Chapitre huit : The light on your scars
[Gabrielle]
Tool s'était finalement endormi et je regardais une de ses peintures sur le mur qui faisait face à son lit. Je me levai pour la regarder de plus près et manqua trébucher sur des vêtements qui traînaient au sol. Je soupirai en regardant autour de moi, puis entreprit de faire le ménage de son loft.
Il s'était écoulé deux heures, Tool dormait toujours, son loft était impeccable et je ne pouvais toujours pas dormir. Je sortis de son appartement et me rendit à l'étage des chambres. Je sortis les produits des placards et commençai à nettoyer la cuisine. La pièce avait été négligée pendant un bout de temps et avait l'air définitivement moins sombre avec des nouvelles ampoules et des stores propres.
- Gabrielle? demanda la voix hésitante de Gunnar derrière moi.
Je fermai les yeux et l'entendit approcher.
– Est-ce que tu as... Commença-t-il avant de s'interrompre alors que je me tournais vers lui.
– J'avais fini chez Tool alors je me suis dit que je pourrais... Dis-je en montrant l'aire commune d'un geste de la main.
– Gabrielle... Soupira Gunnar et mon regard s'ancra au sien.
Je pouvais voir l'inquiétude, la tristesse, le questionnement, l'incertitude, l'appréhension... la peur.
– Vous m'avez menti. Finis-je par dire alors que ma voix tremblait.
– Je sais. Je n'aurais pas dû écouter Barney. J'ai... tu n'as aucune raison de me croire, mais je te promets que tu peux toujours me faire confiance, Gabrielle. Dit Gunnar alors que les larmes roulaient le long de mes joues.
– Je sais. Dis-je alors que je voyais la surprise dans ses yeux. Je sais et... ça me terrifie, Gunnar. J'ai peur de... je ne peux pas vous en vouloir parce que je vous comprends. Et... je me suis attachée. Gunnar, je sais que je devrais avoir peur de tout ce que j'ai vu et entendu, mais la vérité c'est que je suis terrorisée à l'idée de vous perdre. Vous avez pris soin de moi et malgré tout ça j'ai... je sais que je dois rester.
[Gunnar]
Il avait l'impression que son cœur avait arrêté de battre. Il ne pouvait pas y croire, il ne pouvait pas... Mais c'était Gabrielle. Gabrielle et ses yeux qui lui donnaient l'impression qu'il ne pourrait rien lui cacher. Gabrielle et sa sincérité. Il sentit pour la première fois depuis longtemps les larmes lui monter aux yeux, mais il les retint. Gabrielle caressa son visage d'une main et il la prit pour l'attirer vers lui et la prendre dans ses bras.
– Tu devrais venir dormir un peu. Offrit Gunnar en constatant la pâleur du visage de Gabrielle.
– Je... Je vais prendre des couvertures et je vais retourner surveiller l'état de Tool. Dit-elle et il approuva d'un signe de tête.
Il savait qu'elle était sous le choc et qu'elle avait besoin de savoir que Tool allait bien, mais surtout de rester occuper. Il retourna dans sa chambre et prit sa couverture pour la lui donner.
– N'oublie pas de dormir, il ne voudrait pas que tu t'épuises pour lui et nous non plus. Dit Gunnar avant de continuer d'une voix plus douce. Tu es spéciale, Gabrielle. J'espère que tu le sais, parce qu'après aujourd'hui je me demande ce qu'on a fait pour mériter quelqu'un de bien comme toi.
Elle ne savait visiblement pas quoi dire et il sourit involontairement en voyant que ses paroles l'avaient touchée. Il l'embrassa sur le front avant de caresser sa joue.
– Bonne nuit Gabrielle. Lui dit-il.
– Bonne nuit Gunnar. Murmura-t-elle avant de prendre l'escalier en serrant sa couverture contre elle.
[Barney]
Il ne savait franchement pas quoi en penser. La réaction de sa fille n'était pas spontanée, elle avait eu un peu plus qu'une semaine pour digérer la nouvelle. À quel point avait-elle compris ce qu'ils faisaient comme travail?
Probablement plus que ce qu'il aurait aimé considérant le fait que Yang ait été là pour répondre à ses questions. Mais elle en aurait d'autres et il craignait sa réaction. Il finit de manger et alla se coucher, pour se contenter de regarder le plafond.
Tool avait failli mourir et ils étaient loin d'être en un morceau. Il se jura de ne plus l'impliquer. Son ami avait été très clair sur le fait qu'il ne voulait plus partir en mission. Et il savait qu'il s'entendait bien avec Gabrielle. Elle aurait besoin de quelqu'un s'il ne revenait pas et il savait que Tool ne la laisserait pas tomber. Surtout pas après leur retour.
Barney savait que Gabrielle pensait lui devoir la vie, mais lui savait que Tool ne lui exigerait jamais rien en retour. Tool serait même du genre à lui en devoir une pour avoir pris soin de lui. Et Barney aussi. Il ne voulait pas perdre Tool... il ne pouvait simplement pas.
Il ferma les yeux et entendit le bruit des plaques accrochées dans son avion. Il laisserait Tool tranquille, il se débrouillerait autrement.
[Yang]
Yang haussa un sourcil lorsqu'il vit Gunnar entrer dans la cuisine avec l'air de s'être fait passer dessus par un camion.
– Tu devrais apprendre à te battre. Lâcha-t-il et il ne retint pas un sourire satisfait lorsque Jensen lui envoya un doigt d'honneur.
– Tu devrais te taire quand tu n'as rien à dire. Répliqua-t-il en se servant une tasse de café.
– J'ai quelque chose à dire. Dit-il avec un air plus sérieux. Je t'ai vu avec Gabrielle cette nuit.
Gunnar se tendit et Yang le regarda droit dans les yeux. ¸
-Elle est jeune, fragile et surtout la fille de Barney. Dit Yang. J'espère que tu sais ce que tu fais.
Gunnar le regarda avec un air surpris et Yang lui sourit.
– Je te connais depuis longtemps Gunnar. J'ai vu comme tu la regardes et je sais que tu essaies de faire les choses comme il faut. Expliqua Yang.
– Ils ne le verront pas comme ça. Finis par dire Gunnar. Tu es le premier qui devrait les comprendre d'ailleurs.
Il montra la cicatrice à peine visible sur le cou de Yang d'un geste de la main et le concerné haussa les épaules.
– Tu n'es pas que ça Gunnar, et elle le sait aussi. Répondit Yang avant de se lever pour sortir.
[Tool's]
Lee arriva en même temps que Barney pour voir Toll et Hale se partager des beignes et du café alors que Gunnar semblait perdu dans ses pensées.
– Hey Barney t'est arrivé juste à temps pour le déjeuner. Lâcha Hale en poussant légèrement la boîte vers lui.
Il en prit un alors que Lee hochait la tête avec un air amusé. Il allait lui demander c'était quoi son problème lorsque Gabrielle arriva avec un bac à linge contenant un t-shirt et des draps tachés de sang. Il y eut un moment de silence et le regard de Gabrielle se dirigea momentanément sur Lee et Hale avant de s'arrêter sur son père.
– Hum... Est-ce que ça va mieux? demanda-t-elle d'une voix hésitante et il confirma d'un signe de tête. Tant mieux... hum... Tu sais où je peux trouver de l'eau de javel? J'imagine qu'il tient à ses draps alors...
Barney eut un pincement au cœur en voyant sa fille aussi inquiète. Il savait aussi qu'elle faisait référence à ses draps à elle après l'agression et sa crise. Il vit que les autres affichaient également un air particulièrement inquiet.
– Je peux te montrer. Offrit Hale en se levant et elle le suivit jusqu'à la salle de lavage.
[Hale]
Il la regardait frotter les draps dans le lavabo avec un peu trop de détermination pour ce que la tâche demandait. Il soupira malgré lui, mais elle ne l'entendit pas à cause des bruits de l'eau. Il s'appuya le dos contre le mur et croisa les bras.
– Tu dois lui en vouloir pour t'appliquer à ce point. Lâcha finalement Hale en s'approchant pour sortir les draps et arrêter l'eau.
Gabrielle se tourna vers lui et son regard croisa le sien lorsqu'il finit de partir la laveuse.
– Pas vraiment non. Et puis le mal est déjà fait, il faut laisser le produit agir et voir ce que ça donne. Répondit-elle et son regard s'adoucit.
– Il t'aime Gabrielle, il n'a pas voulu te faire du mal. Lui dit-il et il vit de la colère au fond de ses yeux.
– Et si Tool était mort? Si vos blessures avaient été plus graves? Si personne n'avait été là pour me dire ce qui se passait? demanda-t-elle alors que la panique était de plus en plus visible sur son visage.
Hale sentit sa gorge se serrer en comprenant qu'elle était simplement en colère d'être impuissante face à leur sort. Elle les acceptait. Il se retrouva sans mots pour la première fois depuis longtemps.
– Arrêtez de faire comme si vous n'étiez pas à la hauteur. Vous avez fait plus pour moi dans les derniers jours que toute ma famille pendant des années. J'ai... Je ne sais même pas comment trouver les mots pour vous dire que... Je me sens chez moi ici Hale. Dit-elle alors que les larmes se mettaient à rouler le long de ses joues. Et je sais que je me sentirais chez moi, peu importe où on se trouve, tant que... vous êtes mon chez moi.
Elle tenta d'essuyer ses larmes alors que Hale tentait désespérément de ne pas pleurer avec elle.
– Je comprends pourquoi vous avez fait ce que vous avez fait. Et je vous accepte comme vous êtes parce que pour la première fois de ma vie on... vous m'acceptez pour ce que je suis. Je n'ai rien de spécial, Hale, que je vous respecte dans vos choix de vie c'est la moindre des choses après ce que vous avez fait pour moi. Ajouta-t-elle finalement et il ne savait toujours pas quoi dire. Je suis désolée... c'est sorti de nulle part, je...
– Ne t'excuse jamais pour ça. Lui dit Hale alors qu'il la serrait subitement très fort dans ses bras. Jamais tu m'entends. Et tu peux en penser ce que tu veux, pour moi t'es spéciale, d'accord?
Il la sentit accepter d'un signe de tête avant d'entendre son estomac grogner.
– Quelles manières! Tu t'occupes de nous et on ne te nourrit même pas. Se moqua gentiment Hale. Vient, il doit rester des beignes et au pire, je te ferai à manger.
– Tu cuisines bien? demanda-t-elle et il prit un air outré qui la fit sourire instantanément.
– Je pourrais t'en apprendre des tonnes Gaby! s'exclama-t-il.
– J'aimerais ça. Offrit-elle et Hale lui offrit un sourire sincère.
– Alors, suis-moi, le chef t'emmène dans sa cuisine. Dit-il en passant directement par la porte qui menait au garage.
-Tool? demanda-t-elle et il sortit son téléphone pour texter Barney.
– Régler. Alors t'as faim? demanda-t-il et elle prit un air amusé avant de prendre le casque de moto qu'il lui tendait.
[Tool's]
Ils avaient entendu l'échange au complet et étaient toujours sans voix lorsque Hale avait envoyé le texto à Barney pour lui dire qu'il kidnappait Gabrielle pour lui changer les idées. Tool était arrivé entre temps avec Yang et ils regardaient tous la porte de la salle de lavage avec un air indéchiffrable.
– T'as de quoi être fier Barney. Dit finalement Tool avec un sourire ému aux lèvres.
– Je sais. Lui répondit-il et ils finirent par retourner au déjeuner qui se trouvait sur la table.
