Bonjour à toutes et tous !

Il y a des moments dans la vie où on se retourne et on se demande comment on en est arrivé là. La machine à remonter le temps n'existe pas malheureusement (et si quelqu'un se décide à l'inventer, je sais exactement quoi en faire, vous inquiétez pas, j'ai une liste).

Une chose est sûre toutefois. Je me battrai toujours pour l'égalité. Pour les femmes, pour les personnes queer, pour les personnes racisées, pour les personnes en situation de handicap, pour toutes celles et ceux qui en ont besoin.

Liberté, Égalité, Fraternité. Non repris, non échangé, pas négociable.

Bisous.


Après ce petit aparté politico-moral, voici le nouveau chapitre : dans cet épisode, des hommes nus (mais chastes), un retour de fantôme et l'achat d'une voiture !


Dernière Volonté

Chapitre 10

« Et maintenant ? »

Ils étaient sortis de la douche depuis un petit moment, secs, ou presque, allongés nus sur le lit de Loki, échangeant quelques caresses, et rêvassant en reposant leurs muscles endoloris. C'est Loki qui avait brisé le silence avec sa question, comme sortie de nulle-part.

« Quoi, maintenant ?

- Eh bien oui. Que se passe-t-il maintenant ?

- Oh, comprit Tony. Déjà, ne t'attends pas à un mariage en blanc. »

Loki pouffa et lui donna une petite bourrade dans l'épaule. Il se repositionna, se collant un peu plus contre le corps chaud de son amant, sa tête à quelques centimètres de son oreille.

« De toute façon, mon père refuserait de m'accompagner devant l'autel.

- Et le mien est mort, il peut pas le remplacer. Quel dommage, vraiment. »

Loki pouffa à nouveau, comme un adolescent.

« Tu sais très bien ce que je voulais dire, insista Loki.

- Oui, oui, je sais. Je ne suis pas fait pour être en couple tu sais. Je suis loin, très loin d'être fidèle.

- Je croyais qu'on était d'accord pour ne pas faire vœux de loyauté et de fidélité, le taquina Loki.

- Je suis sérieux ! S'exclama Tony en le poquant entre les côtes. »

S'en suivit une micro bataille de chatouilles, que Loki perdit lamentablement. Il était maintenant surplombé par Tony, à califourchon sur lui. Ils étaient toujours nus, mais bizarrement la position n'était ni érotique ni gênante.

« J'étais sérieux aussi tu sais, fit Loki en caressant le dessus de la cuisse de Tony.

- Vraiment ? Genre, pour de vrai ? Des sexfriends alors ?

- Ça me paraît raisonnable. Évidemment, si ça pouvait rester entre nous. Je n'ai pas envie que cela se sache.

- Sans vouloir te vexer, les rumeurs vont déjà bon-train. On a déjeuné ensemble, et à peu près tout le monde sait que je t'ai attendu le soir même. Et j'ai une réputation. Désolé. »

Loki grogna.

« C'est pas grave. Tout ce que je veux c'est que les gens n'en sachent pas plus que ce qu'ils devinent déjà.

- Okay, donc je garde mes mains pour moi, et je ne t'appelles pas Lokichou au bureau. »

Loki s'étouffa avec sa propre salive.

« Lokichou ? Tu sors ça d'où ? Jamais tu ne m'appelles comme ça. Vraiment. Jamais. Si tu tiens à tes bijoux de famille, tu as intérêt à t'en souvenir.

- Message reçu mon sucre d'orge.

- Pas. De. Surnom, scanda le pauvre Loki atterré. Pas de surnom, pas de surnom. Surtout pas !

- Mais, mon roudoudou des îles, j'aime ça moi les sur… »

Il ne put pas aller plus loin dans sa phrase. Loki l'avait fait tomber de lui et tentait de l'étouffer avec un coussin en grognant. Tony ne put qu'accepter sa défaite avec bonne humeur.

Une fois Tony parti, Loki prit son ordinateur pour composer un peu. Mais les événements des derniers jours parasitaient sa concentration. En moins d'une semaine, sa vie avait basculé. Il avait accepté d'aider un fantôme, couchait avec le fils dudit fantôme, et avait été attaqué toujours par le fantôme en question.

D'ailleurs, où était cet abruti de Stark ? Loki ne l'avait plus vu depuis son entrée à l'hôpital où il avait maladroitement essayé de présenter des excuses. Tant qu'il n'avait pas de nouvelles de lui, il ne pouvait pas rappeler Scott Lang, son voisin de chambrée à l'hôpital, ni faire les préparations nécessaires. Était-il parti ? Stark avait-il abandonné ? Et pourquoi ? Par culpabilité ?

Il était plongé dans ses pensées, et ce fut pourquoi il sursauta violemment quand quelqu'un se racla la gorge dans la pièce.

Howard Stark flottait paresseusement au-dessus du sol, à l'entrée du salon.

« Allez-vous mieux ? Demanda-t-il dans une posture droite et digne. »

Il n'y avait plus la moindre trace de culpabilité sur son visage, et seule la rigidité de son maintien indiquait qu'il était mal à l'aise.

« Je vais mieux, répondit Loki. Où étiez-vous passé ?

- Au commissariat. J'ai surveillé les allées et venues pendant deux jours. Il n'y aura pas d'enquête, et je me dois de vous presser parce que ma femme est censée récupérer mes affaires d'ici quelques jours. Dont mon téléphone.

- A propos de cela, commença Loki mais il fut interrompu.

- Vous ne pouvez pas me retirer votre aide Borson ! S'exclama Stark. Je suis désolé de ce que je vous ai fait, vraiment. Croyez-moi quand je vous dis cela. Je n'avais aucune idée que cela aurait cet effet sur vous. J'ai essayé sur d'autres personnes, mais vous êtes le seul à qui c'est arrivé. J'imagine que c'est dû au fait que seul vous me voyez. Je l'ignore en réalité. Mais, s'il vous plaît Borson, je vous en conjure. J'ai besoin de votre aide. »

Loki fixa Stark en silence pendant de longues secondes. C'était peut-être mal, mais il se délectait de ces excuses, et de la peur que Stark avait à propos d'un possible refus de sa part. Cette fois il avait toutes les raisons du monde pour envoyer le fantôme promener et Stark le savait.

« En fait, j'allais dire que j'ai peut-être une meilleure idée à propos du commissariat. Mais continuez vos excuses, je ne vous retiens pas. »

Loki souriait mauvaisement, et Stark eut l'air piqué.

« J'ai fini, répondit-il d'un ton cassant.

- Bien, continua Loki. Je vous disais que j'ai un meilleur plan. Je ne suis pas du tout habitué aux actes délictueux, c'est pourquoi je vais embaucher quelqu'un. Je l'ai rencontré à l'hôpital et j'ai pu discuter avec lui. Contre quelque argent, il est tout à fait partant pour nous aider. Enfin, m'aider moi, je n'ai pas parlé de vous.

- Impliquer quelqu'un d'autre ? Fit Stark méfiant. Je n'ai confiance en personne.

- C'est une petite frappe, dit Loki en haussant les épaules. Il n'est pas dans son intérêt de me dénoncer de quoi que ce soit. De toute façon, entre lui, sortant à peine de prison, et moi, Directeur du département d'Analyses Financières de Stark Industries, qui la police croira ? Mais avant cela, avez-vous fait des progrès dans votre capacité à interagir avec les objets ? »

Pour toute réponse, Stark attrapa l'ordinateur de Loki sous ses yeux médusés, et se mit à taper sur les touches, passant seulement deux fois à travers le clavier. Puis il replaça l'engin à sa place originale, et sur l'écran était inscrit : Je fais des progrès.

« Et un mot manuscrit, c'est dans vos cordes ?

- Facile, répondit Stark avec orgueil. Mais les manipulations longues ou trop délicates sont encore hors de ma portée.

- Pas grave. Alors, voilà ce que nous allons faire. »

Le plus compromettant était de faire sortir quelques milliers de dollars de la banque sans que cela éveille les soupçons. Loki avait un emploi qui rapportait gros, et surtout des parents qui avaient déjà un sacré pactole. Il avait beau ne plus s'entendre avec son père, sa mère n'aurait jamais accepté qu'Odin lui retire le moindre cent. Donc Loki n'était pas loin d'être millionnaire. Il sortit donc trente mille dollars de son compte en banque, avec l'excuse de vouloir acheter une voiture. Ce qu'il fit. Il acheta une Chrysler 200 Platinium. Noire, élégante, aux vitres teintées, c'était une belle voiture.

Loki possédait un garage, avec son appartement, qu'il n'utilisait pas jusqu'ici. C'était une manière comme une autre de le remplir. Mais alors qu'il avait retiré trente mille dollars, la voiture lui coûta, après négociation avec le concessionnaire, vingt-quatre mille dollars.

« Voilà trois mille, la même chose quand le travail sera terminé, dit Loki en tendant une liasse de billets de cent dollars à Scott Lang. Faisons un dernier récapitulatif. Vous vous introduirez par l'arrière de la salle de stockage des preuves. Une fenêtre, la troisième en partant de la droite, sera ouverte. »

Loki jeta un œil vers la silhouette de Stark, pour lui rappeler silencieusement que son travail à lui était de s'assurer que la fenêtre en question soit déverrouillée.

« La boîte qui nous intéresse est la A-17-01-32S. Vous la sortez et la posez sur la table qui est au milieu de la pièce. Vous sortez le téléphone, et vous le mettez en évidence avec cette enveloppe. »

Loki fit glisser une enveloppe tout à fait banale sur la table vers Lang.

« Ensuite, vous sortez, et rendez-vous dans le pub au coin de la 55th et de la 8th avenue.

- C'est tellement chelou votre truc, marmonna Lang. Vous êtes sûr que vous voulez pas un souvenir ?

- Ne prenez rien à l'intérieur, c'est super important. Voici les heures de passage des rondes, tant que j'y suis. Et portez des gants, même si je pense que vous n'êtes pas idiot.

- Je connais les techniques pour ne pas me faire avoir, vous en faites pas. J'suis l'meilleur. Si j'ai fait de la tôle, c'est parce que j'ai été vendu. Quand même, j'ai rarement été dans des magouilles aussi bizarres. »

Loki profitait de son congé maladie forcé pour enfin se débarrasser du fantôme qui l'importunait depuis des jours. La veille, après le départ de Tony, il avait exposé son plan à Stark, et celui-ci, après quelques modifications, avait été d'accord pour engager Scott Lang dans leur affaire. Loki n'avait pas attendu plus longtemps pour donner rendez-vous à l'homme à une table de pique-nique de Central Park.

Lang était censé procéder la nuit-même. Loki lui avait aussi fourni un kit main libre de luxe, Bluetooth, qu'il aurait juste à accrocher à son oreille. Ils seraient ainsi en conversation téléphonique pendant toute la durée de l'opération.

Lang fut extrêmement ponctuel. Loki reçut son appel à minuit et demi. Il savait que le voleur avait exactement sept minutes pour entrer, faire ce qu'il avait à faire, et repartir. Ensuite, l'équipe de nuit arrivait et la salle était de nouveau utilisée.

Loki était déjà dans le pub, lui aussi avec une oreillette. Il avait commandé une bière et avait pris son ordinateur pour faire semblant de travailler au téléphone.

« J'y suis, dit Lang dans son oreillette. La fenêtre est ouverte, comme annoncé. »

Loki soupira de soulagement. Au moins Stark avait fait sa part du travail correctement, et personne ne s'était aperçu de cette anomalie. Pendant que Lang escaladait le mur, Loki regarda l'écran de son téléphone. Y était affiché un message qu'il avait reçu dans la journée, auquel il n'avait pas encore répondu.

J'ai oublié de te dire hier, j'organise une soirée ce week-end. Officiellement pour honorer la mémoire de mon père qui adorait les fêtes. Officieusement, pour m'éclater un peu après ces derniers jours pas super gais, et l'enterrement. Il y aura quelques-uns de mes amis. Je voudrais que tu sois présent, cela me ferait très plaisir.

Loki connaissait ce genre de soirée. Alcool à profusion, drogue en ligne ou en cachet, sexe dans toutes les pièces et pas forcément dans l'intimité. Des escorts-girls, le mot policé pour dire prostituées de luxe, seraient certainement présentes. De la musique trop fort, de la lumière agressive. Rien que d'y penser, Loki en avait déjà mal au crâne. Malgré tout, il avait envie de dire oui. Il voulait, c'était un peu ridicule dit comme ça, mais il voulait faire plaisir à Tony.

Était-ce étrange ? De vouloir faire plaisir à un homme qu'il ne connaissait que de nom encore la semaine passée ? Un homme qui était supposément son patron, même si, soyons honnête, c'était Pepper Potts qui accomplissait tout le boulot. Un homme qui l'avait regardé droit dans les yeux et avait balayé toute possibilité de couple. Sexfriends il avait dit. Et c'était Loki lui-même qui avait proposé. Mais il se connaissait. Même s'il le niait farouchement, Loki avait cette fâcheuse tendance à vouloir s'attacher aux gens, surtout si ceux-ci se montraient un peu sympathique à son égard. Une conséquence de ce père trop distant ? De l'annonce de son adoption qu'il avait vécu somme une trahison ? Ou de son premier amour, qui, malgré les tentatives de Loki, n'avait jamais été qu'un connard ?

« C'est bon, je suis à l'intérieur. »

Le chuchotement dans son oreille le ramena à la réalité.

« La caisse est dans la troisième allée vers la droite, indiqua Loki. Le téléphone est un Starkphone deluxe limited. Il a la forme d'un Starkphone normal.

- Ok, j'ai trouvé la caisse, annonça Lang après quelques instants de silence. »

Il y eut un peu de bruit dans l'oreillette, des objets déplacés principalement. A côté de Loki, le fantôme de Stark se pencha vers son téléphone, laissé à la vue de tous.

« Vous devriez accepter, dit Stark.

- Vous avez déjà changé d'avis, siffla Loki en mettant une main sur le micro. Vous refusiez que je couche avec Tony il y a trois jours. Vous m'avez même envoyé à l'hôpital. Vous avez trouvé le téléphone Scott ? Demanda-t-il à nouveau au cambrioleur.

- C'est bon, je l'ai. Attendez ! »

L'homme à l'autre bout du fil se tut, et Loki n'entendait même plus sa respiration.

« Je trouve que c'est une idée effroyable pour lui, pas pour vous, expliqua Stark.

- Hum ? Fit assez peu intelligemment Loki tenu en haleine par ce qu'il se passait au commissariat.

- Sans vouloir me vanter, mon fils est un assez bon parti, continua Stark d'un ton badin.

- Par l'enfer, jura Loki à voix basse. Mais de quoi parlez-vous ? Pas vous Scott, clarifia-t-il en se rendant compte qu'il n'avait pas obstrué le micro.

- Eh bien de couple évidemment. De concubinage. Même de mariage pourquoi pas. Après tout, vous en avez le droit maintenant.

- Je-, mêlez-vous de ce qui vous regarde. Pas vous Scott. Tout va bien Scott ? Je ne vous entends plus ?

- C'est ok, fausse alerte, le rassura son complice. Mission terminée. Je vous rejoins dans vingt minutes, une demi-heure. »

Lang raccrocha sans plus de formalité. Loki se tourna le moins ostentatoirement possible vers Stark.

« A quel moment est-on passé de 'Ne baisez pas avec mon fils' à 'pourquoi pas un mariage' ?

- Je disais simplement que je voyais plus clair maintenant.

- J'avoue être perdu.

- C'est pourtant très évident comme procédé. Vous savez que mon fils va hériter de gros, et qu'un procès contre Stane lui rapportera un gros pécule également. En plus de cela, vous êtes ambitieux, et vous voulez une promotion. Une promotion canapé fera très bien l'affaire.

- Si vous n'étiez pas un fantôme, je vous aurais déjà mis mon poing dans la gueule, siffla Loki entre ses dents. »

De rage, ne pouvant se défouler comme il le souhaitait, il retourna à son téléphone, et quitta d'un geste coléreux ses messages pour se connecter sur internet. Il consulta d'abord sa boîte mail, remplie à ras bord de messages de ses collaborateurs demandant des éclaircissements ou de l'aide. Il commença à répondre à certains, puis quand il sentit que la colère baissait, il décida de revenir à la discussion précédente.

« Premièrement, c'est Tony qui m'a dragué, et pas l'inverse. Deuxièmement, je suis contre le mariage. C'est une perte de temps et d'argent pour juste un contrat entre deux particuliers. Contrat qu'il est difficile et coûteux de rompre. Et comme preuve d'amour éternel, on repassera. Un bout de papier signé, c'est pas très sexy. Cela doit être pour ça, les bagues, continua-t-il pensivement. Tony et moi ne sommes pas un couple, et je n'ai que faire d'une promotion que je n'aurai pas mérité, et où par définition, je ne serai pas légitime. Vous avez d'autres inquiétudes ? »

Stark ne répondit pas immédiatement. Il se contenta de fixer Loki quelques instants puis il sourit. C'était un sourire tout à fait faux, mais en même temps, amusé réellement.

« J'ai hâte de voir la tête que vous ferez quand vous entrerez dans le monde de mon fils, fit-il perfidement. Serez-vous l'un d'entre eux, ou fuirez-vous la queue très littéralement entre les jambes ? »

Le jeune homme voulut demander ce que voulait dire Stark, mais il ne le put pas, et pour cause, Scott Lang venait d'entrer dans le pub, cherchant Loki des yeux.

« Vous avez mes plus profonds remerciements, dit Loki en l'invitant à s'asseoir. Commandez, je vous en prie, c'est pour moi.

- Vraiment ? Cool, merci. »

Après avoir tout deux commandé à manger, Loki lui passa la seconde enveloppe d'argent discrètement.

« Voilà le reste de la somme. Je ne sais comment vous remercier autrement. Si un jour vous avez besoin d'un avocat un peu mieux rôdé qu'un commis d'office, voici ma carte, n'hésitez pas à m'appeler.

- Plutôt sympa de votre part, merci, apprécia Lang. Au fait, il y avait quoi dans l'enveloppe ?

- Si tout se déroule comme prévu, vous le découvrirez dans les médias, répondit Loki énigmatique.

- Ça c'est de la non-réponse. »


Qu'y a-t-il dans cette enveloppe mystérieuse ? Loki va-t-il accepter d'aller à la soirée de Tony ? Les chaussettes de l'archiduchesse seront-elles sèches ?

Vous en saurez encore davantage dans le prochain épisode de Dernière Volonté !