Disclaimer : je ne possède toujours pas Bleach, hélas, hélas !

Cela faisait déjà trois jours que Yumichika s'était posté au chevet de son père, et l'état de celui-ci ne s'améliorait pas, malgré tous les efforts des médecins. A tel point que ceux-ci avaient laissé tomber leurs disputes pour se concentrer sur leur tâche, et tenter de le soigner. Mais jusqu'à présent, ça ne servait pas à grand-chose. Aizen s'était empressé de se proposer pour assurer la régence du royaume en attendant que le roi se remette totalement, en promettant bien sûr qu'il rendrait les pleins pouvoirs dès que celui-ci irait mieux. Yumichika avait la très nette impression que ça ne serait pas le cas avant longtemps, si son père survivait à sa maladie. Mais ça avait l'avantage de le débarrasser de la présence de son époux. Celui-ci tentait bien de le ramener dans leur chambre commune, le soir, mais jusqu'à présent, il n'était pas parvenu à ses fins. Gin, aidé Izuru, et le docteur Mayuri, prenaient un malin plaisir à lui mettre des bâtons dans les roues. Le docteur Unohana prétendait avec sa douceur inflexible que la présence de la princesse était très bonne pour le malade, et qu'il serait vraiment cruel de l'en priver. Il pouvait comprendre, n'est-ce pas ? Un peu de patience, et le prince et son épouse pourraient alors vivre heureux. Tout ce qu'il fallait, c'était un peu de patience, et laisser la pauvre princesse veiller sur son père. Ce qui bien sûr n'enchantait pas Aizen, mais il était bien obligé de rester dans le personnage du gentil prince, s'il ne voulait pas se faire jeter dehors avec un bon coup de pied.

Yumichika était très occupé à se demander si de toutes les insultes qu'Aizen lui avait lancées, son père en avait entendues certaines, et s'il pourrait s'en servir pour le convaincre qu'Aizen était un monstre sans cœur, et retrouver Kenpachi, et pourquoi pas développer des super-pouvoirs, quand Izuru, encore plus nerveux qu'avant, vint le chercher. Pour tout explication, il balbutia :

- Princesse, c'est votre époux… votre véritable époux. Il faut que vous veniez !

Il n'en fallut pas plus pour que Yumichika se précipite, jusqu'à la salle du trône. Tout le monde s'y trouvait : Szayel, Ulquiorra, les autres hommes de main du prince. Celui-ci était installé sur le trône, et la princesse fut bien tentée de lui dire de décamper immédiatement de là parce qu'il n'avait rien à y faire. Mais surtout, Kenpachi était attaché devant le siège, enchaîné, entouré d'une demi-douzaine de gardes qui s'assuraient qu'il ne faisait pas mine de bouger. Yumichika se serait bien précipité à ses côtés, mais comme s'il avait lu dans son esprit, l'homme aux cheveux bleus et au sourire agressif l'attrapa par le bras et le traîna littéralement jusqu'au trône, où il l'abandonna. Aizen lui jeta un coup d'œil, et remarqua :

- C'est bien aimable de votre part, princesse, de daigner nous rejoindre. J'étais justement en train de m'entretenir avec votre ancien époux. Dites-moi, ne trouvez-vous pas que cette épée est une arme minable ?

Yumichika y jeta à peine un coup d'œil. Il connaissait l'arme de Kenpachi, il l'avait suffisamment vu l'utiliser. Une vieille épée, au tranchant abîmé. Une arme qui ne payait pas de mine, mais qui, entre les mains de son époux, devenait mortelle. Où Aizen voulait-il en venir ? Il finit par élaborer :

- C'est une arme minable, pour un guerrier minable. Ca m'étonne qu'une épée et une personne aussi insignifiantes et inutiles aient réussi à vaincre mon monstre.

Tous les regards convergèrent vers lui. Yumichika répéta lentement :

- Votre monstre ?

- Je vous demande pardon, princesse ?

- Vous avez dit « mon monstre ».

- Vous devez faire erreur. De toute manière, je ne vous ai pas fait venir pour ça.

- Oh vraiment ? Et pourquoi, si ce n'est pour discuter de votre monstre ? répondit-il en insistant sur le « votre ».

- J'en ai assez, de votre impertinence, ma chère. Jusqu'ici, vous vous êtes montrée une très mauvaise épouse. Désobéissante, insolente, et vous ne m'avez vraiment montré aucune, je dis bien aucune affection. C'est très regrettable. Vous me décevez énormément. J'ai laissé passer, étant donné les circonstances, mais cela suffit. Il est temps que je me montre plus strict avec vous, je vous ai passé bien trop de choses. Désormais, vous ferez ce que je vous dis, comme une bonne épouse. Mais comme vous n'avez pas l'air d'être une femme raisonnable, je me vois obligé de me livrer à quelques… bassesses, disons. Voici les nouvelles règles : vous vous soumettrez à la lettre à ce qu'on attend de vous. Si vous ne vous montrez pas exemplaire, je me verrai obligé de faire payer votre désobéissance à cet homme.

- Vous êtes… horrible…

- Je n'ai pas le choix. Si employer ce genre de basses méthodes est le seul moyen de vous faire agir comme il convient, c'est celui que j'utiliserai, puisque vous m'y forcez.

Yumichika ouvrit la bouche pour protester, mais l'homme aux cheveux bleus et son immense complice tirèrent leurs armes et les croisèrent, tranchant vers le haut, sous le cou de Kenpachi qui se débattait comme un beau diable. La princesse pâlit et se précipita auprès d'Aizen, qui eut un sourire supérieur. Il balbutia :

- Ne faites pas ça, je vous en supplie !

- Oh, on demande, maintenant ? On souhaite obtenir des faveurs ? On exige, peut-être ?

- Non, je vous promets que non, sanglota Yumichika, je vous le demande à genoux !

- Mais tu t'es montrée plus que désagréable avec moi, petite garce, et je ne suis absolument pas disposé à obéir à tous tes caprices. Si tu veux quelque chose de moi, il va falloir te montrer convaincante. Alors, dis-moi, princesse, qu'es-tu prête à faire pour obtenir ce que tu veux ?

Yumichika détourna le regard, honteux, et répondit à voix basse :

- Tout ce que vous voulez, mais ne lui faites pas de mal. Je ferai tout ce que vous désirez.

Le visage d'Aizen s'éclaira. Il se leva, presque d'un bond, prit Yumichika par le bras et l'obligea à se mettre sur ses pieds. Il lança :

- Puisque tu m'offres tout ce que je veux, je vais le prendre avec plaisir.

Par-dessus son épaule, il ordonna :

- Nnoitora, Grimmjow, amenez cet idiot dans la prison, il peut encore servir !

Les deux hommes de main saisirent Kenpachi pour le remettre debout tandis que le prince disparaissait en traînant Yumichika derrière lui. Mais le guerrier ne l'entendait pas de cette oreille. De voir cet horrible individu emmener sa princesse pour lui faire il ne savait quoi (mais il s'en doutait) le fit entrer dans une colère noire, et lui donna l'énergie nécessaire pour se libérer. Les chaînes qui le retenaient se brisèrent comme si elles étaient en papier et tombèrent à ses pieds. Ses deux gardiens voulurent se jeter sur lui pour l'immobiliser, mais il accueillit celui aux cheveux bleus d'un coup de coude à la mâchoire, et percuta l'autre de l'épaule en plein dans l'estomac, l'envoyant voler plusieurs mètres en arrière. L'ouverture était suffisante pour lui permettre de prendre son épée des mains d'Ulquiorra, qui ne fit aucune difficulté pour la lui remettre. En voyant cela, les hommes présents dans la salle trouvèrent plus judicieux de prendre les jambes à leur cou. Même les deux gardes, quand ils virent le sourire effrayant de Kenpachi, trouvèrent qu'il serait peut-être plus intelligent d'aller chercher du renfort, ou prévenir leur maître. Le guerrier ne se fatigua pas à essayer de les rattraper, même si ce n'était pas l'envie qui lui en manquait. Au lieu de cela, il se précipita dans la direction où Aizen était parti. Du coin de l'œil, il vit la dame de compagnie blonde détaler, et également le crétin aux cheveux bleus, tandis que le plus grand se précipitait à sa suite. Ca lui était égal. Tout ce qu'il avait en tête, maintenant, c'était sauver sa princesse, et donner une bonne leçon à Aizen, dans un ordre ou dans l'autre.

Il ne tarda pas à se rendre compte, toutefois, qu'il ne pourrait pas aller bien loin avec Nnoitora qui le suivait de près et avait l'air bien décidé à se tailler une ou deux tranches de Kenpachi. Atteignant un endroit un peu plus dégagé qui semblait être un salon, il décida plutôt de l'attendre de pied ferme, l'épée levée. L'autre le vit, ralentit, et tira son arme, une monstruosité métallique qu'il pointa sur lui, avant de se jeter sur lui avec la très nette intention de le clouer au mur. Kenpachi évita le coup et attaqua, mais l'autre était rapide, et son arme siffla dans le vide. Heureusement pour lui, une arme de cette taille était lente à manier, et il évita le second coup sans trop de difficultés. Une attaque rapide ouvrit une plaie dans le flanc de Nnoitora, lui arrachant un juron, et lui gagnant une riposte qu'il bloqua. Le poids de l'arme et la force du coup faillirent lui briser les deux bras. Les deux adversaires n'avaient que très peu de marge de manoeuvre, impossible de chercher une ouverture. De toute façon, Kenpachi était bien trop pressé. Il fallait qu'il sauve Yumichika, et vite. Quel dommage, pour une fois qu'il trouvait un adversaire à sa mesure !

Ils échangèrent encore quelques attaques, sans que l'un ou l'autre ne parvienne à prendre le dessus, et Kenpachi commençait à être inquiet pour sa princesse. Il décida donc de porter un coup décisif et y mit toute sa force. Son adversaire, qui ne s'y attendait probablement pas, dut bloquer le coup en tenant son arme à deux mains, sans avoir le temps d'assurer sa prise. L'énorme arme lui échappa pour glisser sur les dalles. Kenpachi leva son arme pour lui donner le coup de grâce, et l'autre avait l'air de l'attendre, avec un regard de défi. C'est alors que quelqu'un qu'il n'avait pas entendu s'approcher s'interposa, en se jetant au cou de Nnoitora. Un gamin, ou pas loin. Un des suiveurs d'Aizen, avec des cheveux blonds et un bandeau sur l'œil qu'il avait aperçu un peu plus tôt. Tout en serrant Nnoitora qui essayait de s'en dépêtrer, il leva vers Kenpachi un regard miséreux et supplia :

- Ne me le prenez pas ! Laissez-le vivre, je vous en prie !

Nnoitora marmonna quelque chose qui pouvait être une injure, et tenta d'écarter le gamin, mais sans y parvenir, et Kenpachi avait l'impression que le cœur n'y était pas vraiment. En temps normal, il aurait tranché dans la masse sans regarder en arrière puisqu'il venait se mettre sous son épée, tant pis pour lui. Mais il n'avait pas vraiment le temps. Et puis, quelque part, très très très profondément, son regard lui rappelait Yumichika suppliant Aizen de le laisser vivre. Et il ne voulait surtout pas se montrer aussi horrible que celui qui lui avait pris sa princesse. Il tourna donc les talons et laissa les deux régler leur histoire tout seuls.

Une clameur plus bas dans la cour attira son attention, et il jeta un coup d'œil par la fenêtre. Apparemment, Ichigo avait profité du chaos causé pour se libérer. Et visiblement, il n'était pas seul. Un groupe d'individus à l'apparence pour le moins étrange (une jeune fille armée d'un sabre blanc, une autre qui lançait des sorts, un homme de grande taille et un archer vêtu de blanc) le suivait, et aidait les soldats du château à combattre les troupes d'Aizen. Ils avaient probablement fini par se rendre compte que celui qui dirigeait leur pays en l'absence de leur roi était un enfoiré et qu'il était temps de lui botter le cul. Quelque chose du genre. Quoiqu'il en soit, sa libération spectaculaire avait mis le feu aux poudres. Tant mieux, ou tant pis, il s'en foutait. Ce qui comptait, c'était de sauver Yumichika tant qu'il en était encore temps, et il se précipita à la suite d'Aizen.


Grand pardon pour le retard, j'ai eu un artblock grand comme le Texas. Mais voilà enfin le nouveau (et avant-dernier, eh oui...) chapitre. Y'a de l'action, du Kenpachi, du combat, et même du Nnoi x Tesla, parce que j'ai un gros faible pour ces deux-là. Enjoy !