Coucou tout le monde ! Comment ça va ?
Alors oui, voici un nouveau chapitre où je vais encore me faire un plaisir de foutre le brouillard partout (j'adore ça).
Marie: merci beaucoup, la suite est juste en dessous fais toi plaisir.
7588celine: ah bah non, je vais pas virer Demetri tout de suite, sinon ce n'est pas drôle. Un peu de prise de bec avant ça sera mieux.
Voilà voilà, oh et devinez le meilleur...un nouveau perso arrive dans ce chapitre. Bisous !
Bella s'était installé sur le lit de son ancienne maison en compagnie de son mari. Alice, Esmée et Rosalie avaient été assez intelligentes pour les laisser cinq minutes ensemble. Ils en avaient besoin. Démétri avait laissé à sa femme de l'espace, il ne cherchait pas à la brusquer. Bella, elle, était encore toute chamboulée des souvenirs de son père qui lui étaient revenu. Ils étaient donc assis l'un en face de l'autre, en tailleur, sur le grand lit de la chambre de Bella.
- Est-ce que ça va aller ? Demanda Démétri inquiet.
- Oui c'était de beaux souvenirs, sourit Bella en baissant les yeux. Aro Volturi semblait être un sacré personnage.
- Aussi excentrique que tu étais discrète, se moqua gentiment son mari. Physiquement, tu es le portrait craché de ta mère, alors ton père t'a vénéré pour ta beauté.
- Mais ça ne l'a pas empêché de me faire la misère pour m'apprendre le métier, se souvint-elle mélancolique.
- Il l'a fait parce qu'il t'en savait capable et parce qu'à ses yeux tu méritais de devenir la dirigeante d'entreprise la plus respectée d'Amérique. Il était ton dieu et tu étais le sien. Forcément ça n'a pas plut à Rosalie et Vera. Rose a fini par grandir, elle est venu te voir de plus près et puis elle a constaté qu'au fond, avoir l'attention et l'amour de ton père ne suffisait pas à ton bonheur. De là, elle a commencé à voir les choses sous un autre angle.
- Et Vera ?
Vu la grimace de Démétri ce n'était pas vraiment réjouissant.
- La seule chose qu'elle a pleuré à ta mort, c'est la fortune que tu emportais avec toi et qui ne lui reviendrais pas. Même si au final, elle s'en est bien sorti puisque c'est Rose qui a tout récupéré.
- Est-ce que tu m'en as voulu d'avoir tout légué à Rosalie ? Demanda-t-elle sérieusement.
- Pas vraiment, répondit Démétri en haussant les épaules. Je n'ai jamais eu envie de devenir PDG de Volturi Entreprise et j'ai bien assez de mon propre héritage pour ne pas lapider le tien. Non, ce qui me dérange, c'est que Vera, qui n'a jamais rien fait, se permette de vivre la grande vie avec ton héritage. Ça, je dois avouer que ça m'est resté en travers de la gorge. Mais Rosalie lui cède tout alors...
- C'est sa mère, la défendit Bella compréhensive.
- Je ne fais pas de cadeau à la mienne, tu peux me croire, répliqua-t-il en serrant les mâchoires. Depuis que j'ai apprit qu'elle nous avait menti sur notre père biologique, je ne lui pardonne pas. Je continue à la voir, mais nous savons tous les deux que ce ne sera plus jamais comme avant.
- Charlie est un bon gars, tu devrais vraiment apprendre à le connaître, lui conseilla gentiment sa femme. Il m'a beaucoup aidé lorsque j'en avais besoin, comme toutes les personnes se trouvant dans cet appartement. Ce n'est pas de sa faute s'il ne savait pas qu'il avait des enfants. Imagines toi un peu à sa place.
Démétri baissa les yeux et réfléchit à ce qu'elle venait de lui dire.
- Tu as raison, comme toujours, lança-t-il en souriant. J'essayerai, je ne promets pas de miracle mais je tenterai de voir si l'on peut faire connaissance.
- Est-ce qu'on s'entendait bien tous les deux ? Demanda Bella en rougissant légèrement.
- Tu veux dire en tant que couple ? S'amusa-t-il en la taquinant du bout de son pied. Oui on s'entendait bien. Ce n'était pas toujours calme, nous avons tous les deux un caractère très prononcé, mais jamais rien de dramatique.
- On se disputait ?
- Parfois oui, répondit-il honnêtement. Nos deux sujets de disputes c'était souvent ta famille et Alec. Rien que nous n'ayons jamais surmonté. Tu as instauré une règle en arrivant dans cette maison. Tu as dit que pour le bien de notre couple, nous ne parlerions jamais de travail ici et qu'aucune invitation professionnelle ne se passerait dans cette maison. Tu as compris que différencier le travail du personnel était essentiel pour le bien être de notre couple. Et ça a marché à merveille.
Bella lui sourit à nouveau, cherchant comment formuler sa prochaine question. Son mari l'encouragea d'un signe de tête engageant.
- Pour Rosalie et Jane, je sais exactement ce que je ressens. Mais pour Alec et toi, je suis complètement larguée. Il y a des moments où j'ai envie de vous prendre dans mes bras et d'autres où j'ai envie de vous étrangler !
Malgré ce qu'elle pensait, Démétri ne s'en vexa pas. Il se rapprocha un peu d'elle, en posant doucement ses mains sur les coudes de sa femme.
- Ça toujours était compliqué entre nous trois. Quand nous étions gosses, nous nous entendions tous très bien, c'est en vieillissant que tout est parti en cacahuète. Malheureusement tu étais toujours au milieu. Notre ange gardien. Sans toi, nous nous serions probablement entre tué. Je n'aimais pas savoir qu'il traînait autour de toi alors qu'il tournait mal, j'avais peur. Lui ne supportait pas de nous voir ensemble et surtout de constater que ça fonctionnait. Si à l'origine, ce n'était pas un mariage d'amour, par la suite ça l'est devenu. C'était inacceptable pour Alec.
- Est-ce que toi tu sais si..., commença-t-elle la gorge nouée.
- Non Bella, il ne s'est jamais rien passé avec mon frère, la rassura-t-il sûr de lui. Je n'avais aucune confiance en Alec, mais toi je savais que jamais tu ne me ferais ça. Tu m'aimais à ta manière, mais tu m'aimais quand même. Tu respectes ceux que tu aimes.
- Tu n'en sais rien, peut-être que j'étais une salope sans nom..., s'échauffa Bella avant que son mari pose un doigt sur ses lèvres pour la faire taire.
- Tu me l'aurais dis, si tu avais fauté, tu me l'aurais dit. Tu n'es pas comme tout le monde, tu ne l'as jamais été. S'il c'était passé quelque chose, tu étais assez franche et courageuse pour me le dire. Puis j'ai assez confiance en mes performances sexuelles pour t'empêcher d'aller voir ailleurs...
Son sourire taquin se changea vite en rire lorsque Bella lui envoya un oreiller en pleine tête. C'était vrai que dans l'intimité, c'était un homme totalement différent. Un de ceux que Bella aurait très bien pu aimer. Mais elle n'arriva pas à se sortir Carlisle de la tête. Elle était peut-être l'ange gardien des jumeaux, mais Carlisle était le sien et à ses yeux, rien n'importait plus à présent.
- Tu es toujours aussi belle, la complimenta-t-il en la scrutant. Même si je dois avouer qu'il y a un petit quelque chose en plus dans ton regard qui réchauffe le cœur. J'ai l'impression que tu vis enfin.
- C'est un peu ça, admit-elle en haussant les épaules. Je me suis réveillée dans cet hôpital, seule, amnésique, sans racines. J'ai dû réapprendre à vivre.
- Ils t'aident énormément et même si je suis jaloux de ce docteur Cullen, je dois reconnaître qu'il fait du bon boulot avec toi.
- Ne m'en veut pas, supplia Bella gênée. Je ne me souviens d'aucun d'entre vous...
- Stop, ne t'en fais pas ! La calma-t-il gentiment. Je préfère largement te savoir vivante et en bonne santé à des milliers de kilomètres d'ici, que juste à côté de moi dans un cimetière.
Bella fondit devant ses paroles, il était tellement mignon quand il disait ça. La brune, d'un mouvement de cœur, le prit dans ses bras. Elle inspira fortement son odeur et sentit les larmes lui monter aux yeux sans vraiment savoir pourquoi. Démétri la serra fort, comme si sa vie en dépendait. Lui même eut des larmes naissantes qu'il tenta tant bien que mal de masquer.
- C'est moi qui t'ai choisit ce parfum ? Demanda-t-elle curieuse.
- Oui en effet, répondit-il les yeux brillant. Tu as toujours eu bon goût.
- A t'entendre je n'avais aucun défaut, se moqua Bella en se séparant de lui.
- Si, ton défaut c'était Alec, lança-t-il catégorique.
- Vous êtes terrible tous les deux. Il n'y a jamais eu une fois où vous vous êtes entendu ?
- Tes anniversaires, nous faisions des efforts, lui l'après-midi, moi le soir, c'était notre maximum. Enfin à part le dernier...
- Tu n'étais pas là, lança-t-elle en se souvenant de ce que Rosalie avait dit.
Démétri laissa échapper une grimace. Ses yeux se firent triste tout à coup.
- Autant te le dire avant que quelqu'un s'en charge. Nous nous sommes disputés la veille, j'ai donc décalé un rendez-vous que j'avais à Chicago le jour de ton anniversaire, tu m'en as voulu et j'admets que c'était puérile de ma part. Mais bon, la colère n'est jamais bon juge.
- Nous sommes nous encore engueulé pour Alec ? L'interrogea-t-elle cherchant à en apprendre plus.
- Entre autre, avoua-t-il en haussant les épaules. Je n'ai cessé de m'en vouloir depuis ce jour. Si seulement ça c'était passé différemment, peut-être n'aurais-tu jamais pris la voiture ce jour là. Je n'ai cessé de me dire que si tu avais eu cet accident c'était parce que je boudais comme un gosse à Chicago.
- Sauf que j'ai disparu trois jours avant et que personne n'a parut s'en apercevoir, accusa-t-elle doucement. Si j'étais si présente que tout le monde se tue à me le répéter, comment se fait-il que personne ne se soit rendu compte que j'avais disparu trois jours avant ma « mort »?
- Tu nous avais dit que tu avais un meeting de plusieurs jours à Los Angeles, expliqua-t-il en levant les yeux au ciel. Je ne sais pas ce que tu as été faire à Seattle. Je n'ai pas plus compris lorsqu'un policier est venu m'annoncer qu'ils avaient retrouvé ta voiture en feu sur une route que tu prenais tous les jours, ici, à New-York, alors que tu étais censée être à l'autre bout des États Unis. Toute cette histoire ne tient pas debout. Voilà pourquoi je voulais que tu aies des gardes du corps, je ne pense pas que ce soit un accident et je préfère que tu sois à l'abri du danger.
- Pourquoi ne pas avoir dit tout cela à Edward ?
- Je ne les connais pas Isa, tu ne peux pas demander à une personne aussi méfiante que moi de répondre à toutes les questions indiscrètes de deux inconnus débarquant de nul part.
- Ils ne veulent que mon bien.
- Je sais, admit-il avec un petit sourire triste. Je ne saurais dire lequel me tape le plus sur le système néanmoins. Carlisle et sa façon de te regarder, Edward et son air supérieur ou Jasper et sa manie de me contredire... quoique Emmett et ses blagues vaseuses... Je ne sais pas je suis indécis. Malgré tout, je dois admettre qu'ils t'adorent tous à leur manière. J'ai compris que tu les aimais, que tu en avais fait ta nouvelle famille, mais essaye de ne pas oublier que tu en as une ici. Rosalie a beaucoup souffert...
- Ça n'a pas été la seule n'est-ce pas, lança Bella en lui frottant gentiment la joue. Je ne me rappelle plus de nous, mais je pense sincèrement qu'il n'est pas sain pour une personne aussi intelligente que toi de vivre avec un fantôme. Tu aurais dû m'oublier, depuis longtemps.
- C'était impossible enfin ! Je t'aimais et je t'aime toujours..., tenta-t-il de lui faire comprendre en accrochant son regard.
- Si j'en crois tout ce que tout le monde me dit, Alec aussi m'aimait, ça ne l'a pas empêché de refaire sa vie, d'avoir une magnifique petite fille du nom de Sarah. Tu n'aurais pas dû attendre une morte...
- La preuve que si, puisque tu es vivante, contra-t-il en lui attrapant le menton. Et rentre toi bien dans la tête que nous sommes peut-être jumeau, mais que je n'ai rien de commun avec Alec.
- Démétri je ne veux pas te blesser, mais je ne reviendrai pas ici. New-York n'est pas une ville pour moi. Ma vie est à Forks.
- Pour l'instant. J'espère bien que nous trouverons des arguments convaincant pour que tu reconsidère certaines choses.
- Tu es têtu, soupira-t-elle.
- C'est ce qui te plaisait le plus chez moi, se moqua-t-il.
- Est-ce que ça te dérange si je fais entrer Rosalie, j'aimerais bien que l'on discute juste...tous les trois.
Démétri lui fit un sourire radieux et appela sa belle sœur. La blonde vint les rejoindre avec plaisir. Ils s'installèrent un peu mieux dans le lit et commencèrent à discuter du passé. Beaucoup d'anecdotes où Bella faisait la misère à quelqu'un. Apparemment, il n'était pas bon de s'attirer ses foudres.
- Te souviens-tu de l'italien, s'écria Rosalie en lançant son poing dans l'épaule de son beau frère. C'était à mourir de rire.
- Ça dépend du point de vue, contra-t-il en grimaçant. J'avais la chance d'avoir une femme incorruptible.
- Il m'a fait du charme ? Demanda Bella le sourire aux lèvres.
- A peu de chose prêt, je crois qu'il t'aurait demandé en mariage, hurla de rire sa sœur en s'essuyant les yeux. Tu étais tellement furieuse qu'il te prenne pour acquise que tu l'as fait marcher pendant des semaines pour au final lui dire que tu étais déjà mariée.
- Mais c'est dégueulasse ! Se scandalisa Bella en fronçant les sourcils.
- Oh non, je te jure que c'était mérité...
- Même moi ça a fini par m'amuser, même si au départ je n'étais pas très content, avoua Démétri. Il a voulu jouer avec toi et il s'est rendu compte qu'il était tombé sur plus fort que lui. Pourtant il t'a tout fait, sourire de star, les yeux ravageurs, les roses au petit déjeuner... et au final tu as obtenu ce que tu voulais en le laissant repartir la queue entre les jambes.
- C'est le cas de le dire ! Explosa Rosalie devant le regard choqué de Démétri.
Ils restèrent ainsi encore un bon bout de temps avant d'entendre la sonnette de l'entrée. Rosalie jeta un coup d'œil au parking, par la fenêtre et grogna fortement.
- Que se passe-t-il ? Demanda Démétri inquiet.
- Je lui avais dit d'attendre mais elle est tellement têtue ! Répondit la blonde en se précipitant hors de la pièce.
Bella regarda son mari avec interrogation et il lui prit la main pour qu'elle le suive. Arrivée dans le salon, où Alice et Esmée étaient assises, Bella émis un sifflement en voyant débarquer le stéréotype de tout ce qu'elle détestait. Une femme trop maquillée, la manucure impeccable, l'air hautain, le regard critique et le sourire moqueur. Seigneur, Bella avait peur de comprendre qui elle était. Cheveux blond, regard gris acier, le même nez, la même bouche... c'était forcément la mère de Rosalie.
- Et bien ça alors, moi qui ne voulais pas y croire, je dois bien admettre que c'est troublant, lança la femme en la détaillant du haut en bas. Isabella Volturi est de retour ! Quel soulagement !
Rosalie fusilla sa mère du regard en entendant toute l'ironie qu'elle avait mise dans sa dernière phrase. Bella au contraire laissa échapper un petit sourire de défi, à croire que l'amnésie n'effaçait pas tout, parce qu'elle avait beau ne pas connaître cette femme, la brune ne pouvait déjà pas la sentir.
- Tu n'as pas trop vieillit, je dirai même que tu n'as pas changé d'un pouce, il y en a qui ont de la chance, attaqua Vera aussitôt que le sourire de Bella avait fait son apparition.
Pour toute réponse, la brune retira son pull et montra les brûlures et les cicatrices qu'elle porterait jusqu'à la fin de sa vie.
- C'est à ça que devrait ressembler ta gueule si tu n'avais pas fait autant de lifting, cracha Bella en se rhabillant et en croisant les bras avec mauvaiseté.
- Ah ! Moins civilisée mais toujours aussi tranchante qu'avant, éclata de rire Vera en s'installant nonchalamment dans le canapé. Nos joutes verbales m'avaient manqué.
- Maman je t'avais dit d'attendre que j'amène Bella chez nous...
- Peu importe, si sa mémoire ne revient pas en un coup, peu importe que je vienne maintenant ou qu'elle se ramène demain, ça n'y changera rien. Démétri, remets toi mon garçon, tu es blanc comme un mort.
En effet, depuis que Bella avait montré son dos, son mari avait du mal à reprendre contenance. La brune lui frotta gentiment l'épaule en lui souriant.
- T'inquiète pas, je suis solide, t'aurais vu la tronche du train, se moqua-t-elle essayant de le détendre un petit peu.
Démétri leva les yeux au ciel en laissant s'échapper un petit ricanement. Cette Isabella lui plaisait beaucoup en définitive.
- Elle ne se souvient pas de toi, mais tu continues encore à la regarder comme la huitième merveille du monde, lança Vera en soupirant. C'est pathétique ! Attend qu'Alec apprenne qu'elle est en vie et ta femme disparaîtra comme autrefois...
- Maman ! Hurla Rosalie ne sachant plus où se mettre.
Esmée tourna son regard vers Alice, en se demandant à quel moment Bella allait finir par exploser.
- C'est Alec qui a découvert que j'étais vivante justement, répliqua la brune froidement. Ça n'a pas l'air de te surprendre plus que cela...
- Rosalie m'a prévenu, trancha sa belle-mère hautaine. Puis excuses moi de ne pas être aux anges d'apprendre que tu risques de récupérer tout ce qui appartient désormais à ma fille. Tu vas la dépouiller et elle non plus n'en est pas ravie.
La blonde supplia sa sœur du regard de ne pas croire un seul mot de ce que disait sa mère.
- Je suis peut être amnésique mais pas débile, répondit Bella glaciale. Si j'ai fait en sorte que Rosalie hérite de tout à ma mort c'est qu'elle le méritait. Quand on voit la magnifique femme qu'elle est devenue et la poigne qu'elle a sur l'entreprise, on se demande franchement si elle a ne serait-ce qu'un peu de ton ADN.
- Toi tu as bien tout de ta mère par contre, s'énerva Vera en la fusillant du regard.
- C'est pour ça que tu me détestes ? S'amusa Bella reprenant le dessus avec joie. Parce que je ressemble à la femme que mon père n'a jamais réussi à oublier. Ou parce que mon père m'a toujours fait passer avant toi, quoiqu'il arrive. C'est pour ça que tu essayes de nous monter l'une contre l'autre avec Rose ? Parce que si mon père m'avait moi, toi tu avais ta fille. Quel sacrilège qu'elles s'entendent si bien. Si j'étais aussi intelligente et insensible que tout le monde se tue à me le dire, pourquoi alors es-tu encore de cette famille ? A la mort de mon père j'aurais dû te chasser comme la sorcière que tu es.
Vera perdit toutes ses couleurs et n'en menait plus large. Le reste de l'assemblée semblait tétanisé en attente du prochain round.
- Tu as promis à ton père que jamais tu ne nous abandonnerai, la famille d'abord Isabella, ça toujours été la règle de la famille, enchaîna la femme en reprenant du poil de la bête.
- Malheureusement pour toi, je ne me souviens plus de cette promesse et depuis que je suis sortie du coma, j'ai tendance à penser à moi avant une quelconque famille. Alors tu vas te détendre sur les agressions, parce que s'il faut que je récupère tout ce qui m'appartient pour te foutre à la porte je ne m'en priverai pas. Je ne suis plus Isabella Volturi, je suis Bella Smith et si tu pensais me connaître, crois moi sur parole tu ignores tout de moi à présent.
Vera se leva, les mâchoires serrées, sous le regard inquisiteur de Bella.
- Bien dans ce cas, je te propose de venir dîner dans la semaine avec tous tes nouveaux amis. Repartons sur de bonnes bases. Ne nous déchirons pas, ce n'est pas ce que ton père aurait voulu.
- Ne fais pas parler les morts, ils savent très bien le faire tout seul, lança Bella en souriant méchamment. Mais je retiens l'invitation. Prévois large au niveau du buffet, Emmett mange pour dix.
Vera embrassa sa fille sur la joue et disparut. Rosalie semblait aux bords des larmes, le regard fixé sur le sol.
- Je ne crois pas un mot de ce qu'elle dit Rose, la rassura Bella. C'est ta mère et je comprend que tu veuilles la protéger, mais ne la laisse plus jamais parler de toi de cette façon.
La blonde lui fit un maigre sourire, les lèvres tremblantes, puis prétexta vouloir se rafraîchir pour disparaître.
- Sacré putain de mégère que voilà, lança Alice encore sous le choc.
- Et encore ce n'est qu'un avant goût. Isa, comme toujours, tu as été magistrale.
Sa femme lui présenta sa main et il tapa dedans avec bonheur. Esmée remarqua immédiatement leur nouvelle complicité et s'inquiéta aussitôt pour Carlisle. Mais un regard de Bella la rassura. Ne jamais jouer avec une Volturi.
Ils finirent par reprendre la route en direction de l'appartement de Jasper. Démétri semblait maussade de la laisser repartir. Rosalie, quant à elle, était toujours perdue dans ses pensées. Bella remerciait le ciel que Vera ne soit pas sa mère.
De retour dans l'appartement, Jasper regarda Bella sous toutes les coutures, vérifiant qu'elle était revenue entière.
- Quand tu auras fini ton inspection, est-ce que tu pourras me laisser entrer ? S'amusa-t-elle.
- Ton mari et ta sœur ne vous ont pas suivit ? Demanda-t-il en voyant Alice et Esmée derrière son amie.
- Non, je leur ai dit que j'avais besoin de dormir, répondit Bella avec un sourire énigmatique.
- Qu'est-ce que tu mijotes encore toi ? L'interrogea Charlie connaissant ce sourire.
Alice, Esmée et Bella échangèrent un regard complice et s'installèrent dans le salon attendant que toute la tribus débarque. Carlisle en profita pour se mettre à côté de Bella et lui prendre la main en soutien.
- Vas-tu enfin nous dire ce qui s'est passé cet après-midi ? S'impatienta Emmett les yeux brillant d'excitation.
- J'ai eu des souvenirs de mon père, ce qui est une bonne nouvelle, raconta Bella avec un sourire tendre. J'ai vu une photo démesurée de moi, j'ai rencontré ma belle-mère et j'ai eu une grande conversation avec mon mari.
- Grande est le mot, se moqua Alice.
La grimace de Carlisle fut évidente pour tout le monde.
- Quoi ? Lança Bella en haussant les épaules. C'était le plan non ?
- Le plan ? Quel plan ? S'exclama Edward perdue.
- Vous les hommes, vous êtes tellement entier et protecteur, que jamais Démétri ne vous aurez laissé seul dans cette maison, expliqua Bella avec intelligence. Alors que, si moi je m'occupais de mon mari, pendant qu'Esmée tenait la jambe de Rosalie, Alice avait le champ libre pour fouiller la maison. Discrétion, rapidité et fouinage était de rigueur, Alice était la plus qualifiée. Qui irait se méfier d'une pipelette d'un mètre trente les bras levés avec un sac démesuré ?
Tous les hommes la regardait bouche bée.
- Mais c'est machiavélique ! Se scandalisa Emmett n'en revenant pas.
- Au contraire, c'est brillant, la félicita Carlisle fier d'elle. Et qu'avez vous trouvé ?
Alice, avec un air enjoué, déballa le contenu de son sac. Elle avait réussi à voler un ordinateur portable, un téléphone portable et un agenda électronique.
- J'ai tout trouvé dans le grenier, dans un carton marqué Bella, expliqua-t-elle. Vu l'état de l'ordinateur, je doute qu'il s'allume encore, on dirait qu'il a fait une chute. Pour le téléphone et l'agenda, ils sont à moitié brûlé, donc je pense qu'ils étaient dans la voiture accidentée. D'après ce que tu nous a dit Edward, certain objets ont été éjecté du véhicule où la fausse Bella était, je pense qu'ils en faisaient parti. Toi qui est si intelligent, je suppose que tu vas pouvoir faire tourner ça dans des labos scientifiques pour en tirer tous leurs secrets.
- Putain mais c'est qui le flic dans la famille, se vexa à moitié Edward fier de sa sœur malgré tout.
- Je suis douée voilà tout. Cadeau pour toi, lança Alice en lui tendant son sac. Esmée, toi, tu as trouvé quelque chose ?
- Quand Rosalie m'a abandonné pour rejoindre Bella et Démétri, j'ai fouillé dans les albums photos et j'ai trouvé ça.
Esmée sortit des photographies du dernier anniversaire de la brune. Dessus se trouvait Bella, Alec, une petite brune basanée et un grand brun baraqué.
- Ça doit être la fameuse Angela et le gars probablement Garrett, supputa Bella en essayant de se rappeler. Rien d'extraordinaire...
- Sauf la photo originale du salon, intervint Esmée en grimaçant et en montrant le cliché en question.
En effet si la photo que Démétri avait encadré était magnifique, elle n'avait absolument pas montré la tête d'Alec sur les jambes de Bella et son regard résolument amoureux. La façon dont il lui tenait la main, laissait entendre bien plus que de l'amitié.
- Oh chier, grogna Bella en fermant les yeux.
- Ce n'est pas parce que vous êtes complice sur cette photo qu'il s'est passé quelque chose, tenta de la réconforter Esmée.
- Non c'est vrai, mais un mari jaloux avec ça entre les mains, ne l'aurait forcément pas bien pris, contra Carlisle réaliste.
- Démétri est peut-être une tête de con mais ça n'a pas l'air d'être un tueur, lança Emmett sceptique.
- Il n'était pas là lors de mon dernier anniversaire, réfléchit Bella en fronçant les sourcils. Il m'a dit que nous nous étions engueulé. Ces photos ont dû être développées après ma soit disant mort. Il ne les a probablement pas vu avant. Selon lui, après cette soirée, je devais partir à Los Angeles, pendant que lui était à Chicago.
- Tu lui fais confiance ? Demanda Carlisle en lui serrant la main.
- Je ne fais confiance à personne ici, mais s'il faut que je continue à jouer la victime pour obtenir la vérité, je le ferai. Je saurai ce qu'il m'est arrivé et s'ils pensent que je me rapproche d'eux, ça saura d'autant plus simple de leurs tirer les vers du nez.
- C'est dangereux ce que tu es en train de faire, la prévint Jasper inquiet pour elle. Ils vont finir par se rendre compte que tu n'es pas sincère avec eux...
- Et alors, de toute façon j'ai l'air de ne jamais l'avoir été. Ils retrouveront juste le visage de l'ancienne Bella. J'obtiendrais des réponses, quoiqu'il m'en coûte. Si pour ça, je dois tous les tromper un par un, je le ferai sans aucune hésitation. Ce n'est peut-être aucun d'entre eux, mais si c'est le cas, je veux en avoir le cœur net.
Elle se leva et partit s'enfermer dans sa chambre, les laissant ruminer dans le salon.
- Ça sent pas bon, s'inquiéta Jasper en se frottant la nuque.
- Bella est intelligente et ça ils le savent tous, la défendit Charlie. Seulement, ils pensent que son accident l'a rendu moins performante, c'est là qu'ils font erreur. C'est la mieux placée pour obtenir des infos que nous n'aurons jamais.
- A quel prix, s'exclama Carlisle du même avis que Jasper. Si une personne a été capable de mettre en place un plan aussi tordu, imaginez ce qu'il serait capable de faire si Bella récupère sa mémoire.
- Ou son héritage, le soutint Alice en grimaçant.
- On va la garder à l'œil, décréta Edward, mais dans tous les cas, il ne va pas falloir qu'elle s'éternise à New-York, ce sera beaucoup moins facile de l'atteindre à Forks. Moi pendant ce temps là, je vais enquêter. Le poste de police du coin m'a filé un ancien ami qui a déménagé ici il y a quelques années. James est ravi de nous filer un coup de main.
- Est-ce qu'on essaye de raisonner Bella pour qu'elle arrête d'enquêter ? Demanda Alice en se tournant vers son frère aîné.
- Inutile, répondit Carlisle en souriant. Personne ne l'empêchera de fouiner, elle est trop tenace pour céder sur ce point. Mais nous pouvons toujours continuer à fouiner avec elle. Par contre on ferait bien de lui enlever son téléphone portable, sinon Alec va encore en entendre parler.
- Je m'en occupe, s'amusa Charlie en partant rejoindre sa collègue dans sa chambre.
- Ça pue, grommela Jasper en fusillant les clichés de l'anniversaire de Bella.
- C'est un point où nous sommes tous d'accord, répliqua Emmett en souriant.
En effet, toute cette histoire sentait mauvais et Bella était assez têtue pour se jeter dans la gueule du loup juste pour obtenir la vérité. C'était à eux de surveiller ses arrières et Carlisle se promettait d'être aux premières loges.
Mouahahah ! La sadique en moi se frotte les mains. La peureuse en moi se dit qu'elle va encore recevoir des messages de torture en tout genre. Bisous tout le monde et à bientôt !
