Chapitre 10 : Déboussolée…
-Mais qu'est-ce qu'il vous a prit ?!
Nous étions en train de faire le compte rendu des missions d'aujourd'hui. Quand vint notre tour, elle demanda à ce qu'on se mette toutes les quatre en ligne devant elle, la sixième section bien visible…
Et en vue de notre mission au résultat catastrophique au niveau des LBXs, nous étions en train de sauvagement nous faire sermonner par Himeki. Et ma frange n'a jamais été aussi bénéfique pour cacher mes émotions... réparties entre la colère, la frustration, la honte et la tristesse.
-Vous vous battiez comme des amateurs ! Des novices ! Je suis extrêmement déçue… J'en attendais énormément de votre nouvelle section !
Je vais arrêter de citer ces paroles, à partir de maintenant… Car qu'on me les dise, cela ne me dérangeait pas… J'ai d'ailleurs souvent était disputé pour une raison ou une autre… Mais là… là ! C'était devant Haruki… Et ça me faisait extrêmement mal… D'autant plus que je suis la plus fautive dans l'histoire, (ce qu'Himeki n'oublia pas de souligner) et j'étais ouvertement insultée… devant toute la classe… Mais surtout devant Haruki, et aussi de mon frère jumeau, qui ne s'empêcha pas d'esquisser un sourire victorieux durant tout le sermon.
Non, c'en était trop… Je sentais que j'allais littéralement péter un câble si je restai dans cette pièce… ou alors c'était mes larmes tombante qui m'indiquèrent de m'enfuir au plus vite de cette salle. Je m'inclinai devant Himeki :
-Désolée, mais il faut que j'aille prendre l'air…
Je m'éclipsai à toute vitesse hors de la pièce, sous les cris d'Himeki qui m'ordonnaient de revenir. Je n'avais regardé personne, et surtout pas l'expression du visage d'Haruki. Restant une minute derrière la porte pour essayer de calmer mon cœur qui allait me lâcher, j'entendis derrière la porte mon frère qui parla d'une voix haute et forte exprès pour que je l'entende :
-On ne pouvait pas rêver mieux comme capitaine aussi mauvais ! Si j'étais vous je la remplacerai.
Je du mettre ma main sur mon visage pour ne pas vomir… j'ignorai qu'une telle situation pouvait me faire recracher ce que j'avais mangé ce midi. Au moins à présent, j'étais au courant… Et j'étais sur que ça n'allait pas être la dernière fois que ça allait m'arriver…
N'écoutant que mon cœur et non mon cerveau qui me disait de me poser un peu pour ralentir mon rythme cardiaque, je courrai à toute vitesse dans les couloirs. Un ou deux adultes me crièrent de ne pas courir dans l'enceinte de l'établissement, mais je ne les écoutai pas. Je me rendis à ma chambre, ou je claquai la porte derrière moi et glissai le long de la porte, le front sur les genoux. Et je laissai la tristesse s'emparer de moi.
J'étais perdue. Totalement perdue. Je voulais redevenir comme avant… être dans une section sans donner des ordres, simplement en les suivant comme un vulgaire animal obéissant… Je voulais retrouver ma mèche de cheveux qui a été coupé par Catherine… Je voulai que mon frère arrête de m'embêter ouvertement, qu'il ne s'occupe pas de moi… Je ne voulai plus avoir de ces chiots qui ne me causaient que des problèmes et qui se mêlent tout le temps de ma vie…
Mais voulai-je redevenir invisible aux yeux d'Haruki ?
A l'évidence, je préfèrerai qu'il ne me connaisse même pas plutôt qu'il ne me voit comme il me verra durant les prochains jours : comme une trainée, un poids accroché à sa cheville qui l'empêcherai d'avancer, d'aller de l'avant… une incapable, une moins que rien…
Rien que de penser à ça, j'avais l'impression que mon cœur se scindait en plusieurs morceaux…
Mais avec le recul, je me rends bien compte que ceci était impossible… Comment pouvais-je espérer retrouver ma vie d'autrefois ? Avec tous ces changements en si peu de temps, je n'aurai, et je ne réussirai jamais… Alors quoi maintenant ? Qu'est-ce que je dois faire ? A part creuser un trou et y rester cacher pour l'éternité, je ne voyais pas…
Je me levai pour aller dans mon lit afin de me cacher sous la couette, quand je passai devant le miroir. Ma frange, s'était coupé en deux, laissant visible mes deux yeux vairons rouge et or… Ils brillaient, humidifiés par mes larmes.
-…Anju ?
Sans prendre la peine d'attendre une réponse, elles entrèrent toutes en trombe dans ma chambre, avant de se figer à ma vue.
-W-Waouh…
Même si je n'avais qu'une envie, celle de me réfugiée sous mon lit et de leur crier de partir, je me demandai la raison de ce « Waouh » de la part d'Akari et le fait qu'elles soient figées…
-Tes… Tes yeux… Disait Chisako, bluffée.
Mon visage, à présent à découvert, se teinta de rouge progressivement. Je remis ma frange sur mes yeux avant de vouloir courir vers mon lit, manquant de pleurer à nouveau. Mais une main attrapa mon poignet : celle d'Hisayo. Mon visage afficha de la colère et je criai, me débattant :
-Lâche-moi !
-Pas question ! S'exclama-t-elle.
-Je ne veux pas parler d'aujourd'hui ! Continuai-je. J'ai eu ma dose ! Je m'excuse, je suis une imbécile ! Maintenant… lâche… moi !
Mais elle était bien décidée à ne pas répondre à mes ordres. Hisayo demanda alors à Chisako de l'aider à me mobiliser. L'intéressée sourit puis m'attrapa l'autre poignet. J'avais beau me débattre, je restai impuissante devant l'avantage du nombre.
-Akari, apporte-moi des ciseaux.
Quoi ? Des ciseaux ?
Après une longue hésitation, Akari se plia aux ordres d'Hisayo et lui apporta l'instrument en m'envoyant un regard désolé. Je m'attendais au pire c'était ma punition, que je recevais ? Qu'allait-elle me faire ? Me torturer ? Mes pupilles se dilatèrent de peur je recommençai à me débattre comme je pouvais. Maintenant, j'allais me faire martyriser jusqu'à mes coéquipières ? Après tout, c'était ma faute si elles avaient été Break Over…
-Arrête de remuer ! Sinon je vais te faire mal… disait Hisayo avec un air machiavélique.
Non ! Non ! Je ne voulais pas ! Pitié ! Je fermai les yeux pour ne pas voir l'instrument exécuter mon entaille… Finalement, j'entendis un « clic », venant des lames qui s'entrechoquaient. Je ne ressentais aucune douleur… J'ouvris un œil, hésitante, puis je me rendais compte que je voyai beaucoup mieux qu'avant… Mes deux yeux ouverts, je constatai que les filles me regardaient, émerveillées.
-C'est… Magnifique… Disait Akari, bouche ouverte comme toutes les autres.
En panique, je me précipitai face au miroir que j'accrochai de mes deux mains. Oh non… Elles avaient coupé… ma frange…
