Chapitre 10
Après 5 jours d'attente interminable, j'arrivais au "Lucky Labrador Brew Pub" sur "Hawthorne Boulvard". Nous nous étions donné rendez-vous sur les lieux du concert pour leur faciliter la tâche. J'ouvris la porte et un petit son de cloche m'accueillit. Le pub était rétro, lumineux et ils avaient aménagé les tables de façon à ce qu'un large espace sois devant la scène pour danser et encourager les musiciens. Le pub était déjà bien remplit et je pris place à une table le plus près de la scène possible. Les lumières commençaient à se tamiser. J'arrivais juste à temps. Bill m'avait fait promettre de ne pas arriver trop tôt pour, je cite, "ne pas le déconcentrer lors des préparatifs avec ton visage d'ange et ton âme de petit pervers".
Une petite tête blonde sortit du rideau et mes yeux croisèrent les siens un court moment. Bill afficha alors un sourire à damner. Je lui rendis aussitôt et leva les deux pouces en l'air.
Les rideaux s'écartèrent et aussitôt les présentations du groupe faites, la musique commença. Les instruments qui enchainaient les styles, blues, rock, jazz... Que de jouissance auditive.
Un serveur m'apporta un verre en me disant qu'on me l'offrait, un éclair d'interrogation traversa mon regard avant de me dire que c'était surement Bill qui leur avait demander de me servir avant le début du concert.
Les chansons défilèrent et une douce chaleur se propageait dans tout mon corps. J'avais chaud, terriblement chaud... Mais au lieu de sortir du pub, je me levais pour aller danser avec plusieurs personnes qui étaient déjà sur la piste à se trémousser sur ce blues langoureux. Les yeux de Bill s'accrochèrent de nouveaux et son regard me fit frissonner, j'ondulais lentement sans le quitter des yeux, caressant doucement mes hanches, mon torse... Je le désirais tellement... Mes yeux se fermèrent sans que je ne m'en rende compte et je l'imaginais derrière moi, ses mains se posant sur mes hanches et son torse se pressant sur mon dos, sa bouche dans mon cou, son souffle chaud... Oui juste là, dans sa nuque...
- Alors, mon verre t'as plût mon joli?
J'ouvrais des yeux brumeux vers la scène où Bill terminait son morceau et sortait prestement, une expression de rage sur le visage, puis je me retournais lentement pour apercevoir un grand brun que je ne connaissais absolument pas, m'entourant les épaules, un immense sourire aux lèvres.
- Mais de quoi est ce que vous parlez? Et puis vous êtes qui d'abord? On se connaît? Je pense pas alors lâchez moi!
- Tout doux mon beau! T'étais pas aussi à cran quand tu dansais en te déhanchant contre moi...
- Mais de quoi vous... Oh merde...
Les lèvres du goujat s'arquèrent de nouveau dans un sourire effrayant avant de reprendre.
- Mon verre était peut être trop alcoolisée pour un être aussi frêle que toi...
Alors le verre que le serveur m'avait apporté venait de cet homme... Merde, merde et remerde ! Il fallait que je retrouve Bill avant qu'il ne se fasse des films, même si au vu du regard qu'il m'avait lancé avant de descendre de la scène en disait déjà long sur ce qu'il pensait.
Je poussais alors le grand brun avec le peu de force qui me restait avant de courir vers les coulisses. Devant la porte, je pris une grande respiration avant de toquer. Un fort "Entrez!" me répondit, alors j'abaissais la poignée et passais la porte. Il était là, assis sur un petit fauteuil, les sourcils froncés et un air furieux sur le visage. Les autres membres du groupe sortirent rapidement, nous laissant en toute intimité.
- Bill...
- Qu'est ce que tu veux? Tu n'est pas dans les bras de ton beau brun?
- Bill... J'étais... J'ai cru que... Et j'ai bu le verre... Mais après tu étais là juste devant moi... Et je voulais danser... Et j'ai cru que c'était avec toi mais...
- Mais ce n'était pas moi!
- Bill...
- Stop! J'en assez entendu Dipper! Je n'avais pas du tout imaginé nos retrouvailles comme ça!
- Bill... Je suis désolé...
- Et moi donc Dipper... Pars, s'il te plait.
- Mais...
- Dipper, j'ai besoin de temps pour digérer.
Mes yeux se brouillèrent de larmes et je partis en courant hors du pub. Ma voiture était proche mais je décidais d'y aller à pied. Mes larmes ne terrissaient pas et sans trop savoir comment, je me retrouvais allongé sur mon lit. Le noir m'engloutit aussitôt et la sensation de vide n'avait jamais été aussi grande.
