Titre : Des surprises à la pelle.

Auteur : Patpat.

Bêta-lectrice : Shizuka Kurai (puisque j'ai pas eu de nouvelles de Mag-san).

Source : Gravitation.

Genre : Yaoi, Shoonen-ai, Mpreg, Lemon.

Rating : M.

Paring : Yuki Eiri / Shindoo Shuuichi.

Notes : Non, non !!! Ne me tuez pas ! Je sais que je me suis faite attendre pour updater dans la plupart de mes fics... Mais ma vie a subi de nombreux changements ces derniers temps, et j'ai mis en chantier deux nouvelles fics : "Winter Sakura", pour mes amies anglophones qui m'ont harcelées longtemps pour que j'écrive en anglais, et une toute nouvelle qui sera bêta-lectée par ma meilleure amie et qui est un crossover Gravitation / Loveless. Le titre n'est pas définitif et le premier chapitre ressemble à un monceau de papier chiffonné et informe alors je ne dirai pas grand chose dessus. Sinon dans ce 10e chapitre de "Des Surprises à la Pelle", toujours bêta-lecté avec amour par la géniale Shizu-chan, les choses deviennent sérieuses (si on peut dire) et on avance à grands pas vers la partie que vous attendez tous : le mpreg. Bonne lecture.

Pensées en italique. Dialogue en gras.

Chapitre 10 : Hysteria.

Quelle lune de miel charmante ce fut... La nuit du 23 février restait encore fraîche à leur esprit bien que cela faisait maintenant plus d'un mois qu'ils étaient revenus de Venise. Yuki et Shuuichi avaient repris, à peu de choses près, leur rythme de vie : ils faisaient cependant attention à passer un minimum de temps ensemble. Le matin par exemple, le romancier se levait souvent en même temps que son époux, lui préparant un petit déjeuner digne de ce nom (autre chose que ces cochonneries de pokkii à la fraise dont il se gavait à longueur de temps) pendant que celui-ci se douchait et s'habillait. De même, alors que Shuuichi s'appliquait à travailler sérieusement au studio pour rentrer le plus tôt possible, le blond faisait une petite pause lorsqu'il entendait claironner l'habituel "Tadaima Yuki !" pour offrir à son cher et tendre un accueil digne de ce nom. Parfois, il se surprenait même à enfiler un tablier pour cuisiner un bon dîner à Shuuichi avant qu'il ne rentre, comme une bonne petite femme au foyer. La seule ombre au tableau avait été le rejet de leur dossier de demande d'adoption. Shuuichi en avait été inconsolable pendant près d'une semaine et Yuki était reconnaissant à Hiro et Ryuuichi de lui avoir permis de passer cette épreuve assez rapidement en lui occupant l'esprit.

En ce jour du mercredi 27 mars, l'écrivain venait de rendre son dernier manuscrit à Mizuki, le matin même. Comptant prendre son après-midi pour se reposer un peu, Yuki s'était préparé un bol de riz assaisonné d'une bonne dose de vinaigre de soja et accompagné d'une bière bien fraîche... C'est avec une cigarette tout juste allumée au coin des lèvres qu'il alla s'installer à table et commença à manger. Mais bien sûr, il ne fallait jamais espérer que ces moments de tranquillité durent, surtout quand on s'appelle Yuki Eiri et que la malédiction des pots de colles et autres super glues est vous... En effet, le téléphone qui sonne chez les Uesugi, ça ne présage jamais rien de bon. Je devrais annuler mon abonnement au téléphone, on me foutrait la paix comme ça... Quoi que non, ce ne serait qu'un nouveau prétexte pour ces empêcheurs de tourner en rond pour s'inviter ici. D'abord décidé à ne pas répondre, Eiri laissa le répondeur le faire à sa place.

"On n'est pas là alors laissez un message et on vous rappellera" disait la voix guillerette de Shuuichi. "Parle pour toi, je rappelle jamais personne" se moqua celle de Yuki.

Eiri ! s'exclama la voix de Seguchi Mika, juste après le bip. Je sais que tu es là ! J'ai appelé Mizuki et elle m'a dit qu'elle était passée ce matin alors ça veut dire que tu es encore là. Réponds !

Tsss... Tu peux courir, frangine. Je bouffe alors je ne bouge pas, bougonna le blond en prenant tout son temps pour déguster le riz qu'il tenait au bout de ses baguettes.

Eiri, réponds immédiatement ! ajouta la voix de sa soeur qui semblait devenir un peu plus hystérique à chaque seconde. Eiri, je te préviens que je suis en ville en ce moment et que si tu refuses de décrocher ce putain de téléphone dans les 10 secondes, je débarque chez toi ! 10 ! 9 ! 8 !...

Ecarquillant les yeux en entendant l'abominable menace, l'écrivain lâcha ses baguettes et se précipita sur l'appareil.

3 ! 2 !

Nanda ?! gronda-t-il, plus qu'agacé que sa maudite frangine soit parvenue si facilement à ses fins.

C'est fou ce qu'on peut obtenir de toi quand on sait s'y prendre... J'avais jamais pensé te faire réagir aussi rapidement.

Ecrase. Tu veux quoi ?

Je viens aux nouvelles... Comment va mon petit frère et son petit mari ?

Qu'est-ce que ça peut te faire ?

Ne va pas penser que je ne m'inquiète pas pour Shuuichi. Je l'aime bien tu sais.

C'est pas l'impression que tu m'as donné quelques jours avant mon mariage... répliqua-t-il froidement.

Oublie ça deux minutes, tu veux ? J'ai toujours eu de l'affection et de l'admiration pour lui. Il est courageux et persévérant, et surtout il a le mérite de t'avoir changé en mieux...

J'ai entendu Miri et son petit ami discuter du refus de votre demande d'adoption, toute à l'heure en passant à NG. Je suppose que Shuuichi était bouleversé...

C'est le moins qu'on puisse dire. Mais il va mieux maintenant, finit par dire Yuki, cédant aux tentatives de réconciliation de Mika.

Tu es sûr ? Il avait l'air un peu fatigué quand je l'ai croisé. Si tu veux mon avis, laisse-lui plus de temps pour dormir la nuit...

Le petit ricanement amusé qu'elle émit laissait imaginer à Yuki le sourire moqueur sur les lèvres maquillées de sa soeur.

Je ne l'ai pas touché, hier soir, si c'est ce que tu veux dire. Il était si fatigué qu'il s'est endormi sur le canapé après avoir mangé.

Ou peut-être qu'il t'as joué le coup de l'opossum pour éviter d'avoir à reprendre la vieille excuse de la migraine... (1

Je raccroche.

Non, attend ! Je t'appelais aussi pour t'annoncer une surprise.

Je déteste les surprises.

Mais celle-là te fera sûrement plaisir, puisque tu as l'air d'aimer les enfants au point d'en vouloir un...

J'aime pas les enfants. J'aimerai juste le mien.

Et est-ce que tu crois que tu pourras faire une exception pour ta nièce ou ton neveu, otooto ?

Surtout cache ta joie ! s'exclama Mika, vexée.

Si c'est ta façon de me dire que tu as un polichinelle dans le tiroir, je trouve pas ça très subtil. Surtout que l'idée de toi et Seguchi vous envoyant en l'air me dérange beaucoup trop. Je trouve ça même assez dégoûtant... Si tu cherches à créer un contraceptif efficace, bravo ! Tu devrais le breveter. C'est encore mieux que la ceinture de chasteté.

NON MAIS DIS-DONC ! ON EST MARIES, TOHMA ET MOI ! C'EST TOUT A FAIT NORMAL DE FAIRE CA DANS UN COUPLE...

C'est pas de ma faute à moi si ta vie sexuelle est traumatisante. Le simple fait d'imaginer ma soeur et le grand Seguchi Tohma en plein action me donne des frissons dans le dos, répondit impassiblement Eiri en réprimant un frémissement mais pas une grimace de dégoût.

Ca te va bien de critiquer ! Mr "Je m'envoie un MEC" !

Je te raconte pas ma vie sexuelle, moi...

Bah voyons... Personne ne sait que tu es gay à part l'intégralité du Japon et un partie du monde extérieur... D'ailleurs je ne t'ai rien dit à part que j'étais enceinte !

C'est du pareil au même.

NON ! ET PUIS D'ABORD...

Mais la sonnette de la porte d'entrée retentit. Ouf, sauvé par le gong... pensa Eiri.

Désolé, y'a quelqu'un à la porte.

Attend !

Omedetoo gozaimas ! Shalom ! Congratulations ! Bravo ! Et surtout bon courage à Tohma car il paraît qu'après avoir subi une femme enceinte, on peut tout affronter dans la vie et qu'à côté, le tremblement de terre de 95 c'était de la rigolade ! (2

Attends ! Eiri !

Trop tard, ricana intérieurement Yuki en raccrochant sadiquement au nez de sa soeur. On sonna encore une fois à la porte. Agacé de ne pas avoir une minute à lui, il alla ouvrir en priant pour que ce ne soit pas son casse-pieds de petit frère de passage à Tokyo. Mais sa première pensée en se retrouvant face à son visiteur fut "J'aurais encore préféré Seguchi ou Mika". La seconde "Pourquoi le ciel s'acharne-t-il contre moi ?" et la dernière "Il est encore temps de lui claquer la porte au nez". Mais pour une raison qui lui était totalement inconnue, il se contenta de s'écarter pour laisser entrer l'homme qui lui faisait face.

Que me vaut l'honneur de votre visite, Shindoo-san ? demanda-t-il en fermant la porte derrière le père de Shuuichi une fois que celui-ci fut entré.

Croisant sur leur chemin vers le salon quelques cartons fraîchement empaquetés pour leur futur déménagement vers la maison que le couple avait achetée deux semaines plus tôt, Shindoo Seichiro demanda froidement :

Vous déménagez ?

Oui, Shuuichi et moi avons envie d'un espace plus grand pour...

... Pour cette stupide lubie d'élever un enfant ? le coupa son beau-père.

En fait, oui, répondit impassiblement Yuki qui avait en fait toutes les peines du monde à garder son calme.

Etait-ce vraiment sa faute si cet homme avait le don de le foutre en rogne ? Avec sa façon condescendante de prendre les gens de haut et tout ça... Comment un adorable garçon comme Shuuichi, aimant et tolérant, pouvait être le fils d'un sale type comme lui ?

Vous êtes plus vieux et donc plus responsable que mon fils, alors pourquoi ne lui faites-vous pas comprendre que cette idée, c'est de la folie ? Quel genre de vie allez-vous offrir à cet enfant innocent ?

Il me traite de vieux, puis d'irresponsable, et maintenant de père indigne et débauché en une seule phrase alors que j'ai même pas encore de mioche ! s'énerva le blond tout en faisant de son mieux pour le cacher.

Vous êtes venu pour quoi ? Shuuichi n'est pas là.

Ca tombe bien, c'est avec vous que je veux parler.

Excusez-moi mais je préfère éviter d'avoir ce type de conversation avec vous, dit froidement Yuki.

Et pourquoi donc ? Craignez-vous tant que ça d'être désapprouvé ? Ca n'avait pourtant pas l'air de vous déranger plus que ça lors de ce simulacre de mariage... Ni lorsque vous avez déshonoré mon fils devant tout le pays en annonçant votre relation aux média.

Vous êtes méprisant et ça vous rend tout aussi méprisable à mes yeux, lâcha enfin le blond avec un ton piquant.

Il fallut quelques secondes à Shindoo pour qu'il réplique.

Le plus méprisable de nous deux, c'est vous. VOUS avez profité de la naïveté de mon fils. VOUS avez fait de lui un pédé en le baisant seulement quelques jours après l'avoir rencontré (3). VOUS avez été sans pitié avec lui, piétinant ses sentiments. Rendez donc service à mon fils : mettez un terme à cette parodie de relation amoureuse où nous savons tous les deux qu'étant le dominant, vous vous permettez toutes les largesses.

Pour la première fois depuis longtemps, Eiri avait sincèrement envie de tuer quelqu'un. Et si ce n'était pas le père de celui qu'il aimait qui se tenait face à lui, ce serait déjà fait. Comment pouvait-il être à ce point odieux vis-à-vis de ce que son fils avait eu tant de mal à obtenir : un peu de stabilité dans sa vie amoureuse et un brin de bonheur...

Je n'ai pas "baisé" votre fils, nous avons fait l'amour. Et j'ai bien conscience que je l'ai fait souffrir plus d'une fois, mais je compte bien vous montrer que je mérite la seconde chance qu'il m'a offerte, répondit-il avec un semblant de calme.

Il me semble, d'après ce que j'ai appris de Shuuichi lui-même, que vous en êtes au moins à la centième. Si vous ne vous rendez pas compte de l'erreur que vous faites, laissez mon fils vous l'expliquer.

Et là-dessus, Seichiro sortit un carnet de note de la poche intérieure de son manteau et le tendit à son beau-fils. Eiri jeta un coup d'oeil interrogateur à l'objet en question avant de s'en saisir.

Je me demande encore comment vous pouvez vous regarder dans un miroir, lança méchamment le père de Shuuichi devant un Yuki confus. Ne vous dérangez pas pour moi, je connais le chemin.

Shindoo Seichiro quitta ainsi la pièce, sans un regard en arrière. La porte venait de se fermer et le silence régnait dans l'appartement. Eiri fixait des yeux le carnet sur lequel était écrit "Shindoo Shuuichi no nikki".Devait-il le lire ? Tout ce que Shuuichi pensait de lui sans jamais oser le dire était inscrit dedans... D'un autre côté, lire ce carnet reviendrait à violer le coeur de Shuuichi, ses pensées. Ce journal était un refuge, un sanctuaire que personne n'avait le droit de souiller. De cette lecture interdite pourraient découler de lourdes conséquences sur leur vie de couple et sur la confiance qu'ils se vouaient mutuellement. Pourtant, jamais la curiosité du romancier n'avait été si vivement piquée.

Oh puis merde ! marmonna-t-il en ouvrant le journal à une des première pages tout en s'installant dans le sofa.

"Pourquoi faut-il qu'il se montre aussi horrible avec moi ? Je ne lui ai rien fait de mal ! C'est lui qui m'a embrassé ! Et pourquoi il a fait ça d'ailleurs ? Il était justement en train de me dire qu'il détestait les garçons. Je suis sûr que c'était pour s'amuser avec mes sentiments, pour pouvoir se moque de moi après en se disant "Quel gamin stupide ! Encore un que j'aurai roulé dans la farine comme bon me semble...". Ca doit bien l'amuser de me torturer, de me martyriser, de me faire tourner en bourrique. Et j'ai l'impression qu'avec sa frangine, ils se sont passés le mot... Elle vient dans ma classe, en plein examen, me kidnappe à moitié (ok, je sais qu'on ne peut pas être à moitié kidnappé ; on l'est ou on l'est pas) et du coup j'ai été recalé. Et pourquoi ? Pour me faire chanter. La musique ou ma vie. Parce que c'est ma vie que j'ai risqué en allant lui demander d'aller voir son père, à Yuki ! Mais le pire je crois, ça a été les mots assassins qu'il m'a dit. Ca a été comme si mon coeur s'était brisé... j'ai cru que j'allais mourir quand, en dernier recours, je l'ai embrassé pour lui montrer que j'étais sincère et qu'il n'a strictement rien éprouvé. Pourquoi j'ai mérité ça ? Quatre filles m'ont demandé de sortir avec elles. De très gentilles filles. Mais j'ai refusé à cause de lui. Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ?"

Le coeur d'Eiri se serra. Il se souvenait clairement de ce jour-là. De ce baiser. Il jouait les insensibles même si en fait, il avait brûlé d'envie de le prendre dans ses bras et de l'embrasser aussi. Mais non, rien. Et ça avait fait du mal à Shuu. Foutu orgueil ! pensa le blond en tournant les pages. Il s'arrêta quelques pages plus loin, interpellé par certains mots.

"Je ne suis pas sûr qu'il ait vraiment conscience de ce qu'il représente pour moi ni de ce que CA représente pour moi. Il m'a promis d'être mon petit ami uniquement pour me sauter, je le sais bien. Je l'ai toujours su au fond. N'importe laquelle de ses fans penserait que le jeu en vaut la chandelle mais pas moi. Il m'a pris ma virginité bordel ! Je n'avais jamais couché avec personne avant, pas même une fille... Je suis bien conscient que je me suis laissé faire, parce que si vraiment je ne voulais pas, je me serais débattu, j'aurais hurlé... Mais il m'a tout de même forcé la main. Il en avait envie mais pas moi. Pas ce jour-là. Pas comme ça. Je me suis laissé faire parce que je voulais encore moins qu'il me rejette et je sais que c'est la seule façon que j'ai d'être auprès de lui. Je sais que c'est peut-être la seule chose qu'il m'offrira jamais mais bon... Nom de Dieu que ça fait mal ! Je fais de mon mieux pour ne pas gémir en m'asseyant... Mais je vais arrêter de me plaindre... Au moins il m'a laissé être un peu plus proche de lui, même si ce que je veux vraiment ce n'est pas son corps mais son coeur. Et de toute façon, je mentirais en disant que je n'ai pas aimé... Bien au contraire ! J'ai adoré ça. Pas au début c'est sûr. Il faut dire aussi qu'il n'y allait pas de main morte. J'espère juste que la prochaine fois il ne me jettera pas d'armoire dessus... Itai !"

Alors c'était tout ce qu'il avait ressenti après leur première fois ? Des regrets et la sensation d'y avoir été obligé ?...

Mais qu'est-ce que j'ai fait ? se demanda-t-il tout haut. Je suis le mec le plus con au monde, je vois que ça. Comment un être normalement constitué aurait pu rester avec moi après ça ?

Il tourna une troisième fois quelques pages et là, il tomba sur un passage de leur vie à tout les deux qu'il aurait voulu oublier à tout jamais, à défaut d'avoir pu l'empêcher. La page était couverte de kana et de kanji détrempés, sans doute par des larmes, rendant la lecture difficile.

"Pourquoi j'ai été assez stupide pour faire confiance à ce connard ?! Je suis stupide ! Stupide ! STUPIDE ! Yuki a bien raison de me traiter de baka à longueur de temps. Heureusement que Hiro était là quand j'ai eu besoin d'aide. Il a toujours été là pour moi. Mais Yuki lui, il n'était pas là... Et il ne sera sans doute plus jamais là... Il ne veut plus de moi. Je le dégoûte. Il n'aime pas les garçons... Je le savais bien. Alors forcément, il ne m'aime pas. Il ne m'aimera jamais. Mais moi je l'aime à en mourir. J'aurais tout aussi bien pu y laisser ma vie, qu'est-ce que j'avais à perdre ? Je l'ai déjà perdu lui. Et maintenant, je me dégoûte aussi. Parce que Aizawa m'a sali et parce que j'ai dû choisir entre un homme qui m'a abandonné et le rêve de ma vie ainsi que l'avenir de mon meilleur ami. Hiro a toujours été à mes côtés et y sera toujours, et voilà comment j'ai remercié la seule personne en dehors de ma famille pour qui je représente quelque chose. Ou au moins autre chose qu'un bon potentiel commercial. Alors je dois me montrer fort, faire comme si c'était pas grand chose... Si seulement je pouvais fermer les yeux sans revoir ces images encore et encore..."

Des larmes silencieuses glissaient le long des joues de l'écrivain. Il avait été incapable de protéger celui qu'il aimait plus que sa propre vie de ce qui l'avait brisé lui aussi quelques années plus tôt. Et pire encore, c'était pour lui que Shuuichi avait enduré tout ça, alors qu'il venait égoïstement de l'abandonner après lui avoir dit qu'il le détestait. Il tourna les pages encore une fois, allant chercher du côté de la fin cette fois-ci.

"Je ne veux plus le voir, ça fait trop mal. Ma décision est prise. Je vais signer chez XMR et rester à New York. Peut-être qu'ici, j'aurai une chance de l'oublier... Il avait l'intention de rompre avec moi depuis le début c'est ce qu'il a dit à Seguchi. Alors pourquoi m'a-t-il gardé si longtemps ? Non, tout compte fait, je préfère ne pas le savoir. Je laisse ma famille et mes amis derrière moi, et je sais que je perdrais un bon producteur en la personne de Sakano-san. Mais pour une fois, je fais ce qu'il y a de mieux pour moi. J'en ai marre de ne penser qu'à lui, à toujours chercher un moyen de faire plaisir sans jamais être payé en retour. Il n'y a plus rien à Tokyo pour moi et ça a été une illusion, un joli mensonge auquel je me suis trop longtemps raccroché, d'avoir pensé un jour qu'il y avait jamais au quoi que ce soit, ou qui que ce soit...

Tadaima, Yuki ! lança la voix guillerette de Shuuichi depuis l'entrée.

Eiri eut quelques instants seulement pour reprendre ses esprits, dissimuler le carnet sous le canapé et se composer cet air impassible qu'il connaissait si bien, avant que son jeune époux n'arrive dans la pièce. Le jeune homme vint se pendre à son cou, quémandant sagement son petit baiser.

Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il, beaucoup plus sérieusement en s'installant sur les genoux de l'écrivain, plantant ses yeux améthyste dans les iris dorées de son amoureux.

Rien, répondit froidement Eiri en détournant les yeux, faisant mine de baisser le regard vers la poche de son pantalon où se trouvaient ses cigarettes. Il en sortit une, l'alluma et en tira une longue drague, tournant la tête pour ne pas enfumer Shuuichi qui continuait de le fixer.

C'est vrai ce mensonge ? insista-t-il.

Arrête ça, grogna l'écrivain.

Très bien. Alors faisons quelque chose qui te mettra de bonne humeur... suggéra le jeune homme d'une voix séductrice à l'oreille de son mari, tout en caressant du bout des doigts le torse de ce dernier qu'on pouvait entrevoir sous sa chemise seulement à moitié boutonnée.

Mais Yuki ne se sentait pas d'humeur à ça, surtout pas après ce qu'il avait lu. La culpabilité qu'il éprouvait atteignait les limites du supportable. Mais le pire restait encore la colère : contre lui pour ne pas avoir été présent toutes ces fois où son amant avait eu besoin de lui, pour toutes ces fois où il avait eu besoin de la tendresse qu'il méritait et qu'aujourd'hui encore, Eiri doutait de pouvoir lui offrir. D'un air renfrogné, il se dégagea de l'étreinte de Shuuichi et se leva.

Eiri ? appela celui-ci en allant passer ses bras autour de sa taille, visiblement conscient que son cher et tendre n'allait pas bien. Pourquoi tu ne me parles pas ?

Et toi ?

Et moi ? Et moi quoi ?

Pourquoi tu ne me parles jamais ?

Je te parle tout le temps. Tu dis même que je parle trop...

Mais voyant que ce n'était pas la réponse qu'attendait Yuki, il ajouta :

Quand je te parle, ça t'ennuie, je le vois bien. Alors je me dis que, sauf extrême urgence, je ne dois pas t'embêter avec mes problèmes.

Et si moi j'ai envie que tu m'embêtes ?

T'as de la fièvre ? demanda Shuuichi, abasourdi.

Non.

Alors où tu veux en venir ? Et puis pourquoi tu tires cette tronche ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

Rien, laisse tomber. C'est pas important.

Mais tu...

Tais-toi, le coupa brusquement Yuki en l'embrassant passionnément.

La bouche de Shuuichi était comme un évier, et les lèvres de Yuki en était le bouchon. Il n'y avait vraiment qu'un baiser du blond pour pouvoir stopper les flots de paroles. Et une fois qu'on en ôtait le bouchon, c'était alors l'esprit qui se vidait, et rares étaient les fois où Shuuichi se souvenait de ce dont il parlait deux secondes plus tôt. Bien sûr, c'est ce qui arriva cette fois encore.

J'vais finir de manger, annonça l'écrivain en amorçant un pas vers la cuisine où se trouvait son déjeuner désormais froid.

Mais aussitôt, le koala Shuuichi s'agrippa à lui comme un de ces petits nounours à ventouses qu'on colle aux vitres.

Nah ! Il est 15h passées, et après l'heure c'est plus l'heure. Je veux qu'on fasse des trucs cochons.

C'est pas l'heure pour ça non plus, répliqua Yuki qui commençait à avoir sérieusement faim et qui voulait oublier sa lecture de l'après-midi.

Ca, c'est comme les toilettes ou les pokkii : y'a pas d'heure pour les cochonneries.

Tsss... Baka, marmonna-t-il.

Puis il repensa à ce qu'avait écrit Shuuichi dans son carnet. "Je suis stupide. Yuki a bien raison de me traiter de baka à longueur de temps." Non, j'ai tort, pensa le romancier. Le plus baka de nous deux, c'est encore moi... Il devait tenir sa parole et prouver à Shindoo Seichiro qu'il méritait Shuuichi. Mais avant tout, il devait le prouver à Shuuichi lui-même. Le passé étant ce qu'il est, et refusant de renoncer un seul instant à celui qui était devenu son univers, il ne restait plus au blond qu'à faire quelques efforts supplémentaires. Mais hors de questions que je devienne un adorable gros nounours non plus !

C'est tout ce que tu attends de moi, là ? Une partie de jambes en l'air ?

Dans l'instant, là ? Bah... Euh... Oui...

Très bien... acquiesça Eiri en faisant marche vers la chambre.

Mais après, il faudra encore que tu me serres fort dans tes bras et que tu me dises que tu m'aimes.

Et 100 dollars et un Snickers ?

1000000 de Yens et des pokkii plutôt, plaisanta Shuuichi en posant un baiser sur la joue de son chéri.

Ok pour les pokkii, marmonna Yuki en embrassant le cou du jeune homme, enfouissant son visage dans sa chevelure redevenue rose.

J'en demande pas trop, si ?

Parfois je trouve que si, répondit le blond avant de l'embrasser sur ses lèvres sucrées. Mais je me dis aussi que parfois t'en demandes peut-être pas assez, ajouta-t-il avec un nouveau baiser, plus passionné.

XXX XXX XXX

Un gros câlin après l'amour... Que demander de plus si ce n'est d'entendre ces trois merveilleux mots prononcés par la personne qui tient la place la plus importante dans votre coeur ?...

Je t'aime, Shuu, murmura Eiri en serrant son amour contre lui.

Le musicien se blottit tendrement dans ses bras puissants en soupirant de bonheur. En cet instant précis, il était comblé ; rien ne pouvait être plus parfait.

Je t'aime aussi, mon doudou...

Il entendit son mari réprimer un petit rire avant de demander d'un ton moqueur :

C'est quoi ce sobriquet à 2 Yens ?

Tu vas arrêter de critiquer tous les surnoms que je te trouve ?!

Mais bien sûr... Quand tu arrêteras de m'en donner d'aussi ridicules.

Tu préfères mon "Yuki-ki d'amour" ?

Nandemo ! s'exclama le blond, cette fois vraiment agacé qu'il réutilise le petit nom débile qu'il s'était vu affubler à Venise.

Il envoya bouler ce pauvre petit Shuuichi à l'autre bout du lit.

Aaaaargh ! Itai, itai, itai, itai, itai, itai, itai ! gémit le jeune homme en se massant le poignet droit qui venait de culbuter contre sa table de nuit.

Ne cherchant même pas à se montrer froid, Eiri se redressa et prit le bras de son époux pour jeter un coup d'oeil à son poignet douloureux.

Je t'ai fait si mal que ça ? s'étonna-t-il quelque peu.

Non, non. C'est juste qu'en ce moment, j'ai un peu mal à mes articulations. Je dois manquer de magnésium. Ca m'est arrivé quand j'avais 15 ans et que mes hormones de croissance faisaient des siennes...

Désolé de te le dire Shuuchan, mais à 21 ans, t'as fini de grandir maintenant, ricana Yuki, fort de son mètre 87.

C'est pas drôle d'être petit, tu sais, bougonna le garçon à la chevelure rose. Dans les magasins, je ne peux jamais attraper les trucs qui sont sur les étagères les plus hautes... Imagine ce que ça donnait quand je devais aller à la bibliothèque de mon lycée...

Parce que tu sais lire ? le taquina le blond.

Mais au lieu d'obtenir le résultat escompté, c'est-à-dire de voir Shuuichi prendre la mouche, celui-ci se mit à pleurer à flot.

OUINNN !!! Yuki ! T'es tout le temps méchant avec moi ! T'as aucune considération pour mes sentiments !

Le romancier, abasourdi par cette réaction inattendue, fronça les sourcils en pensant : Il a fumé quoi ? D'habitude, il bronche pas quand je le chahute... Il me répond ou trépigne, mais il ne pleure pas comme ça... Les reniflements bruyants de Shuuichi tirèrent Yuki de sa comtemplation stupéfaite.

Mon coeur, je... commença-t-il, se sentant de nouveau coupable après sa lecture du journal de son amant.

Bon bah, j'vais prendre une douche, moi ! lança joyeusement le chanteur, le coupant dans sa tentative de faire ses excuses, en se levant d'un bond, dévoilant du même coup sa nudité à un Yuki trop déboussolé pour se rincer l'oeil.

C'est la meilleure ! Il est hystérique ou quoi ? Il chiale pour 3 fois rien et là, il fait comme si de rien n'était... Au bout de quelques instants de réflexion, soucieux d'en avoir le coeur net, et surtout agacé d'avoir le sentiment d'avoir loupé un épisode dans la saga "Shindoo Shuuichi et son ascenseur émotionnel", le romancier décida de faire passer son amoureux à la questionnette.

Il se leva et le rejoignit dans la salle de bain, bien déterminé à obtenir des réponses. Mais la vision paradisiaque qui s'offrit à lui lorsqu'il entra dans la pièce d'eau lui fit perdre toute volonté : de la buée embrumait sa vue et des volutes de vapeur émanant de la douche avaient le don d'éveiller en lui de nouveaux désirs. Pas forcément sexuels... Juste sensuels (4). Il éprouvait l'incontrôlable désir de prendre Shuuichi dans ses bras, de le caresser, de respirer son parfum... Surtout qu'il était particulièrement beau, tout innocent qu'il était et ignorant totalement la présence de son époux dans la pièce qui le fixait comme un lion observe scrupuleusement sa proie. Dans son remake de la nymphe des eaux, il envoûtait complètement l'écrivain de ses dames.

Un petit sourire aux lèvres mais le coeur battant tout de même la chamade, le jeune auteur s'avança le plus silencieusement possible, sa progression vers la douche étant masquée par le bruit de jet d'eau et les chantonnements joyeux de Shuuichi. Il ouvrit discrètement la porte vitrée, se glissa derrière son époux et referma derrière lui.

T'es trop mignon, tu le sais ça ? susurra-t-il à l'oreille de son compagnon.

Celui-ci sursauta en sentant les bras du blond l'enlacer et ses mains se poser sur son torse. Mais il se laissa vite aller contre lui avant de se tourner pour lui faire face.

Ca tombe bien que tu sois là, Eiri-chan. Il me fallait de l'aide pour me frotter le dos : il y a toujours un point que j'arrive pas à atteindre.

Je crois que l'ensemble de l'espèce de humaine est dans le même cas, fit remarquer Yuki en attrapant le gel douche à la cerise de Shuuichi (5).

Quoi ? Toi non plus t'arrives pas à frotter ce point là ? demanda naïvement le jeune homme en faisant glisser ses petits doigts fins dans le dos du blond jusqu'à ce maudit point que personne n'arrive à gratter correctement quand l'envie se présente.

Que ça te surprenne ou non, je fais partie de la race humaine, Shuuichi.

Zut ! Moi qui croyait avoir épousé un dieu grec... Tu crois que je peux me faire rembourser pour publicité mensongère auprès du service après-vente ? le taquina le musicien, d'un air faussement sérieux, en essayant de cacher son fou rire.

Il prit à son tour le gel douche de Yuki (dont il pourrait passer des heures à sniffer l'odeur, tel un camé qui se shoote à la colle à bois) et en versa un peu dans sa paume, tandis que son "doudou" commençait lui aussi à parcourir la peau de son bien-aimé avec une douceur à vous faire frémir.

Qu'est-ce que tu crois que tu fais, là ? grogna Yuki, sans pour autant arrêter ses propres caresses.

Bah, je te frotte le dos, mon amour, répondit Shuuichi, feignant l'innocence, conscient de l'effet qu'il faisait à son homme.

De son côté, Eiri adorait ce type d'intimité. Shuuichi était vraiment la seule et unique personne avec qui Yuki avait pris des douches, des bains, ou tout simplement un repas préparé par ses soins (6). Shuuichi était le seul à avoir obtenu tant de changements de sa part. Personne ne verrait jamais cette facette de sa personnalité à part lui. Se montrer tendre et affectueux n'était pas dans ses habitudes jusqu'à ce que cette petite boule rose entre dans sa vie et chamboule tout.

Resserrant son étreinte sur son amant, le blond blottit son visage au creux de son cou en murmurant quelque chose d'abominablement stupide mais de totalement vrai :

J'adore ton odeur.

Les gestes de Shuuichi se figèrent. Avait-il bien entendu ? Yuki avait beau l'aimer, il refusait toujours de dire ces choses là. C'était comme s'il venait d'avouer qu'il adorait écouter Shuuichi chanter, ou le regarder dormir, ou le voir danser et se trémousser avec les Nittle Graspers à fond sur son baladeur... Ca faisait partie des choses que Shuuichi savait mais qu'il ne s'attendait certainement pas à entendre de la bouche de Yuki lui-même.

C'est en sentant les lèvres de son mari se presser contre les siennes qu'il sortit de ses songes. Se rapprochant encore davantage l'un de l'autre, ils sentaient le monde disparaître autour d'eux, ne laissant que la chaleur de l'eau sur leur peau et la tendresse de leur étreinte passionnée. A bout de souffle, ils furent contraints de s'écarter l'un de l'autre. Le coeur de Shuuichi battait avec la force d'un tambour, Eiri pouvait le sentir contre son torse. A dire vrai, lui-même avait du mal à contenir les martèlements du sien dans sa poitrine. Il glissa une main dans la chevelure de son petit mari, dévoilant toute la profondeur de ses yeux violine ainsi que ses joues, aussi rouges que de bonnes grosses tomates en été. Il déposa un baiser sur l'une d'elle.

C'en était trop pour Shuuichi qui n'y tint plus :

T'es trop gentil, là... Quelque chose ne va pas ?

Quoi ? J'ai pas le droit d'être gentil pour une fois ? répliqua Yuki, vexé.

Si ! J'adore ça. Mais, même si tu as beaucoup changé, ces derniers temps c'est vraiment rare que tu te montres aussi câlin, surtout à cause de tes romans et tout... répondit doucement Shuuichi avec son petit air de chien battu qui le rend si trognon.

Evidemment, Yuki n'y résista pas, comme d'habitude. Mais il fondit carrément lorsqu'il sentit les doigts si délicats du jeune homme caresser son oreille gauche. Le lobe, puis le contour, et enfin l'arrière de l'oreille. Eiri garda une expression aussi impassible que possible, tout en s'abstenant du mieux qu'il pouvait de laisser échapper le moindre petit gémissement. Mais la rougeur sur ses joues le trahissait et il le savait pertinemment. Il s'apprêta à dire quelque chose quand :

Aaaaargh ! Tsumetai ! Tsumetai !!! s'exclama Shuuichi en se ratatinant comme un écureuil en hiver dans les bras du séduisant blond qui lui tenait lieu de mari.

En effet, l'eau venait de devenir glacée. Rester trois plombes sous la douche au point de transformer la salle de bain en hammam est sans aucun doute le meilleur moyen de vider le cumulus de toute sa réserve d'eau chaude. Les contraintes de la vie en appartement, quoi...

Yuki eut le bon réflexe de couper l'eau. Il ouvrit la douche et en sortit, entraînant un Shuuichi grelottant avec lui.

Arrête ta comédie, gronda-t-il. T'es resté sous l'eau froide à peine plus de 3 secondes.

Oui bah c'est bien assez ! J'aime pas le froid ! répliqua Shuuichi, soudain excessivement sur la défensive, tout en se laissant draper dans une de ces grandes serviettes bien moelleuses qu'il affectionnait tant.

C'est nouveau, ça. T'aimes aller à la patinoire, au ski, t'aimes l'hiver et te rouler dans la neige... Et maintenant tu dis que t'aimes pas le froid...

Bah, j'ai changé d'avis ! s'énerva le musicien en laissant Yuki lui frictionner le dos.

Puis il leva un regard plein de séduction à son blondinet adoré et murmura d'une voix étonnamment grave :

Tu es la seule neige dans laquelle j'aime me rouler.

Encore une fois intrigué par le changement d'attitude encore plus rapide que d'habitude du chanteur, Eiri n'en montra rien et dit :

Si c'était censé être romantique, laisse-moi te dire que la formulation laisse franchement à désirer. Pas étonnant que tu aies un talent zéro quand il s'agit d'écrire tes paroles de chanson. Quant à mon nom, il veut dire "Courage et valeur" et non pas "Neige".

Mais Shuuichi ne l'écoutait déjà plus. Encore blotti dans ses bras, il semblait s'être subitement...

Endormi ? Tsss... Kuso no ko.

XXX XXX XXX

Comme chaque matin depuis son entrée dans la vie active, Shuuichi paniquait à mort. Il avait perdu quelque chose de vital à sa survie et le tout était de le retrouver avant 9h00 pile, pas une minute de plus, heure fatidique où son hystérique de manager venait le chercher, arme au poing.

Kyah ! Yuki ? T'es sûr que t'as pas vu mes paroles ? demanda le jeune homme, pour la énième fois ce matin-là, à un romancier à la chevelure en bataille, encore totalement endormi.

Ce dernier venait d'entrer dans la cuisine pour y boire un petit café.

Pourquoi tu t'excites tout seul ? bougonna-t-il. Il reste encore 14 bonnes minutes avant que cet américain psychopathe ne fasse irruption chez nous en dégondant la porte...

Si je ne lui donne pas cette nouvelle chanson aujourd'hui, je suis mort. MORT ! Alors, pitié ! Ne le laisse pas me tuer et aide-moi au lieu de te traîner d'une pièce à l'autre en baillant aux corneilles ! GROS FAINEANT !

Il me fait vraiment peur avec ses sautes d'humeur : un coup désespéré, un coup agressif... songea Yuki en se versant un peu de liquide caféiné dans sa tasse habituelle. De son côté, un certain jeune adulte au bord de la crise de nerfs, qui éprouvait un puissant sentiment de persécution qui lui faisait penser que le ciel s'acharnait sur lui, eut la merveilleuse idée de se mettre à quatre pattes pour chercher sous les meubles... y compris le canapé.

Tiens... Un cahier... se dit-il en remarquant un petit carnet sous le sofa. Il parvint à l'agripper du bout des doigts et à le tirer à lui. Il se figea net, ses yeux écarquillés d'horreur, lorsqu'il lut "Shindoo Shuuichi no nikki" marqué de sa propre écriture sur la couverture. Il se redressa lentement, le souffle saccadé, les mains crispées sur ce manuscrit du Diable dont il était persuadé s'être débarrassé. Mais qu'est-ce que ça fait ici ? Dans l'appartement de Yuki... Dans le salon de Yuki... Sous le canapé de Yuki... Alors que je l'avais jeté à la poubelle, chez moi, il y a des mois de cela ! Est-ce qu'il l'a lu ? Non. Il ne ferait jamais ça... Il sait très bien que je lui en voudrais à mort... Et s'il l'avait lu quand même ? Alors Shuuichi se souvint : c'était sur le canapé qu'il avait trouvé son mari en rentrant la veille. Et il avait beau faire comme si de rien de n'était, le garçon avait senti depuis le début que quelque chose n'allait pas. Kami, non ! Pitié, faites qu'il ne l'ait pas lu... pensa Shuuichi en tremblant comme une feuille. Il l'a forcément lu : sinon pourquoi il serait là et... Et c'est sans aucun doute pour ça qu'il était si bizarre quand je suis rentré... Plongé dans ses horribles pensées, Shuuichi n'entendit pas Yuki revenir au salon.

Lui aussi se figea lorsqu'il aperçut son époux, à genoux entre la table basse et le canapé, ce satané journal entre les mains. Putain ! J'aurais dû brûler cette merde pendant qu'il dormait hier soir... se dit-il en avançant vers le musicien. Celui-ci l'entendit approcher et se redressa d'un bond, lui faisant face.

Tu l'as lu ? demanda-t-il de but en blanc.

Tu as lu, alors que... Que ce sont MES pensées qui sont dedans ?! T'avais pas le droit !!! s'exclama-t-il avec force.

Je sais. Gomen nasai, Shuuichi. Je...

"Tu" quoi ? Tu ne savais pas que c'était MON journal intime ? C'était écrit dessus ! Tu ne savais pas que je le prendrais mal ? C'était pourtant évident. En fait, j'irais même jusqu'à dire que je suis FURIEUX !

Shizuka ni...

Iie ! Tu n'avais pas le droit ! C'est personnel ! Ca n'était destiné à personne ! Personne ne devait lire CA ! Surtout pas toi !

Bon Dieu, pourquoi j'ai lu ça ?... pensa Yuki en tentant de s'approcher de son époux. Mais celui-ci recula, refusant de le laisser l'approcher, le toucher, le consoler.

Shuuichi, s'il te plait, je...

Mais le jeune éclata en sanglots, s'effondrant au sol.

Fallait pas que tu lises ça... gémit-il. J'ai... J'ai tellement honte...

Surpris par ces derniers mots, Eiri se laissa tomber auprès de Shuuichi et passa sa main sur sa joue humide de larmes.

Dooshite ?

Parce que... Parce que j'avais pas le droit de penser tout ça de toi. J'avais pas le droit de douter.

Vu tout ce que je t'ai fait subir, ce droit, tu l'as. Ca me semble même très légitime.

Non...

Si. Je te l'ai déjà dit, Shuu. Je ne suis pas un dieu...

Et il prit son ange dans ses bras. Se laissant faire cette fois-ci, le jeune homme se blottit contre Eiri, s'agrippant à sa chemise encore ouverte. Il sanglota encore quelques minutes, serré contre le torse nu de son mari, celui-ci caressant ses joues du bout des doigts et jouant distraitement avec ses mèches fuchsia.

Mmmmh... gémit Shuuichi en gesticulant un peu.

Nanda ? grogna Yuki, qui avait déjà tout retrouvé du personnage rustre qu'il aimait afficher.

Hara hetta... marmonna son amant en levant sa bouille chibi avec ses grands nyeux mumides et brillant d'amour.

Il avait un pan de la chemise du romancier dans la bouche qu'il mâchouillait comme un toutou mordillant le chausson de son maître.

Bah ! Yamero ! C'est dégoûtant ! Tu baves de partout, sale mioche ! s'exclama le blond en repoussant le jeune homme.

Mais le garçon, qui affichait désormais un effroyable sourire du genre qui cache quelque chose de malsain, s'approcha de lui avec une lueur gourmande dans les yeux.

Anata o tabemasenka ?

Iie ! Va crever, pot de colle !

Ooh ! So cute ! s'exclama Mr K en faisant irruption dans la pièce, stoppant net la progression de Shuu sur le pauvre Yuki qui se retrouvait maintenant dos au mur, dans le sens littérale du terme.

Comme s'il avait tout oublié de leur dispute et son petit accès de cannibalisme, Shuuichi se leva d'un bond puis se mit à sauter un peu partout comme un joyeux cabris.

Quelle bonne humeur, Shuuchan. Excellent ! Allons travailler, maintenant ! proposa l'américain, agitant ses armes sous le nez du jeune homme (dans ce cas c'est plus une menace qu'une proposition...).

Hai ! Mata ne, Yuki ! s'exclama le chanteur en lui faisant de grands signes de la main.

Ouais, c'est ça, mata ne... répondit l'écrivain en regardant d'un air blasé son époux se faire "kidnapper" par son manager (vu que la victime à l'air plutôt joyeux, on pourrait penser qu'elle est assez consentante...).

XXX XXX XXX

A NG, la matinée se passa pour le mieux, malgré les étranges attitudes de Shuuichi (enfin encore plus étrange que d'habitude, quoi...). Tout le monde s'accordait sur une chose : il était encore plus hystérique qu'à l'accoutumée. Le groupe et le staff avaient travaillé à enregistrer le dernier titre pour leur prochain album, qui serait aussi leur prochain single dans les bacs. C'était une chanson plus mature que d'habitude, écrite pendant la lune de miel à Venise, et qui parlait d'amour (pour ne pas changer...).

Il ne devait pas ramener sa dernière chanson ? demanda Sakano à K, alors qu'ils observaient leur chanteur, du côté salle d'enregistrement du studio.

Il m'a dit qu'il l'avait perdue et le connaissant, soit c'est un gros mensonge et il ne l'a pas écrite, soit ce crétin fini l'a foutue à la machine à laver, répondit le manager sans quitter son poulain des yeux, à travers la vitre.

Arrêtez un peu de vous moquer de lui, intervint Hiro. Vous allez pas continuer à le chambrer indéfiniment avec cette histoire d'alliance oubliée dans le linge sale.

Tu avoueras quand même qu'il n'y a que lui pour faire ça, ricana le blond à la queue de cheval.

Et pourquoi vous n'avez pas insisté pour savoir où été cette chanson ? On en a besoin ! Si la patronne découvre ça, elle le dira à Seguchi-sama et... s'emballa Sakano.

Et rien du tout, le coupa Miri en entrant dans la pièce avec Suguru.

Demo...

C'est moi qui ai dit à K de ne pas harceler Shuuichi. Si on veut qu'il travaille proprement malgré ses sautes d'humeurs, il faut le ménager, expliqua la jeune femme d'un ton assuré.

Demo...

Et puis, je ne vois pas pourquoi Tohma viendrait coller son nez là-dedans. Tu as l'air d'oublier que je lui ai racheté le contrat de Bad Luck, le tien et celui de K, il y a un mois. Si tu dois des comptes à quelqu'un, c'est à moi et à personne d'autre.

Demo...

Tu vas arrêter avec tes "mais" ou je te fais bouffer tes lunettes par le trognon ! s'énerva Miri, qui avait soudain perdu son calme froid, une grosse veine palpitant sur sa tempe.

Euh... Hai... acquiesça le producteur, se faisant tout petit pour le coup.

Bien, statua la petite blonde, se recomposant une attitude de déesse romaine, c'est-à-dire belle et supérieure. Fujisaki vient de terminer les derniers arrangements pour l'instrumentale de la chanson que Shuuichi a perdue. De cette façon, s'il la retrouve, on pourra l'enregistrer en urgence, la faire passer vite fait en salle de mixage et l'ajouter à l'album avant les premières impressions qui commencent dans 20 jours exactement. Sinon, le morceau paraîtra en version instru, voilà tout.

Toujours aussi pro à ce que je vois, la félicita K. Voilà pourquoi je n'aurais jamais à aller te chercher chez toi aux aurores pour que tu viennes travailler.

T'aurais pas intérêt ! De toutes façons, c'est en étant pro jusqu'au bout de mes ongles parfaitement manucurés que j'ai pu couper l'herbe sous le pied de XMR et de Reiji en vous embauchant tous chez BS Music. Héhé.

Le fait que tu sois plus riche,plus dangereuse et surtout que tu sois la cousine de Yuki-san a suffi pour convaincre Shuuichi de changer de boite, lui fit remarquer Hiro.

Etant donné le contrat d'échange commercial qui lie NG et BS, c'est plus une sorte de mutation... intervint Fujisaki.

En effet, approuva Miri. Et puis de toutes façons, vu que Seguchi ne tenait pas réellement à Bad Luck, je l'ai en fait débarrassé d'une épine dans le pied en lui évitant trop de pertes de profit en revendant votre contrat.

Je ne sais pas comment le prendre, là, marmonna Hiro en se grattant le derrière de la tête.

Soudain, la voix de Shuuichi résonna. Il ne chantait plus, il piquait une crise de nerfs.

C'est naze ! J'ai pas arrêté de chanter faux ! Et vous, vous me laissez faire, bande d'irresponsables ! Et ça se prétend des amis ?!... Tout ce que vous attendez, c'est que je me ridiculise en public, c'est ça ?!

Ola ! Shindoo-kun, calme-toi.

Nah ! C'était pourri ! Avouez-le ! Je le sais bien de toutes façons que je ne sais plus chanter !

Bien sûr que si, tu chantes super bien, affirma le guitariste. C'était génial !

Oui, même mieux que la plupart du temps, approuva Fujisaki, puisque c'est vrai en plus, pensa-t-il.

Mieux ? MIEUX ! Comment c'est alors quand c'est pire ? hurla Shuuicho en attrapant un tabouret pour le matraquer contre le sol.

Vous êtes sûr qu'il va bien ? demanda un technicien, inquiet.

Mais oui, mais oui, assura K. Allez donc faire un tour, il a juste besoin d'une petite pause.

D'une bonne paire de claques, ouais... marmonna Miri suffisamment fort pour que tous puissent entendre.

Tous sauf Shuuichi qui étaient trop occupé à martyriser ce pauvre tabouret.

J'ai peur... gémit le second technicien en quittant le studio avec le premier.

Vous savez, j'me dis parfois que j'aurais mieux fait de me bouffer la langue le jour où j'ai accepté la proposition de Tohma de travailler avec une bande de malades comme vous... dit Suguru, blasé par la situation.

La dernière fois que j'ai vu quelqu'un d'aussi hystérique, c'était... commença Miri.

Toi ? se moqua Tatsuha en pénétrant (normal, c'est un bonze pervers) dans la pièce.

Certainement venu fureter pour voir si Ryuuichi n'était pas dans les parages... songea la blonde.

Shut up, you stupid monk, répliqua froidement sa cousine. La dernière personne que j'ai vu dans cet état c'était Mika, ce weekend, ajouta-t-elle impassiblement en allumant une cigarette.

Mika-san ? s'interrogea Sakano. Mais qu'est-ce qu'elle a ? Rien de grave j'espère.

Elle est enceinte, expliquèrent Tatsuha et Miri en choeur.

Tous échangèrent des regards interloqués avant de finalement pouffer, ou plutôt exploser de rire. Miri s'arrêta la première, reprenant son sérieux aussi vite que Yuki s'enfilant une boite de pâtisseries. Les autres ne tardèrent pas à suivre, affichant des tronches à la fois apeurées et hallucinées.

Vous croyez que ?... commença Suguru, sans oser finir sa phrase.

Ne dis pas de bullshit, voyons, ricana K. Shuuichi est peut-être un ouistiti bizarre mais c'est un garçon... Enfin je crois.

Il n'en fallut pas plus à Sakano pour tomber dans les vapes, emportant avec lui la table, deux chaises, une guitare acoustique, une pile de partitions, une roue de vélo, un thon de 40kg et son pêcheur, un sachet de frittes surgelées, une statuettes de Genjo Sanzo, un jeu de clés à molette, un pack de six bouteilles de Fanta, une salière, un fer à repasser et une tringle à rideaux.

C'est vraiment le bordel ici, remarqua Hiro avant de retourner son attention vers la conversation.

Non, non ! Shuuichi est bien un mec, je peux confirmer, affirma Tatsuha.

Je serais curieuse de savoir comment tu peux te sentir si sûr de toi. Et je suis certaine que ton frère adorerait entendre tes explications également, dit Miri d'un air soupçonneux.

C'est ce moment que choisit Shuuichi pour balancer le malheureux tabouret contre la vitre de séparation. Il le fit avec tant de force que, chose normalement impossible, il parvint à craqueler le verre renforcé à la résine du premier coup. Un second aurait suffit à tout faire voler en éclats.

XXX XXX XXX

Rien à foutre de sa journée lui pesait alors Yuki avait décidé de commencer son prochain roman en avance, profitant du calme ambiant. Il était sur son ordinateur depuis plus de 3 longues heures maintenant et il était plutôt fier de voir qu'en ce laps de temps, il avait bouclé un chapitre et en était à la fin du deuxième. Il laissa le répondeur prendre le relais :

"Yuki veut pas répondre et moi je suis chez NG alors laissez un message et JE vous rappelerai" dit la voix de Shuuichi. "Tu vas arrêter de changer le message tous les deux jours, baka ?! Tu vas finir par bazarder ce machin !" gronda celle de Yuki. "Nah ! Baka toi-même ! C'est celui qui dit qui y est, d'abord !"

Cousin, j'espère que tu écoutes, que je ne grille pas mon forfait pour rien... commença Miri après le bip.

Elle est pas chiée, celle-là, se dit Eiri. Elle est milliardaire et elle se permet de jouer les pinces.

Shuuichi est d'humeur furibonde. Il a pété une tonne de matos ici à NG, dont un mur en béton armé. Seguchi sera furieux mais on s'en fout. Il doit être sur le chemin de chez vous, alors surveille tes murs, meubles et éventuellement ta porte. Si t'as des objets fragiles, planque-les. Et une dernière chose, tu me dois une nouvelle voiture : ton mari a balancé un piano sur ma BMW.

Yuki s'était levé pour rejoindre le salon, interloqué par les paroles de sa cousine qui, malgré tout, ne semblait pas particulièrement alarmée par le comportement de Shuuichi, ni par la perte de son bolide allemand. Il fixait désormais le répondeur avec un haussement de sourcils dubitatif. Mais il n'eut pas le temps de penser autre chose que "Bordel de merde!" quand sa porte d'entrée fut propulsée à travers le couloir. Le point positif : elle était indemne. Le point négatif : il faudrait la regonder.

Arrivant au salon, à bout de souffle, le tigre rose connu sous le nom de Uesugi "Le Schizophrène" Shuuichi se planta devant son mari, le regard sévère et déterminé. Puis, comme si de rien n'était, il lui fit un grand sourire niais et se jeta à son cou comme un parasite alien sur un innocent scientifique perdu dans l'espace à bord d'un vaisseau mortellement naze, du genre du Survivaure, afin de lui exploser le ventre et de faire gicler ses entrailles et... Euuuh... Désolée, l'auteur devient folle... Enfin bref, Shuuchan se cramponna à son doudou, lui fit un gros poutou bien baveux et demanda stupidement :

Passé une bonne journée, mon amour ?

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Ndla : (1) Les opossums font les morts quand ils se sentent en danger. Et tout le monde connaît l'histoire du couple qui va voir les gorilles au zoo ? Non ? Désolée d'être perverse alors. C'est une blague sur la fameuse excuse de la migraine. (2) Gigantesque tremblement de terre survenu à Kobe en 1995. (3) Je suis consciente que ça fait quelques semaines, en réalité. Deux ou trois au moins, mais il fallait des arguments au père, et puis de toutes façon il est de mauvaise foi, lol. (4) N'est-ce pas Shizu... (5) Il sens trop bon le DOP à la cerise . (6) Dans le manga, Tohma affirme avoir pris des bains avec Yuki, mais on va mettre ce détail glauque de côté. Quant aux repas, je suis sûre que Yuki n'a jamais mis autant d'amour dans sa cuisine que pour Shuuichi.

Notes : Bon alors Yuki est de plus en plus gentil, je sais que ça ne lui ressemble pas trop mais bon... Je l'aime bien comme ça. Et puis il fallait aussi que je le transforme en bonne poire pour la torture qu'il va vivre dans les prochains chapitres, héhéhéhéhéhé (rire bien sadique). J'espère que ce chapitre vous a plu. Laissez-moi une review, onegai. C'est ma nourriture préférée après les maki et les pokkii au chocolat noir.

Lexique :

Pokkii : vous savez tous ce que c'est alors voici l'écriture authentique que m'a donné mon prof de japonais. Comme ça on ne se trompera plus dans l'orthographe

Tadaima : Je suis rentré ! C'est moi !

Otooto : Petit frère.

Omedetoo gozaimas : Félicitations !

Nikki : Journal intime (Shuuichi Shindoo no Nikki : Le journal intime de Shuuichi Shindoo)

Baka : Crétin, idiot, stupide.

Nandemo : N'importe quoi.

Itai : Aie !

Tsumetai : C'est froid ! (signifie littéralement "froid" au touché, tandis que "Samui" est utilisé dans un contexte météorologique).

Kami : Dieu (ou un dieu parmi d'autres)

Iie : Non.

Dooshite : Pourquoi ?

Nanda : Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que tu veux ? (abréviation de "Nandesuka ?")

Hara hetta : forme familière pour dire "J'ai faim".

Yameru : infinitif du verbe "stopper, arrêter" dont Yamete est l'impératif.

Anata o tabemasenka : Et si je te mangeais ?

So cute : Tellement mignon ! (y'en a parmi vous qui sont pas doués en anglais alors j'aide un peu...)

Hai : Oui.

Mata ne : A plus tard.

Demo : Mais.

Shut up, you stupid monk : Ferme là, espèce de moine stupide !

Bullshit : Conneries, stupidités.