À propos de Sirius…
30 mai 1982
James était planté devant la porte de son appartement, un Harry gigotant dans les bras. Il devait partir. Il fallait qu'il quitte son fils pour se rendre au ministère de la magie, c'était important, c'était pour Sirius… mais ça serait la première fois qu'il le laisserait depuis qu'il avait rendu son retour public.
-Je t'assure que tout ira bien.
James se tourna vers Remus. Celui-ci attendait patiemment juste à côté de lui qu'il se décide à lui donner Harry et à sortir. Il ne doutait pas de la capacité de Remus à garder Harry, il l'avait déjà fait alors qu'il était encore plus petit, il répugnait simplement à s'éloigner de lui.
-Je sais, dit donc James au bout d'un moment. Je sais. Tu vas rester avec Remus d'accord, ajouta-t-il en se tournant vers Harry.
-Papa.
James songea qu'il devrait encore attendre un moment avant qu'Harry comprenne réellement tout ce qu'il lui racontait… Il posa un baiser sur les cheveux ébouriffés de son fils, puis le tendit à Remus. Harry commençait à s'habituer à lui et ne protesta pas. Il posa toutefois ses grands yeux verts sur son père et tendit l'une de ses petites mains vers lui.
-Papa.
-Ça ne devrait pas être très long, dit James à l'adresse de Remus. Je…
-Tout ira bien James, répéta Remus.
James hocha la tête, prit une profonde inspiration et sortit de chez lui, se répétant qu'Harry était en sécurité avec Remus. Il prit ensuite la direction du ministère de la magie, transplanant jusqu'à la cabine téléphonique permettant aux visiteurs d'y entrer.
Lorsqu'il émergea dans le hall, James tenta tant bien que mal de se fondre dans la masse de sorciers se rendant au travail ou à un rendez-vous, mais c'était immanquable, les regards se tournaient vers lui.
-James!
Le jeune homme se tourna vers la personne qui venait de l'appeler. C'était manifestement quelqu'un qu'il connaissait bien, autrement on l'aurait appelé par son nom de famille… Il reconnut effectivement Sam qui était en compagnie d'un homme qui semblait une quinzaine d'années plus âgé qu'eux.
-Je savais bien que c'était toi, s'exclama la jeune femme en arrivant à sa hauteur. Cette tignasse est reconnaissable entre mille!
-Bonjour Sam, dit James en esquissant un mince sourire.
-Je te présente Erick, enchaîna Sam en désignant son compagnon. C'est mon partenaire.
-Enchanté, dit James en tendant la main.
-C'est un honneur de rencontrer James Potter, s'exclama Erick en lui serrant la main.
James ne répondit pas. Il détestait ce genre de remarques. Les gens n'avaient aucune raison d'être honorés de le rencontrer.
-Qu'est-ce que tu viens faire au ministère, demanda Sam alors qu'ils entraient dans un ascenseur.
-J'ai rendez-vous au ministère de la Justice.
-À propos de Sirius Black, demanda Erick d'une voix grave.
-Oui, dit James d'une voix neutre.
Sam allait apparemment ouvrir la bouche pour commenter lorsque l'ascenseur s'arrêta, les portes s'ouvrant pour laisser entrer plusieurs sorciers et sorcières ainsi que quelques avions de papier livrant des messages. James se figea. L'une des personnes qui venaient d'entrer dans l'ascenseur était une très belle jeune femme aux cheveux blonds, aux yeux d'un bleu profond et au corps de rêve… Lizzie.
Elle ne le remarqua pas immédiatement, plongée qu'elle était dans la lecture d'un très long rouleau de parchemin, mâchouillant d'une manière effroyablement sexy l'extrémité d'une plume.
-James?
Le jeune homme sursauta. Apparemment, Sam avait continué à lui parler et s'inquiétait de son absence de réaction. Malheureusement, son intervention dans l'ascenseur où presque personne ne parlait emmena plusieurs à poser les yeux sur lui. Incluant Lizzie. Leurs regards se croisèrent un moment et James pu constater à quel point elle était horrifiée d'être ainsi confrontée à lui. Il la vit rougir violemment avant de reposer les yeux sur son parchemin.
James salua vaguement les quelques personnes présentes dans l'ascenseur, leur serrant la main et leur offrant des sourires crispés, tout en jetant de fréquents regards à Lizzie qui semblait au bord de la crise de nerfs.
Lorsque l'ascenseur s'arrêta finalement à l'étage où il devait descendre, James salua Sam et Erick et suivit les quelques autres qui sortaient à cet endroit. Incluant Lizzie. Il avait oublié qu'elle travaillait pour le ministère de la Justice magique…
James jeta un coup d'œil à sa montre. Il avait encore une demi-heure avant son rendez-vous. Ça lui laissait un moment pour discuter avec Lizzie.
James traversa donc à grandes enjambées la distance qui le séparait de la jeune femme et posa doucement une main sur son épaule.
-Il faut qu'on parle.
Lizzie se figea, se tourna lentement vers lui et hocha la tête. Elle jeta un regard tout autour d'elle et lui fit signe de la suivre. Elle le fit ensuite entrer dans un tout petit bureau sans fenêtre, à peine assez grand pour contenir une chaise et un bureau enseveli sous une tonne de parchemins.
-Ferme la porte derrière toi, dit Lizzie en posant son parchemin sur la pile.
-C'est ton bureau?
-Oui. Je suis chanceuse d'en avoir un. De quoi veux-tu parler?
James l'observa un moment. Elle semblait avoir repris ses esprits depuis l'ascenseur et tentait maintenant de cacher son trouble, affichant un air neutre et fermé.
-Pourquoi est-ce que tu as fait ça, demanda James.
-Fait quoi?
-Parler à Skeeter.
-Je… quoi? Tu crois que j'ai parlé à Skeeter!
Admets que c'est quand même étrange, s'expliqua James. Je t'apprends qu'Harry est de retour, on se dispute et le lendemain La Gazette du Sorcier publie la nouvelle du retour de mon fils tout en dressant un horrible portrait de moi. Ça ressemble étrangement à une vengeance…
-Je n'aurais jamais fait ça, protesta Lizzie avec véhémence.
-Pourquoi est-ce que je te croirais? À part toi, seuls Remus, Mary et Dumbledore étaient au courant et je suis sûr que ce n'est aucun des trois.
-Hey bien c'est sûrement l'un d'eux, parce que je n'ai rien dit, protesta Lizzie. De toute manière je ne sais même pas pourquoi j'argumente avec toi. Qu'est-ce que ça change que j'aie parlé ou non? Tu t'en es bien tiré finalement, non?
-J'avais confiance en toi Liz. C'est ce que ça change. J'avais confiance… et tu m'as trahi.
Lizzie ne dit rien. Le visage fermé, elle retenait ses larmes, soutenant malgré tout son regard. Au bout d'un moment, Lizzie prit une profonde inspiration et s'approcha un peu de lui.
-Sors de mon bureau.
-Pas avant que tu aies avoué, répliqua James.
-Sors de mon bureau, répéta Lizzie.
-Non.
-S'il te plaît James, ne rend pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont…
-Que je rende les choses plus difficiles qu'elles ne le sont? Lizzie, c'est toi qui as tout compliqué! Tu n'aurais jamais dû…
-Te dire que je t'aimais, dit Lizzie d'une voix fermée. Non, en effet, je n'aurais pas dû. Maintenant que c'est clair, sors de mon bureau.
Sur ces mots, Lizzie s'approcha de la porte et l'ouvrit avant de poser ses yeux sur James. Le jeune homme resta un moment à la défier du regard, avant de comprendre qu'il ne tirerait rien de plus d'elle. Les poings serrés, il quitta donc finalement la pièce et prit la direction du bureau de Victor Tyssere, l'employé du ministère avec qui il avait rendez-vous.
En arrivant devant la porte, il constata que deux personnes l'attendaient. Naturellement Ernest, son avocat, puis Albus Dumbledore.
-Qu'est-ce que vous faites là, demanda James de but en blanc.
-Bonjour à toi aussi James, répondit le vieillard en lui souriant.
-Je vous ai posé une question.
-Il est là pour nous aider, dit Ernest en jetant à James un regard sévère.
-Super, marmonna James en prenant place sur l'une des chaises mises à leur disposition pour attendre.
Ils restèrent un moment en silence, Ernest farfouillant dans une pile de parchemin et Dumbledore sifflotant, l'air décontracté. James quant à lui fixait le mur devant lui la mâchoire crispée. Depuis ce bref moment de trêve qui avait eu lieu entre son vieux directeur et lui lors de la conférence de presse, il avait beaucoup réfléchi. Il y avait un truc qu'il ne lui disait pas.
-Bonjour Messieurs.
James leva les yeux. La porte du bureau de Tyssere venait de s'ouvrir sur un sorcier de petite taille à l'air bonhomme. Presque chauve, ses cheveux grisonnants formaient une couronne autour de sa tête et ses yeux noisette brillaient d'intelligence derrière des lunettes rondes. Il était vêtu d'une traditionnelle robe de sorcier qui ne dissimulait tout de même pas son ventre rebondi.
-C'est un plaisir de vous voir Dumbledore, S'exclama Tyssere en allant serrer la main de Dumbledore.
-Pour moi aussi Victor, assura le vieil homme.
-Me Mills, j'ai entendu beaucoup de bien de vous, enchaîna Tyssere, serrant maintenant la main de l'avocat. À ce qu'on dit, vous êtes le meilleur avocat de la communauté sorcière.
-Merci pour le compliment, dit Ernest en inclinant humblement la tête.
-Et M. Potter, dit finalement Tyssere en se tournant vers James. C'est un honneur.
James se contenta de lui serrer brièvement la main. Ces simagrées l'agaçaient. Il voulait en venir aux faits afin de retourner directement voir son fils. Tyssere leur fit signe de le suivre dans son bureau. C'était une pièce spacieuse, en plus de ce qui était vraisemblablement son bureau de travail, se trouvait une table de conférence autour de laquelle étaient installés des fauteuils à l'air confortable. C'est là qu'il les fit s'asseoir.
-Je peux vous offrir du thé?
James constata que sur la table était posé un service à thé. Sans attendre leur réponse, Tyssere agita sa baguette et une tasse de thé fumant vint aussitôt se placer devant chacun d'eux. Il prit une gorgée, puis posa les yeux sur James qui, les bras croisés, n'avait pas touché à sa propre tasse.
-Alors, que puis-je faire pour vous, demanda Tyssere en croisant les mains devant lui.
-Mon client désire apporter de nouvelles informations dans le dossier de Sirius Black, dit aussitôt Ernest.
-De nouvelles informations, dit Tyssere en fronçant les sourcils.
-En effet, il possède des informations qui pourraient favoriser la libération de M. Black ou, du moins, une réduction de peine.
Tyssere ne dit rien. Le visage fermé, il posa les yeux sur ses mains. James se passa nerveusement la main dans les cheveux. Ça n'était que son premier contact avec le ministère de la magie, mais il plaçait beaucoup d'espoirs en Tyssere. D'après ce qu'Ernest lui avait appris, il était l'un des bras droits de Croupton et c'était un homme juste et équitable.
-Je vais être franc M. Potter, dit finalement Tyssere. Je lis les journaux et je ne suis pas sans savoir qu'elles sont ces fameuses informations. J'ignore ce qui c'est exactement produit lorsque vous avez pratiqué ce sortilège du gardien du secret et très franchement, peu importe la personne que vous avez choisie, ça ne change pas grand-chose.
-Au contraire, s'exclama James. Ça change tout! Sirius n'est pas un mangemort!
-Mangemort ou pas, répliqua Tyssere en secouant la tête. M. Black a tué treize personnes. C'est un crime condamnable par la prison à vie.
-Rien ne vous dit que c'était lui, répliqua James d'une voix étranglée. Il y a forcément une explication.
-Plusieurs témoins l'ont vu, répliqua Tyssere en secouant la tête. Je suis désolé M. Potter, mais la culpabilité de Black ne fait aucun doute et je ne peux malheureusement rien faire pour vous.
James eut l'impression qu'on venait de l'assommer. Pourquoi est-ce que personne ne voulait y croire… c'était un malentendu, Sirius ne pouvait avoir tué tous ces gens.
-M. Black avait des circonstances atténuantes, dit Ernest. Il était désorienté et en état de choc. Il venait de découvrir que ses meilleurs amis avaient été attaqués par Vous-savez-qui, de constater que Mme Potter était morte, que M. Potter était dans un état critique et on lui a retiré des bras son filleul, dont il devait avoir la garde s'il arrivait quoi que ce soit à ses parents. On ne peut lui reprocher les actes qu'il a commis alors qu'il était dans un tel état de choc.
-Me Mills, répliqua Tyssere. M. Black a tué treize personnes. Aucun état de choc, aussi grave soit-il ne peut justifier un tel acte.
-Il y a pourtant des précédents, répliqua Ernest.
-Je suis désolé, dit Tyssere en secouant la tête. Je ne peux rien faire.
-Comment vous ne pouvez rien faire, s'énerva James. Il n'a même pas eut de procès!
-Un procès serait inutile, dit Tyssere. Il y a des témoins, sa culpabilité ne fait aucun doute. Je ne peux rien faire, répéta-t-il.
Incapable d'en entendre plus, James fit mine de se lever. Ce type qu'il croyait raisonnable était complètement insensible. Il devrait se débrouiller sans l'aide du ministère… c'est alors qu'une main se posa doucement sur son bras, l'incitant à rester assis, c'était Dumbledore. Son vieux directeur se pencha un peu vers l'avant et posa ses yeux d'un bleu perçant sur Tyssere.
-Nous comprenons, mais peut-être pourriez tout de même faire une petite chose.
-Quoi donc, demanda Tyssere en fronçant les sourcils.
-Permettre à M. Potter de visiter M. Black à Azkaban.
Un silence pesant s'installa dans la pièce. James jeta un regard à son ancien directeur, sentant son cœur s'emballer. Il n'y avait même pas pensé… Visiter Sirius n'impliquait bien-sûr pas sa libération, mais il pourrait en apprendre plus sur ce qui s'était produit… et parler à son vieil ami.
-Je vais voir ce que je peux faire, dit finalement Tyssere.
James ne put s'empêcher de sourire en pensant à la possibilité de revoir Sirius, de pouvoir lui parler, lui dire de tenir encore un peu, qu'il lui permettrait de retrouver sa liberté… comme il l'avait fait, il lui semblait déjà bien longtemps…
6 juillet 1976
Étendu sur son lit, James jouait avec son vif d'or volé, écoutant de la musique à plein volume, juste pour déranger ses parents. Il était furieux. À cause de ce qu'il avait fait à cet idiot de Servilus, McGonagall lui avait donné une quantité phénoménale de devoirs d'été et ses parents lui avaient interdit de voler. Interdit de voler. Pendant deux mois… Entre ça et Evans, qui disait devant toute l'école qu'il l'a faisait vomir, il ne savait pas ce qui était le pire. Et puis c'était quoi son problème à cette fille, elle…
-James…
James sursauta et tendit l'oreille, sûr d'avoir entendu son nom.
-James!
Les sourcils froncés, James baissa le son de sa musique. Il entendit sa mère dire « enfin! » et il ne résista à l'envie de l'envoyer promener que parce qu'il était trop occupé à chercher l'origine de la voix.
-James par Merlin tu vas me répondre!
James sourit, se traitant d'idiot. Bien sûr, il s'agissait de Sirius… Suffisait maintenant de trouver le miroir… Il le repéra sur son bureau, dépassant de la poche du jeans qu'il avait porté la veille.
-Comment va la vie Patmol, s'exclama James en attrapant son miroir.
-Il était temps! Qu'est-ce que tu foutais? En fait je m'en fiche. Je suis devant chez toi, tu peux venir m'ouvrir?
-Qu'est-ce que tu fais devant…
-Il pleut merde, tu viens m'ouvrir!
James haussa les épaules, glissa le miroir dans sa poche et sortit de sa chambre pour dévaler les marches à grandes enjambées et se rendre jusqu'à la porte d'entrée.
-Où est-ce que tu vas jeune homme, demanda soudainement une voix grave.
James se retourna pour faire face à son père. Autrefois grand, fort et fier, John Potter n'était plus que l'ombre de lui-même. Ses parents l'avaient eu sur le tard et son père avait aujourd'hui 77 ans… et il était atteint d'un cancer qui le vidait tranquillement de sa magie. Ça ne l'empêchait malgré tout pas d'être furieux contre lui pour l'avoir privé de vol.
-Je vais prendre l'air, répondit James. J'ai encore le droit de faire ça? Je ne suis quand même pas en prison.
-Il est tard et il pleut. Va te coucher, dit son père d'une voix calme.
-Merde papa! Je ne suis pas un enfant! J'ai seize ans enfin, je…
-Alors commence à agir comme tel mon chéri, dit Elizabeth Potter, sa mère, qui venait de surgir dans le salon.
-C'est ce que j'essaie de faire. Voyez-vous, je suis un sportif et vous m'empêchez de dépenser mon énergie. Vous avez donc deux choix, soit vous me laissez sortir quelques minutes pour me défouler, soit je me défoule sur la décoration du salon. Pourquoi pas sur cet horrible tableau de la tante Olivine…
-James Potter!
-Merci Maman, je savais que tu comprendrais!
Sur ces mots, James ouvrit la porte et sortit à l'extérieur avant que ses parents aient eu le temps de répliquer. Comme il les connaissait, sa mère devait se demander où elle s'était trompée dans l'éducation de son petit trésor et son père se retenir à grand-peine de rire. Il détestait ce tableau.
-James!
Le jeune homme jeta un regard autour de lui à la recherche de Sirius. Il venait de surgir de derrière un arbre et James ne put retenir un hoquet de surprise en voyant son ami. Malgré l'obscurité, il voyait clairement qu'il avait un œil au beurre noir, la lèvre fendue et une impressionnante ecchymose sur la joue.
-Putain qu'est-ce qui t'es arrivé, balbutia James.
Mécaniquement, Sirius porta la main à son visage.
-C'est rien ça, tu devrais voir l'autre gars, dit Sirius avec un mince sourire.
-L'autre gars?
-Mon père…
Les yeux de James s'agrandirent d'horreur. Alors que le sourire de Sirius disparaissait pour faire place au visage impassible que James le voyait toujours arborer au retour des vacances d'été. Il lui fallait toujours quelques jours pour s'en remettre et il n'en parlait que très rarement. Au fil des ans, James n'était parvenu à recueillir quelques rares informations sur ce qui se passait au 12 Square Grimmaud. Il savait entre autres que les parents de Sirius les punissaient lui et son frère avec des sévices physiques… mais il n'avait jamais vu les résultats, ils n'étaient pas encore assez idiots pour envoyer leurs enfants à l'école avec des plaies et des bleus.
-Je suis parti James, dit Sirius d'une voix tremblante. Je… je suis parti.
James remarqua alors que la valise de Sirius reposait à ses pieds.
-Tu t'es enfui, dit James en ne pouvant empêcher un sourire de poindre sur ses lèvres.
-Et il est hors de question que j'y retourne, dit Sirius avec détermination. C'est pour ça que je… je n'avais nulle part où aller…
-Tu as bien fait de venir ici, assura James en attrapant la valise de Sirius.
-Tu es sûr que…
-Oui.
-Merci.
-Si les rôles étaient inversés, tu ferais pareil pour moi, répliqua James.
L'air honteux, Sirius le suivit jusqu'à la porte d'entrée. Sirius détestait montrer des signes de faiblesses et ce soir, il était dans l'état le plus misérable dans lequel James l'avait vu.
-Monsieur s'est suffisamment défoulé, s'exclama une voix dès que James poussa la porte.
-En fait…, commença James.
-Par Merlin!
Sa mère venait de toute évidence d'apercevoir Sirius qui était entré derrière lui. James se retourna. À la lumière, ses blessures semblaient encore pires.
-Sirius mon chéri, qu'est-ce qui t'es arrivé?
-Bonjour Mme Potter…
-Qui t'a fait ça?
Sirius ne répondit pas, détournant le regard, apparemment plus que honteux de ce qui s'était passé, d'être vu ainsi devant les parents de James qui, même s'il les avait vu à de nombreuses reprises restaient des étrangers. James entreprit donc de répondre pour son ami.
-Ce sont ses parents maman.
-Oh mon pauvre chéri.
Sans plus de cérémonie, Elizabeth Potter attira Sirius à elle et le prit dans ses bras. Du haut de ses seize ans, il était déjà plus grand qu'elle et il resta un long moment stoïque, à regarder droit devant lui, ne sachant pas quoi faire.
-Des parents ne devraient jamais lever la main sur leurs enfants. Jamais, murmura Elizabeth Potter.
Ce fut alors comme si un barrage cédait. Sirius éclata en sanglot. Alors qu'Elizabeth le serrait plus fort dans ses bras, il enfoui son visage tuméfié dans son cou et pleura de longues minutes. Comme tétanisé, James regardait la scène immobile, ne sachant trop comment réagir. Il n'avait jamais vu Sirius pleurer…
-Ne t'en fait pas Sirius, dit Elizabeth alors que les sanglots de Sirius se calmaient. Tu es en sécurité ici et tu resteras tant que nécessaire. Ils ne peuvent plus rien te faire. C'est terminé.
Sirius se détacha lentement d'elle, renifla et essuya les larmes qui barbouillaient encore ses joues.
-Merci, murmura-t-il.
-Maintenant tu vas aller prendre une douche et mettre des vêtements secs. Moi je vais te préparer une potion pour guérir tout ça et un bon chocolat pour te réchauffer.
Sur ces mots, Elizabeth tourna les talons, emmenant avec elle son mari qui avait observé la scène en silence. James se tourna vers Sirius qui était resté au même endroit et regardait devant lui les sourcils froncés.
-James… je…
-Pour ce qui est de moi, je ne t'ai jamais vu pleurer dans les bras de ma mère, répondit James d'une voix douce. Ça n'est jamais arrivé.
-Merci.
-Je ne t'ai jamais entendu dire merci autant de fois en si peu de temps, dit James en souriant.
-Ne t'y habitue pas trop, répliqua Sirius en lui renvoyant un mince sourire.
-Allez, je te montre la salle de bain. Il est grand temps que tu prennes une douche, tu empestes le chien mouillé.
Sirius laissa échapper un petit rire et suivit James dans les escaliers. James jeta un regard à son meilleur ami. Malgré tout ce qu'il venait de vivre, une étincelle brillait dans son regard. Parce que pour la première fois de sa vie, Sirius était libre.
5 juin 1982
-Tout va bien ma belle?
Mary se tourna vers William qui la regardait l'air soucieux. Tout va bien? Quelle question étrange… C'est le genre de question qui vous permet de savoir à quel point vous êtes à l'aise avec une personne. Il n'y a qu'avec nos véritables proches qu'on est capable d'y répondre honnêtement. Mary se mordit la lèvre. Serait-elle capable de dire la vérité à William? Ils étaient ensemble depuis quoi, six mois… elle pouvait bien se risquer à lui dire la vérité… c'est-à-dire que non, ça n'allait pas bien du tout… le problème est qu'une fois qu'elle lui aurait dit ladite vérité, il voudrait sans doute savoir pourquoi elle n'allait pas et là, elle ne saurait pas quoi lui dire.
Parce qu'elle ne le savait pas elle-même… C'était peut-être parce qu'elle avait perdu sa meilleure amie qui lui manquait à chaque instant. Qu'elle n'en pouvait plus de voir James souffrir. Qu'elle avait envie de pleurer chaque fois qu'elle posait les yeux sur Harry. Qu'elle était dévastée à l'idée de ne rien pouvoir faire pour Remus… qu'ils lui manquaient tous les trois parce qu'elle ne les avait pas vus depuis qu'elle avait failli leur avouer qu'elle avait couché avec Sirius. Qu'elle ne reverrait sans doute jamais Sirius parce qu'il était en prison pour le restant de ses jours pour avoir tué 13 personnes devant des dizaines de témoins après avoir vendu ses meilleurs amis à Voldemort. Ou parce qu'elle était malgré tout amoureuse de lui… sans doute un mélange de toutes ces choses.
-Hey, dis-moi ce qui se passe?
Mary plongea ses yeux dans ceux de William. Elle n'avait plus à se demander si elle devait lui dire la vérité. Il avait déjà compris qu'elle n'allait pas. Le jeune homme s'approcha doucement d'elle et la prit dans ses bras. Mary laissa tomber sa tête contre son épaule et pris une profonde inspiration. Elle n'allait pas pleurer. Elle refusait de pleureur pour lui.
-Je n'ai pas vraiment envie d'en parler, murmura Mary au bout d'un moment.
-Ok, rien ne t'oblige à m'en parler, dit William d'une voix douce. Mais sache que je suis là si tu changes d'idée.
Mary s'éloigna un peu de lui et plongea son regard dans le sien. Elle avait peine à y croire. Elle n'était jamais sortie avec un homme aussi gentil, tendre, attentionné… alors pourquoi elle n'arrivait pas à tomber amoureuse de lui? Qu'est-ce qui clochait chez elle?
-Je vais devoir y aller, dit soudainement William en sautant hors du lit. Je vais être en retard au travail.
Mary le regarda s'activer dans la pièce, à la recherche de ses vêtements. Il était beau par-dessus le marché, songea-t-elle en regardant ses épaules larges et musclées… pas autant que Sirius pourtant.
-Qu'est-ce que tu regardes, demanda William un sourire en coin sur les lèvres.
-Ton corps de dieu grec répondit la jeune femme en souriant.
-N'essaie pas de me mettre plus en retard que je le suis déjà, s'exclama William en secouant la tête.
-Ça n'est pas mon intention, dit Mary avec un sourire en coin. Je profite simplement du spectacle.
William lui fit un clin d'œil tout en continuant de boutonner sa chemise. Mary songea que malgré tout, elle pourrait s'habituer à ça. Se réveiller chaque matin aux côtés de William, le regarder se préparer pour aller au travail, rentrer pour découvrir qu'il était revenu plus tôt et lui avait préparé le repas, recevoir des fleurs au travail sans aucune raison… aucun de ses précédents petits copains aurait fait une chose du genre pour elle. À l'exception de Patrick, mais il ne faisait ce genre de choses que lorsqu'il voulait qu'elle lui pardonne de l'avoir frappé.
-Tu reviens ce soir, demanda Mary alors que William finissait de se préparer.
-Bien sûr. Je vais bien avoir besoin de réconfort en revenant du travail.
- Comment ça?
-On a des prisonniers à transférer à Azkaban et comme d'habitude, c'est moi qui s'en occupe, personne d'autre ne veut le faire…
-À Azkaban, pourquoi est-ce que…
-Je suis auror ma belle, dit William en souriant légèrement. Ça fait partie du travail. Ne t'inquiète pas, ce n'est pas dangereux et...
-Tu as déjà vu Sirius, l'interrompit Mary d'une voix faible.
C'était plus fort qu'elle. Elle devait savoir… William se tourna vers elle les sourcils froncés, l'air un brin agacé par sa question.
-Oui, dit William d'une voix neutre. Souvent.
Mary sentit son cœur s'arrêter. William avait souvent vu Sirius depuis son arrestation. Ça voulait dire qu'il savait comment il allait… s'il était bien traité, s'il avait commencé à perdre l'esprit…
-Comment est-ce qu'il va, demanda la jeune femme d'une voix tremblante.
-Qu'est-ce que tu crois Mary, dit William en soupirant. Il est à Azkaban…
-Qu'est-ce que ça veut dire?
William soupira de nouveau et se passa une main devant les yeux.
-Will, qu'est-ce que ça veut dire, répéta Mary avec anxiété.
-Il est comme tous les autres prisonniers, dit William d'un ton sec. Amaigri, sale et livide. Il est beaucoup moins beau qu'à Poudlard, ajouta-t-il en plantant son regard dans le sien.
-Est-ce que tu lui as parlé, demanda Mary ignorant le regard inquisiteur de William.
-Moi non, lui oui.
-Qu'est-ce qu'il t'a dit, demanda Mary d'une voix tremblante.
-Qu'il était innocent, dit William en laissant échapper un rire sans joie. C'est ce qu'ils disent presque tous.
-Est-ce qu'il avait l'air… normal. Je veux dire, est-ce que les détraqueurs ont…
-Je peux savoir pourquoi tu poses toutes ces questions, l'interrompit William.
-Pourquoi? Tu lis les journaux non? James essaie de le faire libérer et…
-Je croyais que tu le pensais coupable.
-Ça ne change rien au fait que…
Mary ne termina pas sa phrase. Elle allait « que je l'aime ». Elle était vraiment une belle idiote. Plutôt que de tomber amoureuse de ce garçon doux et attentionné qu'elle avait devant elle, elle passait son temps à penser à un traître et un meurtrier enfermé à perpétuité.
-Ça ne change rien au fait que quoi, demanda William le visage fermé
-Au fait que Sirius est mon ami… était mon ami. C'est dur d'arrêter de se soucier de lui… malgré ce qu'il a fait.
William resta un moment à l'observer en silence, l'air toujours aussi mécontent. Puis au bout d'un moment son expression s'adoucit, il vint s'asseoir près d'elle dans le lit et lui prit la main.
-Je suis désolé… c'est difficile de comprendre par quoi tu es passé… mais tu ne devrais pas te préoccuper de Sirius.
-Pourquoi pas? Les conditions de détention à Azkaban sont horribles…
-Et alors. Il mérite ce qui lui arrive.
-Comment peux-tu dire une chose pareille, s'exclama Mary en retirant ses mains.
-Pense à ce qu'il a fait Mary. Il a trahi son meilleur ami en disant à Tu-sais-qui où se trouvait le bébé d'un an qu'il avait l'intention de tuer. C'est à cause de lui que Lily, ta meilleure amie, est morte. C'est à cause de lui que tu as dû t'occuper de James, qu'il a dû se battre pour récupérer son fils, que Remus a disparu durant des mois. Et c'est lui qui a tué Peter et douze moldus innocents. Il a détruit des dizaines de vies, dont la tienne. Alors, ne viens pas me dire qu'il ne méritait pas la prison.
Mary ne dit rien. La haine transperçait au travers de chaque mot de William. Il semblait réellement détester Sirius. Et il avait probablement raison. Alors pourquoi elle-même ne parvenait pas à le détester.
-Et si James avait raison? S'il était innocent?
-Alors ce qui lui arrive est horrible, conclut William. Mais crois-moi, il n'est pas innocent. Des dizaines de témoins l'ont vu.
Mary ferma les yeux un moment et prit une profonde inspiration. Elle aurait tellement voulu croire en son innocence, mais William avait raison, il y avait beaucoup trop de témoins pour laisser place au doute.
-Il faut vraiment que j'y aille ma chérie, dit William au bout d'un moment. Ça va aller?
-Oui, vas-y.
William posa un baiser rapide sur sa joue et prit la direction de la sortie. Mary attendit qu'il ait refermé la porte derrière lui pour éclater en sanglots. Elle effaça ses larmes d'un geste rageur, elle ne voulait pas pleurer pour cet abruti de Sirius. Il avait détruit sa vie... et elle avait peut-être en partie contribué à détruire la sienne.
2 novembre 1981
Mary était assise sur une chaise près du lit de James, les yeux perdus dans le vide. Quelques minutes plus tôt, Dumbledore lui avait retiré Harry des bras pour l'emmener chez les Dursley. Les pleurs de l'enfant tendant les bras vers elle et hurlant son nom, comme la suppliant de ne pas le laisser partir retentissait encore dans ses oreilles. Elle était impuissante.
-Lily…
Mary tourna la tête vers James. Il était toujours endormi, appelant Lily dans son sommeil… Mary étouffa un sanglot. Comment tout cela pouvait-il s'être produit? Elle vivait un véritable cauchemar. Ça ne pouvait pas être réel…
-Mary Macdonald?
La jeune femme leva la tête vers le nouveau venu Elle ne le connaissait pas, il s'agissait d'un homme qui devait avoir la cinquantaine, de grande taille et à la carrure imposante, il portait l'uniforme des aurors.
-Oui.
-Je me nomme Douglas Hemingway. Si vous le permettez, j'aimerais vous poser quelques questions.
-Ok.
-Peut-être serait-il préférable de sortir…
Mary jeta un regard à James qui reposait toujours dans un sommeil agité, pâle comme la mort. Elle secoua la tête, sans détourner son regard du jeune homme.
-Il est hors de question que je le laisse seul.
-Très bien, dit l'auror d'une voix douce.
Il approcha une chaise de celle de Mary et prit place juste devant elle.
-J'aimerais d'abord vous présenter toutes mes condoléances.
-Merci.
-J'ai cru comprendre que vous étiez très proche de Mme Potter.
-Lily était ma meilleure amie, dit Mary en sentant ses yeux s'emplir de larmes.
-Et vous êtes la marraine d'Harry Potter, n'est-ce pas?
-Oui…
Mary tendit la main vers le lit de James afin de prendre sa main dans la sienne. Il avait beau être inconscient, tenir sa main lui donnait l'impression d'être moins seule.
-J'aimerais savoir Miss Macdonald, vous connaissez bien le parrain d'Harry, Sirius Black?
Mary laissa échapper un rire sans joie. Si elle le connaissait bien? Un peu trop à son goût maintenant.
-Oui. Ou du moins, je croyais le connaître, répondit la jeune femme en posant les yeux sur l'auror.
-Étiez-vous au courant de son allégeance à vous-savez-qui?
-Si je l'avais su, rien de ceci ne se serait produit, répondit Mary.
-Aucun signe ne laissait présager que…
-Qu'il était en réalité un fanatique psychopathe prêt à tuer ses deux meilleurs amis et son filleul juste après m'avoir baisé?
Le silence s'installa, alors que l'auror l'observait les sourcils froncés et que Mary réalisait ce qu'elle venait d'avouer, lâchant lentement la main de James.
-Vous aviez une relation avec M. Black?
-Non.
-Mais vous venez de dire…
-Je sais ce que j'ai dit. Il…
Mary se passa une main devant les yeux. Elle était épuisée, tant physiquement qu'émotionnellement, et n'avait pas dormi depuis maintenant beaucoup plus de 48h, à l'exception de quelques siestes agitées qui n'avaient duré que de courtes minutes. Son cerveau était dans le brouillard, son cœur brisé et elle avait l'impression d'avoir le poids du monde sur les épaules.
-Il est passé chez moi le 31 au soir, vraisemblablement juste avant de… faire ce qu'il a fait.
-Et vous avez…,
-C'est pertinent, demanda Mary en interrompant l'auror. Parce que je ne crois pas que ça le soit.
-Tous les détails peuvent l'être. Nous tentons de reconstituer la journée du 31 octobre dans ses moindres détails.
-Pourquoi, qu'est-ce que ça va changer? Il est coupable, ça ne fait aucun doute…
-C'est la procédure.
-Je me fiche de votre procédure. Est-ce que vous réalisez seulement ce que vous me demandez? Je veux tout faire sauf revivre la journée du 31 octobre.
L'auror l'observa un instant, les sourcils froncés, puis il approcha sa chaise d'elle et prit ses mains dans les siennes. Mary l'observa avec surprise alors qu'il plongeait ses yeux dans les siens.
-Mary. Je peux vous appeler Mary?Je fais ce métier depuis 30 ans et j'ai enquêté sur de nombreuses histoires du genre. J'ai traqué des dizaines de mangemorts, tant des personnes qui sont nées dans un univers propice au mépris des moldus que des personnes qui se sont converties et croyez-moi, quand une personne se radicalise ainsi, il y a des signes. Vous êtes présentement la seule personne disponible qui puisse me dire s'il y a eu de tels signes. Mary, M. Black est déjà à Azkaban et n'aura pas droit à un procès, certes, et je doute que l'on puisse y faire quoi que ce soit, mais on peut tenter de comprendre. C'est ce que je vous demande aidez-moi à comprendre.
-Comment est-ce que je peux vous aider à comprendre ce qu'il a fait alors que je ne le comprends pas moi-même, murmura Mary.
-Je suis sûr que vous en savez plus que vous ne le pensez. C'est simple, dites-moi simplement ce que vous savez sur lui. Actuellement, vous êtes la seule personne qui puisse nous renseigner à son sujet.
-Si je vous parle de lui, est-ce que ça changera quelque chose. Est-ce qu'il pourrait avoir droit à un procès?
-Comme je vous l'ai dit, je ne le crois pas, mais rien n'est impossible. Si j'ai assez d'éléments pour soulever un doute sur sa culpabilité, je pourrai peut-être parvenir à convaincre le ministère de le juger. Il a de toute évidence tué tous ces gens, des témoins l'ont vu, mais ça changera les choses s'il l'a fait dans un état de détresse, pour venger ses amis plutôt que pour se couvrir en accusant quelqu'un d'autre. Si l'on prouve qu'il n'était pas un mangemort, il aura peut-être droit à une peine plus douce.
Mary ne dit rien, troublée par ce que cet homme venait de lui dire. Jusqu'à présent, personne ne semblait douter de la culpabilité de Sirius. C'était évident pour tous qu'il était un mangemort, qu'il avait trahi James et Lily et c'était devenu évident pour elle également… mais cet homme était prêt à reconsidérer la chose.
-Pourquoi, murmura Mary. Pourquoi vouloir l'aider?
-Je vous l'ai dit Mary, je fais ce travail depuis 30 ans et c'est la première fois que je vois un mangemort qui ne porte pas la marque des ténèbres. Plusieurs ne considèrent pas ça comme une preuve, mais j'ai traqué suffisamment de mangemorts pour savoir qu'il est plus qu'improbable que Vous-savez-qui n'ai pas marqué l'un de ses fidèles. C'est ce que je veux savoir Mary. Sirius Black est-il un mangemort?
Mary resta un instant à observer l'auror, puis retira brusquement ses mains des siennes et se leva. Elle s'approcha de la fenêtre, ses bras serrés contre elle, comme pour s'auto réconforter. Les yeux perdus sur le paysage automnal, elle songeait à Sirius. À sa solide amitié avec James qu'il considérait comme son frère. À son affection sans bornes pour Lily. À l'amour inconditionnel qu'il éprouvait pour son filleul et aux larmes qui avaient perlé dans ses yeux la première fois qu'il l'avait pris dans ses bras. À ce qu'il avait fait pour Remus, risquant sa vie et Azkaban. À sa manière de toujours veiller sur Peter. À toutes les fois où l'un de ses câlins l'avait réconfortée. À la manière dont il lui avait tendrement fait l'amour…
Puis elle songea à son regard sombre et troublé lorsque l'on évoquait sa famille. À sa réaction lorsqu'il avait appris la mort de son petit frère, il était complètement dévasté, mais également furieux. Il culpabilisait à l'idée de l'avoir abandonné aux griffes de sa mère, de ne pas être resté pour le protéger… Puis il y avait sa tendance à mépriser les règlements et à repousser les limites, son comportement étrange au soir du 31 octobre… et ce rire qu'il avait eu lorsqu'on l'avait arrêté…
Le visage fermé, Mary se tourna vers l'auror qui l'observait les sourcils toujours froncés, dans l'attente d'une révélation de sa part. Elle savait ce qu'elle avait à faire.
8 juin 1982
Assis dans la cuisine, James avait les yeux fixés sur la fenêtre, une tasse de café refroidissant entre ses mains.
-Tu sais que de fixer la fenêtre pendant des heures ne fera pas apparaître de hiboux du ministère, fit remarquer Remus qui, assis non loin de lui mangeait son petit-déjeuner.
-Qu'est-ce que tu en sais, j'ai peut-être des dons de télépathie ou je ne sais pas quoi qui va faire apparaître un hibou du ministère…
-James, tu es doué, mais pas à ce point… En plus on est dimanche, tu as déjà vu le ministère envoyer du courrier le dimanche?
James soupira et but une gorgée de café froid. Remus avait bien raison, mais il en avait assez d'attendre… Ça faisait déjà une semaine qu'il attendait des nouvelles. Pourquoi est-ce qu'ils mettaient autant de temps à lui dire s'il pourrait aller rendre visite à Sirius?
-Parlant de nouvelles qu'on espère avoir… tu n'as toujours pas entendu parler de Mary? Demanda Remus.
-Non, répondit James en secouant la tête. Elle ne veut rien savoir de nous…
-Je ne comprends pas… c'est évident que ça a un lien à propos de ce qu'elle nous a dit… ou plutôt à propos de ce qu'elle ne nous a pas dit sur cette mystérieuse visite de Sirius, mais…
-Ne te casse pas la tête Lunard, tu sais bien que…
-Elle nous prend pour des idiots, l'interrompit Remus.
-Qu'est-ce que tu veux dire?
-Elle a couché avec lui. C'est ça qui s'est passé… et elle nous croit assez stupides pour ne pas l'avoir compris.
James ne répondit pas. Il se contenta de poser les yeux sur Remus, avisant son air à la fois fâché et blessé. Il n'avait pas envie de répondre à ça. Il n'avait pas envie d'en discuter, ni avec Remus, ni avec Mary. Le fait est qu'il avait songé à cette possibilité à l'instant où Mary avait éclaté en sanglots. Il connaissait suffisamment Sirius et Mary pour savoir que ça s'était passé et ce que ça impliquait…
-Remus, tu ne sais pas si…
-Oui je sais James. On connaît tous les deux suffisamment bien Sirius pour savoir qu'il a encore agi impulsivement sans penser aux conséquences.
James soupira. Non, il n'avait définitivement pas envie de se retrouver coincé là-dedans… Remus qui avait plus qu'un faible pour Mary depuis déjà un bon moment, mais qui n'avait jamais fait quoi que ce soit pour le laisser paraître s'était une fois de plus fait doublé par Sirius qui, lui, ne ressentait rien pour elle… et Mary… Mary qui comme une idiote était une fois de plus tombé amoureuse du mauvais gars… Alors non, il ne voulait rien savoir de cette histoire. Il ne voulait pas se retrouver empêtré dans cet absurde triangle amoureux à écouter Remus et Mary parler, de manière ouverte ou pas, de leur cœur brisé… Il avait déjà assez du sien.
-Quoi qu'il en soit, reprit Remus. Ça n'est pas une raison pour nous éviter…
-Ne t'en fait pas, elle finira bien par réapparaître.
-Si tu le dis… Je crois quand même que je vais retourner chez elle aujourd'hui pour voir si elle me répond. Ou peut-être à son travail… je…
-Laisse tomber, répondit James. Elle va revenir quand elle sera prête.
Remus ne répondit que par un grognement et se leva de table. James soupira et se prit la tête entre les mains en entendant la porte claquer. Remus était parti… Il n'avait vraiment, mais alors vraiment pas besoin de ça en ce moment.
-Papa! Papa!
James releva la tête. Harry venait de surgir dans la cuisine et lui tendait la main.
-Viens voir!
-Qu'est-ce que tu veux me montrer, demanda James en se levant.
-Un hateau!
-Un château?
-Un hateau. Egade!
Harry l'avait conduit dans le salon où il avait construit un château avec des blocs. James sourit, la veille il lui avait lu une histoire qui parlait d'un château et la construction du petit ressemblait énormément à celui qui était dessiné dans le livre. C'est qu'il était brillant son fils.
-Wahou, s'exclama James en s'agenouillant à côté de la construction. Il est beau ton château!
-Le hâteau du oi!
-Oui, il est comme le château du roi, dit James. C'est très beau Harry.
Le petit éclata de rire, tapant des mains, puis donna un coup sur les blocs, faisant tomber le tout. Il éclata de nouveau de rire et se tourna vers James l'air malin.
-Oh! Oh!
-Tu as détruit ton château! On en construit un autre?
Harry opina et ils commencèrent tous deux à empiler les blocs. C'est alors que l'on frappa à la porte. James fronça les sourcils, se demandant si, par hasard ça ne serait pas Mary qui se décidait à revenir…
-Je reviens bonhomme, s'exclama James en se dirigeant vers la porte.
Il jeta un rapide coup d'œil au travers de l'œil de bœuf et fut plus que surpris de reconnaître le visage de Sam. James lui ouvrit aussitôt la porte.
-Sam?
-Bonjour James. Tu me laisses entrer?
James s'effaça pour laisser entrer la jeune femme et referma la porte derrière elle.
-Comment tu as su…
-Où tu habitais? C'est Mary qui me l'a dit.
-Que me vaut l'honneur de ta visite?
-Je prendrais bien une tasse de thé.
-Tu es venue chez moi pour prendre une tasse de thé?
-Tu sais que tu es vraiment un hôte médiocre, dit Sam en souriant.
-Oui, je sais. Sam… qu'est-ce que tu fais ici?
-Es qui papa?
James se retourna. Harry venait de surgir derrière lui et regardait Sam avec beaucoup de curiosité.
-Bonjour Harry. Je m'appelle Sam. Je suis une amie de ton papa.
Timide, Harry se précipita vers son père qui le prit dans ses bras.
-Il est trop mignon, dit Sam en souriant d'un air tendre.
-Sam…
-Ok, ok. Je vais t'expliquer la raison de ma visite, on peut au moins s'asseoir? J'ai des papiers à te montrer.
James hocha la tête et conduit Sam à la cuisine. Alors qu'elle s'asseyait, James posa Harry par terre et commença à préparer du thé.
-Tu t'améliores, constata Sam alors qu'il mettait la bouilloire sur le feu.
-On dirait, répondit James en sortant des tasses. Alors, c'est à quel sujet?
-Sirius.
James qui était toujours affairé à préparer le thé se retourna vivement. Sam le regardait avec un mince sourire mal à l'aise sur les lèvres.
-Tu veux me parler de Sirius?
-Oui. Je te crois.
-Que… comment?
-Je te crois James. Je ne le connaissais pas aussi bien que toi, mais je l'ai fréquenté durant sept ans et je sais que c'est impossible qu'il ait fait ce qu'on l'accuse de faire. Sirius est innocent.
James regardait Sam avec étonnement. Elle était la première. La première à le croire entièrement. Parce que Remus avait beau croire qu'il ne les avait pas trahis, il restait persuadé qu'il avait tué tous ces gens. Sam n'y croyait pas… elle croyait en l'innocence de Sirius…
James fut sorti de sa stupeur par le sifflement de la bouilloire. Les mains tremblantes, il la retira du feu et versa l'eau bouillante dans la théière qu'il vint poser sur la table. Entre temps, Sam avait sorti plusieurs parchemins de son sac.
-Alors voilà, au ministère, tout le monde est au courant de ta visite à Tyssere. Je sais que Dumbledore essaie de convaincre Croupton et la ministre de t'avoir une visite, mais ils sont implacables. Ce Croupton a beaucoup d'influence sur la ministre et il est… il me donne froid dans le dos et il est l'une des rares personnes que je connaisse à ne pas être impressionné par Dumbledore. Enfin bref, je me demandais ce que je pouvais bien faire pour t'aider et je suis allée fouiller dans les dossiers d'arrestation des mangemorts. Alors voilà, c'est le rapport d'arrestation de Sirius et le décret qui le condamne à la prison à vie. Je ne sais pas si ça peut vraiment aider, mais c'est un début… et je n'ai pas vraiment le droit de les sortir du bureau, alors si on te demande, ils t'ont été envoyés par hibou par une personne anonyme.
-Sam… je ne sais pas comment…
-Me remercier? N'y pense pas, dit Sam en balayant la question d'un geste de la main. Je déteste l'injustice… et j'ai toujours beaucoup aimé Sirius tu sais. Enfin, je me disais, je connais ceux qui ont procédé à l'arrestation de Sirius. Je vais les interroger, peut-être qu'ils ont remarqué des trucs étranges qui pourraient nous éclairer.
-Sam… pourquoi tu fais tout ça?
-Je te l'ai dit, je déteste l'injustice. Et je te crois. Pour moi c'est suffisant… Cap'tain.
James sourit à l'évocation de ce surnom surgi du passé lointain où il était son capitaine de Quidditch. Sam avait toujours été une amie géniale. Elle adorait se mêler des affaires des autres et même si ça pouvait parfois être embarrassant et agaçant, ça pouvait également être utile, comme aujourd'hui.
-Et ça n'est pas tout, dit Sam au bout d'un moment. J'ai une autre surprise pour toi.
James fronça les sourcils devant l'air radieux de Sam. Qu'est-ce qu'elle avait en tête? Avec Sam, tout était possible…
9 juin 1982
When I find myself in times of trouble
Mother Mary comes to me
Speaking words of wisdom, let it be
And in my hour of darkness
She is standing right in front of me
Speaking words of wisdom, let it be
Let it be, let it be
Let it be, let it be
Whisper words of …
-Vous avez une voix magnifique, M. Black.
Sirius cessa de chanter et se redressa sur son lit. Il écarquilla les yeux de stupeur. Devant lui, se tenait Millicent Bagnold, la ministre de la magie encadrée de quatre aurors et d'autant de Patronus.
-Merci madame la Ministre, répondit Sirius en se levant.
-C'est une chanson moldue, non?
-Oui, c'est Let it be des Beatles.
-Vous n'êtes pourtant pas d'origine moldue. Vous êtes un Black, vous descendez d'une longue lignée de sang pur.
-Justement madame, répondit Sirius en s'approchant de plus en plus des barreaux. Chanter des chansons moldues était une méthode très efficace pour faire enrager mes parents fanatiques. C'était une manière de les envoyer se faire foutre avec leurs idéologies dépassées sur la pureté du sang.
-C'est reparti, s'exclama William Pierce, l'un des quatre aurors qui accompagnaient la ministre.
Sirius lui jeta un regard agacé. Dès que des aurors venaient à Azkaban, cet idiot était là et ne manquait pas une occasion de le traiter avec mépris. Dire qu'ils s'entendaient bien à Poudlard… Avec lui se trouvait bien sûr son partenaire, Walter Wagner ainsi qu'un autre aurore qu'il ne connaissait pas et… Samantha Greengrass… Sam… Elle était sans doute la plus belle chose qu'il voyait depuis des mois. Même sous un uniforme, il pouvait distinguer sa silhouette fine et athlétique et deviner la rondeur de ses seins, elle était époustouflante… mais ses magnifiques yeux bleus étaient pointés devant elle, teintés d'une froideur qu'il ne leur avait jamais vu… normal, elle avait été l'amie de Lily et le croyait responsable de sa mort…
-Alors Madame la Ministre, enchaîna Sirius ignorant la réplique de Pierce. Vous venez visiter la prison? Vous assurer que les prisonniers sont bien traités? Ne vous en faites pas madame, les Détraqueurs s'occupent bien de nous. Ce sont des créatures charmantes.
-Vous êtes amusant M. Black, dit la Ministre un léger sourire sur les lèvres. Et étonnement sain d'esprit je dois dire, quand on pense que ça fait huit mois que vous êtes ici. La majorité des prisonniers commencent à délirer après seulement quelques semaines.
Sirius sentit son cœur se serrer. Huit mois… il était là depuis huit mois…
-La présence de vos patronus m'offre un répit bien apprécié, dit Sirius en désignant les quatre animaux argentés.
-Je n'en doute pas, assura la ministre.
-Et puis, les détraqueurs portent beaucoup moins attention à moi qu'aux autres. La seule pensée qui m'habite est le fait que je suis innocent, ça n'est pas très appétissant pour eux.
-Ça suffit Black, on t'a assez entendu répéter ces conneries. Pardonnez-moi, Mme la ministre, dit William, réalisant qu'il avait juré devant la ministre.
-Vous êtes vraiment innocent, M. Black, demanda la Ministre ignorant la remarque de William.
En guise de réponse, Sirius releva ses manches et lui montra l'intérieur de ses poignets.
-Vous voyez la marque des ténèbres, Madame la Ministre?
-Non, je ne la vois pas.
-Je dois bien être le seul mangemort qui n'en a pas. Étrange, non?
-Intrigant, je l'admets. Mais ce simple fait ne vous disculpe pas. Vous êtes un meurtrier. Nous avons des dizaines de témoins qui vous ont vu.
-Ils ont peut-être mal regardé Madame, répondit Sirius avec calme. Moi-même il m'a fallu un moment avant de comprendre ce qui s'était passé, ajouta-t-il un léger sourire sur les lèvres.
-La mort de ces gens innocents vous amuse, s'étonna la ministre.
-Non madame la ministre. C'est le fait qu'il ait été plus malin que moi qui m'amuse.
-Qui?
-Peter Pettigrow.
-Tu ne vas rien nous épargner pas vrai, s'exclama Pierce. Pettigrow est mort. Tu l'as tué espèce de salop.
-M. Pierce, dit la Ministre d'un ton sec.
-Pardon Mme la Ministre.
Cette dernière jeta un regard noir à Pierce qui baissa la tête. Il semblait vraiment avoir du mal à se contrôler aujourd'hui. Il avait beau le croire coupable, là ça semblait presque personnel et franchement, il voyait mal comment il aurait pu lui faire quoi que ce soit de là où il se trouvait…
-Je vous souhaite une agréable journée, M. Black, dit la ministre en reposant les yeux sur lui.
-Bonne journée Madame la Ministre.
La ministre resta encore un moment à l'observer d'un regard perçant, puis repris son parcours, aussitôt suivie de son escorte. Enfin, pas de toute son escorte. Sam posa la main sur l'épaule de son partenaire, lui murmura quelque chose à l'oreille et celui-ci s'éloigna, laissant la jolie blonde derrière lui. Elle se tourna ensuite vers Sirius, posant ses yeux bleus soudainement chaleureux sur lui.
-Salut Sirius, dit la jeune femme en s'approchant des barreaux.
-Sam…
-Tu as une mine affreuse, commenta la jeune femme en le regardant d'un air désolé.
-Toi tu es magnifique, murmura Sirius.
-Combien de fois est-ce que je devrai te dire que toi et moi ça n'arrivera jamais.
Sirius esquissa un mince sourire. Comme avec approximativement toutes les filles avec lesquelles il s'entendait bien, Sirius avait toujours un peu flirté avec Sam, bien que James lui ai toujours formellement interdit de sortir avec ses joueuses de Quidditch… peu importe, puisqu'elle lui répondait toujours qu'elle et lui ça n'arriverait jamais, que les filles qui lui disaient « oui » ne manquaient pas et qu'il s'agissait plus d'un jeu que d'une véritable proposition.
Quoi qu'il en soit, c'était bien d'avoir Sam devant lui, lui offrant un sourire un brin coquin, lui disant une fois de plus que lui et elle ça n'arriverait jamais… ça lui donnait presque l'impression d'avoir de nouveau 17 ans… que les cinq autres filles de Griffondor surgiraient derrière Sam, Prudence lui jetant un regard meurtrier, Abby souriant avec timidité, Kate proposant à la blague de prendre la place de Sam, Mary levant les yeux au ciel, feignant ne pas être amusée et Lily lui souriant l'air complice…
Comme à chaque fois qu'il pensait à Lily, il vit surgir dans son esprit l'image de son corps inanimé, ses deux grands yeux verts sans vie le fixant…
-Assez plaisanté, dit soudainement Sam sortant Sirius de ses pensées. Je n'ai pas beaucoup de temps, ajouta t'elle en jetant un regard vers l'endroit où ses collègues et la ministre étaient partis. J'ai quelque chose pour toi.
La jeune femme fouilla dans la poche de sa robe et en sortit une enveloppe qu'elle lui tendit au travers des barreaux. Les yeux de Sirius s'agrandirent de stupéfaction à la vue de la lettre. Là, il ne comprenait rien. Il tendit une main tremblante pour l'attraper, effleurant la main de Sam au passage. C'était plus fort que lui, il attrapa sa main, oubliant presque l'enveloppe, savourant le contact de la peau douce et chaude d'un autre être humain.
-Sirius?
-Désolé, dit le jeune homme sans toutefois retirer sa main. C'est long huit mois sans aucun contact humain. Tu es la première personne à me sourire sincèrement depuis…
-Si tout va bien, tu n'en auras plus pour longtemps, dit Sam d'une voix douce en pressant sa main. Tu comprendras tout en lisant la lettre. James essaie de te sortir de là.
Sirius se dégagea de Sam, attrapant la lettre pour l'observer avec plus d'attention, comme si des réponses allaient surgir de l'enveloppe sans qu'il ait même à l'ouvrir. Sam quant à elle jeta un regard à l'autre extrémité du couloir.
-James est vivant, balbutia Sirius.
-Oui, et il essaie de te faire libérer, dit Sam d'une voix précipitée. Tu auras plus de détails dans la lettre. Il va falloir que j'y aille maintenant. Tu veux que je lui transmette un message?
Sirius réfléchit un instant. Sam le regardait avec insistance, le priant silencieusement de se dépêcher. Qu'est-ce qu'il pouvait dire à James… Quelque chose qui l'aiderait…
-Dis-lui que Queudver est encore en vie, dit Sirius. Dis-lui qu'il est en vie et qu'il faut le retrouver. C'est lui qui a tout fait.
-Ok… Là je dois vraiment y aller, mais… je vais essayer de revenir, dès que j'en aurai l'occasion et… tiens bon Sirius.
-Merci Sam.
La jeune femme lui fit un clin d'œil et parti rejoindre le groupe. Espérons qu'elle n'ait pas d'ennuis, songea Sirius. Elle avait risqué gros en faisant ça… Sirius posa les yeux sur la lettre, sentant ses yeux s'emplir d'eau. Des mois à se demander si James avait survécu… il était dans un état si pitoyable quand il l'avait trouvé… et il ne comprenait pas comment il pouvait toujours être enfermé ici s'il était encore en vie… Enfin, il aurait des réponses.
Avec empressement, Sirius alla s'installer dans un coin de sa cellule d'où on ne pouvait pas le voir et ouvrit la lettre d'une main fébrile. Il ne put s'empêcher de sourire en reconnaissant l'écriture élégante de James. Prenant une profonde inspiration, il commença sa lecture.
Sirius,
Je ne sais pas comment c'est là-dedans, mais je me doute que tu vis l'enfer. Je veux que tu saches que je fais tout ce que je peux pour te sortir de là. Je vais te sortir de là.
J'espère que tu me pardonneras de ne pas avoir agi plus tôt. J'ai été dans le coma durant un mois et quand j'en suis sorti, j'ai appris que Lily était morte, que Remus s'était enfui, que tu étais en prison et qu'Harry avait été envoyé chez les Dursley. Tu me connais,, en apprenant tout ça, j'ai un peu perdu le contrôle et mes médecins ont dit que j'avais perdu la raison et que je m'inventais des histoires qui m'arrangeaient. Ils ne m'ont pas cru quand je leur ai dit que tu étais innocent et que c'était Peter qui avait fait le coup. Personne ne m'a cru et ils ne voulaient pas me rendre Harry…
Une chance que Mary était là. Elle est restée avec moi, elle m'a supporté et elle a fait tout ce qu'il fallait pour m'aider à récupérer Harry, Remus aussi. Il est revenu au mois de février et c'est lui qui a convaincu Dumbledore de me le rendre. Maintenant, ça fait deux mois et demi qu'il est revenu à la maison. Il grandit tellement vite et il est tellement brillant… je crois que Lily serait fière de lui. J'ai hâte que tu le vois…
J'espère que tu comprendras que tant que je n'avais pas récupéré Harry, c'était difficile de me concentrer sur ta libération. Je devais le sortir de là, tu comprends? Je devais le récupérer avant qu'il ne m'ait oublié. Mais maintenant, je fais tout ce que je peux pour te faire libérer.
J'ai fait une demande au ministère de la magie pour qu'on m'autorise à venir te visiter, je ne sais pas si ça fonctionnera, mais j'ai Dumbledore de mon côté. J'ai engagé un avocat, il est très doué et les médias m'aiment beaucoup. Si je réussis à faire suffisamment pression sur le Ministère, je crois qu'on pourrait t'obtenir un procès. Ensuite, il faudra prouver que tu n'étais pas le gardien du secret. Peu de personnes me croient, pour l'instant je n'ai que Remus et Sam de mon côté, mais ça viendra, j'en suis sûr et je sais comment en faire la preuve. Pour ce qui est de Peter et tous ces moldus tués… je ne sais pas ce qui s'est passé Sirius, mais je sais que ça n'était pas toi. J'en suis sûr, mais nous aurons besoin de tes explications. Écris-les, Sam va essayer de revenir. Tu les lui donneras.
Je ne te laisse pas tomber,
James
Voilà, Voilà!
Je suis désolée pour le délai, mais je vous avais avertis que ça prendrait peut-être du temps. Enfin, le voilà et j'espère que l'attente en aura valu la peine!
Encore une fois, que de rebondissements n'est-ce pas? Lizzie a-t-elle menti à James en affirmant qu'elle n'avait pas parlé à Skeeter? Qu'est-ce que Mary a dit à l'auror qui est venu l'interroger? Pendant combien de temps continuera-t-elle de fuir James et Remus? James parviendra-t-il à obtenir une visite à Azkaban? Sam est-elle réellement digne de confiance? Tant de questions qui trouveront réponse dans les prochains chapitres… (Ah! Ah! Je me trouve tellement drôle!)
Enfin, merci d'avoir lu, un review fait toujours plaisir, je vous aime et je vous envoie le nouveau chapitre dès que possible.
Anna.
PS : Comme je me fais toujours un devoir de répondre aux Reviews, Voici la réponse au review anonyme que j'ai reçu, soit celui d'Elena :
Tout d'abord, merci pour ton review! Ça fait tellement plaisir. Je sais que c'est dur sans Lily, moi aussi je m'ennuie d'elle, je l'adore! C'est la principale raison des flash back, je ne pouvais pas faire totalement abstraction d'elle! Même si dans ce chapitre elle est plutôt absente.
Enfin, je ne peux révéler ce qu'allait faire Sirius, tu le découvriras en lisant la suite… Mais tu peux être sûre que s'il savait que Peter allait les trahir, il se serait immédiatement rendu à Goddrick Hollow, même avec son bras cassé!
Alors voilà pour ta réponse!
