ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI

VOLUME FINAL

chapitre 2.2


Nous nous étions retrouvé moi et Kuroneko marchant dans les allées du parc comme nous le faisions habituellement quand nous rentrions ensemble. Hiver oblige, il faisait nuit noire. Mais le clair de lune se reflétait bien sur le sol et l'éclairage public rendait les allées très lumineuses. Une atmosphère étrange mais pas désagréable.

Alors que nous marchions depuis quelques minutes, c'était encore ma kouhai qui avait prit l'initiative de la parole.

« Alors, tu as des ennuis ? »

« De quoi tu parles ? » avais je réagi en faisant semblant de ne pas comprendre. Même si effectivement, je croulais sous les problèmes.

« Ce qui s'est passé ce matin, tu ne l'as pas fait pour le plaisir non ? » répliqua t'elle sans me regarder

« Ah, ça … » fis je un peu agacé que cet événement revienne encore sur le tapis. « C'est … C'était juste pour m'excuser d'une pacotille. Rien de méchant » m'étais je justifié un peu embarrassé.

« Tu l'as frappé ? » déclara alors Kuroneko d'un ton naturel

Un frisson me parcouru brièvement le dos en entendant cette question.

« Hein ? P … Pourquoi je l'aurais frappé ? » tentais je de nier tellement admettre la vérité me gênait.

Kuroneko tourna enfin son regard sur moi comme me dire qu'elle n'était pas dupe.

« Pour que tu fasses ce que tu as fait … Soit tu l'as frappé, soit … tu es tombé amoureux de son frère » ajouta t'elle en fronçant légèrement les sourcils.

J'eus un mouvement de recul tellement j'avais été choqué.

« Je … Je l'ai frappé ! Je l'ai frappé ! » avais je fini par avouer tant l'idée d'imaginer la situation où Manami apprenait que j'étais tombé amoureux de son frère m'avait terrifié.

Kuroneko avait sourit légèrement devant ma confession un peu forcée. J'avais alors décidé de lui raconter toute l'histoire, en omettant bien sûr la fausse déclaration à ma sœur.

« Et donc, que comptes tu faire ? » avait répliqué ma kouhai à la fin de mon pitoyable récit.

« Je dois trouver un moyen de la convaincre. Mais je ne sais pas encore comment faire … » répondis je un peu frustré comme un aveu forcé d'impuissance.

« Et ta sœur ? Comment as t'elle pris ta fausse déclaration ? » avait enchaîné Kuroneko d'un air curieux.

« Hein ? »

J'eus à nouveau un mouvement de recul, mais de surprise cette fois. Comment Kuroneko pouvait elle être au courant de cette fausse déclaration alors que je m'étais justement débrouillé pour omettre ce détail dans mon récit ?

« Comment … Comment sais tu ça ?! » avais je répondu outré en la montrant du doigt et en rougissant.

« Tu as oublié ? » fit ma kouhai en faisant un sourire malicieux. « Je suis investie des pouvoirs des ténèbres qui me donnent libre accès au cœur des humains » enchaîna t'elle en gigotant un peu avec ses bras.

Bien que ce soit l'hiver, je ne pu m'empêcher de laisser couler quelques gouttes de sueurs en regardant Kuroneko avec un air un peu apeuré. Je me demandais vraiment parfois si elle n'avait pas de vrais pouvoirs extra lucides. Elle était beaucoup trop perspicace quelquefois.

« Je t'ai suivi quand tu es monté sur le toit avec Manami et j'ai tout entendu » avait fini par dire Kuroneko devant mon incompréhension qui commençait à friser le ridicule.

« C … C'est une violation caractérisée de ma vie privée ! » avais je fini par réagir une fois ma surprise passée en paraissant scandalisé pour sauver mon honneur.

Ouf, ça m'avait vraiment rassuré d'un côté même si j'avais essayé de ne pas trop le laisser paraître. J'aurais été vraiment gêné si mon ex avait vraiment le pouvoir de fouiller dans mon cœur et de voir tous les fantasmes tordus que j'avais crée et où elle avait parfois un rôle plus ou moins important …

« Et donc ? Comment a réagi ta sœur quand elle t'a rejetée ? » avait elle insisté

« Elle … Elle s'est mise en colère et m'a jeté de sa chambre » répondis je calmement. « Et depuis … On ne s'est plus reparlé » conclus je un peu abattu.

Ma kouhai ne manifesta pas d'émotion à ma réponse. Je m'étais demandé si Kirino s'était confiée à une de ses amies depuis qu'on ne se parlait plus mais apparemment, Kuroneko n'était courant de rien. Bon il est vrai que dire à une de ses copines que son frère vous a fait une déclaration, ça pouvait être un peu gênant.

Nous marchâmes encore quelques minutes Kuroneko et moi sans vraiment discuter davantage. Moi qui voulait essayer de recoller les morceaux avec elle pour voir si on avait éventuellement une chance de se remettre ensemble, j'en avais été pour mes frais. J'avais encore du boulot à faire si je voulais suivre les bons conseils que mon père m'avait donné.

« Je dois prendre ce chemin » avais je adressé à Kuroneko en m'arrêtant.

« Oh ? Ta maison est de ce côté pourtant »

« Je travaille de temps en temps après l'école au centre commercial. Ryuji-san m'a pistonné un peu et j'ai obtenu un contrat à temps partiel » répondis je, pas peu fier d'annoncer que je travaillais après les cours.

« Ah ? Tu as l'air plus sérieux que d'habitude on dirait » fit Kuroneko en me regardant

« Hé hé » m'étais je contenté de réagir en souriant

Alors que je m'apprêtais à prendre congé poliment de ma kouhai, celle-ci me fit une annonce à laquelle je ne m'attendais pas.

« Attends. Je … J'ai quelque chose pour toi. » m'adressa t'elle alors que j'allais prendre le chemin du centre commercial.

« Quelque chose pour moi ? » avais je demandé perplexe. « Un cadeau de Noël après l'heure ? » ajoutais je en souriant.

Kuroneko avait brièvement fouillé dans son sac et en avait ressorti quelque chose qui ressemblait à une photo. Elle la regarda puis s'adressa à moi sans la quitter des yeux.

« Avec ça … Tu pourras peut être résoudre une partie de tes problèmes »

« Hein ? De quoi tu parles ? » réagissais je interloqué.

« Tiens » se contenta t'elle de répondre en me tendant la photo.

« Ah ? » fis je un peu incrédule en prenant le cliché qu'elle m'avait délicatement donné. « Mais comment est ce qu'une … »

Mes paroles se coupèrent instantanément quand mon regard se porta sur la photo que Kuroneko m'avait donné. Un râle de surprise s'échappa de ma bouche. Un râle si gros que je m'étais cru obligé de mettre ma main sur mes lèvres pour m'empêcher de manifester encore plus d'étonnement. Ma main tenant la photo tremblait légèrement. Je ne pu détacher mon regard de ce cliché qu'après avoir été sûr d'avoir bien vu ce que j'avais vu.

« Toi … Comment … Comment as-tu eu cette photo ? » demandais je à Kuroneko à la fois choqué et surpris.

« P… Peu importe » se contenta t'elle de répondre en rougissant un peu. « Je compte sur toi pour en faire un bon usage »

« Je … Je ne sais pas quoi dire » avais je balbutié en me rendant compte de l'immense faveur qu'elle venait de me faire. « Je ne pourrais jamais te rendre la pareille » complétais je.

« Peut être que tu le pourras bientôt … »

A ces mots, Kuroneko me salua et reprit sa route de son côté en me laissant seul au milieu de l'allée, moi et la fameuse photo. Quelques gouttes de sueurs s'échappèrent à nouveau de mon front quand mon regard replongea sur ce cliché.

Effectivement, cette photo allait bien me permettre de résoudre une partie de mes problèmes comme ma kouhai l'avait annoncé. Une fois ma surprise passée, j'avais délicatement rangé le cliché dans mon sac et en m'apprêtant à partir travailler le cœur plus léger, tout juste délivré d'un lourd fardeau.

Alors que Kuroneko était en train de disparaître de mon champ de vision, je lui avais adressé un dernier regard avant de reprendre ma route.

« Merci, Ruri ! »