Coucou tout le monde ! Me revoilà avec le chapitre suivant :3
On est presque au 800 vues ! WOUHOUUUUU !
-Hum, pardon-
Un grand merci pour continuer à me suivre, ça me fait plaisir !
Sarah Holmes : Merci pour ta review, elle fait chaud au coeur ^^ (j'adore recevoir des reviews comme ça, ça fait toujours plaisir !) Angel est une ado, elle pète des câbles pour rien (bon ok, là la raison était valable, hein xD) quand à des conseils... Écris, écris, écris, quitte à te planter. Moi, c'est ce que j'ai fait, quand je lis des vieux trucs que j'ai écrit, j'avoue que j'assume moyen xD Mais c'est comme ça qu'on progresse ! Je me ferais un plaisir de lire ta fic si tu te décidais à la publier, et si jamais tu as besoin d'une bêta lectrice, n'hésite vraiment pas à me demander en message privé :) (Et tant mieux si Magnussem est mort ! NA !)
Alors je vous laisse avec la suite, et vous allez, encore une fois, saisir combien je hais ce personnage, comme une grande majorité d'entre nous, je le suppose.
Angelina n'osait regarder cet homme droit dans les yeux. Elle savait que, même si il avait l'air de dévisager Sherlock, il l'observait du coin de l'oeil. Et ça lui fichait la trouille. Son oncle fronçait les sourcils, affirmant qu'il pensait rencontrer le journaliste dans son bureau, et non pas à Baker Street. Ce à quoi il répondit d'un air supérieur que c'était son bureau, ou que du moins, cela l'était à présent. Angel déglutit difficilement, mal à l'aise. Pas impressionné pour un sou, le brun commença à lui parler de la démarche de sa cliente, Lady Elizabeth Smallwood, lorsque Magnussem eut un rictus amusé.
"- Oh, pardon." fit-il mine de s'excuser. "Je lisais." précisa-t-il tout en relevant ses lunettes. "Il y en a beaucoup... Redbeard ?"
À ces mots, Sherlock fronça les sourcils imperceptiblement, tandis qu'Angelina se crispait de toutes parts. Bilbo commença à grogner, et elle claqua sa langue contre son palais, lui ordonnant d'aller à son panier. Queue basse, il obéit à contre-coeur, frustré de devoir laisser son amie seule face à cet individu des plus désagréables. Ce dernier fit mine d'être surpris, et releva ses yeux clairs vers le détective consultant qui lui faisait face, une expression légèrement surprise transparaissant sur ses traits.
"- Pardon, vous parliez ?"
À nouveau, le bouclé réitéra ses propos, tandis que la petite brune se rapprochait discrètement de John pour coller son épaule à la sienne. C'était rassurant, en soi. Ignorant ce que disait le surdoué, Magnussem demanda où étaient les toilettes, mais malgré la réponse qu'il reçut concernant leur position et leur condition, il se leva, ignorant de plus belle Sherlock qui demandait si il l'acceptait en tant qu'intermédiaire, et alla se soulager... dans la cheminée. Angelina eut un haut-le-coeur, et se détourna dans un hochet nauséeux. Quel individu dégoûtant ! Elle se sentait changer de couleur. Elle préférait encore apprendre une autre nouvelle choquante concernant Sherlock -qu'il jouait au foot, par exemple, ce serait traumatisant-.
Tout en faisant ce qu'il faisait, il affirma qu'il appréciait Lady Smallwood, que c'était une anglaise avec du piquant, et qu'il appréciait cela, lui qui était étranger. Il eut un ricanement moqueur, affirmant qu'ils étaient si sophistiqués, tellement désolés pour tout et n'importe quoi. Angelina se mordit la langue et ferma les yeux. Ne pas rétorquer... Cela n'apporterait que des problèmes. Deux ans plus tôt, probablement aurait-elle écouter son coeur, mais ce n'était actuellement pas la bonne solution. Elle siffla entre ses dents lorsque l'odeur écoeurante monta dans la petite pièce. Lorsqu'il eut terminé ce qu'il faisait, il daigna enfin jeter un regard à celui qui lui parlait depuis cinq bonnes minutes.
"- Dites à Lady Elizabeth que j'ai besoin de ces lettres. Et que donc je les garderai."
Il jeta le papier qu'il avait utilisé pour se laver les mains par terre en leur disant au revoir, et il figea son regard sur Angel, qui frissonna d'horreur alors qu'il la dévisageait de haut en bas, sans honte. Elle n'osa détourna le regard, et, le pouls rapide, se laissa déshabiller du regard sur place, comme bloquée par ce regard inquisiteur. Il passa sa langue sur ses lèvres, et fit un petit clin d'oeil à la jolie brune avant de disparaître. Lorsque la porte fut fermée, elle se retint de justesse d'éclater en sanglots, et elle laissa John l'entraîner à la cuisine pour l'assoir sur une chaise.
Il lui donna un verre d'eau, au moins autant sous le choc qu'elle, mais la seule chose que Sherlock nota fut que...
"- Il nous a montré les lettres, juste avant de sortir. Donc peu importe ce qu'il dit, il est prêt à passer un marché ! Il pense que je suis un drogué, et donc pas une menace sérieuse, alors tout va bien !"
"- Sherlock, est-ce que JUSTE POUR UNE FOIS, tu pourrais regarder autour de toi ?!"
"- Regarder autour de moi ?" répéta très sérieusement le détective.
"- À la limite, je me fous qu'il ait pissé dans la cheminée ! Mais regarde dans quel état est Angel ! Tu as vu comment il l'a regardée ?!"
"- John, ça va." le coupa Angelina en reprenant doucement des couleurs.
Alors que le détective donnait rendez-vous à son meilleur ami le soir pour aller au bureau de Magnussem lorsque ce dernier serait absent, il demanda à Mrs Hudson de bien vouloir nettoyer la cheminée, ce que la vieille dame accepta, mais pas de gaieté de coeur. Angelina ressentit le besoin de prendre l'air, et elle siffla Bilbo, qui arriva en courant. Ensemble, ils commencèrent à marcher en ville, la petite brune ressassant des pensées désordonnées. Ce n'était pas dans ses habitudes de laisser ses sentiments prendre le dessus. Le seul qui avait réussi avant Magnussem était Moriarty.
Elle soupira. À croire qu'elle attirait les tarés. Elle était aimantée ou quoi ? Entre l'hôpital et les psychopathes, elle devrait vraiment songer à prendre un pass annuel ! Elle eut un rire nerveux à cette pensée, et posa ses yeux sur son fidèle compagnon. Il semblait content de se promener avec elle, et ça la fit sourire. Il ne lui fallait vraiment pas grand chose pour être heureux, et cela lui fit plaisir de se dire que c'était en partie grâce à elle qu'il était comme ça. Il avait un peu grandi en deux ans, mais il avait gardé son caractère affectueux et protecteur.
Elle finit par rentrer à Baker Street, et vit que la logeuse avait fini son travail, et elle vit également Sherlock, affalé dans son fauteuil, visiblement plongé dans son palais mental. Elle s'assit face à lui, le regardant avec tendresse. Elle ne le dérangea pas dans sa réflexion, en profitant pour simplement le regarder. Son visage fin, presque pointu, son corps si maigre qu'il ressemblait presque à un assemblage de formes géométriques, ses boucles brunes retombant dans tous les sens sur son front et sa nuque, ses yeux translucides qu'ils avaient hérité de sa grand-mère Violet. Elle eut un sourire amusé, et il sortit soudainement de sa transe.
"- Oh ! Angel ! Tu es là depuis longtemps ?"
"- Cinq minutes..." murmura-t-elle.
"- Et tu m'as fixé tout ce temps ?"
"- Yep." répondit-elle en accentuant le "p".
Il la regarda d'un air amusé, et il lui ouvrit les bras pour qu'elle s'assoit sur ses genoux. Elle accepta, calant doucement sa tête dans son cou en fermant les yeux de bien-être, tandis que le petit chien allait voir sa gamelle, ses yeux brillants de gloutonnerie. Elle eut un hochet amusé, et son parrain se tourna vers elle en appuyant son doigt contre sa joue.
"- Ça ira, ce soir ?"
"- Bien sûr que ça ira. Je suis la nièce de Sherlock Holmes, le plus grand -et l'unique- détective consultant du monde !" répliqua-t-elle en riant.
Il eut un sourire satisfait, et il lui fit signe de se lever, afin qu'ils se préparent à retrouver John devant le bureau du journaliste.
Ils rejoignirent le médecin qui venait de rentrer dans les bureaux journalistiques, et il sursauta quand Sherlock arriva par derrière en affirmant que le bureau de Magnussem se trouvait au dernier étage. Il sourit doucement à la jolie brune qui suivait son oncle comme son ombre. L'air parfaitement sérieux, le détective décrivit chacun des mécanismes de sécurité qui se trouvait dans le bâtiment, puis il se tourna vers son ancien colocataire.
"- Sais-tu comme va-t-on entrer ?"
"- On va forcer l'entrée ?" tenta le blond.
"- Bien sûr qu'on va forcer l'entrée." pouffa la plus jeune.
Tandis que le brun expliquait comment ils allaient faire pour utiliser la carte magnétique qui mènerait au bureau, la brune se concentrait sur chaque détail qui l'entourait. Puis elle comprit lorsqu'ils s'arrêtèrent devant la porte, puis quand Sherlock leur demanda de se cacher, et quand le visage de Janine apparut. Elle se tourna vers John, et articula exagérément "L'enfluuuure !" en silence en comprenant que son oncle ne s'était servi de la jeune femme que... comme une clé, en vérité. Il sortit soudain une bague, et elle ne put empêcher une grimace de se dessiner sur son visage.
Ça, c'était vraiment pas cool. La pauvre fille.
Ils rentrèrent rapidement dans l'ascenseur, alors que John, sous le choc, fixait son ami en lui demandant si il venait réellement de se fiancer juste pour rentrer dans un bureau. C'était vrai que, dit comme ça, c'était purement ridicule, et Angelina eut un petit rire qu'elle réprima en voyant le regard réprobateur de l'ancien soldat se poser sur elle. Bon, ok, là, son humanité, elle était pas franchement visible. Mais fallait avouer que c'était quand même un peu drôle, qu'elle ait vraiment pu croire que Sherlock avait une petite amie.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, démontrant une pièce... vide.
"- Mais où est-elle passée ?" questionna John.
"- C'est un peu impoli, dire que je lui ai fait ma demande en mariage."
Angelina retint de peu le fou rire qui montait, mais tout son visage changea d'expression lorsqu'elle vit Janine, effondrée sur le sol. Elle suivit John près d'elle, sans se rendre compte que son oncle disparaissait dans leur dos pour faire ses investigations. Quelques minutes passèrent dans le bureau sans qu'il ne trouve les fameuses lettres, et il comprit que Magnussem se trouvait toujours quelque part ici. Il grimpa à l'appartement, et à partir de ce moment là, tout se passa très rapidement. Elle était avec John, et Janine qui ne reprenait toujours pas ses esprits, puis un coup de feu retentit.
Plus rapide que le blond, qui en sa qualité de médecin, prenait soin de la victime, elle courut en avant malgré les cris de son ami, montant les marches quatre à quatre, le coeur battant la chamade. Tout se passait à toute vitesse dans sa tête, ça lui faisait mal, elle avait des sueurs froides, le coeur qui battait vite, beaucoup trop vite. Et lorsqu'elle arriva dans la pièce, elle vit Magnussem, étendu au sol, probablement évanoui, mais elle ne lui jeta même pas un regard.
Parce que le seul qu'elle voyait était Sherlock.
Sherlock, inconscient, étendu sur le sol. Sherlock, qui ne répondait pas à ses cris. Sherlock, qui avait une balle dans la poitrine. Sherlock, qui ne respirait presque plus. Sherlock, qui n'entendait pas sa voix. Sherlock, qui était en train de se vider de son sang. Sherlock, qui était en pleine hémorragie. Sherlock, qui était sur le point de mourir. Sherlock, qui n'avait pas le droit de l'abandonner à nouveau. Sherlock, qui la faisait pleurer, encore.
"- SHERLOCK ! SHERLOCK !"
Elle n'entendait pas John appeler les ambulances, elle n'entendit même pas les ambulances en elles-même, elle ne faisait que crier, crier le nom de Sherlock, le supplier de ne pas partir, de rester avec elle. Et elle sut qu'elle commençait à pleurer, et elle pleura, et elle hurla quand on la tira loin de son oncle pour soulever son corps, elle cria quand on lui interdit de monter à ses côtés dans l'ambulance. Elle hurla quand John fut autorisé, et elle pleura de soulagement quand, enfin, elle put monter et prendre la main de son oncle dans la sienne.
"- Ne meurs pas, Sherlie, je t'en supplie, ne meurs pas, pas encore... Sherlie..."
Elle poussa un cri de panique quand les machines commencèrent à exprimer un long bipement aiguë, et elle dut se résigner à laisser John la tirer en arrière pour qu'elle ne gêne pas les ambulanciers qui pratiquaient le massage cardiaque. Lorsqu'ils arrivèrent à l'hôpital, elle dut attendre dans les bras du médecin, pleurant, reniflant sans élégance : mais que l'élégance aille se faire foutre. Perdre Sherlock une fois avait été trop dur. Elle ne voulait plus jamais revivre ça.
Elle et l'ancien soldat attendirent des heures. Mais quand on leur dit que la vie de Sherlock était hors de danger, la première à se précipiter dans la chambre fut Angelina. Et elle resta toute la nuit à son chevet, tenant sa main comme il l'avait fait pour elle après la tentative de meurtre de Moriarty. Mais contrairement à Sherlock, elle se laissa finalement envahir par la fatigue et, sa main toujours dans la sienne, elle s'endormit, sous les yeux attendris de John.
"- Mary."
Angelina se réveilla en sursaut, et ses yeux furent immédiatement plongés dans ceux de même couleur appartenants à Sherlock. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, et elle eut un sourire qui ressemblait à une grimace. Elle resserra son emprise sur sa main, même si elle était engourdie, et la colla à sa joue, comme pour se rassurer que ce qui se passait n'était pas un rêve. Ils étaient seuls tous les deux, John étant parti prendre un café.
"- Je vais faire semblant de ne pas le prendre mal, d'accord ?" chuchota-t-elle du bout des lèvres, les yeux rieurs malgré les larmes.
Elle l'embrassa doucement sur la joue, préférant aller se calmer dehors. Le détective n'avait pas besoin d'une pile électrique pour le moment. Et surtout, elle devait réfléchir à quelque chose. Sherlock ne disait jamais rien par hasard. Alors pourquoi son premier mot était-il le prénom de la femme de John ? Il fallait qu'elle prenne l'air, et qu'elle réfléchisse. Elle croisa John dans le couloir, à qui elle répéta ce qu'avait dit Sherlock avant de s'éclipser dehors.
Elle savait que Mrs Hudson s'occupait de son chien, alors elle ne rentra pas à Baker Street. Elle s'assit dans le petit parc à côté de la clinique, réfléchissant, encore et encore. Et soudain, quelque chose tilta dans son esprit. Quelque chose d'affreux. Elle se leva d'un bond. L'air lui manquait. Elle ne voulait pas y croire, pas à ça, non ! Mary. Clair-de-la-Lune. Mary. C'était évident ! C'était PUTAIN DE ÉVIDENT ! C'était Mary qui avait tiré. Mais pourquoi ? Pourquoi, pourquoi ?! Mais si elle avait tiré, pourquoi avait-elle appelé les urgences ? C'était évident qu'elle les avait appelées, parce que même si à ce moment là elle était dans un état second, elle avait réalisé combien elles avaient été rapides.
Tirer sur Sherlock, puis lui sauver la vie ? Compassion ? Remords ? Ça ne faisait pas de sens. Elle commença à faire les cent pas dans le parc, se dévorant la lèvre à s'en arracher la peau fragile, se rongeant les ongles jusqu'au sang, frottant ses mains les unes contre les autres jusqu'à ce qu'elles soient rêches. C'était impossible. Pas Mary. Elle se laissa tomber à nouveau sur le banc, la tête dans les mains. Mary qui avait été si gentille. Tellement adorable. Parfaite. Apparemment, tout ça n'avait été que trop parfait.
Angelina Holmes était une jeune fille qui se trompait rarement. Mais pour l'amour du ciel, comme elle aurait aimé se tromper. Elle ne remarqua pas que la nuit était tombée, mais tout à coup, quelqu'un s'arrêta à côté d'elle. Quelqu'un en tenue d'hôpital. Elle releva la tête, groggy par ses réflexions des plus tristes, et constata avec colère qu'il s'agissait de Sherlock.
"- Sherlock Holmes ! Qu'est-ce que tu fiches ici ?!" hurla-t-elle.
"- Pas si fort ! ... Je vais avoir besoin de toi pour changer de tenue. Je sais que tu as compris. Aide moi. Je veux savoir pourquoi."
Elle soupira, et hésita une demie-seconde avant d'accepter, posant son manteau sur ses épaules avant de le prendre par le bras afin de le guider. Ils rentrèrent sans que la logeuse ne les voit, et Angel fit signe à son chien de ne pas faire de bruit lorsqu'elle arriva. Elle l'aida à mettre au point son plan, et à s'habiller, car ses bras tremblaient encore légèrement, et elle ignorait que dans quelques heures, il allait faire une hémorragie. Elle appela Bilbo à sa suite, et ils filèrent tous trois dans les rues de Londres, sachant que tous partiraient à leur recherche dans moins d'une demie-heure. Elle soupira.
"- Sherlock, je vais me faire tuer pour t'avoir soutenu, par tout le monde, papa y compris, tu le sais, ça ?"
"- Mmh-mmh." hocha-t-il la tête.
"- Et tu t'en fous."
"- Mmh-mmh."
"- Ok, tu t'en fous." souffla-t-elle.
Elle attrapa sa main, et il poussa un gloussement outré, qui lui arracha un sourire en coin.
"- Lâche ma main."
"- Mmh-mmh."
"- J'te déteste." dit le détective, souriant malgré tout.
Après avoir récupéré Bill pour qu'il leur donne un coup de main, ils rentrèrent dans le bâtiment, et le brun tendit son téléphone à sa nièce pour qu'elle appelle John. Elle refusa dans un premier temps, offusquée qu'il ose lui demander de faire une chose pareille, mais finalement, elle accepta quand il lui promit de tout lui raconter. Ils n'eurent même pas besoin de ça.
"- C'est Mary, pas vrai ?" furent les premiers mots de l'ex-soldat.
"- John..." se désola tristement la brune, sans savoir quoi dire.
"- Adresse. J'arrive."
Et elle lui donna, le coeur serré. La confrontation avec Mary brisa le coeur d'Angelina, à elle comme à l'époux meurtri qu'était John. Elle sentit ses entrailles se serrer douloureusement quand elle avoua avoir été une meurtrière à gages. Ce fut également horrible à Baker Street, quand elle raconta son histoire et qu'elle confia sa clé USB au blond. Ce fut horrible quand Angelina dût quitter la maison avec les urgences et Sherlock. Ce fut horrible quand le lendemain, elle vit John dans son ancienne chambre. Mais Angel fut soulagée d'apprendre qu'ils viendraient néanmoins tous deux à Noël, au domicile des Holmes.
Angelina était magnifique, avec sa jupette plissée noire, et sa chemise blanche à moitié caché par un pull rouge qui moulait le début de ses formes. Elle avait des collants associés à sa chemise, et des bottines noires. John avait attaché ses cheveux en deux couettes. C'était idiot, mais Angelina adorait qu'il la coiffe. C'était un peu... "leur truc". Dans la cuisine, Sherlock réfléchissait en silence, et Mycroft se plaignait à qui voulait bien l'entendre, lui qui haïssait Noël. Angel avait un peu boudé quand elle avait dû laisser son chien chez Mrs Hudson pour Noël -ordre d'Augustus Holmes qui faisait une allergie-, mais elle s'était rapidement remise.
Elle avait beaucoup insisté pour cuisiner avec sa grand-mère, mais cette dernière avait refusé.
"C'est le jour de Noël, pas d'intoxication chez moi !"
C'était pas très sympa, mais bon, rappelons que nous étions chez des Holmes, alors la délicatesse, hein. Même Bill était présent, et finalement, Angelina avait appris à le tolérer dans son espace vital. Et même à l'apprécier. Mais ne lui dites surtout pas. Elle se baladait dans la maison, aidant son grand-père avec les décorations. Elle fut même autorisée par Mummy Holmes à décorer les gâteaux avec des petits objets choisis par ses soins. Elle était rayonnante, et Mycroft songeait que cela faisait bien longtemps qu'il avait vu sa fille.
"- Angel ?"
"- Oui ?" se retourna-t-elle en souriant.
"- Tu m'as..." commença-t-il avant d'hésiter.
"Tu m'as manqué."
"- J'aimerais que tu rentres à la maison, bientôt. S'il te plaît." acheva-t-il d'une voix un peu trop sèche pour être juste.
Elle s'apprêtait à ouvrir la bouche pour répondre, quand Violet s'interposa entre son fils aîné et sa petite-fille, les poings sur les hanches.
"- Angel chérie, mon petit ange, je sais que Mikey n'est pas très doué niveau sentiments, mais tu lui manques beaucoup, tu sais. Plutôt que de passer tout ton temps avec Sherlock, passe le aussi avec ton père. Et toi, Mikey, ne sois pas aussi cassant."
"- Mummy, évite de parler à ma place, merci. Et je m'appelle Mycroft." trancha le politicien avec raideur.
Angelina pouffa, et se détourna sans répondre, embrassant sa grand-mère sur la joue, puis passant ses bras autour du cou de son père en collant sa joue à sa tempe. Soudainement tendu, il n'osa bouger d'un pouce alors que sa petite fille restait contre lui, sans un mot. Elle sourit. Elle savait que Mary et John se réconciliaient dans le salon. Et ça lui faisait chaud au coeur.
"- Je rentrerai, papa. Bientôt, je te le promet."
Elle embrassa doucement sa joue, avant de partir dehors avec Sherlock et lui, les deux hommes fumant une cigarette sous son regard à la fois réprobateur et amusé. Ils pouvaient dire ce qu'ils voulaient, ils se ressemblaient énormément. Ils étaient en train de discuter -ou de se chamailler, mais chez eux, ça ne faisait pas grande différence-, et elle eut un petit rire quand Mrs Holmes sortit de la main, les piquant la main dans le sac en train de fumer, ce qui valut une scène très drôle qui fit éclater de rire l'adolescente, qui reçut un regard noir de son père et de son oncle.
Elle ne put cependant s'empêcher de sourire quand Mycroft avoua à son frère que sa perte lui briserait le coeur. Certes, ils firent tous les deux passer cela à cause de Noël et de la cigarette, mais elle continuait de sourire béatement, émue. Elle aimait ces deux hommes plus que tout au monde. Elle regarda son père retourner à l'intérieur, et elle resta près de son parrain, toujours ce sourire idiot aux lèvres.
"- Tu as l'air ridicule."
"- Je sais." répondit-elle d'un air moqueur.
"- Bon, ça doit avoir agi." supposa-t-il en retournant à l'intérieur.
"- De quoi tu parles ?" s'écria-t-elle en filant à sa suite.
Et elle vit sa grand-mère, affalée sur sa chaise, et son grand-père, étalé dans le canapé. Puis son père, collé sur la table, les yeux clos. Elle ouvrit la bouche, stupéfaite en comprenant que c'était Sherlock -ou plutôt Bill sous son ordre- qui les avait endormis, et que Mary devait probablement être dans le même état actuellement. Elle fronça les sourcils, prête à exprimer son mécontentement, mais ce fut plus fort qu'elle : la curiosité prit le pas sur la raison, et elle se précipita à sa suite.
Lorsque le détective leur avoua avoir passé un accord avec Magnussem, elle rentra dans un mutisme profond, boudeuse de ne pas avoir été mise au courant. Mais ce fut de la colère qu'elle ressentit quand Sherlock lui dit que son cadeau de Noël pour accéder à Appledore serait l'ordinateur de Mycroft. Alors qu'il s'apprêtait à sortir, elle agrippa son bras, ses yeux brillants de mécontentement.
"- Sherlock Holmes, ne fais pas ça !"
"- Et pourquoi ça ?" rétorqua-t-il avec agacement.
"- Parce que je n'ai pas confiance en lui ! Appledore contient un secret, un piège, j'en sais rien, mais ne fais pas ça, s'il te plaît !"
"- Nous n'avons pas le choix, petit ange. Nous devons le faire. Pour Mary."
Elle souffla, et finit par accepter, les poings serrés. Mais sur la promesse qu'elle l'accompagne. Et il accepta. Elle regarda son oncle tirer sur l'ordinateur que Mycroft gardait sous sa main gauche (1), et observa, la gorge nouée, l'alliance qui continuait à briller à son doigt malgré les années passées. Sept longues années. Sept longues années où cet anneau doré était resté à son doigt malgré la disparition de Jane. Elle secoua la tête. Magnussem. C'était tout ce qui importait pour le moment.
John à leurs côtés, les deux Holmes montèrent dans l'hélicoptère qui les attendait, afin de rejoindre Magnussem à son domicile. Angelina déglutit difficilement lorsqu'elle aperçut la silhouette du journaliste. Il ne lui avait pas manqué, ça c'était certain. Elle descendit cependant la tête haute, restant malgré tout bien cachée entre les deux hommes. Installés dans son salon, ils l'écoutèrent se moquer de Sherlock parce qu'il s'inquiétait pour John Watson et pour Angelina Holmes. Sur un écran, on voyait la vidéo où John manquait être jeté au bûcher, et sur une autre, il s'agissait d'une vidéo d'Angelina, dans sa chambre d'hôpital, après sa tentative de suicide.
"- Où avez-vous eu cette vidéo ?" blêmit-elle.
"- Je l'ai filmée moi-même. Ça pouvait être utile. La fille de Mycroft Holmes. La fille du Gouvernement Britannique."
Elle pâlit plus encore. Ce type était un grand malade. Visiblement, cela l'amusait.
"- Le processus du levier. Le point faible de Mycroft Holmes est Angelina Holmes. Le point faible d'Angelina Holmes est Sherlock Holmes. Mais l'inverse est aussi vrai. Le point faible de Mycroft Holmes est Sherlock Holmes. Mais Sherlock Holmes a lui aussi deux points faibles. Angelina Holmes. Et John Watson. Et quel est le point faible de John Watson ? Mary Watson. Sa femme." dit-il en souriant. "Et si j'ai la femme de John Watson, j'ai donc Mycroft Holmes."
"- Seigneur..." chuchota Angel en sentant ses mains trembler.
Il récupéra l'ordinateur d'un air ra-vi, dévorant Angelina du regard, qui devint encore plus blanche, si c'était toujours possible. Quand Sherlock réclama tout ce qu'il avait sur Mary, Magnussem éclata de rire. Il affirma savoir que les services secrets allaient arriver, et découvrir tous ses petits secrets. Il leur demanda alors si ils savaient pourquoi il souriait, mais John, trop sur les nerfs, ne put s'empêcher de lui demander. Il sourit à nouveau. On aurait dit un démon.
"- Parce que Sherlock Holmes a fait une énorme erreur, qui va détruire la vie de tous ceux qu'il aime."
Ce fut terrible quand ils découvrirent qu'il n'y avait pas d'Appledore. Que tout était dans son palais mental. Ils le suivirent dehors, tandis qu'il affirmait le sourire aux lèvres que les services secrets arrivaient. Il s'amusa à donner des pichenettes à John dans le visage, lui disant qu'il devait endurer ça pour protéger sa femme. Finalement lassé, il se tourna vers la petite brune, qui sentit ses membres trembler, et pas seulement à cause du froid.
"- Toi... Tu n'as vraiment pas envie que quelque chose d'horrible arrive à ton père, pas vrai ?"
"- Que... que voulez-vous dire ?" bégaya-t-elle, et elle se haït pour ça.
"- Un accident de la route, c'est si bête, et si vite arrivé..."
"- Qu'est-ce que vous voulez ?" le coupa-t-elle en panique. "Je ferais ce que vous voulez, mais ne faites pas de mal à mon père."
"- Ce que je veux ? Retire tes vêtements."
"- P-p-pardon ?"
"- Enlève. Tes. Vêtements." répéta-t-il, un sourire malsain aux lèvres.
"- Angel", commença Sherlock, "tu n'es pas obligé, je protégerai Mycroft, et..."
"- Ta gueule, Sherlock." murmura-t-elle. "Ferme ta putain de gueule."
Le visage fier, elle commença à retirer son pull, malgré le froid qui agressait sa peau blanche. Son échine se releva de frissons et sa peau se couvrit de chaire de poule. Elle balança ses bottes plus loin, sous le regard horrifié de John, et les yeux en panique de Sherlock, qui cherchait une solution. Elle ouvrit sa chemise, tremblante, laissant apparaître seulement son sous-vêtement. Et alors qu'elle allait retirer sa jupe, elle entendit des hélicoptères s'approcher. Ceux du MI-6. Une larme de honte dévala ses joues.
Elle ne voulait pas faire ça. Retirer ses vêtements, regarder ce vieux porcs se délecter du spectacle. Mais elle n'avait pas le choix. Si elle devait protéger son père de cette façon, alors elle le ferait. Sans hésiter. Il n'y avait pas à tortiller. Elle faisait cela, parce qu'elle tenait à son père plus que tout au monde. Parce que son père, c'était celui qui lui avait donné la vie avec sa mère. Parce que la famille, comme le disait Mrs Hudson, c'était tout ce qu'il restait à la fin. Mais quelque chose cessa toutes ses réflexions. La voix de Mycroft retentit, leur ordonnant de s'éloigner de lui.
Angelina sentait les larmes venir, mais elle ne voulait pas pleurer. Pas devant ce salaud. Elle croisa ses bras sur sa poitrine. Elle était frigorifiée. Terrifiée, aussi. Elle voulait juste que tout ça s'arrête. Soudain, Sherlock demanda à Magnussem si Appledore n'existait que dans son esprit, et quand il approuva, il fit quelque chose qui arracha un hurlement à sa filleule, ainsi qu'à John. Il prit l'arme de son meilleur ami, la pointa sur le journaliste, et lui tira dans la tête, ni plus, ni moins. Les trois personnes sur la terrasse levèrent les mains en l'air en voyant les points rouges passer sur leurs corps, et Angel poussa un hurlement d'horreur avant d'éclater en sanglots.
C'était fini.
Mais tout cela en valait-il la peine ? Elle n'en était pas si sûre.
Les deux frères Holmes s'observaient sans rien dire. Mycroft venait d'annoncer à son frère qu'il était forcé d'accepter cette mission suicide en Europe de l'est. Sherlock eut un rictus dédaigneux. Il était sûr que ce serait ça, sa punition. Mais ça lui convenait. Il ne se pardonnait cependant pas d'abandonner John et Angel une nouvelle fois. Ça allait leur briser le coeur. Si seulement il avait eut une autre solution... Son frère le tira de ses pensées en lui demandant si il serait prêt pour la fin de la semaine. Celui aux cheveux bouclés hocha le tête, et finit par relever la tête vers son aîné.
"- Dis moi, Mycroft, comment va Angel ?"
"- Mal. Très mal. Tu t'en doutes." cracha-t-il avec acidité.
"- Je m'en doutais. Mais... est-ce qu'elle t'a dit pourquoi elle s'était retrouvée à moitié nue en plein hiver devant le domicile de Magnussem ?"
"- Non, Sherlock." s'agaça le gouvernement britannique. "Elle refuse catégoriquement de m'en parler. Ou d'en parler à nos parents. Elle n'a pas prononcé un mot depuis."
"- Elle s'est déshabillée parce qu'il t'a menacé. Il a menacé de te faire tuer dans un accident, et il a promis que, si elle se déshabillait, il ne t'arriverait rien."
Mycroft ne répondit pas, sous le choc. Angelina avait vraiment fait une chose pareille ? Pour lui ? Pour le protéger ? Mais pourquoi ? Comme s'il suivait le cours de ses pensées -et c'était probablement le cas-, son petit frère fit une grimace amère, le coeur serré. Lui, il avait la réponse. Il hésita à la lui donner, mais si, après tout, il mourrait dans les six mois, autant qu'il ait fait une dernière bonne action.
"- Parce que tu es son père et qu'elle t'aime, malgré tout ce qu'elle te dit."
Il se leva de sa chaise, partant vers Baker Street pour se préparer à ce long voyage. Angel était restée chez leurs parents -elle n'avait pas besoin de rester seule ne serait-ce qu'une seconde, des gens devaient prendre soin d'elle-. Alors qu'il observait Sherlock disparaître, il tendit sa main gauche devant lui, observant la bague qui ornait son doigt depuis 15 ans. Ils auraient dû fêter leurs noces de cristal. Ça n'arriverait jamais.
"Alors comme ça, Jane, notre fille m'aime ?"
Ça faisait drôle à dire. Ou à penser, d'ailleurs. Il eut un sourire triste. Il aura fallu que son frère tue quelqu'un et que sa fille doive se déshabiller en face d'un pervers pour qu'il comprenne que cette dernière l'aimait. Elle l'aimait. C'était tellement magique à dire. Il soupira. La voir dire au revoir à son parrain serait beaucoup moins magique. Ce serait même très douloureux.
Mais il devrait y assister. Il n'avait pas le choix.
Ce jour-là, la répétition du petit groupe de jazz piétinait. Et finalement, ce fut Arthur qui aborda le sujet. D'habitude, personne ne parlait de Sherlock, ou de la vie d'Angelina concernant la criminalité ou la politique. Personne ne l'abordait, parce qu'elle était leur amie, et qu'ils savaient très bien qu'elle n'aimait pas parler de ça. Mais là, tout le monde en avait entendu parler. Sherlock allait partir en mission, suite à la mort de Magnussem. La version officielle était qu'un tireur d'élite l'avait tué, mais le groupe d'adolescents avait compris, à la mine défaite de leur saxophoniste, que ce n'était pas le cas. Le tireur était probablement le détective.
"- Angel..." Arthur hésita quelques secondes. "On sait que t'aimes pas parler de ça mais... On s'inquiète pour toi. On sait pour l'affaire Magnussem, et... Et on voulait te dire que, à nous, tu peux en parler... Tu sais qu'on le répétera pas."
"- Il a raison", renchérit Maurice de son mauvais accent, "c'est vraiment pas notre genre."
Elle ferma les yeux et souffla d'agacement, repoussant plus brutalement qu'elle ne l'aurait voulu le bras bienveillant d'Agatha qui voulaient s'enrouler autour de ses épaules pour la rassurer. Elle ouvrit à nouveau ses yeux clairs, dévisageant chacun de ses amis, les mains tremblantes. Ils ne devaient pas savoir. Sous aucun prétexte, ils ne devaient savoir. Cette affaire ne concernait que le gouvernement, les Holmes, et les Watson. Personne ne devait savoir.
"- J'ai rien à vous dire, je crois." asséna-t-elle sèchement.
"- S'il te plaît", murmura le trompettiste, "dis nous simplement ce qu'il s'est passé. Libère toi."
"- Mais j'ai pas à me libérer ! Lâche moi, Arthur !"
Elle se leva d'un geste brusque, reculant de quelques pas alors qu'elle sentait son rythme cardiaque s'emballer et ses yeux s'embuer de larmes. Elle vit le pianiste, Donald, lancer un regard inquiet aux autres, alors que l'autre fille tentait à nouveau de s'approcher, tandis qu'Angelina reculait jusqu'à coller son dos au mur. Elle leur hurla de ne pas s'approcher, sinon quoi elle partirait. La blonde se stoppa face à son amie, et accepta de reculer, jusqu'à se retrouver près de ses amis. Les garçons la regardaient sans comprendre, c'était si inhabituel de voir la brune s'énerver comme ça.
"- Angel..." continua Arthur en chuchotant d'une voix douce. "Tu as le droit d'avoir des problèmes. Et tu as le droit de nous en parler. On sera là, quoi qu'il arrive. On ne te jugera pas."
"- Le problème ?" commença-t-elle, les lèvres tremblantes. "Le PROBLÈME ? Le problème, Arthur, c'est que je viens tout juste de retrouver Sherlock. Je viens de le retrouver, et je sais déjà qu'il repart droit vers la mort ! LE PROBLÈME, C'EST QUE C'EST LUI QUI A TUÉ MAGNUSSEM POUR NOUS PROTÉGER ! LE PROBLÈME, C'EST QUE MAGNUSSEM M'A FAIT FAIRE UNE CHOSE QUI ME DÉGOÛTE AU PLUS AU POINT ! LE PROBLÈME, C'EST QUE SHERLOCK A ÉTÉ ENVOYÉ EN MISSION SUICIDE ! LE PROBLÈME, C'EST QUE JE VAIS LE PERDRE ENCORE UNE FOIS, ET QUE JE PEUX RIEN FAIRE POUR EMPÊCHER ÇA D'ARRIVER ! VOILÀ LE PROBLÈME !"
Réalisant qu'elle venait de hurler de détresse, elle fondit en larmes, se retrouvant collée contre celui aux cheveux châtains, qui s'était rapproché pendant tout son speech. Il la serra dans ses bras, alors que les autres les entouraient peu à peu, Agatha passant ses bras autour du duo, et les deux autres garçons finirent par rejoindre le mouvement, même Donald qui détestait ce genre de démonstration. Ils gardèrent Angelina entre eux, attendant patiemment que ses pleurs se calment, et finalement, la voix d'Arthur s'imposa, légèrement tremblante.
"- Tout ira bien, Angel. On est là pour toi. Tu n'as pas à avoir peur. Tout ira bien."
"- Il a raison", renchérit Maurice, "on sera là pour t'aider à surmonter ça."
"- On est tes amis, non ?" grommela le pianiste aux boucles claires.
"- Tout ira bien." promit Agatha.
Cette phrase était un mensonge, mais Angelina accepta d'y croire. Elle murmura un petit oui à peine audible, continuant à pleurer dans les bras de ses meilleurs amis. Elle était bien, comme ça. C'était rassurant. Alors elle choisit d'accepter chaque mot rassurant, chaque mensonge à volonté de la calmer, chaque main dans ses cheveux ou son dos, chaque voix qui retentissait. Parce que c'étaient ses amis. Et qu'elle les aimait énormément. Et aussi parce qu'elle leur confierait sa vie si un jour elle le devrait.
"- Tout ira bien." réitéra la blonde.
Elle mentait. Mais ils choisirent tous d'y croire sans broncher. Comme ça, c'était plus facile à accepter. Angelina enfouit un peu plus son visage dans le cou d'Arthur, le coeur douloureusement serré.
Le jour-J, les Holmes attendaient l'arrivée des Watson devant l'avion qui emmènerait Sherlock loin d'eux. Angelina était figée dans ses bras, la tête collée à son torse, les yeux fermés. Elle ne voulait pas le laisser partir. Et elle ne voulait pas le regarder, car elle savait qu'alors, elle se mettrait à pleurer. Une main maladroite essayait de se montrer tendre en passant doucement dans ses mèches brunes, mais elle dut se mordre la lèvre pour ne pas pleurer.
"- Tout ira bien."
La voix grave et rauque retentit dans l'air froid, mais tous savaient que cette phrase était un mensonge. C'était un mensonge, mais personne n'eut le coeur à le souligner. Angel gémit de détresse, enfonçant le plus possible son visage dans le manteau de son parrain. Ce dernier releva les yeux vers Mycroft, comme pour lui reprocher de l'avoir emmenée à son départ. Mycroft qui l'ignora superbement, continuant à fixer l'horizon. Il ne voulait pas que Sherlock voit combien il s'inquiétait pour lui. Le détective plongea son visage dans les mèches brunes en fermant les yeux.
Il inspira à pleins poumons son odeur particulière, celle qui n'appartenait qu'à elle. Il embrassa son cuir chevelu, puis passa ses bras autour de ses épaules pour la coller un peu plus à lui, sentant son coeur se serrer légèrement en entendant sa respiration saccadée. Elle se retenait de pleurer. Bon sang. Il déposa une multitude de baisers sur son crâne, caressant son dos et sa nuque avec douceur pour la rassurer.
"- Tout ira bien."
Il mentait toujours, mais c'était rassurant, d'une certaine manière. Ça laissait un espoir en soi. Lorsque la voiture de John et Mary s'arrêta près d'eux, elle se recula en reniflant, n'osant relever les yeux vers son oncle. Elle recula de quelques pas, laissant la place au médecin, pour que les deux hommes s'entretiennent seuls en tête à tête. Même Mycroft eut le respect suffisant pour se mettre à ses côtés et à ceux de Mary, qui avait serré Sherlock dans ses bras. Il passa un bras autour des épaules de sa fille, qui hochetait en silence pour qu'on ne voit pas les larmes qu'elle tentait désespérément de cacher.
Lorsque les deux hommes revinrent, cependant, elle eut l'idée stupide de relever la tête, et lorsqu'elle croisa les yeux de son oncle, elle éclata en sanglots. Elle courut dans ses bras pour pleurer de plus belle, alors que Sherlock l'enlaçait, levant un regard presque suppliant à son frère pour qu'il la détache de lui. L'aîné hésita quelques secondes, avant de murmurer le surnom de sa fille, qui peina à se détacher de son parrain, ses grands yeux transparents débordant d'eau.
"- Tout ira bien. Prend soin de toi, Angel." murmura-t-il.
"Je t'aime."
C'était ce que ça signifiait en langage holménisien. Elle hocha la tête en reniflant, avant de retourner près de son père, contre qui elle se colla de tout son coeur, se mordant la lèvre en pleurant alors qu'il frottait son épaule, essayant vainement de se faire rassurant. Sans rajouter un mot, le cadet de la fratrie fit demi-tour pour monter dans l'avion, et à peines quelques minutes plus tard, ce dernier décollait de la piste, faisant pleurer Angelina de plus belle. Et alors qu'elle grimpait avec son père dans la voiture, tous les écrans s'allumèrent d'un coup d'un seul, et Angel changea aussitôt de couleur.
Moriarty. À l'écran. Plus vivant que jamais. Sa voix robotique retentissant partout autour d'elle.
"- Did you miss me ? Did you miss me ? Did you miss me ?"
Une boucle infernale. Mais elle s'interdit d'avoir peur, et se permit même un sourire quand elle vit l'avion redescendre suite à un ordre de son père. Elle fit craquer ses doigts d'un air satisfait. Une nouvelle enquête allait débuter. Il ne fallait pas avoir peur. Parce que ce n'était que le recommencement. Sherlock revenait. Sherlock revenait, et ils mèneraient l'enquête, tous ensemble. Elle prit la main de Mycroft dans la sienne, lui faisant un sourire éblouissant.
L'homme politique ne disait rien, mais pensait la même chose, bien qu'il n'affiche qu'un sourire condescendant et moqueur. Il resserra sa prise sur la main de sa fille, lui jetant un discret coup d'oeil. Elle avait vécu trop de choses pour une si courte vie, mais il savait qu'elle allait tenir le coup. Si Sherlock était là, elle tiendrait toujours. Il la vit bomber le torse en avant, et jeter un regard hautain à l'image du criminel consultant.
Une Holmes n'avait peur de rien.
(1) : Normalement, c'est la main droite de Mycroft qu'on voie, accompagnée d'une chevalière. Ici, il me semblait que ce soit important qu'on voit son autre main, pour montrer l'importance qu'il attache à Jane, même après sa mort.
Voilà voilà ! Qu'est-ce que vous pensez des amis d'Angel, d'ailleurs ? Dites moi, dites moi, donnez moi des conseils et n'hésitez pas à poser des questions !
J'espère que vous apprécier toujours autant, et que comme moi, l'image de Moriarty sur les vidéos vous a fichu des frissons de bonheur coupable x)
Sur ce, à vendredi prochain ! Des bisous, et à la prochaine ! ;)
