Disclaimer: Même chose que d'habitude, tout ce petit monde appartient à Stephenie Meyer.

Résumé: Quelque chose d'un peu différent de d'habitude, une vision extérieure, celle d'Edward. J'avais envie de tenter l'expérience, ça m'a bien plu. J'espère qu'il en sera de même pour vous! Merci de votre soutien et de vos reviews!!!


EPOV

Depuis qu'Alice et Jasper avaient rejoint notre famille, beaucoup de choses avaient changé. A commencer par ma chambre, qui maintenant avait été déplacée au garage, sans qu'on m'ait demandé mon avis… Non que je m'en plaigne, cette nouvelle réorganisation me convenait tout à fait. Et puis, dire non à Alice, ça relevait du miracle. Personne ne pouvait lui tenir tête bien longtemps. D'ailleurs Jasper semblait l'avoir compris depuis longtemps…

Je m'étais souvent demandé comment deux personnes si différentes pouvaient partager des liens si intenses. Car si extérieurement ils se comportaient de manière tout à fait correcte, si respectueuse, leurs pensées étaient à l'opposé.

D'abord il y avait Alice. Aux yeux de tous, elle se comportait comme une jeune fille pleine de vie pour qui les mots « mauvaise humeur » ou « désagréable » n'existaient pas. Elle avait toujours le sourire aux lèvres, était toujours partante une nouvelle activité – plus particulièrement quand il s'agissait de shopping ou d'organiser une fête – et faisait toujours tout pour éviter les conflits avec les autres. Ca c'était l'image qu'elle projetait au quotidien. Grace à mon pouvoir, je pouvais également voir, ou plutôt « entendre » la véritable Alice. Non qu'elle soit radicalement différente, plutôt une autre partie de sa personnalité qu'elle dissimulait derrière ses yeux rieurs. Souvent, alors que nous étions tous au salon à regarder la télévision, je m'étais surpris à étudier ses pensées. Et elles n'étaient pas si roses qu'on pouvait l'imaginer. Souvent elle s'inquiétait pour Jasper, s'il arrivait à supporter ce nouveau régime alimentaire. Elle culpabilisait beaucoup de lui avoir imposé pareil sacrifice. Dans ces moments là, elle venait s'asseoir près de lui, ou glisser sa main dans la sienne. Parfois, elle se demandait si nous ne regrettions pas de l'avoir acceptée dans notre famille, si elle n'avait pas dépassé les bornes en s'imposant parmi nous de la sorte. D'autres fois, elle avait peur… J'avais pu lire ces pensées un jour que Rosalie était venue minauder auprès de Jasper comme elle le faisait souvent avec nous autres. Evidemment elle n'était pas intéressée, elle avait seulement besoin de tester son pouvoir de séduction sur d'autres hommes que son époux. Seulement Alice ne le savait pas encore, et elle avait pris peur que son compagnon ne la quitte pour une autre… Elle ne s'était pas rendue compte que je l'écoutais, et n'avait donc dissimulée aucune de ses craintes. Elle s'était imaginé ce que serait une vie sans son Jasper, et ce n'était pas beau à voir… Apparemment, elle l'avait vu dans sa toute première vision, et était tombée follement amoureuse de lui en un instant. Ses sentiments n'avaient fait que grandir jour après jour, vision après vision, pour finalement se concrétiser lors de leur rencontre près de trente ans plus tard. Ce jour-là j'avais vraiment pu appréhender la force des sentiments qui la liait à lui. Elle l'aimait, plus que tout, plus que sa propre vie. Elle était prête à tout pour pouvoir rester à ses côtés. Il était comme son soleil autour duquel elle gravitait.

Et puis il y avait Jasper. Un homme de peu de mots, mais qui pensait énormément. C'était effarant de voir à quel point il analysait le moindre geste, la moindre réaction autour de lui. Sans doute son pouvoir l'avait-il forcé à s'adapter aux gens de son entourage, mais il devenait presque fatigant de vouloir lire en lui. Peut-être était-ce une autre barrière qui lui permettait de se protéger du monde extérieur. Car on voyait qu'il avait souffert. Pas seulement physiquement. Pour cela ses cicatrices suffisaient à le prouver. Non je voulais dire émotionnellement. Il avait dû vivre des choses vraiment abominables pour avoir une estime de lui si négative. On eût dit qu'il était responsable de tous les maux de la Terre, et qu'il voulait en prendre le blâme à la place des autres. D'une certaine façon je l'admirais, de l'autre je n'étais pas vraiment certain de bien comprendre les raisons d'un tel comportement. En revanche, je ne pouvais que m'incliner devant la force de ses sentiments pour Alice. Je ne pouvais comme lui ressentir les émotions des gens, mais rien que ses pensées suffisaient à me faire comprendre qu'il l'aimait plus que tout. A chaque instant, elle occupait ses pensées. Chaque regard, il laissait transparaître la puissance de son amour pour elle. Si bien que le moindre petit geste d'affection devenait presqu'indécent à regarder, comme trop intime. Il vénérait le sol qu'elle foulait, la considérait comme un ange venu sur Terre pour le délivrer de ses chaînes. J'avais compris qu'elle était apparue dans sa vie à un moment où il ne croyait plus en rien, et qu'elle lui avait redonné espoir. En lui donnant son amour, qu'il avait d'ailleurs toujours autant de mal à reconnaître et à accepter, elle lui avait redonné la vie, et il pensait que pour cela, il se devait de la chérir jusqu'à la fin des temps. Il s'était juré de la rendre heureuse quelqu'en soit le prix, et si cela passait par cette horrible torture que de ne plus boire de sang humain, alors soit, ce serait sa rédemption pour les nombreux crimes qu'il avait commis.

J'étais ébahi du degré de connexion qu'ils partageaient. Un jour, tout à fait par hasard, alors que je revenais d'une promenade en forêt, j'étais passé silencieusement devant leur chambre. Je m'étais demandé ce qu'ils faisaient quand personne n'était là. Et ce que j'avais vu m'avait totalement laissé sans voix. Extérieurement, je n'avais fait qu'entrevoir deux amants s'enlacer et partager un tendre baiser. A l'intérieur, j'avais assisté à l'explosion des sentiments de deux âmes sœurs, en complète symbiose, ne laissant qu'une passion dévorante les guider. Alice avait paru si fragile, si vulnérable. Elle s'était complètement abandonnée entre les bras de Jasper, qui soudain m'était apparu si différent, plus sérieux, plus détendu et plus tendre aussi. Aussitôt j'avais détourné le regard, et m'étais prestement dirigé vers ma chambre.

Je n'ai jamais oublié ce que j'ai vu et entendu ce jour-là. Car je crois que quelque part au fond de moi, je rêve de pouvoir un jour vivre un amour aussi pur et sincère que celui que partagent Alice et Jasper. Un amour qui n'a pas besoin de mot pour se montrer. Un amour qui se traduit par un regard, une pensée, un simple geste. Un amour qui change une personne. En somme, l'Amour avec un grand A…


A très vite pour un autre OS. Et n'oubliez pas de me laisser vos impressions, vos suggestions, j'essaie presque toujours d'y répondre, car ça me touche énormément!!!