Point de vue exterieur aux personnages, quelques minutes après la fin du neuvième chapitre.


10. He can only hold her.

Il court, court, court, le long du couloir du sous-sol, devant chacune des portes des labos de Botanique. Il a croisé Cassie, en arrivant dans l'université, et elle lui a sourit, malgré tout, avant de lui dire "Elle est partie par là!" en montrant les sous-sols. Cassie sait toujours ce qu'il cherche. Elle aime les gens, et elle les aide toujours du mieux qu'elle peut, même si parfois elle a l'impression d'être un peu étrangère à ce monde. Il l'apprécit beaucoup, et dans d'autres circonstances, il aurait vraiment aimé la connaitre, et pourquoi pas devenir son ami. Mais pour l'instant, cela n'a pas d'importance. Il ouvre chaque porte à la volée et essaie de décrypter le contenu de la pièce, pour savoir si elle s'y cache.

Au bout de quelques secondes de stress, qui lui semblent être des années, il ouvre une porte, et découvre une sorte de châle, jeté au hasard sur le dossier d'une chaise, comme si quelqu'un l'avait perdu dans sa précipitation. Bien sûr, ça peut être celui d'une fille qui l'a oublié, à la fin de son cours, mais l'étoffe a l'air précieuse, plus le genre que les femmes portent dans les grandes soirées. Un peu le genre que Billy aurait pu mettre pour aller au restaurant, ce soir. D'ailleurs, il est particulièrement déçu de ne pas pouvoir finir cette soirée comme ils le devaient. Il a reservé une table, dans un restaurant chic et romantique, il avait acheté la bague, et une orchidée. Il comptait la demander en fiançailles. Bien sûr, ça peut paraitre précipité, après seulement un mois et demi de relation, dont quelques trous, à cause des cachotteries, mais il l'aime, elle l'aime, et il sait au plus profond de lui qu'elle est la femme de sa vie.

Remus?

Elle s'était cachée en dessous du bureau du prof, et avait entendu quelqu'un entrer. Quand il a soupiré, Billy a immédiatement reconnu Remus. Elle s'est levé, et elle s'est litteralement jetée dans ses bras. Il l'étouffe presque, tellement il la serre fort. Ils se reculent, pour mieux se voir. Elle sourit devant son parfait costume moldu, sans cravate mais avec de très chics boutons de manchette, et lui reste abasourdi devant la classe de sa longue robe noire. Bien sûr, il est décoiffé, et son maquillage à elle a coulé, mais ils s'aiment tellement qu'ils ne le voient même pas, ils ne comprennent même pas que l'autre puisse avoir des défauts. Elle le serre une nouvelle fois dans ses bras et l'embrasse, elle a eu tellement peur pour lui...Lui aussi a eu peur, mais moins, il savait qu'elle était en sécurité, cachée dans une des salles.

Comment tu m'as trouvé?

C'est Cassie Burke...

Tu la connais?

On peut dire ça comme ça, oui...elle hausse un sourcil suspicieux, et il lève les yeux au ciel...Billy, elle est venue me parler de toi, une ou deux fois, quand on était...séparés, mais ça ne va pas plus loin...

C'est une chic fille, Cassie...ils se sourirent.

Je suis désolé pour notre soirée.

Et moi donc, avec le temps que j'ai passé à me préparer, je ressemble à une souillon.

Tu es la plus belle de toutes les souillons que je connaisse...

Il l'embrassa une nouvelle fois, ses mains entourant la fine taille. Il pense à la soirée de rêve qu'ils auraient pu passer, et déteste encore plus ces foutus mangemorts, qui viennent s'étaler jusqu'en amérique. Il la regarde, et remarque qu'elle l'observe déjà, l'oeil curieux, comme si elle essayait de deviner ce qu'il pense. Il rit doucement, attendrit par cette curiosité qui n'avait pas lieu d'être, puisqu'il n'avait pour ainsi dire plus de secrets pour elle.

Elle voulu l'embrasser une autre fois, mais il recula son visage. Elle lui lança un regard plein d'interrogation et de reproches, et il lui sourit en retour. Elle ne le comprenait pas toujours, mais en cet instant elle comprend qu'il est préoccupé. Un coup retentit dehors, comme le tonerre. Par reflexe, elle s'avance et se blottit dans les bras de Remus. Elle n'est pas du genre peureuse, mais Remus est trop près, et le danger trop grand pour qu'elle résiste à l'envie d'un calin réconfortant.

Où sont-ils, Remus?

Ne t'inquiète pas, ils ne vont pas nous trouver, ici. il la regarde, essayant de la rassurer, elle lui sourit. On va improviser notre soirée ici, okay?

Elle se met à rire.

Quoi, ici? Mais Remus, il n'y a ni à boire, ni à manger, je vois pas comment on pourrait passer notre fameuse soirée inoubliable?

Ce n'est pas la nourriture, le plus important, Billy.

Il la porta, comme le jour où ils avaient fait l'amour dans sa petite chambre universitaire, puis la posa sur ce qui devait être le bureau du professeur. Elle le regarda de cet air candide et curieux qu'il aime tant. Sur les joues de Remus, deux taches roses font leur apparition, ce qui accentu le haussement de sourcils de Billy. Elle le voit chercher quelque chose dans la poche interieure de sa veste, et en sortir une orchidée rose. Elle rit un peu, et prend l'orchidée qu'il lui tend et lui donne un léger baiser sur la joue. Elle le voit déglutir avec difficulté, et replonger sa main sous sa veste.

Il en sort une petite boîte noire, recouverte de velours, et il toussote. Elle sent ses yeux se remplir de larmes, troublant sa vue. Il se racle la gorge, et rougit un peu plus encore. Il ne doute presque pas de la réponse de Billy, mais les mots se coincent dans sa gorge et il doit prendre son courage de lion à deux mains pour pouvoir prononcer trois mots de suite. Billy ne rit plus, ne sourit même plus, ses grands iris chocolats sont plongés dans ceux de Remus, et elle attend impatiement la suite.

Elle retient son souffle, comme une petite fille. Elle sait ce qui va se passer, pourtant elle ne peut pas y croire, elle ne réalise pas que elle, Billian Ducey, Mlle La-Poisse-En-Chef, va avoir la chance d'entendre ces quelques mots sonner dans la gorge de Remus, l'homme de sa vie. Elle essuie ses mains un peu moites sur ses cuisses, mais ne détache pas son regard de celui de son amant, de son ami, de son amour.

Ecoute, Billy. elle ouvre la bouche, et il sourit un peu. Surtout ne m'interromps pas, parce qu'au sinon je n'aurais jamais la force de finir. elle rit doucement, et il l'accompagne d'un rire nerveux, en jouant avec la boite entre ses doigts. Je sais que ce n'est pas l'endroit, ni le moment idéal...Mais ça devait l'être, ça devait être ce soir, c'était prévu, et je n'aime pas changer mes plans...il a un sourire crispé...En fait, au cas où il m'arriverait quelque chose ce soir, je veux que tu saches la vérité...elle ouvre la bouche, mais il lui fait un signe de la main pour qu'elle garde le silence...Je sais...Je sais qu'on ne se connait pas depuis longtemps, que tout n'a pas toujours été rose entre nous...Je sais tout ça...il passe sa main libre sur son visage avant de replanter ses yeux dans ceux de Billy...Mais je sais aussi...Je sais que c'est toi, Billy...T'es la femme de ma vie, et je ne peux rien faire contre ça...elle étouffe un rire nerveux, et il lui sourit encore, d'un sourire plus détendu cette fois...Je ne vais pas me mettre à genoux, je crois que j'ai assez donné dans le mélodrame mielleux comme ça...ils rient tous les deux...Mais je te le demande du fond du coeur, Billian Ducey, veux-tu devenir ma femme?

Il n'a pas ouvert l'écrin, il l'a oublié dans le stress du moment, mais elle n'y prête aucune attention, la bague tient si peu d'importance pour elle, la seule chose qui compte est Remus. Elle sourit, d'un immense sourire qui ne peut cacher aucune joie ni aucune fierté, et il lui répond comme il peut, le stress de la réponse lui rongeant toujours l'estomac. Elle descend du bureau, et dégage sa main de l'orchidée en le plantant dans ses cheveux, juste au dessus de son oreille droite, ça le fait rire doucement. Elle prend un air hautain et sérieux, et le coeur de Remus se met à battre plus vite, pendue aux lèvres de sa douce.

Tu aurais pu te mettre à genoux, quand même...Tu n'aurais pas du m'appeller Billian, tu sais que je déteste ça...Tu pourrais au moins me montrer la bague, non?...Tu joues la victime "au cas où il m'arriverait quelque chose", il ne t'arriveras rien Remus, tu le sais...Et pour courroner le tout, tu ne t'en es jamais aperçu, je suppose, mais tu ne m'as jamais dit "je t'aime"...il est figé, paralisé par ces mots qui le font souffrir plus que tout...Mais tu as raison, Remus John Lupin...Tu es l'homme de ma vie, et je ne peux rien faire contre ça...elle sourit à pleines dents et se jette à son cou...Alors c'est oui, oui, oui, t'entends????

Il rit et la serre fort contre lui, jamais avant il n'a été aussi soulagé, il aurait du se douter qu'elle le faisait marcher. Et en même temps, toutes ces erreurs qu'elle avait énuméré, il les avait vraiment fait et elles l'avaient peut-être blessée. Il prit une grande bouffée de parfum dans ses cheveux, avant qu'elle ne se recule et lui tende sa main gauche. Il rit franchement et crispe ses mains autour de l'écrin de velours.

C'est le moment de te rattraper, Rem', dit-elle avec un sourire.

Il se met à genoux, et ouvre l'écrin, un sourire aux lèvres. La bague est d'un or jaune et fin, en accord parfait avec le teint de Billy, et surmontée d'un fin rubis emprisonné au centre d'une goutte d'ambre. Il sourit de fierté quand la bouche de Billy s'arrondit dans un "o" appréciateur. Elle lui tend encore plus sa main gauche, et il éclate littéralement de rire.

Billy Ducey, futur Billy Lupin, je t'aime du plus profond de mon coeur, et plus que tout au monde.

Il passe la bague à son doigt et elle frémit d'excitation. Un syndrome commun à toutes les futurs mariées, il pense. Il se relève et elle se jette encore à son cou, avant de l'embarquer dans un baiser, plus amoureux, plus fougueux, plus tendre et plus impatient que tous ceux qu'ils avaient partagé avant ce jour. Elle soupire contre ses lèvres et s'appuie sur ses épaules pour enrouler ses jambes autour de sa taille. Il pose instinctivement les mains sous ses fesses, et commence à embrasser ses lèvres, son oreille, sa machoire, son cou...Puis, d'un coup, il se ravise, sépare leurs deux visages et enlève ses mains. Elle le regarde avec un air interrogateur, mais ne change pas de position.

Billy, des gens se battent au-dessus, on ne peut pas faire ça mainten...

Au diable, les gens, Remus. J'ai envie de toi maintenant, et rien ni personne ne m'empêchera de faire l'amour avec toi dans cette salle moisie.

Ils se sourirent, puis repartirent dans un long et langoureux baiser. Ils se déshabillèrent mutuellement, plus rapidement qu'à leur habitude, sûrement à cause du temps passé l'un loin de l'autre. Ils n'arrêtent pas de sourire, de rire entre deux baisers, car pour la première fois de leurs vies, ils sont parfaitement heureux, dans la bulle où ils vivent seuls, ensemble. Ils s'embrassent, de ces baisers qu'ils connaissent par coeur, ils se touchent, ces corps qu'ils connaissent par coeur, et ils se regardent, de ces regards qu'ils connaissent par coeur. Il n'y a plus de surprises, ni bonnes ni mauvaises, et il n'y en aura plus jamais, parce qu'ils savent la vérité maintenant, ils savent qu'ils sont fait pour être ensemble, et que rien ni personne ne pourra jamais les séparer.


Etendus sur le sol froid de la salle de classe, haletants, enlacés, nus, ils sourient toujours. C'est elle qui se relève en premier, à genoux près de lui. Elle se penche sur son visage, et l'embrasse encore, sourire contre sourire. Si ça avait été un tableau, et qu'on les avait peint, nus dans un baiser si pur et plein d'amour, nul n'aurait pu deviner qu'à quelques mètres au-dessus, une bataille faisait rage et emportait des dizaines d'âmes dans la tombe. Elle s'allongea sur lui, unissant leurs corps pour recréer cette chaleur qu'ils avaient laissé cinq minutes plus tôt. Soudain, une explosion retentie, et fit légèrement trembler les tables, dans la salle. Ils se lèvent tour à tour, et passe une main le long de sa joue, avant de rattraper ses vêtements.

Il faut y aller, Billy, on ne peut pas rester ici pendant qu'ils se font massacrer...

Au dernier mot, une lueur de peur avait traversé les yeux dorés de son futur mari. Elle n'avait pas peur, comme toujours, elle n'avait jamais vraiment eu peur de quelque chose depuis la mort d'Emy. Elle le rassure d'un regard, et enfile ses sous-vetements, ses vetements, et laisse ses chaussures sous une des tables. Elle sort quelque chose de sa robe, et Remus écarquille un peu les yeux.

Où l'avais-tu mis?

Elle rit doucement, et agite sa baguette.

Un magicien ne révèle jamais ses secrets, mon amour.

Il s'agit de son porte-feuille, celui où elle garde dorénavant les photos de sa famille. Elle prend celle d'elle avec Chris et Mel entre ses doigts, et sa moue devient plus triste. Il s'approche et la serre dans ses bras.

Je te jure qu'on fera ce qu'il faut pour eux, quand on sera mariés...

J'ai hâte de leur dire...elle sourit, tendrement.

Ils finissent de s'habiller, puis se dirigent vers la porte de la salle. Ils savent tous les deux qu'une fois sortis, ce sera choquant, ils n'ont aucune idée de ce qui a pu se passer pendant leur absence. Ils s'embrassent une dernière fois, leurs mains unies sur la poignée de fer, avant de la pousser et de se mettre à courir dans les couloirs du sous-sol. Vite, mais prudemment, ils remontent ensemble jusqu'au rez-de-chaussée, et c'est à ce moment là qu'ils prennent connaissance de l'empleur de la bataille. Partout, des étudiants courent les uns vers les autres, des sorciers masqués lancent des sortilèges impardonnables au hasard, riants aux éclats ou hurlants de rage selon la réussite de leur coup de baguette. Ils n'ont pas le temps de se lancer un regard, ni de fuir, ils partent tous deux dans des directions opposées, enchainant ici et là des batailles contre des sorciers inconnus.


Remus.

La pluie bat, comme jamais, ses gouttes lourdes et gelées fracassant les toits et les visages, les baguettes et le béton qui recouvrent le sol. Il s'en moque, il s'est déjà engagé dans un combat contre deux sorciers, un homme et une femme, aux accents hispaniques. Il ne sait pas exactement d'où sort cette attaque: de quel branche des serviteurs de Voldemort s'agit-il? Pourquoi aujourd'hui? Pourquoi à Salem? Autant de questions auxquelles il ne prend pas la peine de répondre, trop occupé à éviter les sorts qui fusent dans sa direction. La femme parle très vite et d'une voix très aigue à l'homme, qui se contente d'exécuter ses ordres, apparemment. Heureusement, Sirius se joint à lui au moment où il cherche Billy des yeux, car la femme a tenté de profiter de ce moment d'inattention pour lui infliger un Crucio. Il ne la trouve pas, et prie une seconde pour qu'elle aille bien, avant de se remettre à l'attaque, aux côtés de Sirius, son meilleur ami.

Billy.

Elle est euphorique. Elle ne s'était jamais vraiment battue avant cette soirée. Bien sûr, elle avait été provoquée en duel quelques fois, à l'époque de Beauxbâtons, mais ce n'étaient que des chamailleries de gamins, rien de vraiment dangereux. Elle aimait beaucoup la pratique des cours, d'habitude, mais rien à voir avec la dose d'adrénaline qui pulsait dans son cerveau à cet instant précis. Elle venait de tuer ( Tuer? Elle fut choquer lorsque le mot retentit dans ses pensées...Elle était donc devenue une meurtrière...) une jeune femme quand un homme brandit sa baguette. Elle n'a pas le temps d'entendre ce qu'il dit, car déja elle le désarme. Elle hurle de rire, d'un rire un peu pervers, et utiliser un sortilège de blocage avant d'envoyer l'homme valser dans le fossé, contre les murs de pierres qui servent de remparts à l'université. Elle veut souffler, reprendre ses esprits mais c'est impossible, déjà un autre mage noir l'atteint au bras, et elle a du mal à supporter la douleur de la fracture.

Sirius.

Il se bat toujours aux côtés de Remus, jouant de la baguette comme un chef, avec cette moue vaniteuse qui ne fait qu'hatiser la haine de ses adversaires derechef. Il se delecte de tels moments, ils sont si rares en amérique! Non qu'il aime risquer sa vie et celles de ses amis, mais un peu de pression ne fait pas de mal de temps en temps, et celle là lui rappelle que le mal est partout, et que même à l'autre bout du monde, il faut se mefier de ce Voldemort et de ces fidèles. En sortant de ses pensées, il envoie un sortilège informulé sur une femme qui tombe à genoux devant lui, elle rougit un peu de honte et veut se reveler, mais elle s'évanouït, et Sirius éclate de rire, de ce rire d'enfant qui ressemble plus à un aboiement depuis quelques années. Il jette un coup d'oeil à Remus, qui maitrise parfaitement l'autre mage noir, et décide de le laisser seul, pour venir en aide à d'autres qui n'étaient peut-etre pas aussi doués que son meilleur pote.

Cassie.

Tout à l'heure, elle a vu Billy et Remus revenir, elle a vu la fleur dans les cheveux de Billy et elle a compris. Elle comprend tout, Cassie, et avant tout le monde, en général, cette fois-ci n'y louperait pas. Elle ne sait pas comment, mais c'est comme si elle avait vu la bague de fiançailles, et une bouffée de joie l'a envahit. Elle adorait Billy et Remus, bien qu'elle les connaisse si peu. Elle aimait leur rendre service, quand ils en avaient besoin (pas plus tard qu'il y a trente minutes, encore). Haletante, elle est cachée derrière le tronc d'un arbre dénudé par l'hiver. Baguette en main, elle sait que son ennemi est de l'autre côté, et qu'il ne la ratera pas si elle fait un mauvais geste. Elle se retourne d'un coup, et voit son adversaire, baguette toujours vers elle, tomber au sol. Quelques mètres derrière lui, Sirius Black, un brun tenebreux pote avec Remus, lui adresse un sourire et s'éloigne en courant. Elle doit sûrement rougir comme une petite fille, mais heureusement, il est déjà à une dizaine de mètres lorsqu'elle réalise ce qui vient de se passer.

Brooke.

Elle ne se bat pas. Soyons honnête, elle n'a jamais sû se battre. Peut importe que cela lui vaille des heures de railleries après cette bataille, elle ne sortirait pas de sa cachette. Après tout, elle n'avait jamais été à l'école avant...En fille de bonne famille sorcière, c'est son père qui avait fait toute son éducation magique à domicile. C'est elle qui avait demandé quelques mois plus tôt d'entrer à l'université, à quelques centaines de miles de chez elle (elle habitait à Seattle). Elle avait découvert dehors un monde merveilleux et inconnu, encore plus excitant que celui qu'elle avait trouvé dans ses romans d'aventures. Elle s'était fait pas mal d'amies, dans sa classe de Sociologie, surtout, sa matière préférée, et elle avait même trouvé un petit ami. D'ailleurs, elle espere en cet instant qu'il se trouve à l'endroit où ils s'étaient donné rendez-vous, et qu'il n'ait pas eu l'idée stupide de venir la chercher devant l'internat. Elle prit elle ne sait quel dieu, accroupie derrière un buisson touffu, attentive au moindre cri, au moindre sifflement de baguette un peu trop proche de son asile pauvre. Elle entend pendant une seconde une fille hurler, et il lui semble reconnaitre, derrière les feuilles du buisson, la chevelure d'or et de chocolat de la fille qui l'avait sorti de l'ascenseur, quelques minutes plus tôt. Cette soirée aurait dû être tellement parfaite, et peut-être ne reverrait-elle jamais son bel amant...

Michael.

Heureusement qu'il avait suivi ses intuitions, aussi feminines qu'elles puissent paraître...Il savait que ce soir-là, les choses ne se passeraient pas bien, il l'avait senti. Il avait décidé de venir attendre sa fiancée devant le campus, quand il a entendu les cris. Voilà maintenant presque une heure et demi qu'il la chercher entre les bâtiments, dans le parc, près de l'étang, dans les salles de classe...Et il avait dû se battre avec cinq ou six mages noirs (non sans en garder quelques traces douloureuses) avant de la retrouver. Elle est là, tremblante de peur et de froid dans sa petite robe bleu nuit, ses hauts talons toujours à ses pieds, ses longs cheveux d'or coulants le lond de son dos si fin. Un soupir de soulagement nait dans la gorge du brun, et il s'approche de sa dulcinée à pas discrets, ne souhaitant pas éveiller l'attention d'un autre fou dangereux. Elle le voit, mais ne sourit pas, elle attend simplement qu'il s'accroupisse à côté d'elle pour se jeter dans ses bras. Lui enfouit son visage dans ses cheveux, si soyeux et si parfumée de cet arôme floral...Il prend son visage dans ses mains et la rassure de quelques chuchottements, mais le drame approche. Tout se passe en une seconde. Il voit ses propres grands yeux d'eaux s'écarquiller dans une vision d'horreur, puis il sent le sortilège atteindre Brooke en plein milieu du dos et penetrer son être. C'est trop tard, tout est fini.


La bataille est terminée. Aucun camp n'a vraiment vaincu l'autre. Les mages noirs ont tout simplement transplané au bout d'un moment, comme s'ils avaient jugé que le massacre était assez important pour laisser quelques survivants. Comme si cette attaque n'avait été qu'un avertissement de celui qui se faisait dorénavant appeller "Le Seigneur des Tenebres", comme s'il avait simplement voulu dire "Hé, regardez-moi! Je suis partout, vous ne m'échapperez pas!". Et que pour ce faire, il avait fait anéantir de jeunes sorciers pleins d'avenirs, certains de sang-pur même. Dans la noirceur de la nuit, seuls les lampadaires magiques éclairent les pleurs, les cris de joie des survivants, le sang des blessés et les cadavres des autres. Car oui, il ne reste que ça, des cadavres et des blessés. On n'aurait pû esperer mieux, quand on sait d'où vient l'attaque.

On peut bien le dire, si aucun ministère de la magie ne s'était lié ce soir à celui d'amérique, les étudiants auraient tous été tués. Heureusement, des agents ont été envoyés de France, d'Angleterre, d'Allemagne, d'Espagne, et bien sur du Mexique, ce pays le plus proche des Etats-Unis. Certains ont retrouvé d'anciens amis, comme Remus et Sirius qui se sont joint à leur meilleur ami James, pour combattre un autre de leurs meilleurs amis, Peter, qui s'était enfuit avec sa bande. D'ailleurs, il ne vivra plus très longtemps, maintenant que sa véritable "préoccupation" a été découverte.

Remus.

Voilà maintenant une heure que la bataille est terminée. Quelques minutes plus tôt, il avait retrouvé Billy. Et il avait pleuré toutes les larmes de son corps, en voyant celui de sa future femme. Elle était là, étendue par terre, les bras ballants de chaque côté de son ventre magnifique, ses grandes paupières fermées sur les perles de chocolat qu'il aimait tant, sa toison brune répandue autour de sa tête comme une auréole angélique, la fleur rose maintenant tachée de sang toujours accrochée à sa chevelure, sa jambe prenant un angle aigu en dessous du genoux, sa bouche ensanglantée où on ne retrouvait même plus la couleur rosée. Il avait pleuré, pleuré, pleuré, sans pouvoir s'arrêter, sentant simplement la main compatissante de Sirius sur son épaule, et le regard désolée de James dans son dos. Il s'était laissé tomber à genoux à côté d'elle, et avait laissé sa bouche toucher la sienne une dernière fois, en murmurant un "je t'aime" à peine audible.

Sirius.

Il ne s'y était pas attendu. Il aurait tout imaginé, sauf ça. Les battements de son coeur se sont accelerés à cette vue, et il n'aurait jamais avoué cela, mais il avait eu un peu peur. Et si elle était devenue une inferi? Non, cela était impossible, bien entendu, mais on pense à pas mal de choses débiles dans la première seconde où on est atteint de plein fouet par une émotion forte. Il aurait pû en pleurer, lui aussi, en pleurer d'un bonheur immense et presque indescriptible, inondant son coeur et son âme.

Billy.

Elle se sentait noyée...Perdue. Elle coulait sans pouvoir se contrôler, sans arriver à nager, sans voir la surface ni le soleil qui perçait à travers l'eau sombre. Puis, un phénomène étrange, presque indescriptible, se produisit. L'eau disparut autour d'elle, et se tranforma en une pluie chaude et douce qui tombait sur ses joues, quelques grosses gouttes seulement. Elle sentit une chaleur pesante, comme si on s'était couché sur elle, envahir sa poitrine, et redonner l'envie de battre à son coeur. Et puis, quelque chose souffla contre elle, et malgré le trouble de son ouïe, elle reconnut les accents feutrés qu'elle aimait tant, et elle entendit ce "je t'aime" qui ne pouvait venir que de lui. Alors elle toussa, cracha l'eau dans laquelle elle s'était noyée, et ouvrit les yeux sur ces magnifiques yeux d'or liquide qu'elle avait déjà tant aimé et qu'elle aimerait tant encore.

James.

Il les regarda, plus abasourdi qu'il ne l'aurait imaginé. A voir l'expression de son animagus d'ami, il n'était pas le seul à ne plus esperer un miracle. Billy était vivante. Blessée, un peu étouffée, et complètement compressée par le torse d'un certain loup-garou, mais vivante. Il savait que Lunard aimait cette fille, mais quand il la vit s'eveiller et ne même pas prendre la peine de respirer avant de se jeter sur les lèvres de Remus, il comprit que tout cela était bien plus que de l'amour. C'était une dépendance, aussi puissante que celle qui les unissait, lui et Lily.

Cassie.

Elle était assise en tailleur, pendant que Billy était allongée quelques mètres plus loin, et que Remus pleurait en compagnie de ses amis. Elle ne s'était pas levée pour aller le consoler, parce qu'elle avait confiance. Billy était une battante, et elle se battrait pour son amour, pour sa vie. Un sourire éblouissant traversa les lèvres de Cassie quand la jeune fille reprit conscience, et elle éclata litteralement d'un rire joyeux et hystérique quand celle-ci se mit à embrasser son futur mari avec entrain. Son rire, loin d'être discret, lui attira une nouvelle oeillade de Sirius Black, et cette fois-ci, un clin d'oeil s'ajouta à son magnifique sourire. Cassie le lui rendit maladroitement, moins sûre de son charme quand elle était en contact visuel avec un homme aussi déroutant.

Michael.

Il était allongé à côté d'elle, et la serrait fort dans ses bras. Si elle n'avait pas déjà été morte, il l'aurait sûrement tuée tellement son étreinte était puissante, possessive et desesperée. Il ne pleurait pas, mais il passait en revue tout ce qu'il ne pourrait plus jamais faire ou dire avec Brooke, à tout ce temps qu'ils avaient perdu à ne pas se connaitre, à tous ces instants où il ne l'avait pas embrassé, à cet amour qu'il n'avait que trop peu fait, que trop peu dit, aussi. Tout était terminé, il ne pouvait plus que l'enlacer, et jamais plus elle ne lui répondrait.


Voilà, c'est finit!!!!!!

Bon, pour que tout soit bien clair, ce n'est pas du tout la fin que j'avais prévu au début. Normalement, Billy aurait dû mourir, mais en écrivant la demande en mariage, je n'ai pas pû me résoudre à mettre fin à cet amour, ni à faire encore plus souffrir Remus, Chris, Mel et le père de Billy.

J'espère que je n'étais pas été trop mielleuse sur la demande en mariage, ni sur la fin. Je voulais vraiment garder le suspens de la mort de Billy jusqu'au bout, étant donné que le titre sous-entendait qu'elle allait mourir, j'espère que j'ai réussi, je compte sur vos reviews pour me le faire savoir.

Je pense bien que vous aurez le droit à un épilogue, où "tout est bien qui finit bien". Vous avez finalement gagné, moi qui deteste ecrire des happy end, je n'ai pas pû m'en empecher, vous aviez l'air tres attachées à Billy, et je me suis attachée à elle aussi...En tout cas j'espère n'avoir deçu personne...

Et au passage, je pense que quand j'aurais terminé (ou presque) Douces Tenebres, je ferais une SiriusOC, qui sera en fait une Sirius/Cassie, parce que je trouve qu'ils vont vraiment bien ensemble, ces deux là!! Dites moi ce que vous en pensez!!

Je fait un ultime ENORME bisou à toutes les revieweuses anonymes à qui je ne pourrai pas le faire par PM, et les autres auront comme d'hab un ptit message de remerciement!! Je vous aime, vous ne pouvez pas savoir à quel point chacune de vos review me fait du bien!!

Deb