Chapitre 10 : Confrontation
« Akyhô, écoute moi bien. Nous devons sortir Michiru et moi, tu vas rester à la maison et tu n'ouvriras à personne. A personne. C'est bien compris ? dis-je à ma sœur.
- Qu'est ce qui se passe Haruka ? s'inquiéta-t-elle.
- C'est compris ? répétais-je en ignorant délibérément sa question.
- Oui. Mais… »
Je ne lui laissa pas le temps de parler. Michiru et moi sortîmes immédiatement en verrouillant la porte. Bien heureusement, Eudial n'était pas revenu. Sa défaite avait dû la refroidir quelque peu. Mais elle risquait de revenir sous peu avec un nouveau plan. Michiru semblait partager la même inquiétude que moi. Nous prîmes la moto pour aller plus vite et en quelques minutes, nous fûmes au temple où nous avions donné rendez vous aux filles sur le chemin. Elles paraissaient très inquiète. Nous n'avions pas eu le temps de leur dire tout ce qui se passait. En plus des Inners, les Stars Lights et Mamoru étaient là. Nous expliquâmes ce qui nous amenais aux autres.
« Eudial ?! Vous êtes bien sûre ? demanda Rei.
- Absolument. Nous l'avons vu aussi bien que nous pouvons te voir toi.
- Non seulement elle est vivante, mais elle a accaparé de puissants pouvoirs.
- Mais qui est cette Eudial, questionna Yaten.
- Il y a un ans ou deux, quand nous avons connue Haruka et Michiru, des monstres sont apparus. Ils voulaient s'emparer des cœurs purs afin de trouver les 3 talismans qui permettraient l'apparition du Saint Graal. Ce dernier détenaient d'immense pouvoirs et il pouvait détruire ou sauver le monde selon les mains dans lesquelles il tombait. Au début, ce fut une femme du nom de Kaorinite qui devait trouver les talismans, mais nous l'avons vaincu. Peu de temps après, une autre femme est apparue avec la même mission. Il s'agissait d'Eudial. Elle était plus puissante que Kaorinite et à bien failli s'emparer des talismans.
- Mais qu'est ce que sont les talismans ? interrogea Seiya.
- C'est le fruit d'un cœur aussi pur que le cristal. Un talisman est porté par une personne ayant un cœur d'une extrême pureté et il détient d'énorme pouvoirs.
- Et qui les possédaient ? demanda Taïki.
- Haruka, Setsuna et moi, répondit Michiru.
- Haruka… ? s'étonna Seiya.
- Oui. Pourquoi tu ne crois pas Michiru ?
- Si, si, bien sûr, mais… je ne m'attendais pas à ce que tu puisses porter un talisman.
- Comment dois-je le prendre ? demandais-je en redoublant d'effort pour conserver mon sang froid.
- N'y voit aucuns sous entendu. C'est simplement que je trouve étonnant que tu ais un cœur pur.
- Et sache que j'ai été aussi étonné que toi Seiya…
- Et à quoi ressemblent-ils ces talismans ? intervint Yaten.
- Michiru possède le miroir, Setsuna le grenat au sommet de la clé du temps et moi, j'ai une épée.
- Donc pour en revenir à Eudial, reprit Amy, elle a tendu un piège à Uranus et Neptune et a failli les tuer. Quand nous sommes arrivées, Neptune était au sol, son talisman au dessus d'elle et Uranus venait de prendre le sien. Elle nous a expliqué sa mission et elle a sombré dans un coma qui l'aurait tué si Pluton n'était pas arrivée plus tard. Après cela, nous n'avons plus jamais revue Eudial. Elle avait été tué sur l'ordre du professeur Tomoe.
- Tomoe !
- Oui, le père d'Hotaru avait vendu son âme pour sauver sa fille. Il a failli détruire le monde, mais finalement, grâce à Sailor Saturne et à Sailor Moon, le monde a été sauvé.
- Et vous dites que cette Eudial est revenue maintenant ? s'étonna Taïki.
- Oui. Elle m'a attaqué tout à l'heure et elle est beaucoup plus forte qu'avant. Elle s'est également munie d'une épée qui dégage une énergie très étrange, expliquais-je.
- Qu'est ce qu'il est advenue de l'épée de Sailor Galaxia ? demanda Mamoru.
- Elle a été détruite, il n'y a aucun soucis à ce faire, répondit Usagi.
- Mais je pense qu'il faudrait plutôt se préoccuper du plan que manigance Eudial avant tous, déclara Mako.
- D'autant plus que c'est elle qui a réveillé Noom Rolias. C'est bien ce qu'elle t'a dit Haruka ?
- Oui.
- Mais Eudial est-elle plus dangereuse que Noom Rolias ?
- Que veux-tu dire Rei ?
- Et bien Noom Rolias était très puissante également et nous connaissaient parfaitement. De plus, elle avait des alliés, expliqua t'elle.
- C'est exact, mais Eudial est animé par le feu de la vengeance et elle est bien plus forte que les démons que tous les démons que nous avons affrontés jusque là, dis-je. J'en ai fais les frais.
- C'est vrai. Et il faudra rester sur nos gardes. Eudial a du apprendre quels sont nos faiblesses et nos points forts grâce à Noom Rolias.
- Quant à Hotaru et Setsuna, faut-il les prévenir à votre avis ?
- Oui. Eudial cherchera à se venger de toutes les guerrières étant donné que nous sommes la cause de l'accident qu'elle a eu.
- Mais nous ne pouvons pas nous en charger Michiru et moi. Il faut que vous le fassiez.
- Pourquoi cela ?
- Ma sœur est chez moi et je ne préfère pas la laisser seule. Et nous ne vous avions pas averti qu'elle avait découvert notre véritable identité l'autre jour. Je ne veux pas qu'elle découvre qui sont les autres Sailors.
- Entendu. Nous nous en chargerons.
- Merci. Maintenant, nous devons y aller.
- Au revoir. Et surtout soyez prudentes » leur conseilla Michiru.
A notre grand soulagement, lorsque nous fûmes rentrées, Akyhô était toujours là, à se morfondre dans le canapé. Quand elle nous entendis arriver, elle sursauta.
« Haruka ! Que se passe-t-il ? Pourquoi est ce que tu m'as dit de rester enfermé ici ?
- Michiru nous nous sommes fait attaquer en bas.
- Quoi ? Mais par qui ?
- Une vieille ennemie.
- Ca te dérangerais d'être plus claire ?
- Oui. De toute façon, tu n'as pas besoin de le savoir.
- Dis plutôt que tu ne me fais pas confiance, s'énerva Akyhô.
- Disons que je ne te connais pas assez pour te faire confiance.
- Effectivement, on ne peut pas dire le contraire. Je ne t'ai pas souvent vu à la maison. Tu étais sois en internat, sois partie faire un tour à moto et après, tu as carrément quitté la maison !
- Je connais déjà tous ces arguments. Je les ai entendu des dizaines de fois alors, je t'en pris, ne remets pas ce sujet sur le tapis.
- Et pourquoi ne le ferais-je pas ?
- Parce que tu ne sais rien du conflit qui m'oppose au reste de la famille. Tu es trop jeune !
- C'est faux. Je ne suis plus une enfant. J'ai quatorze ans. Et Hiroki m'a tout expliqué.
- En tournant toute l'histoire à l'avantage de nos parents, je suppose, répliquais-je.
- Et toi, quelle est ta version ? Tournée à ton avantage ?
- Qu'est ce que t'as dit Hiroki sur mon départ en internat et tous le reste ? demandais-je.
- Avant de rentrer au collège, tu refusais déjà de faire partie de la famille. Tu as demandé à être interne au collège et tu présageais déjà de quitter la maison dès le lycée. Chose que tu as faite d'ailleurs.
- Et bien ton cher grand frère est un menteur. Je n'ai pas eu le choix de rester à la maison ou d'être interne. Je ne l'ai jamais demandé. J'admets que cela ne m'a pas dérangée, mais ils ne m'ont pas demandé si je voulais rester ou non.
- Et alors, de toute façon, tu serais partie quand même. Je ne vois pas ce que cela change.
- Rien. Mais je vois que tu n'as absolument rien à faire de l'honnêteté de nos parents et d'Hiroki.
- Je n'ai pas dis ça, répliqua t'elle en rougissant.
- Et bien explique toi alors.
- Je… essaya t'elle de dire. Je… Très bien, j'admets que nos parents n'auraient pas dû te faire ça et qu'ils ne sont pas très honnêtes. Tu es contente ?
Sa réponse me prit totalement au dépourvu. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle reconnaisse ses torts ainsi.
- Tu es contente ? répéta-t-elle.
- Oui, je vois que tu vaux mieux que tes parents.
- Ce sont aussi les tiens, signala Akyhô.
- Légalement uniquement. Et comme tu l'as si bien dis, je refuse de faire partie de la famille.
- Mais pourquoi tu ne te conduis pas de façon normale ?
- C'est un choix comme un autre…
- Est-ce que ça t'arrive d'être claire ? »
Le téléphone sonna alors. J'allai décrocher.
« Allô ? » Personne ne répondit. J'entendis juste des gloussements étouffés. Une blague téléphonique. Je raccrochais violemment.
« Qui étais-ce ? me demanda Michiru.
- Sûrement des enfants qui faisait des blagues. J'ai entendu rire alors que personne ne parlait, répondis-je. Où est passé Akyhô ? ajoutais-je en ne la voyant plus.
- Dans la chambre. Elle est en colère.
- Elle finira par se calmer, répondis-je.
- Tu sais, je trouve que vous vous ressemblez ta sœur et toi, déclara Michiru.
- Tu plaisantes ? Nous n'avons aucuns points communs elle et moi.
- Dans ce cas, de qui tient-elle son fort caractère si ce n'est de toi ? Et même physiquement, vous avez les mêmes yeux et elle est grande pour son âge.
- Je n'ai pas fait attention…
- Et bien tu regarderas…répliqua Michiru avec un sourire malicieux qui montrait qu'elle savait très bien que j'avais remarqué ces détails.
- Oui, oui, marmonnais-je.
- Tu devrais peut être aller la voir ?
- Elle se calmera bien toute seule…
- Je n'en suis pas si sûre.
- Tu es voyante ? taquinais-je mon amie.
- Presque… Mais tu sais, je pense vraiment que tu devrais lui parler. Il faut arrêter d'envenimer les choses en vous disputant sans cesse ta sœur et toi.
- Mais elle est têtue comme une mule, tentais-je de répliquer en sachant parfaitement que mon argument était dérisoire.
- Si tu ne le fais pas, je le ferais, rétorqua Michiru. Je suis sûre que ta sœur n'est pas comme le reste de ta famille.
- Comment le sais-tu, tu n'as passé qu'une dizaine de minutes avec elle, m'étonnais-je.
- Je suis voyante… répondit-elle. Alors, tu vas lui parler ?
- Si tu insistes… capitulais-je.
- Merci. Je dois y aller maintenant. J'ai un cours de violon.
- Oui, je sais. »
Michiru me souriait. Je savais qu'elle avait raison de me pousser à parler à Akyhô, mais je n'en n'avais aucune envie. De plus, nous étions aussi entêtée l'une que l'autre, ma sœur et moi. Tandis que Michiru quittait l'appartement, j'allai frapper à la porte de la chambre que ma sœur occupait et entrait.
Akyhô pleurait sur son lit. Elle m'ignora délibérément et joua avec son portable.
« Akyhô ? Que t'arrives-t-il ? demandais-je en restant sur le pas de la porte.
- …
- Akyhô ?
- …
- Tu comptes me répondre ?
- … » Elle ne me parlait pas et restait de marbre.
« Akyhô, répons-moi. Je sais que tu es en colère. Mais je voudrais au moins connaître la raison. »
Ma sœur posa alors violemment son téléphone et se mit à me crier dessus.
« Tu veux savoir la raison ? A ton avis, qui est à la base de ma colère ? Toi ! Moi, tout ce que je voulais c'est vivre dans une famille normale. Mais au lieu de ça, j'ai une sœur qui se prend pour un homme et qui a quitté la maison et des parents qui se séparent. De plus, je suis maintenant tiraillée entre deux camps. Papa, maman et Hiroki me disent une chose et toi une autre. Je ne sais plus quoi penser !
Et au collège, si je parle de ma sœur, on me pose des questions. 'Qu'est ce qu'elle fait ?', 'tu t'entends bien avec elle ?'. Et moi, qu'est ce que j'ai à répondre à ça ? 'j'en sais rien, je ne la vois jamais et en plus elle a quitté la maison'. J'en ai marre moi !!
- Je comprends, dis-je. C'est vrai que la situation de la famille doit être dure à vivre pour toi.
- C'est le moins qu'on puisse dire ! répliqua-t-elle. Ca se voit que tu n'es pas à ma place.
- C'est vrai. Mais dis toi bien que tu n'es pas la seule à avoir eu une vie difficile. J'ai également vécu beaucoup de choses.
- Parce que tu es Sailor Uranus, c'est ça ?
- Entre autre…
- Tu ne pourrais pas m'en dire plus sur les Sailors ?
- Non.
- Mais pourquoi cela ? Je ne dirais rien. Je te le jure.
- Même si j'étais sûre que tu ne parlerais pas, je ne te révélerais rien. Ca pourrait mettre en danger toutes les guerrières et te mettre en danger toi.
- Pourquoi ?
- Nous avons des ennemis. Notre seule garantie de protection est notre apparence humaine. Si on découvre qui nous sommes en vérité, nous risquons d'être attaqué à tout moment.
- Comme tout à l'heure ?
- Oui. Mais ça ne te regardes pas.
- Comme toujours… Mais tu sais, je ne suis pas comme le reste de la famille. J'ai trouvé Hiroki détestable avec toi. Et quand je lui en ai parlé, il a dit que tu ne méritais pas qu'on te traite mieux.
- Je m'en moque.
- Mais tu t'entendais bien avec lui, avant.
- C'est vrai. Mais il a commencé à changer quand je suis allé au collège. Je pense que nos parents ont commencé à lui dire que j'étais bizarre ou je ne sais quels autres absurdités à mon sujet.
- Pourquoi papa et maman mentiraient à ton sujet ? C'est stupide.
- Tu ne les as pas entendue quand je suis venue chez toi l'autre jour ? Ils sont snobs et veulent se faire bien voir.
- C'est faux ! Ils ont toujours été très gentils avec moi.
- Penses ce que tu veux, mais ils m'ont fait assez souffrir pour que je change d'avis.
- Mais tu as toujours renié leur autorité, c'est pour cela qu'ils étaient durs avec toi.
- Je ne voulais pas être contrôlée. Ce qu'ils s'évertuaient à essayer de faire. Ils ont toujours choisis dans quelle école j'irais, qui je fréquenterais, etc.
- Tu te fais des idées, ils n'ont jamais agi de la sorte avec moi.
- J'en doute… Mais tu t'es fait ton opinion, je ne vais pas te forcer à changer d'avis. J'essaye juste de t'ouvrir les yeux.
- Je n'en n'ai pas besoin. Je connais papa et maman.
- Bien. J'espère ne pas t'avoir embrouillé plus qu'avant.
- Non. Je crois au contraire que certaines choses se sont éclaircies. Et puis je te comprends mieux maintenant.
- Et alors ? Suis-je comme la famille te l'a dépeint ?
- Pas exactement. Mais il y avait de la vérité dans ce qu'ils ont dit, déclara Akyhô.
- Je vois… et tu sais, je pense qu'effectivement, tu n'es pas comme les autres membres de la famille. Tu es moins attaché à ta réputation et aux regard des autres qu'eux. C'est une bonne chose, répondis-je sincèrement.
- Vraiment ? Tu m'apprécies ?
- Oui. Je n'avais pu me forger aucune idée sur toi jusqu'à présent, mais après cette conversation, je m'aperçois que tu es quelqu'un de bien.
- Merci, ça me fait plaisir.
- De rien. Je vais te laisser. Je vais faire un tour en ville.
- Je peux venir ? demanda-t-elle.
- Si tu veux », acceptais-je.
Je m'apercevais finalement que toute ma famille n'était pas si détestable que je me l'imaginais. Quelque part, cela me soulageait.
Michiru avait eu raison de me pousser à prendre ma sœur.
