Note de Jilano : Salut tout le monde ! Je vous avais promis de l'action, en voilà dans ce chapitre. Bonne lecture ! :D
Note de Caela : Ça bouge, les enfants, ça bouge, et ça devient chaud bouillant ! Merci énormément aux reviewers, nous laisser un petit mot, ça fait toujours plaisir. :3 Et sur ce, très bonne lecture et à la semaine prochaine !
Rating : On passe en M à ce chapitre.
Chapitre 9 : Cri
oOo
On leur avait donné la nuit pour emballer leurs affaires puisqu'ils partiraient le jour suivant; Mr. Wammy leur avait dit de prendre tout ce dont ils auraient besoin pour un moment, parce qu'il ne savait pas combien de temps ils seraient absents.
Et ceci, dans l'esprit de Matt, avait tiré la sonnette d'alarme. N'importe quelle affaire avec L ne durait en général pas très longtemps.
Il en avait parlé à Mello et le blond avait été d'accord, le seul à qui ils ne pouvaient parler était Near, qui aurait été idiot de venir dans leur chambre cette nuit-là, surtout avec Mr. Wammy et possiblement L qui rôdaient.
Ils avaient décidé de garder toutes les affaires sans lesquelles ils ne pouvaient vivre sur eux; de cette façon, si les choses tournaient mal, ils n'auraient plus qu'à s'enfuir. Il n'y avait aucune garantie que quelque chose ne soit pas normal, seulement une intuition, et trop de coïncidences pour que Matt soit rassuré.
Et la paranoïa se répandait facilement.
Ce matin là, Matt regarda Mello arpenter leur chambre, l'inquiétude gravée sur ses traits. Il regrettait presque d'avoir parlé de ses soupçons à son ami la nuit précédente. Mais ce n'aurait pas été juste de ne pas lui dire.
« Matt, et si- »
« Mello, arrête. Tu vas te rendre dingue. Penser aux façons dont les choses pourraient mal tourner ne va pas les empêcher de se produire, si toutefois il devait se passer quelque chose. Si ce n'est effectivement pas une histoire de choisir son successeur, alors on se débrouillera en tant voulu. » Il fixa le blond qui semblait pris au piège par son regard et, avec un soupir, revint à son jeu.
Il doutait d'être en mesure de beaucoup jouer pendant le voyage.
Il entendit les faibles marmonnements mais se retint de dire quoi que ce soit. Si Mello voulait prier, qui était Matt pour lui dire d'arrêter ? Si ça le réconfortait et lui évitait d'agir comme un fou alors tant mieux.
Un brusque coup frappé à la porte le fit hésiter. Mello avait levé les yeux du chapelet serré dans ses doigts; il l'enfonça habilement sous son tee-shirt et se redressa. Matt le regarda traverser la pièce et déverrouiller la serrure avec l'expression d'excitation la plus extravagante qu'il ait jamais vue.
Il n'arrivait pas à croire que Mello ait réussi à dissimuler son inquiétude aussi vite.
« Bonjour. Êtes-vous tous les deux prêts à partir ? » Demanda gentiment Mr. Wammy, bien qu'il y ait toujours quelque chose d'étrange avec lui. Mello acquiesça avec enthousiasme et se précipita pour aller chercher ses affaires, bien que quand ses yeux croisèrent ceux de Matt, le roux sentit son expression vaciller.
Matt fourra son jeu dans sa poche, attrapa sa veste ainsi que ses affaires, et attendit que Mello ait fini de se débattre avec sa propre veste, ressemblant à un drogué au chocolat surexcité.
Une fois cela fait, Matt suivit le blond hors de la chambre et ils accompagnèrent tous deux Mr. Wammy. Matt ignora les regards curieux – et ceux envieux et méprisants – de ceux qui s'étaient déjà rendus compte de leur départ. Si seulement ils connaissaient l'histoire en entier, ils ne seraient peut-être pas aussi jaloux d'eux.
Near inclina la tête plus légèrement que jamais quand il les remarqua. Si légèrement, en fait, que Matt doutait de l'avoir remarqué s'il n'avait pas passé les derniers jours en compagnie du garçon. « J'aurais préféré que ce gamin imbécile ne vienne pas ! » gronda durement Mello en regardant Near. C'était vraiment risible, de voir à quelle point le ton agressif de Mello envers Near était devenu simulé.
Matt espérait juste que personne d'autre ne puisse s'en rendre compte.
M. Wammy les fit sortir par les portes, et Matt ne put s'empêcher de penser qu'il les franchissait pour la dernière fois. Il n'était pas vraiment triste, plutôt angoissé. Near se dirigea vers l'autre côté de la voiture, le côté gauche, pour entrer, alors que Mello avait ouvert sa propre portière et était monté à l'intérieur.
Mr. Wammy lui sourit et hocha la tête, lui indiquant de suivre le mouvement alors qu'il plaçait leurs valises dans le coffre, où elles seraient enfermées. Matt espérait que tout ça n'était que le produit d'une paranoïa suggérée par leur environnement, et rien de plus.
Si ce n'était pas le cas, il était content d'avoir quelques uns de ses jeux sur lui, puisqu'il ne verrait probablement plus jamais ses bagages.
Il s'assit près de Mello et ferma la porte, la laissant déverrouillée. Alors qu'ils attachaient leurs ceintures, Mr. Wammy, en démarrant la voiture, pressa un bouton, et toutes les portes se verrouillèrent simultanément.
Lui et Mello échangèrent un coup d'œil et il sut que Mello était encore plus anxieux qu'auparavant. C'était difficile de ne pas l'être dans cette situation, bien que Matt sache que garder la tête froide était la clé. Mr. Wammy laissa la fenêtre qui les séparait du conducteur abaissée, et Matt souhaita qu'il ne l'eut pas fait; de cette façon, ils auraient été en mesure de se détendre un peu, et peut-être même d'établir un plan.
Au lieu de ça, il alluma un jeu, bien que son regard soit figé sur le monde à l'extérieur des vitres teintées de la voiture, pas que qui ce soit ait pu le deviner à travers ces lunettes, de toute façon. Il regardait les arbres alors que ceux-ci n'étaient plus que des formes troubles.
Il se demandait même s'ils resteraient en Angleterre. Mr. Wammy ne leur avait pas vraiment dit autre chose que le fait qu'ils allaient voyager jusqu'à L. C'était le manque d'information qui le dérangeait.
Il ignorait depuis combien de temps ils roulaient mais les arbres s'étaient transformés en bâtiments et les touffes d'herbe en trottoir de pierre et en personnes errantes. Et en un endroit pour que Mr. Wammy achète quelque chose à la station d'essence, ce qu'il avait oublié de faire auparavant, semblait-il.
Et qui tournait accidentellement en leur faveur.
« Mr. Wammy, je dois aller aux toilettes, je reviens tout de suite. » L'homme âgé laissa traîner son regard sur lui pendant un moment avant de sourire et d'acquiescer.
« D'accord, dépêchez vous. Vous prendrez votre repas dès que j'aurais fini ici. J'ai bien peur que vous ne le preniez en roulant, en revanche, nous avons des horaires à respecter. » Matt se sentit encore un peu plus abattu par ces mots.
« Matt, je viens aussi. Near, reste là, je veux un peu de temps sans que tu sois autour de moi pour m'agacer. » Lâcha Mello au plus jeune.
« Hors de question. Je dois me soulager aussi. » Déclara Near crûment. Mello se moqua.
« Quoi, un gamin de onze qui dit qu'il veut 'se soulager' ? Foutu mec bizarre ! »
Matt sourit un peu alors qu'ils se chamaillèrent sur le chemin des toilettes. Ce qui avait été un jour dit avec ardeur l'était à présent avec un amusement caché entre eux.
A la seconde où ils furent à l'intérieur, ils devinrent tous trois silencieux alors que Mello vérifiait rapidement que personne n'était dans les cabinets, et ils se déplacèrent vers l'évier pour parler. C'était plus sûr d'être loin de la porte où l'on pouvait facilement être entendu.
« Je pense que si on reste avec lui, on va se retrouver dans une situation sinistre tôt ou tard. » Leur dit Near, ses doigts s'enroulant autour d'une mèche de ses cheveux. Il se déplaça légèrement, et Matt se demanda si sa hanche le gênait.
« Sans doute. » Murmura Mello en réponse. Matt hocha la tête, les mots n'étaient pas nécessaires. « On devrait partir maintenant qu'il n'est pas là- » Ils se figèrent alors que la porte s'ouvrait et Matt se précipita dans une des cabines et ferma rapidement la porte en silence.
Ça aurait l'air un peu suspect qu'il attendent tous les trois autour de l'évier.
« Matt, bouge-toi ! Je suis fatigué de devoir rester avec ce monstre ! » Grogna Mello et Matt fut certain que c'était Mr. Wammy qui était entré. Il fronça les sourcils. L'homme devait savoir qu'ils préparaient quelque chose, sinon, il aurait attendu leur retour dans la voiture, successeurs de L ou non.
Il tira la chasse des toilettes et prit assez de temps avant d'ouvrir la porte et de se diriger de manière normale vers l'évier où il se lava les mains. Il supposa que c'était une bonne idée, puisque le simple de fait de toucher quelque chose dans une salle de bain amenait à la contamination par des germes non souhaités.
« Venez, les garçons. » Leur dit Mr. Wammy alors qu'il les conduisait hors des toilettes. Le vieil homme à moustaches avait un sourire sur le visage, mais Matt était certain de ne l'avoir jamais vu sourire autant auparavant. C'était comme s'il y était forcé, comme s'il essayait de les désarmer, ou un truc dans le genre.
C'était probablement le cas, décida Matt.
« Vos repas vous attendent dans la voiture. J'ai aussi pris la liberté de commander vos boissons pour vous. » Des porte-gobelets étaient à présent visibles, des canettes ouvertes de soda attendant innocement près de leur sandwiches; qui semblaient avoir été achetés au magasin.
Matt était sûr que quelque chose avait été fait aux boissons, et il n'y avait pas besoin d'être un génie pour s'en rendre compte. Elles n'auraient pas été ouvertes, sinon. La question était quoi.
Matt n'avait jamais été doué pour identifier les poisons en cours, mais savait aussi que quoi que ce fut à l'intérieur, ça ne les tuerait probablement pas. Il l'espérait. Matt resta silencieux alors que Mello marmonna quelque chose en guise de remerciement et que Near inclina la tête. Il réussit même à ne pas vraiment regarder lorsque Mello s'était saisi de son sandwich pour en prendre une grosse bouchée.
Ce n'était pas le sandwich qui était drogué…
La voiture démarra avec une légère embardée, Near renversa accidentellement le soda qu'il venait d'attraper, et Matt ne manqua pas de remarquer le léger changement dans l'expression de M. Wammy, à travers le rétroviseur.
« Near, espèce de crétin ! Tu m'as renversé du soda dessus ! » Grogna Mello, et seulement à ce moment Matt daigna lever les yeux du jeu qu'il avait sorti. Il attrapa doucement le fin poignet de Mello avant qu'il ne puisse frapper Near, pas que Mello l'aurait vraiment fait; c'était juste une partie de leur image pas-si-bien conçue.
Il ne faisait plus de doute dans l'esprit de Matt à présent, vu le regard que Mr. Wammy leur avait lancé par inadvertance, que quelqu'un savait ce qu'ils avaient découverts. Mr. Wammy ne s'était peut être pas rendu compte qu'ils savaient ne pas être en sécurité, il valait mieux conserver les apparences.
« Near, tu peux prendre la moitié du mien. Je l'aurais pas bu en entier de toute façon. » Dit-il, prétendant siroter son soda. Mello le fixa, la bouche ouverte, et son regard glissa sur lui pour revenir ensuite sur Near.
« C'est quoi ce bordel, Matt ? Ne partage pas ta boisson avec lui, il ne le mérite pas ! » Siffla le blond en tentant de soustraire son bras de la prise de Matt, en vain. Matt se pencha sur les genoux de Mello et tendit le soda à Near, qui le saisit doucement.
« Rend moi ça, mouton ! » S'époumona Mello, et il y eut un léger soupir venant de l'avant de la voiture alors que la fenêtre était remontée.
« Mello, ne l'étrangle pas ! » Dit bruyamment Matt et quand la fenêtre s'abaissa de nouveau, il se rendit compte que Mr. Wammy n'écoutait pas, du moins pas pour le moment. Il relâcha le poignet de Mello et s'enleva des genoux de son ami.
« Il a probablement été lassé de tes cris » commenta-t-il à Mello avec un sourire. Mello se contenta de le lui rendre et parut content de lui-même, jusqu'à ce que la situation lui revienne à l'esprit avec brutalité, et il fronça les sourcils.
« Je pense que ce sont des somnifères, d'autres suggestions ? » Demanda-t-il doucement. Ils demeurèrent tous silencieux pendant un moment avant d'apparemment se décider pour la théorie de Matt.
Near commença à chercher, presque silencieusement, au niveau des compartiments où Matt pensait qu'il y aurait la place de vider le reste des sodas. « Near, » L'appela-t-il doucement. Et juste au cas où Mr. Wammy soit en train d'écouter, pointa un point sur le sol où il avait accidentellement renversé son propre soda.
Le tapis s'en était déjà imprégné, mais on pouvait encore voir une tache sombre.
« S'ils n'y regardent pas de trop près, il semblera que c'est la tienne. » Continua-t-il dans un murmure. Near hocha la tête et vida lentement la canette entière à cet endroit, et l'y plaça, entièrement vide à présent.
Mello fit la même chose et quand ce fut presque complètement vide, Matt l'arrêta. Mello lui jeta un coup d'œil interrogateur. « Tu ne finis jamais entièrement ton soda. Ça aura l'air bizarre si c'est le cas maintenant. » Les yeux du blond s'élargirent et fit un grand sourire à Matt en retour.
« Qu'est ce qu'on fait maintenant ? On ne pourrait pas juste sauter de la voiture, même si on le voulait. Ces foutues portes sont verrouillées. » Siffla-t-il dangereusement tout en posant la canette presque vide dans son propre porte-gobelet.
C'était la question du jour, n'est ce pas ?
Et pourtant, Matt savait qu'il n'y avait vraiment qu'une option. Une option qu'aucun d'eux n'aimerait.
« On attend » Murmura-t-il. Mello lui jeta un regard plein d'incrédulité pendant un moment, et même Near avait relevé la tête, avant que les épaules du blond s'étaient avachies sous l'impuissance. Il n'y avait rien à rajouter. Ils n'avaient pas d'autre choix.
Ils n'avaient aucune idée de la rapidité avec laquelle la drogue devait faire effet avant qu'ils soient supposés dormir, mais Mello avait suggéré que ce serait sûrement lent pour les garder endormis plus longtemps et ne pas les alarmer au cours du processus.
Il avait probablement raison.
Near fut le premier à prétendre s'endormir, s'affalant contre la porte, lâchant prise sur son robot, puisque son système immunitaire était affaibli, et que les drogues l'avaient affecté en premier; ou du moins, c'était ce que disait l'albinos.
Un moment plus tard, Mello s'était blotti contre le roux, les yeux fermés. Matt était resté vigilant pour un court laps de temps avant de s'appuyer contre Mello, de façon qu'il était soutenu par le blond.
Matt espérait qu'ils pourraient tous les trois supporter les effets de la drogue.
La respiration légère de Mello, bien que Matt sache qu'il n'était pas vraiment endormi, était suffisante pour le calmer. Du moins jusqu'à ce que la fenêtre s'abaisse encore. Ce n'était en aucune façon un son bruyant. Mais dans le silence absolu de la voiture, c'était comme des ongles sur un tableau.
Il y eut un long silence, avant qu'un faible son de numérotation ne se fasse entendre. « Ils dorment tous les trois. J'arriverai bientôt. » Rien d'autre ne fut ajouté à la conversation, si on pouvait appeler ça comme ça, avant qu'un déclic révélateur suggère que le téléphone avait été raccroché.
Mello se raidit contre lui, tendu, et il pouvait sentir le pouls du blond s'accélérer. Matt savait que le sien n'était probablement pas dans un bien meilleur état.
Il ne put pas dire avec précision combien de temps passa, n'ayant aucun moyen de savoir depuis combien de temps ils avaient repris la route, aussi quand la voiture s'arrêta, il eut l'impression d'avoir voyagé plusieurs jours.
La porte de Near fut ouverte la première et l'albinos fut instantanément transféré dans les bras de Mr. Wammy et amené quelque part. Il sentit Mello se dérober contre lui quand la porte fut claquée et qu'ils purent entendre les pas qui firent le tour de la voiture et s'arrêtèrent devant la porte de Matt.
Matt s'assura de paraître avachi dans les bras de Mr. Wammy et fut tiré de la voiture, Mello s'effondrant sur le siège sans son corps pour le garder en place. Ça avait du avoir l'air naturel, puisque Mr. Wammy ne passa pas une seconde de plus ici et continua.
Avec ses lunettes, Matt était en mesure de garder ses yeux très légèrement ouverts pour regarder les environs. Ils se trouvaient dans une zone qui ressemblait surtout à un terrain vague, ou à l'extérieur d'une zone industrielle. Son cœur se serra. Qu'avaient-ils prévu pour eux, au juste ?
Il fut porté dans des escaliers, amené dans une pièce et placé durement sur le sol sale à côté de Near. Enfin, plutôt laissé tomber, mais il ne laissa échapper aucun cri, malgré son épaule qui le faisait souffrir d'une façon atroce.
Quand les pas se retirèrent, il ouvrit les yeux pour voir Near qui le fixait avec une sorte de douleur dans le regard. Il avait du heurter sa hanche contre le sol. Ils restèrent cependant silencieux et fermèrent rapidement les yeux au moment où les pas revinrent et que Mello fut lâché sur le sol.
Il y eut le bruit de faible de quelque chose qu'on ouvrait, et soudain Matt eut la sensation que quelque chose était déversé sur lui, cependant, quoique cela pouvait être, sa veste l'empêcha de s'infiltrer à travers.
Ça n'avait aucune odeur, et son cerveau ne pouvait lui fournir une réponse quand à ce que c'était.
Matt savait qu'on en versait probablement sur Mello et Near aussi, et malgré la pensée obsédante dans un coin de son esprit qui lui disait qu'il aurait du connaître la nature du liquide, il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
De légers bruits d'éclaboussure finirent sur le plancher, sur lequel Matt supposait qu'ils se trouvaient, et les bruits de pas disparurent à nouveau, après avoir hésité sur le pas de la porte, et un léger clic résonna à travers la pièce. Il tendit l'oreille alors que les sons résonnaient au rez-de-chaussée et après un court instant, la voiture gronda silencieusement et s'éloigna… Du moins il supposait qu'elle s'éloignait puisque les bruits de l'engins étaient devenus plus légers, mais n'avaient pas disparu brutalement.
Il ouvrit immédiatement les yeux et s'assit près d'un Mello qui tentait d'essuyer quelque chose sur son visage et son cou avec un soupir agacé; probablement quoi que ce fut qu'on leur ait versé dessus. Near s'assit simplement, son tee-shirt et son pantalon souillés par le liquide.
C'est alors que l'étrange odeur de fumée le frappa. Il se releva et se dirigea vers la seule fenêtre de la pièce, et au premier abord, ne put rien voir, puis il pâlit, mais de faibles lueurs oranges vacillantes et le chemin de tâches liquides qui descendaient les escaliers le firent prendre une profonde inspiration. « Le bâtiment est en feu » Réussit-il à coasser.
« Quoi ? » Cria Mello, et il courut à la fenêtre, bousculant presque Matt sur son passage. Matt ne pouvait pas lui en vouloir, il était aussi choqué. Il n'était pas bien sûr de pourquoi, cependant.
Matt regarda de nouveau vers Near seulement pour se rendre contre qu'il était parti; il tourna sur lui même et découvrit l'albinos qui essayait d'ouvrir la porte, en vain. Ils avaient été enfermés. Condamnés à brûler.
« Dégage, Near. » Dit Matt au garçon, qui se soumit avec un boîtement notable. La porte était en effet verrouillée, Matt avait essayé, mais c'était une vieille porte, avec une serrure encore plus vieille. Ou peut-être qu'elles étaient moins vieilles qu'usées.
Il posa un pied sur la porte et tira. Il entendit le craquement, mais ce n'était pas assez, il n'avait pas assez de force-
Mello enroula ses bras autour de lui, et Matt sut que, d'une certaine manière, ce serait suffisant. Il essaya encore, au décompte tacite d'un, deux, trois, et le temps sembla ralentir incroyablement longtemps, et juste au moment où Matt était sûr qu'il allait falloir trouver un autre moyen et tournait la poignée pour laisser tomber, la porte céda et lui et Mello furent projetés en arrière.
Il s'écrasa contre Mello, mais il était sûr que c'était pire pour le blond qui avait du subir tout le choc de leur chute, et regarda la poignée de la porte claquer dans l'autre sens, et la porte s'ouvrit. Ils avaient brisé la serrure dans le processus.
Near tira la porte et un léger voile de fumée les accueillit. Matt se remit sur ses pieds et se précipita dans le couloir pour trouver les escaliers. Ceux-ci étaient emplis de fumée, mais l'odeur était plus âcre que ce qu'il aurait pu penser.
Il se tourna vers Mello et Near et comprit, comme ç'aurait du être le cas, que ce qui était sur leurs vêtements était une sorte de combustible. Ils avaient été destinés à brûler jusqu'à mourir, devenir des cadavres carbonisés, inidentifiables, en aucune façon.
Ils n'avaient pas de casier, comme les héritiers de L n'étaient pas censés exister, mais L ne souhaitait visiblement pas que la police n'examine de trop près les décès d' pourquoi ne les avaient-ils pas simplement tués et brûlés à la Wammy...
Peut-être pour la même raison. Si leurs corps avaient été découverts dans les terrains, peut-être que même l'influence de L n'aurait pas été suffisante pour éloigner le grabuge des rumeurs.
Ils se regardèrent les uns les autres pendant un moment avant de retirer leurs vêtements, palpant ceux qui avaient été touchés. Matt jeta sa veste dans un coin, puisque c'était la seule chose sur lui qui avait été imbibée. Le tissu en avait été assez imperméable pour empêcher le liquide de s'infiltrer en dessous, sur son tee-shirt. Near avait enfilé une espèce de veste de seconde main, n'en ayant pas possédée, et son tee-shirt fut enlevé, bien qu'il ait refusé de retirer son pantalon qui arborait pourtant des éclaboussures du produit. Matt n'allait pas discuter sa décision.
Mello s'était débarassé de son pull, avec un léger sourire qui suggérait qu'il était satisfait d'avoir des vêtements en dessous. Matt put voir l'expression de Near se changer en quelque chose d'indigné, probablement parce qu'il était le seul sans tee-shirt. C'était ce qu'il récoltait pour ne pas porter de veste…
Derrière leurs lunettes, les yeux de Matt scannèrent la pièce, analysant la hauteur de la fenêtre au sol, en calculant mentalement la distance. Ils n'allaient pas sauter du deuxième étage, c'était trop haut, et il n'y avait aucune échappatoire au feu en passant par la fenêtre. Leur seul espoir était donc les escaliers – C'était soit sauter et possiblement mourir, soit s'asseoir et attendre de cramer, soit d'essayer de s'échapper. Et en les regardant, Matt sut qu'ils avaient également compris quelles étaient les options.
Ils choisissaient la dernière d'un accord tacite.
Il entendit Mello marmonner légèrement et toucher l'endroit de son tee-shirt où, il le savait, son chapelet était caché. Il prit la main libre du blond et poussa gentiment Near vers la porte. S'ils ne se dépêchaient pas, ils ne seraient plus en mesure de s'en aller, même s'ils le souhaitaient.
Il lâcha Mello alors qu'il les faisait descendre les escaliers enfumés – le seul problème, c'était que les premières marches avaient déjà pris feu. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine, sa gorge le brûlant par le simple effort de respirer, mais il cherchait quand même désespérément à travers cette blancheur.
Il y avait des rougeoiements orange presque de partout.
Presque partout.
Leur droite, pour une raison inconnue, peut-être parce que les flammes n'avaient pas atteint une quelconque obstruction métallique, ou quelque chose de partiellement résistant aux flammes, était débarassée d'orange. Matt espérait que ça voulait dire qu'il n'y avait pas de feu.
« Sautez vers la droite, il n'y a pas de feu ! » Leur dit-il, et il espérait ne pas être en train de leur mentir. Mais ils ne bougeaient pas. Et les flammes rampaient de plus en plus haut. « Sautez ! » Siffla-t-il alors que la marche suivante était engloutie.
Matt distingua la silhouette hésitante de Near, du moins jusqu'à ce que Mello le pousse un peu. Il y eut un glapissement de douleur, et Matt supposa que Near s'était mal réceptionné. « Il n'y a rien. Matt avait raison ! » Cri l'albinos à travers le rugissement presque assourdissant du feu.
Near commença à tousser violemment et Matt espéra que l'albinos allait bien. « Va-y » Murmura-t-il à Mello. Et Mello sauta. Matt sauta à peine une seconde après lui. Il resta en l'air pendant ce qu'il lui sembla être une éternité avant que son genou ne rencontre durement le sol et ses dents semblèrent lui traverser la lèvre.
Il n'eut pas de temps de s'en inquiéter, puisqu'un cri angoissé fit stopper son cœur et le laissa pantelant. Il jeta un coup d'œil, la lueur des flammes offrant plus de lumière et de chaleur qu'il n'en pouvait supporter, alors que Mello prenait feu.
Il avait roulé trop loin après sa réception et s'était dirigé droit dans les flammes. Le combustible restant sur son visage et ses vêtements prit feu immédiatement. Il poussa un hurlement, encore plus fort si c'était possible, et Matt, sentant à peine la douleur dans son genou, fut à côté de Mello en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le traînant hors des flammes qui lui donnaient des frémissements à travers le dos et le faisaient transpirer.
Il tapota Mello pour étouffer les flammes. Celles sur son visage furent les dernières à s'éteindre, mais Matt était simplement content qu'elles soient parties. Il toussa, sa poitrine se serrant de douleur, et comprit qu'ils étaient restés là dedans trop longtemps.
Les flammes rampaient, l'endroit tout entier allait bientôt être submergé. Des morceaux du plafond commençaient déjà à s'effriter, et une épaisse fumée obstruait l'air autour d'eux.
Il releva Mello, et malgré la lourdeur avec laquelle il s'appuyait sur Matt, le blond marcha avec lui. Il trébucha contre Near par accident et tira le garçon avec lui, et bien qu'il ne puisse pas voir grand-chose, il suivit le chemin sans feu qui s'éloignait des escaliers.
Il espérait que la pierre était une sorte d'ardoise décorative placée près de la porte, et ne les dirigeait pas dans une impasse. Il entendit le chuintement des pompes à incendie et la bruyante plainte d'une ambulance dont il souhaitait ne pas avoir besoin.
Near agrippa son bras et Matt fut libre de chercher une porte. Sa main recula vivement alors que ses doigts avaient effleuré le métal chauffé, mais après l'avoir sondé un peu plus, il s'avéra qu'il s'agissait d'une poignée. Il ne pensa pas aux conséquences éventuelles de ses actes et l'ouvrit avec brutalité.
La lumière à l'extérieur était aveuglante et il poussa Near en avant alors que les jambes de Mello s'emmêlaient, les envoyant presque, lui et le blond, par terre, alors qu'il perdait conscience. Il prit un moment pour se stabiliser sous le poids mort de Mello.
Il esquissa un pas sur la première marche, désireux d'atteindre Near qui en était à la troisième sur six. Matt trébucha alors que le poids de Mello le poussa en avant trop rapidement.
« Matt s'il te plaît dépêche-toi - » Near fut coupé alors que le feu explosa autour d'eux, les fenêtres éclatant sous la pression et Matt ne put s'empêcher d'être reconnaissant à Mello de les avoir traînés en bas, même s'ils chutèrent dans leur descente des escaliers pour s'écraser contre le béton du sol.
Il ne pouvait pas respirer correctement. Il prit des inspirations haletantes et s'assit. Tout autour de lui devint brouillard alors que des formes l'entouraient – des pompiers, lui fit comprendre son cerveau confus. Mello fut tiré dans une direction différente et il lutta pour les empêcher de les séparer.
Il était désorienté. Les voix et les sons s'évanouissaient puis disparaissaient, le seul bruit consistant étant le vrombissement sourd du feu. Il tatônna à la recherche de ses lunettes sur son visage et les trouva complètement fêlées, les verres tenant à peine en place.
Il les avait cassées.
Ça expliquait pourquoi il ne pouvait pas voir.
Dans sa lutte pour rester avec Mello, ses yeux croisèrent ceux d'un autre pompier, l'image devenant plus claire à mesure qu'il s'approchait. Dans ses bras, Near, sa peau pâle couverte de suie, son pantalon dans un guère meilleur état. Le seul côté visible de son visage était ensanglanté et couvert de coupures. Matt se sentait mal, inquiet et complètement accablé.
Il fut soudain doucement tiré dans la même direction que le blond inconscient; les secouristes réalisant finalement qu'il ne se laisserait pas séparer de son ami. Il perdit Near de vue quand le pompier qui le portait redevint flou.
Il fut soulevé dans ce qu'il supposa être l'ambulance et un masque fut posé sur sa bouche, et il put de nouveau respirer. Il prit plusieurs gorgées d'air frais et ne prêta aucune attention aux questions dont il était bombardé par-dessus les cris des signaux vitaux de Mello.
Il n'aurait pas été capable de répondre, de toute façon.
Il n'arrivait pas à empêcher sa tête de tourner plus longtemps pour former une autre pensée que « S'il vous plaît, laissez les vivre, je vous en prie, laissez les vivre. »
S'il avait pu, Matt aurait hurlé.
Note de Jilano : Et voilà ! Alors, qu'est ce que vous en avez pensé ? Laissez nous votre avis, ça nous ferait plaisir. :D
