Un Noël Rose

Chapitre dixième : Un Voyage Mouvementé

Des cris de peur retentirent des wagons avoisinants mais la personne qui eut le plus peur ne cria pas. En fait, le chef des brigands avait sentit la balle du neuf millimètres lui rôtir les petits poils qui lui couvraient les oreilles. Il avait lentement tourné son regard vers la femme blonde avec l'intention de s'excuser mais la situation changea. Après que l'écho du coup de feu se soit éteint, Drigo était devenu rouge de rage. Comment une femme osait-elle menacer son chef ? Elle allait voir de quel bois il se chauffait. Se tournant vers Riza, il la tint en joue avec une expression de haine dans les yeux.

Comment ose-tu tirer sur M. Yuge ? Tu ne mérite même pas de tenir une arme, lui cracha-t-il au visage.

-Si j'ai tiré sur cet homme c'est parce que vous refusiez de m'écouter, tenta de s'expliquer Hawkeye qui sentait que la situation devenait dangereuse.

En effet, l'homme qui avait gardé son arme conter la tempe de Mustang venait de la charger, mais cette fois-ci, en direction de la feme lieutenant. Cette dernière mesura le danger à une vitesse vertigineuse. Comprenant qu'il risquait d'avoir des blessés si elle n'agissait pas vite, Riza opta pour une solution brutale. Croisant le regard de son colonel, elle comprit qu'il suivait tout ses mouvements en attendant le moment propice pour se sortir de cette situation embêtante. Alors, dans un mouvement souple et rapide, Riza assena un violent coup de pied sous le menton de Drigo qui allait appuyer sur la gâchette. Grandement étourdit par cette attaque surprise, l'homme vacilla vers l'arrière. Profitant de l'effet de surprise, Roy le plaqua sur le sol et se positionna sur son dos pour l'immobiliser.

Heureusement pour les deux militaires, l'homme n'opposa pas beaucoup de résistance. Soudain, Mustang se tourna vers la cabine qui se trouvait à sa droite et son regard devint subitement plus sombre.

Hé toi le balaise, lança-t-il au brigand qui écrasait de tout son poids le pauvre corps d'Edward. Pousses-toi de là et libère ce gamin.

Incertain de l'attitude à adopter, l'interpelé questionna du regard son chef. Ce dernier, qui ne pouvait détacher son regard de la bouche du neuf millimètres qu'Hawkeye avait gardé braqué sur lui, hocha tout de même la tête en signe d'accord. Alors que le colosse liberait Edward, le colonel dut se retenir à deux mains pour ne pas s'assurer lui-même que le jeune alchimiste n'avait rien de casser.

Je vais bien, affirma ce dernier pour rassurer ses compagnons.

À ce moment-là, une idée traversa son jeune esprit et alors qu'il récupérait l'arme du colosse et celui de l'homme qui avait agressé son supérieur, il tapa dans ses mains pour transformer le métal des armes en trois paires de solides menottes. Il enfila la première au brigand qui l'avait écrasé de tout son poids pendant de longues minutes.

Vous êtes en état d'arrestation pour tentative de vol et menace armé, récita Mustang en se levant pour laisser son subordonné menotter Drigo.

Abaissant finalement son arme, Hawkeye fit signe au chef des voleurs de train de se tourner dos à elle pour qu'elle puisse lui passer les menotes. Ainsi, les trois militaires ramenèrent les brigands dans la cabine du Colonel Mustang pour s'assurer d'avoir un œil sur eux.

Edward, reste avec eux pour les avoir à l'œil. Je vais voir le chauffeur pour m'entretenir de cet incident.

- Je vous accompagne, décida Riza sur un ton qui ne laissait aucun réplique possible.

- Je vous attendrai, promit Edward qui ne voyait pas du tout ou il pourrait aller.

Sur ces mots, Mustang sortit de la cabine et se dirigea vers le premier wagon, celui du conducteur de train. Cette fois, ils n'auraient pas de choix. Le trajet qui devait mener les passagers du train à Central City devrait être retardé. Impensable de garder ses brigands jusqu'à la gare de Central, ils devaient arrêter en chemin. Sur ses talons, la lieutenant Hawkeye n'osait parler de peur de briser la concentration de son supérieur. C'est qu'il avait une lourde tâche à gérer. Que faire de ces trois voleurs de train ? Il ne pouvait certes pas les garder avec eux alors retarderait-il le voyage de train ? Riza ne posa tout de même pas de question et attendit.

C'est en arrivant à la porte de la cabine du conducteur que le colonel remarqua que le train c'était arrêté. Sans doute les cris des passagers avaient-ils alerté le chauffeur qui avait coupé les moteurs. Roy frappa trois grands coups contre la porte et attendit qu'on lui ouvre. C'est un grand homme aux cheveux poivre et sel qui lui ouvrit la porte, tremblant légèrement de tout ses membres. Comprenant soudainement qu'il se trouvait en présence des fameux militaires qui avaient sauvés le train des brigands qui l'avait attaqué, le vieil homme les fit entrer dans son antre.

Je suis heureux de savoir que ces brigands sont maintenant incapables de faire du mal, commença-t-il. Je conduis des trains depuis presque trente ans, leur apprit-il, et jamais mon train n'avait été attaqué.

- Il n'y a plus de danger maintenant, le rassura Mustang. Ils ne feront plus aucun mal.

- Je n'ai pas de doute sur vos capacités Colonel mais je ne voudrais pas risquer à nouveau la vie de mes passagers…Nous ne pouvons les garder jusqu'à Central, décida-t-il.

- Alors il ne nous reste qu'une solution, déclara Roy. Au prochain village arrêtez. Je me rendrai aux autorités avec ces hommes.

- Le trajet sera retardé, réfléchit alors le vieil homme.

- Mais nous n'avons pas le choix, conclut Hawkeye. Inutile de vous inquiéter davantage, nous ne serons pas long.

- Vous devriez vous reposer. Le prochain village est à une heure d'ici alors vous aurez le temps de soigner cette vilaine blessure, dit le conducteur à l'intention de l'homme à l'œil d'onyx.

Surpris, Roy mit un moment avant de réaliser qu'une vive douleur le faisait atrocement souffrir seulement, avec l'adrénaline qui lui avait parcourut tout le corps, il ne s'en était pas rendu compte. Mustang porta sa main à sa tempe et constata que la plaie saignait encore. Suivant son geste des yeux, Hawkeye se surprit de ne pas avoir remarqué la plaie plus tôt. Sans doute l'arrestation des bandits l'avait-elle détournée de l'incessante protection qu'elle exerçait depuis des années sur son supérieur. Remerciant le vieillard d'un signe de tête, Riza entraîna Roy vers sa cabine avec l'intention de le soigner. Sans plus de cérémonie, la femme blonde dirigea le Colonel Mustang vers sa cabine ou devait sans doute les attendre Edward. Ne désirant pas offenser sa subordonné qui le couvrait comme une poule, Roy se laissa guider jusqu'à la cabine qu'il partageait désormais avec les trois brigands.

Une fois qu'ils eurent franchis le seuil de la porte, Ed sut, au regard brillant d'Hawkeye, que rien de se qu'il dirait ne pourrait la détourner de ses intentions. C'est devant les regards impuissants du Colonel et d'Edward que Riza se saisit de la trousse de premier soin et entreprit de désinfecter la plaie ouverte qui ornait la tempe de Roy. Le jeune homme blond ne put s'empêcher d'admirer l'attachement qui unissait la femme militaire à son supérieur. Cette dernière ne se souciait guère des regards rancuniers des trois voleurs de train. Une seule chose préoccupait son esprit, sogner son colonel.

Riza Hawkeye pensa alors Edward.Cette belle jeune femme avait vite su se faire respecter dans ce monde d'homme et depuis qu'elle était sous les ordres du plus jeune colonel, personne n'avait penser à lui attirer des ennuies. Tireuse de première classe, Riza affectionnait particulièrement les neuf millimètres mais jamais elle n'aurait pensé s'en servir contre les autorités. En fait, la lieutenant Hawkeye se servait plutôt de ses armes pour protéger son supérieur que pour menacer qui que ce soit. Riza était comme une deuxième mère pour Mustang et ce n'est qu'au moment ou elle commença à bander la plaie de l'homme aux cheveux noirs qu'Edward le comprit réellement. Finissant de couper un morceau de ruban adhésif avec ses dents, Rizafixa un gaz stérile sur la tempe de Roy et se recula d'un pas pour juger son intervention. Pourquoi n'est-il pas capable de faire quelque chose sans se blesser, pensa-t-elle alors que son supérieur la dévisageait.

Si vous restez tranquille le pansement tiendra bon jusqu'à notre arrivé à Central, déclara Hawkeye d'un ton ferme. D'ici là, si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis dans la cabine d'à côté, reprit-elle.

- Je peux aussi vous être utile Colonel, insista Edward qui n'aimait pas être mis de côté.

- Je vais bien à la fin, explosa Roy. Je ne suis pas infirme j'ai seulement une bosse sur le crâne.

Le regard qui ses deux subordonnés échangèrent n'échappa pas à leur superviseur qui comprit qu'ils se payaient sa tête. Offensé par leur manque de sérieux, Mustang se tourna vers la fenêtre et fit une moue boudeuse qui fit rire les deux militaires blonds. Décidant de ne pas offenser davantage son colonel, Riza quitta la cabine et laissa Edward et Roy avec les trois brigands qui décidèrent de se taire de peur de revoir surgir la femme aux cheveux dorés. Laissées à eux-même, les deux militaires ne prononcèrent pas un mot ne sachant quoi dire. Alors que Roy laissait son regard embrasser le paysage qui défilait à toute allure devant lui, Ed se remémorait leurs dernières paroles. Pourquoi donc avait-il fallu que ces brigands fassent irruption dans le train alors que Mustang allait lui répondre ?

Mais pourquoi donc a-t-il insisté pour que nous soyons dans la même cabine ? se demanda encore Edward qui ne pouvait détacher son regard de l'homme aux cheveux sombre qui lui tournait le dos.Pour leur part, Drigo et , comprenant que leur carrière de voleur de train s'arrêtait dans ce train, n'osaient faire un geste de peur d'aggraver leur sentence. Ils ignoraient ce que le colonel avait dit au chauffeur mais se doutait bien qu'ils ne feraient pas le chemin jusqu'à Central City.

C'était justement à cette situation embêtante que Mustang pensait. Une chose était certaine, il devait faire une halte au prochain village pour confier les trois brigands aux autorités locales mais que faire avec les passagers du train ? Ils n'avaient pas à subir se retard…De l'Autre côté du couloir, la discussion tournait justement autour de la possibilité de retarder le trajet du train.

…mais ces pauvres gens sont aussi des victimes, avait entamé Winry qui optait pour un débarquement forcé, histoire de calmer les esprits.

- Il est vrai que tout le monde aurait besoin d'un moment de répits, appuya Hawkeye.

- Mais l'itinéraire de ce train peut être retardé, intervint Alphonse qui voyait le côté technique de la chose.

- Tu garderais ses brutes dans le train jusqu'à Central alors qu'ils n'attendent que le bon moment pour nous faire regretter notre audace, l'interrogea Winry, la peur au ventre.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire, la rassura le jeune homme qui n'avait pas mesuré la grandeur du traumatisme de sa jeune fiancée. Je crois simplement qu'il ne serait pas pratique de retarder le trajet pour des brigands qui sont maintenant entre de connes mains.

- Tu as raison, céda la jeune femme blonde. Mais je préfère quand même faire une halte pour me dégourdir les jambes.

- Et c'est ce que nous ferons, continua Riza, car le conducteur n'entends pas continuer le voyage avec de tels individu à bord.

- Alors nous profiterons de cet arrêt pour marcher dans le village, conclut Alphonse qui n'aimait pas voir sa fiancée aussi apeurée.

Rassurée par la présence de l'homme qui faisait battre son cœur, Winry laissa sa tête dodeliner jusqu'à l'épaule d'Al qui sourit en la sentant se détendre. Il savait que le mouvement continu du train l'endormirait et qu'il la trouverait apaisé à son réveil. Encore une heure avant le prochain arrêt, calcula-t-il en silence. Edward mit très peu de temps avant d'imiter Winry et de s'endormir grâce au mouvement répétitif des roues du train qui lui faisait légèrement tourner la tête. Du coin de l'œil, Mustang vit la tête blonde de son subordonné dodeliner et ne put s'empêcher de sourire malgré la présence gênante des brigands. Laissant un peu de repos au jeune alchimiste, Roy décida de se lever et de ravaler sa rancune. Il se tourna vers les trois hommes qui s'étaient attaqués au train et fit de son mieux pour leur sourire.

Vous avez soif, demanda-t-il sur un ton qui se voulait ferme.

Tous sursautèrent. Parce qu'ils ne s'attendaient pas à entendre quelqu'un parler ou parce qu'ils jugent mes paroles, se demanda le colonel car qui aurait cru se faire proposer quelque chose à boire après s'être fait passé les menottes.

…euh..ouais, répondit Drigo pour les trois hommes.

-Des soda, proposa Roy qui essaya de ne pas se rappeler l'image du corps à demi-nu d'Edward. Mais je vous préviens que j'étripe le premier qui en renverse, les avertit-il pour se montrer plus dur.

se contenta de hocher la tête en signe d'accord et regarda Roy franchir le seuil de la porte en jetant un coup d'œil à Edward, voyant une dernière chance de s'enfuir. Mais Mustang n'était pas un imbécile et fit une halte à la cabine que sa lieutenant partageait avec les jeunes fiancés. En moins de temps qu'il la fallait pour le dire, Riza se leva et se dirigea vers la cabine du colonel ou elle trouva Edward à noitié endormit et les trois voleurs qui se figèrent dès qu'elle mit le pied dans la cabine. Les chuchotements cessèrent et Hawkeye sourit…

Vous n'étiez pas en train de prévoir une évasion j'espère, dit-elle en s'asseyant près d'Edward en prenant garde de ne pas le réveiller car la femme blonde était de ceux qui n'aimait pas se retrouver face à un Edo que l'on venait de réveiller.

- Bien sur que non madame, tenta de la calme Drigo qui ne se sentait pas à l'aise face à la militaire.

- …mademoiselle, corrigea Riza en saisissant son arme…pour le frotter lentement afin de le faire briller sous les regards inquiets des hommes de la cabine.

Personne n'osa placer de mot de peur de gouter un peu trop au talent de précision de la femme militaire qui les observait avec un petit sourire en coin. Lorsque le Colonel Mustang revint après une dizaine de minutes, il fut surpris de trouver la cabine très calme. Il lança un clin d'œil à sa subordonné qui retourna rejoindre le jeune couple. Ce dernier se trouvait aussi calme que la surface d'un lac. Succombant à la fatigue et au stress des derniers évènements, Alphonse s'était assoupit, le menton posé sur la tête de sa bien-aimée. Ne faisant pas de bruit, Riza retourna s'asseoir sur son banc et se permit de fermer les yeux, le temps de se reposer un peu…

De son côté, Mustang ne se donna pas le droit de relâcher sa vigilance, connaissant assez l'esprit tordu des brigands pour ne pas leur laisser une porte de sortie. Il sirota son soda en laissant son regard glisser vers Edward qui c'était assoupit…avec un bouille d'ange, pensa alors Roy en rougissant de ses propres pensées.

Voici déjà le dixième chapitre. Encore une fois désolé pour les coupures un peu raide il est difficile de séparer ces bouts de l'histoire…Merci à tous pour vos reviews c'est vraiment super. Le prochain chapitre ne devrait pas trop tarder mais je vous avertis que ce n'est pas le plus palpitant, il est quand même essentiel pour la suite. À la prochaine !!