Rating :
M – attention propos violents pouvant choquer les âmes sensibles.

Un grand merci à tous mes revieweurs, Tchaye, Nymphodara Tonks, zaika, BBHarry, onarluca, crystal d'avalon, lyly, verite, Vif d'or, Narcissss, Caella, Satya, Tiayel, Lunicorne, Neyarchess, Lady Elektra Black, chloé, Lady Ange Shadow

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Pitite mise au point

J'ai horreur d'en faire, désolée, mais c'était nécessaire

à ma grande honte, j'ai prouvé dans cette histoire que je ne réfléchissais pas assez aux calculs. C'est pourquoi, je vais changer la chronologie. Rassurez-vous, il n'y a aucune incidence sur ce qui a été raconté, simplement, c'est juste que le journal de Lily se développe beaucoup plus que ce que j'escomptais. Je rétablis la bonne année dans ce chapitre, (enfin j'espère -.-) je modifierai les chapitres précédents dès que j'aurai le temps.

Les personnages de JKR sont adaptés à ma convenance notamment vous l'aurez compris l'histoire de Lily et de James. Ils ne seront ensemble que bien après l'école dans cette histoire

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Chapitre 8

Lucius referma pensivement le manuscrit. Il allait lui falloir un bon moment pour imprimer ce qu'il venait de lire. Il essaya avec un succès presque total de se rappeler qu'il était un Mangemort accompli, ce qui impliquait une absence totale d'émotions et de morale. Cela faisait seize ans, par Morgane. Il n'allait pas se laisser troubler par des événements aussi vieux. La Marque le brûlant le tourna de ses pensées, et pour une fois c'était tant mieux. Il avait besoin de se changer les idées.

Un instant plus tard, il disparaissait pour aller rejoindre son maître. Il se demanda avec un sourire cynique quels étaient les projets "géniaux" qu'avait pu inventer le Seigneur des Ténèbres. Car si la théorie était souvent, admettons-le, parfaite, la pratique venait nettement compliquée l'affaire.

- Lucius, enfin, siffla le Maître comme si cela faisait des heures qu'il l'attendait.

A ses côtés, étendu par terre, cloué par la douleur, Queudver se tenait le bras comme si on avait failli lui arracher. Malfoy ne put retenir une moue de dégoût à la vue de l'ex-Gryffondor, qui n'échappa pas au mage noir. Mais pour une fois, Voldemort ne commenta pas. Si d'habitude, semer la discorde entre ses serviteurs l'amusait plus qu'autre chose, son esprit semblait tourné vers des préoccupations plus importantes que de stupides querelles.

- Vous m'avez appelé monseigneur ?

- En effet. Draco aura bientôt quinze ans. Je pense que nous pourrons bientôt lui faire subir la Première Initiation.

Il y en avait trois au total. La plupart des Mangemorts ne se faisaient initier que deux fois. La Troisième était réservée à "l'élite". Il devait y avoir cinq Mangemorts à l'avoir subie. Et Lucius en faisait partie. Des cinq, il n'en restait plus que quatre. Rockwood était mort, à la plus grande fureur du mage noir.

- Oui, Maître. Ce serait un honneur.

Lucius souhaitait assurer l'avenir de son fils. Et ce n'était pas à Poudlard qu'il irait loin. Il ne fallait pas penser à Potter maintenant. Pas sous les yeux écarlates du Seigneur des Ténèbres.

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Harrry feuilletait le carnet. Il avait relu deux fois les années à Poudlard et hésitait à poursuivre. Puis, finalement la curiosité l'emporta et il reprit là où il s'était arrêté. En plus il aurait normalement la paix ce soir. Dean, Seamus et Ron étaient avec d'autres gars de Maisons différentes, en train de préparer des plans pour organiser un tournoi d'échecs. Apparemment, ils avaient même récupéré un Serpentard. Il ne restait que Neville, mais Neville ne le gênait jamais. Sa présence avait quelque chose de tranquillisant, et ce malgré la gaucherie du garçon.

- Il t'arrive de ne pas penser à ton père ?

- … Bien sûr.

- Moi, j'y pense toujours. Tu sais, dès que je rate un truc, je me dis que mon père l'aurait réussi, et m'aurait dit… comment. Comment y arriver. Et le pire (le garçon sourit douloureusement) … ou le mieux… c'est que je ne sais pas si c'est vrai…

Le ventre de Harry se contracta douloureusement.

- On s'invente toujours des parents idéaux quand on en a pas… Mais…

- … la réalité…

- … est toujours différente de ce qu'on voudrait, soupira Harry.

- Tu as appris quelque chose… sur tes parents Harry ?

- Je sais que mon père était un parfait égoïste du temps de sa scolarité à Poudlard. Une sorte de Draco Malfoy qui faisait les quatre cents coups en se moquant des Serpentards. Et j'ai aussi appris que…

Harry baissa les yeux.

- Que ? l'encouragea doucement Neville.

- Merlin… j'ai appris que ma mère était aussi amoureuse de Lucius Malfoy. Et je crois, qu'elle le voyait encore quand ils se sont mariés.

Neville baissa les yeux.

- Je vois.

- Pourquoi tu baisses toujours les yeux, Neville ?

- Hein ?

Surpris, l'adolescent planta ses deux yeux bruns dans ceux de Harry.

- Quoi ?

Potter sourit.

- Tu es le seul à qui j'en parle. Je ne peux pas envisager d'en parler à quelqu'un d'autre… Tu… Parfois je me dis que tu es le plus mature d'entre nous, Neville. Et le plus courageux.

- …

- Tu trouves la force, chaque fois, de retourner à l'hôpital – ce fut au tour de Harry de baisser les yeux – de les regarder, et de continuer à les aimer. Moi quand j'entends ces histoires,… parfois je leur en veux. Je lui en veux à elle de ne pas être parfaite. De ne pas être la mère merveilleuse que je m'inventais. Si tu savais comme je me dégoûte.

- Tu es humain, Harry. Je crois que… Peu importe ce qu'ils ont fait. Tes parents t'ont aimé plus que tout. Je pense que tu dois te souvenir uniquement de ça. Et tu pourras pardonné tous leurs défauts.

Les lèvres de Neville tremblèrent.

- J'ai un cousin… qui… qui était à la solde de Tu-Sais-Qui. Il est mort en prison, il y a deux ans. Il a trouvé le moyen de se suicider. Il a un fils. De dix ans. Adorable. Ma Grand-Mère l'invite parfois. Il est orphelin. Et je sais qu'un jour, il haïra son père. Je crois qu'un enfant ne devrait jamais penser du mal de ses parents. Jamais. C'est utopique, n'est-ce pas ?

- Oui.

Neville baissa la tête.

- Mais ça me fait tellement bien d'imaginer un monde pareil.

Harry se leva.

- Merci de m'avoir écouté, Neville.

- De rien.

Harry hésita.

- Si jamais tu as un problème… Viens m'en parler.

Harry quitta la pièce. C'était si étrange de découvrir… que des histoires pareilles arrivaient à Neville qu'il avait toujours pris pour un garçon effacé et banal. Au final, sa vie était aussi difficile que la sienne.

Peut être que toutes les vies étaient compliquées, finalement. Et qu'il fallait s'intéresser aux autres pour le constater. Peut être que la normalité qu'il aurait voulu n'existait pas. Affronter des dragons, c'était peut être bien aussi compliqué que de pousser la porte de la chambre d'hôpital où vivaient ses parents. Si on pouvait appeler ça vivre. Harry aurait voulu le dire à Neville. Mais il n'était pas doué avec les mots. Tout s'emmêlait dans sa tête.

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Harry s'allongea sur son lit, ajusta ses lunettes, puis ouvrit le petit carnet en mâchouillant machinalement le bout de sa plume. Par réflexe, il l'avait prise pour lire. Ce geste un peu obsessionnel lui faisait du bien. Surtout pour ce genre de lecture. Il passa distraitement la main sur la page de titre, observant pour la première fois toutes les arabesques qui dessinaient "Journal de Lily Evans 1974 – 1981". Les encres magiques avec lesquelles sa mère avait écrit étaient aussi belles qu'au premier jour. Elles étaient certainement protégées par un sortilège de conservation quelconque. Il avait cru comprendre qu'elle était assez soigneuse. Il n'y avait qu'à observer son écriture. Quand elle n'écrivait pas vite, les lettres étaient soignées. Harry sourit en se demandant à quoi ressemblaient les notes de sa mère. Si elles étaient aussi illisibles que celles d'Hermione quand elle traitait cinq informations en même temps quand les étudiants normaux en notaient une.

Harry se figea. Il n'aurait pas dû penser à Hermione. Il fronça les sourcils et tourna les pages jusqu'à la page où il s'était arrêté. Il allait lire un peu. Ensuite, il parlerait à Hermione.

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25 août 1976

Oh seigneur… seigneur… je n'ai pas arrêté de pleurer hier. Je ne me suis jamais sentie aussi mal. Comme si quelqu'un s'amusait avec mes tripes. Je préfère ne pas imaginer la chose au concret. L'impression est suffisante comme ça.

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26 août

j'ai pas envie de penser.

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28 août

je me lance. En fait non.

15 heures – encore pleurer. Ca devient pathétique.

17 heures – c'est dur de réaliser… je le savais. Que Lucius était un Mangemort et tout ça. Il faut que je crie, que je pleure. J'ai refusé de le revoir. J'ai dix-huit ans, merde. Je ne suis pas parfaite. Il a eu l'air étonné que je refuse son rendez-vous. Peut-être qu'il a cru que je ferai abstraction jusqu'au bout de son état de Mangemort. Mais Seigneur, ils ont attaqué. Encore. Pas la première fois, ni la dernière. Mais la catastrophe était-elle que… Soixante-quinze morts. Quand tout ça va-t-il finir ? Je ne peux plus l'imaginer se levant, enfilant joyeusement son masque blanc entre deux cours pour aller massacrer des innocents. Je ne peux plus faire l'autruche. Pas maintenant que Albus Dumbledore nous a parlé, à moi, James, Remus et Black de l'Ordre du Phénix. Je ne peux plus fermer les yeux. Pas maintenant que j'ai vu de mes propres yeux le constat de leurs actions. Avant, c'était horrible. Mais… en même temps c'était abstrait. Des nouvelles dans les journaux, des images horribles. Ca ne nous a jamais vraiment touché. Beaucoup d'entre nous ont porté le deuil à l'école, c'est vrai. Mais je n'avais encore jamais vu un cadavre avant. Je n'avais encore jamais vu un enfant agonisé sur le trottoir dans les bras d'un Médicomage impuissant.

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30 août

je vais rompre avec Lucius.

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5 septembre

Commence les cours. Tant mieux, j'éviterai de penser.

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17 septembre

Vais ou vais pas à l'anniversaire de Peter ?

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19 septembre

Je n'y suis pas allée. Je n'avais vraiment pas la tête à ça. J'ai marmonné comme excuse le boulot à faire. Elle a bon dos l'université. J'y reste encore un an. Après je pense que je me ferai prendre comme apprentie quelque part.

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21 septembre

Eu une formation pour l'Ordre du Phénix. Je vais protéger ce carnet, je pense. Ca vaut mieux. J'ai fait la connaissance de certains membres. C'était "sympa".

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23 septembre

J'ai vu Severus hier. Il se spécialise dans les potions. Comme c'est étonnant. Dans un rien de temps l'élève dépassera le maître – un gars très bizarre m'a-t-il dit. Je n'arrête pas de lui dire qu'il devrait faire de la recherche. A des fins "humanitaires" je lui ai dit. Severus a ricané. Pourtant je pense sincèrement qu'il pourrait aider des gens. Il m'a vaguement dit que son mentor travaillait sur une potion contre la lycanthropie. Apparemment le défi l'intéresse. Mais ce serait une bombe atomique en potion que son intérêt serait le même.

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27 septembre

Je suis sortie avec Potter hier. On est allé dans le monde Moldu. Vive l'affiche. Mais c'était marrant. Je l'ai laissé m'embrasser. Mais je suis toujours incapable d'aller plus loin. Les activités de Mangemorts se sont ralenties. Dumbledore a parlé de calme avant la tempête. Et moi je suis incapable de ne pas penser à Lucius. J'ai vaguement songé à une potion d'oubli.

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29 septembre

"Profitons de notre jeunesse" dixit Black. Il sont allés dans une boîte branchée et m'ont embarqués au passage. Même pas pu prononcé mon mot d'excuse favori, ils m'avaient déjà collée un doigt sur un Portoloin. Mais au fond ça m'a fait du bien de ne pas restée toute seule. J'ai quelques copines à la fac, enfin autant qu'on puisse appeler quelqu'un "copine" en moins d'un mois. Je me vois pas sortir "m'éclater" avec elles.

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5 octobre

j'ai vu Lucius hier. Dans la librairie. Il m'a regardée. Il n'a pas souri, il n'a rien dit. Il m'a juste regardée. Et j'ai cru que j'allais m'écrouler. Et puis il est parti.

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12 octobre

Marre de déprimer. Je sors avec James et les autres. Je ne suis jamais allée dans une fête foraine sorcière. Ca promet !

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Harry reposa le carnet sous son oreiller. L'heure de son prochain cours n'allait pas tarder. Et il ne voulait donner aucun prétexte à cette vieille dinde de Dolorès Ombrage une raison de le coller, encore. On aurait dit qu'elle faisait un concours avec Rogue pour faire de sa vie un enfer. Et le pire, c'était qu'il se disait que la femme était peut être bien pire que la chauve souris des cachots. Il fallait pourtant s'en donner du mal pour atteindre le même niveau de méchanceté et le dépasser. Stoppant là ces pensées peu charitables, Harry sauta sur ses pieds et rejoignit Ron en bas pour aller en cours. En chemin, il nota qu'il devait parler à Hermione. Il n'avait pas envie de se fâcher éternellement avec sa meilleure amie. Il lui en voulait certes, mais il l'aimait trop pour lui garder rancune trop longtemps.

La vie était courte après tout.

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A suivre…

A noter que d'ici la prochaine fois, la fic pourrait être retitrée !