Bonjour tout le monde !
On s'approche à grand vitesse de la fin, c'est malheureux… Après le suspense insoutenable de la semaine dernière, voici le chapitre 9.
J'ai beaucoup ri en lisant les reviews, ça m'a rappelé ce que j'avais ressenti lorsque j'avais lu le chapitre précédent ^^ Je suis réellement impressionnée par le nombre de retours et par votre enthousiasme *_*
Merci à tous ceux qui mettent un petit mot, ça fait chaud au cœur. Merci aussi à ceux qui mettent en favori, et à ceux qui lisent simplement. J'espère que ça vous plaît autant qu'à ceux qui l'écrivent ^^
Bonne lecture !
Chapitre 9
« Es-tu sûr que tu veux te prêter à tout cela, fils ? »
Stiles fixe son père du regard au-dessus de son déjeuner composé d'un sandwich au fromage grillé avec des sourcils incrédules.
« Pas que — Je sais que la morsure est inévitable, mais tu sais que tu n'es pas obligé de le revoir après cela. Pas si tu ne le veux pas.
- Il me plaît, dit-il simplement. C'est comme si je savais que nous étions faits pour—, hausse-t-il les épaules, espérant que son père attribue ses joues embrasées à sa confession et ne complète pas par ce que son corps sait également.
La sensation de vide — au sens figuré et non pas qu'au sens littéral — est toujours présente et il n'est pas sûr que cela se soit éveillé par ce qui s'est passé la nuit dernière, ou qu'il ne s'agisse d'une conséquence de la pleine lune se levant et son acceptation face au fait que Derek soit son compagnon.
- D'accord, dit son père de ce ton qui signifie qu'il ne demandera plus. Si tu es heureux, alors je suis heureux.
- Je suis heureux, lui assure Stiles, une douceur dans la voix sur laquelle il réalise rapidement qu'elle aime s'élever dans sa tête lorsqu'il parle de Derek.
- Je sais.
Les yeux de son père pétillent et les joues de Stiles deviennent de plus en plus chaudes en se demandant quelles sortes d'indices il a relevés. Il ne serait pas surpris de découvrir que Lydia lui a donné des nouvelles régulièrement.
Et en parlant de Lydia, il est sûr à cent pourcents qu'elle sait exactement ce qui s'est passé la nuit dernière. Lorsque son téléphone a sonné juste avant le déjeuner, il s'attendait à ce qu'elle lui demande comment la photo avait été reçue, mais au lieu de cela elle a semblé contente d'elle-même de manière exaspérante et a abordé le mariage.
- Je m'attends à une invitation pour ton mariage. Si je n'en reçois pas une, ma première décision politique lorsque je deviendrai Reine sera d'envahir. Et tu sais que je ne fais pas qu'aboyer comme mes parents.
Avec la perspective du mariage à dix-huit ans pendant au-dessus de sa tête jusqu'à il y a quelques jours, l'idée maintenant fait presque se cogner ses genoux, mais cela lui rappelle que dans seulement quelques heures, il sera quasiment marié à un loup-garou. Et avec ça, il n'a aucune idée d'à quoi s'attendre.
A quoi va ressembler le lien ? Combien cela va-t-il l'affecter ? Et combien la morsure va-t-elle être douloureuse ?
Les questions tournent en boucle dans sa tête durant le reste de l'après-midi pendant qu'il passe la plupart de son temps à regarder par la fenêtre le travail se poursuivant en dehors du palais. Les préparations ont commencé il y a des heures, bloquant les routes et installant des barricades le long des trottoirs pour empêcher la foule se rassemblant déjà de s'approcher. Ils seront déçus lorsque Derek et lui se retireront à l'intérieur du palais pour une cérémonie privée.
Les journalistes sont déjà en train de tourner en rond, de diffuser les nouvelles en direct tout au long de la journée, en préparation du grand événement qu'ils ne verront, en fait, pas.
Son estomac commence à se serrer et quand il regarde sa montre, il réalise que c'est parce que Derek doit avoir quitté sa maison, entamant la soirée.
Environ quinze minutes avant que Derek soit censé arriver, il émerge de l'entrée principale avec son père vers les acclamations grandissantes et attend avec Scott et Allison. Il ne les a pas mentionnés à Derek pour l'instant, mais il espère qu'il les autorisera à être là.
Les secondes s'écoulent, à la fois une éternité et rien du tout, mais quand l'arrivée estimée de Derek arrive et passe, Stiles commence à devenir nerveux. Il fait quelques pas en avant et se tient à côté de son père.
- Quelque chose ne va pas.
- Il n'est en retard que de dix minutes, Stiles. Il y a tout le temps encore, dit son père, les mains serrées derrière son dos.
- Peut-être qu'il a les jetons, suggère Hughes et Stiles tourne lentement sa tête vers lui pour le fixer du regard.
Les jetons ? Les jetons quand cela va finir par la mort ?
L'homme doit détecter quelque chose de meurtrier dans son regard car il blanchit et se retire vers les marches.
Stiles plonge dans sa poche pour prendre son téléphone, mais quand personne ne répond après trois sonneries, il raccroche. Pendant quelques secondes, il essaie de se convaincre que cela ne veut rien dire, qu'il est probablement en train de conduire, mais même si cela avait été le cas, quelqu'un de sa meute aurait répondu.
Il jette un autre coup d'œil à son père qui regarde toujours fixement devant lui, complètement imperturbable, et se retourne vers Scott et Allison.
- Il ne vient pas, dit-il, la voix basse.
- Quoi ? Bien sûr que si, dit Scott, optimiste à l'excès.
- Non, il ne vient pas. Je peux sentir—. » Il presse une main contre sa poitrine, là où la douleur atteint le plus profond de cœur, et prend une respiration mesurée même si cela ne fait rien pour soulager le vide qui se tortille et qui semble juste grandir à l'intérieur de lui.
Il commence à comprendre que ce n'est pas de la nervosité, mais quelque chose d'autre. Et cela a commencé pile quand Derek aurait dû partir. Comment a-t-il pu être si stupide ?
« Je dois partir.
- Quoi ? Stiles—
- Scott.
Scott s'arrête avec la bouche bée pendant juste une seconde avant d'acquiescer.
- D'accord.
- Ally, j'ai besoin que tu distraies mon père.
Les mots sont à peine sortis de sa bouche qu'elle a déjà quitté ses côtés après une pression d'au revoir sur son épaule.
- Et moi ?
- Fais ouvrir le portail. Je me fiche de comment tu le fais, juste—
- Je m'en occupe.
Stiles n'attend pas de voir Scott partir. Il scrute par-dessus son épaule pour voir Hugues et une fois qu'il l'a repéré en train de faire du surplace à côté des portes, il l'attrape par le revers de sa veste et le traîne en arrière jusque dans l'entrée.
- Votre Altesse, que—
- Taisez-vous. Donnez-moi votre pistolet. » Stiles n'attend pas qu'il le lui remette. Il doit se tordre pour le forcer hors du holster, mais Hugues est trop abasourdi pour faire un mouvement pour l'en empêcher.
« Sont à l'aconit ? demande Stiles pendant qu'il démet le chargeur pour examiner les balles, mais il n'a pas vraiment besoin d'une réponse.
Lorsque les loups-garous ont été révélés au monde, il est devenu monnaie courante que ce soit des balles enduites d'aconit par défaut. Elles ont le même effet que des balles normales sur les humains mais cause en fait des dommages tenaces lorsqu'elles touchent des loups-garous.
- Votre Altesse, je dois protester—
Stiles sprinte vers le bas de l'aile est jusqu'au garage du palais avant de pouvoir entendre ce que sont les protestations de Hugues. Il est plus concerné par le fait de devoir passer le portail avant que son père n'ait vent de son plan. Il n'y pas le temps pour qu'il le convainque que ses inquiétudes sont réelles, et comme cela, les renforts suivront à la hâte au lieu d'avancer lentement pour donner une réponse à la « conviction profonde » de Stiles.
Il attrape les clés de la berline la plus proche et pose le pistolet sur le siège passager, se disant que, s'il est seulement en train de dramatiser, il peut au moins l'utiliser pour tirer sur Derek pour l'avoir rendu inquiet. Il met le contact, ne lui laissant rien d'autre à faire que d'attendre le bruit du portail s'ouvrant.
- Allez, allez, allez, marmonne-t-il, encore et encore, jusqu'à ce que le premier crissement s'élève et il fait ronfler le moteur, les pneus crissant, ne s'arrêtant pas pour lancer un regard à son père pendant qu'il le dépasse et dévale hors du palais.
Un hurlement s'élève de la foule quand il change de vitesse, ignorant les acclamations et les murmures retentissant. Il se demande brièvement s'ils pensent qu'il est en train de fuir, mais le creux dans sa poitrine commence à rendre sa respiration difficile et il doit focaliser toute sa concentration sur sa prise sur le volant.
Respire, se dit-il, imaginant un éclat de rouge. Respire. Ca aide, l'entendant dans la voix de Derek, mais cela le laisse incertain sur combien précisément le pseudo-lien entre eux l'affecte vraiment et de combien sa panique l'amplifie. Il sait que s'il ne le fait pas — oh Dieu, s'il ne le fait pas — qu'il n'y aucun moyen qu'il souffre autant que Derek ne souffrira. Il n'y a eu aucun cas enregistré d'humain, la moitié d'un compagnon potentiel qui est mort. Il le sait, mais ça ne veut pas dire qu'il sortira de l'autre côté indemne.
Son cœur tonne pendant qu'il suit la route jusqu'à la maison Hale, déglutissant durement la bile montante sous l'inquiétude de voir que Derek n'est toujours pas là. Et s'il s'est trompé sur toute la ligne et qu'il est seulement en retard et qu'ils se sont croisés l'un l'autre et qu'il a pratiquement tiré sur la gâchette avec sa bêtise ? Et si quelque chose s'était passé mais qu'il était en train de courir au palais en loup, sur une route totalement différente ?
Il appuie son pied vers le bas, croyant ses instincts, et essaie de ne pas regarder la lumière s'estompant au-dessus de sa tête.
Il manque de rater l'allée privée des Hale, dérapant sur le chemin boueux en luttant pour garder la voiture sur la route, les feus le guidant à travers l'obscurité glauque sous la canopée des arbres. Le ciel est d'une teinte violet foncé lorsque les arbres s'arrêtent, la maison Hale comme une silhouette sombre quand il stoppe la voiture.
La lumière du porche se met en vie à son mouvement, illuminant la scène, les corps immobiles. Isaac, Cora, un homme inconnu face contre terre. Derek avec une jambe pliée dans un mauvais angle, couvert de sang.
Une femme est assise dans l'herbe à côté de lui comme à un pique-nique, et son visage déclenche des souvenirs de la grimace douloureuse de Deaton et un dossier en papier kraft.
Il saisit le pistolet sur le siège passager, enclenche la sécurité et se rue hors du véhicule pendant qu'elle se met debout sur ses pieds.
- Votre Altesse », le salue-t-elle, offrant une petite révérence qui exhibe sa nudité, mais ensuite ses narines se dilatent d'une inhalation et ses yeux se dirigent rapidement sur le pistolet dans ses mains et la présence de balles à l'aconit.
Elle rugit de fureur et bondit, les yeux écarquillés et étincelant de rouge sang en même temps que sa bouche s'allonge en un museau, des crocs poussant, tranchants et vicieux. Sa vitesse fait que sa propre respiration se coince dans sa gorge, ses muscles lui criant de fuir, mais il se plante sur ses pieds, lève le pistolet et tire deux fois en une succession rapide, exactement comme on le lui a appris.
Les balles touchent leur cible, les deux dans le côté gauche de sa poitrine, et sa tentative de transformation la ratatine en humaine et elle est rejetée sur le sol. Ils ne la tueront pas — une honte amère — mais la pression particulière de l'aconit devrait être paralysante, se diffusant à travers son système sanguin jusqu'à ce que quelqu'un prenne pitié d'elle et lui offre un antidote.
Autrement dit, jamais.
Sa langue le démange sous l'envie de faire un trait d'esprit du genre de tu n'aurais pas dû apporter des griffes pour une fusillade, connasse mais Derek ne bouge pas. Derek ne bouge pas et ses yeux sont fermés et il y a tellement de sang et la lune est dans le ciel.
Il se précipite vers lui, piétinant un des bras en croix de Kali qui pousse un cri.
« Non ! C'est trop tard ! C'est trop tard !
On dirait qu'elle essaie de se convaincre que c'est vrai mais Stiles n'est pas allé aussi loin pour abandonner.
Il se laisse tomber à genoux à côté de Derek et berce sa tête, le secouant, mais ses paupières ne battent même pas et il ne peut dire s'il respire encore. La tête de Derek pend quand Stiles se penche au-dessus lui et la lève autant qu'il le peut, et presse la gueule du loup à la base de sa gorge.
- Derek ! Allez, Derek, tu dois me mordre ! » Il n'y a aucune réponse et Stiles commence à être pris de vertige, sa vision se troublant de larmes n'ayant pas encore coulé et que ses voies respiratoires gênées le menacent de l'étouffer. « S'il te plaît, Derek ! Tu dois mordre ! »
Rien. Seulement ses respirations irrégulières grinçant dans ses oreilles, jusqu'à—
Il y a un mouvement sous lui et il pousse un cri de surprise, prêt à se reculer pour vérifier, mais ensuite des dents humaines émoussées plongent dans sa peau, juste où son cou rencontre son épaule. Il crie de douleur, son premier instinct étant de faire un mouvement brusque pour s'éloigner, mais il campe sur sa position pendant que la morsure s'ancre plus profondément, brûle plus vivement comme la forme des dents change en crocs.
La douleur s'atténue, comme si son corps savait que c'était mal jusqu'à ce qu'il accepte la vraie morsure qu'il était censé recevoir, et il se relâche, grognant de choc pendant que Derek le fait rouler sur le dos, les dents toujours accrochées. Il ne le laisse pas partir, ses respirations chaudes et humides balayant sous le col de la chemise de Stiles, mais Stiles n'essaie pas de se débarrasser de lui.
Les halètements deviennent plus erratiques et Stiles gémit quand la morsure change à nouveau, de la fourrure germant sous ses paumes alors que Derek se transforme et les crocs s'allongeant sont finalement délogés de sa chair, laissant la plaie chaude et collante, palpitant avec ses battements de cœur.
Le volume de Derek le recouvre, pressé tout près et un grondement bas et constant vibrant profondément dans sa poitrine.
« J'suis là. J'suis là, dit Stiles, encore et encore, caressant ses doigts à travers le peu de fourrure qu'il peut atteindre.
Il se demande de loin s'il délire à cause de la perte de sang, un rugissement s'élevant dans ses oreilles qui le fait s'inquiéter que Derek ne soit prêt à s'évanouir, mais il y a des voix et des portes de voitures qui claquent, et il réalise qu'il ne s'agit que de la cavalerie qui arrive. Cela explique l'hostilité de Derek. Il se demande s'il est même visible sous le corps de Derek, là où il est entouré par l'odeur épaisse de musc et de sang.
- Stiles !
La voix de son père l'atteint à travers le manteau de fourrure, et il tend sa main de sous son protecteur pour faire un signe.
- Je suis là !
Son sang se refroidit lorsque son père crie :
- Ne tirez pas !
Stiles lui fait écho, dans tous ses états.
- Je vais bien, je vais bien ! Il ne me blesse pas ! »
Derek les voit probablement comme des ennemis en plus sur son territoire, venus pour faire du mal à son compagnon, prouvé par la façon donc son corps tout entier tremble comme s'il ne pouvait se décider entre attaquer ou rester où il est comme une barrière protectrice.
« Hé », murmure Stiles, emmêlant ses doigts dans la fourrure épaisse et légèrement plus longue autour du cou de Derek. Ils sont ici pour aider. Les mots lui rappellent qu'ils ne sont pas les seuls ayant besoin d'assistance et il fait un mouvement brusque contre le ventre de Derek. « Isaac et Cora !
- Les secours sont là. Ils ont été vus, lui assure son père, plus proche, la raison la plus probable du pic dans le grondement d'avertissement de Derek.
- Hé, dit Stiles à nouveau. C'est seulement mon père. » Le grondement s'éteint en un triste gémissement face à la faible réprimande, la tension quittant le corps de Derek alors qu'il baisse sa tête pour presser son nez contre la joue de Stiles. Il peut encore entendre Kali hurlant et il souffle. « Est-ce que quelqu'un peut, s'il vous plaît, la bâillonner ? demande-t-il à personne en particulier et est surpris quand ses cris sont étouffés juste après. Tu penses que tu peux me laisser me lever ? demande-t-il, repoussant Derek pour pouvoir s'assoir.
Derek recule doucement, regardant vers le bas pour le fixer avec des yeux écarquillés de confusion, Stiles fait donc tout pour garder un grattage constant sous sa joue, ainsi que des murmures apaisants pour lui montrer qu'il n'a rien fait de mal.
- Stiles, tu saignes !
- Je vais bien », affirme-t-il, tendant une main vers le haut pour garder son père à distance alors qu'il passe sa main au-dessus de la morsure et la retire humide de sang, sa chemise ruinée.
Derek gémit à nouveau et s'enroule autour de lui pour la lécher. Ca ne lui fait plus mal, démange juste un peu et comme s'il pouvait faire frire un œuf dessus, et peu importe à quoi peut ressembler la plaie, ce n'est pas sa priorité.
Les docteurs sont agenouillés autour d'Isaac qui repose sur le dos, un tenant un de ses masques pompe dans sa bouche et presse rythmiquement. Stiles ne veut pas s'approcher pour avoir une meilleure vue.
Derek pousse toujours son nez contre son cou, poussant des bruits plaintifs, et Stiles bouge pour caresser derrière ses oreilles pour le calmer.
« C'est bon. Ca ne fait plus mal. »
De la tristesse à l'état liquide submerge les yeux de Derek, comme s'il se torturait lui-même pour avoir causé de la douleur en premier lieu.
« Je vais bien. » Il appuie son front contre la joue de Derek et étire ses bras autour de son cou, fermant les yeux face à la situation complètement cauchemardesque qui commence à le rattraper. Ses bras sont en train de trembler lorsqu'il s'agrippe à Derek, sa respiration le perforant en voyant combien il a été près de le perdre commence à s'ancrer en lui. Il peut encore voir sa fourrure couverte de sang, humide et emmêlée, mais il ne peut s'amener à porter de l'importance à combien ils sont tous les deux dégoûtants.
Ils sautent presque loin de l'autre quand un hurlement furieux déchire l'air tout près, sûr que son cœur ne peut en supporter plus. Il s'attend à voir Kali, il ne sait comment, sur ses pieds, ou peut-être Ennis pas aussi mort qu'il ne l'avait paru, mais les deux médecins accroupis à côté de Cora ont sauté loin du loup qui maintenant rugit entre eux. Elle aperçoit Kali paralysée au sol et c'est comme si elle reflétait sa posture pendant un moment avant qu'elle ne soit plus qu'une tache fonçant sur l'herbe.
« Cora, non ! » crie Stiles, mais sa voix sonne différemment, comme s'il faisait écho avec différents timbres, et cela fait se dresser les poils en bas de son cou. Les gens autour de lui poussent un cri de surprise et le fixent du regard mais il n'a qu'un bref moment pour se demander si cela signifie ce qu'il pense que cela signifie.
Cora s'immobilise, sa poitrine se soulevant, les yeux toujours fixés sur Kali allongée face contre terre. Elle est plus petite que Derek, sa fourrure brun foncé affublée d'une faible teinte de rouge, mais elle tourne la tête pour le regarder avec ces mêmes yeux pourpres. Ils semblent lui demander juste une raison de ne pas le faire, mais si elle est une Alpha maintenant, il ne sait pas pourquoi elle s'arrête pour l'écouter. Dans tous les cas, il a une parfaite raison et maintenant celle-ci est hissée sur un brancard.
« Isaac a besoin de toi », dit-il et la regarde alors que sa queue raide se baisse et que ses oreilles se fanent. Elle se retourne et approche du côté de son compagnon avec sa tête baissée comme si elle était honteuse. Stiles a presque trop peur de regarder, mais une des mains d'Isaac saisit sa fourrure pendant qu'il est transporté vers l'ambulance et il sait qu'il ira bien.
Derek enfonce sa tête contre la sienne et Stiles prend ça comme une preuve de fierté.
« Où sont Erica et Boyd ? lui demande-t-il, ayant remarqué leur absence jusqu'à présent comme un bon signe. Sont-ils à l'hôpital ? »
Derek pousse seulement son museau contre sa joue et il considère son manque de détresse comme quelque chose de positif.
Maintenant qu'il y pense, il peut sentir quelque chose grandir à l'arrière de son esprit, une sorte de conscience. Cela ne lui envoie aucune émotion ou éclat de pensée, mais c'est comme s'il pouvait ressentir cinq autres présences, toutes en sécurité. La partie du lien venant des trois plus éloignés est comme tendue, comme s'ils se préparaient pour le claquement qu'il allait venir avec la perte de leur Alpha. Il aurait aimé pouvoir crier à travers le lien mais cela ne va pas arriver, même s'ils devraient avoir senti la nouvelle arrivée.
La présence la plus proche de lui luit d'une chaleur si lumineuse que cela lui coupe la respiration — la première sensation positive causée depuis le début de la journée. Il se tourne vers Derek à côté de lui.
« Reviens-moi », murmure-t-il, mais le loup penche seulement la tête.
Stiles pose ses mains sur chaque côté de son museau et cherche la même force dans laquelle il a accidentellement puisé en parlant à Cora.
« Reviens. »
Sans surprise, reflété dans les yeux doucement lumineux de Derek, ceux de Stiles luisent de ce même carmin saisissant.
La transformation inverse de Derek en humain est lente, faisant se tordre les intestins de Stiles alors qu'il se remémore l'aveu de Derek ce qui semble être il y a des jours, lorsqu'il disait que redevenir humain était douloureux.
Quand c'est terminé, ils sont tous les deux à genoux et il berce gentiment le visage souriant avec douceur de Derek.
« Suis-je un Alpha maintenant ? » demande-t-il, bouche bée.
Tout ce que Derek réussit à faire est rire comme si Stiles était un idiot avant que ses yeux ne papillonnent en se fermant et il s'affaisse en avant. Stiles fait de son mieux pour supporter son poids, mais les gardes qui avaient gardé leur distance s'approchent finalement pour aider, maintenant que le loup-garou ne les menace plus d'arracher leur tête.
Les secours qui observaient Cora examinent la jambe de Derek pour être sûr qu'il n'y a aucune complication et la fixe pour aider le processus de guérison avant de bander la plaie guérissant déjà sur le cou de Stiles. Il prie pour que la guérison accélérée affecte plus que juste sa morsure de Revendication, même s'il n'est pas optimiste.
Les gardes soulèvent Derek pour l'emmener à l'intérieur de la maison alors que le père de Stiles le tire dans une étreinte étroite. Stiles arrive tout juste à se concentrer dessus, enroulant uniquement lâchement ses bras autour de lui en retour, pendant qu'il fixe ses yeux au-dessus de son épaule sur Derek disparaissant à travers la porte d'entrée.
« Je suis désolé de ne pas avoir écouté, dit son père.
- Ouais, répond Stiles de manière absente. Deuxième porte sur la gauche à l'étage ! crie-t-il aux gardes, et son père soupire à son oreille.
- Vas-y », dit son père, faisant un signe de tête vers la porte d'entrée avec un amusement exaspéré.
Stiles ne s'attend pas à ce qu'il comprenne, mais juste avoir cette boule de chaleur retirant cette minuscule distance est suffisante pour faire ramper sa peau de désespoir. S'il s'éloigne encore, il est sûr qu'il ne sera pas capable de le supporter. Il ne peut même pas s'obliger à s'arrêter assez longtemps pour donner un sourire à son père, sprintant après eux au lieu de retourner dans ce halo confortable.
Derek est placé sur son lit quand Stiles atteint sa chambre, les gardes se retirant dehors pour leur donner un peu d'intimité.
La joie d'être proche à nouveau se calme à la vue de tout ce sang sur les draps pâles. Mais Derek semble être presque guéri maintenant. Il regrette de ne pas pouvoir l'emmener à la douche pour laver chaque trace restante, mais avec Derek évanoui, il n'a aucune chance de réussir. Au lieu de ça, il se traîne jusqu'à la salle de bain où il trouve un vieux bol sous le lavabo qu'il remplit d'eau, et attrape un gant de toilette pendant à la barre de douche.
Il se dépêche de revenir vers Derek pour le retrouver indifféremment, et se met à essuyer autant de sang et de terre qu'il le peut, l'eau devenant rapidement rouge.
Il ne peut empêcher ses yeux d'errer vers l'aine de Derek où il est mou contre sa cuisse, conscient que leur lien ne sera pas vraiment complet jusqu'à ce que le nœud de Derek ne les maintienne ensemble. Il se demande comment cela se serait passé si l'après-midi s'était déroulé comme prévu, si Derek et lui se seraient faufilés ailleurs pour être seuls, comme Lydia avait fait remarquer qu'il n'avait jamais essayé avec elle.
Mais ça n'a pas d'importance maintenant. Derek est en vie et respire et cela est plus précieux pour lui que toute déception sur ce que cela aurait pu être.
Lorsque l'eau coule trop rouge pour continuer à faire une différence, il la rapporte à la salle de bain et la vide dans le lavabo. Il aperçoit du sang séché s'écaillant autour de son bandage et déboutonne sa chemise pour le laver, ressentant la douleur d'un sourire triste alors qu'il l'ignore, se rappelant la dernière fois qu'il s'était tenu dans la salle de bain identique et qu'il enlevait sa chemise.
Il la jette sur le sol et l'oublie ici lorsqu'il a terminé, dans sa hâte de retourner auprès de Derek, décidant de juste enlever le reste de ses vêtements avant de monter dans le lit à côté de lui. Il fait attention à ne pas bousculer sa jambe au cas où elle soit encore en train de guérir. Les marques de dents qui étaient sur son cou ont disparu, même s'il y a toujours des lignes rose foncé à travers son estomac. Il ne cille pas quand Stiles fait du surplace au-dessus de lui.
Le visage en paix de Derek se trouble quand celui de Stiles fait de même avec des larmes et il essaie de les retenir mais elles se répandent chaudement et rapidement, s'écrasant sur la joue de Derek.
Il ne peut imaginer ce que Derek a dû ressentir, allongé là à côté de la femme impliquée dans le meurtre de sa famille, probablement l'assassin direct de sa mère. Savait-il que Stiles arrivait ? Pouvait-il le sentir ? Ou était-il en train de mourir en croyant que Stiles était toujours à une heure de distance avec aucune de chance de le rejoindre à temps ? Et quelles sortes de choses avait-il été forcé à écouter de la bouche de ce démon ?
Il appuie son visage dans le cou de Derek et relâche une grande respiration tremblante, tourmenté par la sensation épouvantable qu'il ne vit pas dans la réalité, trop effrayé d'ouvrir ses yeux au cas où il se retrouve à nouveau dehors, lové contre Derek, mort.
Il écarte les doigts de sa main sur la poitrine de Derek, se concentrant sur sa chaleur et le battement régulier de son cœur, regrettant que la morsure de Revendication ne lui ait pas donné la même capacité à entendre le battement de cœur de Derek dans sa tête en retour.
Parmi les vagues tourbillonnantes de terreur et d'anxiété, la lueur confortable de Derek dans son esprit est comme une bouée flottant toujours à la surface, l'attirant vers sa lumière. Parfois, c'est comme si elle s'estompait sous la distance alors que de nouveaux et si menacent de le submerger, mais elle ne disparaît jamais, une constante jusqu'à ce que les eaux se calment finalement et il peut plonger dans le halo doré de son compagnon.
Notes de fin de chapitre de l'auteure
Plus qu'un chapitre ! (Ainsi qu'un épilogue que j'ai oublié d'ajouter au compte global de chapitres qui l'amènera à 11, mais je posterai les deux en même temps. J'ai l'intention d'avoir écrit les deux pour mercredi prochain, mais nous verrons comme ça ira !) J'espère que c'était satisfaisant après le cliffhanger avec lequel je vous ai tous laissés ^^
[RAR]
A Hachi Osaki : Cette fin est dure, effectivement:/ HEY j'y suis pour rien pour la découpe des chapitres :'c :p Super que tu aimes l'histoire et la traduction ! C'est super motivant comme commentaire ! Merci tout plein et j'espère que ce chapitre aura été réconfortant )
A Marie : Oui, souvent cela va de pair dans les fictions malheureusement… Ce chapitre t'aura-t-il repu ? Merci pour ton mot plein de sincérité !
A Babylon : Ne pleure pas :'o Ouais c'est vraiment dur comme chapitre, surtout maintenant qu'on « connaît » bien Derek…:/ Le chapitre est là :p Alors ? Merci à toi, toujours au rendez-vous ! Ca me fait super plaisir !
Alors, alors ? A la semaine prochaine pour le dernier chapitre. Ne restera plus que l'épilogue ensuite !
