Chapitre 9

Thanksgiving

cela faisait plus d'une semaine qu'Emmett et moi avions eu notre première dispute. Sur le coup, je ne compris pas ce qu'il se passait, et pourquoi il me parlait sur ce ton. Puis quand il m'eut dit que je pouvais rejoindre Malcom, que le compagnie de ce dernier serait meilleure, je compris. Au début la colère m'avait gagné, puis ensuite la tristesse avait pris la place. Oui, j'étais triste! Triste de son manque de confiance en moi. C'est vrai que ce type avait été lourd, mais j'avais appris que c'était un client régulier de mon frère, donc j'avais pris sur moi, jusqu'au moment où il replaça une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. Je m'étais sentie gênée, puis Malcom me demanda si je connaissais ce type qui nous avait interrompu. Je lui avais alors répondu, que ce type en question était mon petit ami que j'aimais, que j'avais pris sur moi jusque là mais je ne voulais plus qu'il me touche. Ensuite je partis rattraper Emmett dans la rue. Il se dirigeais vers sa voiture d'un pas rapide, et je voyais qu'il serrait les poings. Dans le bar son regard avait été dur sur moi, un regard que je n'avais jamais encore vu, ou la fureur, et la colère dominait. Quand il était partit, j'avais senti les larmes me monter aux yeux. Alice avait vite compris ce qui c'était passé. Elle avait vu la scène de loin, et elle me conseilla de le rejoindre le plus rapidement possible, qu'elle me couvrirait auprès de mon frère. Je l'en remerciais, puis au volant de ma vieille camionnette, j'avais pris le direction du domicile d'Emmett. Quand j'eus sonné, ce dernier m'ouvrit tout de suite. Apparemment il allait ressortir. Je le regardai droit dans les yeux et ma colère reprit vite le dessus. J'étais rentrée, puis il commença à parler. À ce moment, je ne su pas ce qu'il me pris, mais je lui mis une gifle magistrale. Je m'en voulu immédiatement. Il commença à s'excuser, puis au fur et à mesure ma colère s'estompa. Vint alors le moment des réconciliations! Il me promit de ne plus être jaloux.

Quelques jours plus tard, nous passâmes le vendredi soir chez mon frère comme convenu. Rosalie était très pâle et fatiguée, mais elle m'assura qu'elle irait voir le médecin. Au cours de la soirée, je me mis à jouer du piano accompagné d'Edward. Cette soirée se passa bien. Je passais mon temps à regarder l'amour de ma vie, je me sentais à ma place quand il me prenait dans ses bras. Cette dispute nous avait encore plus rapproché, et notre amour ne s'en était que plus renforcé.

Aujourd'hui nous étions Thanksgiving, et nous étions tous invités chez James et Rosalie. J'avais promis à Rosalie de venir le matin pour l'aider à tout préparer. Ce fut donc vers 10 heures, que je me présentai à son domicile. Elle avait encore les traits tirés par la fatigue, et j'étais inquiète, mais en même temps je vis une lueur dans son regard que je n'avais pas vu auparavant. Nous commencions par nettoyer, James et moi la salle du bar, là où nous allions manger, car la salle à manger de leur appartement au dessus n'aurait jamais pu accueillir tout le monde. Après 3 heures de dur labeur, je rejoignis Rose en cuisine. J'épluchai les patates douces, que je donnai à ma belle-sœur pour les faire cuire, puis je commençai à m'atteler à la farce pour la dinde. C'est grand-mère qui m'avait donné la recette. Elle m'a raconté, quand j'étais petite, que c'était une recette qui se donnait de mère en fille.

-Bella, va falloir que tu me donnes la recette.

-Je ne sais pas Rose, cela demande réflexion...

-tant pis, je demanderai à ta grand-mère.

-Tu sais que c'est une recette qui se transmet de mère en fille?

-Oui, mais je suis sûre que Grand'Ma acceptera!

-Je te taquine Rose. Bien sûr que je te donnerai la recette. James sera content que tu l'ais, comme ça si un jour vous avez une petite fille, tu pourras lui transmettre.

À ce moment Rosalie devint plus blanche et chancela un peu. Je me précipitai vers elle pour la retenir.

-Rose, t'es sûre que ça va? T'as été voir le médecin?

-Oui, Bella, ne t'inquiètes pas. Il a dit que tout allait bien. Je dois juste me reposer.

-Ok! Alors tu vas aller t'allonger un peu dans ta chambre, et puis moi je vais aller terminer tout pour ce soir, et je rentre me changer.

-Non, ça va Bella, je t'ass …

Elle chancela un peu plus. Au même moment, James arriva.

-James! Criai-je.

-Quoi, qu'est ce qui se passe? Rosalie!

-Emmène Rosalie dans votre chambre pour qu'elle se repose un peu. Elle ne tient plus debout.

-Chérie, tu es sûre que ne n'est que de la fatigue? Lui demanda-t-il. Demain on ira voir un autre médecin qui ne soit pas un charlatant.

-James, mon amour calme-toi amène-moi dans la chambre. Je suis désolé Bella de te laisser tout faire.

-Ne t'inquiètes pas, je vais me débrouiller, mais il faut que tu te reposes. Aller! Va!

Mon frère et Rose partirent donc en direction de leur chambre, alors que moi, pendant ce temps, je terminai la farce de la dinde. Une fois terminée, j'enfournai la dinde et la programmai à cuire pendant 6 heures. Puis, je rassemblai tout ce qu'il me fallait afin de mettre la table pour ce soir. Ce fût à ce moment là, que James me rejoignit. Quelle ne fut pas ma stupeur, quand je vis qu'il était aussi blanc que Rose.

-James, tu vas bien? Mais qu'est ce qu'il se passe ici? C'est contagieux ce qu'elle a Rose? James, parle-moi!

-Tout va bien Bella, tout va même très bien, dit-il en me faisant un grand sourire.

-Tu vas me dire ce qu'il se passe à la fin? Qu'est ce qui c'est passé dans cette chambre pour que tu reviennes tout chamboulé. Tu t'es disputé avec Rosalie?

-Non, bien sûr que non.

-Alors quoi, elle t'a repoussé alors que … non, je ne veux même pas pensé à ce que vous auriez pu faire dans cette chambre. Merde! Pourquoi il a fallu que je me mette ces images dans la tête! Beurk!

-T'es bête! Non Rose et moi n'avons pas fait joujou, si tu veux savoir. Fais pas cette tête! Toi aussi … non, t'as raison, je ne veux pas imaginer ce que ma petite sœur fait avec mon beau-frère! Beurk, rien que d'en parler j'ai de sales images dans ma tête! Merci les cauchemars.

Je lui donnais un coup de coude dans les côtes , et nous rimes tous les deux.

-Ce soir, tu sauras tout ce soir promis.

-Pourquoi ce soir, et pas maintenant? Demandai-je avec une petite moue.

-Ce soir! Allez! Viens! Finissons cela et après je te libère pour aller te préparer. Tu viens avec Emmett?

-Non, il a un entrainement, et puis Alice veut absolument que l'on se préparer ensemble. J'adore Alice mais y a des fois où elle me fait un peu peur.

-C'est pas un tyran quand même?

-Non, quoi que des fois elle s'en approche. On voit bien que ce n'est pas toi qui vit avec. De fois, c'est limite psychopathe! C'est vraiment effrayant.

-Et toi tu ne fais pas d'entrainement?

-Le Coach Tanner a donné congé à tout le monde mais on se rattrapera demain, vu que samedi il y a un match.

-Ça se passe bien avec Emmett?

Il venait de me poser la question comme si de rien n'était mais je savais que James n'était pas dupe et qu'il avait remarqué ce qui c'était passé la semaine dernière, mais je fis comme si je ne me doutais de rien.

-Oui, tout va très bien. On s'aime, et puis maintenant nous vivons notre amour au grand jour, donc c'est moins stressant. J'ai vraiment été bête de vouloir être discrète pour éviter les ragots. Je nous ai mis plus de bâtons dans les roues qu'autre chose, mais Emmett a été formidable. Il a toujours respecté mes demandes. Lui ne me demande jamais rien et des fois j'ai l'impression d'être égoïste, qu'il se sacrifie pour que je sois heureuse.

-Il veut simplement que tu sois heureuse comme moi je le veux aussi. Nous t'aimons tous les deux, et nos voulons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que tu le sois. Je ne connais pas Emmett depuis longtemps, mais c'est un gars bien que j'apprécie. Bella, j'ai vu ce que c'est passé la semaine dernière. Malcom est un gros dragueur. Quand Alice m'a dit que tu partais parce que tu étais fatiguée, je n'ai rien dis mais je n'y ai pas cru car tu serais venue me le dire.

Mon frère avait les yeux partout et me connaissais mieux que personne.

-On s'est disputé, car il était jaloux et moi j'ai pris cela pour un manque de confiance en moi, en nous, mais tout va bien maintenant. Notre amour n'en ai que plus fort.

-Ok, je m'en doutais un peu. Si tout va bien entre vous alors je suis heureux pour vous. Je t'aime petite sœur.

-Moi aussi je t'aime James.

Nous nous étreignons en douceur. Il m'embrassa sur le dessus de ma tête, puis je me reculais pour le regarder dans les yeux.

-Tu sais je suis vraiment heureuse avec Emmett. Jamais je n'aurai cru pouvoir vivre ce que je vis en ce moment. C'est la première fois que je ressens cela. C'est grisant mais en même temps j'ai peur. Je pense que c'est pour ça qu'au début je voulais être discrète, car si cela ne fonctionne pas, je ne voulais pas attirer l'attention, mais je me rends compte que dans la vie, il faut savoir prendre des risques, et c'est cela que je f ais. Mais ça ne me fait pas peur. Je suis continuellement rassurée dans les bras d'Emmett.

-Je suis content pour toi. Bon, je crois que nous avons fini. Quelle est-il? … Merde! Je vais être en retard, elle va me taper sur les doigts.

-Qui ça James?

-Oh! Euh … personne. Je te vois ce soir. Tu vas aimer cette soirée crois-moi!

James mis sa veste de cuire et commençais à s'agiter en recherchant quelque chose. Mes yeux se posèrent sur ses papiers de voitures, que je me hâtai de prendre.

-C'est ça que tu cherches mon cher frère?

-Ah merci Bella, je les cherchais partout.

Il allait pour les prendre mais je me dérobais au dernier moment.

-C'est qui ce « elle » James?

-Bella, ne joue pas à ça avec moi, tu ne gagneras jamais. Donne moi ça!

-James, je veux savoir. Tu en as trop dit tout à l'heure.

Sans que je ne me rende compte de quoi que ce soit, James avait emprisonné mes bras dans mon dos et avait repris ses papiers.

-Patience Bellissima! À ce soir!

Il partit en embrassant le bout de mon nez et je restais là sans bouger. Ce qu'il pouvait m'énerver des fois!

Il était parti rapidement, quand Rosalie entra à son tour dans le bar. Elle paraissait plus reposée qu'il y a quelques heures.

-Hey Bella! Tu es toute seule?

-Salut Rosalie! Oui James vient de partir rapidement. Il allait être en retard à un rendez-vous. Ne me demande pas où et avec qui, il n'a rien voulu me dire. Et toi tu vas bien? Tu as pu te reposer?

-Oui, je vais bien, mieux même, mais je ne sais pas qu'il était aussi tard. James va être en retard. Tu as besoin d'aide pour quelque chose?

-Non. La dinde est au four, et est programmée, la table est mise. Tout est prêt.

-Ok! Dans ce cas là rentre pour te préparer, Alice t'attends, et me fais pas cette t^te là sinon je prolonge ton supplice en appelant Alice pour qu'elle vienne te chercher, comme ça tu y seras plus tôt.

Je levai les bras en signe de rédition et pris mes affaires et sortie rapidement, afin que Rose ne mette pas son plan à exécution. Arrivée sur le campus, je me dirigeai rapidement vers la chambre, pour qu'Alice ne se mette pas en rogne contre moi pour avoir du retard. Je sais pas vous, mais un lutin enragé, c'est pire qu'un bouledogue! Je me précipitai donc dans la chambre, quand, oh surprise! Je vis Alice et Alec s'embrasser passionnément.

-Oh désolé! Fis-je. Je ne voulais pas vous déranger. Je ne savais pas que tu devais venir Alec, sinon je me serais préparée chez mon frère.

-Non, ne t'inquiète pas Bella, j'allais partir de toute façon. Je dois rejoindre Jane. Nous allons manger chez nos parents ce soir. Bonne soirée! Amusez-vous bien. Alice, on se voit demain. Il embrassa tendrement Alice puis partit en me faisant la bise. Une fois la porte refermée, je me tournai vers ma colocataire.

-Bella, je te jure que j'allais te le dire ce soir, mais ça vient juste de se faire, enfin, je veux dire, c'est la première fois que nous nous embrassons.

-Eh Alice! Ne stresse pas! Je suis réellement contente pour vous deux. Tu le mérites, et puis vous faites un beau couple tous les deux.

-Si tu savais Bella, je me sens différente dans ses bras, enfin, non, mais je suis toute chose. Mon cœur bat encore plus vite, j'ai des nœuds dans l'estomac, je ne rêve que de lui, ne pense qu'à lui …

-Tu es amoureuse ma belle, ne cherche pas plus loin.

-Oui, je crois que tu as raison … mais je n'oublie pas le reste pour autant. Aller! File sous la douche, moi je prépare tes affaires. Les garçons ne vont plus tarder. J'ai déjà mis tes sous-vêtements dans la salle de bain.

Sans demander mon reste, j'entrai donc dans la salle de bain, où en effet des sous-vêtements noirs en dentelle m'attendaient. Après m'être déshabillée et mis mes vêtements au sale, je me glissai sous le jet chaud de la douche, et me prélassai sous son bienfait. J'aurai bien aimé qu'Emmett soit avec moi dans cette douche. Je fermai donc les yeux et imaginai ses mains se baladant sur mon corps, ses lèvres suivants le parcours de ses mains, touchant ma poitrine, descendant lentement vers mon centre. Mon bas ventre commençait à me chauffer, et je mis mes mains là où j'aurai voulu que celles de mon amoureux y soient pour me satisfaire. Au bout d'un moment, je fini par me satisfaire moi même. Quand je sorti de la salle de bain, je trouvai Alice devant tout un tas d'accessoire et de maquillage. À la vue de tout cela, le bien-être que j'avais ressenti quelques instants auparavant, venait de s'envoler, et une panique s'empara de moi.

-Alice, tu ne vas pas me servir de tout cela sur moi quand même? Demandai-je.

-Ben si! Pourquoi? Il me faut bien tout cela pour te rendre présentable.

-Merci Alice! Dis que je ressemble à un épouvantail tant que tu y es? Fis-je en étant contrariée.

-Je n'irai pas jusque là mais on y est presque, répliqua-t-elle, en plaisantant. Aller! Cesse de faire l'enfant, et assieds-toi. Tu vas voir, après être passée entre mes mains, Emmett retombera une nouvelle fois amoureux de toi.

Je n'eus pas le temps de répliquer quoi que ce soit, que déjà j'étais assise sur une chaise. Je ne savais pas ce qu'elle faisait avec moi, mais j'étais ballotée dans tous les sens, et en même temps j'avais le droit à ce qu'avait dit ou fait Alec. En la voyant si heureuse, je ne pouvais pas lui en vouloir de me torturer ainsi. Elle dû s'interrompre après que quelqu'un ai frappé à la porte. Alors j'allai me lever pour ouvrir, elle m'ordonna de rester assise et bougonna contre l'intrus. Mais quand elle ouvrit, au lieu d'incendier l'opportun, elle resta muette.

-Bonjour ma puce, fit l'inconnu.

-Ma … man … maman?

-Oui mon bébé. Tu ne reconnais pas ta mère ma sauterelle?

-Oh mon dieu!

Elle sauta carrément dans les bras de sa mère, et je pus entendre des sanglots de la part de ma meilleure amie. Ce tableau était très touchant. Sa mère l'étreignit fortement, puis Alice s'éloigna un peu pour se tourner vers moi, avec toujours des larmes aux yeux.

-Bella, je te présente ma mère Esmée.

-Enchantée de vous rencontrer Madame Cullen, fis-je en lui tendant la main.

Elle prit ma main, mais au lieu de la serrer, elle m'attira vers elle et m'étreignit à son tour. Je fus un peu étonnée de son geste mais après être revenue à moi, je répondis à son geste.

-Appelle-moi Esmée veux-tu? Et moi aussi je suis enchantée de faire ENFIN la connaissance de la fameuse Bella, dont mes enfants n'arrêtent pas de parler. Mais je te rassure, toujours en bien.

Nous prenions place toutes les trois dans la cuisine, Alice nous donnant un verre d'eau chacune, puis elle prit place à côté de sa mère.

-Merci Mad … euh Esmée, mais je suis sûre que vos enfants exagèrent sur moi, répliquai-je.

-je ne crois pas Bella, apparemment ils sont tous les trois tombés sous ton charme, et j'avais hâte de te connaître, mais apparemment je tombe mal, je vois qu'Alice et toi, étiez en train de vous préparer à sortir.

-Oui, mais puisque tu es là maman, je vais passer la soirée avec toi. Ça ne te dérange pas? Et je crois que les garçons …

-Alice stop! Dis-je. Esmée , vous ne nous dérangez pas. Ce soir nous fêtons tous Thanksgiving chez mon frère et ma belle-sœur au bar qu'ils tiennent, et bien entendu vous êtes la bienvenue, et même vous n'y échapperez pas. On se retrouve tous en famille ce soir, et vous faites parties de cette famille, puisque je considère Alice, Edward, Jasper, comme ma sœur et mes frères. En plus vous êtes leur mère, et je serai une horrible personne de vous séparer.

-Bella, je ne voudrais pas vous déranger.

-Non Esmée, vous ne dérangez pas. Voir une Alice aussi épanouie qui maintenant est le plus beau cadeau qui vous puissiez lui faire en venant ce soir. Je sais que tous les trois s'en voulaient de ne pas passer Thanksgiving avec vous.

-Je leur avais dis que j'avais quelque chose de prévu mais il a été annulé au dernier moment, alors j'ai décidé de venir leur faire la surprise. Merci Bella. Mes enfants ne se sont pas trompés sur toi, tu es la bonté incarnée. J'accepte ton invitation avec plaisir ma belle. Bon Alice, où en étais-tu avec Bella? Veux-tu un peu d'aide?

-Oh oui maman! Je ne pensais pas y arriver toute seule.

-Hey Alice! Je sais que mon cas est désespéré, mais quand même! N'exagère pas!

Sans plus attendre, je me retrouvai assise de nouveau sur mon siège, non plus avec UNE Alice, mais DEUX! Esmée avait le même énergie que sa fille. Je voyais de qui tenait Alice.

Au bout de plus d'une heure à s'acharner sur moi, je me retrouvai devant le miroir de la chambre de ma meilleure amie, en train de me contempler. J'avais du mal à me reconnaître, mais en fin de compte le résultat me plaisait beaucoup. Mes cheveux avaient été lissés, un discret maquillage sur mon visage avec quand même les paupières charbonnées pour faire ressortir mon regard. Pour mes vêtements, Alice avait fait simple, et m'avait épargné la robe à cause du temps qui s'était considérablement refroidi. Il faut dire que dans quelques jours, Décembre pointerait son nez. J'étais habillée d'un haut blanc avec un décolleté décent, et d'un jean's slim. Bien évidemment, je ne pus échapper aux escarpins noirs? À ce moment des coups furent portés à la porte de la chambre.

-Alice, caches-toi avec ta mère dans ta chambre, je pense que ce sont tes frères. Je pense que la surprise va être grande pour eux.

-Oh oui Bella! Ils vont faire une de ces têtes! Maman, viens te cacher dans ma chambre avec moi.

Elle s'enfermèrent dans la pièce, puis j'ouvris la porte. Devant moi, se tenait sans surprise Jasper et Edward, tout aussi élégant l'un que l'autre. Ils entrèrent chacun leur tour, en me faisant la bise. Ils s'assirent sur le canapé, et cherchèrent du regard quelque chose qu'ils ne trouvèrent pas, ce qui les fit froncer les sourcils, comme s'ils se parlaient entre eux par la pensée.

-Un problème les garçons? Leur demandai-je.

-Non, mais on croyait qu'Alice était avec toi. J'espère qu'elle n'en a pas pour longtemps, la connaissant, on va être en retard.

Puis leurs regards se posèrent sur tout l'attirail de leur sœur. Je voyais naître sur leur visage un sourire moqueur, mais je ne leur laissais pas le temps de le développer.

-Stop, je sais que mon cas est désespérant, alors pas la peine de se moquer. Jasper, je suis sûre que Jane apprécierait que tu te moques.

-J'... j'ai … désolé Bella, ne lui dit rien s'il te plaît. Tu sais comme tu compte pour moi, et puis tu es splendide.

-Hum … ça va pour cette fois! Bon aidez moi à ranger tout ce bazar, Alice ne devrai plus tarder à sortir de sa chambre. Elle a dit qu'elle nous réservait une surprise.

-Ah bon? Tu sais ce que c'est? Demanda Edward.

-Non, mais elle a mentionné comme quoi vous en prendriez plein la vue. Tu connais ta sœur, je n'ai pas eu le temps de lui en demander plus qu'elle m'avait déjà claqué la porte au nez.

Il sourire à mon mensonge. Pour une fois que je me faisait pas griller à mentir, j'étais plutôt fière de moi. Ils se levèrent pour m'aider à ranger, et quand je les vis de dos, je toquai discrètement à la porte d'Alice, pour leur donner le signal afin de sortir. Les garçons étaient toujours de dos quand leur mère fit son apparition.

-Bonjour mes amours, leur fit-elle d'une voix mélodieuse.

Ils bloquèrent leurs mouvements d'un seul coup, puis ils se retournèrent. En voyant qui se tenait devant eux, ils écarquillèrent leurs yeux. Edward se frotta même les siens comme s'il était dans un rêve. Je ravalais mon rire devant son geste. En comprenant que ce n'était pas un rêve, ils se précipitèrent vers leur mère qui les attendait les bras écartés pour les embrasser. Après un moment à embrasser leurs cheveux chacun leur tour et qu'eux embrasse les joues de leur mère, Esmée appela Alice en lui faisant un signe de la main afin de faire un câlin collectif. Ce tableau m'émus beaucoup. Ma mère me manquait énormément. J'aurai tant voulu lui raconter ce que je ressentais pour Emmett, qu'elle me rassure, partager des moment mère-fille comme Alice le faisait avec sa mère, Grand'Ma avait essayer de prendre cette place à leur mort, comme elle a pu, ainsi que James. Je sais qu'il a menacé Emmett quand il a appris que nous étions ensemble. En pensant à mes parents, des larmes me montaient aux yeux, et je ne pu les retenir quand je repris mes esprits et que mon regard se dirigea de nouveau vers les quatre personnes devant moi. Jasper vit mes larmes, et s'approcha de moi pour me prendre dans ses bras.

-Viens là petite sœur de mon cœur, dit-il tendrement.

Je me blottis fortement contre lui, me laissant aller. Edward nous avait rejoins, de même qu'Alice. Je leur fus reconnaissant de leur geste car ils savaient que le manque de mes parents se faisant terriblement ressenti lors des rassemblements comme celui d'aujourd'hui. Au bout de quelques minutes, je m'éloignai d'eux, en leur souriant, tout en essuyant mes larmes. Puis je regardai Esmée.

-Désolé de gâcher vos retrouvailles Esmée, lui dis-je.

-Mais non ma chérie, je comprends tout à fait. Alice m'a raconté pour tes parents, et je comprends ta réaction. Bella, je vais te dire une chose. Après ce que je viens de voir, mes enfants tiennent beaucoup à toi, vu leur réaction à l'instant, et toi tu leur donnes ton cœur sans compter. Il suffit de voir comment tu as réagis quand Alice à proposer de rester avec moi ce soir. Tu n'as pas hésité à m'inviter à votre dîner. Mes enfants te considèrent comme leur sœur, et toi tu les considères de la même manière. Alors saches que si un jour tu as besoin, tu pourras toujours compter sur moi ainsi que mon mari. Je ne veux pas remplacer tes parents, mais saches que je serai là pour toi.

-Merci Esmée, cela me touche beaucoup.

Je la pris dans mes bras, et elle fit un geste dont je n'avais plus l'habitude : elle caressa mes cheveux, puis y déposa un baiser, comme ma mère l'aurait fait pour moi. Esmée dégageait toute la tendresse, la douceur, l'amour pour ses enfants.

Une fois la chambre rangée, nous prîmes le chemin du « Shamrock ». Alice, Edward, Jasper, et Esmée dans la Volvo CX30 d'Edward, et moi dans ma camionnette, vu que ce soir je dormais chez Emmett, et je laissais donc ma chambre à Esmée. Quand j'arrivai, tout le monde était là. Rien d'étonnant vu que ma voiture n'était pas de dernière génération, mais je n'en avais rien à faire, du moment qu'elle m'emmenait d'un point A jusqu'au point B. Même mon chéri était arrivé, et c'est avec un immense sourire aux lèvres que je m'avançais vers lui.. je me rendis compte à ce moment la ce qu'Alice vivait avec Alec, je le vivais de mon coté avec Emmett : le cœur battant la chamade, le souffle coupé quand il me regardait. Je sus qu'il était le bon. Au fond de moi, je savais que c'était avec lui que je partagerai ma vie. Il était en pleine discution avec Esmée et mon frère, et par conséquent, il ne m'avait pas encore vu. Je fis donc un geste vers James pour qu'il ne dise rien, puis je m'approchai de lui.

-C'est bizarre que Bella ne soit pas encore là. Si j'avais su qu'elle prendrait son vieux tacot, je serai allé la chercher. J'espère qu'elle n'est pas en panne. Non, sinon elle aurait appeler, mais un jour cela arrivera bien vu l'antiquité que c'est. Fit Emmett.

-Tu sais Emmett, je ne voulais te le dire avant car tu le sauras bien assez tôt, mais ne critique, ou n'insulte jamais la camionnette de Bella. Dit mon frère.

-Ah bon? Pourquoi?

-Pour la simple raison, monsieur McCarthy, que mon « tacot » comme tu l'appelles si bien, avance et me fait arriver à bon port. J'y prends soin donc par conséquent il ne me lâchera pas de si tôt. Tu as de la chance que cela soit Thanksgiving aujourd'hui, car sinon je t'aurais fait ravaler tes paroles insultantes sur ma camionnette, car on ne se moque pas de ma camionnette, sous peine de subir d'atroces souffrances. J'adore ma camionnette! On ne touche pas et n'insulte pas ma camionnette! Compris?

-Bel … Bella? Tu … es là? Excuse moi mon amour, je ne voulais pas me moquer, je m'inquiétais juste de ne pas te voir. Pardonne-moi! Fit-il tout penaud en me prenant dans ses bras. J'entendais mon frère pouffer de rire dans mon dos, et mon nounours de petit copain répondit par un léger grognement qu'il voulu surement discret, mais que j'entendis tout de même. Je décidai de continuer un peu à l'embêter.

-Hum … tu as de la chance que je sois de bonne humeur, mais cela ne risque de pas durer longtemps si tu continues à oublier quelque choses!

-Ah bon? Qu'est ce que c'est? Tout ce que tu voudras! Dit-il.

-Les hommes! Faut tout leur dire et leur mâcher le boulot! Répliquai-je.

-je pris sa nuque et l'embrassai fougueusement. Sur le coup, il parut surpris car il ne répondit pas immédiatement, mais après une seconde ses lèvres se mouvaient contre les miennes en parfaites synchronisation. Notre baiser se fit par la suite plus passionné, plus doux, amoureux tout simplement.

-Je préfère! Lançai-je alors que j'étais dans ses bras, en regardant l'assistance qui riait.

-Désolé d'avoir oublié ce précieux quelque chose, mon amour, mais je me rattraperai ce soir en rentrant, me murmura-t-il dans le creux de l'oreille, ce qui me fit frissonner. Tu es magnifique ce soir, continua-t-il.

-Et en plus il se rattrape parfaitement dis-je à l'assistance. Merci mais c'est Alice et Esmée qui ont fait tout le boulot. La torture en a valu la peine. D'ailleurs merci Alice, merci Esmée.

-De rien ma chérie. Ce fut un plaisir, et puis j'ai pu en apprendre plus sur toi, fit Esmée.

-Au fait James, t'aurait pu m'avertir plus tôt que ta sœur était derrière moi! Lui dit Emmett.

-Désolé beau-frère, mais quand on touche à la camionnette de Bella … et puis elle m'avait demandé de ne rien dire, mais je précise que c'était avant que tu « n'insultes » sa voiture.

Emmett me regarda d'un air tout penaud ce qui me fit bien rire, vite rejoins par les autres. Il se mit à rire aussi à son tour.

-J'aurai reconnu entre mille ce magnifique rire, dit une voix qui ne m'était pas inconnue.

Je m'éloignais d'Emmett et me mis à la recherche de cette fameuse voix. Non cela ne pouvait pas être possible, je devais avoir des hallucinations auditives. Je regardai James d'un air interrogateur, quand je le vis s'éloigner d'une personne que je n'avais pas encore vu. Mon cœur failli s'arrêter de battre à ce moment là. Des larmes me montaient aux yeux. Lentement je m'avançai vers cette illusion pourtant si parfaite. Encore deux pas et me voici en train de toucher la main de mon hallucination. Elle était chaude, bien réelle. Mes larmes coulaient toutes seules à présent, mais c'était des larmes de joie.

-Oh mon dieu! Grand'Ma tu es là! Je croyais rêver, devenir folle.

-Non ma poupée, tu ne rêves pas, je suis bien là. James m'a fait venir et voulait te faire la surprise, alors je me suis cachée dans leur appartement. Il sait que ce genre de réunion te rends nostalgique.

-je suis si contente de te voir. Tu m'as tellement manqué.

C'était pas Noël, pourtant cela y ressemblait. D'abord Esmée qui m'a fait comprendre qu'elle me considérait comme une fille, ensuite James qui m'a fait cette surprise, et quelle surprise! Pour la énième fois de la journée, je versai des larmes, mais à chaque fois c'était des larmes de joie. J'étais toujours dans les bras de Grand'Ma, quand nous entendîmes un raclement de gorge. À coté de nous se tenait James, un grand sourire sur les lèvres, mais les yeux humides. Grand'Ma et moi ouvrîmes nos bras afin de l'inclure dans notre câlin familial, mais la famille n'était pas complète.

-Rosalie! Viens avec nous. Toi aussi tu as droit à ton câlin.

Elle se précipita vers nous, les yeux tout aussi humides que les nôtres, mais à y regarder de près, tout le monde avait ou allait pleurer.

-Grand'Ma, je voudrais te présenter quelqu'un, lui dis-je après plusieurs minutes.

Je lui pris la main, et je nous dirigeais vers Emmett.

-Je te présente Emmett McCarthy, mon petit ami, fis-je en me blottissant dans ses bras.

-Je suis ravi de vous rencontré Madame Swan, lui dit-il en lui tendant la main.

-Enchantée de vous rencontrer Monsieur McCarthy. Prenez soin de ma petite fille, elle le mérite amplement. Vous m'avez l'air de quelqu'un de bien.

-Merci. Je tiens à vous dire que je tiens à Bella comme à la prunelle de mes yeux. Elle fait de moi un homme heureux et comblé, et je tiens à faire d'elle une femme heureuse et comblée aussi. Je sais au fond de mon cœur qu'elle est celle qui est faite pour moi.

-Je suis déjà une femme heureuse et comblée avec toi. Grand'Ma , depuis tu-sais-qui, je n'ai jamais été aussi heureuse que depuis que je connais Emmett. J'ai même retrouvé le goût de la musique, et de la danse. Je suis même capitaine de l'équipe de cheerleaders.

-James m'a appelé pour me l'annoncer. Je suis fière de toi et tes parents aussi l'auraient été.

Je lui fit un sourire, puis je laissai ma grand-mère en compagnie d'Emmett, qui avait été rejoins par Jasper, Edward, Alice et Esmée. Je pris la direction du bar, où j'approchai de mon frère, que je pris dans mes bras.

-Merci frangin! Tu ne peux pas savoir à quel point cela me fait plaisir.

-De rien Bellissima. Je suis heureux de te voir heureuse. C'est tout ce qui compte pour moi, fit-il en m'embrassant sur le front. Puis il se tourna vers l'assistance : Mesdames et Messieurs, si vous voulez bien passer à table, le dîner est prêt. Tout le monde vint s'asseoir. Je me retrouvais donc assise entre Emmett à ma gauche, et Grand'Ma à ma droite, puis à côté d'elle il y avait Edward, ensuite Esmée. En face de moi, se trouvait James, Rosalie, Jasper, Alice. Le repas se passa sous les rires, les souvenirs. Esmée lança son invitation pour Noël dans leur maison de Port Angeles, et demanda à Emmett, James et Rosalie de venir aussi. Tout le monde accepta. Puis vint le moment ou chacun remerciait pour ce qu'il avait. Quand mon tout arriva, je remerciai d'avoir un frère si merveilleux, d'avoir trouvé l'amour, d'avoir des amis si formidables, qui me permettaient d'agrandir ma famille. Le tour de table se termina par James et Rosalie. Mon frère commença.

-je remercie le Ciel pour cette fabuleuse soirée, d'avoir pu réunir familles et amis. Merci à Emmett de rendre ma sœur si heureuse. Merci à Grand'Ma pour tout l'amour qu'elle nous donne depuis toujours, Merci à Alice, Jasper et Edward de veiller sur ma petite sœur comme ils le font, d'être entrer dans notre famille. Merci aussi à ma fabuleuse compagne, qui me supporte depuis tant d'année. Je t'aime Rosalie.

-Moi aussi je t'aime mon amour, lui répondit-elle. Ce soir je voudrais remercier le Ciel d'avoir mit sur mon chemin l'homme merveilleux que tu es, mais aussi je tiens à te remercier aussi du magnifique cadeau que tu me fais en me permettant de te donner un enfant dans huit mois.

C'est abasourdi que nous les regardions tous les deux, en train de se sourire et de s'embrasser. Mon frère avait mit une main sur le ventre de Rosalie. C'est grâce à ce geste que je réalisai ce qui venait d'être annoncé : j'allais être TATA! Je bondis de ma chaise et me précipitai vers eux. Je pris Rose dans mes bras et la félicitai, puis je me tournais vers mon frère afin de l'embrasser à son tour. Je le pris dans mes bras, le félicitant aussi, lui disant qu'il le méritait. Je comprenais mieux maintenant pourquoi Rosalie était si mal ces derniers jours.

-Je vais être tata? Demandai-je encore même si je connaissais la réponse, mais j'avais du mal à réaliser.

-Oui Bellissima! Dans huit mois tu auras un neveu ou une nièce. Je l'ai appris c et après-midi.

-Je comprends mieux pourquoi tu ne te sentais pas bien ces derniers temps Rose. Je suis tellement contente pour vous deux. C'est magnifique. Emmett, t'as entendu, je vais être Tata, fis-je en me retournant vers lui, qui me regardais avec un immense sourire.

J'embrassais de nouveau Mon frère et ma belle-sœur, puis je rejoignis en sautillant les genoux de mon aimé. Il mit ses mains autour de ma taille, et je m'accrochais à sa nuque.

-Je vais être tata, ce qui va faire de toi un tonton. Un super tonton même.

-Moi … un Tonton …

-Oui mon amour. Tu fais parti de la famille, vu que nous sommes ensemble. Mon frère t'adore, ma belle-sœur aussi, et Grand'Ma est sous le charme. Tu es la personne la plus importante importante pour moi, tu me fais avancer. À tes côtés, je n'ai plus peur de l'avenir tant que tu seras avec moi.

-Toi aussi tu m'as changé, depuis que je te connais. Je n'ai plus peur, moi non plus de l'avenir, tant que tu voudras de moi. Tu es mon rayon de soleil. Ma journée s'illumine quand je te vois, mes cauchemars disparaissent quand tu es près de moi. Mon passé ne me fait plus autant souffrir quand tu es dans mes bras. Ne compte que le présent avec toi.

-Alors attends toi à ce que cela dure encore très très très très longtemps. Comme tu l'as dit tout à l'heure, je sais qu'au fond de moi, que tu es celui qui est fait pour moi. Lui dis-je en le regardant droit dans les yeux. Je me levai sur la pointe des pieds et l'embrassais en y faisant passer tout l'amour que j'avais pour lui. C'est haletant que nous rompions ce baiser, puis il colla son front au mien.

-Je vais être tonton Bella! Je vais être tonton!

Il me souleva, puis me fit tournoyer, en riant. Il me reposa, je re déposais un chaste baiser sur ses lèvres, et ensuite je partis en direction du piano. Une fois assise, mon regard se posa sur ma grand-mère qui avait un grand sourire aux lèvres, ainsi que les larmes au bord des yeux. Cette soirée était définitivement sous le signe de l'émotion. James vint s'asseoir entre grand-mère et Emmett. Ce dernier mit une tape amicale sur l'épaule de mon frère, qui lui répondit. Il lui murmura une chose à l'oreille de mon aimé, qui le regarda intensément, pour lui donner ensuite une accolade amicale. Ensuite James embrassa Grand'Ma, et déposa son bras sur ses épaules. Tout le monde se tourna vers moi. Je me concentrai, et commençai les premières notes de mon compositeur préféré sur « River Flows in you » de Yiruma. Comme à mon habitude, je me laissai emporter par la musique qui me traversai tout le corps, faisant abstraction de tout ce qui m'entourait à l'exception d'Emmett. Je me laissai bercer, en y mettant tout mon cœur. Ce fut mon défouloir pendant longtemps quand mes parents sont morts, puis l'histoire avec Jacob m' a bloqué, et j'avais arrêté de jouer pendant longtemps jusqu'à ce que je vienne m'installer ici pour rejoindre mon frère. Il n'a jamais su cet épisode de ma vie et c'est mieux ainsi.

Quand les dernières notes retentirent, je levai mes yeux sur l'assemblée. Tous me regardèrent avec le sourire, certains les larmes aux yeux comme Grand'Ma, James et Esmée aussi. Puis je demandai à Edward s'il voulait bien nous jouer un morceau. Il se accepta et embrassa sur le front sa mère avant de venir prendre ma place. Je partis me blottir dans les bras de mon amoureux, quand il joua une magnifique mélodie que je ne connaissais pas. Elle était douce, on y ressentait tout l'amour pour une personne. Je compris alors qu'il nous faisait partager l'une de ses compositions. Il m'avait déjà dit qu'il composais mais c'était le première fois que j'en écoutais une, et je dois dire qu'il a beaucoup de talent. À la dernière note, ma mère se leva et alla embrasser tendrement son fils. En croisant le regard d'Alice et de Jasper, ils me confirmèrent que c'était une mélodie faite pour leur mère par Edward. Je comprenais mieux pourquoi j'avais ressenti de la tendresse et de la douceur dans cette mélodie. Elle était comme Esmée.

La soirée se termina tard, mais dans la joie. Je laissai mon « tacot » au bar, et je partis avec Emmett. Je regardai le paysage défilé, plongé dans mes songes. J'avais été contente de voir et d'embrasser ma grand-mère. Elle me manquait énormément. Mais mes parents encore plus. J'avais essayé durant toute la soirée de ne pas y penser, ce qui fut assez facile vu la bonne ambiance. James, Rosalie et grand'Ma étaient les seuls au courant de mon secret. Voir Esmée avec ses enfants, me rappelait ce qu'il me manquait le plus, et c'était à cause de moi. Je sentis une main presser la mienne.

-Tu vas bien mon amour?

-Oui, ne t'inquiètes pas. Je pensais seulement à certaines choses.

-Tu sais que je suis là si tu as besoin?

-Oui, merci, mais tout va bien, je t'assure.

-D'accord.

Mon regard retourna en direction des lumières de la ville, dans ses rues vides où tout le monde se trouvait en famille. Ce soir je l'avais eu ma famille, mais elle n'était et ne serait jamais complète. Emmett gara la voiture dans l'allée de la maison. Je posai mon manteau sur le dos du canapé, mon chéri dans la cuisine en train de nous faire un café. Je pris alors mon portefeuille, et en sortis une photo. Dessus se trouvait James, ma mère Renée derrière lui qui l'entourait de ses bras, puis à ses cotés mon père Charlie qui me portait. Un mot pour qualifier cette photo : AMOUR. Oui, en regardant cette photo on pouvait sentir l'amour dans tous nos regards.

Je sentis alors quelque chose d'humide sur ma joue. Je n'avais pas remarqué que je pleurai. Emmett arriva avec le plateau, qu'il posa sur la table basse.

-Bella, tu pleures mon amour? Qu'est ce qui se passe?

-C'est de ma faute Emmett, tout est de ma faute, dis-je en explosant en larme.

-Mais de quoi tu parles?

Il s'assit à mes cotés, m'attirant dans ses bras, moi tenant toujours ma photo. Je ne pouvait plus m'arrêter de pleurer. Il me berça doucement, attendant que je me calme.

-Chérie, qui est-ce sur la photo? Demanda-t-il doucement une fois que mes pleurs avaient cessé.

-Ces sont mes parents. C'est à cause de moi s'ils n'étaient pas là ce soir avec nous.

-Tu m'as dit que tes parents étaient morts dans un accidents de voiture non? En quoi pourrais-tu être responsable?

-Oui, en effet. Cela fait dix ans ce soir que mes parents sont morts. Je ne me souviens plus de tous les détails, mais tu dois savoir que je suis une meurtrière.

-Bella, ne dit pas cela. Tu n'es pas une meurtrière, c'était un accident!

-James, n'arrête pas de me dire la même chose, ainsi que Grand'Ma, mais si je n'avais pas un caprice, papa aurait vu le virage bien avant et aurait ralenti. À cette époque, James avait la varicelle, et mes parents avaient décidé qu'il irait en convalescence chez mes grands-parents. C'était le soir de Thanksgiving. James était guéri, et nous devions aller le chercher. Je ne me souviens plus du sujet du caprice que je faisais, mais toujours est-il que mon père se fâcha contre moi. J'étais déjà têtue à l'époque et je n'en démordais pas, alors il commença à crier sur moi. Il a quitté les yeux de la route à peine quelques secondes mais cela a suffi à tout faire basculer. Ma mère a poussé un cri en lui disant de faire attention, elle a voulu braquer le volant, mais il était déjà trop tard. La voiture c'est dirigée dans un arbre dans un virage. Le choc fut violent. Nous savions qu'à cet endroit le virage était dangereux. Beaucoup d'accidents avaient eu lieu ici. Je ne me souviens plus de ce qu'il c'est passé ensuite. Tout ce que je me rappelle, c'est de m'être réveillée à l'hôpital. Je venais de faire trois mois de coma. C'est mon grand-père qui m'a annoncé leur mort. Je m'en suis toujours voulu. Alors que James aurait dû lui aussi m'en vouloir, cela a été tout le contraire, il a été encore plus présent pour moi. C'est pour cela qu'il a une place importante dans ma vie.

J'avais recommencé à pleurer pendant mon récit. Emmett n'avait rien dit, il m'avait laissé parlé, en me rapprochant de lui de temps en temps.

-Chérie, tu étais jeune à l'époque, et c'était un accident. Un terrible accident je te l'accorde, mais toit même tu viens de dire que cet endroit été dangereux. Tu n'es responsable de rien. Arrête de t'en vouloir. Tes parents ne voudraient pas que tu te fustiges comme cela tout le temps.

Je ne répondis rien, pleurant toujours dans les bras de mon homme. Puis je ne sais au bout de combien de temps, mais le noir m'enveloppa. Le lendemain, je me réveillai dans la chambre d'Emmett, collé à son torse, ses bras m'entourant, sa tête dans mes cheveux. J'étais bien là, à ma place, dans les bras de l'homme de ma vie.