contact avec mes tuteurs. L'alchimie n'est pas passée alors après mon départ pour la fac, on s'est éloigné.

En entendant la réponse d'Harry et l'appellation mes tuteurs, Drago se demanda s'il y avait eu abus mais il n'osa pas poser la question.

-Non, répondit Harry à la question étalé en grand sur le visage de l'homme d'affaire.

Drago se sentit soulagé de la réponse. Harry lui pensa au manque d'amour ressenti durant de longues d'années. Ne jamais se sentir assez bien, se sentir seul, faire des efforts qui ne semblaient jamais assez. Avoir l'impression d'être une gêne et de ne jamais avoir personne en cas de problème...d'où tous les problèmes qui ont suivi par la suite d'ailleurs. Harry secoua la tête, ce n'était vraiment pas le moment de penser à ça. Le serveur remarquant qu'ils avaient fini leur assiette vint les débarrasser et prendre leur commande pour leur dessert. Harry eut bien du mal à se décider face à tant de chose qui avait l'air plus délicieuse les une que les autre. Drago sourit, amusé. Harry avait l' air d'un enfant devant un marchand de glace. Il prit des profiteroles et Harry réfléchit quelques minutes supplémentaires avant de déclarer, sûr de lui :

-Une coupe glacé vanille sauce chocolat et parsemé d'éclat de caramel.

-Excellent choix, approuva le serveur. Il fit demi tour et Harry fit un grand sourire à Drago. Il tendit la main pour saisir la carafe d'eau quand il rencontra une autre main. Une explosion de sens se produisit pour les deux jeunes hommes. Ils se regardèrent dans les yeux et l'intensité du moment fit tressaillir Harry. L'intensité de ses yeux mercures et la douceur de la peau de Drago le bouleversèrent. Il éloigna sa main à regret tout en adressant un sourire tremblant à Drago qui lui retourna un sourire timide. Une telle douceur et une telle chaleur se dégageaient de la main d'Harry, il se sentait si bien que quand Harry essaya d'éloigner sa main, il la retint et osa même entrelacer leurs doigts. Harry le fixa profondément et de son pouce il caressa l'intérieur de la main de Drago. Le jeune blond se sentit trembler de l'intérieur, des papillons élurent domicile dans son ventre et son cœur se serra. « C'est la première fois que je ressens ça », pensa t-il émerveillé. C'est le retour du serveur qui interrompit ce délicieux moment et Harry retira sa main, gêné. Drago souhaita étranglé ce serveur : non mais quelle idée de faire son travail, quelle honte ! Il déposa les desserts sous le regard dépité du blond , regard qui retrouva toute sa chaleur quand Harry fit un sourire conquis à la première bouchée de son dessert.

-Vous aviez raison, fit-il au serveur, c'est un excellent choix.

Le serveur lui retourna son sourire amusé et s'éloigna. Harry et Drago mangèrent leur dessert tout en discutant et une telle complicité régna qu'ils prirent chacun une bouchée du dessert de l'autre. Ils acceptèrent le café proposé et une fois avalé Drago alla régler l'addition et ils quittèrent le restaurant. Drago raccompagna Harry et arrivé devant l'appartement du jeune homme il stoppa le véhicule et se tourna vers le brun. Le cœur au bord des lèvres, il s'approcha d'Harry et déposa un baiser au coin de ses lèvres. Son cœur s'affola et il comprit à ce moment qu'il voulait beaucoup plus mais il savait aussi que le prochain pas devait venir d'Harry. Ce n'est pourtant pas l'envie qui lui manquait d'approfondir les choses mais il ne voulait pas brusquer les choses et risquait de braquer Harry. Harry lui sourit et murmura :

-J'ai passé une bonne soirée. Non en fait j'ai passé une excellente soirée. Merci Drago, pour tout.

Drago hocha la tête, ému. Harry sortit de la voiture, déçu que Drago ne lui propose pas un autre rendez-vous, terriblement déçu. Il s'approcha de la porte d'entrée quand il se fit violence. Il sortit son téléphone et composa le numéro de Drago.

-Allô, s'étonna Drago.

-C'est le Dr Potter, Harry.

-Oui ? Sourit Drago. Que puis-je faire pour toi ?

-Accepter un autre rendez-vous, déclara de but en blanc Harry. Il entendit Drago rire à l'autre bout du fil.

-Cela devrait être possible. Plus que possible même.

-Malheureusement je n'ai pas encore de date à te proposer mais je vais nous trouver ça.

-Ça sera parfait, j'attends de tes nouvelles.

-D'accord. Bonne nuit Drago.

-Bonne nuit Harry. Faîts de beaux rêves.

Ils raccrochèrent heureux et Drago se remit en route, heureux et soulagé. Il se coucha dés son retour chez lui et il s'endormit le sourire aux lèvres et le cœur conquis. Harry quant à lui s'endormit apaisé, une première depuis des années.