Merci à Moustache pour son commentaire.
Je n'arrive pas à écrire grand chose récemment alors voici juste quelque chose de court que je me suis amusée à faire.
Elles passent ensembles sous le tunnel qui les mènera jusqu'au centre du château de Baba Yaga mais lorsqu'il s'agit de repartir, par la grande porte cette fois, Maka se retrouve seule.
Shibusen lui a appris à accepter le fait que ses alliés tombent parfois au combat, qu'à la fin d'une mission ils puissent être moins nombreux sur le chemin du retour.
Cependant la meister n'est pas encore habituée à l'ennemie qui se dérobe avec succès à chaque fois, qui était si proche qu'elle croyait pouvoir bientôt en finir, pour finalement tomber de haut.
«La prochaine fois...» répète-t-elle. «La prochaine fois.»
«La prochaine fois tu ne t'en sortiras pas si tu agis aussi imprudemment.»
Rougissante de honte, Maka se dégage du bras qui l'agrippait un instant auparavant, l'empêchant de tomber dans le vide. Elle n'arrive pas à croire qu'elle s'est faite sauver par la sorcière, comme si les événements de l'attaque d'Arachnophobia ne l'avaient pas suffisamment ridiculisée.
Elle devrait se sentir rassurée, au moins cela signifie que Médusa la considère utile contre leurs ennemis communs —tel Noah— et ne lui tendra pas de piège immédiatement. Pourtant elle n'éprouve qu'un léger engourdissement au souvenir de la chaleur du bras sur son corps.
Son corps se tend alors qu'elle la frôle inconsciemment. À travers le tissu de son vêtement, elle ne peut pas décrire exactement le contact de la peau de la sorcière mais son esprit y revient en boucle, tente de se rappeler, d'imaginer, d'extrapoler.
Maka agite la tête de droite à gauche, s'étire, essaie de faire disparaître la pensée mais sans grand succès. Ses yeux se collent à la peau, en observent les pores, les grains de beauté, la manière don la lumière et l'ombre la colorent.
«Peut-être que je pourrais la frôler encore, juste par accident.» Elle crispe les doigts.
Les doigts s'enfoncent entre ses cuisses et elle laisse s'échapper une exclamation. Soudain, elle n'est plus si sûre de son choix, qu'elle risque fort de regretter par la suite.
Médusa lui cache encore tout de ses secrets mais plus rien de son corps qui est à portée de main. La période où elle se demandait quelle texture pouvait avoir sa peau n'est plus qu'un lointain souvenir maintenant qu'elle y a goûté. Maka l'attire plus profondément contre elle, plus profondément en elle, comble la distance. Elle croirait presque impossible de les séparer toutes deux, noyée par le bruit de leurs halètements.
Leur halètements se répercutent en écho et Maka retient un juron, malgré la douleur. Une flèche à tailladé sa veste noire et en dessous, la chemise blanche est déjà rouge et poisseuse. Son coup a, semble-t-il, été un peu moins bien porté et Médusa n'a pas l'air dérangée outre-mesure, même si un filet de sang coule le long de sa jambe droite. Peut-être fait elle juste semblant.
La meister tremble, sa vue commence à se flouter et il lui faut s'enfuir avant de s'évanouir suite à ses blessures. Ses dents se serrent, elle sait qu'elle a mal calculé son coup.
Elle a mal calculé son coup et maintenant elles se retrouvent à nouveau à combattre. Bien qu'en vérité Maka ne sache pas exactement laquelle des deux a eu l'imprudence de vouloir prendre l'autre de vitesse en première —probablement aucune, c'est en même temps qu'elles ont agi— la jeune fille se maudit pour son inconscience.
Le temps des caresses achevé laisse place à celui des batailles. Seule différence aujourd'hui : elles se connaissent mieux mais la meister ne sait pas si c'est là un avantage ou un inconvénient.
Regardant droit devant, Maka songe à la possibilité d'une autre route pour elles.
