Nouveau petit chapitre, entièrement du point de vue de Lexa, avec un personnage qu'on avait pas encore revu dans cette deuxième partie (; Bonne lecture !


Pov Lexa

J'émerge doucement sous la chaleur de la couette. J'étends ma main à la recherche de Clarke. Ma main glisse dans les draps pour rencontrer… rien. La place est froide. Je reste immobile quelques secondes. Elle doit être déjà levée. Elle est partie. Non, elle a dû se lever en avance, quelle heure il est ? Quelle que soit l'heure, tu sais bien que Clarke ne se lève jamais tôt, elle est partie. Non non non, elle a du avoir quelque chose à faire, ou alors il est très tard. Mais oui bien sûr, évidemment. Je lève les yeux vers le réveil. 7h30. Trop tôt pour Clarke. Tu vois, elle est partie. Elle en avait marre que tu aies tout le temps peur. Non, elle m'a promis qu'elle serait là ce matin. Elle ne serait pas la première à rompre la promesse de ne pas t'abandonner.

Je commence à paniquer. Ce n'est pas possible, hier encore elle essayait de me convaincre qu'elle serait toujours là. Est-ce qu'elle a fait ça juste pour que ça fasse encore plus mal quand elle partirait ? Je débloque un peu. Je me rends compte que je pleure. Il faut à tout prix que je me calme et que je réfléchisse. Non, il faut à tout prix que je voie Clarke. Maintenant. Je sors en trombe du lit et me précipite vers la porte.

- Clarke !

J'ai crié en l'ouvrant. Et, elle est là, assise dans le salon sur le canapé. Je me fige.

- Lexa ?

Elle me regarde avec un sourcil levé. Je reprends ma respiration. Elle est là. Elle n'est pas partie. Comment j'ai pu en douter ? Comment j'ai pu douter de Clarke une seule seconde ?

- Est-ce que ça va ?

- Tu es là.

Je souris, au milieu des larmes qui n'arrêtent pas de couler. Je remarque alors Octavia, qui, en parlant de larmes, n'est pas en reste.

- Je suis désolée, ça va, désolée.

Je referme la porte, mais elle est déjà là, devant moi, à essuyer les larmes de mon visage.

- Hey…

Je ferme les yeux sous son geste.

- Je suis désolée Clarke, je… comme hier tu avais dit que tu serais là quand je t'ai pas vue… j-j'ai paniqué… Je suis stupide.

- Oh non Lexa, je suis désolée ! Octavia m'a appelé ce matin super tôt, ça allait pas, elle s'est disputé avec Lincoln, alors elle est venue… Mais je ne suis pas partie.

- Tu n'as pas à être désolée, tu ne peux pas plier ta vie à mes peurs stupides… Je-je vais aller me doucher, je vous rejoins.

- Ok.

En sortant de la douche, j'entends la conversation.

- Comment ça elle a peur que tu la quittes ? Mais tout va bien entre vous, non ? Tu prévois de la quitter ?

- Mais non ! Absolument pas ! Ça va pas ou quoi ? C'est juste qu'à la fête de l'autre soir, on a croisé une ex à elle, qui l'a quittée… dans un mauvais moment, et pour de mauvaises raisons, et surtout, très mal. Bref, depuis elle est persuadée que le monde entier va l'abandonner, moi comprise. Et je sais plus quoi faire pour lui prouver le contraire. Je me sens tellement désemparée… Et puis…

- Oui ?

- Rien.

- Clarke, dis-moi ce que tu allais dire !

- Rien, c'est juste que le fait qu'elle pense que je risque potentiellement de la quitter, c'est… je sais pas, mais moi je m'imagine qu'on finira notre vie ensemble. Mais si elle, elle pense que je peux la quitter, c'est… j'ai l'impression que pour elle… je sais pas, notre relation n'est pas définitive.

Mon cœur se brise en entendant ces derniers mots. Comment elle peut penser ça ?

- Vous êtes tellement compliquées les filles… Entre l'une qui pense que la fille qui ferait tout pour elle va la quitter, et celle qui pense que ça veut dire que la première veut pas finir sa vie avec elle… Non mais vous êtes complètement handicapées ou quoi ? Clarke, ouvre les yeux, elle t'aime plus que tout !

- Je hais Costia… Comment elle a pu mettre autant de bordel en si peu de temps dans nos vies ?

Je me réveille en décidant que le quart d'heure espionnage a assez duré, et entre dans le salon.

- Hey Octavia !

- Salut Lexa ! Désolée pour ton réveil loin de ta chérie… J'aurais pas dû débarquer comme ça de bon matin.

- Tu rigoles ? Bien sûr que tu débarques quand tu veux si t'en as besoin, chez nous c'est chez toi ! Allez, raconte-moi ce qu'il ne va pas ?

Octavia me fait un pauvre sourire, et s'apprête à parler quand quelque chose semble la perturber.

- Alors pour l'instant, ce qui va pas, c'est ta main pleine de sang !

- Oh merde… Oui, j'ai essayé de refaire le bandage, mais comme je suis gauchère, j'ai galéré à faire ça de la main droite… Comme dirait l'expression, j'ai deux mains gauches !

- Ça fait mal ? me coupe Clarke en attrapant ma main.

Je grimace.

- Un peu.

- Ça, en langage Lexa, dit Octavia, ça veut dire, « ça fait des heures que je prends sur moi, mais maintenant que je concède que j'ai mal, ça veut dire que la douleur n'est vraiment plus soutenable ».

- Merde, Lexa, ça va pas la plaie, il faudrait voir quelqu'un ! Maintenant. Tu peux fermer la main ?

J'essaye mais ça m'arrache un cri de douleur. Je secoue la tête. Au même moment, on sonne à la porte.

- Tu peux aller ouvrir O ? Je vais aller chercher de quoi désinfecter à nouveau avant qu'on aille à l'hôpital.

- Non Clarke, on va pas à l'hôpital, ça va aller !

- Quelqu'un a parlé d'hôpital ? Parce que l'hôpital vient à vous mesdemoiselles, annonce fièrement Octavia.

Derrière O, voilà maintenant Abby.

- Maman ! Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je venais voir comment se portaient ma fille indigne qui ne me donne pas de nouvelles et sa petite-amie, mais visiblement je suis surtout venue pour jouer au médecin… sur mon jour de congé !

- Bonjour Abby, je suis désolée… Mais je peux aller voir un médecin, comme ça pendant ce temps vous pourrez profiter de votre fille indigne.

- Ça va pas non ? Je disais ça pour rigoler ! Montre-moi ta main. Et arrête de me vouvoyer bon sang !

Son ton ne laisse pas le choix, je lui tends ma main.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Des oignons, un couteau… Lexa en cuisine quoi, annonce Clarke.

Je repense à la scène de la veille, et me passe de tout commentaire supplémentaire, me contentant de hocher la tête.

- Mais comment tu as pu faire une entaille aussi profonde, à cet endroit-là, juste par inattention en coupant des oignons ?

- Je-j'étais ailleurs, je réponds gênée. C'est grave ?

- Plutôt oui, tu as touché le tendon… Comment tu fais pour ne pas hurler de douleur ?

- Lexa a une résistance à la douleur supérieure à celle du reste de l'humanité, annonce Octavia en rigolant, la fois où elle s'est cassé le bras, elle nous a assuré que tout allait bien et-

- Lexa ?

- Non, c'est juste que j'essaie de canaliser ça… Mais là c'est vrai, qu'intérieurement, je hurle un peu…

- Oui enfin bon elle est un peu tombée dans les pommes aussi après ça.

- Ça a duré une seconde, c'était la vue du sang, c'est rien du tout !

- La vue du sang ? Comme si toi tu avais peur du sang !

- Bon allez, on va à l'hôpital, réparer tout ça, poser une attelle, et je vais te prescrire des anti-douleurs.

- Non vraiment Abby, on va pas aller à l'hôpital pendant tes jours de congé !

- Si, allez, en route, c'est un ordre, on ne discute pas jeune fille.

Les paroles d'Abby ne laissent pas beaucoup de place à la discussion.

- Je vais prendre ma veste, annonce Clarke.

- Non attends, tu sais quoi, je vais pas gâcher la journée de tout le monde pour trois pauvres points qu'il faut faire à l'hôpital. Reste là avec Octavia, on revient bientôt, je suis sure qu'on en a pas pour longtemps ! N'est-ce pas Abby ?

- Exact, dans deux heures maximum je te la ramène en entier, dit-elle à l'intention de sa fille.

- Ok, abdique-t-elle.

Je lui fais un sourire, m'approche pour l'embrasser chastement – je ne suis toujours pas à l'aise sur le fait d'avoir ce genre de marque d'affection devant sa mère – et on sort.

On monte dans la voiture d'Abby.

- Désolée vraiment, pour ton jour de repos.

- Il n'y a aucun soucis Lexa.

- À quel point c'est grave ?

- Je t'avouerais que c'est vraiment pas beau… ça va mettre du temps avant que tous les tissus se remettent bien en place. Il va vraiment falloir tout immobiliser pendant un mois.

- Un mois ?

- Oui, c'est vraiment important.

- Mince, mes examens…

- C'est quand ?

- Ça commence la semaine prochaine…

- Je suis désolée.

Je ne réponds pas. Je ne sais pas quoi dire.

- Lexa ?

- Oui ?

- Qu'est-ce qu'il s'est vraiment passé ?

- Pardon ?

- Qu'est-ce qu'il s'est vraiment passé ?

- Ben comme Clarke a dit, je suis pas très douée de mes deux mains, je coupais les oignons et-

- Non, dis-moi ce qu'il s'est passé pour que tu te retrouves avec la main quasiment HS.

Encore une fois, son ton ne laisse pas de place à la négociation.

- Je pensais à autre chose.

- …

- À des choses pas très sympas. Mon esprit s'embrouillait. Mais vraiment. J'avais l'impression de plus rien contrôler, j'avais des flashs de pleins de moments de ma vie. J'avais plus vraiment… conscience… oui c'est ça, j'étais un peu dans un autre état.

- C'est la première fois que ça t'arrive ?

- Hmmm, pas vraiment. Après… après la mort de ma mère, j'avais souvent de sortes de crises, avec des flashs comme ça. Mais ça se concentrait sur… sur ma mère.

- A priori, après ce genre de traumatisme, c'est pas anormal. Comment tu gérais à l'époque ?

- Cos-

Je m'interromps. Et pourtant, au moins au début, c'est vrai que c'est Costia qui calmait mes crises. Mais bon, je vais pas non plus parler de mon ex à la mère de ma copine.

Abby tourne la tête vers moi, un air interrogateur et sévère collé au visage.

- Mon ex, je soupire en tournant la tête.

- Oh… mais il n'y a pas de soucis, je vais pas te manger parce que tu as eu une vie amoureuse avant ma fille tu sais.

Abby a vraiment le don de me mettre à l'aise.

- Bon, et qu'est-ce qui a changé entre ces crises et celle-là ?

- C'était… Je sais pas. Ça mélangeait beaucoup plus de choses. Tellement de choses… Et c'était pas juste de la tristesse, j'ai complètement paniqué… Je…

- Écoute Lexa, je vais pas te demander de me raconter ta vie, ce serait évidemment mal venu, mais je pense que tu devrais vraiment parler à quelqu'un. Un professionnel je veux dire. J'ai des collègues vraiment très biens qui pourraient te recevoir. Tu ne pourras pas réussir à gérer ça si tu ne l'extériorises jamais. Regarde comment ça essaye de sortir, maintenant.

En disant ça elle désigne ma main du regard. Par réflexe, je la cache sous mon autre main. Et puis je réalise le ridicule de mon acte. Je m'enfonce dans mon siège et détourne mon regard sur la route, sentant toujours celui d'Abby sur moi.

Une heure plus tard, Abby finit le dernier point pour refermer la plaie, pose un pansement, puis une attelle sur ma main.

- Et voilà, plus qu'à attendre que ça se répare tout seul maintenant.

Elle relève la tête vers moi, sort un papier de sa poche et me le tend.

- Il y a d'autres choses qui ne se répareront pas toutes seules. C'est le numéro du docteur Kane. Tu l'as déjà rencontré, c'est lui qui avait relu le rapport avec moi. Tu peux l'appeler de ma part, ou pas de ma part, tu fais comme tu veux. Quand tu seras prête, je pense vraiment que ça pourra t'aider. Clarke, même avec toute la bonne volonté du monde, et tout l'amour qu'elle a pour toi, ne pourra pas guérir toutes tes blessures Lexa.

Je reste à la regarder dans les yeux pendant quelques instants. Jusqu'à ce que je ne puisse plus retenir mes larmes. Elle s'assoit à côté de moi, sur le lit, et passe un bras réconfortant autours de mes épaules.

- Ça va aller, Lexa…

- C'est juste que… c'est tellement dur, j'ai l'impression que je pourrais jamais parler de ça…

Puis je réalise, que j'ai raconté la plupart des épisodes difficiles de ma vie à Clarke.

- Clarke…

- Pardon ?

- J'ai déjà quasiment tout raconté à Clarke.

- Tu vois que tu es capable d'en parler, elle me dit avec un gentil sourire.

- Abby ?

Elle tourne le regard vers moi.

- Il y a quelque chose que je lui ai jamais dit… j'ai déjà été à l'hôpital… enfin je veux dire, hospitalisée. En unité psychiatrique. Quelques semaines…

Elle me regarde avec un regard interrogateur, mais je ne sens aucun jugement en elle.

- Je mangeais plus, après… ça. Ils ont essayé de me faire parler à des psy, mais… j'en garde pas un très bon souvenir… Très mauvais en fait. Je suis pas sure d'être capable de revenir régulièrement à l'hôpital pour faire ça.

- Oh. Marcus a aussi un cabinet en ville, si jamais tu te sens plus à l'aise avec ça.

- Je vais y réfléchir.

- Prends ton temps, mais je suis sûre que ça t'aidera.

- Merci Abby.

- Il n'y a pas de quoi. Et Lexa ?

- Oui ?

- Il n'y a absolument aucune honte à avoir été hospitalisée, à avoir eu besoin d'aide, même si je suis désolée que le service psychiatrique de la plupart des hôpitaux soit défaillant et n'apporte pas l'aide qu'il faudrait… Ce que je veux dire c'est que beaucoup de gens ont un jour ou l'autre besoin de ce genre d'aide, d'autant plus dans des situations douloureuses. Et il ne faut pas te sentir mal, ou faible, par rapport à ça. Je te dis pas ça pour que tu en parles à Clarke, ça c'est toi qui vois, mais je te dis ça pour que tu ne te juges pas toi-même.

Je hoche faiblement de la tête et réfléchis à ce qu'elle vient de me dire.

- Tu veux qu'on y aille ?

Je n'aime définitivement pas les hôpitaux.

- Oui.

- Tu veux faire quelque chose avant de rentrer ?

Je ne comprends pas vraiment le sens de sa question. Même si j'aurais bien une idée de réponse. J'irais bien manger une glace.

- Comme quoi ?

- Je sais pas, ce que tu veux.

Et je ne sais pas ce qu'il me prend de lui répondre à voix haute :

- Je voudrais bien une glace.

- Va pour une glace.

Sa réponse me surprend tout autant que la mienne. Et puis je souris, tandis qu'on monte dans la voiture. Abby se gare à nouveau peu après. On s'approche de la petite cabane en bois, sur laquelle on peut encore lire des lettres de peinture à moitié effacées par le temps. Arkadia.

- J'emmenais souvent Clarke ici quand elle était petite, elle adorait ces glaces.

Je me sens à mon tour comme un enfant qu'on emmène manger une glace pour lui faire plaisir. Ce qui se rapproche pas mal de la situation en fait. Mais étrangement, ça me convient plutôt bien.

- Alors Docteur Griffin, vous avez changé de fille ? La dernière était blonde il me semble, lance jovialement l'homme derrière les milles parfums.

- Oh non Gustus, malheureusement celle-là je l'ai toujours ! C'est mon autre fille !

Je me fige à la phrase d'Abby. « Mon autre fille ». Encore une fois, je me sens étrangement bien.

- Oh Lexa, je suis désolée, je voulais pas te-

Sans réfléchir à ce que je fais, je prends Abby dans mes bras et la serre contre moi. Elle répond tout de suite à l'étreinte.

- Mangue – coco – passion, avec de la chantilly.

- Pardon ?

- Si tu veux te faire passer pour l'autre fille, il faut commander comme elle !

J'explose de rire, contente qu'Abby m'offre une sortie de câlin pas trop gênante.

- Qu'est-ce que je vous sers mes petites dames ?

- Mangue – coco – passion s'il vous plaît !

- Avec de la chantilly ? me demande l'homme, un sourcil levé, comme si le destin de l'humanité dépendait de ma réponse.

- Bien sûr !

On éclate tous les trois de rire.

Abby commande pour elle, et on part s'installer sur le front de mer pour déguster tranquillement.

- J'imagine mal une petite Clarke de huit ans manger cette glace, qui est aussi grosse qu'elle ne devait l'être à l'époque !

- Tu veux le secret ? C'est son père qui finissait toujours !

- Elle était très proche de lui, non ?

- Oui, très. Ça a été très difficile pour elle quand il est mort.

On reprend nos dégustations en silence. Un silence pas gênant. Juste agréable, tranquille. Je savoure le moment tout autant que la glace. On a quasiment fini quand le téléphone d'Abby sonne.

- Oui Clarke ?

- …

- Quelle heure il est ?!

- …

- Oui on arrive tout de suite !

- …

- Non tout va bien, ne t'inquiète pas, on part de l'hôpital on arrive !

Elle raccroche.

- Oulàlà, on est pas passées loin de la catastrophe !

On retourne jusqu'à l'appartement. Avant d'introduire mes clés dans la serrure pour ouvrir la porte, je me retourne vers Abby.

- Merci pour tout ça Abby, ça m'a vraiment fait du bien. J'apprécie…

- Le plaisir est partagé. Maintenant tu devrais ouvrir, avant que la furie qui est à l'intérieur n'explose ! Ah et attends, tu devrais aller te brosser les dents si tu veux pas qu'on se fasse griller, Clarke serait bien capable de reconnaître le goût d'une glace Arkadia sur tes lèvres ! elle ajoute en me faisant un petit clin d'œil.

Je rougis et on rentre.

- Enfin ! Vous deviez mettre moins de 2h, et ça fait plus de 3h !

- Désolée, il y avait beaucoup de monde à l'hôpital, tu sais comment c'est dans ces cas-là… j'ai fini par me faire alpaguer sur le cas d'un enfant…

Clarke m'embrasse en écoutant distraitement les explications de sa mère. Elle hausse un sourcil. Abby n'avait pas tort…

- J'ai mangé tous les bonbons de la salle d'attente en l'attendant, j'ajoute l'air de rien.

L'explication semble suffire.

- J'espère que tu as encore faim, on a préparé à manger… même si ça a refroidi depuis le temps !

Abby me glisse discrètement un « bien joué », et s'assoit à table. Elle enchaîne rapidement la discussion avec Octavia.

Clarke me prend un peu à part.

- Ça va ?

- Oui, très bien ! je lui réponds avec un grand sourire.

- Ta main ?

Je grimace.

- On en parlera plus tard.

Elle m'embrasse, d'un baiser un peu plus approfondi.

- T'as vraiment dû manger beaucoup de bonbons, elle lâche d'un air un peu suspicieux.

On se ré-approche de la table et on se sert.

- Alors maman, comment va Gustus ?

- Oh très bien, il a justement demandé de tes nouv-

Abby s'interrompt, semblant réaliser sa bourde.

- Enfin, je veux dire, quand j'y suis allée la semaine dernière…

- Comme si tu allais toute seule t'acheter des glaces ! Tu ne fais ça que si quelqu'un te supplie pendant des heures !

- J'ai pas supplié, je grommelle dans mon assiette, avant de réaliser que je nous ai définitivement grillées. Oups…

- Alors je vois, nous on vous attend pour manger, on s'inquiète, et vous vous allez manger des glaces et vous nous mentez !

Effectivement, vu comme ça, c'est pas très cool. D'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi on a menti. Mais ce petit moment de complicité avec Abby m'a fait du bien.

- Ok, je suis désolée c'est de ma faute, j'ai fait promettre à Lexa de ne rien dire. Mais je mourrais d'envie d'une glace, et j'ai besoin d'un prétexte pour y aller, j'assume pas, à mon age, d'y aller seule.

- Et comment ça se fait qu'elle ait prit exactement mon parfum ? enchaîne Clarke.

- Mais comment tu sais qu'elle a prit ton parfum ? lui demande Octavia médusée.

- Je t'avais dit d'aller te brosser les dents, Lexa !

Je ne peux pas m'empêcher d'exploser de rire, bientôt accompagnée par Abby, sous le regard ébahi des deux autres filles.

- Pardon… mon amour… C'est très bon, ce que vous avez préparé.

Je vois Clarke prête à repartir de plus belle, mais je pose ma main droite sur la sienne. Le contact semble l'apaiser. Elle regarde nos mains, plonge son regard dans le mien, et finit par sourire.

- Merci.

- Waouh Woods, bien joué, j'aurais eu besoin de toi pendant l'adolescence de Clarke !

- Bon maman ça va là ?

Et le repas continue, sur une lignée un peu plus calme. Au moment de faire la vaisselle, je suis écartée, pour « des raisons physiques évidentes », et Octavia vient s'échouer à côté de moi sur le canapé, tandis que Clarke et Abby rangent en blaguant à côté.

- Ça va O' ? On s'est pas beaucoup vues, depuis ce matin.

Elle appuie sa tête sur mon épaule.

- Ça va mieux…

- Est-ce que je dois aller casser la figure à Lincoln ?

- Avec ta main ? Ça m'étonnerait !

- Tu sais bien que si tu me donnes une seule bonne raison j'irai. Main ou pas main. Et tu sais aussi que je lui mettrais la raclée de sa vie dans tous les cas !

- Je sais Lex, t'es la meilleure. Merci d'être là… Mais je crois qu'on va éviter la méthode Woods. Je vais plutôt essayer de lui parler.

- Oui, souvent c'est ce qui fonctionne le mieux quand même… Et puis ça m'aurait embêté d'avoir à me battre avec Lincoln… Tu veux parler de ce qu'il s'est passé ?

À ce moment-là une tornade brune déboule dans la pièce.

- Heeeeey vous voilà toutes ici ! Vous m'avez manqué ! Désolée de pas avoir pu venir plus tôt. En tout cas, j'ai de l'alcool pour tenir toute la nuit ! Oh salut Abby, contente de voir que tu nous rejoins pour notre soirée filles !

- Bonjour Raven ! Oh non, moi je vais pas tarder à vous laisser, j'ai un repas ce soir.

La soirée, que Clarke a finalement délocalisée chez nous puisque Octavia était déjà présente sur place, se passe dans la joie et la bonne humeur, ponctuée de rires. Clarke reste quasiment tout le temps collée à moi. Ou alors c'est moi qui reste collée à elle. Mais on rompt le contact physique le moins possible. Une main sur la jambe de l'autre, la tête appuyée contre une épaule, deux genoux qui se touchent, les doigts qui s'effleurent…

- Vous savez quoi ? demande Raven.

- Non, mais je sens que tu vas bientôt nous le dire… répond sarcastiquement Octavia.

- Je me suis fait une nouvelle amie !

- Héhé, bravo ! Raconte-nous tout !

- Bon vous vous rappelez à la soirée avant-hier ?

Clarke tourne le regard vers moi, inquiète. Je la rassure d'un sourire.

- Bon ben vous étiez toutes parties pour une partie de jambes en l'air je suppose, vous deux, elle dit en nous désignant, toi et Lincoln… pareil. Monty était avec une fille je voulais pas le déranger. Donc j'ai continué à boire avec des gens random. Et puis je sais plus comment, je me suis retrouvée assise par terre dans la salle de bain, à côté d'une fille de la fac. On a parlé pendant deux heures, complètement torchées, c'était assez drôle !

- Tu sais que d'avoir discuté de choses dont vous ne vous souvenez probablement même plus avec une personne bourrée ne fait pas de vous des amies ?

- T'es jalouse Clarke !

- N'importe quoi !

- Bon, tout ça pour dire que je suis capable de socialiser, je ne fais pas peur aux gens !

- D'accord. Et comment elle s'appelle ton amie ?

- Elle s'appelle euh… elle s'appelle… Attends ça va me revenir !

On explose toutes les trois de rire devant son air concentré.

- Euh, Clara ?

- Ben j'en sais rien moi, à toi de nous dire !

On charrie encore Raven pendant un moment avec son « amie imaginaire ».

- Vous êtes sûres que vous voulez pas rester dormir là les filles ?

- Non vous inquiétez pas on va rentrer !

Raven et Octavia nous embrassent puis descendent chercher un taxi pour rentrer. Je me laisse tomber dans le canapé.

- Je suis crevée ! Laisse Clarke, on rangera demain !

Mais bien sur, elle ne m'écoute pas et commence à rassembler tout ce qu'il se trouve sur la table basse. Je l'attrape et la tire pour la faire tomber sur moi, tout en éloignant ma main pour la protéger.

- Ok ok, t'as gagné ! Mais demain c'est toi qui rangeras !

- Tout ce que tu veux, je lui réponds en l'embrassant sur le front. Mais je veux un câlin.

- Je suis fatiguée pour ce soir Lex, j'ai pas très envie de-

- Je parlais pas de ce genre de câlin. Je veux juste être dans tes bras.

- Ben je pourrais si tu me lâchais, mais là c'est plutôt moi qui suis dans tes bras…

- Surtout restes-y, je lui dis en posant un nouveau baiser sur son front.

Je la vois sourire, tout en caressant mon bras. Ses doigts glissent en direction de mon poignet.

- Alors ta main ?

- Je me suis pas loupée… Je dois pas l'utiliser pendant un mois.

- Mince… Est-ce que je peux te dem-

- J'ai mes examens la semaine prochaine, je sais pas comment je vais faire.

- Oui c'est vrai… Tu pourrais demander à ce qu'il y ait quelqu'un qui écrive pour toi non ?

- Je sais pas, je verrai avec la fac demain, là je suis trop fatiguée pour réfléchir à quoi que ce soit.

- Ok.

Elle se redresse, et sans décoller son corps du mien, pose sa tête à côté de la mienne sur le dossier du canapé, de façon à pouvoir capter mon regard. Après quelques secondes d'insistance, je cède et tourne les yeux vers elle. On reste quelques secondes perdues dans le regard de l'autre, puis elle reprend la parole.

- Lexa-

- On va dormir ?

Elle soupire.

- D'accord.

Je me penche pour l'embrasser avant qu'on se lève.

- Tout va bien.

Elle hoche de la tête sans lâcher mon regard, puis elle se lève et part dans la chambre. Je ferme les yeux un instant. Ma main glisse dans ma poche et en tire un papier. « Marcus Kane : 06 25 39 81 66 ». Je le fixe encore un peu, en relisant machinalement les chiffres, puis le replie soigneusement et le remets dans ma poche. Je ne suis pas sûre que ce bout de papier m'aide. Mais je ne suis pas sure d'avoir d'autre choix que d'essayer. On verra demain.

- Je suis contente que vous vous entendiez si bien avec ma mère, lance Clarke une fois que je me suis installée près d'elle dans le lit.

- Elle a été super…

- J'en reviens toujours pas que soyez parties comme des voleuses manger des glaces… sans nous !

- Ah ton problème c'est que t'en voulais aussi en fait ! je rigole à sa remarque.

- Je suis contente qu'elle t'ait amenée là-bas, cet endroit est magique.

Je pense que Clarke n'est pas dupe sur l'explication d'Abby, mais elle n'ajoute rien à ce propos.

- Tu m'y emmèneras toi aussi ?

- Oui, autant que tu veux.

Elle pose un léger baiser sur mes lèvres.

- Dors maintenant mon amour.

- Bonne nuit mon étoile.

Je me tourne de dos à Clarke et sens immédiatement son corps se coller à mon dos et ses bras m'entourer. Comme d'habitude, ses jambes viennent se mélanger aux miennes, ce qui me fait sourire. J'attrape une de ses mains dans ma main valide, cale ma tête contre elle, et m'endors sur le champ, en sentant ses lèvres se poser une dernière fois dans mes cheveux.


Et voilà, alors qu'est-ce que vous en avez-vous pensé ? Les moments Lexa-Abby vous ont plu ? Moi j'ai beaucoup aimé les écrire en tout cas !

MelleOcelote : merci pour tes reviews régulières, ça fait plaisir ! Contente que cette suite te plaise, j'espère que c'est le cas pour ce nouveau chapitre aussi ! à bientôt (:

Morgane : merci ! Oui c'est pas facile pour Lexa, pour l'instant elle est encore mal, mais heureusement bien entourée ! à bientôt