La séparation et reprise de la vie quotidienne.

Au centre.

Éric est parti à sa séance tôt ce matin pour avoir fini quand sa femme partira vers 11h. Quant à Tami elle devait préparer ses affaires et réglait quelques détails avec le médecin, mais aussi rencontrait Jason pour avoir une discussion avec lui en privé. En effet, elle comptait sur lui pour l'informer des changements de comportement de son mari et qu'il n'en fait pas trop. Elle connaissait trop bien Éric pour être inquiète sur ce sujet. Quand Éric avait un objectif, il se donnait corps et âme pour y parvenir mais, elle était vraiment inquiète pour sa santé, son accident était récent et son corps avait encore besoin de repos. Elle avait confiance en Jason mais elle ne voulait pas que son mari sache que son quarterbark vedette lui rendrait des comptes, il risquerait de le prendre très mal.

Quand l'heure du départ arriva, les deux tourtereaux avaient du mal à se séparer mais aucun des deux ne voulait montrer leur tristesse pour ne pas fondre en larme devant l'autre.

Éric : aller Tami, ton taxi t'attend, tu m'appelleras ce soir. On se voit très bientôt et j'espère faire des progrès d'ici là.

Tami : oui je t'appellerai ce soir. Tu sais trois semaines ça va passer vite mais s'il te plaît ne force pas trop, ton corps est encore fragile, ne te met pas la pression. Promesse ?

Éric : promesse ! Je t'aime mon amour ! Aller, file maintenant, ne t'inquiète pas pour moi je suis bien entouré ici. Tu vas avoir du boulot à Dillon, tu dois te soucis de toi en premier.

Tami : je t'aime aussi mon amour ! Courage !

Le taxi démarra et après ses filles, maintenant c'était autour de Tami de disparaît de sa vue pour les trois semaines à venir. Il demanda aussitôt de remonter dans sa chambre et d'y rester seul un moment. Mon dieu, la chambre lui paraissait vide sans sa moitié. Il ne savait plus très bien si c'était une bonne idée d'être seul dans cet endroit. Oui bien sûr, c'était mieux pour Tami d'être à l'écart de tout ça. C'était son combat, pas le sien. Soudain son regard se posa sur un cadre posé sur la table de chevet. Sa femme lui avait laissé un petit présent, une photo de leur famille, il pouvait sentir l'odeur de sa maison incrustée dans le cadre en bois. Ce cadeau l'ému et ses larmes trop longtemps retenues coula le long de ses joues.

On frappa à la porte 30 minutes plus tard.

Jason : bonjour coach, je ne vous dérange pas ? L'infirmière a dit que vous souhaitez être seul. Je peux repasser plus tard si vous voulez

Éric : non rentre Jason, ça va. Comment vas-tu ? Et ta famille ?

Jason : ça va coach, ma petite famille se porte bien également. Et vous ? Votre femme est partie à ce qu'on m'a dit.

Éric : oui toute à l'heure, elle reviendra dans trois semaines pour le week-end, à part ça. J'ai commencé mes séances de kiné depuis 2 jours.

Jason : heureux de l'entendre, le centre est très bien, le personnel vous met en confiance et moi je suis là pour vous soutenir et vous coachez s'il le faut.

Éric : mon kiné Vincent est très bien, il m'a mis rapidement en confiance, et en plus on parle de football, ça me change les idées.

Jason : vous vous êtes déjà fait un fan !

Éric sourit : oh je n'ai pas qu'un fan, ici la plupart connaissent le coach Taylor, au palmarès impressionnant. Je découvre ma notoriété !

Jason : vous êtes et vous serez toujours un bon coach.

Éric : tu sais Jason, tu peux avoir toutes les qualités que tu veux, si personne n'est là pour le remarquer ça se sert à rien.

Jason : l'avenir vous le dira coach, en attendant il faut vous concentrer sur votre rééducation. Vous verrez le moral va beaucoup mieux quand on ne dépend plus des autres. Avec le temps vous oublierez complètement votre fauteuil, croyez-moi.

Éric : merci Jason. Tu es quelqu'un de bien tu sais.

Jason : merci

L'infirmière rentra dans la chambre avec le plateau-repas et Jason s'éclipsa. Il reviendrait demain après-midi. Pour le moment il voulait laisser le coach tranquille.

À Dillon.

Julie et Matt s'assuraient que la maison soit nickel pour le retour de sa mère. Étonnamment Grace proposa ces services et prépara un bon diner pour ce soir.

Buddy était passé les voir dans l'après-midi pour prendre des nouvelles et proposait son aide. Il passera demain voir Tami.

Tami arriva à la maison en fin d'après-midi.

Julie : Bonjour maman, tu as fait bonne route ?

Tami : oui merci ma chérie, je suis un peu fatigué.

Grace : viens maman, on ta préparait un bon repas et après tu iras te reposer, ne t'inquiète pas on s'occupe de tout.

Tami : c'est très gentil à vous les filles. Merci Matt t'avoir pris soin de mes filles et de la maison.

Matt : de rien Mme Taylor.

Tami : j'ai dit à Éric que je l'appellerai en rentrant et après on mangera.

Tami : salut chéri, je viens de rentrer, la route, c'est bien passé. Et toi ta journée ça était?

Éric : salut chérie. Jason est venu me voir après ton départ, on n'a discuté un peu et après j'ai commencé ma séance en salle avec Vincent. Tu peux me passer les filles s'il te plaît ?

Tami : bien sûr Éric, je te passe Julie

Julie : salut papa, ça va ? Tu es bien installé j'espère ?

Éric : ça va Julie, oui le centre est sympa, et le personnel est sympa aussi. Tu comptes repartir quand à Chicago ?

Julie : euh je ne sais pas, quand maman n'aura plus besoin d'aide. Peut-être la semaine prochaine, on n'en n'a pas encore parlé

Éric : Julie c'est bien que tu veuilles aider ta mère mais ne t'inquiète pas, on va gérer la situation. D'accord ? Ce n'est pas en restant ici que tu vas décrocher une bonne place de journaliste. Il faut reprendre le cours de vos vies.

Julie : d'accord papa. Je te passe Grace maintenant. Bisous je t'aime

Éric : bisous je t'aime aussi. Salut Grace, tu as fini de préparer tes affaires pour la rentrée scolaire ?

Grace : bonjour papa, oui tout es prêt. Et toi ça va ?

Éric : ça va oui je suis bien entouré, tu me manques et n'oublies que je compte honorer ma promesse quand tu viendras me voir dans trois semaines.

Grace en sanglot : tu me manques aussi papa je suis désolé…

Éric : chut ma chérie n'oublie pas que je serai toujours là pour toi, l'accident et mon handicap n'y changera rien. Tu es ma petite fille adorée.

Grace tendit le téléphone à sa mère et parti se réfugier dans sa chambre.

Tami : c'est moi Éric, Grace est parti dans sa chambre, je vais aller discuter avec elle toute à l'heure.

Éric : ok, tu peux lui dire qu'elle peut m'appeler quand elle le veut d'accord. Je vais devoir vous laisser, l'infirmière arrive avec mon repas et je vais me coucher.

Tami : je vais lui dire. Bonne soirée mon amour, on s'appellera demain soir.

Éric : d'accord. Merci pour le cadeau. Je t'aime.

Tami : je t'aime aussi.

Julie : maman, il faut que je te dise pour Grace, elle ne va pas bien je pense. Elle sortait tous les soirs, je me suis pris un peu la tête avec elle mais je pense qu'elle fait tout pour oublier.

Tami : merci Julie, j'ai remarqué aussi son comportement étrange. Je vais lui parler

Tami frappa à la porte de la chambre: Grace qu'est ce qui ne va pas ?

Grace : papa a dit que je lui manquais, comment pouvait-il dire ça alors que moi je le fuis. J'ai honte de moi mais c'est plus fort que moi !

Tami : pourquoi tu le fuis ? Tu as honte que ton père soit dans un fauteuil ?

Grace : non pas du tout, j'admire son courage mais j'ai peur d'être en face de lui, j'ai peur de le blesser d'avantage. Je ne sais plus comment me comporter avec mon propre père et j'ai honte !

Tami : Grace, écoute-moi, ton père est toujours le même, il est toujours le père aimant et protecteur que tu as connu. Il faut rester toi-même avec lui. Ton père a besoin de notre amour et notre soutien en ce moment. Moi aussi au début j'avais peur de lui faire face, peur de sa réaction, peur de le blesser aussi mais avec le temps ça passera. Quand je le vois j'essaye de l'imaginer debout devant moi, et non dans son fauteuil.

Grace : merci maman pour tes conseils, j'espère que papa n'est pas fâché contre moi pour tout à l'heure.

Tami : pourquoi il serait fâché ? D'ailleurs il m'a dit que tu pouvais l'appeler n'importe quand. Allez vient te joindre à nous on va manger. Je vais vous expliquer en quoi consiste la rééducation, vous avez le droit de savoir. Et demain on se fera une sortie entre filles.

Grace : d'accord maman. Merci.

La soirée se passa pour le mieux, Tami tenait que ses filles et son gendre en sachent autant qu'elle sur le programme de rééducation. Son idée de journée entre filles conquit tout le monde et Matt passera la journée avec sa grand-mère.

La semaine passa lentement pour Tami, malgré du monde à la maison, la présence de son mari lui manquait affreusement, surtout le soir dans son lit. Ça lui rappelait le temps où, justement Éric était parti à Austin pour son travail. C'était vraiment une mauvaise période pour toute la famille. La journée n'était pas de tout repos non plus, à chaque fois qu'on la croisait dans la rue, les gens lui demandaient des nouvelles du coach Taylor. Ce qui l'énervait, c'était l'hypocrisie de certains. Riggins n'avait pas les performances d'Éric pour coaché l'équipe alors la plupart voulait plus des nouvelles sur le retour du coach, que sur ses progrès physiques. D'autres, en revanche, parlaient comme quoi le coach Taylor était fini. Ça la chagrinait d'entendre tous ses ragots mais, au moins Éric n'était pas là pour les entendre. Elle essayait de faire bonne figure devant les enfants et les gens de Dillon mais le soir, seule, dans leur chambre, elle laissait libre court à son chagrin. Elle priait tous les soirs pour qu'Éric sans sorte et redevient le coach Taylor que tous les clubs s'arrachaient. Déjà une semaine que son mari était partit dans ce centre, d'après Jason il s'en sortait très bien. Il avait fait quelques progrès et le moral était correct mais il ne parlait pas beaucoup, il se concentrait sur ses exercices et le soir il restait seul dans sa chambre. Il ne voulait pas se mélanger aux autres pensionnaires, en tout cas, pas pour le moment. Jason rassura Tami sur ce sujet, que c'était normal au début, ça ira mieux dans quelques semaines.

Lundi, sa sera la rentrée, elle reprendrait son travail de conseillère d'orientation. Quand à Julie et Matt, ils partiront ce dimanche matin, après la messe. Julie voulait rester encore un peu mais sa mère refusa. Il fallait reprendre le train-train quotidien au plus vite.