Note d'auteur : Oh c'est trop bon...C'est même délicieux, succulent, merveilleux...
Vous allez enfin Haïr Lynna ! Hahahahaha !
Toute cette fic n'a été écrite que dans un seul but : ce chapitre ! (enfin, un tout petit moment de ce chapitre)
Ce n'est qu'au milieu du chapitre que je me suis rappelé que Charlie était attrappeur. Ça m'a aidée juste au bon moment.
Pov Remus puis Pov Lynna !
Note de Eliane :
Effectivement, comme vous l'a dit Taka, vous allez vraiment haïr cette pauvre Lynna... Qui est décidément moins maladroite qu'à l'accoutumé ! Cela cacherait-il quelque chose ? Visiblement, Remus a des doutes *sifflote*.
Chapitre 10 : Je ne te laisserai plus t'enfuir !
-Tu es amoureux ?
J'ai l'impression de ne pas avoir beaucoup de discussions ces temps-ci. Remus, quant à lui, vient de faire un bon d'un mètre et est passé par un teint blafard avant d'atteindre celui d'une pivoine.
-Hein ?
-Deux ! je ne peux m'empêcher de répondre.
-Trois ! Bon, on arrête, c'est minable comme jeu… Pourquoi tu me demandes ça ?
-Ben, pour savoir, quoi d'autre ? Alors, tu es amoureux ou pas ?
-Je… Je ne crois pas…
C'est moi ou j'ai déjà vécu cette scène ?
-En fait, je pense que, d'une manière, j'aimerais plus être « aimé »... Quand je vois comment tu te bats pour Sirius je me dis que ce serait agréable d'être l'objet d'un tel désir chez une fille, me répond-il, toujours plus rougissant et avec un sourire rêveur… Presque triste.
* * * * * * * Ʀəɱȕʂ* * * * * * *
Une nouvelle fois, je me réveille face à un dos pâle avec deux ou trois fines cicatrices et je sais que l'une d'elle n'est pas due aux monstres et dragons en tout genre mais à cette humiliation durant notre sixième année. Je me lève en dissimulant à l'aide de la couverture le corps nu aux formes généreuses et accueillantes de Lynna avant de me rhabiller pour déjeuner.
Devant un café et un journal je me rends compte d'une chose : en dix ans, on n'a jamais eu autant de nuits communes. Sauf lorsque l'on était en couple, Lynna et moi. D'habitude, on ne couche que très rarement ensemble. Souvent l'un d'entre nous se faisait taquin mais se prenait un refus : mes mains baladeuses se faisaient taper dessus et ses caresses érotiques lui apportaient des pincements désagréables... Là, elle ne refuse plus rien, au contraire. J'en souris légèrement, appréciant cette proximité mais me demandant si cela est vraiment sain pour notre amitié. Bah, c'est peut être Azkaban qui l'a rendue fébrile et sensible ce qui fait qu'elle cherche désormais un peu de réconfort. Enfin, Azkaban, c'était il y a plusieurs mois maintenant. Et ça fait un moment que je ne l'ai pas vue pleurer. Non pas qu'avec elle ce soit si courant.
...
Correction : si, avec elle, c'est tout le temps les rires ou les larmes. Elle ne fait pas les choses à moitié au niveau des émotions, et en rajoutant les bosses douloureuses à cause de sa maladresse, c'est rare qu'elle ne soit pas en train de sangloter... Tiens, c'est vrai qu'elle tombe moins ces temps-ci.
Bah, c'est bien qu'elle ne pleure plus, ça veut dire qu'elle va mieux. Et le fait qu'elle ne soit plus aussi maladroite c'est... Ça veut dire quoi déjà, ce comportement, chez elle ?
-Bonjour, me fait une voix calme mais pas du tout endormie derrière moi.
Lynna vient de surgir dans mon champ de vision, déjà coiffée et habillée, puis s'assit à table, prenant un toast.
-Bien dormi ? je demande avec ironie tandis qu'elle hoche la tête sans véritable expression. Dis-moi... Ça te travaille encore ta visite en prison ? Ne t'en fais pas, je ne me mettrais plus en colère.
-Pas spécialement : quand j'y pense je ne me sens pas très en forme mais sinon, ça va... Pourquoi ? J'ai dit quelque chose dans mon sommeil ? répond-elle toujours avec un air vague.
-Non. C'était juste pour savoir... En fait, tu n'as pas dû t'en rendre compte mais ces temps ci, on le fait beaucoup plus fréquemment que normalement alors je me disais que peut-être tu cherchais de la chaleur humaine ou un truc dans ce genre.
Son visage s'est crispé et son corps a eu un léger sursaut, puis elle s'est mise à tousser : j'ai touché un point sensible ou elle a avalé de travers ?
-Euh... Tout va bien ?
-Oui oui, ça va, souffle-t-elle, le visage un peu rouge. J'avais remarqué, ne t'en fais pas... Peut-être que ce regain d'excitation est dû à l'anniversaire de nos « dix ans de relations bizarres et entrecoupées de pleins d'aventures avec d'autres personnes ».
-Hey ! C'est vrai que ça va faire dix ans bientôt ! Le temps passe vite...
Je soupire en repensant à ces dix années passées avec et sans elle : nous avons perdu nos amis les plus chers, d'autres sont restés, d'autres encore se sont mariés.
-Ça ne te rend pas triste de n'avoir personne de... Sérieux ?
Nouvel étouffement et d'autres crispations... Je sais que sa maladresse n'a pas d'influence sur sa façon de manger donc... C'est un sujet délicat pour elle.
-Ne t'en fais pas, tu es belle, drôle et gentille, tu ne devrais pas avoir de mal à te trouver quelqu'un. Au pire tu auras toujours Josh pour te harceler.
Elle me jette un toast à la figure mais je vois bien qu'elle a une attitude différente, et qu'elle a rougit. C'est parler de mariage qui la rend ainsi ? Je sais que certaines personnes sont sensibles à ce sujet mais là il y a quelque chose de louche. Soudain, j'arrive à me rappeler ce que signifie le manque de maladresse chez Lynna : c'était Lily qui avait compris la première, à l'époque ou Sirius était l'objet de tous les désirs de notre chère cruche. L'absence de gaucherie est due à une peine de cœur !
Lynna serait amoureuse ?
-Dis, tu as déjà quelqu'un à l'esprit ?
-Si c'était le cas, je ne coucherais pas avec toi, c'est bien l'une des règles de notre relation, non ?
-Oui, je rigole doucement.
L'autre règle c'est que les relations sexuelles ne deviennent pas trop régulières afin que l'on puisse rencontrer d'autres personnes sans trop de problèmes et que notre amitié garde toujours le dessus. Et là, on commence à l'enfreindre allègrement. Il y a un truc qui cloche, j'en suis certain désormais, mais il ne faut pas qu'elle voit que j'ai compris. Je me lève un peu trop rapidement et me dirige dans la cuisine, prétextant chercher du café.
Réfléchis Remus, Lynna a un problème, elle agit bizarrement et n'est plus tout à fait la même. Revoyons les choses une à une : Lynna part à Azkaban, revient en larme, je m'occupe de la remettre sur pieds, elle va mieux, va à Poudlard, revient et... Voilà. Et après notre dispute au sujet d'Azkaban, elle n'est plus aussi pleurnicharde et maladroite, donc elle a un souci d'ordre sentimental mais aussi, elle couche plus souvent avec moi. Donc, après avoir vu Black, elle a eu un chamboulement et... Je ne pense pas qu'elle soit amoureuse de lui vu la neutralité, quand ce n'est pas de la haine, avec laquelle elle en parle. Bon, que peut dire ce regain de désir envers... moi ?
En fait c'est moi qui prends toujours l'initiative ces derniers temps mais c'est elle qui me tend des perches énormes...
Je dois en conclure que c'est le fait que je me sois occupée d'elle qui la rend ainsi ? Non, je dois perdre la tête.
Je retourne dans le salon, l'esprit toujours harcelé par cette idée saugrenue et improbable, Lynna, quant à elle, reste assise, le dos tourné, sûrement le regard dans le vide. Bon, j'ai une solution pour m'assurer que cette idée est tout à fait idiote.
Je m'approche sans faire de bruit, puis me penche pour glisser un bras autour de sa taille et enfouir mon visage entre son cou et son épaule afin d'y respirer son odeur qui m'est si familière. Je la sens se détendre aussi rapidement qu'elle s'est crispée avant de passer une main dans mes cheveux. Donc, soit mes cheveux la gênent, soit elle a oublié la frontière qu'on avait mis entre tendresse - ce qu'elle fait et qui est réservé aux moments d'amitié - et sexualité - ce que je fais.
-Je t'adore, je lui murmure.
Là, elle est censée me répondre « oui, je sais » ou « t'emballe pas trop » ou même « arrête ça »...
-Moi aussi.
Mon idée idiote se révèle être... Probable.
Je n'arrive pas à me défaire de son corps, pris à mon propre piège, alors je continue mon test : je caresse sa poitrine sous ses vêtements de travail puis descends plus bas en embrassant ses lèvres avec une certaine force. Je sais qu'elle adore ça en règle générale mais si elle gémit déjà en cours de route... Que dois-je penser ? Ses mains, devenues bien plus agile avec les années, semblent avoir décidé d'écarter toutes pensées dignes de ce nom.
Ce fut génial, mais là, je ne sais plus si c'est l'aspect physique ou l'idée qui me hantait toujours et qui a accompagné l'acte qui a rendu ça aussi bon. Je reprends lentement mon souffle, assis sur le tapis, m'habillant sans voir la nécessité des vêtements que j'ai dans les mains tandis que Lynna se coiffe à la va vite puis pars travailler en me faisant un signe de la main et un sourire qui se transforme au fur et à mesure en expression de crainte tandis qu'elle détourne la tête - je ne commence qu'à onze heure pour ma part.
Je reste un moment à regarder la cheminée puis m'étale de nouveau sur le dos en soupirant - de bonheur ou de résolution, je ne saurais le dire. Sooty s'approche de moi et s'installe sur mon torse, plantant doucement ses griffes au rythme de ses ronronnements sans me faire trop mal.
Désormais, j'en suis sûr : Lynna est en train de retomber amoureuse de moi.
Je me lève alors brusquement, faisant partir Sooty d'un bond, vexé, une nouvelle question dans l'esprit : comment dois-je réagir ?
- Laisse-lui le temps de s'en rendre compte elle même, et puis tu m'as bien dit qu'elle ne semble pas être totalement amoureuse de toi.
-Mais je ne sais même pas si je veux qu'elle m'aime ou non, je souffle dans un murmure que je voulais inaudible mais qui parvint malgré tout aux oreilles de Pauline.
Nous sommes dans une pièce à part de son restaurant : depuis peu, je la fréquente beaucoup plus, ravi d'avoir enfin une conversation avec quelqu'un d'adulte et calme - je sais que sur ce point Lynna s'arrange mais vu notre relation, c'est compliqué, surtout lorsqu'il s'agit de mes interrogations sur elle, quant à Sue et Ludovic... N'en parlons pas !
Bref. C'est une femme charmante, bien différente de l'adolescente possessive que nous avions connue au collège. Mais d'un côté, c'était à cause de l'amour qu'elle éprouvait pour Black... Et ce dernier n'a jamais apporté que des souffrances, donc je ne peux que pardonner Pauline pour cette erreur de jeunesse. Les souvenirs des pleines lunes avec les Maraudeurs me reviennent vaguement en tête mais je les chasse avec fermeté.
Peclercs m'a un jour raconté avoir déjà été fiancée mais l'homme en question n'appréciait pas de la voir travailler et refuser de quitter le poste de patronne dans son restaurant. Donc ils se sont quittés et ne se sont plus jamais revus depuis. Elle aime bien qu'un autre membre de la gente masculine approuve le fait que ce soit un idiot, donc je le fais... Comme ça, j'ai des cafés gratuits !
-En fait, j'aime le fait qu'on puisse m'aimer malgré... Mes défauts, si je puis dire.
Oui, elle n'est pas au courant de ma maladie.
-Comme nous tous : on veut être aimé. La question est : veux-tu l'aimer ? Apprécierais-tu de la voir avec un autre ?
Je réfléchis : j'ai envie de l'aimer... Enfin, si elle m'aime. Je n'ai pas envie de faire souffrir la seule femme qui m'accepte sous tous mes aspects sans se moquer de moi et qui m'a tout offert, qui connaît mon passé et les secrets des Maraudeurs... Enfin, surtout celui des transformations, j'entends. Mais si elle ne m'aime pas... Je ressens un malaise en moi, mon cœur se tord dans tous les sens... Mais pas au point d'être douloureux.
Est-ce que j'accepterais de la voir avec un autre ? Euh...
-Tu devrais réfléchir à ces questions. Et puis il faut dire que vous vous êtes mis dans une relation super ambiguë tous les deux.
-Je sais.
Que faire ? Soit je deviens plus entreprenant dans un domaine plus romantique, mais ça pourrait lui faire peur et c'est à moi qu'on jetterait la pierre d'avoir rompu notre amitié, soit j'attends, mais qui sait combien de temps cette situation durera... Et Lynna n'a plus beaucoup de temps à passer en Angleterre. Il faut donc que j'agisse vite. Si j'ai envie qu'il y ait quelque chose entre nous... Mais en ai-je envie ?
Retour au point de départ.
-Tu ne parles pas beaucoup, remarque Pauline avec un sourire maternel, m'interrompant dans mes pensées. Bah, ne t'en fais pas, tu verras avec le temps...
-Lynna n'a plus que trois mois à passer ici, après elle repartira en Roumanie.
-Ah. Voilà qui corse le problème. Alors soit tu lui demandes de briser son rêve pour toi...
-Je ne suis pas comme ça ! Et puis lui demander de tout plaquer alors que je ne suis même pas certain d'avoir envie d'être avec elle...
-Soit tu attends... Encore. Je te conseille d'attendre, et peut être même d'aller la rejoindre en Roumanie si tu te rends compte que tu tiens à elle... Enfin, si tu la considères comme autre chose qu'une amie.
-Une sœur ?
-Rah ! Tu m'as compris, alors ne me force pas à tout t'expliquer.
-C'est cher d'aller en Roumanie, autant lui envoyer un hibou, je ronchonne avec un début de sourire.
-Quel romantisme tu dégages Remus, j'en suis toute retournée, répond-elle avec un air neutre au possible.
Nous nous jetons un regard glacial avant de rire de notre comportement et aborder des sujets d'actualités. Chose que je ne pourrais jamais faire avec les autres sans dévier sur un sujet graveleux ou sur de la nourriture. C'est agréable, de temps en temps.
* * * * * * * Łƴɲɳɑ * * * * * * *
-Sue, lâche mon bras...
-Pas question ! Je ne te laisserai plus t'enfuir !
-Tu sais ce que Remus adore faire avec mon bras ?
-Beurk ! s'écrie ma meilleure amie en me repoussant, une expression de dégoût sur le visage.
C'est trop simple parfois.
Mais maintenant je repense à ce que Remus m'a dit l'autre matin. Lui aussi s'est rendu compte que nos relations deviennent trop fréquentes, et j'ai peur qu'il s'aperçoive de ma nouvelle sensibilité pour lui. L'imbécile ! Pourquoi m'a-t-il dit qu'il m'adorait ? Pourquoi mon cœur a-t-il réagit ainsi. J'ai l'impression d'être assoiffée et que ces paroles sont comme de l'eau pure. Sans que ça ne me guérisse pour autant. Qu'est-ce qui m'arrive ? Je ne ressens pas le bonheur de quand je suis amoureuse, serait-ce ma haine envers moi-même ? À cause de ça, ne verrai-je plus l'amour de la même manière qu'avant ?
Rah, je vais finir par avoir mal à la tête.
Je continue de marcher sur les pavés de l'allée principale de Pré-au-Lard afin de rejoindre mon rendez-vous... Enfin, mon entrevue... Bref, je rejoins le jeune homme motivé de septième année en compagnie de Sue qui refuse le fait que je ne cherche pas à le mettre dans mon lit. Quoique là, j'ai plutôt l'impression que c'est elle qui veut l'ajouter à sa liste de conquêtes. Elle regarde fébrilement autour d'elle, comme si le garçon - nommé Charlie Weasley si j'ai bien compris... C'est quoi ce nom imprononçable ! - allait sortir de nulle part, avec un bouquet de fleur à la main et un sourire charmeur, mais il n'y a que des adolescents courant d'une boutique à l'autre et de jeunes couples d'apparences ingénus et aux hormones révoltées. Nous arrivons à la porte des Trois Balais, lieu du rendez vous, puis je jette un regard à Sue.
-Tu peux partir maintenant.
-Mais ! Laisse-moi juste le voir, une seconde, me fait-elle en prenant un regard plein de pitié.
J'accepte en soupirant, un léger sourire aux lèvres malgré moi, puis pousse la porte de l'auberge. Il y a du monde mais pas au point de nous empêcher d'avancer. Les gens doivent sûrement rester dehors, profiter du soleil et de la chaleur plutôt qu'étouffer dans un pub rempli.
Je jette un regard circulaire et remarque une personne se lever en me regardant, je lui fais un signe de la main puis me dirige vers lui, suivie de près par Sue.
-Bonjour, j'espère ne pas trop vous avoir fait attendre.
-Non, ça va, je viens tout juste de m'ass...
-Bonjour, le coupe Sue avec une voix suave. Je suis Sue Winston, ravie de faire votre connaissance.
-Au revoir Sue, je déclare avec un ton qui montre que je n'accepterai aucune réponse.
Sue maugrée un moment avant de partir sous mon regard noir, sans s'empêcher pour autant de faire un clin d'œil à Charlie.
-Ne faites pas attention à elle, elle a pris trop de poudre de champignons magiques.
Charlie rigole légèrement, ne sachant apparemment pas comment réagir. Je m'assois sur une chaise située face à lui puis nous commençons à discuter du travail de gardien de Dragons, des diplômes nécessaires et des formalités à remplir. Rosmerta passe entre-temps nous servir quelques boissons rafraîchissantes avant de retourner à son comptoir et s'occuper de ses autres clients. Charlie semble avoir une bonne connaissance en matière de créatures magiques et je lui assure qu'il pourra réussir ses études supérieures à mi-temps, tout en travaillant à la Réserve, grâce à cette avance.
Au bout de trois quarts d'heure, alors qu'il rangeait les différents papiers administratifs à remplir - pour avoir le droit aux aides sociales et au logement de fonction - dans son sac, un bruit aigu et sec en sortit, me faisant sursauter. Je regarde Charlie qui semble gronder son sac du regard avant de me jeter un coup d'œil gêné.
-Quel était ce bruit ?
-Rien rien...
Je lève un sourcil, tentant de prendre la même expression que Remus lorsqu'il voit bien que je mens. Charlie soupire puis commence à m'expliquer :
-C'est mon petit frère... Je l'ai vu avec maman avant de venir ici et il a appris que... Que j'allais vous voir et je lui avais déjà raconté quel était votre travail - pardon -, donc il a râlé pour que je vous montre son animal de compagnie, marmonne-t-il, visiblement honteux. Mais je ne veux pas vous déranger, vraiment, vous faites bien assez ainsi et puis c'est un mammifère...
-Je suis agent de soins aux mammifères.
Réflexe.
-Quoi ? Mais, et les dragons ?
-Vu le manque d'effectif, il m'arrive de faire des heures supplémentaires dans ce secteur, ce qui explique mes connaissances, mais ce n'est pas mon travail officiel.
-Ah... Mais je ne veux pas vous gêner et...
-Ça ne me gêne pas, ni de venir ici, ni de m'occuper de cet animal. Je suis, pour le moment, une chasseuse de tête, si on peut le dire ainsi, et c'est vous qui me rendez un grand service en acceptant aussi rapidement de venir travailler en Roumanie, je sourie afin de le réconforter.
Bon, je dois avouer que je n'ai pas envie de rentrer si tôt à la maison : j'ai peur de ce qui pourrait se passer avec Remus, j'ai peur qu'il devine tout à mon propos. Donc je cherche par tous les moyens à rester ici quitte à m'occuper d'un chat ou d'un crapaud.
-Non mais ça va, je vous assure... Et puis il n'a rien ce rat, c'est sûr, c'est juste Percy... Pardon, mon petit frère qui est paranoïaque.
Un rat ? C'est vrai que c'est plutôt simple à nourrir et c'est sympathique pour certains... Sauf pour Kathy et Sue qui ont une sainte horreur des rongeurs.
-Faites moi voir, ça ira plus vite, et puis si votre petit frère sait que je l'ai vu, il sera satisfait et il vous laissera tranquille.
Il me jette un coup d'œil avant de marmonner une dernière excuse puis il se penche sur son sac et en sort un gros rat aux couleurs grisâtres, semblant endormit. Alors que son maître me le tend, il ouvre un œil paresseux puis se met à couiner de plus en plus fort, faisant tourner quelques têtes vers nous.
-Vous sentez le chat ?
-Peut être, mais j'avoue que c'est la première fois qu'un animal a aussi peur de moi... Il n'y aucun aliment étrange dans votre sac ?
-Non, juste des gnomes au poivre... C'est dangereux pour eux ?
Je hoche la tête, négativement, puis prends d'une main ferme et précise le rat affolé, bloquant ses pattes sans lui faire mal. Il continue son vacarme tandis que j'examine ses yeux et sa truffe - un peu de sang s'y injecte mais c'est normal chez eux lors d'un tel état d'excitation.
-C'est pour ça que votre petit frère voulait que je le vois ?
-Non, normalement, il ne fait que dormir, vraiment que ça, et c'est ce qui l'inquiétait... Je ne l'ai jamais vu dans un tel état, s'étonne Charlie, fixant l'animal avec effarement. C'est vraiment bizarre.
Fatigué ? Il est gros, c'est certain, mais semble plutôt en bonne santé. Je tâte son ventre afin de vérifier s'il n'a pas quelques tumeurs, chose très fréquente pour les rongeurs, vérifie qu'aucun de ses membres ne s'est abîmé...
-Sa patte avant est estropiée... C'est récent ?
-Où ça ? Ah, le doigt manquant, non : on l'a récupéré comme ça.
-Quand l'avez-vous récupéré exactement ? je demande malgré tout, pour être sûre.
-Il y a plus de cinq ans si je me souviens bien... Attendez, c'était l'année où Ginny est née, murmure-t-il sans que je ne comprenne rien à ce qu'il raconte. Oui, ça fait cinq ans !
-Les problèmes ne viennent pas du doigt, ça fait trop longtemps, donc ce n'est pas un panari. À quelle ménagerie l'avez-vous obtenu ?
Charlie se met à rougir jusqu'aux oreilles et marmonne qu'ils l'ont recueilli. Il semble être assez honteux de la situation financière de sa famille. Il n'a pas à l'être, vu que je vis avec un loup-garou fauché. Je chasse Remus de mon esprit et réalise une minuscule incision du bout de ma baguette sur la cuisse du rat, afin de vérifier s'il coagule bien et calculer sa glycémie.
-Il n'est pas diabétique et ne semble pas avoir de problèmes sanguins. En cinq ans il a toujours été paresseux ? A-t-il fait preuve de certains dons magiques ?
-Il n'a jamais rien fait d'autre que dormir et on n'a rien vu d'extraordinaire chez lui, en tout cas, pas que je sache. Percy râle souvent dessus justement.
-Bon, il est possible qu'il ait une maladie virale... La chromodacryorrhée - les yeux et le nez qui sont injectés de sang, vous voyez ? - pourrait en être un symptôme mais je n'en suis pas certaine malheureusement. Je vais vous donner une liste des aliments à éviter... Il est aussi possible que ce soit juste un paresseux réincarné en rat, cependant... Je dois vous prévenir que, cinq ans, c'est l'âge maximal d'un rat non magique, alors ménagez votre petit frère.
Charlie hoche la tête puis récupère le rat qui semble vouloir à tout prix retourner dans le sac. J'écris rapidement quelques indications sur un parchemin puis le donne au jeune homme en face de moi et me lève. J'aimerai rester un peu plus, trouver une autre excuse pour retarder mon retour chez Remus. Je jette un regard au rat puis quelque chose remue dans mon esprit. J'ai une impression de déjà vu mais c'est tout à fait normal, non ? C'est notre cerveau qui, soit a eu un temps de retard, soit a trop réfléchi et a déjà imaginé une telle scène sans que je ne m'en rende compte.
Je secoue un peu la tête et récupère le gros rat sans dire un mot, un air très concentré sur le visage. Et si c'était...
Je le pose sur la table et lui jette un sort sur les pattes arrière... Qui réagissent parfaitement. Bon, ce n'est pas un problème nerveux, ma supposition était erronées. Soudain, le rongeur plante ses incisives dans l'un de mes doigts me faisant sursauter plus par surprise que par peur. Je desserre mon emprise, me doutant que l'animal va filer à la vitesse d'un balais de course voir son maître mais à la place il fait un saut périlleux assez impressionnant en direction de la porte du bar.
Par chance, Charlie l'attrapa avec des réflexes prodigieux je dois l'admettre. Face à mon regard admirateur il déclara :
-Je suis attrappeur dans l'équipe de Gryffondor et... On gagne la plupart de nos matchs.
Tiens ? Il frime... Ça me rappelle un certain joueur de Quidditch de Gryffondor. Je ne peux m'empêcher de sourire à la pensée de James avant d'expliquer mon test.
-Je voulais voir si il ne commençait pas à souffrir d'une paralysie, tous les symptômes concordaient, mais il marche parfaitement bien comme on a pu le voir. Bon, suivez le régime que j'ai écrit sur la feuille et si ça ne change rien... C'est que vous avez hérité d'un fainéant qui panique dès qu'il voit une femme.
-Merci beaucoup.
-Bon je vais y aller. N'hésitez pas à me contacter au moindre problème pour les formulaires et à me donner de vos nouvelles.
Je regarde une dernière fois le sac d'où sortent des couinements terrifiés : pourquoi a-t-il si peur de moi ? Je n'ai pourtant pas fait de câlin à Sooty ce matin, donc je n'ai aucune odeur de félin sur mes vêtements. Aucun rat n'a jamais eu peur de moi à ce point... Bon d'un côté, les seuls rats que j'ai rencontrés avaient muté suite à des sorts douteux. Bon, il y a aussi Peter qui se transformait en rat mais lui n'avait pas peur de moi puisqu'il était un animagus, donc il ne compte pas. Serait-ce l'odeur de Remus : peut-être que le rat sent que j'ai été avec un loup garou... Et je ne connaîtrais pas cet effet puisque en temps normal, je ne travaille pas avec les animaux quand je vois Remus car mon travail est en Roumanie ! Il faudra que je vérifie cette hypothèse.
-Qu'est-ce qu'elle a la bestiole, on dirait qu'elle a vu le Sinistros ? demande un client étonné, au visage rond avec une épaisse moustache, qui nous observait depuis un moment.
-Qui sait, vu ce qui traîne dans ce village..., murmure avec mystère une sorcière qui a une cicatrice sombre sous l'œil gauche.
Je range ma chaise tout en soulevant mon sac avant de l'installer sur une épaule. Je fais un rapide signe de tête afin de saluer Charlie qui semble écouter attentivement la discussion en cours.
-Et voilà, il est reparti sur sa vieille légende, lança un nain accoudé au bar.
-Arrête avec ça, Berny ! Ça fait longtemps que les hurlements de la cabane ont cessé ! grogne un troisième client qui arborait une énorme barbe.
-Et est-ce que tu oses pour autant t'en approcher ? Moi je vous dis que la cabane est toujours infestée de monstres, peut-être même que c'est là que réside le maître du Sinistros !
Je pousse la porte doucement, cherchant à en entendre plus pour pouvoir ensuite en rire avec Remus : c'est fou que les rumeurs sur lui et sa cabane continuent, même 9 ans après notre départ de l'école.
-Et qu'est-ce que ton stupide Sinistros ferait à ce rat ? Ce sont les chats qui chassent les rats, pas les chiens.
-Ce rat a sentit que le destin n'était plus très loin, il a compris que le chien des ténèbres ne le lâchera plus...
-Tout ça pour un pauvre rat, soupire le nain. Désolé mon garçon, fait-il en s'adressant à Charlie qui faisait son possible pour ne pas glousser face aux idioties que racontait le vieil homme. Berny aime bien se lancer dans des histoires sans queue ni tête.
-Oh, ça va, mon propre oncle a cru voir un Sinistros il y a longtemps... Selon moi, il est plus mort de peur que...
Je n'entendis pas la fin de la conversation, la porte des Trois Balais s'étant refermée sur moi, me laissant seule, dans les bourrasques. Je redresse ma cape puis m'engage dans l'allée qui me fait face. Un sourire dû aux affabulations du vieillard se dessine sur mon visage tandis que j'observe les vitrines des magasins : franchement, pourquoi voulait-il tellement qu'un funeste chien ténébreux mette fin à la vie de ce vieux rat fatigué et abîmé par les années et les batailles ? Tout ça à cause du bruit que faisait Remus dans la Cabane Hurlante... Il y a des fous dans ce monde qui gobent et racontent vraiment n'importe quoi...
*.*.*.*.*
note d'auteur : …
*bruit de jouissance machiavélique*
Vous la haïssez, n'est-ce pas ?
J'ai réussi.
HAHAHAHAHAHA !
*part se réfugier dans un bunker*
FIN !
Non je déconne. C'est pas la fin de la fic, je le jure ! N'appuyez pas sur le gros bouton rouge ! Non, lâchez aussi la hallebarde ! Et baissez ces snipers !
